AFP Top News

Budget: Bayrou va demander un “effort à tous les Français”

François Bayrou va présenter début juillet un “plan pluriannuel” de redressement des finances publiques qui “va demander un effort à tous les Français”, a-t-il expliqué mardi sur RMC et BFMTV.”Au début du mois de juillet, je proposerai aux Français un plan de retour à l’équilibre des finances publiques sur trois ou quatre années” et ce plan “va demander un effort à tous les Français. Le plus juste possible, mais un effort suffisant pour que la France sorte de cette situation”, a déclaré le Premier ministre.Le chef du gouvernement n’a pas précisé les mesures envisagées. “Je ne ciblerai pas une catégorie de Français à l’exclusion des autres”, a-t-il assuré.M. Bayrou a dit cependant souhaiter que les partenaires sociaux “puissent s’emparer” de la question de la “TVA sociale”, consistant à compenser des baisses de cotisations pesant sur le travail par une augmentation de la TVA.”Je souhaite que les partenaires sociaux puissent s’emparer de cette question. Je souhaite que tous ceux qui ont la responsabilité du monde du travail, du monde de l’entreprise et du monde des salariés acceptent de poser ensemble cette question”, a-t-il déclaré, jugeant que “le travail en France n’est pas récompensé comme il devrait l’être”.Le 13 mai sur TF1, Emmanuel Macron avait dit souhaiter la tenue “dans les prochaines semaines” d’une conférence sociale “sur le mode de financement de notre modèle social” qui “repose beaucoup trop sur le travail”.”Depuis des décennies, on a laissé, tous courants politiques confondus, s’accumuler les déficits, on a laissé s’accumuler une montagne de dettes. Le pays est en situation de surendettement et, plus grave à mes yeux encore, si on peut dire, la France est un pays qui ne produit pas autant que ses voisins”, a également souligné François Bayrou.”Le gouvernement est prêt. Vous savez, j’avais évoqué l’idée d’un référendum (sur le redressement des finances publiques, ndlr) qui est une décision du président de la République” et “j’y crois”, a dit le Premier ministre, qui “cherche la prise de conscience des Français”.Le 13 mai, Emmanuel Macron avait répondu “pourquoi pas” à cette idée de référendum s’il porte sur un “plan” de réformes économiques et sociales, en précisant que “la fiscalité, le budget” relevaient de la compétence du Parlement.Le gouvernement cherche 40 milliards d’euros d’économie à réaliser pour l’année prochaine.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Emballages, électroménager, batteries: le réemploi, un défi économique de longue haleine

“Des investissements très importants”… qui ne seront rentables que dans plusieurs années: l’économie du réemploi (vrac, emballages, reconditionnement) reste à parfaire et portera ses fruits à long terme, selon les acteurs de l’économie présents au salon Reuse Economy Expo.Alors que les Français consomment en moyenne 11,2 tonnes de matières premières par an et par habitant (dont la moitié pour les matériaux de construction), “on a la responsabilité en tant que consommateurs de faire des choix”, a jugé le président de l’Agence pour la transition écologique (Ademe), Sylvain Waserman, lors d’une table ronde organisée en ouverture de ce salon qui se tient lundi et mardi à ParisOr, selon lui, si de grandes marques “lancent des produits et essaient de franchir le pas, il n’y a pas forcément la réponse du consommateur”.Le retard qu’accuse la France par rapport à ses objectifs est manifeste. S’agissant des emballages ménagers, le taux de réemploi était de 1,1% en 2023, alors que la loi Agec sur l’économie circulaire a fixé un objectif de 5% pour 2023 et de 10% pour 2027.Pourtant, la demande existe, à en croire certains acteurs de poids: “40% des consommateurs souhaitent que le distributeur leur propose des manières plus durables” de consommer, signale Pauline Guillaume, cheffe de projet RSE (responsabilité sociétale des entreprises) du groupe de distribution Carrefour.Le distributeur vise 300 millions d’euros de ventes en vrac et en réemploi d’ici 2026, un montant modeste par rapport à un chiffre d’affaires qui se compte en milliards, mais déjà rehaussé par rapport à l’objectif de départ, a-t-elle souligné.Pour autant, même pour de grands groupes, le risque d’erreur existe, comme l’explique Elodie Bernadi, directrice RSE pour L’Oréal France. Si le géant de la cosmétique propose aujourd’hui des recharges dans la plupart de ses catégories de produits, il s’est “planté au début”.”On a cru qu’il suffisait de mettre nos top références en rechargeables et que ça allait se vendre tout seul”, rapporte-t-elle, avant de se rendre compte que l’aspect vertueux était “nécessaire, mais pas suffisant”.- Economie de la fonctionnalité -Le groupe a depuis revu sa copie et propose à ses distributeurs des recharges en moyenne “entre 15 et 20% moins cher au prix au litre que leur format parent”, les distributeurs en France restant toutefois “seuls maîtres de leur prix”. En outre, “l’économie du réemploi demande des investissements très importants” au départ, souligne Mme Guillaume, qui énumère les étapes supplémentaires à mettre en place, par exemple pour les emballages consignés: “la collecte, le lavage, le tri…””Pour que ça se mette en place, il faut du courage aux entreprises”, d’autant que ce sont des investissements “qui vont porter leurs fruits dans plusieurs années”, relève-t-elle.Et pour une moindre rentabilité, à en croire un spécialiste du sujet. “Si on avait gagné plus d’argent avec le réemploi, ça fait longtemps qu’on le ferait déjà”, estime auprès de l’AFP Fabrice Bonnifet, président du C3D, une association qui regroupe plus de 380 directeurs RSE d’entreprises et d’organisations.Il faut “renforcer le cadre législatif” et le principe pollueur-payeur, juge M. Bonnifet.”La rentabilité, elle va venir”, assure Célia Rennesson, directrice générale du Réseau Vrac et Réemploi, organisateur de Reuse Economy Expo, car “les matières premières coûtent de plus en plus cher et/ou on va potentiellement nous les interdire”.D’où la nécessité de repenser les modèles économiques: “on va vendre différemment, on va peut-être vendre moins certains produits, mais à côté, on va ajouter du service, on va ajouter de la location”.Son réseau prône le recours à un certain nombre de “leviers”, au premier rang desquels la “standardisation” des produits (emballages et pièces détachées) pour mutualiser les coûts.Dans cette “économie de la fonctionnalité”, conclut M. Bonnifet, pour “passer de l’obsolescence programmée à la pérennité programmée”, il faudra que l’industriel “reste propriétaire de ses produits” et qu’il ait “tout intérêt à ce que le produit dure le plus longtemps possible”.

Nord: le bilan d’un incendie monte à 3 morts dont 2 enfants  

Le bilan final de l’incendie d’une maison mardi à Attiches (Nord) est monté à trois morts, un homme et deux enfants, a annoncé la préfecture à l’AFP.Après la découverte du corps d’un homme et d’un enfant dans un premier temps, le corps d’un deuxième enfant a été retrouvé dans les décombres, une fois l’incendie maîtrisé par les pompiers.Deux autres enfants et la mère de famille ont survécu et ont été transportés à l’hôpital, sans pronostic vital engagé. Il s’agissait d’une famille avec quatre enfants âgés “entre trois et dix ans”, a précisé la préfecture.La maison qui a brûlé se trouve dans la rue principale, où les maisons sont mitoyennes, selon le maire d’Attiches, Luc Foutry, interrogé par l’AFP.Le sinistre, qui se serait déclenché vers 03H30-04H00 du matin selon lui, “a pris assez rapidement mais ne s’est pas propagé aux autres maisons” a-t-il expliqué. “Les personnes ont dû être surprises dans leur sommeil”, “c’est un drame”, a estimé M. Foutry. “Tout le voisinage a eu très peur”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Au Ghana, le changement climatique met en péril villages et vestiges de l’esclavage

De grandes vagues salées viennent se briser chaque jour contre les ruines du Fort Prinzenstein, sur la côte ghanéenne, là où autrefois des murs épais retenaient des milliers d’Africains réduits en esclavage, avant leur périple à travers l’Atlantique.  Depuis des siècles, ce littoral porte le poids du commerce des esclaves africains vers le continent américain. Mais aujourd’hui, il succombe à la nature et à l’abandon, ses 550 km rongés par la montée du niveau de la mer et les activités humaines incontrôlées.Des villages disparaissent, emportant avec eux un patrimoine vieux de plusieurs siècles, et des activités côtières essentielles à l’économie ghanéenne (ports, pêche, pétrole et gaz) sont menacées.À quelques mètres du fort, Ernestina Gavor nettoie un verre derrière un bar.”J’espère que cela survivra encore quelques années”, déclare-t-elle à l’AFP, dans ce restaurant dont les recettes repose essentiellement sur l’afflux de touristes.Le Fort Prinzenstein, un comptoir colonial fortifié construit par les Danois à la fin du 18e siècle et aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, fait partie des sites les plus menacés sur la côte ghanéenne.James Akorli, son gardien depuis 24 ans, a vu le golfe de Guinée ronger sa structure et ses souvenirs.Autrefois, la côte était à environ six kilomètres du fort, raconte-t-il. Le village dans lequel il est né, et que sa famille a dû quitter en 1984, a également été englouti.Aujourd’hui, seulement 10% du fort originel subsiste.Les cachots qui abritaient des femmes esclaves sont encore visibles, mais ceux des hommes ont disparu sous l’effet de l’érosion côtière.”Ce fort avait une grande importance”, raconte M. Akorli à l’AFP. “Maintenant, nous perdons tout, notre histoire, nos maisons et nos moyens de subsistance”.- Mur de défense -Les châteaux et forts du Ghana, en particulier ceux de Cape Coast et d’Elmina, attirent chaque année des milliers de visiteurs, principalement des Afro-américains cherchant à renouer avec leur héritage ancestral.Selon Chris Gordon, professeur et spécialiste de l’environnement à l’Université du Ghana, le prix des travaux nécessaires pour protéger les vestiges de l’esclavage et les habitations dépasse largement les moyens actuels du pays.”Il vous faudrait les types de protections côtières qu’ils ont aux Pays-Bas”, explique-t-il à l’AFP.Samuel Yevu, 45 ans, fait partie des déplacées récents, après que des vagues déferlantes ont dévasté son village de Fuvemeh en mars dernier.”Avant, nous avions des cocotiers, des filets de pêche, tout. Maintenant, tout est parti”, raconte Yevu, dont la famille dort depuis dans une salle de classe d’école.En 2000, le Ghana a lancé un projet de mur de défense contre la mer de 100 millions de dollars pour protéger des communautés comme Keta, où se trouve le Fort Prinzenstein. Si ce projet a sauvé la ville, il a déplacé l’érosion vers l’est, dévastant des villages comme Agavedzi et Aflao.Des interventions à court terme, comme l’édification de digues et de murs, peuvent aggraver l’érosion en redirigeant l’énergie de l’océan vers d’autres zones, avertissent les experts.Selon une étude de l’Université du Ghana, le pays pourrait perdre des monuments clés comme le château de Christiansborg et le mausolée de Kwame Nkrumah dans les décennies à venir si rien n’est fait.La disparition progressive du Fort Prinzenstein est particulièrement marquante en raison de son rôle unique dans la région dans la traite transatlantique. Les esclaves en provenance de plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest étaient marqués, triés et expédiés depuis ce comptoir, même après que la Grande-Bretagne a interdit la traite des esclaves en 1807.”C’est le seul fort de la région du Volta. Ni le Togo, ni le Bénin, ni le Nigeria n’en ont”, souligne son gardien James Akorli.-  “Comme perdre un cimetière” -Au fort de Cape Coast, un guide touristique redoute de voir ce site subir le même sort.”Si ce fort disparaît, ce sera comme perdre un cimetière de millions de personnes. Ce n’est pas juste l’histoire du Ghana, c’est l’histoire du monde”,  explique-t-il, en souhaitant garder l’anonymat. Pour Edmond Moukala, représentant de l’UNESCO au Ghana, le problème majeur n’est pas l’érosion, mais la négligence.”S’il y avait eu un entretien régulier, nous ne serions pas témoins de cette détérioration sévère. Ces bâtiments étaient censés durer des siècles. Mais la négligence, le développement urbain et le vandalisme ont détruit beaucoup d’entre eux”, estime M. Moukala.A Keta, James Akorli lance un appel pressant aux autorités: “Elles doivent intervenir de toute urgence, restaurer ce fort pour stimuler les visites, afin que nos frères de la diaspora ne perdent pas leurs racines”.strs/ks/emd

Près de Bordeaux, ils construisent une “cathédrale” gothique avec les techniques médiévales

Construire près de Bordeaux une chapelle romane, un cloître puis un édifice gothique de type cathédrale, avec les techniques du Moyen-Age, le tout en quarante ans, c’est le pari “fou” d’une association qui mise sur la dimension sociale du projet.Sur un grand terrain verdoyant de la Lande-de-Fronsac (Gironde), des moutons broutent, imperturbables, non loin d’une poignée d’hommes et de femmes en tenue médiévale qui préparent du torchis à l’aide de grandes pelles.”Bienvenue au XIe siècle, dans le chantier médiéval de Guyenne (ancienne province du sud-ouest de la France, ndlr) où on va retracer l’épopée des bâtisseurs de cathédrales et raconter 300, 400 ans d’évolution de l’architecture en 40 ans”, s’enthousiasme Valéry Ossent, ingénieur en BTP de 43 ans à l’origine du projet.  “Aujourd’hui on fait beaucoup de restauration de patrimoine, parfois en un temps record, avec de la haute technicité. Moi, ce qui m’intéressait, c’était de construire du neuf avec les techniques anciennes”, explique ce passionné des métiers du patrimoine.Il invite à se projeter en l’an 1025, le premier âge roman, lorsqu’une communauté de moines vient construire une chapelle sur ce terrain.Un an et demi après le début du chantier, les murs de ce bâtiment en pierre et torchis atteignent déjà 1,5 m de hauteur.- “Reprendre le temps” -“Au XIe siècle, on fait en fonction des moyens et des cailloux disponibles. Comme un Lego géant”, sourit Frédéric Thibault, tailleur de pierre de 51 ans qui dirige le chantier et la centaine de bénévoles ponctuels ou réguliers.”On renoue avec des gestes très simples, et le manque de professionnalisme des bénévoles est passionnant, car il nous permet de retrouver cette naïveté des bâtisseurs de l’époque. Ce qu’il faut, c’est apprendre à désapprendre”, insiste ce compagnon, perpendicule (outil basé sur un fil à plomb pour donner la verticalité, ndlr) à la main.Après la chapelle, un cloître avec ses différentes galeries sera construit, puis un grand édifice gothique qui ressemblera aux cathédrales de cette époque, avec vitraux, voûtes en croisée d’ogives, rosaces et gargouilles.Comme il existe très peu de manuscrits datant du XIe siècle, l’association est soutenue par un comité scientifique, dont la plupart des membres ont travaillé sur le chantier de Notre-Dame.Au-delà de “l’immense défi technique”, “ça fait du bien de reprendre le temps, pour parler de beauté et capitaliser les savoirs pour les transmettre aux générations futures”, souligne M. Ossent.Une “dimension sociale” est aussi venue progressivement se greffer au projet. “Quand on s’implante dans un territoire sur des dizaines d’années, il faut faire profiter les habitants, notamment les publics fragiles”, explique le quadragénaire qui a décidé d’en faire un “chantier d’insertion”, en embauchant des chômeurs, formés sur place.- “Le chemin parcouru” -L’association accueille également sur le chantier des personnes handicapées, des repris de justice, des mineurs isolés, “et le lien social qui se crée ici est déjà une réussite en soi”, estime-t-il.Les bénévoles ont déjà construit une loge d’habitation en terre et paille, une forge, un tour à bois, un jardin médiéval avec plus de 70 espèces de plantes médicinales et aromatiques. Et préparent la loge des menuisiers, le four à pain ou encore un poulailler.”Quand on arrive ici, on plonge dans un autre monde, loin du XXIe siècle. C’est une grande parenthèse qui fait du bien, nous permet de nous couper momentanément des soucis d’un quotidien où tout va trop vite”, estime une bénévole, Corine Tanquerel.”C’est passionnant de pouvoir participer à un projet où je suis utile, laisser quelque chose derrière moi, même si je n’en verrai pas la fin”, ajoute la sexagénaire, qui a fabriqué elle-même sa tenue médiévale.”La +fin+ du chantier n’est pas le but. C’est le chemin parcouru pour y arriver qui nous intéresse”, abonde Valéry Ossent, pour qui l’un des plus importants défis sera d’assurer le financement.Aujourd’hui, les pouvoirs publics contribuent à hauteur de 10% du budget annuel actuel de 300.000 euros; le reste est financé par du mécénat d’entreprises ou de particuliers. L’objectif à terme est de réunir 1,5 million d’euros par an.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La Turquie découvre et reproduit un pain vieux de 5.000 ans

Un pain vieux de 5.000 ans a été découvert par des archéologues en Turquie où il est désormais reproduit, nourrissant l’intérêt pour la culture de blés anciens plus adaptés à la sécheresse.”Il s’agit du pain levé et cuit le plus ancien mis au jour lors d’une fouille, qui a pu en grande partie préserver sa forme”, affirme Murat Türkteki, archéologue et directeur des fouilles de Küllüoba, à 35 km de la ville d’Eskisehir (centre). “Le pain est une trouvaille rare lors d’une fouille. Généralement, on ne retrouve que des miettes. Mais ici, il a pu être préservé car il avait été brûlé et enterré”, explique-t-il à l’AFP, évoquant cette découverte rendue publique la semaine dernière.Rond et plat comme une galette, de 12 cm de diamètre, le pain de Küllüoba a été découvert en septembre 2024, carbonisé et enterré sous le seuil d’une habitation construite à l’âge du bronze, aux alentours de 3.300 av. J.-C. Un morceau avait été arraché, avant que le pain ne soit brûlé puis enterré lors de la construction de l’habitation.”Cela nous fait penser à un rituel d’abondance”, glisse M. Türkteki.- “Emus par cette découverte” -En l’absence de trace écrite, la civilisation anatolienne de Küllüoba demeure en grande partie mystérieuse, comme les habitudes de ses habitants d’enterrer leurs maisons avant de partir s’installer ailleurs ou de construire de nouvelles habitations sur les anciennes structures, formant ainsi des monticules.À l’âge de bronze, les Hatti, un peuple d’Anatolie qui a précédé les Hittites, vivaient dans la région d’Eskisehir.”Küllüoba était une agglomération urbaine de taille moyenne où l’on trouvait des activités commerciales, de l’artisanat, de l’agriculture, de l’exploitation minière. Il existait clairement un certain ordre familial et social”, explique l’archéologue Deniz Sari.Des analyses ont démontré que le pain a été fabriqué avec de la farine grossièrement moulue d’amidonnier, une variété de blé ancien et des graines de lentille, la feuille d’une plante encore indéterminée ayant servi de levure.Le pain carbonisé est exposé depuis mercredi au musée archéologique d’Eskisehir.”Cette découverte nous a beaucoup émus. En discutant avec notre directeur des fouilles, je me suis demandée si on pouvait reproduire ce pain”, raconte Ayse Ünlüce, la maire d’Eskisehir.Pour s’approcher au mieux de la recette originale, la municipalité, après analyses du pain plurimillénaire, a choisi d’utiliser du blé Kavilca – l’amidonnier ancien n’existe plus en Turquie -, une variété proche, également ancienne, du boulgour et des lentilles.- Résistant à la sécheresse -Dans les locaux du Halk Ekmek (Pain du peuple, en turc), une boulangerie municipale qui propose du pain à bas coût, les employés façonnent à la main 300 pains de Küllüoba par jour depuis la semaine dernière.”La combinaison de la farine de blé ancestral, de lentilles et de boulgour donne un pain riche, rassasiant, faible en gluten et sans conservateurs”, explique Serap Güler, directrice du Halk Ekmek d’Eskisehir.Les premiers pains de Küllüoba, commercialisés sous forme de galettes de 300 grammes pour 50 livres turques (1,12 euro environ), se sont écoulés en quelques heures.”J’ai couru car j’avais peur qu’il n’en reste plus. Je suis curieuse de connaître le goût de ce pain ancien”, explique Suzan Kuru, une cliente.”Ces terres ont conservé ce pain pendant 5.000 ans et nous ont fait ce cadeau. Nous avons le devoir de protéger cet héritage et de le transmettre”, estime Mme Ünlüce.La province d’Eskisehir, autrefois riche de nombreuses sources d’eau, souffre aujourd’hui de la sécheresse.”Nous sommes face à une crise climatique mais nous cultivons encore du maïs ou du tournesol, très demandeurs en eau. Or nos ancêtres nous donnent une leçon. Nous devrions, comme eux, nous orienter vers des cultures peu exigeantes” en eau, affirme la maire, qui souhaite relancer dans sa région la culture du blé de Kavilca, résistant à la sécheresse et aux maladies.”Il nous faut des politiques publiques très fortes à ce sujet. Cultiver les blés anciens sera une avancée symbolique en ce sens”, juge-t-elle.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

L’Indonésie veut se convertir au nucléaire pour réussir son ambitieuse transition énergétique

L’Indonésie veut se convertir rapidement au nucléaire pour répondre à la demande croissante d’électricité, mais les experts se montrent sceptiques en raison du coût et de la difficulté historique de Jakarta à réaliser de grands travaux.En février 1965, le président Sukarno, père de l’indépendance indonésienne, inaugurait le premier réacteur nucléaire expérimental du pays.Soixante ans plus tard, la plus grande économie d’Asie du Sud-est compte certes trois réacteurs de recherche mais ne possède toujours pas de centrale destinée à la production électrique.Si un charbon abondant et peu onéreux mais très polluant a permis jusqu’ici à l’archipel de subvenir à ses besoins, “le nucléaire sera nécessaire pour contenir l’augmentation de la demande et finalement réduire les émissions”, estime Philip Andrews‑Speed, chercheur à l’Institute for Energy Studies d’Oxford.Le président Prabowo Subianto a promis d’atteindre la sécurité énergétique tout en s’engageant à éliminer l’électricité issue du charbon en 15 ans – un calendrier jugé extrêmement ambitieux – et à atteindre des émissions nettes nulles d’ici à 2050.Le premier site nucléaire qui doit être construit sur l’île de Bornéo “sera opérationnel entre 2030 et 2032″, a affirmé fin avril Bahlil Lahadalia, ministre de l’Energie et des ressources minérales.Le premier réacteur, d’une capacité de 250 à 500 mégawatts (MW), sera un SMR (Small Modular Reactor), une technologie de petit réacteur moins puissant que les réacteurs à eau pressurisés présents dans le monde, d’une puissance pouvant aller jusqu’à 1650 MW.”Jusqu’à maintenant, 29 sites potentiels ont été identifiés, répartis dans différentes régions, notamment le nord Sumatra, les îles Riau (nord), Bornéo (ouest et est), les Célèbes et la Papouasie”, a précisé à l’AFP Dadan Kusdiana, secrétaire général du Conseil national de l’Energie (DEN). Les futures centrales nucléaires doivent être construites en dehors de Java, afin de développer les économies du centre et de l’est de l’archipel et de se rapprocher des activités minières, gourmandes en énergie.Pour répondre à l’objectif d’un mix énergétique de 80% d’énergie renouvelable d’ici 2060, “nous devons accélérer la construction de centrales nucléaires”, a expliqué récemment le ministre adjoint de l’Energie, Yuliot Tanjung. L’énergie solaire comme celle issue de la géothermie ou des barrages ne sera de fait pas suffisante.Sur une capacité électrique totale de plus de 430 gigawatts estimée en 2060, les 29 premières centrales nucléaires pourraient produire entre 45 et 54 gigawatts, selon le DEN.Si la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon provoquée par un séisme suivi d’un tsunami, a ralenti de nombreux projets en Asie, l’Indonésie, qui connaît une activité sismique et volcanique fréquente, assure pourtant que le risque peut être géré.”Les zones de Java nord, Est Sumatra et Bornéo ouest et centre sont considérées comme à bas risque”, a expliqué Andang Widi Harto, chercheur en ingénierie nucléaire à l’université de Yogyakarta, ces régions étant “à faible risque sismique et volcanique”.- Russie, Chine et Canada sur les rangs – Plusieurs fournisseurs de centrales nucléaires ont “manifesté un sérieux intérêt”, a indiqué M. Kusdiana, citant le russe Rosatom, le chinois CNNC ainsi que Candu Canada. La société américaine ThorCon, présente en Indonésie, a développé de son côté un projet de centrale flottante, fonctionnant non pas au combustible d’uranium mais au thorium, et qui pourrait être installée à Bangka Belitun (Sumatra).”Le DEN a aussi rendu visite à EDF SA (en France) pour explorer les opportunités de coopération en matière de construction de réacteur nucléaire, de formation et de transfert de technologie”, a assuré M. Kusdiana.Une affirmation non confirmée par EDF qui a indiqué à l’AFP, n’avoir “pas de discussions en cours sur le nucléaire avec l’Indonésie”. Bernard Fontana, Pdg d’EDF faisait partie de la délégation qui accompagne Emmanuel Macron cette semaine en Asie du Sud-Est mais seulement au Vietnam et pas en Indonésie. L’autre français Orano, spécialiste du combustible nucléaire, a indiqué également “n’avoir pas de discussion en cours avec l’Indonésie”.Si les ambitions nucléaires de Jakarta sont clairement affichées, la faisabilité à court terme du projet suscite des réserves. “Je suis enclin à rejoindre les sceptiques quant à la capacité de l’Indonésie à déployer l’énergie nucléaire à une échelle significative au cours des dix prochaines années”, relève M. Andrews‑Speed.Dwi Sawung, responsable de l’ONG locale Wahli, estime lui que l’Indonésie n’y est “pas prête. Les principaux obstacles sont le niveau de corruption élevé et le risque d’ingérence par le gouvernement et les politiciens”.”Le coût est également élevé. Or il ne reste pas assez d’argent dans le budget de l’Etat et de l’opérateur électrique PLN”, avance-t-il encore.L’avantage de privilégier des SMR à la place de réacteurs conventionnels, “c’est que le défi financier est réduit”, relève cependant M. Andrews‑Speed.Et sans donner de chiffres précis, M. Kusdiana indique que Jakarta discute avec “plusieurs investisseurs potentiels: la Russie, les Etats-Unis, le Danemark, la Corée du Sud et la Chine”.

Nepali ‘Everest Man’ breaks own record with 31st summit

A 55-year-old Nepali climber dubbed “Everest Man” reached the peak of the world’s highest mountain for a record 31st time on Tuesday, more than three decades after his first summit.”Massive congratulations to the legendary Kami Rita Sherpa on his 31st successful ascent of Everest, the highest number of ascents by anyone in history,” expedition organiser Seven …

Nepali ‘Everest Man’ breaks own record with 31st summit Read More »

North Korea says US missile shield plans risk ‘nuclear war’ in space

North Korea slammed on Tuesday US President Donald Trump’s “Golden Dome” missile shield plan as a “very dangerous” threat that could spark nuclear war in space, state media said.Trump announced new details and initial funding for the missile shield system last week, calling it “very important for the success and even survival of our country”.The …

North Korea says US missile shield plans risk ‘nuclear war’ in space Read More »

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Tesla: les ventes en Europe divisées par deux en avril, les constructeurs chinois progressent

Les ventes de Tesla dans l’Union européenne ont été divisées par deux au mois d’avril  tandis que les constructeurs chinois ont progressé, selon des chiffres publiés mardi par les constructeurs.Freinée par la réputation de son patron Elon Musk et une gamme vieillissante, la marque américaine a vu ses immatriculations baisser dans l’Union européenne de 52,6% en avril et de 46,1% en cumulé depuis le début de l’année, selon l’Association des constructeurs européens (ACEA).Tesla est retombée à 1,1% de part de marché sur les quatre premiers mois de 2025, avec 41.677 véhicules vendus contre 77.314 sur la même période l’année passée.Leader des ventes de voitures électriques jusqu’en 2024, Tesla a été dépassée dans cette catégorie en Europe au mois d’avril par un total de dix marques dont Volkswagen (qui rattrape ainsi son retard dans l’électrique), BMW, Renault mais aussi le Chinois BYD, selon le cabinet Jato Dynamics. Le nouveau petit SUV électrique de Skoda (groupe Volkswagen), l’Elroq, s’est placé en tête des ventes. La Tesla Model Y, ex-reine du marché, est neuvième.Les voitures électriques poursuivent pourtant leur conquête du marché européen (+26,4% sur un an), atteignant 15,3% des ventes en avril, selon l’ACEA.Les ventes d’électriques progressent de façon très contrastée selon les pays européens, notamment en fonction des bonus et avantages fiscaux redistribués par les gouvernements. L’Allemagne, la Belgique, l’Italie ou l’Espagne ont vu leurs ventes d’électriques exploser, tandis que la France est en léger retrait.”Les ventes de véhicules électriques prennent lentement de l’ampleur, mais la croissance reste très progressive et inégale entre les pays de l’UE”, a déclaré Sigrid de Vries, directrice générale de l’ACEA, dans un communiqué. “Pour que les véhicules électriques deviennent un choix courant, il est essentiel que les gouvernements continuent à mettre en place les conditions nécessaires, telles que les incitations à l’achat et fiscales, les infrastructures de recharge et (de faibles) prix de l’électricité”, a souligné Sigrid de Vries.Dans ce contexte, avec leurs prix de vente plus accessibles, les voitures hybrides (avec une petite batterie électrique qui se recharge en conduisant) continuent à dominer le marché européen (+20,8% depuis le début de l’année), avalant des parts de marché jusqu’ici réservées aux voitures à essence (-20,6%).Toutes énergies confondues, le groupe Volkswagen continue de dominer le marché européen (+2,9% en avril) et le N°2 Stellantis commence à limiter la casse après des mois difficiles (-1,1%), poussé par ses marques Peugeot, Jeep ou Alfa Romeo.- Chinoises -Les voitures hybrides rechargeables (avec un moteur à essence et une batterie électrique que l’on branche pour recharger) ont rebondi (+7,8%), notamment en Allemagne et en Espagne, et représentent 7,9% du marché.Les voitures chinoises ont contribué “grandement” au succès des électriques et des hybrides rechargeables, analyse Jato.Les marques chinoises comme BYD, MG, Xpeng ou Leapmotor ont progressé de 59% en un an sur ces catégories, contre 26% pour les autres marques.”Reste à voir si l’Union européenne répondra au boom des hybrides rechargeables chinoises en imposant des droits de douane”, comme elle l’a fait pour les voitures électriques, a remarque Felipe Munoz du cabinet Jato.Tesla pâtit notamment des prises de positions de son patron Elon Musk et de ses actions au sein du Doge, une commission de l’administration Trump chargée de coupes drastiques dans les dépenses fédérales.Au premier trimestre 2025, les ventes de Tesla ont chuté de 13% sur un an, avec un fléchissement particulièrement marqué dans l’UE, où les immatriculations se sont contractées de 45% par rapport à la même période de l’an dernier.Elon Musk a assuré cependant le 20 mai que la situation commerciale de Tesla était déjà “rétablie” et que les ventes étaient “bonnes”. Il a également indiqué qu’il ne consacrerait plus qu’un jour ou deux par semaine à la commission américaine pour l’efficacité gouvernementale (Doge), le reste de son temps étant dédié à la gestion de ses sociétés, en premier lieu Tesla.