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Pédocriminalité via Telegram: 55 hommes interpellés en France

Cinquante-cinq hommes ont été interpellés partout en France entre lundi et jeudi matin dans le cadre d’une vaste opération de démantèlement d’un réseau de pédocriminalité qui échangeait sur la plateforme Telegram, au terme de dix mois d’enquête de l’Office des mineurs (Ofmin).Les mis en cause, âgés de 25 à 75 ans, parmi lesquels un prêtre, un grand-père, un ambulancier, “des bons pères de famille”, un professeur de musique ou des célibataires, échangeaient sur l’application de messagerie chiffrée.Ils ont tous en commun d’avoir été en lien avec des pédocriminels “extrêmement dangereux”, incarcérés depuis l’été dernier, a expliqué à l’AFP le commissaire Quentin Bevan, chef du pôle opérationnel de l’Ofmin.Ces 55 hommes, qui ont des antécédents de pédopornographie, sont en contact avec des enfants, soit parce qu’ils ont des enfants ou des petits-enfants, soit qu’ils côtoient des enfants de par leur profession. Pour certains d’entre eux, a-t-il ajouté, des “comparutions immédiates ont déjà eu lieu”, pour d’autres, “les enquêtes seront longues pour matérialiser les faits”.Ainsi, selon un enquêteur, des mis en cause, qui se vantaient d’abuser d’enfants pendant leur sommeil, affirment ne pas être passés à l’acte. Un autre, niant tout acte délictuel, ne parvient pas à expliquer pourquoi il a acheté un string à une fillette de huit ans de son entourage, poursuit cet enquêteur.Les interpellations ont eu lieu dans 42 départements, a minima pour détention, diffusion, et consultation habituelle de contenus pédopornographiques concernant des enfants de “moins de dix ans”.Quarante-deux parquets sont concernés, le dossier n’ayant pas été centralisé à ce stade.Cette vaste opération a eu pour point de départ l’arrestation l’été dernier par les policiers de l’Ofmin de pédocriminels qui agressaient des enfants et mettaient en ligne leurs méfaits sur Telegram. Ils sont mis en examen notamment pour traite d’êtres humains et encourent la perpétuité.- “Repaire de pédocriminels” -“Derrière ces abuseurs avérés d’enfants, il a fallu dix mois d’enquête pour parvenir à ce coup de filet. Dix mois d’infiltration de milliers d’échanges, d’analyse et de détection d’images pédos par une task force montée à l’Ofmin”, a poursuivi le commissaire Bevan.Pour Quentin Bevan, Telegram “reste toujours la plateforme privilégiée” et un “repaire de pédocriminels”. S’il reconnaît des progrès dans la coopération entre l’application de messagerie et les enquêteurs depuis l’interpellation en août dernier au Bourget de son patron Pavel Durov, il considère que Telegram remplit “à peine le minimum de ses obligations légales” dans ce domaine.Dans une déclaration à l’AFP, Telegram a assuré avoir “toujours respecté les lois de l’Union européenne, y compris le Digital Services Act”, et avoir “systématiquement répondu à toutes les demandes judiciaires contraignantes depuis des années”.Dans une seconde déclaration, la messagerie chiffrée a affirmé “remplir et dépasser ses obligations légales en matière de lutte contre les contenus préjudiciables”. Depuis l’arrestation spectaculaire de Pavel Durov à sa descente d’avion en vertu d’un mandat de recherche émis par des enquêteurs de l’Ofmin, l’Office a acquis une notoriété mondiale et son expertise dans la lutte contre la pédocriminalité est reconnue.Le milliardaire russe de 40 ans, naturalisé Français en 2021, a été mis en examen fin août dernier pour une litanie d’infractions relevant de la criminalité organisée, la justice lui reprochant globalement de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels sur la messagerie.Ce que conteste Telegram qui soutient que, “depuis 2018”, elle “lutte contre la pédocriminalité de plusieurs manières: bannissement basé sur l’empreinte numérique d’un contenu, équipes de modération dédiées, lignes d’assistance téléphonique pour les ONG et rapports de transparence quotidiens sur les contenus bannis – qui peuvent tous être vérifiés”.Pavel Durov est depuis sa mise en examen soumis à un contrôle judiciaire strict qui lui interdit de quitter la France sans autorisation des autorités. La justice a d’ailleurs récemment refusé d’accéder à sa demande de se rendre pour raisons professionnelles aux Etats-Unis, au motif que ce déplacement n’apparaissait “pas impérieux ni justifié”. Elle l’avait auparavant autorisé en mars à se rendre à Dubaï, siège de la société.Le modèle de Telegram repose sur la confidentialité. Les données personnelles des utilisateurs sont protégées et les échanges chiffrés. Selon plusieurs enquêteurs, la plateforme a fait des efforts ces derniers mois pour collaborer.Mais depuis la fermeture de la plateforme Coco en juin 2024 après plusieurs affaires liées à de la pédopornographie, nombre de pédocriminels, note un enquêteur, ont migré sur Telegram.

Travailleurs sans-papiers: très attendue, la nouvelle liste des métiers en tension enfin publiée

Agriculture, aide à domicile, hôtellerie ou restauration: la liste actualisée des métiers en tension, permettant de régulariser des travailleurs étrangers, a été publiée jeudi au Journal officiel, après plusieurs reports.Transmise par le gouvernement aux partenaires sociaux le 21 février, cette mise à jour, prévue chaque année selon la loi immigration de janvier 2024, devait être publiée fin février avant d’être repoussée plusieurs fois. La dernière version date de 2021.Établie région par région, cette liste énumère les quelque 80 métiers en manque de main d’oeuvre, grâce auxquels les travailleurs étrangers peuvent prétendre à un titre de séjour en justifiant de douze mois de bulletins de salaire au cours de vingt-quatre derniers mois et trois ans de résidence en France. Cette disposition, censée incarner le volet social de la loi portée par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, est applicable jusqu’à fin 2026. Elle doit permettre à des patrons ayant des difficultés à recruter de garder leurs employés et d’écarter le risque d’une condamnation – l’emploi d’une personne en situation irrégulière est passible de 30.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.Parmi les “métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement” figurent notamment en bonne place les “agriculteurs salariés”, “aides à domicile et aides ménagères”, “aides de cuisine”, “cuisiniers”, “employés de maison et personnels de ménage”, “maraîchers/horticulteurs salariés”, ainsi que les employés de l’hôtellerie et du secteur du bâtiment.- “Des choses étonnantes” -“Enfin ! Ca faisait des mois et même des années qu’on l’attendait. Je pense à tous ces employeurs et ces salariés sous alias qui attendaient cette liste pour déposer leur dossier de demande de régularisation. C’est un soulagement pour eux”, a réagi Franck Trouet, délégué général du Groupement des hôtelleries et restaurations (GHR) auprès de l’AFP. “On reconnaît que l’hôtellerie restauration, premier recruteur de France est un secteur en tension. C’est une avancée, même s’il y a des choses étonnantes: à Paris seul le métier de cuisinier figure dans la liste, mais pas celui d’aide cuisinier, plongeur ou de serveur”, s’étonne M. Trouet.Selon France Travail, le besoin de main d’oeuvre dans ce secteur en 2025 est estimé à 336.000 emplois (CDI et CDD de plus de six mois) avec des “difficultés” de recrutement pour la moitié d’entre eux.Déplorant d’avoir découvert la liste définitive jeudi matin “comme tout le monde”, la secrétaire nationale de la CFDT en charge des politiques migratoires Lydie Nicol a dénoncé auprès de l’AFP “une concertation qui n’en a eu que le nom”.”Cette liste tombe au moment où il faudrait déjà discuter de sa mise à jour annuelle (…) ce qui prouve que le gouvernement joue la montre afin de ne pas mettre en oeuvre la seule mesure de la loi immigration permettant d’améliorer la régularisation par le travail”, a estimé la représentante syndicale.L’U2P (union des entreprises de proximité) regrette que “les requêtes de nombreuses professions de l’alimentation (boucheries, boulangeries, charcuteries, poissonneries…) qui font pourtant face à d’importantes difficultés de recrutement, voire à de véritables pénuries de personnel (…) n’aient pas été retenues dans la liste finale”. “Cette absence de prise en compte va porter un préjudice important aux entreprises concernées”, prévient l’organisation professionnelle qui appelle le gouvernement à “réviser” sa copie.”Cette liste est issue des tensions entre le ministre du Travail et celui de l’Intérieur et ne prend pas en compte toute la réalité des besoins de main d’oeuvre et de formation”, a pointé de son côté Gérard Ré, secrétaire confédéral de la CGT. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, chantre d’une baisse de l’immigration, a répété que les employeurs devaient recruter des étrangers en situation régulière au chômage. Cette liste “articule les exigences du marché du travail, les réalités humaines et les priorités économiques du pays”, a indiqué dans un communiqué la ministre chargée du Travail Astrid Panosyan-Bouvet. 

Rapport sur les Frères musulmans: les propositions de l’Intérieur ont été travaillées avec l’Elysée, selon l’entourage de M. Retailleau

Les propositions du ministère de l’Intérieur destinées à lutter contre “l’entrisme” des Frères musulmans en France ont été “travaillées avec l’Elysée”, a assuré jeudi une source au sein de l’entourage de Bruno Retailleau, après un recadrage d’Emmanuel Macron sur ce sujet.”Nous sommes très surpris car les propositions du ministère de l’Intérieur ont été travaillées avec l’Elysée”, a assuré cette source à l’AFP.On a souligné en outre que la réunion – un Conseil de défense – consacrée à l’entrisme islamiste France était “interministérielle”, signifiant que des propositions émanant d’autres ministères avaient été présentées.De fait, le président Emmanuel Macron avait convoqué autour de lui à l’Elysée le Premier ministre François Bayrou et les ministres concernés, parmi lesquels Bruno Retailleau (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Elisabeth Borne (Education nationale).Ce Conseil a donné lieu à un recadrage de la part du chef de l’Etat qui a jugé que les propositions faites n’étaient pas à la hauteur de la “gravité des faits”. Emmanuel Macron a demandé en conséquence au gouvernement “de formuler de nouvelles propositions”, selon un communiqué de l’Elysée.Si le président considère que les mesures proposées “ne sont pas assez musclées”, il n’y a aucun problème, a commenté un proche de Bruno Retailleau, “ce n’est pas les idées qui manquent”.Selon plusieurs sources contactées par l’AFP, le chef de l’Etat n’a pas seulement dit aux ministres présents de revoir leur copie. Il s’est aussi agacé que le rapport qu’il avait lui-même demandé en 2024 sur les Frères musulmans et l’islamisme politique ait fuité dans la presse.Emmanuel Macron s’est en outre agacé de la proposition de Gérald Darmanin de créer un quartier de haute sécurité en Guyane pour “les têtes de réseau du narcotrafic”.”Entre un rapport classifié qui fuite opportunément et une proposition de prison de haute sécurité sortie de nulle part (…) franchement ce n’est pas sérieux”, avait dénoncé mercredi une source au sein du camp présidentiel.

Els and Goosen: Golfers dragged into Trump’s ambush of S.Africa leader

Former world number one golfer, Ernie Els, declared himself a “proud South African” as he was dragged into the ambush of his country’s leader Cyril Ramaphosa by US President Donald Trump in the Oval Office.Ramaphosa invited Els and another leading South African golfer, Retief Goosen, to accompany him to the White House meeting on Wednesday, …

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Merz warns of Russia threat, vows to defend NATO allies on Lithuania visit

Chancellor Friedrich Merz warned Thursday that Russia threatened security in Europe as he visited Lithuania to mark the official formation of Germany’s first permanent overseas military unit since World War II, aimed at bolstering NATO’s eastern flank.The decision to build up a 5,000-strong armoured brigade in Lithuania over the coming years came in response to …

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A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Face à une sécheresse exceptionnelle, des agriculteurs du Nord se raccrochent à l’irrigation

Pas la peine de semer, “ça ne lèvera jamais”. Comme le producteur d’endives Sébastien De Coninck, les agriculteurs du Nord confrontés à une sécheresse exceptionnelle guettent la pluie ou misent, de plus en plus, sur l’irrigation.Le village de ce trentenaire, Beuvry-la-Forêt, a reçu entre mars et mai huit fois moins de précipitations que sur la même période l’année dernière, particulièrement arrosée, calcule-t-il en grattant le sol de sa parcelle, faisant se lever un petit nuage de poussière.Alors que les semis du légume emblématique du Nord se déroulent généralement du 15 avril au 1er juin, Sébastien De Coninck n’a semé pour l’instant que 12 de ses 35 hectares d’endives. Les parcelles ensemencées ne se trouvent pas dans le Nord, mais dans l’Oise et le Pas-de-Calais.Des terres qu’il a choisies malgré l’éloignement car elles sont irriguées, contrairement à celles qui entourent l’exploitation reprise à ses parents en 2022, dans le Nord.Ce département a reçu en trois mois, entre février et début mai, la quantité de pluie qui tombe habituellement en un mois, et le vent du Nord-Est a accentué l’assèchement des sols. Alors que le Var a connu des orages meurtriers depuis lundi, le Nord est placé en “vigilance sécheresse”, sans restriction d’usage de l’eau à ce stade. Mercredi, il a été rejoint par une partie du Pas-de-Calais.  Une large partie du Nord de l’Europe, allant de l’Écosse aux Pays-Bas, est touchée par cette sécheresse intense, liée à un anticyclone persistant. En Belgique, la station d’Uccle, au sud de Bruxelles, a enregistré un record de sécheresse depuis… 1893.- Comme fin juillet -Dans le nord de la France, les nappes phréatiques se sont fortement rechargées au cours de l’hiver 2023-24, marqué par des inondations historiques, et de l’année 2024.Mais les deux premiers mètres du sol atteignent aujourd’hui “des taux d’humidité qu’on rencontre normalement fin juillet”, alerte Bruno Jacquemin, directeur adjoint de Météo France Nord. En matière d’humidité superficielle des sols, “on frôle les records depuis 65 ans”.Selon lui, l’humidité des sols est “la première victime du réchauffement climatique”. Le sol et l’air étant plus chauds, “l’eau que le sol va recevoir du printemps à l’automne va s’évaporer beaucoup plus rapidement”, malmenant les couches utiles pour l’agriculture, explique le météorologue.Si quelques millimètres de pluie sont annoncés dans les prochains jours, ils ne rassurent guère Sébastien De Coninck. “Il faudrait au moins 20 mm pour faire un travail sérieux” avec les endives, qui, contrairement aux pommes de terre, sont semées très près de la surface, à 1 ou 2 centimètres, dans la couche de sol actuellement la plus sèche, souligne-t-il.”Jusqu’à il y a cinq ans, on ne se posait pas la question de l’irrigation dans le Nord” mais les lignes bougent, car sans ou avec, “le rendement peut varier du simple au double”, pointe l’agriculteur.La région connaît une forte croissance de l’irrigation, même si elle reste marginale. En 2020, 4% de la surface agricole utile des Hauts-de-France étaient irrigués, contre à peine 0,7 % en 1988, selon un rapport du ministère de l’agriculture.- Solidarité -Dans une autre exploitation du Nord, à Carnin, “si ça continue comme ça, l’arrosage tournera jour et nuit à partir de juin”, constate le maraîcher Adrien Mastain. Ses lignes de salades d’un vert tendre sous le jet de son arroseur rotatif contrastent avec une parcelle destinée aux poireaux, non arrosée, où les mottes de terre sont dures comme de la brique.Depuis 2020, ses deux associés et lui consacrent chaque année, 40 à 50.000 euros à leur réseau d’irrigation, explique le maraîcher, qui a la chance d’avoir des forages sur son exploitation.Sans l’irrigation, il serait cette année sous le seuil de rentabilité, dit-il.Pour d’autres agriculteurs du Nord, la solidarité joue entre voisins, via des prêts de dispositifs d’irrigation pour tenter de sauver les semis de printemps.”C’est tout ou rien: l’an dernier il pleuvait tous les deux jours et cette année, rien. L’an dernier c’étaient les limaces qui nous embêtaient !”, grimace Olivier Lefebvre, agriculteur à Fournes-en-Weppes. 

Face à une sécheresse exceptionnelle, des agriculteurs du Nord se raccrochent à l’irrigation

Pas la peine de semer, “ça ne lèvera jamais”. Comme le producteur d’endives Sébastien De Coninck, les agriculteurs du Nord confrontés à une sécheresse exceptionnelle guettent la pluie ou misent, de plus en plus, sur l’irrigation.Le village de ce trentenaire, Beuvry-la-Forêt, a reçu entre mars et mai huit fois moins de précipitations que sur la même période l’année dernière, particulièrement arrosée, calcule-t-il en grattant le sol de sa parcelle, faisant se lever un petit nuage de poussière.Alors que les semis du légume emblématique du Nord se déroulent généralement du 15 avril au 1er juin, Sébastien De Coninck n’a semé pour l’instant que 12 de ses 35 hectares d’endives. Les parcelles ensemencées ne se trouvent pas dans le Nord, mais dans l’Oise et le Pas-de-Calais.Des terres qu’il a choisies malgré l’éloignement car elles sont irriguées, contrairement à celles qui entourent l’exploitation reprise à ses parents en 2022, dans le Nord.Ce département a reçu en trois mois, entre février et début mai, la quantité de pluie qui tombe habituellement en un mois, et le vent du Nord-Est a accentué l’assèchement des sols. Alors que le Var a connu des orages meurtriers depuis lundi, le Nord est placé en “vigilance sécheresse”, sans restriction d’usage de l’eau à ce stade. Mercredi, il a été rejoint par une partie du Pas-de-Calais.  Une large partie du Nord de l’Europe, allant de l’Écosse aux Pays-Bas, est touchée par cette sécheresse intense, liée à un anticyclone persistant. En Belgique, la station d’Uccle, au sud de Bruxelles, a enregistré un record de sécheresse depuis… 1893.- Comme fin juillet -Dans le nord de la France, les nappes phréatiques se sont fortement rechargées au cours de l’hiver 2023-24, marqué par des inondations historiques, et de l’année 2024.Mais les deux premiers mètres du sol atteignent aujourd’hui “des taux d’humidité qu’on rencontre normalement fin juillet”, alerte Bruno Jacquemin, directeur adjoint de Météo France Nord. En matière d’humidité superficielle des sols, “on frôle les records depuis 65 ans”.Selon lui, l’humidité des sols est “la première victime du réchauffement climatique”. Le sol et l’air étant plus chauds, “l’eau que le sol va recevoir du printemps à l’automne va s’évaporer beaucoup plus rapidement”, malmenant les couches utiles pour l’agriculture, explique le météorologue.Si quelques millimètres de pluie sont annoncés dans les prochains jours, ils ne rassurent guère Sébastien De Coninck. “Il faudrait au moins 20 mm pour faire un travail sérieux” avec les endives, qui, contrairement aux pommes de terre, sont semées très près de la surface, à 1 ou 2 centimètres, dans la couche de sol actuellement la plus sèche, souligne-t-il.”Jusqu’à il y a cinq ans, on ne se posait pas la question de l’irrigation dans le Nord” mais les lignes bougent, car sans ou avec, “le rendement peut varier du simple au double”, pointe l’agriculteur.La région connaît une forte croissance de l’irrigation, même si elle reste marginale. En 2020, 4% de la surface agricole utile des Hauts-de-France étaient irrigués, contre à peine 0,7 % en 1988, selon un rapport du ministère de l’agriculture.- Solidarité -Dans une autre exploitation du Nord, à Carnin, “si ça continue comme ça, l’arrosage tournera jour et nuit à partir de juin”, constate le maraîcher Adrien Mastain. Ses lignes de salades d’un vert tendre sous le jet de son arroseur rotatif contrastent avec une parcelle destinée aux poireaux, non arrosée, où les mottes de terre sont dures comme de la brique.Depuis 2020, ses deux associés et lui consacrent chaque année, 40 à 50.000 euros à leur réseau d’irrigation, explique le maraîcher, qui a la chance d’avoir des forages sur son exploitation.Sans l’irrigation, il serait cette année sous le seuil de rentabilité, dit-il.Pour d’autres agriculteurs du Nord, la solidarité joue entre voisins, via des prêts de dispositifs d’irrigation pour tenter de sauver les semis de printemps.”C’est tout ou rien: l’an dernier il pleuvait tous les deux jours et cette année, rien. L’an dernier c’étaient les limaces qui nous embêtaient !”, grimace Olivier Lefebvre, agriculteur à Fournes-en-Weppes. 

Jeu de rôle pour appréhender l’annonce d’un décès à l’hôpital

Du propos technique dénué d’empathie au bureau distanciant soignants et famille: les écueils de l’annonce d’un décès ont été abordés via un jeu de rôle pédagogique mercredi à Santexpo, grand salon hospitalier organisé à Paris.Pour l’occasion, une salle de réunion du Parc des expositions, Porte de Versailles, s’est muée en mini-scène de théâtre pendant près d’une heure et demie. Pour incarner deux membres éplorées d’une famille, deux actrices, face à un médecin et une infirmière, joués par un professionnel et une retraitée du monde de la santé, devant un public d’une quarantaine de leurs pairs.Après chaque mise en situation -une annonce aux proches mal gérée, une qui l’est mieux- tout le monde débriefe sous la supervision de Nancy Kentish-Barnes, sociologue, chargée de recherche de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et du Pr Bertrand Guidet, président du comité éthique à la Fédération hospitalière de France (FHF).Dans le premier scenario, Cyril Hazif-Thomas, psychiatre au CHRU de Brest, joue un chef de service qui évacue rapidement l’annonce d’un décès, entre jargon médical -“extrêmement anémié”- et ton abrupt: “Vous étiez quand même au courant de son état, non?”.Son personnage n’est pas aidé par Chantal Cateau, membre de France Assos Santé (voix des usagers du système de santé) et qui campe une infirmière (elle le fut avant sa retraite) peu concernée, car “absente ces derniers jours”. “On n’a aucune réponse, ça suffit d’être mal traitées comme ça!” lâche une des filles du défunt, outrée, incarnée par Isabelle Woussen, actrice et clown en hôpital. – “Très réaliste” -“On a grossi le trait”, glisse le Pr Guidet. “C’est malheureusement très réaliste”, rétorque dans l’assistance Eric Oziol, chef de service au Centre hospitalier de Béziers. Aux yeux de ce responsable, le “point clé” c’est “comment on perçoit la mort dans les équipes médicales et à l’extérieur”. Dans des services souvent confrontés aux décès de patients, il y a un “petit risque de banalisation”, acquiesce le Pr Guidet. Dans ce premier scenario, le chef de service est resté debout, derrière son bureau, face à la famille assise. “Le bureau, c’est la cata!”, souffle Eric Oziol. Ce meuble introduit une distanciation dans une “communication non verbale” qui va imprimer douloureusement les mémoires des proches du disparu, souligne Nancy Kentish-Barnes.  Dans la deuxième version, le chef de service et l’infirmière accueillent les membres de la famille avant que tous ne s’assoient sur des chaises proches et disposées en cercle. Ici, le lexique médical reste au placard et les soignants s’attachent aux derniers instants du malade avec un ton apaisant. Le chef de service propose même “un autre temps d’échange” si cette annonce est trop “brutale” pour les proches. – “Phrase perturbante” -Mais la complexité de l’exercice surgit devant le talent des deux actrices, notamment les larmes et la détresse servies par Ariane Boumendil. La comédienne finit même par déstabiliser ses partenaires de jeu venus du corps médical. Dans le public, le Dr Michel Dintimille, qui officie en Martinique, relève une “phrase perturbante” prononcée par Chantal Cateau: “+On s’est bien occupé de votre proche, en raison de sa gentillesse avec les soignants+… Ah, et dans le cas inverse?”. Chantal Cateau reconnaît qu’elle a “cherché quelque chose à dire” à un moment. “On comble car on est mal à l’aise, mais il faut laisser parfois place au silence pour que l’information fasse son chemin”, décortique Nancy Kentish-Barnes.”A un moment, il y avait trop de paroles des médecins et les questions de la famille ne pouvaient plus venir”, constate aussi Isabelle Woussen, prise au jeu. “Parfois, le mieux à faire pour un médecin, après l’annonce, est de se taire, d’écouter, de tenir une épaule, mais pas de tomber dans les bras des gens non plus”, conclut le Pr Guidet.

Les taxis manifestent à Paris et Pau pour un quatrième jour de mobilisation

Des centaines de taxis manifestaient jeudi pour le quatrième jour consécutif contre les nouvelles conditions du transport sanitaire et la concurrence des VTC, a-t-on appris auprès de leurs représentants.A Pau (Pyrénées-Atlantiques), devenu un des centres de la mobilisation parce que c’est la ville du Premier ministre François Bayrou, des centaines de taxis, 100 selon la police, étaient encore mobilisés jeudi matin, selon Stéphane Abeilhou, l’un des représentants des taxis venus d’Occitanie. Ils demandent à rencontrer Olivier Faure, patron des députés PS, présent jeudi à Pau pour dédicacer son dernier livre.Ils aimeraient aussi rencontrer François Bayrou. “Si le Premier ministre ne souhaite pas de débordement, il doit nous recevoir, sinon il en sera comptable”, a lancé M. Abeilhou. Le réunion du conseil départemental, prévue vendredi matin à Pau, a été reportée à une date ultérieure, en raison de cette mobilisation.A Paris, plusieurs centaines de taxis venus de toute la France bloquaient toujours le boulevard Raspail, près du ministère des Transports, a indiqué l’association Elite Taxi, qui défend les intérêts de la profession. Et un barrage filtrant a été mis en place à l’entrée de l’aéroport Charles-de-Gaulle par une vingtaine de taxis, selon un des organisateurs.L’intersyndicale des taxis a entamé lundi une mobilisation massive pour protester contre un projet de nouvelle tarification de l’Assurance maladie sur les transports de malades par des chauffeurs de taxi conventionnés.Ces trajets vers les hôpitaux ou cabinets médicaux représentent une part essentielle du chiffre d’affaires de nombreux chauffeurs.Le climat s’est tendu à plusieurs reprises avec les forces de l’ordre mais aussi avec les conducteurs de voitures de transport avec chauffeur (VTC).La plateforme de VTC Uber a appelé au calme mercredi en regrettant l’agression physique de quatre chauffeurs, “incluant des menaces avec une arme à feu, un taser et même avec utilisation d’une bombe lacrymogène”.Le ministère des Transports a proposé mercredi un contrôle renforcé des VTC. 

Plus de 1.200 noyades durant l’été 2024, avec une forte hausse aux périodes les plus chaudes

Plus de 1.200 noyades, dont plus d’un quart mortelles, sont survenues en France pendant l’été 2024, avec “une hausse préoccupante” pendant les épisodes de fortes chaleurs, selon un bilan publié jeudi par Santé publique France.Du 1er juin au 30 septembre 2024, 1.244 noyades ont été enregistrées dans tout le pays, dont 350 suivies de décès (28%), des niveaux toujours élevés mais globalement stables sur un an, a indiqué l’agence sanitaire.Mais, de mi-juillet à mi-août, il y a eu “une hausse préoccupante” de 41% des noyades par rapport à la même période de 2023, en lien probable avec des épisodes répétés de fortes chaleur.”En périodes de fortes chaleurs, les conditions de baignade sont plus attractives, donc il y a davantage d’accidents”, a résumé lors d’une conférence de presse Aymeric Ung, chargé de la surveillance épidémiologique des noyades à SpF, rappelant que Météo France avait placé l’été 2024 au huitième rang des étés les plus chauds depuis 1900, cependant loin derrière 2003 et 2022.Sur toute la période de surveillance estivale, plus de la moitié des noyades ont concerné des adultes (56%), un peu plus du quart des moins de 6 ans (29%).Tous âges confondus, environ la moitié des décès par noyade survient dans des cours d’eau ou plan d’eau, moins souvent surveillés et où les secours mettent plus de temps à arriver. Pour les autres lieux, la majorité des décès chez les adultes se produit en mer, et chez les moins de 18 ans principalement en piscine privée.”Ne pas savoir nager est une cause de noyade parmi d’autres, pas la cause principale”, a précisé Aymeric Ung, soulignant que chez les enfants c’est surtout “un défaut de surveillance” des parents, et chez les adultes, surtout âgés, souvent des malaises, ou des accidents.Chez les jeunes adultes, a-t-il ajouté, “beaucoup de noyades suivies de décès dans des cours d’eau ou plans d’eau sont liées à des événements festifs, avec souvent une consommation d’alcool”. A l’été 2024, plus de la moitié des noyades (60%) et des noyades suivies de décès (53%) ont eu lieu en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. Ces régions métropolitaines, parmi les plus touristiques, ont généralement une façade maritime et concentrent la majorité des piscines privées familiales ainsi qu’un nombre important de cours d’eau et plans d’eau.Surveillance active et permanente des jeunes enfants, apprentissage de la nage le plus tôt possible, choix de zones sécurisées, vigilance face à la météo, attention à l’état physique figurent parmi les recommandations de prévention rappelées par Santé publique France.