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Le domicile de Rachida Dati et la mairie du 7e arrondissement perquisitionnés dans une enquête pour corruption

Des perquisitions ont été menées jeudi au domicile de Rachida Dati ainsi qu’à la mairie du 7e arrondissement de Paris, qu’elle dirige, dans le cadre d’une enquête pour corruption, selon une source proche du dossier à l’AFP.La ministre de la Culture est soupçonnée d’avoir perçu 299.000 euros d’honoraires de GDF Suez quand elle était députée européenne, sans en déclarer la provenance au Parlement européen.Les perquisitions ont été menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans le cadre d’une information judiciaire visant la ministre et candidate LR à la mairie de Paris, ouverte le 14 octobre et confiée à des juges parisiens, selon Le Nouvel Obs et l’émission Complément d’Enquête, sur France 2, qui ont révélé l’information. Selon une enquête diffusée début juin sur France 2, les fonds du géant français avaient transité par un cabinet d’avocats, STC Partners, avant d’être rebasculés sur les comptes de Mme Dati en 2010 et 2011. D’après Complément d’enquête, l’origine de ces revenus n’a pas été déclarée au Parlement européen comme cela est requis pour éviter les conflits d’intérêt. Sollicité par l’AFP, l’entourage de Mme Dati n’a pas souhaité faire de commentaire.Mme Dati avait qualifié en juin sur Europe 1 et CNews ces accusations de “diffamatoires”, assurant que les documents évoqués dans cette émission avaient déjà “été examinés par la justice” dans le cadre des investigations sur l’affaire Carlos Ghosn, qui lui valent d’être mise en examen pour corruption passive.”Tout ça est déclaré, est très au clair”, avait également assuré la ministre, qui a toujours nié avoir été rémunérée par GDF Suez.Complément d’enquête affirmait toutefois que les documents comptables du cabinet STC n’avaient pas été saisis et examinés par la justice.Mme Dati est par ailleurs renvoyée devant le tribunal correctionnel dans un autre dossier, de corruption et trafic d’influence, dans lequel elle devra comparaître aux côtés de l’ancien tout-puissant patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Le procès devrait se tenir en septembre prochain.La ministre de la Culture est par ailleurs visée par une autre enquête, ouverte par le parquet de Paris, concernant une éventuelle non-déclaration de bijoux de luxe.

L’avenir d’une députée RN et du maire d’Orange Yann Bompard suspendu à une possible inéligibilité

A trois mois des municipales, l’avenir politique de la dynastie Bompard à Orange et de la députée RN du Vaucluse Marie-France Lorho s’est obscurci jeudi au tribunal judiciaire de Marseille, où des peines d’inéligibilité ont été requises.Le jugement sera rendu le 26 janvier, à moins de deux mois du premier tour des élections municipales, où Marie-France Lorho, 61 ans, entend se présenter comme numéro deux de la liste Rassemblement national (RN) à Orange, et où Yann Bompard n’a pas fait mystère de candidater à sa succession.Aujourd’hui adversaires politiques, tenant soigneusement leurs distances pendant l’audience, ces deux figures politiques du Vaucluse ont d’abord fait chemin commun.Les faits reprochés de détournement et de recel de fonds publics s’étendent de novembre 2021 à février 2023, où Yann Bompard, 39 ans, est accusé d’avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Préjudice évalué par l’Assemblée nationale, qui s’est constituée partie civile: 75.000 euros.Jeudi, la procureure Louise Chrétien a requis des peines de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire applicables immédiatement, à l’encontre des deux responsables. Des peines de 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de Marie-France Lorho, aussi poursuivie pour subornation de témoin, assorti de 10.000 euros d’amende ont également été réclamées. Et pour Yann Bompard, “pour lequel il y a bien eu enrichissement personnel” selon la procureure, 24 mois avec sursis et 15.000 euros d’amende.”La grande majorité des tâches prévues” pour Yann Bompard “n’étaient pas effectuées”, a lancé Louise Chrétien, car “matériellement (…) il manquait de temps pour remplir ses obligations contractuelles”.En cause, ses multiples casquettes de conseiller départemental, président d’intercommunalité, collaborateur parlementaire et, surtout, maire d’Orange depuis fin 2021. Il reprend alors le fauteuil de son père Jacques, condamné pour prise illégale d’intérêt dans son 6e mandat consécutif.- “Emprise de la famille Bompard” -“Il n’avait aucune raison d’être payé trois fois pour le même travail”, a pointé Louise Chrétien, égrenant des revenus cumulés de 5.400 euros – hors salaire de collaborateur. La veille, l’élu avait répliqué qu’il se rendait à des réunions locales “en tant que tout”: “jamais je n’ai senti que je volais l’argent”. L’accusation a surtout insisté sur “la pauvreté des traces retrouvées” de son travail, “une dizaine de mails, une dizaine de SMS”. Une situation globalement retracée lors d’une écoute téléphonique où Marie-France Lorho et un autre assistant tentent de couvrir Yann Bompard.Quant à la députée, selon l’accusation, elle n’a “pas endossé ses responsabilités d’employeur alors qu’elle bénéficiait de l’argent public”. Et elle “a mis six mois à imposer à Yann Bompard un contrat à mi-temps, sans prendre aucune mesure disciplinaire”, alors qu’elle avait constaté “une baisse de son travail” depuis qu’il était devenu maire. Cette baisse était concomitante à leur rupture politique actée au printemps 2022, lorsqu’elle avait décidé de couper les ponts avec la Ligue du Sud – le parti fondé par Jacques Bompard – au profit du RN. Elle était aussi “dans un lien de subordination totalement inversé”, et vivait dans “la peur, l’emprise de la famille Bompard”. Autant d’arguments balayés par la défense.L’exécution provisoire ? “Un instrument à la mode, un déni du droit à se défendre”, selon Me Christophe Bass, avocat de Yann Bompard.Son travail ? “Des traces, vous en avez”, même si “la masse silencieuse” de son activité “n’en laisse pas: son expérience du terrain, son apport, précieux”, pour ce “profil inégalé”.Les craintes de “représailles du camp Bompard”, avancées par Marie-France Lorho pour avoir tardé à se séparer de Yann ? “Du vent !”.Au fond, explique Me Bass, “vous lui reprochez le temps qu’il a mis à comprendre qu’elle ne voulait plus de lui”.L’avocat de Marie-France Lorho, Me Guillaume De Palma, a lui aussi défendu “la grande autonomie, bannie des réquisitions” dont jouissait Yann Bompard: “son bureau, c’était la rue !”. Quant à sa cliente, elle a bien “pris la mesure” de la baisse d’activité de Yann Bompard, le passant à mi-temps. Tout au plus, aurait-elle fait preuve de “négligence” par manque d’expérience.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Comment la “glace ancienne” pourrait aider les scientifiques à protéger les glaciers

Vêtu d’une doudoune orange, le glaciologue japonais Yoshinori Iizuka pénètre dans une chambre froide à -50°C pour récupérer un échantillon de glace, prélevé dans la cadre d’un projet international visant à comprendre pourquoi les glaciers du Tadjikistan résistent à la fonte rapide observée ailleurs.”Si nous pouvions comprendre le mécanisme derrière l’augmentation du volume de glace là-bas, nous pourrions peut-être l’appliquer à tous les autres glaciers du monde”, explique ce professeur à l’université de Hokkaido (nord du Japon), en montrant l’échantillon du diamètre d’un poing.Idéalement, “cela pourrait même aider à les régénérer”, ajoute-t-il. “Peut-être que c’est trop ambitieux. Mais j’espère que notre étude aidera les gens.”En septembre, l’AFP a accompagné en exclusivité des scientifiques, dont M. Iizuka, dans des conditions extrêmes, jusqu’à un site situé à 5.810 mètres d’altitude, sur la calotte glaciaire de Kon-Chukurbashi, dans les montagnes du Pamir au Tadjikistan.Cette zone est la seule région montagneuse de la planète où les glaciers non seulement résistent à la fonte, mais ont même légèrement grossi, un phénomène baptisé “anomalie du Pamir-Karakoram”.L’équipe a prélevé deux carottes de glace d’environ 105 mètres chacune, dont l’une sera conservée dans un sanctuaire souterrain en Antarctique par la fondation Ice Memory, qui a soutenu l’expédition avec l’Institut polaire suisse. L’autre a été expédiée au laboratoire de M. Iizuka, à l’Institut des sciences des basses températures de l’université de Hokkaido, où les chercheurs cherchent à comprendre pourquoi les précipitations ont augmenté dans la région au cours du siècle dernier et comment le glacier a résisté à la fonte.- Des siècles de météo -Certains attribuent cette anomalie au climat froid ou à l’utilisation accrue d’eau agricole au Pakistan voisin, qui générerait davantage de vapeur. Mais ces carottes offrent la première occasion d’étudier le phénomène scientifiquement.”Les informations du passé sont cruciales”, souligne M. Iizuka. “En comprenant les causes de l’accumulation continue de neige du passé à aujourd’hui, nous pouvons clarifier ce qui se passera et pourquoi la glace a grossi.”Depuis l’arrivée des échantillons en novembre, son équipe travaille dans des chambres froides pour analyser la densité, l’orientation des grains de neige et la structure des couches de glace.Lors de la visite de l’AFP début décembre, les scientifiques étaient équipés comme des explorateurs polaires pour découper et polir les échantillons dans le froid relatif de -20°C du laboratoire.Ces échantillons racontent l’histoire des conditions météorologiques sur des décennies, voire des siècles. Une couche de glace transparente indique une période chaude où le glacier a fondu avant de regeler, tandis qu’une couche peu dense suggère de la neige tassée, utile pour estimer les précipitations. Des échantillons cassants avec des fissures révèlent une chute de neige sur des couches partiellement fondues, puis regelées.D’autres indices apportent des informations supplémentaires: des matériaux volcaniques comme les ions sulfates servent de repères temporels, tandis que les isotopes de l’eau révèlent les températures.- “Tâtonnements” -Les chercheurs espèrent trouver des traces remontant à 10.000 ans ou plus, bien qu’une grande partie du glacier ait fondu lors d’un épisode chaud il y a environ 6.000 ans. Une glace ancienne permettrait de savoir “quel type de neige tombait dans cette région il y a 10.000 ans ? Que contenait-elle?”, dit M. Iizuka. “Nous pourrions étudier combien et quels types de particules fines étaient en suspension dans l’atmosphère à l’époque glaciaire”, ajoute-t-il. “J’espère vraiment qu’il y a de la glace ancienne.”Pour l’instant, le travail avance lentement et avec précaution. Des membres de l’équipe comme Sora Yaginuma, un étudiant, découpent soigneusement les échantillons. “Une carotte de glace est un échantillon extrêmement précieux et unique”, souligne M. Yaginuma. “A partir de cette seule carotte, nous réalisons une variété d’analyses, chimiques et physiques.”L’équipe espère publier ses premiers résultats l’an prochain et prévoit “beaucoup de tâtonnements” pour reconstituer les conditions climatiques passées, indique M. Iizuka.Les analyses à Hokkaido ne révéleront qu’une partie des secrets de la glace. Avec les autres échantillons conservés en Antarctique, d’autres recherches seront possibles, par exemple pour déterminer comment l’exploitation minière a historiquement influencé la qualité de l’air, la température et les précipitations dans la région.”Nous pouvons comprendre comment l’environnement terrestre a évolué en réponse aux activités humaines”, affirme M. Iizuka. Avec tant de mystères à percer, le travail est “extrêmement excitant”. Des milliers de glaciers disparaîtront chaque année au cours des prochaines décennies du fait du réchauffement climatique d’origine humaine, selon une étude publiée lundi dans la revue Nature Climate Change. Selon les scientifiques, seule une limitation de ce réchauffement pourra efficacement réduire ce phénomène de fonte accélérée.

Transports: les contrôleurs autorisés à filmer les conflits

Une caméra très visible accrochée à l’uniforme: les contrôleurs des transports en communs pourront désormais filmer des échanges tendus avec les usagers lorsqu’ils sont en service, “à des fins de prévention et de dissuasion”.  “Il y a des demandes pour près de 11.000 caméras”, a précisé devant la presse le ministre des Transports Philippe Tabarot, accueilli jeudi avec le PDG de la SNCF Jean Castex à la gare de Lyon à Paris par des agents équipés d’une caméra piéton.Le dispositif prend la forme d’un boîtier noir avec un marquage jaune très visible “Video&Audio” et un large bouton central, fixé sur la poitrine. Ergonomique, il est conçu pour être facilement déclenché en situation de tension. Les agents de la SNCF, de la RATP ou d’autres sociétés de transport en commun pourront ainsi “déclencher ces caméras quand ils se sentent en difficulté”, a souligné le ministre, qui fait état de “110.000 actes délictueux” sur les réseaux de transport par an. Un décret publié jeudi au Journal Officiel vient détailler les conditions dans lesquelles ces enregistrements seront autorisés à compter du 19 décembre, une mesure inscrite dans une loi sur la sécurité dans les transports adoptée en mars.Le décret stipule que “le déclenchement de l’enregistrement fait l’objet d’une information des personnes enregistrées, délivrée oralement par l’agent porteur de la caméra”, sauf, notamment, si “la situation laisse craindre un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité d’une personne”.Les enregistrements seront conservés pendant 30 jours, puis effacés automatiquement.- Tasers introduits par décret? -Jean Castex s’est pour sa part félicité du retour des caméras dont l’usage a été expérimenté pendant les Jeux olympiques l’an dernier pour les contrôleurs et les agents des gares “qui sont le plus en contact avec le public”.Il a rappelé que les agents de la sûreté ferroviaire les avaient toujours conservées et “pourront témoigner de leur efficacité”. “L’expérimentation a montré: elles font baisser la tension”, a-t-il expliqué aux journalistes. “S’il y a une scène un peu difficile qui commence à se cristalliser, l’agent – d’ailleurs il doit l’indiquer – met sa caméra en fonction et tout de suite, dans la plupart des cas, on voit immédiatement que la situation commence à s’apaiser”, a-t-il dit. Un autre aspect: des altercations sont souvent filmées par des tiers qui “font circuler des extraits bien choisis”. Les enregistrements effectués par les contrôleurs serviront à “rétablir l’équilibre”. La loi accorde aux agents d’autres prérogatives comme “celle de pouvoir saisir des objets dangereux à travers des palpations” qui peuvent être effectuées à n’importe quel moment et “sur un périmètre plus large” notamment sur les parvis et dans les rames, a précisé M. Tabarot.La loi sur la sécurité dans les transports est en vigueur depuis le 30 avril. Le décret de jeudi en encadre l’application.Le Conseil constitutionnel avait par ailleurs censuré certaines dispositions du projet de loi initial, dont l’usage par les agents de sécurité de tasers, pistolets à impulsion électrique.Le ministre a déclaré jeudi sur Europe 1 et Cnews vouloir “y arriver par une autre forme, à travers des décrets”.”Ce sont des agents qui sont formés, qui peuvent avoir des armes létales, il me paraît logique qu’ils puissent avoir également des armes non létales qui peuvent être efficaces sur certains rames, ou certains métros, ou certaines gares”, a-t-il ajouté.En outre, selon lui, les caméras algorithmiques (utilisant l’intelligence artificielle, ndlr), déjà utilisées “pour des événements sportifs, pour des concerts”, devraient l’être aussi “pour le quotidien des Français”, a-t-il conclu.

Le Parlement adopte définitivement une loi réhabilitant les femmes condamnées pour avortement

“Une avancée historique” saluée par les associations féministes: le Parlement a définitivement adopté jeudi, lors d’un vote unanimement favorable à l’Assemblée nationale, une loi pour réhabiliter les femmes condamnées pour avortement avant la loi Veil de 1975.Le texte reconnaît plus largement “que l’application par l’État” des lois “pénalisant le recours, la pratique, l’accès et l’information sur l’avortement” a constitué “une atteinte à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive” ou encore “aux droits des femmes”.Ce texte mémoriel ajoute que ces lois d’avant 1975 ont conduit à “de nombreux décès” et engendré des “souffrances physiques et morales”.Portée par l’ancienne ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, actuellement sénatrice du Val-de-Marne, la proposition de loi socialiste avait été adoptée à l’unanimité au Sénat en mars, dans les mêmes termes, et avec le soutien du gouvernement.Cette loi “est un acte de justice envers ces milliers de vies brisées par des lois injustes”, a déclaré jeudi la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Aurore Bergé, en évoquant dans son discours l’avortement de sa mère.”Nous avons la responsabilité de réparer mais surtout, nous avons le devoir d’alerter”, a-t-elle ajouté, en référence aux attaques actuelles “partout dans le monde” contre “les droits des femmes”.Les députés ont salué la présence en tribune de Claudine Monteil, l’une des signataires du Manifeste des 343, appel choc de 343 femmes ayant révélé en 1971 avoir avorté.Le texte contient par ailleurs la création d’une commission de reconnaissance du préjudice subi par les femmes ayant avorté. Elle sera chargée de contribuer au “recueil” et à la “transmission de la mémoire” des femmes contraintes aux avortements clandestins et de ceux qui les ont aidées.Cette commission sera composée de professionnels de santé, d’un membre du Conseil d’Etat ou un magistrat de la Cour de cassation, de personnes ayant réalisé des travaux de recherche sur ces questions et d’autres issues du milieu associatif.- Pas de réparations financières -Le texte ne prévoit pas en revanche de volet indemnitaire pour porter réparation aux personnes concernées par cette loi. A dessein, “parce qu’il n’y avait pas que des amies des femmes qui ont pratiqué des avortements”, selon Laurence Rossignol, qui évoque les “mères maquerelles” ou encore les “proxénètes” les ayant réalisés.”Cette question de l’indemnisation reste un angle mort de ce texte”, a regretté la députée écologiste Sandra Regol, à l’unisson avec la députée Insoumise Mathilde Panot notamment. “On ne peut pas faire comme si cette question ne se posait pas”, a ajouté Mme Regol, alors que l’Assemblée venait d’adopter un autre texte comportant des réparations pour les personnes condamnées par le passé pour homosexualité.Les “circonstances” sont “différentes”, a argumenté la ministre Aurore Bergé, puisque les femmes concernées par le texte “n’ont pas toutes subi des condamnations”. La commission créée par cette loi pourra mener des recherches “pour mieux identifier les victimes” et “peut-être, à un moment, ouvrir droit à un type de réparation”, a-t-elle ajouté. Des représentants des Républicains et du Rassemblement national se sont au contraire félicité de cette absence de compensations financières.L’examen du texte survient 50 ans après la promulgation de la loi Veil qui a autorisé l’interruption volontaire de grossesse (IVG).Entre 1870 et cette dépénalisation, plus de 11.660 personnes ont été condamnées pour avoir pratiqué ou eu recours à un avortement, selon les estimations officielles.La Fondation des femmes a salué une “avancée historique”, permettant de reconnaître “l’injustice subie par des milliers de femmes condamnées, humiliées ou emprisonnées pour avoir exercé ce qui est aujourd’hui un droit fondamental”.”La France envoie un message clair, en France comme à l’international: personne ne devrait jamais être condamné pour avortement”, ajoute l’organisation.Tout en se “félicitant” de l’adoption de la loi, Choisir la cause des femmes, association co-fondée par Gisèle Halimi, a jugé “important” de ne pas masquer le fait que l’accès à l’IVG en France n’est pas “satisfaisant”.”Près de 20% des femmes doivent encore se déplacer en France pour avorter”, a-t-elle souligné.Plusieurs députés ont par ailleurs salué durant les débats l’adoption par le Parlement européen mercredi d’un texte exhortant Bruxelles à faciliter l’accès à des avortements “sûrs” à toutes les femmes du continent, où cet accès diffère nettement d’un pays à l’autre.émep-la/rap/frd/

Motard percuté sur l’A4: deux policiers condamnés à 3 ans de prison avec sursis

Deux policiers ont été reconnus coupables de violence volontaire aggravée et condamnés à trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Créteil jeudi pour avoir volontairement percuté un motard avec leur voiture de service sur l’A4 en région parisienne.Le major de police Eric B., 53 ans, et le gardien de la paix Nils P., 26 ans, ont également été condamnés à une interdiction d’exercer la profession de fonctionnaire de police pendant un an et de porter une arme pendant un an, avec exécution provisoire.Ils ont en outre été condamnés à verser près de 5.000 euros de dommages et intérêts et 600 euros chacun à la partie civile pour les frais de justice.C’est un jugement plus sévère que les réquisitions du parquet, qui avait demandé une peine de 18 mois de prison avec sursis, assortie d’une interdiction de porter une arme pendant un an et d’exercer toute fonction publique pendant deux ans, avec exécution provisoire.”Nous sommes particulièrement contents de cette décision qui montre l’évolution de la prise de conscience de la gravité des violences policières par la justice désormais fréquemment sanctionnée par l’éviction des auteurs de la police”, a commenté l’avocat du motard, Me Arié Alimi.Le 14 octobre, la voiture de service des deux policiers a été filmée par la caméra embarquée d’un véhicule situé en retrait, percutant le motard Hugo Van Rooij sur l’A4, au niveau de Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne.Rapidement devenues virales, les images de la scène ont montré la voiture se déporter vers le motard tandis que le gardien de la paix sort son bras par la fenêtre en direction d’Hugo Van Rooij. Percutée, la moto guidonne avant de retrouver son équilibre alors que le véhicule sérigraphié s’éloigne.”C’est un traumatisme que mon cerveau ne sait pas comment traiter. Je rumine énormément. Je dors moins bien. J’ai du mal à me concentrer”, a témoigné devant la cour Hugo Van  Rooij, 37 ans.Tout au long des débats, le conducteur du véhicule Eric B. et son coéquipier Nils P., qui était passager, ont contesté le caractère intentionnel de la collision.A la barre, ils ont livré le même récit qu’aux enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN): malade le jour des faits, Nils P. a cédé sa place à son supérieur qui a pris le volant et enclenché les gyrophares pour rentrer au plus vite, en raison de l’état de santé de son collègue.”Je sais que la moto est là, j’estime mal sa vitesse et je pense pouvoir passer devant la moto (…) mais la moto va bien plus vite que ce que je pense”, a argué Eric B., reconnaissant “une faute de conduite” et un défaut de vigilance. Des explications rejetées par les juges.”Le tribunal a apprécié les faits avec la plus grande impartialité”, a souligné jeudi la présidente Joëlle Nahon.- “Virilisme” -Au cours du procès, la partie civile a pointé “un virilisme de chauffard” dans le dossier.D’après la vidéosurveillance, le motard avait déjà croisé la route des deux fonctionnaires de police avant la collision. Quelques minutes avant le choc, le jeune homme a remonté des voies embouteillées en interfile et entrepris un dépassement par la droite du véhicule sérigraphié, le forçant à freiner brusquement.”Il y a eu à un moment quelque chose qui pourrait s’apparenter à un accrochage, et puis en fait une course poursuite, une chasse à l’homme, et enfin un geste qui aurait pu lui coûter la vie”, a plaidé Me Arié Alimi.Pendant les débats, le conseil du motard a rappelé que le major Eric B. avait par le passé exercé au sein de la BRAV-M, une brigade souvent critiquée pour ses méthodes.”Vous ne pouvez pas condamner quelqu’un au bénéfice du doute”, avait pour sa part argué Me Estelle Camus, l’avocate de Nils P. “Vous n’avez pas la certitude que ces faits étaient volontaires”, avait lui abondé Me Jérôme Andrei, conseil d’Eric B.

Famille juive empoisonnée: une nourrice condamnée à deux ans et demi de prison, mais relaxée pour antisémitisme

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné jeudi à deux ans et demi de prison ferme une nourrice pour avoir empoisonné en janvier 2024 les parents d’enfants juifs dont elle avait la garde, mais a écarté la circonstance aggravante d’antisémitisme.”L’élément fondamental sur lequel se fonde le tribunal, c’est la gravité des faits, non pas dans leurs conséquences mais dans les modalités de leur réalisation”, a expliqué le président du tribunal, estimant qu’il s’agissait d’une “trahison majeure de la confiance” accordée par les parents.Le tribunal n’a toutefois pas retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme requise par le parquet lors du procès.Il a estimé que les propos incriminés de la nourrice ayant été tenus plusieurs semaines après la commission des faits et ayant été retranscrits par un officier de police judiciaire sans la présence d’un avocat, il était impossible de condamner la prévenue pour antisémitisme.Lors de sa garde à vue, cette nourrice de nationalité algérienne avait admis avoir versé des produits de nettoyage dans des bouteilles d’alcool, disant agir en raison d’un conflit sur sa rémunération pour la garde des enfants de 2, 5 et 7 ans de cette famille de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).Mais lors du procès mardi dernier, la femme de 42 ans était revenue sur ses aveux, affirmant avoir “inventé une histoire” sous la pression des policiers.Une rétractation loin de convaincre le président du tribunal, qui avait rappelé à la nourrice qu’elle avait elle-même mentionné avoir ajouté de l’eau savonneuse dans une bouteille de whisky et de jus de raisin.Un démaquillant et un plat de pâtes avaient également été contaminés par des produits nettoyants, ont supposé les enquêteurs.Lors d’une perquisition à son domicile, la nourrice avait affirmé avoir agi de la sorte contre ses employeurs “parce qu’ils ont de l’argent et le pouvoir, j’aurais jamais dû travailler pour une Juive”.Le parquet avait dans un premier temps décidé de ne pas retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme. Le juge d’instruction avait émis un avis différent, que le ministère public avait fini par suivre lors de ses réquisitions à l’audience, évoquant “un antisémitisme latent”.La nourrice a pour sa part admis qu’il s’agissait d’une “phrase de haine” et présenté ses excuses aux parents, assurant ne pas être raciste ou antisémite.Le tribunal l’a également condamnée pour usage de faux administratif, en l’occurrence une carte d’identité nationale belge factice. Elle se voit interdite du territoire français pendant cinq ans.

Motard percuté sur l’A4: deux policiers condamnés à 3 ans de prison avec sursis

Deux policiers ont été reconnus coupables de violence volontaire aggravée et condamnés à trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Créteil jeudi pour avoir volontairement percuté un motard avec leur voiture de service sur l’A4 en région parisienne.Le major de police, Eric B., 53 ans, et le gardien de la paix Nils P., 26 ans, ont également été condamnés à une interdiction d’exercer la profession de fonctionnaire de police pendant un an et de porter une arme pendant un an, avec exécution provisoire.C’est un jugement plus sévère que les réquisitions du parquet, qui avait demandé une peine de 18 mois de prison avec sursis, assortie d’une interdiction de porter une arme pendant un an et d’exercer toute fonction publique pendant deux ans, avec exécution provisoire.”Nous sommes particulièrement contents de cette décision qui montre l’évolution de la prise de conscience de la gravité des violences policières par la justice désormais fréquemment sanctionnée par l’éviction des auteurs de la police”, a commenté l’avocat du motard, Me Arié Alimi.Le 14 octobre, la voiture de service des deux policiers a été filmée par la caméra embarquée d’un véhicule situé en retrait, percutant le motard Hugo Van Rooij sur l’A4, au niveau de Charenton-le-Pont dans le Val-de-Marne. Rapidement devenues virales, les images de la scène ont montré la voiture se déporter vers le motard tandis que le gardien de la paix sort son bras par la fenêtre en direction d’Hugo Van Rooij. Percutée, la moto guidonne avant de retrouver son équilibre alors que le véhicule sérigraphié s’éloigne.”C’est un traumatisme que mon cerveau ne sait pas comment traiter. Je rumine énormément. Je dors moins bien. J’ai du mal à me concentrer”, a témoigné Hugo Van  Rooij, 37 ans.Tout au long des débats, le conducteur du véhicule Eric B. et son coéquipier Nils P., qui était passager, ont contesté le caractère intentionnel de la collision.A la barre, ils ont livré le même récit qu’aux enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN): malade le jour des faits, Nils P. a cédé sa place à son supérieur qui a pris le volant et enclenché les gyrophares pour rentrer au plus vite, en raison de son état de santé.”Je sais que la moto est là, j’estime mal sa vitesse et je pense pouvoir passer devant la moto (…) mais la moto va bien plus vite que ce que je pense”, a argué Eric B., reconnaissant “une faute de conduite” et un défaut de vigilance.Des explications rejetées par la cour.

L’anesthésiste Péchier condamné à la perpétuité pour 30 empoisonnements

Trente patients empoisonnés, dont 12 sont morts: au terme d’un exceptionnel procès de trois mois et demi, l’anesthésiste Frédéric Péchier a été condamné jeudi à  Besançon à la prison à perpétuité pour l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés, un verdict contre lequel il va faire appel.La peine est assortie d’une période de sûreté de 22 ans. “Vous allez être incarcéré immédiatement”, lui a lancé la présidente de la cour, Delphine Thibierge.Le praticien n’avait jamais été détenu depuis le début de l’enquête en 2017. Il lui est interdit aussi “d’exercer la profession de médecin à titre définitif”. La cour a suivi l’accusation, qui avait requis la réclusion à perpétuité contre l’ancien médecin star de 53 ans, qu’elle a présenté comme “l’un des plus grands criminels de l’histoire”, coupable selon elle d’avoir “utilisé la médecine pour tuer”. A l’inverse, son avocat Randall Schwerdorffer, avait demandé à la cour de l’acquitter “purement et simplement”, faute de preuves irréfutables. Ce dernier a réaffirmé jeudi être convaincu de l’innocence de son client et annoncé qu’il allait faire appel et “demander sa remise en liberté”. “C’est la fin d’un cauchemar”, a déclaré Sandra Simard, l’une des victimes. “On passera Noël un peu plus tranquilles”, a réagi une autre victime, Jean-Claude Gandon, se disant soulagé par le verdict.L’ensemble de la famille de l’anesthésiste était venue de nouveau le soutenir. Ses filles, en larmes après l’annonce des premiers verdicts de culpabilité, ont quitté la salle. Leur père est lui resté impassible, le regard fixe, le visage fermé à l’annonce de la sentence.”C’est quelqu’un de très réservé, qui n’est pas très expansif sur ses émotions”, a dit M. Schwerdorffer.- “Je ne suis pas un empoisonneur” -Ce verdict survient après 15 semaines d’audience denses, parfois techniques et souvent poignantes. Les faits ont été commis entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon, sur des patients âgés de 4 à 89 ans.Lorsque la parole lui a été donnée une dernière fois lundi, au dernier jour du procès, il a à nouveau clamé son innocence, une position dont il n’a jamais varié. “Je ne suis pas un empoisonneur”, a-t-il affirmé.Selon l’accusation, le praticien a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l’adrénaline ou encore de l’héparine, pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients pris en charge par des confrères. Son objectif: “Atteindre psychologiquement” des soignants avec lesquels il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”, selon le parquet.Après avoir réfuté cette thèse pendant l’instruction, Frédéric Péchier a finalement admis, au cours du procès, qu’un empoisonneur avait bien sévi dans l’une des deux cliniques privées où il a travaillé. Mais il a constamment répété qu’il n’était pas cet empoisonneur.- En attente d’explications -Le procès a alterné témoignages déchirants de victimes et échanges tendus avec un accusé décrit tantôt comme un tueur en série dénué d’empathie, tantôt comme un “homme détruit”.Cassant et inflexible lors des interrogatoires, l’accusé a versé des larmes le 5 décembre, en évoquant sa tentative de suicide en 2021, mais il s’est montré impassible pendant la lourde charge menée à son encontre la semaine dernière par les deux représentantes de l’accusation.Si le verdict est un soulagement pour les victimes, des questions restent ouvertes. On s’est senti “ému et soulagé” que “papa soit reconnu victime”, a déclaré Olivier Py. Mais le procès en appel, “ça va être dur (…) on repart à zéro”.Frédéric Berna, avocat de nombreuses parties civiles, a regretté que Frédéric Péchier n’ait pas avoué. “On a pu avoir éventuellement l’espoir que l’humanité lui revienne et qu’il soit en mesure de livrer quelques explications”, a déclaré l’avocat devant la presse. “Je crois que sa seule porte de sortie digne aujourd’hui (…)  ce serait qu’il se résigne à nous dire: ‘voilà pourquoi je l’ai fait, voilà ce que j’ai fait, voilà ce qui s’est passé dans ma tête’.”Pour Archibald Celeyron, l’avocat du père de Tedy, la plus jeune victime âgée de 4 ans à l’époque, a dit lui aussi espérer obtenir “des explications” lors du procès en appel, afin de de savoir “pourquoi il a empoisonné ces personnes”.