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Embellie sur le marché de l’immobilier ancien au premier trimestre

Le marché français de l’immobilier ancien a repris des couleurs au premier trimestre 2025, une embellie tirée par la baisse des prix et par des crédits plus avantageux pour les ménages mais jugée fragile par les professionnels.En hausse de 0,5% sur un an au premier trimestre, après six trimestres de baisse consécutifs, et de 1% par rapport au trimestre précédent, les prix de vente des logements anciens ont repris de la vigueur en ce début d’année, selon l’indice Notaires-Insee de référence publié mardi.Depuis octobre, les ventes ont également stoppé leur tendance baissière entamée au printemps 2022. Fin mars 2025, le nombre de transactions était estimé à 880.000 sur les douze derniers mois, contre 845.000 en décembre 2024 et 832.000 en septembre 2024.”Eclaircie et prudence”, a commenté Elodie Frémont, présidente de la commission des statistiques immobilières des notaires du Grand Paris, lors d’une conférence de presse. Les notaires redoutent notamment que cette tendance positive ne soit l’effet de l’anticipation par les ménages des hausses des droits de mutation à titre onéreux appliquées au 1er avril dans bon nombre de départements sur les transactions immobilières.Dans le détail, les prix des logements anciens sont en hausse de 0,5% au premier trimestre sur un an, après -2,1% au quatrième trimestre 2024 et -3,9 % au troisième trimestre 2024. Les prix augmentent davantage pour les appartements (+0,7%) que pour les maisons (+0,3%).En Île-de-France, les prix des maisons et appartements rebondissent de +0,9% au premier trimestre après neuf trimestres de baisse, mais baissent sur un an à un rythme moins soutenu : -0,3% au premier trimestre 2025, après -3,7% au quatrième trimestre 2024 et -5,3% au troisième trimestre 2024. Les prix des appartements anciens augmentent davantage à Paris (+1,1%) qu’en petite couronne (+0,5%) et qu’en grande couronne (+0,4%) par rapport au trimestre précédent. Les volumes de ventes ont eux fortement rebondi en Ile-de-France, avec une poussée de 21% par rapport au 1er trimestre 2024, dont le niveau avait été historiquement faible.- Contexte géopolitique -A Paris, les prix restent stables autour de 9.500 euros le m2 au premier trimestre et devraient atteindre 9.750 euros en juillet, selon les notaires du Grand Paris.Les prix au m2 s’échelonnent entre 7.530 euros dans le XIXe arrondissement et 13.270 euros dans le VIe. En province, les prix des logements anciens confirment la tendance nationale, avec une hausse de 1% enregistrée au premier trimestre après deux trimestres de quasi-stabilité. La tendance est également à la hausse sur un an, avec +0,7% enregistré au premier trimestre contre -1,7% au quatrième trimestre 2024.”On pourrait croire et espérer que le marché est entré dans une nouvelle dynamique après deux années particulièrement difficiles, mais la certitude n’est pas là”, a observé Elodie Frémont.Les notaires redoutent qu’un revirement du contexte économique lié au contexte géopolitique ne remette en cause les premières évolutions positives, notamment la baisse des taux d’intérêt.En Ile-de-France, les prix pourraient par ailleurs enregistrer des “hausses annuelles comprises entre 1% et 5% d’ici juillet pour l’ensemble des marchés” et provoquer “des nouvelles tensions sur la solvabilité” des ménages.Une analyse partagée par Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), qui rappelle que la chute des volumes de transactions et la chute des prix est enrayée “depuis le 1er juillet 2024”, coïncidant “avec six baisses successives du taux de la BCE”.”C’est cette conjugaison de la baisse des taux et de la stabilisation voire de la baisse des prix qui a permis de reconstituer le pouvoir d’achat qu’avaient perdu les acheteurs”, explique-t-il.On ne peut toutefois pas parler selon lui d’une hausse des prix mais plutôt “d’un rattrapage”.Les feux sont au vert mais une hirondelle ne fait pas le printemps, prévient-il. “On a nourri une croissance des volumes et des prix sur fond de baisse des taux. Il faut maintenant que les taux trouvent à se stabiliser pour un redémarrage actif et réel”, souligne-t-il.

L’ancien maire de Paris Jean Tiberi est décédé à 90 ans

Jean Tiberi, maire RPR de Paris de 1995 à 2001, dernier édile de droite de la capitale, est décédé à l’âge de 90 ans, a annoncé mardi la maire du 5e arrondissement dont il était élu. “J’apprends avec beaucoup de tristesse la disparition de Jean Tiberi qui fut quatre mandats durant le maire engagé du 5e arrondissement”, a écrit la maire Horizons Florence Berthout sur le réseau X.”Paris, sa ville, lui rendra hommage”, a annoncé la maire socialiste Anne Hidalgo.”Je veux saluer la mémoire de cet homme qui a consacré une part immense de sa vie à Paris et au 5ème arrondissement, qui perd l’un des siens. Je garderai le souvenir d’un homme chaleureux, avec qui j’avais tissé des relations cordiales et respectueuses.”, a-t-elle dit dans un message transmis à l’AFP.Jean Tiberi avait succédé en 1995 à Jacques Chirac, dont il était un grand fidèle, à la tête de la capitale, qu’il a dirigée jusqu’en 2001 avant d’être battu par le candidat du Parti socialiste Bertrand Delanoë. Sa carrière politique a été éclaboussée par les affaires.Il avait ainsi été condamné en 2013 en appel, comme en première instance, à dix mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour l’inscription de faux électeurs sur les listes de sa mairie du 5e arrondissement de Paris en vue des élections municipales de 1995 et législatives de 1997. Son épouse Xavière, décrite comme “omniprésente” à la mairie du 5e, avait elle été condamnée à neuf mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Météo-France: un été “plus chaud que la normale” est le scénario le “plus probable”

Des températures plus chaudes que la normale sur la France constituent le scénario le “plus probable” pour cet été (juin-août), en particulier en Corse, indique mardi Météo-France dans ses tendances à trois mois. Pour juin, juillet et août, période qui correspond à l’été météorologique, “des conditions plus chaudes que la normale sont les plus probables, associées à la tendance du changement climatique sur l’Europe”, indique l’établissement public.”Toutefois, des épisodes ponctuels plus frais ne sont pas exclus”, détaille Météo-France.Ces tendances moyennes à trois mois, mises à jour mensuellement, ne sont pas des prévisions et ne préjugent pas de canicules ou de records.La probabilité d’un scénario plus chaud que les normales (sur la période de référence 1991-2020) a été établi à 50% pour la France métropolitaine (60% pour la Corse), contre seulement 20% pour un scénario plus frais (10% en Corse), selon les météorologues. La probabilité que les températures soient conformes aux normales de saison est estimée à 30%, par l’observatoire.En revanche, pour les pluies, “aucun scénario n’est privilégié sur la France et une très large partie de l’Europe”, selon le bulletin.

Météo-France: un été “plus chaud que la normale” est le scénario le “plus probable”

Des températures plus chaudes que la normale sur la France constituent le scénario le “plus probable” pour cet été (juin-août), en particulier en Corse, indique mardi Météo-France dans ses tendances à trois mois. Pour juin, juillet et août, période qui correspond à l’été météorologique, “des conditions plus chaudes que la normale sont les plus probables, associées à la tendance du changement climatique sur l’Europe”, indique l’établissement public.”Toutefois, des épisodes ponctuels plus frais ne sont pas exclus”, détaille Météo-France.Ces tendances moyennes à trois mois, mises à jour mensuellement, ne sont pas des prévisions et ne préjugent pas de canicules ou de records.La probabilité d’un scénario plus chaud que les normales (sur la période de référence 1991-2020) a été établi à 50% pour la France métropolitaine (60% pour la Corse), contre seulement 20% pour un scénario plus frais (10% en Corse), selon les météorologues. La probabilité que les températures soient conformes aux normales de saison est estimée à 30%, par l’observatoire.En revanche, pour les pluies, “aucun scénario n’est privilégié sur la France et une très large partie de l’Europe”, selon le bulletin.

Congrès: les socialistes choisissent leur premier secrétaire, la présidentielle en ligne de mire

Les socialistes votent mardi une première fois pour choisir leur nouveau premier secrétaire, entre le sortant Olivier Faure et ses concurrents, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et le chef des députés socialistes Boris Vallaud, avec pour principal enjeu la stratégie pour la présidentielle de 2027.La bataille devrait se jouer essentiellement entre les deux rivaux du précédent congrès de Marseille, en 2023: Nicolas Mayer-Rossignol affirme qu’il sera en tête, le camp d’Olivier Faure évoque une lutte serrée, qui donnera la victoire, une nouvelle fois, à son champion.Quelque 40.000 adhérents peuvent voter pour ce premier tour, entre 17H00 et 22H00 dans les sections, pour choisir le prochain texte d’orientation du parti. Le résultat définira le rapport de forces dans ses instances.Les deux candidats dont les motions seront arrivées en tête seront départagés lors d’un deuxième tour le 5 juin avant un Congrès prévu du 13 au 15 juin à Nancy.Les résultats ne seront connus que tard dans la nuit, voire mercredi matin. Et risquent de faire l’objet d’accusations de tricheries, comme à Marseille.”Il est hors de question que 300 voix nous séparent de la victoire”, a déclaré l’élue parisienne Lamia El Aaraje, proche de Nicolas Mayer-Rossignol, qui n’a jamais accepté sa défaite, sur un fil, en 2023.Olivier Faure, à la tête du PS depuis 2018, défend l’union de la gauche non mélenchoniste pour la présidentielle de 2027, avec une plateforme programmatique allant du leader de Place publique Raphaël Glucksmann à l’ex-député LFI François Ruffin, en vue d’une candidature commune.”Je ne nous pardonnerai pas d’avoir, par notre division, déroulé le tapis rouge à l’extrême droite”, explique-t-il, appelant les militants à la “continuité” d’une ligne qui a remis le PS “au cœur de la gauche”.Mais le camp de Nicolas Mayer-Rossignol taxe celui qui a été l’un des artisans des accords de gauche Nupes (en 2022) et Nouveau Front populaire (en 2024) d'”ambiguïté” vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon, avec qui il a pourtant pris ses distances depuis plusieurs mois.Le maire de Rouen défend “l’affirmation socialiste” et prône la création d’un grand parti socialiste (un “GPS”) agrégeant “ceux qui sont au PS et ceux qui sont à l’extérieur”, comme Raphaël Glucksmann, Benoît Hamon ou Bernard Cazeneuve. De cette confédération émergera un candidat social-démocrate en vue de 2027, estime-t-il, jugeant prématuré de parler primaire avant les échéances municipales. – Faiseur de roi -Dans une vidéo adressée aux militants mardi, l’édile rouennais dit vouloir faire revenir au PS “toutes celles et ceux qui n’attendent que ça”, et ont quitté le parti ces dernières années, pour atteindre “100.000 militants”.  Surtout, il accuse Olivier Faure d'”une gestion clanique” et d’un manque de travail dans le parti.Les partisans du premier secrétaire sortant répondent que Nicolas Mayer-Rossignol a rassemblé autour de lui une coalition disparate de tous les “anti-Faure”, de la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy à la présidente d’Occitanie Carole Delga, en passant par le député de l’Eure Philippe Brun et le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane.  Et ils prédisent une candidature de l’ex-président François Hollande en 2027, si le maire de Rouen gagne le congrès. Le troisième homme du congrès, Boris Vallaud, qui a critiqué la “division” du parti sous l’ère Faure, se veut le candidat de “la réconciliation” et de “la doctrine”. Il a notamment développé le concept de “démarchandisation” de la société, et a lancé un institut de formation et un média interne.Sur France 2, il a expliqué mardi être “le seul à faire une vraie proposition de rassemblement”, et appelé les militants à choisir “la perspective du meilleur” contre l’extrême droite. Quel que soit son score – 15 à 20% selon ses rivaux -, il pourrait être faiseur de roi, s’il décide au second tour de se ranger derrière un de ses adversaires. Le reste de la gauche scrute ce congrès. La cheffe des Écologistes Marine Tondelier ou l’ex-député LFI François Ruffin, favorables à l’union de la gauche en 2027, souhaitent la victoire d’Olivier Faure.A l’inverse, Raphaël Glucksmann, qui refuse toute idée de primaire, penche plus pour une victoire de M. Mayer-Rossignol. Comme Jean-Luc Mélenchon, qui trace son chemin vers la présidentielle et entend bien se présenter comme “la vraie gauche”.   

Les députés votent sur la création d’un droit à l’aide à mourir

Réforme sociétale majeure du second quinquennat d’Emmanuel Macron, la création d’un droit à l’aide à mourir pourrait franchir mardi une étape cruciale, en étant adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale.Les députés voteront en fin d’après-midi sur deux textes: une proposition de loi d’Annie Vidal (Renaissance) relative à l’accompagnement et aux soins palliatifs, et une autre d’Olivier Falorni (groupe MoDem) créant un “droit à l’aide à mourir”, après des explications de vote communes.Si la première devrait être approuvée à l’unanimité, le vote de la seconde est plus incertain, même si la ministre de la Santé Catherine Vautrin “s’attend à ce qu’elle soit adoptée”, selon son entourage.Une dichotomie illustrée par François Bayrou, historiquement réticent à l’aide à mourir: sur RMC et BFMTV mardi matin, le Premier ministre a affirmé avoir toujours des “interrogations” sur le texte de M. Falorni et indiqué que s’il était député, il “s’abstiendrai(t)”.”J’ai confiance dans la démarche parlementaire pour que toutes les interrogations soient levées”, a-t-il ajouté, évoquant le passage du texte au Sénat, dominé par la droite et le centre et nettement moins acquis à cette réforme.A l’Assemblée, chaque groupe laissera la liberté de vote à ses membres, mais l’hémicycle devrait grosso modo se partager entre d’un côté la gauche et le “bloc central”, favorables au texte, de l’autre la droite et l’extrême droite, qui y sont hostiles.La proposition de loi de M. Falorni crée un “droit à l’aide à mourir” consistant à “autoriser et à accompagner une personne qui a exprimé la demande à recourir à une substance létale”, qu’elle devra s’administrer ou se faire administrer “lorsqu’elle n’est pas en mesure physiquement d’y procéder”.Elle définit cinq critères cumulatifs, dont le fait d’être atteint “d’une affection grave et incurable” qui “engage le pronostic vital, en phase avancée” ou “terminale”, et présentant “une souffrance physique ou psychologique constante”.- Un modèle “strict et encadré” -Mme Vautrin a défendu ce week-end dans La Tribune Dimanche une loi ouvrant la voie à un “modèle français” d’aide à mourir, “strict et encadré”.Le gouvernement a obtenu au cours des débats l’approbation d’un certain nombre d’amendements, de sorte que “le texte est revenu dans son esprit originel”, se félicite l’entourage de la ministre.La proposition de loi de M. Falorni est en effet issue d’un projet de loi dont les grandes lignes avaient été présentées par Emmanuel Macron en mars 2024. Défendu à l’Assemblée par Mme Vautrin, son examen avait été interrompu par la dissolution.Soumis à une forte pression des députés, François Bayrou a remis l’ouvrage sur le métier, scindant le texte en deux de manière à laisser la liberté aux députés de voter pour un texte mais pas pour l’autre.Un amendement du gouvernement a refait de l’auto-administration du produit létal la règle, et de l’administration par un médecin ou un infirmier l’exception, alors que la commission des Affaires sociales avait décidé de laisser le libre choix au patient.Le gouvernement a aussi fait préciser un des critères d’éligibilité. Tenant compte d’un avis de la Haute Autorité de Santé, le texte affirme désormais que la phase “avancée” d’une maladie se caractérise par “l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie”.Les députés ont également approuvé un amendement du président de la commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux (Horizons), renforçant la collégialité de la procédure, et un autre du gouvernement rétablissant un délai minimum de deux jours pour que le malade confirme sa décision.- Le texte au Sénat à l’automne ? -“C’est un texte qui est profondément équilibré” avec des “critères strictement définis”, a défendu devant la presse mardi M. Falorni, soulignant que certains parlementaires avaient pu trouver pendant les débats la loi “trop restrictive” et d’autres “trop permissive”.La droite continue à y être farouchement opposée, s’alarmant que les malades recourent au “suicide assisté” faute de pouvoir accéder aux soins palliatifs, alors que seule la moitié des besoins sont couverts.”La loi prétend être sur la fin de vie: c’est faux ! Certaines personnes éligibles peuvent vivre des décennies. On dit qu’il y a des critères stricts, c’est faux. Les malades psychiatriques ne seront pas exclus d’emblée”, a dénoncé dans le JDD le député LR et médecin Philippe Juvin. Une position qui augure mal de l’accueil de la proposition de loi au Sénat, où Mme Vautrin espère qu’elle sera examinée “cet automne, avec un retour à l’Assemblée nationale début 2026”.

Aux ateliers Saint-James, le flou sur les droits de douane américains entretient l’expectative

“On a besoin d’avoir des règles”. Au siège de Saint-James (Manche), la direction de la marque qui confectionne et exporte la célèbre marinière souhaite plus de stabilité, en pleines discussions commerciales entre l’UE et les Etats-Unis sur les droits de douane.Non loin du Mont-Saint-Michel, les ouvrières textiles dans les ateliers Saint-James (qu’il convient de prononcer “Saint-Geamme”) produisent pulls, cabans et marinières, pour une marque dont le chiffre d’affaires avoisine les 80 millions d’euros dont 40% à l’export pour un tiers en Amérique du Nord.Naturellement dans cette entreprise de taille intermédiaire (ETI) de 400 salariés, dont 300 sur le site normand, on suit de très près les annonces de l’administration américaine sur les droits de douane.  La marinière en coton, affichée au prix de 95 euros en France, est “vendue actuellement (aux USA, ndlr) 140 dollars. Avec des droits de douane quand même à 16,5%, elle passerait à 155 dollars”, explique Luc Lesénécal, président de Saint-James qui revient d’un déplacement à New York consacré à l’ouverture d’un magasin éphémère.”Ca fait quand même une hausse significative d’autant plus que ces deux dernières années il y a eu beaucoup d’augmentation de prix suite à l’augmentation des matières premières, du coton, du coût salarial, de l’énergie…”, égrène M. Lesénécal. Quand on exporte, “on a l’habitude de gérer les taux de change, les fluctuations de matières premières, de l’énergie… Là, les changements de taux de douane, qui sont parfois rétroactifs, c’est plus compliqué de se projeter!”, relève le président de la marque fondée en 1889.Lundi, Emmanuel Macron s’est dit “confiant” au sujet des discussions commerciales entre l’UE et les Etats-Unis, après que Donald Trump a annoncé la prolongation jusqu’au 9 juillet de la pause dans les droits de douane visant l’UE. Vendredi, le président américain avait menacé d’imposer des taxes douanières de 50% sur les importations en provenance des Vingt-Sept dès le 1er juin.Dans cette période agitée, Manuela Horeau, directrice commerciale grand export des Tricots Saint-James, évoque, elle, la “question du timing” dans un secteur textile où l’on travaille six mois en avance sur la saison.”Est-ce qu’on répercute la hausse complètement ou pas, immédiatement ou pas ? Ça a des impacts assez significatifs. Et que vont faire les autres marques ?”, s’interroge-t-elle. – Brad Pitt et George Clooney -Alors que Saint-James est présent depuis plus de 20 ans aux Etats-unis dans 150 boutiques, M. Lesénécal ne fait pas preuve de “pessimisme”, convaincu que les vêtements de sa marque incarnent “l’art de vivre à la française” avec un savoir-faire spécifique qu’apprécient les Américains. Dans le grand atelier, les ouvrières textiles s’activent sous le regard de… Brad Pitt et de George Clooney. Une grande affiche en noir et blanc avec les deux vedettes américaines vêtues en Saint-James sur un side-car les contemple.Des petites mains, essentiellement féminines, s’activent pour fabriquer notamment le pull matelot qui nécessite 18 étapes de confection, 23 km de fil de laine et pas moins de quinze jours entre le tricotage et les finitions. Viviane Rête, responsable de la salle de raccoutrage, où les couturières veillent à éliminer les imperfections, insiste sur l’aspect artisanal de la production. “On travaille avec nos mains: les machines ne peuvent pas le faire, on travaille juste avec une aiguille à tricoter et puis nos yeux”.Preuve du lien historique entre Saint-James et les Etats-unis, la Bannière étoilée flotte à proximité de l’entrée du siège. Ici, une stèle rappelle que le 2 août 1944 les autorités militaires américaines établirent une base avancée et que 4.410 GI’s reposent au cimetière américain de la petite ville normande. 

Diffusion d’images pornographiques de mineurs: le procès de l’auteur de BD Bastien Vivès s’est ouvert

Dessins potaches ou pédopornographiques ? Le procès de l’auteur de bande dessinée Bastien Vivès, accusé par plusieurs associations d’avoir réalisé et diffusé des dessins à caractère pornographique de mineurs dans deux de ses albums, s’est ouvert mardi devant le tribunal judiciaire de Nanterre.  Le dessinateur de 41 ans comparaît jusqu’à mercredi pour “fixation et transmission en vue de la diffusion d’images à caractère pédopornographique”, un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.Les éditions Les Requins Marteaux et Glénat, qui ont publié les deux albums incriminés, comparaissent elles pour diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique. Bastien Vivès, présent à l’audience, n’a pas souhaité s’exprimer avant le début de son procès.En janvier 2023, une enquête avait été ouverte à la suite d’une plainte de plusieurs associations de protection de l’enfance. Elle visait trois ouvrages du dessinateur: “Les Melons de la colère” (paru en 2011), “La Décharge mentale” (2018) et “Petit Paul” (2018). Ce sont ces deux derniers albums qui seront au cœur des débats. “Petit Paul”, qui avait déjà fait l’objet de deux signalements en 2018 et 2020, classés sans suite par le parquet de Nanterre, met en scène un enfant au pénis démesuré ayant des relations sexuelles avec des femmes majeures.”La Décharge mentale” évoque un homme ayant des relations sexuelles avec de jeunes filles mineures. Dans sa plainte, l’association Fondation pour l’enfance dénonçait des “représentations de mineurs dans des situations sexuellement explicites, présentant indubitablement un caractère pornographique”, ce que la défense dément.”Il n’y a jamais eu aucune incitation et aucune apologie de la pédophilie par Bastien Vivès dans ses œuvres”, a assuré à l’AFP Me Richard Malka, avocat du dessinateur. “Un auteur de polar n’est pas responsable du meurtre de ses personnages”, a-t-il insisté mardi devant la salle d’audience, décriant la manière dont les associations de protection de l’enfance selon lui “défendent des enfants d’encre et de plume” à défaut “d’enfants réels”. – “Stricte application de la loi” -Pour Me Cécile Astolfe, qui défend la Fondation pour l’enfance, ce procès est pourtant la résultante d’une “stricte application de la loi”. “La représentation d’un mineur de moins de 15 ans présentant un caractère pornographique est interdite”, a-t-elle insisté. Trois autres associations, L’enfant bleu, Innocence en danger et Face à l’inceste, sont également parties civiles dans l’affaire.  Une dizaine de témoins sont également attendus parmi lesquels, côté défense, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen (2017-2018) et le directeur de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Riss.  En 2018, après la parution de “Petit Paul”, les éditions Glénat avaient affirmé que cet album n’avait “jamais” eu “pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l’abus de mineur de quelque manière que ce soit”.Dans un entretien avec l’AFP, la directrice de la maison d’édition, Marion Glénat-Corveler, a assuré qu’elle défendrait la liberté d’expression à l’audience, “une des valeurs fondamentales de (son) métier d’éditeur”.Plusieurs autres œuvres du dessinateur, à l’instar des “Melons de la colère”, vague parodie des “Raisins de la colère” où plusieurs hommes violent une adolescente paysanne, avaient suscité l’indignation d’associations et de militants.Le Festival international de la BD d’Angoulême avait d’ailleurs déprogrammé une exposition consacrée à Bastien Vivès prévue lors de son édition 2023, en raison de “menaces physiques” proférées contre lui.En juin 2024, cinq personnes ont été condamnées à Paris à des peines de prison avec sursis pour menaces de mort ou violence sur l’auteur.