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Audiovisuel public: Thomas Legrand et Patrick Cohen vont s’expliquer face aux députés

L’heure de la grande explication pour Thomas Legrand et Patrick Cohen: les deux journalistes sont entendus jeudi par les députés sur la vidéo polémique de leur rendez-vous avec des cadres du PS, au coeur des accusations d’accointances entre l’audiovisuel public et la gauche.”J’attends de pouvoir faire la transparence sur les soupçons de collusion qui ont été mis en lumière” et “j’aimerais à minima” que les deux éditorialistes “reconnaissent leurs torts”, anticipe auprès de l’AFP le rapporteur de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, le député UDR (parti allié au RN) Charles Alloncle.De son côté, Thomas Legrand a confié sa “hâte”. “Je bous d’expliquer les choses. Tout est parti d’une grosse manipulation”, affirme à l’AFP l’éditorialiste politique de Libération, dont l’émission hebdomadaire a été supprimée sur France Inter suite à l’épisode.La vidéo du scandale, diffusée début septembre par le magazine de droite conservatrice L’Incorrect, montrait les deux journalistes en pleine discussion avec deux cadres du PS dans un restaurant parisien. Durant l’échange, M. Legrand évoque les stratégies de la gauche aux prochaines élections, et lâche, au sujet de la candidate de la droite parisienne Rachida Dati : “nous on fait ce qu’il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi”.Entendue mercredi par la commission, la présidente de Radio France Sibyle Veil a concédé que ces propos sont “problématiques”, mais a regretté que l’affaire ait été “instrumentalisée”.Les deux journalistes ont dénoncé un montage et porté plainte. – Pas des juges -Cet épisode avait relancé avec vigueur les accusations, chères à une partie de la droite et de l’extrême droite, de connivence entre les médias de l’audiovisuel public et la gauche.Jeudi devant la commission d’enquête, la directrice de France Inter Adèle Van Reeth auditionnée à son tour s’est inscrite en faux: “toute accusation idéologique est absolument contestable et ne repose sur aucun fait”.Et si elle a pu qualifier son antenne de “radio progressiste”, ce n’est pas dans “un sens partisan, militant ou politique, mais plus culturel”. La journée en commission s’annonce sous haute tension. La vidéo avec Thomas Legrand et Patrick Cohen a aussi déclenché une vive bataille entre les patronnes de Radio France et France Télévisions d’une part, et les médias dans la galaxie du milliardaire conservateur Vincent Bolloré de l’autre.Les deux groupes publics ont fini par assigner pour dénigrement le JDD, Europe 1 et CNews devant le tribunal des activités économiques, en leur reprochant de matraquer les accusations sur leurs antennes pour leur nuire.Depuis le lancement de la commission, fin novembre, Charles Alloncle et des députés RN et LFI ont questionné sans ménagement leurs hôtes, du patron de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, aux présidentes de France Télévisions et Radio France.”Parfois les commissions d’enquête peuvent être dévoyées ou utilisées à des fins politiques”, a tancé mercredi la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, disant “rappeler à l’ordre le rapporteur” Charles Alloncle.En retour, celui-ci a dénoncé une “tentative de déstabilisation”.”Patrick Cohen et Thomas Legrand ne sont pas là pour répondre à des juges”, affirme de son côté le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus. “Mais il est évident que cette vidéo, dont je conteste fermement la méthode, a suscité l’émoi d’une partie des Français et pose question”, souligne-t-il.Charles Alloncle compte lui aborder des révélations égrenées depuis mardi sur Europe 1 à propos de conversations privées qui auraient eu lieu dans un autre café récemment, entre Thomas Legrand et l’ancienne directrice de France Inter (2014-2022) Laurence Bloch.Cette dernière y aurait demandé au journaliste de “rompre toute collaboration avec la station” et les deux auraient évoqué l’aide que pourrait leur apporter le député PS Emmanuel Grégoire, l’un des membres de la commission parlementaire.”Je conseillerais à Thomas Legrand d’arrêter d’aller dans les cafés puisqu’il est visiblement enregistré”, a réagi Sibyle Veil. L’avocat du journaliste, Antoine Picard, a indiqué à l’AFP qu’un complément de plainte sera déposé, notamment pour captation illégale de conversation privée.

Le ministre de l’Education veut faire “du sur-mesure” pour les collèges en grande difficulté scolaire

Le ministre de l’Education Edouard Geffray veut faire à partir de septembre 2026 “du sur-mesure” pour les collèges qui concentrent le plus de difficultés scolaires, en matière de formation des enseignants, d’accompagnement pédagogique ou social, a-t-il indiqué jeudi sur France 2.”Aujourd’hui, vous avez 15% des collèges où plus de 40% des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet. Donc ça veut dire que c’est des collèges qui concentrent une très grande difficulté scolaire”, a souligné M. Geffray.Cela représente 800 collèges, selon un texte du ministère publié au Bulletin officiel jeudi, adressé aux rectorats, chefs d’établissements et professeurs. “L’objectif premier est l’élévation du niveau et l’amélioration des résultats de tous les élèves, et en particulier les plus fragiles”, selon le texte.Pour l’atteindre, le document suggère, par exemple, d’organiser des séances “autour d’une compétence ciblée avec un nombre restreint d’élèves” ou des cours avec deux enseignants “de manière ponctuelle ou durable”. Autres initiatives possibles: travailler “en effectif réduit sur des compétences précises”, renforcer “l’accompagnement personnalisé pour les élèves en difficulté” ou recourir à “Devoirs faits” (dispositif qui permet aux élèves de faire leurs devoirs au collège) et au tutorat. “On va effectivement concentrer l’effort sur ces collèges-là en termes de formation, d’accompagnement pédagogique, d’accompagnement social aussi”, a expliqué M. Geffray. “On va faire du sur-mesure collège par collège. C’est-à-dire que ça va partir des équipes (…) et on va répondre à tous leurs besoins”.Cela pourra être en matière “de formation, pour améliorer les pratiques pédagogiques” ou “de fonds sociaux”, a-t-il détaillé. “Vous avez parfois des élèves qui sont en très grande difficulté sociale, qui ne peuvent pas manger à la cantine le midi (…) On va mettre des fonds sociaux dans ces collèges-là pour que les élèves puissent manger tous les midis. Et on va tout reprendre comme ça, à 360 degrés”.”On va laisser aux établissements jusqu’au mois de juin pour qu’ils puissent bien préparer leur feuille de route et à la rentrée scolaire 2026, la vie va changer dans ces établissements”, a-t-il affirmé.Il y aura des “redéploiements” de moyens mais “ce n’est pas qu’une question de moyens, mais d’approche pédagogique”, a ajouté le ministre, qui avait indiqué à son arrivée à la tête du ministère en octobre qu’il voulait “agir prioritairement” sur ces “15% de collèges”.Il a par ailleurs souligné que la mise en place de la réforme de la formation initiale des enseignants, qui prévoit un concours à Bac+3 suivi de deux années de formation (au lieu de bac+5), pourrait être remise en cause si le budget 2026 n’était pas adopté.”Le concours en fin de licence est nouveau (…). Donc si je n’ai pas de budget, si on n’a pas de PLF (projet de loi de finances) 2026 qui est adopté, pour l’instant je ne sais pas organiser ce concours”, a-t-il dit. 

Indignation de magistrats après le “soutien” exprimé par Darmanin pour un élu condamné en appel

Deux syndicats de magistrats s’indignent jeudi des propos de Gérald Darmanin, qui a assuré de son “soutien” un élu du Nord condamné par la cour d’appel de Douai à 18 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour détournement de fonds.”Il nous semble institutionnellement problématique, pour un garde des Sceaux en exercice, d’apporter un +soutien+ public à quelque justiciable que ce soit à l’issue d’une décision de justice”, écrit l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), dans une lettre ouverte dont l’AFP a eu connaissance jeudi.”Sans commenter d’aucune manière une décision de justice, j’ai une pensée plus qu’amicale pour Damien Castelain, qui est un grand Président de la Métropole de Lille, et un maire passionné de Péronne-en-Mélantois”, a écrit mardi sur X le ministre de la Justice, l’assurant de son “soutien dans ce moment difficile”.Dans sa lettre, l’USM dit avoir pris connaissance “avec consternation” de ce message.”Ce positionnement est tout simplement incompréhensible pour la plupart des magistrats et fonctionnaires de votre ministère qui œuvrent au quotidien, dans des conditions difficiles et sous le feu de critiques souvent partisanes et injustes, pour rendre la justice et appliquer les lois votées par la représentation nationale”, estime-t-il, jugeant ce “mélange des genre (…) démocratiquement dangereux”.Pour le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), le “premier” des devoirs du garde des Sceaux “est de faire respecter et donc de respecter lui-même la séparation des pouvoirs”. Or, M. Darmanin “détourne ostensiblement sa fonction ministérielle au gré de ses préférences et au profit de ses amitiés personnelles et politiques”, estime le SM. “Le clientélisme, le favoritisme, le copinage n’ont pas leur place dans notre pays. Ils abîment la confiance, déjà fragile, que les citoyens ont dans leurs institutions”.Sollicité par l’AFP, l’entourage du ministre n’a pas souhaité faire de commentaire.Ce n’est pas la première fois que M. Darmanin s’exprime après une décision de justice.Après la condamnation le 25 septembre de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen, il avait confié sa “tristesse”. Il s’était rendu à la prison de la Santé où l’ex-président a été incarcéré vingt jours, une visite qui avait suscité des critiques. Nicolas Sarkozy a depuis l’interdiction, dans le cadre de son contrôle judiciaire imposé après sa sortie de prison, de rencontrer M. Darmanin.

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BP poursuit sa révolution interne avec une nouvelle directrice générale

Le géant pétrolier britannique BP a annoncé la nomination surprise d’une nouvelle directrice générale, l’Américaine Meg O’Neill, qui prendra le 1er avril la tête d’un navire en pleine tourmente après sa désastreuse tentative de virage vert.Cette native du Colorado, première femme à diriger l’une des “majors” du pétrole, succèdera à l’actuel directeur général, Murray Auchincloss, qui quitte ses fonctions jeudi de manière inattendue après presque deux ans en poste, mais continuera d’exercer un rôle de conseiller jusqu’en décembre 2026, est-il précisé dans le communiqué de l’entreprise.Mme O’Neill aura pour mission de mettre en oeuvre le plan de redressement annoncé en début d’année après le revirement de l’entreprise sur son ambitieuse stratégie climatique, qui implique un recentrage radical sur les hydrocarbures et une réduction des coûts, avec la suppression de milliers d’emplois.”J’ai hâte de travailler avec l’équipe de direction de BP et nos collègues à travers le monde pour accélérer la performance, renforcer la sécurité, stimuler l’innovation et la durabilité”, a-t-elle réagi, citée dans le communiqué.- 23 ans chez ExxonMobil -L’Américaine, qui a passé 23 ans chez ExxonMobil, est depuis 2021 à la tête de la compagnie australienne Woodside Energy. Elle est la première candidate externe à prendre les rênes de BP en 116 d’histoire.L’intérim jusqu’à son arrivée sera assurée par Carol Howle, actuelle vice-présidente du groupe. Mme O’Neill devra faire de BP “une entreprise plus simple, plus agile et plus rentable”, estime son président Albert Manifold.”Des progrès ont été réalisés ces dernières années, mais davantage de rigueur et de diligence s’imposent pour opérer les changements transformationnels nécessaires afin de maximiser la valeur pour nos actionnaires”, a-t-il ajouté.M. Manifold, entré en fonction le 1er octobre, vient lui-même tout juste de succéder au Norvégien Helge Lund, premier à faire les frais de la nouvelle stratégie de BP.L’avenir du directeur général démissionnaire, Murray Auchincloss, était en suspens depuis la prise de participation de 5% prise par Elliott Investment Management, souligne Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown.Ce fonds d’investissements américain est connu pour demander des changements stratégiques au sein des groupes dans lesquels il investit.- Rumeurs de rachat -“Le cours de l’action est inférieur de 5% à celui qu’il avait” lors de la prise de fonction en janvier 2024 de M. Auchincloss, remarque Derren Nathan, concluant que “le grand ménage est désormais achevé”.L’analyste souligne aussi que Mme O’Neill “pourrait avoir fort à faire” pour éviter que l’entreprise, “plus souvent perçu comme une proie plutôt que comme un chasseur”, ne “soit bradée”, elle qui fait régulièrement l’objet de rumeurs de rachat, notamment par son concurrent britannique Shell, qui dément.BP a annoncé en novembre un bénéfice en forte hausse au troisième trimestre, en dépit de la baisse des cours du pétrole, se disant satisfait de l’avancée de son plan. Son bénéfice net s’affiche à 1,16 milliard de dollars, soit plus de cinq fois les 206 millions enregistrés au troisième trimestre 2024.Le cours de BP à la Bourse de Londres était stable vers 09H30, grappillant à peine 0,27%.

A Ajaccio, des collégiens sensibilisés au phénomène de la mafia

“Assassinat, secret, argent, vengeance, parrain…” Le “nuage de mots” associé à “la mafia” par les élèves d’une classe de 4e du collège du Stiletto d’Ajaccio a impressionné leurs professeures, lors de la première session de “sensibilisation” à la mafia en Corse.”Il faut faire prendre conscience de la réalité de l’île”, indique le recteur de l’académie de Corse, Rémi-François Paolini, en présentant mardi la première expérimentation de ce parcours pédagogique inédit de sensibilisation aux pratiques mafieuses, qui sera proposé à partir de mars aux 16.000 élèves de la 4e à la terminale.Sur l’île, qui détient le record de France métropolitaine du nombre d’homicides rapporté à la population, 20 équipes criminelles exercent une “emprise de type mafieux” en tentant de “dominer les activités légales” les plus juteuses, estimait il y quelques mois la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) dans une note consultée par l’AFP.Le cours introductif d’une heure est mené par deux professeures volontaires – une de français et une d’histoire-géographie – et retransmis par visioconférence dans la salle voisine aux journalistes et aux membres du comité de pilotage mêlant académie, justice, préfecture et collectivité de Corse, qui sont allés en Italie en novembre observer un enseignement similaire.- Bandes violentes -Devant deux fresques -sans légende- des juges italiens Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés à Palerme en 1992, et de Chloé Aldrovandi, une étudiante assassinée le 15 février 2025 à Ponte Leccia (Haute-Corse), les élèves les identifient rapidement. “C’est à cause de la mafia”, propose l’un d’eux.”Est-ce qu’il y a ici des bandes violentes ?”, interroge l’enseignante.”Le FLNC” (Front de libération nationale corse: NDLR), répond un adolescent. “Il y a eu de la violence dans les années 80-90 avec le FLNC mais ce n’est pas du tout la même chose, c’était des violences nationalistes”, recadre l’une des professeures.Et concernant l’étudiante, “les enquêteurs pensent que les tueurs se sont trompés de cible”, précise-t-elle.Puis les professeures inscrivent “mafia” au tableau et le flot des mots des élèves déferle: “Trafic de drogue, organisation criminelle, assassinat, vol, armes, braquage, meurtre, secret, riche, argent, vengeance, caché, méchant, illégal, tueur, police, identité, nourrice, enquête, violence, menace, leader, parrain, racket, international, chantage, représailles, rançon, peur, menace, prison, témoin, interrogatoire, injuste”.Les élèves rédigent alors en duo “leur propre définition” de la mafia à l’aide de ce “nuage de mots”.- Citoyen de demain -Puis se penchent sur la “définition officielle” retenue par l’académie et énoncée par le conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse: “tout groupement formé en bande organisée établi en vue d’infiltrer la société civile et les institutions en usant de toutes formes de violences (physiques ou morales), de corruption, de contraintes (…) pour commettre des crimes et des délits ou pour influer sur les choix individuels ou collectifs des citoyens, et/ou des décideurs, et/ou des élus, et de la société corse”. “C’est quoi la corruption ?”, demande une élève. “C’est donner de l’argent pour obtenir une faveur. Par exemple, tu me donnes 200 euros et je te mets une bonne note”, répond malicieusement la professeure.Un reportage vidéo de l’AFP, diffusé par le quotidien Le Monde, sur la manifestation antimafia du 15 novembre à Ajaccio est projeté.Les deux collectifs antimafia, Massimu Susini et “Maffia no, a vita ié” (non à la mafia, oui à la vie: NDLR) ont été créés “pour essayer d’organiser la lutte contre la mafia” dans l’île, précisent les professeures, indiquant que 18 assassinats et 16 tentatives ont eu lieu en 2024 et que ces dernières années “17 chefs d’entreprise et 12 élus” y ont été assassinés.Quel droit fondamental menace la mafia ? “Le droit d’être en sécurité”, avance une petite voix. “La liberté d’entreprendre”, propose un autre.”Jamais, on ne pensait qu’ils en savaient autant”, a ensuite confié aux journalistes -qui n’ont pas pu échanger avec les élèves- Cathy Albertini-Muracciole, la professeure de français qui travaille à “former le citoyen de demain”.”Ce n’est pas surprenant, ils vivent dans la société corse, ils en font partie, ils ne sont ni aveugle ni sourd”, ajoute sa collègue, Anna Arrighi, pour qui “le but” de “ces cours-là est qu’ils puissent apprendre à réfléchir et comprendre la société dans laquelle ils vivent”.

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Au Turkménistan, une difficile bataille contre le sable

“Autrefois, le village se trouvait sur une butte. Mais à cause de l’avancée du désert, il a fallu descendre de plus en plus bas”, raconte le retraité Kakabaï Baïmedov. Au Turkménistan comme dans toute l’Asie centrale, la lutte contre la désertification est lancée.L’apparition d’immenses dunes de sable a compliqué la vie des quelque 3.000 goumly – les habitants du désert, en turkmène – de Bokourdak.Cette localité à 100 kilomètres au nord de la capitale Achkhabad est située au coeur du Karakoum, désert recouvrant 80% de cette ex-république soviétique bordant la mer Caspienne.Selon M. Baïmedov, les locaux, conseillés par l’Académie des sciences, y “plantent des espèces endémiques d’arbres pour stopper l’avancée du désert” dans ce village où l’on vit principalement de l’élevage de chameaux et de moutons.En Asie centrale, où 20% des terres sont dégradées, les scientifiques alertent sur l’avancée “rapide” et “accélérée” de la dégradation des sols et la désertification, “causées par le changement climatique et les activités humaines”, notent l’ONU et la Banque mondiale.Ces problèmes écologiques et sociaux croissants sont aussi un fardeau économique coûtant annuellement 6% du PIB centrasiatique, d’après les organisations internationales.- Plantations de masse -“Le désert est un état de la nature. La désertification résulte de l’activité humaine et de phénomènes naturels”, résume pour l’AFP Moukhammet Dourikov, scientifique turkmène.”Les activités humaines peuvent avoir des conséquences environnementales catastrophiques. Le surpâturage et la déforestation entraînent l’érosion des sols, ce qui fait apparaître des zones de désertification et des dunes”, explique M. Dourikov, rappelant aussi la “fréquence accrue des vents secs et des sécheresses”.Au Turkménistan, la lutte contre la progression des zones arides prend principalement la forme d’actions massives de reverdissement.Jamais à court de citations grandiloquentes, les autorités répètent vouloir “transformer le pays en une terre florissante” et ont annoncé cet été avoir planté 162 millions d’arbres ces 20 dernières années.”Le président participe activement à la lutte contre la désertification”, glisse un fonctionnaire du ministère de l’Environnement sous couvert d’anonymat, en raison de l’interdiction de s’adresser aux médias. Selon lui, “l’entretien est assuré par l’Etat, avec une irrigation au goutte-à-goutte”.Cette information est difficilement vérifiable tant règne le secret au Turkménistan, où les dirigeants incontestés, Berdymoukhamedov père (Gourbangouly) et fils (Serdar) mettent en scène cette lutte.”En l’absence de rivière, la mort erre, mais cela l’homme ne le tolère. Après un dur labeur, le jardin a fleuri”, chante Gourbangouly Berdymoukhamedov, reprenant la chanson culte soviétique “Karakoum”, tandis que Serdar s’affiche régulièrement pelle en main en plantant des arbres.”Auparavant on plantait des épicéas ou des cèdres. Mais aujourd’hui, on retrouve des espèces endémiques, mieux adaptées au climat”, dit à l’AFP Merdan Arazmedov, membre de l’Organisation non-gouvernementale pour la conservation de la nature turkmène.- “Plus résistants” -A Bokourdak, des scientifiques ont déterminé la direction du vent avant de planter des arbres, principalement des saxaouls.Ces arbres “plus résistants”, ont “des racines s’enfonçant de 10-15 mètres dans le sol” au maximum, pour capter l’eau, explique M. Arazmedov.Le saxaoul aide à retenir le sable, améliore l’humidité au sol et fait office de barrière naturelle. M. Baïmedov, devenu botaniste amateur, s’occupe d’environ 15.000 arbrisseaux, appelés à former une muraille végétale contre le sable.”Il faut 15-20 ans pour faire pousser un arbre comme celui-là”, estime ce jardinier du désert devant un saxaoul de huit mètres.Le saxaoul est aussi utilisé pour protéger Achkhabad, où “des militants écologistes ont planté plus de 50 hectares au bord du désert”, rappelle M. Arazmedov. “Ces plantations doivent contenir le sable qui envahit Achkhabad et d’autres villes, ensevelissant les routes. Désormais, la route vers la capitale n’est plus ensablée”, selon l’écologiste.Mais faire reverdir le Turkménistan se complique en raison du stress hydrique.”Avant, les jeunes saxaouls avaient quotidiennement besoin de jusqu’à 10 litres d’eau”, selon le botaniste M. Baïmedov, soit infiniment moins que d’autres arbres.”Aujourd’hui, en raison du changement climatique et de la hausse des températures, il leur faut jusqu’à 20 litres quotidiens pour assurer l’enracinement”, explique-t-il.L’accélération de la menace a poussé les autorités à diversifier leurs techniques. L’an passé, des scientifiques turkmènes ont annoncé avoir réussi des essais avec des cyanobactéries, aussi appelées “algues bleu-vert”, pour retenir dunes et humidité et faciliter l’enracinement des arbres.Et en septembre, le président a proposé à l’ONU la création d’un centre régional contre la désertification en Asie centrale.

“Marseille doit continuer à être debout”, appelle Amine Kessaci, invité du conseil municipal

“Marseille doit continuer à être debout face à la guerre de la drogue”, a appelé jeudi le militant écologiste Amine Kessaci, après le meurtre de son frère Mehdi en novembre, invité du dernier conseil municipal de la ville avant les prochaines élections municipales.”Marseille a été debout, Marseille doit continuer à être debout face à la guerre de la drogue, face à celles et ceux qui veulent semer la terreur dans nos rues, qui veulent faire taire”, a déclaré Amine Kessaci, 22 ans, endeuillé par la mort de deux de ses frères, dont un assassiné le 13 novembre sans doute pour le faire taire.Accueilli par des applaudissements nourris, le jeune homme a réclamé “des actions concrètes”. “Sans la rénovation des écoles, sans la création de services publics, sans l’action des centres sociaux, on ne pourra jamais sortir ces enfants des quartiers”.Pour le militant écologiste, “attaquer les petits jeunes au pied d’immeuble ne va pas stopper ces trafics internationaux”. Il faut “exiger des pays comme l’Arabie Saoudite, comme le Qatar, comme la Thaïlande” d’extrader “les têtes de réseau qui vivent très bien de l’argent de la drogue, vivent loin du territoire et font couler le sang ici chez nous et nos enfants se retrouvent assassinés”.Mardi, lors de son déplacement à Marseille, le président de la République Emmanuel Macron a réaffirmé sa détermination à mener la “guerre” contre le narcotrafic.Il a affiché sa volonté d’aller “chercher dans les pays où sont les têtes de réseau de la coopération, pour pouvoir saisir leurs biens, pour pouvoir arrêter les têtes de réseau, nous les restituer”.Le chef de l’Etat doit se rendre dimanche pour le Noël aux troupes aux Emirats arabes unis, où d’importants narcotrafiquants ont trouvé refuge, selon la justice française.

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Plus de 1,7 million d’élèves soumis à une forte “pression pesticide”, selon un baromètre

Plus de 1,7 million d’élèves sont scolarisés dans un établissement “soumis à une pression forte” aux pesticides “dans un rayon de 1.000 mètres”, selon un baromètre publié jeudi, coordonné par Le Monde et une dizaine d’experts, qui “n’est pas un indicateur de risque”.Ce “baromètre de la pression pesticides autour des établissements scolaires”, présenté comme une “cartographie inédite”, a été “conçu pour éclairer le débat public” et “non comme un diagnostic toxicologique ou sanitaire”, prévient le quotidien.Selon les chiffres, “au moins 1,76 million d’élèves (environ 15 % des effectifs, hors outre-mer) sont scolarisés dans des établissements soumis à une pression forte dans un rayon de 1.000 mètres – comme si chacun des 314 hectares entourant l’école avait reçu au moins un traitement de pesticides à pleine dose par an”. D’après le journal, “un site scolaire sur quatre est concerné par une telle exposition potentielle.”Ce baromètre est construit à partir du registre parcellaire graphique et de l’indice de fréquence de traitement (IFT) associé aux cultures présentes dans un rayon de 1.000 mètres autour de chaque école, collège ou lycée, géolocalisés grâce à la base de données de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).Les cartes révèlent une “pression pesticides” hétérogène, avec des établissements moins exposés en zone urbaine et particulièrement exposées dans les bassins viticoles, les plaines céréalières ou les secteurs d’arboriculture fruitière.L’IFT “est utilisé comme indicateur de pression d’usage des pesticides, et non comme indicateur de risque sanitaire ou d’impact environnemental”, prévient la méthodologie détaillée.”Cela ne signifie pas que chaque enfant est en danger”, précise Karine Princé, chargée de recherche au centre d’écologie et des sciences de la conservation du Muséum national d’histoire naturelle, citée par le Monde. Mais, selon elle, “cela montre que réduire l’usage des pesticides autour des écoles doit devenir une priorité, et que des politiques publiques plus ambitieuses sont nécessaires pour protéger les enfants là où ils vivent et apprennent.”En septembre, l’étude PestiRiv, menée par Santé publique France et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), a conclu que les riverains des vignes étaient plus imprégnés par les pesticides que les autres Français, avec une surexposition des enfants de 3 à 6 ans.

Plus de 1,7 million d’élèves soumis à une forte “pression pesticide”, selon un baromètre

Plus de 1,7 million d’élèves sont scolarisés dans un établissement “soumis à une pression forte” aux pesticides “dans un rayon de 1.000 mètres”, selon un baromètre publié jeudi, coordonné par Le Monde et une dizaine d’experts, qui “n’est pas un indicateur de risque”.Ce “baromètre de la pression pesticides autour des établissements scolaires”, présenté comme une “cartographie inédite”, a été “conçu pour éclairer le débat public” et “non comme un diagnostic toxicologique ou sanitaire”, prévient le quotidien.Selon les chiffres, “au moins 1,76 million d’élèves (environ 15 % des effectifs, hors outre-mer) sont scolarisés dans des établissements soumis à une pression forte dans un rayon de 1.000 mètres – comme si chacun des 314 hectares entourant l’école avait reçu au moins un traitement de pesticides à pleine dose par an”. D’après le journal, “un site scolaire sur quatre est concerné par une telle exposition potentielle.”Ce baromètre est construit à partir du registre parcellaire graphique et de l’indice de fréquence de traitement (IFT) associé aux cultures présentes dans un rayon de 1.000 mètres autour de chaque école, collège ou lycée, géolocalisés grâce à la base de données de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).Les cartes révèlent une “pression pesticides” hétérogène, avec des établissements moins exposés en zone urbaine et particulièrement exposées dans les bassins viticoles, les plaines céréalières ou les secteurs d’arboriculture fruitière.L’IFT “est utilisé comme indicateur de pression d’usage des pesticides, et non comme indicateur de risque sanitaire ou d’impact environnemental”, prévient la méthodologie détaillée.”Cela ne signifie pas que chaque enfant est en danger”, précise Karine Princé, chargée de recherche au centre d’écologie et des sciences de la conservation du Muséum national d’histoire naturelle, citée par le Monde. Mais, selon elle, “cela montre que réduire l’usage des pesticides autour des écoles doit devenir une priorité, et que des politiques publiques plus ambitieuses sont nécessaires pour protéger les enfants là où ils vivent et apprennent.”En septembre, l’étude PestiRiv, menée par Santé publique France et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), a conclu que les riverains des vignes étaient plus imprégnés par les pesticides que les autres Français, avec une surexposition des enfants de 3 à 6 ans.

Australia PM vows to stamp out hatred as nation mourns youngest Bondi victim

Australia’s prime minister vowed Thursday to stamp out extremism as the nation mourned the youngest victim of the Bondi Beach shooting, a 10-year-old girl remembered as “our little ray of sunshine”.Father-and-son gunmen are accused of firing into crowds at a beachside Jewish festival on Sunday, killing 15 in an attack authorities linked to “Islamic State …

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