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Sur les friches industrielles, faire grandir la ville sans rogner les champs

Des skateurs qui s’entraînent, des habitants qui sirotent un café au milieu d’enfants joueurs: la vie a repris à Fives Cail, ancienne usine monumentale au coeur d’un quartier populaire de Lille, emblématique de la reconversion des friches du Nord.Parfois abandonnés depuis des décennies, ces anciens sites industriels attirent de nouveau les municipalités, car ils permettent de densifier la ville sans empiéter sur les terres agricoles.Fermée en 1998, l’ancienne usine de Fives Cail Babcock (FCB) en impose toujours avec ses façades de briques rouges, ses toits en dents de scie, ses verrières métalliques et sa cheminée de 45 mètres.Des locomotives, des wagons et de grands ouvrages, comme les ascenseurs de la tour Eiffel, ont été autrefois assemblés dans ces halles baignées de lumière.Mobilier moderne et nouveaux usages ont investi les lieux depuis 2021 sans effacer ce riche passé industriel: lycée hôtelier, “food court”, brasserie artisanale, ferme urbaine… Bientôt suivront les ateliers de fabrication des gaufres Méert et une piscine.A terme, 1.030 logements doivent aussi voir le jour sur ce site de 25 hectares, dont un tiers de logements sociaux.Les collectivités du Nord misent sur ces terrains déjà artificialisés pour répondre à la pression foncière, dans un contexte où la loi “zéro artificialisation nette” (ZAN) impose une gestion plus sobre du foncier.”C’est une double exigence: préserver les sols naturels et densifier les villes existantes”, souligne la députée du Finistère Sandrine Le Feur, rapporteure d’une mission parlementaire sur le sujet. “On ne peut plus s’étendre indéfiniment au détriment des écosystèmes.”- 375.000 euros par hectare -La reconversion des friches permet “d’être plus sobre en foncier et de préserver les sols (…), dans un triple contexte de dérèglement climatique, d’effondrement de la biodiversité et de souveraineté alimentaire”, note le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).Acquis par la Métropole européenne de Lille (Mel) en 2007, Fives Cail a fait l’objet d’un important chantier d’aménagement, dont le désamiantage. Coût total: 162 millions d’euros, financé essentiellement par la Mel et la mairie de Lille.Mais reconvertir une friche reste un défi, rappelle Catherine Bardy, directrice de l’Etablissement public foncier des Hauts-de-France. “Une friche ne peut pas répondre à un besoin immédiat.”Premier obstacle: l’acquisition du terrain, parfois complexe juridiquement. Ensuite, étude technique et historique du site, puis dépollution. Une remise en état coûte en moyenne 375.000 euros par hectare sans pollution, jusqu’à 800.000 avec contamination, selon le Cerema.Au-delà des aspects techniques et financiers, ces friches sont souvent devenues avec le temps des refuges pour la biodiversité. “Il faut les réinvestir en la respectant au maximum, voire la compenser si nécessaire”, souligne Mme Bardy.- “Verrues” -Dans les Hauts-de-France marqués par la désindustrialisation, plus de 3.000 sites ont été recensés par la plateforme nationale Cartofriches. Ces friches pourraient représenter dans la région “plus de dix ans d’artificialisation”, affirme la Chambre régionale des comptes.Longtemps considérées comme des “verrues du tissu urbain” elles sont désormais au coeur de la lutte contre son étalement, ajoute cette juridiction dans un rapport de 2023. Car ce sont souvent des terrains bien situés, dans des zones à fort besoin foncier.Pour Lille, ces réhabilitations ont aussi un objectif politique: “Garder les catégories populaires dans la ville, éviter qu’elles soient chassées à la périphérie”, résume Stanislas Dendievel, adjoint lillois à l’urbanisme. “A partir de la friche, on refait de la ville sur la ville, on reconstitue une offre d’habitat abordable en coeur de ville et des corridors de nature.”L’une des halles monumentales de Fives Cail, haute de 32 mètres, deviendra ainsi un exosquelette architectural marquant l’entrée d’un nouveau parc de cinq hectares.”Ça va plus vite de manger un peu plus les terrains agricoles et de construire un projet urbain sans âme, sans odeur, sans saveur, que vous pouvez transplanter n’importe où en France”, déplore Fabienne Duwez, directrice générale de Soreli, chargée du projet d’aménagement. Mais “on ne peut plus grignoter les terres agricoles. Toutes les collectivités doivent se saisir de cette question”, insiste-t-elle, à quelques pas des anciens rails de l’usine encore visibles au sol.

L’Oréal et le festival, un partenariat qui le vaut bien

Maquillage, coiffure, égéries, tapis rouge: derrière le glamour des marques partenaires du Festival de Cannes se cache un business bien rodé qui peut rapporter gros en termes d’image et de ventes comme pour L’Oréal Paris, partenaire depuis 28 ans.L’Oréal Paris s’affiche partout sur la Croisette, à commencer au Martinez où la marque occupe un étage entier. Y sont installées des salles où une trentaine de maquilleurs et une quinzaine de coiffeurs auront en 15 jours réalisé 2.000 “mises en beauté” dont celles des ambassadrices de la marque telles Viola Davis, Jane Fonda ou encore Elle Fanning. “On n’a pas encore les batteries pour sèche-cheveux… Tant pis, on fera des chignons”, s’amuse samedi un coiffeur alors que règne un calme inhabituel, la faute à la coupure d’électricité qui touche la région. Pour le joaillier Chopard, également partenaire du festival, “c’est le luxe, la palme d’or” mais “pour L’Oréal Paris qui est une marque de grand public, s’associer à Cannes, c’est lui donner cette image de luxe, alors qu’elle n’est pas une marque de luxe”, explique à l’AFP Julie El Gouzzi, auteure de “Manuel du luxe”. Le Festival de Cannes, “est très riche en termes d’image”, abonde Laurence Lim, dirigeante de l’agence Cherry Blossoms Intercultural Branding, “c’est le glamour associé à la culture que n’ont pas du tout le Met Gala, les Oscars, etc.”. “Une féministe peut aussi être belle !”, déclare Jane Fonda à l’AFP. “Je me sens très à l’aise à Cannes avec L’Oréal Paris. C’est une marque que je respecte vraiment. L’année prochaine cela fera 20 ans que je suis avec eux”, a-t-elle ditMais surtout, le Festival de Cannes, “pour toutes les marques qui sont présentes, c’est un moment pour créer du contenu pour les réseaux sociaux”, selon Julie El Ghouzzi. “Ces 15 dernières années ce qui a changé, c’est la digitalisation de notre métier”, confirme à l’AFP Delphine Viguier-Hovasse, la patronne de L’Oréal Paris. – 5 milliards de vues -“Cannes, c’est 5 milliards d’occasions de voir L’Oréal Paris sur les réseaux sociaux”, dit-elle. Si une dizaine de personnes gèrent les réseaux sociaux pendant le festival, le travail a aussi été fait en amont.”Au moment où Alia Bhatt (actrice indienne égérie de L’Oréal, NDLR) a posé le pied sur le tapis rouge, le look, le rouge à lèvres, le fond de teint, la laque” utilisés pour la maquiller, “étaient mis en ligne sur le site indien de vente Nykaa”, explique la patronne de la marque. Une stratégie payante puisque “sur la journée d’Alia Bhatt, on a une progression de 80% des ventes de maquillage en Inde sur Nykaa”, selon elle. L’actrice a plus de 86 millions d’abonnés sur Instagram. En termes de Media Impact Value (MIV), un indicateur de Launchmetrics, qui attribue une valeur monétaire réelle aux stratégies marketing, le joaillier Chopard arrivait en tête lors du festival de Cannes en 2024 avec 32,3 millions de dollars de MIV, suivi de L’Oréal Paris (28,7 millions de dollars) et de Dior (26,8 milions de dollars). “Le risque”, pour les marques, dont L’Oréal Paris, “c’est l’importance de la croissance de la fierté nationale” notamment dans des pays comme la Chine et l’Inde, selon Laurence Kim, or “les célébrités sous les feux de la rampe au Festival de Cannes sont surtout américaines”. Et gare au faux pas comme lors du Met Gala de New York cette année qui a été “énormément critiqué en Inde parce que les célébrités de Bollywood qui étaient présentes ont été ignorées”.”Ce qui est important ce n’est pas ce qui se passe à Cannes, c’est la résonance de l’événement”, selon Alexis Perakis-Valat, directeur général de la division produits grand public.Le groupe L’Oréal, “a fait 50% de croissance l’année dernière sur les pays émergents (Amérique Latine, Moyen-Orient, Inde…)”, rappelle-t-il. En 2024, L’Oréal Paris a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 7 milliards d’euros, en hausse de 9,2%. Le groupe L’Oréal a réalisé plus de 43 milliards d’euros de ventes.

Transport des malades: les taxis n’excluent pas de nouvelles actions d’ici mardi

Les chauffeurs de taxis ont décidé de prolonger leur mobilisation et n’excluent pas de nouvelles actions d’ici mardi, date du début du réexamen du projet de réforme de la tarification des transports de patients annoncé par le Premier ministre.”Attendant des mesures concrètes, les taxis ont décidé le prolongement de leur mobilisation. Déterminée, la profession maintient les pôles de mobilisation et poursuit l’organisation d’actions et d’opérations escargot”, a déclaré l’intersyndicale dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche.A l’issue d’une rencontre avec les représentants des chauffeurs, François Bayrou a annoncé samedi soir le réexamen à partir de mardi de la convention qui prévoit une unification des tarifs pour le transport des malades, ainsi qu’un travail sur le respect des règles par les plateformes de VTC, deux revendications majeures des taxis.Dès samedi soir, certains, notamment parmi les taxis indépendants, avaient annoncé leur intention de rester dans la rue jusqu’à lundi, notamment Boulevard Raspail à Paris, près du ministère des Transports.”Les fédérations ont reçu un véritable accueil du Premier ministre. Il y a des choses qui vont être remises sur la table. Mais en attendant, les chauffeurs veulent maintenir la pression et se méfient. Ils attendent de voir le suivi des annonces”, a déclaré à l’AFP Dominique Buisson, de la Fédération nationale du taxi (FNDT).”Pour l’instant, il n’y a pas de blocage prévu ce dimanche à Roland-Garros ou ailleurs (gares, aéroports), mais cela peut changer. Ca se décide sur le terrain”, a-t-il ajouté.Les chauffeurs de taxis sont mobilisés depuis une semaine contre une convention qui va modifier leur rémunération pour le transport de malades. Le nouveau système entend reposer sur une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilométrique. Il est conçu pour dissuader les retours à vide ou les temps d’attente trop longs. Cette tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. L’objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire qui ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (un bond de 45% depuis 2019).Le réexamen prévu dans les prochaines semaines devra toutefois se faire “sans changer la date d’application” du texte et la cible en matière d’économies, a précisé François Bayrou.

La ministre de la Transition écologique redit son opposition aux néonicotinoïdes, dénonce l’obstruction parlementaire

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré dimanche qu’elle n’était “pas favorable à la réintroduction” d’un insecticide néonicotinoïde en France, tout en dénonçant l’obstruction parlementaire contre un texte attendu lundi à l’Assemblée et qui permettrait ce retour.”Dans un pays qui a interdit les néonicotinoïdes, je trouve que c’est dommage de rouvrir cette possibilité, parce qu’on perd tout l’élan qu’on a fait d’investissement dans des alternatives. Et qu’on va se reposer la question dans quelques années parce qu’immanquablement une interdiction arrivera” au niveau européen, a déclaré la ministre à franceinfo.La proposition de loi portée par le sénateur LR Laurent Duplomb visant à “lever les contraintes” du métier d’agriculteur, prévoit notamment de réintroduire par dérogation l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018 mais autorisé ailleurs en Europe jusqu’en 2033.Cette disposition, réclamée par les producteurs de betteraves et de noisettes, est décriée par les apiculteurs et les défenseurs de l’environnement, et a profondément divisé les parlementaires. Le texte fera lundi l’objet d’une motion de rejet par ses partisans, qui espèrent ainsi contourner les quelque 3.500 amendements déposés, notamment par les écologistes et la gauche.Agnès Pannier-Runacher a dénoncé une tentative “inacceptable” de confisquer le débat parlementaire.”Par rapport au texte qui initialement prévoyait une réouverture sans limite de l’utilisation (de l’acétamipride, NDLR), le Sénat a verrouillé fortement cette utilisation, elle est sous fortes conditions. Et on peut encore progresser au niveau de l’Assemblée nationale. Donc vous voyez, moi ce que je trouve choquant, c’est justement que le débat politique ne se fasse pas”, a-t-elle déclaré.”Aujourd’hui, la question qui s’est posée, c’est quel est le niveau de risque que nous sommes d’accord pour accepter, et quelles sont les limites que nous apportons à l’utilisation d’un ensemble de produits qui nous permettent de produire notre nourriture en quantité et en qualité acceptable”, a-t-elle relevé.Soulignant que la France faisait “partie des pays qui sont les plus restrictifs en matière de phytosanitaires”, elle a souligné que “face aux ravageurs, face à un certain nombre de dangers qui menacent les cultures, on a besoin d’avoir une pharmacopée”, insistant d’une manière générale sur la question du “dosage”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La ministre de la Transition écologique redit son opposition aux néonicotinoïdes, dénonce l’obstruction parlementaire

La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré dimanche qu’elle n’était “pas favorable à la réintroduction” d’un insecticide néonicotinoïde en France, tout en dénonçant l’obstruction parlementaire contre un texte attendu lundi à l’Assemblée et qui permettrait ce retour.”Dans un pays qui a interdit les néonicotinoïdes, je trouve que c’est dommage de rouvrir cette possibilité, parce qu’on perd tout l’élan qu’on a fait d’investissement dans des alternatives. Et qu’on va se reposer la question dans quelques années parce qu’immanquablement une interdiction arrivera” au niveau européen, a déclaré la ministre à franceinfo.La proposition de loi portée par le sénateur LR Laurent Duplomb visant à “lever les contraintes” du métier d’agriculteur, prévoit notamment de réintroduire par dérogation l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018 mais autorisé ailleurs en Europe jusqu’en 2033.Cette disposition, réclamée par les producteurs de betteraves et de noisettes, est décriée par les apiculteurs et les défenseurs de l’environnement, et a profondément divisé les parlementaires. Le texte fera lundi l’objet d’une motion de rejet par ses partisans, qui espèrent ainsi contourner les quelque 3.500 amendements déposés, notamment par les écologistes et la gauche.Agnès Pannier-Runacher a dénoncé une tentative “inacceptable” de confisquer le débat parlementaire.”Par rapport au texte qui initialement prévoyait une réouverture sans limite de l’utilisation (de l’acétamipride, NDLR), le Sénat a verrouillé fortement cette utilisation, elle est sous fortes conditions. Et on peut encore progresser au niveau de l’Assemblée nationale. Donc vous voyez, moi ce que je trouve choquant, c’est justement que le débat politique ne se fasse pas”, a-t-elle déclaré.”Aujourd’hui, la question qui s’est posée, c’est quel est le niveau de risque que nous sommes d’accord pour accepter, et quelles sont les limites que nous apportons à l’utilisation d’un ensemble de produits qui nous permettent de produire notre nourriture en quantité et en qualité acceptable”, a-t-elle relevé.Soulignant que la France faisait “partie des pays qui sont les plus restrictifs en matière de phytosanitaires”, elle a souligné que “face aux ravageurs, face à un certain nombre de dangers qui menacent les cultures, on a besoin d’avoir une pharmacopée”, insistant d’une manière générale sur la question du “dosage”.

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Un porte-conteneurs transportant des “marchandises dangereuses” coule au large de l’Inde

Un porte-conteneurs battant pavillon libérien et transportant des “marchandises dangereuses” a coulé au large de l’Inde, ont annoncé dimanche les autorités indiennes, précisant que les 24 membres d’équipage avaient été secourus.Le MSC ELSA 3, un cargo de 184 m de long, qui reliait les ports de Vizhinjam à celui de Kochi, dans l’Etat de Kerala (sud de l’Inde), a lancé un appel de détresse samedi. Des avions de la marine indienne ont ensuite décollé et repéré deux radeaux de sauvetage, tandis que le porte-conteneurs gîtait à environ 70 km de Kochi.”Les 24 membres d’équipage à bord ont été secourus”, a déclaré le ministère indien de la Défense dans un communiqué publié dimanche. Les marins étaient originaires de Géorgie, de Russie, d’Ukraine et des Philippines.”Le navire a coulé avec 640 conteneurs, dont 13 contenant des marchandises dangereuses et 12 du carbure de calcium”, ajoute le communiqué.Le ministère de la Défense n’a pas précisé quelles étaient les marchandises dangereuses. Le carbure de calcium est en revanche utilisé dans l’industrie chimique, notamment pour la production d’engrais et la fabrication d’acier.Le porte-conteneurs transportait également quelque 370 tonnes de carburant et d’huile, mais “aucune fuite d’huile n’a été signalée dans l’immédiat”, selon le communiqué.

Après Cannes, Nice visée à son tour par un sabotage électrique

Au lendemain du sabotage de deux installations électriques avec un black-out massif autour de Cannes en plein festival, un incendie volontaire a visé un transformateur électrique à Nice, dans la nuit de samedi à dimanche, touchant 45.000 foyers. Une enquête en flagrance a été ouverte pour “destruction par incendie en bande organisée” et confiée à la police judiciaire, a indiqué le procureur de Nice Damien Martinelli dans un communiqué.”Des constatations et examens techniques sont en cours notamment pour préciser les dégâts et les modalités de passage à l’acte”, a-t-il ajouté.Aucun lien entre ces divers incidents, qui n’ont pas été revendiqués, n’a pour l’instant été établi.A Nice, le feu s’est déclaré vers 02H00 sur un poste électrique situé dans le quartier des Moulins, un secteur gangréné par les trafics de stupéfiants dans l’ouest de la ville.Selon une source policière, des “traces de pneus” ont été découverte et une source proche du dossier a évoqué “une porte fracturée” pour le local du transformateur.Quelque 45.000 foyers ont été momentanément privés d’électricité, à Nice et sur les communes voisines de Saint-Laurent-du-Var et Cagnes-sur-Mer, a précisé Enedis à l’AFP. A 06h00 le courant avait été rétabli.Le réseau de tramway de Nice a été brièvement impacté, avec une reprise retardée en début de matinée, et l’aéroport, un temps privé d’électricité, “a été rapidement réalimenté”, a précisé à l’AFP l’adjoint au maire Gaël Nofri.Cet incendie survient au lendemain de dégradations volontaires sur deux installations électriques, un poste haute tension incendié dans le Var et un pylône scié dans les Alpes-Maritimes, qui ont provoqué une coupure massive dans la région, affectant 160.000 foyers, notamment à Cannes, en plein festival de cinéma, préservé grâce à son système d’alimentation autonome. – “Actes malveillants” -“Je dénonce avec force ces actes malveillants qui touchent notre pays”, a réagi sur X Christian Estrosi, qui a annoncé le dépôt d’une plainte par la ville et la mise à disposition des enquêteurs des images de vidéosurveillance.Le maire Horizons de Nice a également annoncé le renforcement “dès les prochains jours” de la surveillance des “sites électriques stratégiques” de la ville. Il a demandé aux services de la police municipale de se “mobiliser” face à ces actes “qui peuvent avoir des conséquences considérables, notamment sur les établissements de santé”. ” Tant que les auteurs de ces faits n’auront pas été interpellés nous ne relâcherons aucune attention où que ce soit”, a-t-il assuré lors d’un point presse.Samedi, la coupure électrique avait impacté “toutes les communes du littoral entre Antibes et le Var ainsi que des communes situées davantage dans les terres”, selon le préfet Laurent Hottiaux, qui avait dénoncé des “actes graves de dégradations portant atteinte à l’intégrité des infrastructures électriques”.Dans la nuit, un incendie sur un poste électrique de très haute tension à Tanneron (Var) avait provoqué une première coupure dans le Var et les Alpes-Maritimes. Puis, à 10H00, c’est un pylône électrique situé à Villeneuve-Loubet (Alpes-maritimes) qui avait subi des “dégradations majeures”, selon le préfet.Trois des quatre piliers de ce pylône de la ligne à haute tension alimentant la ville de Cannes “ont été sciés”, dans le cadre d'”un acte malveillant”, avait précisé le procureur de Grasse Damien Savarzeix à l’AFP. L’opérateur RTE avait alors été contraint de mettre la ligne hors tension pour pouvoir intervenir.Les sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes ont recensé samedi une centaine d’interventions mineures dans le département, principalement sur des pannes d’ascenseur. Les réseaux de télécommunication ont également été impactés par intermittence, et la circulation de certains trains régionaux perturbéeL’électricité avait été rétablie vers 17H00 pour l’ensemble des 160.000 foyers privés de courant, selon RTE.

Transport des malades: les taxis rencontrent Bayrou, le projet retravaillé dès mardi

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé samedi soir un réexamen du projet de réforme de la tarification du transports de patients par les taxis, à l’issue d’une rencontre avec les représentants des chauffeurs mobilisés depuis près d’une semaine contre la nouvelle convention.”Nous allons retravailler dans les semaines qui viennent le détail des décisions, des mesures et orientations qu’il faut prendre”, a-t-il déclaré au cours d’un point de presse à l’issue d’une réunion de trois heures au ministère des Transports, destinée à trouver une issue au conflit provoqué par ce projet.”Ce travail va être entrepris dès mardi”, tant sur la convention que sur le respect des règles par les plateformes de VTC, a indiqué M. Bayrou, précisant que les taxis participeraient “eux-mêmes à la mise au point” de ces règles dans des groupes de travail. Les réflexions à venir devront toutefois se faire “sans changer la date d’application” du texte et la cible en matière d’économies, a précisé M. Bayrou.Si les fédérations de taxis semblaient globalement satisfaites à la sortie, soulignant l’engagement à “revoir tous les points” litigieux de la convention et “des réunions avec des ministres” décisionnaires en plus des techniciens, la base s’est montrée beaucoup plus réservée, de nombreux manifestants se montrant même frustrés et pour certains déterminés à rester, lors d’une assemblée générale très tendue.”Je parle au nom des fédérations, on reste ! Mardi, on a rendez-vous, on ira au rendez-vous !”, a déclaré à la foule Abdel Grine, de la Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI), après avoir consulté la base, dans un concert de pétards et une foule scandant “Taxis en colère !” ou “Tout ou rien !”.”0n peut comprendre la colère des chauffeurs. Pour l’instant, il va y avoir encore des échanges pour voir comment le mouvement évolue et sous quelle forme”, a déclaré Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des taxis (UNT) à quelques journalistes à l’issue de l’AG, avant d’être pris à partie par un manifestant très remonté.”Cette réunion n’a abouti à rien du tout”, a déclaré Mohamed, taxi parisien de 52 ans qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, “très déçu”, mais pas prêt à “se taper une sixième nuit” sur place, compte tenu du coût de la grève.A l’inverse, Badr, 32 ans, qui a préféré aussi rester anonyme, s’est dit prêt à rester Boulevard Raspail, épicentre de la contestation parisienne, “jusqu’à ce que le gouvernement bouge”. “On avait un mot d’ordre très clair dès le départ, c’est tout ou rien et on n’a rien”, a-t-il conclu.- “Jusqu’au bout !” -Les chauffeurs de taxis avaient auparavant menacé de nouvelles actions de blocage notamment des aéroports parisiens et du premier tour dimanche du tournoi de tennis de Roland Garros. Dans la capitale, à 16H30, une demi-heure avant le début prévu de la rencontre, 1.200 véhicules taxis étaient stationnés boulevard Raspail, près du ministère, selon la police.Leur intersyndicale avait lancé une mobilisation lundi pour protester contre cette convention, qui prévoit une unification des tarifs, aujourd’hui hétérogènes selon les départements. Le nouveau système entend reposer sur une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilométrique. Il est conçu pour dissuader les retours à vide ou les temps d’attente trop longs. Cette tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. L’objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire qui ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (un bond de 45% depuis 2019). Le remboursement des transports de patients sur prescription est une activité essentielle dans le chiffre d’affaires de certains artisans-taxis. Parmi les manifestants, certains ont expliqué que la nouvelle grille tarifaire allait leur faire perdre une part substantielle de leur chiffre d’affaires. Yves Rubicondo, taxi à Pithiviers (Loiret) avec trois salariés, qui réalise 95% de son chiffre d’affaires avec l’Assurance maladie, pense perdre 25 à 30% de celui-ci.Tout au long de la semaine, des milliers de taxis ont manifesté, participé à des opérations escargot ou mis en place des blocages près des gares et aéroports pour se faire entendre. Les organisations de taxis ont aussi pris pour cible les chauffeurs de VTC, qui travaillent avec des plateformes comme Uber ou Bolt, accusés de concurrence déloyale et de pratiques irrégulières.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a dans ses missions la régulation des taxis, a d’ailleurs demandé aux forces de l’ordre de renforcer les contrôles des véhicules avec chauffeur (VTC).

Les députés voteront mardi sur la création d’un droit à l’aide à mourir

L’Assemblée nationale confirmera-t-elle son vote ? Les députés ont achevé samedi dans les temps impartis l’examen de deux propositions de loi, l’une sur les soins palliatifs et l’autre relative au “droit à l’aide à mourir”, sur lesquels deux votes solennels se tiendront mardi.Les députés avaient entamé le 12 mai l’examen en première lecture de ces deux textes, portés par Annie Vidal (Renaissance) et Olivier Falorni (groupe MoDem), et qui représentent potentiellement la plus grande réforme de société depuis une décennie.Ils ont approuvé au cours de débats globalement sereins la création d’un “droit à l’aide à mourir”, autre nom du suicide assisté et de l’euthanasie, qui sera ouvert aux personnes atteintes “d’une affection grave et incurable” qui “engage le pronostic vital, en phase avancée” ou “terminale”, et présentant “une souffrance physique ou psychologique constante”.Cet article-clé de la proposition de loi portée par M. Falorni a été adopté samedi dernier par 75 voix contre 41, ce qui ne préjuge pas de l’issue du scrutin, alors que chaque groupe accordera à ses membres la liberté de vote, sur ce sujet qui transcende les clivages politiques et touche aux convictions intimes de chacun.Si la gauche est apparue majoritairement en soutien du texte, la droite et l’extrême droite opposées, et le bloc macroniste divisé, des positions minoritaires se sont exprimées dans chaque groupe.Le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, a salué dans un communiqué la “sérénité” des débats, notable dans une “Assemblée archipélisée” parfois marquée par “une extrême conflictualité”.- “Point de rupture” -Pour le premier comme pour le second texte, les députés sont restés relativement proches de la version proposée à leur examen, au point que Mme Vidal a regretté vendredi qu'”aucun” des amendements des opposants au texte n’ait été “entendu”.Dans le cadre des débats sur la proposition de loi sur les soins palliatifs, ils ont approuvé la création d’un “droit opposable” à ces soins, malgré la tentative de certains députés, soutenus par le gouvernement, de supprimer les recours possibles en justice.S’agissant du texte porté par M. Falorni, le gouvernement a fait adopter un amendement structurant, refaisant de l’auto-administration de la substance létale la règle, et de l’administration par un médecin ou un infirmier l’exception, lorsque le patient “n’est pas en mesure physiquement d’y procéder”.Cette disposition était un “point de rupture de l’équilibre du texte” pour certains députés, comme l’ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin le Bodo (Horizons).Le gouvernement a aussi fait préciser un des critères d’éligibilité. Tenant compte d’un avis de la Haute Autorité de Santé, le texte affirme désormais que la phase “avancée” d’une maladie se caractérise par “l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie”.Les députés ont également approuvé un amendement du président de la commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux (Horizons), renforçant la collégialité de la procédure et un autre du gouvernement rétablissant un délai minimum de deux jours pour que le malade confirme sa décision.- Etape décisive -La ministre de la Santé Catherine Vautrin, et Olivier Falorni, ont eu à coeur de maintenir l'”équilibre” du texte, résistant aux appels à gauche à élargir le droit à l’aide à mourir, par exemple aux mineurs ou aux personnes qui en auraient émis le voeu dans leurs directives anticipées.Sans convaincre les opposants. Jugeant les garde-fous posés insuffisants, le député LR Philippe Juvin a dit craindre samedi sur franceinfo que les malades recourent “au suicide assisté, par défaut d’accès aux soins”, alors que seule la moitié des besoins en soins palliatifs est couverte.Réunies près de l’Assemblée samedi, quelque 300 personnes malades ou en situation de handicap ont dénoncé les “dangers” du texte.”Cette loi me fait l’effet d’un pistolet chargé déposé sur ma table de nuit”, a déclaré Edwige Moutou, 44 ans, atteinte de la maladie de Parkinson.Le vote mardi constituera une étape décisive dans le parcours tortueux de ce nouveau droit, serpent de mer du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Après avoir confié une réflexion sur le sujet à une convention citoyenne en 2022, il avait dévoilé en mars 2024 les grandes lignes d’un projet de loi. Mais son examen avait été interrompu par la dissolution.Dans un entretien à La Tribune Dimanche, Catherine Vautrin a dit espérer que ce texte soit examiné au Sénat cet automne, avec un retour à l’ l’Assemblée nationale début 2026. “Je souhaite que le texte soit voté d’ici à 2027, c’est encore possible”, a dit la ministre.sl-la-cac-sac/hr/grd/gvy