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Aide à mourir : ses partisans saluent un “vote historique”, les opposants y voient une “transgression majeure”

L’approbation mardi par l’Assemblée du “droit à l’aide à mourir” a été saluée par ses partisans comme un “vote historique”, ses opposants, des soignants aux évêques, continuant de se dire “profondément inquiets des conséquences” de cette réforme sociétale. “L’heure est à la joie pour celles et ceux d’entre nous qui perçoivent l’espoir d’une fin de vie maîtrisée, épargnée des souffrances inapaisables et des agonies inutiles”, a salué Jonathan Denis, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) qui milite de longue date pour cette réforme. “Mais l’heure n’est pas au triomphalisme, tant le temps qui s’ouvre aujourd’hui, avant la promulgation de la loi, sera encore trop long pour celles et ceux qui souffrent”, a ajouté M. Denis cité dans un communiqué. Claire Thoury, membre du Conseil économique, sociale et environnemental (Cese) et présidente du Comité de Gouvernance de la Convention citoyenne qui a planché en amont sur la fin de vie, a salué “un moment historique sur le plan démocratique”.  Fers de lance du combat contre la proposition de loi sur le “droit à l’aide à mourir”, les soignants de la société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) ont déploré un “changement fondamental de la mission des soignants”.”Ce texte sur l’aide à mourir ne répond pas à des situations d’exception mais instaure une nouvelle norme du mourir”, a déclaré sa présidente, Claire Fourcade citée dans un communiqué. “Il s’inscrit dans un contexte actuel où l’offre de soin est terriblement déficiente, ce qui ne permet pas le libre choix”, a-t-elle ajouté. La Sfap a néanmoins salué l’adoption de la proposition de loi sur les soins palliatifs en jugeant qu’elle comporte des “innovations utiles”. Ces soignants jugent toutefois qu’elle ne répond pas aux défis posés par le manque de moyens ou de professionnels. Dans un communiqué distinct, la conférence des évêques de France (CEF) qui a l’instar des représentants des autres confessions, est opposée au texte sur le droit à mourir, a redit “sa vive inquiétude”.Les évêques français jugent que l’adoption définitif de ce texte législatif “mettrait profondément à mal le pacte social et le modèle de soins français”.Les ex-militants de la Famille pour tous devenus le syndicat de la Famille ont dénoncé “la suppression de l’interdit de tuer” perçue comme “une transgression majeure”. L’Assemblée nationale a voté en première lecture mardi en faveur du “droit à l’aide à mourir”, permettant à cette réforme en gestation depuis plusieurs années de franchir une étape décisive.Les députés avaient auparavant approuvé à l’unanimité, un texte sur les soins palliatifs.

Rugby: enquête ouverte après des accusations de propos lesbophobes au Stade français, un dirigeant suspendu

Une enquête a été ouverte contre le directeur sportif de la section féminine du Stade français, visé par une plainte pour harcèlement et propos lesbophobes, alors qu’il a également été suspendu par la FFR, a appris l’AFP mardi.Le parquet de Paris a confirmé “que cette plainte reprochant des faits de harcèlement moral et des propos homophobes par la direction du Stade Français a été reçue au parquet de Paris le 14 janvier, et confiée en enquête à la Brigade de Répression de la Délinquance aux Personnes (BRDP)”.Mediapart avait révélé il y a quelques semaines ces accusations, venant de Laura, 27 ans, directrice bénévole de l’équipe féminine de rugby.Après avoir subi ce qu’elle considérait comme “une énième humiliation” lors des vacances de la Toussaint à l’automne dernier, Laura, avait d’abord fait un signalement à la Fédération Française de Rugby (FFR) en décembre, démarche dont elle a informé le bureau exécutif du Stade français.Dans l’attente de la décision de la commission de discipline, saisie par le secrétaire général de la FFR, le directeur sportif de l’association du Stade français a été suspendu à titre conservatoire de ses fonctions sportives, a appris l’AFP de sources concordantes.- “Soulagée” -Une enquête interne au Stade Français a aussi été menée et début janvier le dirigeant a écopé d’un blâme. Il a été depuis suspendu de ses fonctions auprès de l’équipe féminine, mais a conservé le reste de ses prérogatives au sein de l’association. Selon Mediapart, les propos homophobes et sexistes ainsi que le harcèlement n’ont pas été “retenus” contre le directeur sportif.Laura, qui n’a pas souhaité donner son nom, a ensuite porté plainte mi-janvier contre les “propos dérangeants, homophobes et sexistes” dont elle accuse le dirigeant.”Je suis soulagée que le parquet fasse le nécessaire”, a-t-elle déclaré à l’AFP mardi soir. Jeudi 22 mai, les joueuses des Pink Rockets, l’équipe féminine du Stade français, ont appelé dans un communiqué à la démission du directeur sportif, dont les paroles “participent à un système de domination et d’exclusion”, et critiqué “l’inaction et les tentatives de dissimulation” du bureau de l’association, gérant la structure non-professionnelle du club.”J’espère que les choses vont aller dans le bon sens et que ses propos vont être punis, au moins ce ne sera plus du ressort de l’association”, a estimé Laura mardi soir. Le secrétaire de l’association du Stade français François Davoine estime auprès de l’AFP que l’organisation, “a fait le maximum qu’on pouvait faire. On n’est pas des enquêteurs professionnels, on est des bénévoles. On a fait notre enquête pour que la lumière soit faite, et on a rendu une sanction avec les éléments qu’on avait.”Il reconnaît cependant “des erreurs de communications” envers les joueuses sur les sanctions qui ont été rendues contre le dirigeant. Une réunion de deux heures s’est tenue lundi entre “une trentaine” de joueuses et des membres du bureau de l’association pour tenter de rapprocher les positions et faire  “table rase” des derniers épisodes, assure-t-il.Laura a d’abord été joueuse dans le club parisien durant une saison, en 2022-2023, puis a ensuite intégré l’encadrement au moment où le directeur sportif a pris ses fonctions au sein de l’association qui gère les catégories de jeunes et féminines du Stade français, en parallèle de la structure professionnelle masculine évoluant en Top 14.”Dans le dossier que j’apporte à la Fédération, il y a six témoignages (de joueuses), mais il faut savoir qu’il y a des filles qui n’ont pas osé témoigner, par peur que ça entache leur carrière rugbystique”, soulignait Laura, affirmant que le dirigeant menaçait les joueuses de “pourrir” leurs carrières si elles quittaient le club.Les témoignages font état d’insultes lesbophobes, dénigrant la sexualité des joueuses.Laura questionnait également le rôle de la structure professionnelle dirigée par l’ancien international Thomas Lombard, avec qui elle a eu rendez-vous, mais dont elle juge le soutien “inexistant”.bur-gd-obo-fby-fs/swi

Fumer demeure socialement acceptable pour une partie des jeunes, selon une enquête

Si la prévalence du tabagisme a nettement diminué en France depuis les années 1970, une partie de la population, en particulier des jeunes, y voit toujours un comportement socialement acceptable, selon une enquête, montrant la nécessité “d’adapter les efforts de dénormalisation du tabac”. A l’approche de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai, Santé publique France (SpF) publie mardi une étude consacrée aux “Perceptions du tabagisme parmi les 18-75 ans”, basée sur une enquête téléphonique réalisée en 2022, dont les réponses ont été comparées aux données de plusieurs baromètres de l’organisme, remontant jusqu’à 2005.Il en ressort qu’en 2022, les deux tiers des 3.229 personnes interrogées estimaient que “la société désapprouve le fait de fumer” et que plus d’un sur deux (52,6%) pensait qu’à l’heure actuelle “on est moins bien accepté quand on est fumeur”.Près de neuf fumeurs sur dix (86,3%) étaient d’accord avec l’affirmation: “les personnes qui comptent pour vous pensent que vous ne devriez pas fumer”.Cette évolution semble refléter “une réduction des normes sociales favorables au tabagisme” entre 2005 et 2022 en France hexagonale, qu’il sera nécessaire de confirmer” lors de futures enquêtes, écrivent les auteurs de l’étude. Toutefois “certains signes semblent indiquer un inversement de tendance” récent, notent-ils.Ainsi en 2022, “27,3% de personnes sont en accord avec l’affirmation +fumer permet d’être plus à l’aise dans un groupe+, contre 21,7% en 2017”. C’était 37,1% en 2005. Cette proportion a chuté de 2005 à 2010 puis s’est stabilisée de 2010 à 2017, avant de remonter de 2017 à 2022.Aussi, “les individus plus jeunes et avec un niveau de diplôme moins élevé sont plus enclins à percevoir le tabagisme comme un comportement socialement acceptable”: seuls 29% des 18-34 ans estiment qu'”on est moins bien accepté quand on est fumeur”, contre 53% des 35-54 ans et 70% des 55-75 ans, selon l’enquête.Et l’idée que “la société désapprouve le fait de fumer” est associée à un niveau de diplôme supérieur au bac et à un revenu individuel supérieur à 1.800 euros par mois, révèle aussi l’enquête.Ces variations de perceptions selon les caractéristiques sociodémographiques reflètent une persistance des inégalités sociales liées au tabagisme qui doit être prise en compte pour mieux cibler campagnes et interventions de prévention, conclut SpF.

Cryptomonnaies: vague d’interpellations et nouvelle tentative d’enlèvement déjouée

Grande avancée dans le cadre des enquêtes sur les enlèvements récents dans le milieu des cryptomonnaies: 24 personnes sont en garde à vue au total depuis le début de semaine et une nouvelle tentative de kidnapping, lundi près de Nantes, a été déjouée.Ces vingt-quatre personnes ont été interpellées lundi et mardi dans l’enquête menée par la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris portant sur la tentative d’enlèvement le 13 mai, dans le 11e arrondissement de Paris, visant la fille et le petit-fils du PDG de la société spécialisée Paymium.Le ministère public a précisé qu’il communiquerait à nouveau à l’issue des gardes à vue, “probablement vendredi”, et a critiqué comme souvent “les publications d’éléments du dossier” dans les médias qui “nuisent au bon déroulement et à la sérénité des investigations”.Ce 13 mai au matin, une vidéo virale avait fait le tour des réseaux sociaux.Tournée peu après 8h, on y voyait une femme et un enfant, qui se sont avérés être liés au dirigeant de la plateforme d’échange de cryptomonnaies, échapper à un enlèvement en pleine rue par quatre personnes masquées, notamment grâce à l’intervention du compagnon de la femme.Dans cette séquence spectaculaire, les victimes se sont défendues et ont réussi à mettre en fuite les ravisseurs.Entre lundi et mardi, “tout le commando a été interpellé”, a indiqué la source proche du dossier.Signe qu’une menace forte pèse sur ce secteur, les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB), avec l’appui notamment de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), ont réussi à déjouer in extremis lundi en Loire-Atlantique un projet d’enlèvement, selon une source proche du dossier, confirmant les informations de différents médias.Le 1er mai, déjà, le père d’un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies avait été enlevé par quatre hommes cagoulés, dans le 14e arrondissement de Paris.La victime, blessée par les ravisseurs et pour laquelle une rançon de plusieurs millions d’euros avait été réclamée, a été libérée 58 heures plus tard lors d’un assaut de la BRI dans un pavillon de l’Essonne où elle était séquestrée. – Enquête “d’anthologie” -Dans ce dossier, six suspects ont été mis en examen, selon une autre source. Au moins cinq d’entre eux, âgés de 18 à 26 ans, sont poursuivis pour extorsion en bande organisée, enlèvement et séquestration avec torture ou acte de barbarie commis en bande organisée.Une source proche avait déjà évoqué début mai auprès de l’AFP une enquête “hors norme” et d'”anthologie” avec une centaine de policiers mobilisés, issus de plusieurs services de police judiciaire.Ces interpellations et cet enlèvement déjoué sont les derniers épisodes en date d’une série de rapts ou de tentatives dans le secteur des cryptomonnaies, qui avait commencé fin janvier avec le kidnapping à leur domicile à Méreau (Cher) du confondateur de Ledger David Balland et de sa compagne.Séquestré à Châteauroux, David Balland avait été libéré le 22 janvier. Sa compagne a été retrouvée ligotée dans le coffre d’un véhicule dans l’Essonne le lendemain.L’alerte avait été donnée par Eric Larchevêque, autre cofondateur de Ledger, qui avait reçu une vidéo d’un doigt coupé de David Balland, accompagnée d’une importante demande de rançon en cryptomonnaie.”Réussir en France, que ce soit dans les crypto-actifs ou ailleurs, c’est se coller une cible dans le dos”, a récemment déploré M. Larchevêque, cofondateur de Ledger qui conçoit et commercialise des portefeuilles de cryptomonnaies. “Ces criminels n’ont plus aucune limite”, avait-il estimé sur X.Au moins neuf suspects ont été mis en examen dans cette affaire, dont le commanditaire présumé de cet enlèvement.Mi-mai, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a réuni les professionnels du secteur pour “prendre ensemble des mesures pour les protéger”.Sans en donner le détail, le ministère avait évoqué une “collaboration renforcée” entre forces de l’ordre et professionnels du secteur avec notamment “un accès prioritaire au numéro d’appel d’urgence 17” et une “consultation de sûreté de leurs domiciles par les référents sûreté de la police et de la gendarmerie nationales”.

Diffusion d’images pédopornographiques: pas de procès à Nanterre pour Bastien Vivès

Le tribunal correctionnel de Nanterre s’est déclaré mardi territorialement incompétent pour juger l’auteur de bande dessinée Bastien Vivès, accusé par plusieurs associations d’avoir réalisé des dessins à caractère pornographique de mineurs dans deux de ses albums.”Aucune pièce du dossier ne permet de dire” que les faits poursuivis “se sont tenus dans les Hauts-de-Seine”, a relevé la présidente Céline Ballerini. Le tribunal de Nanterre, qui était saisi d’une demande en ce sens de la défense, se déclare donc “incompétent” et “renvoie l’affaire au parquet”, a ajouté la magistrate.”C’est la fin provisoire d’un procès en sorcellerie”, s’est félicité devant la presse l’avocat du dessinateur, Me Richard Malka, se disant “extrêmement satisfait de cette décision”.Bastien Vivès, 41 ans, devait comparaître à Nanterre mardi et mercredi pour “fixation et transmission en vue de la diffusion d’images à caractère pédopornographique”, un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.Les éditions Les Requins Marteaux et Glénat, qui ont publié les deux albums incriminés, comparaissaient elles pour diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique. Lors de l’audience, Me Malka a longuement insisté sur “le vide abyssal” de ce dossier, dans lequel “aucune pièce” ne permettait “de caractériser l’infraction dans les Hauts-de-Seine”, qu’il s’agisse de Bastien Vivès ou de ses maisons d’édition.”Aujourd’hui, il n’y a plus aucune affaire Vivès”, a-t-il même soutenu.En janvier 2023, une enquête avait été ouverte à la suite d’une plainte de plusieurs associations de protection de l’enfance.Elle visait trois ouvrages de Bastien Vivès: “Les Melons de la colère” (paru en 2011), “La Décharge mentale” (2018) et “Petit Paul” (2018). Ce sont ces deux derniers albums qui devaient être au cœur des débats. “Petit Paul”, objet déjà de deux signalements en 2018 et 2020 classés sans suite par le parquet de Nanterre, met en scène un enfant au pénis démesuré ayant des relations sexuelles avec des femmes majeures.”La Décharge mentale” évoque un homme ayant des relations sexuelles avec de jeunes filles mineures. Dans sa plainte, l’association Fondation pour l’enfance dénonçait des “représentations de mineurs dans des situations sexuellement explicites, présentant indubitablement un caractère pornographique”, ce que la défense n’a cessé de démentir.- Pas “d’incitation” ou “d’apologie”-Resté silencieux avant l’audience, Bastien Vivès s’est finalement exprimé devant la presse à la sortie, réaffirmant n’avoir jamais, dans ses ouvrages, fait “d’incitation” ou “d’apologie” de la pédocriminalité, mais avoir rédigé des albums inscrits “dans la tradition de la BD humoristique”. “Je suis un artiste. Je suis là pour interroger des zones grises, donner à réfléchir, je ne suis pas militant”, a-t-il ajouté, très ému.Lors de l’audience, Me Cécile Astolfe, qui défend la Fondation pour l’enfance, avait insisté sur l’importance de la préservation de la liberté d’expression avec “un contrôle de proportionnalité”, estimant que les images peuvent constituer “des tremplins au passage à l’acte”. “L’art n’est pas au-dessus des lois”, avait-elle également rappelé. Trois autres associations, L’enfant bleu, Innocence en danger et Face à l’inceste, s’étaient également constituées partie civile dans l’affaire.  Une dizaine de témoins étaient attendus parmi lesquels, côté défense, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen (2017-2018) et le directeur de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Riss.  En 2018, après la parution de “Petit Paul”, les éditions Glénat avaient affirmé que cet album n’avait “jamais” eu “pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l’abus de mineur de quelque manière que ce soit”.Dans un entretien avec l’AFP, la directrice de la maison d’édition, Marion Glénat-Corveler, a assuré qu’elle défendrait la liberté d’expression à l’audience, “une des valeurs fondamentales de (son) métier d’éditeur”.Plusieurs autres œuvres du dessinateur, à l’instar des “Melons de la colère”, vague parodie des “Raisins de la colère” où plusieurs hommes violent une adolescente paysanne, avaient suscité l’indignation d’associations et de militants.Le Festival international de la BD d’Angoulême avait d’ailleurs déprogrammé une exposition consacrée à Bastien Vivès prévue lors de son édition 2023, en raison de “menaces physiques” proférées contre lui.En juin 2024, cinq personnes ont été condamnées à Paris à des peines de prison avec sursis pour menaces de mort ou violence sur l’auteur.

Taxis en grève: l’exécutif compte “taper fort” sur les VTC, négocie sur le transport de patients

Le gouvernement va intensifier les contrôles des VTC contre la maraude et le “racolage” illégaux, a indiqué le ministère des Transports mardi à la suite d’une réunion avec les représentants des taxis, mobilisés depuis plus d’une semaine. Une autre réunion est prévue mardi soir au ministère de la Santé concernant le deuxième sujet explosif pour les chauffeurs de taxi: une nouvelle tarification pour le transport des malades.”Le dialogue a été très direct”, a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot à l’AFP à l’issue de la première rencontre mardi matin. “On va rappeler les règles et taper fort au niveau des contrôles”, a-t-il indiqué. Pour empêcher les VTC de faire de la maraude autour des gares et des aéroports, des amendes forfaitaires, “plus dissuasives et immédiates”, seront étendues dans les trois prochains mois à l’ensemble du territoire, a indiqué le ministère après cette réunion qui rassemblait aussi des représentants des ministères de l’Économie, du Travail et de l’Intérieur.”C’est la première fois qu’on a un ministre qui est prêt à s’engager pour véritablement distinguer les deux activités, taxi et VTC”, a réagi le président de l’Union nationale des taxis (UNT) Rachid Boudjema à la sortie de la réunion. – Opérations escargot -Depuis huit jours, les taxis enchaînent les nuits boulevard Raspail et les opérations escargot, ponctuées de mises à feu de pétards et de fumigènes.A Pau (Pyrénées-Atlantiques), devenu un des centres de la mobilisation parce qu’elle a pour maire le Premier ministre François Bayrou, environ 200 taxis ont organisé une opération escargot mardi après-midi, selon la police. Le convoi se dirigeait vers le village de Bordères, fief familial du chef du gouvernement. Les chauffeurs devaient se concerter mardi après-midi pour décider de la suite de la mobilisation.”C’est facile de mettre des milliers de policiers à contrôler les pauvres petits chauffeurs” de VTC, a lancé Marc, 52 ans, taxi de Seine-et-Marne. “Il faut taper sur ces plateformes, attaquer le problème à la source (…) On va rester le temps qu’il faut et durcir et agir s’il faut. Il s’agit de l’avenir de notre métier, de nos enfants”. Le gouvernement compte également “travailler” sur une “durée minimale” de réservation préalable pour les VTC. La plateforme Uber l’a aussitôt accusé de “céder aux intérêts corporatistes des taxis”. “Instaurer une durée minimale de réservation préalable pour les VTC nuirait gravement à la liberté de se déplacer de millions de passagers” et “impacterait significativement les revenus des chauffeurs”, a déploré une porte-parole de l’entreprise américaine.Le gouvernement évalue aussi la possibilité d’un “agrément” pour autoriser les plateformes à exercer en France. Les représentants des VTC sont convoqués lundi 2 juin et les plateformes qui les font travailler (Uber, Bolt…) le 3 juin. “Il ne faudrait pas que les VTC soient les dommages collatéraux d’un conflit qui oppose gouvernement et taxis”, a prévenu Fabian Tosolini, délégué du syndicat de VTC Union-Indépendants. “On a déjà alerté le ministère pour dire qu’il y avait beaucoup trop de VTC. Ce déséquilibre, orchestré par les plateformes, a fait exploser les temps d’attente entre deux courses. Pour survivre, un certain nombre de VTC ont été tentés de se mettre sur des positions stratégiques, pas réglementaires”, comme près des aéroports, a expliqué Fabian Tosolini. Il dit aussi craindre des “contrôles abusifs” de la part des forces de l’ordre.- Sécurité sociale -Les taxis attendent désormais l’issue de la rencontre prévue dans la soirée au ministère de la Santé, sur la nouvelle convention de la Sécurité sociale fixant la rémunération du transports des malades, réforme qui a servi de déclencheur de leur mouvement de grogne.Ce texte prévoit une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilométrique, avec un système conçu pour dissuader les retours à vide ou les temps d’attente trop longs. Cette tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. L’objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire.Le Premier ministre a assuré mardi matin que la réforme de la rémunération du transport de malades s’appliquerait bien début octobre.”Mais on va définir ces économies avec eux (les taxis)”, a déclaré François Bayrou sur BFMTV/RMC, alors que la réforme vise 300 millions d’euros d’économies en trois ans. bur-tsz-pbo-agu/abb/spi

Emplois : près de 400 plans sociaux depuis septembre 2023, selon un nouveau décompte de la CGT

“Il y a urgence à agir” : 381 plans sociaux ont été recensés dans différents secteurs de l’économie tels que l’industrie ou le commerce, entre septembre 2023 et mai 2025, selon un nouveau décompte présenté mardi par la numéro un de la CGT, Sophie Binet.Au total, entre 157.903 et 244.655 emplois, directs ou indirects, sont supprimés ou menacés depuis 2023, selon la dernière enquête de terrain menée par la deuxième centrale syndicale, qui avait décompté fin novembre, près de 250 plans de licenciement en cours.”Le patronat et le gouvernement font clairement, systématiquement, le choix du chômage”, a déploré Sophie Binet lors d’une conférence de presse.”Derrière ces chiffres, c’est toujours la même histoire. C’est des territoires dévastés, des familles brisées et des pertes de savoir-faire clés pour notre pays”, a-t-elle rappelé.La métallurgie, l’automobile, les industries chimiques et le commerce sont des filières particulièrement touchées.”On a une désindustrialisation organisée par le patronat et les gouvernements successifs”, a affirmé Frédéric Sanchez, secrétaire général de la fédération CGT de la métallurgie.La CGT demande depuis plusieurs mois un “moratoire sur les licenciements”, “l’obligation de réelle de recherche de repreneurs” et “le conditionnement des aides publiques à un avis conforme du CSE de façon à ce que les salariés puissent bloquer les entreprises qui se gavent d’aides publiques tout en licenciant”, a rappelé Sophie Binet.”On demande à ce qu’une entreprise qui touche des aides publiques soit interdite de mettre en place des plans sociaux dans les années qui suivent l’attribution de ces fonds”, a ajouté Elodie Ferrier, secrétaire fédérale de la fédération commerce et services de la CGT.Emblème d’une industrie touchée de plein fouet: ArcelorMittal, qui a annoncé récemment la suppression de 600 postes en France. Interrogé par la leader de la CGT mi-mai sur TF1, le président de la République a écarté l’idée de “nationaliser ArcelorMittal”, comme le demandent des syndicats, des salariés et la gauche.

“Pas tous” pour la loi “Duplomb”: des paysans et militants manifestent à Paris

“Pas besoin des pesticides toxiques, pas besoin des mégabassines, pas besoin des fermes-usines”: plus de 300 militants, paysans, élus et victimes de cancer se sont rassemblés mardi à Paris contre la proposition de loi dite “Duplomb”, contraire selon eux aux attentes des agriculteurs et des citoyens.”Non, le monde agricole n’est pas uni pour soutenir cette proposition”, a déclaré Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français, qui défend une “réelle” transition agroécologique.Dénonçant une “trumpisation” de la vie politique, M. Galais, éleveur bovin en Bretagne, condamne “un passage en force des lobbies de l’agro-industrie, soutenus par la connivence FNSEA-gouvernement” avec une loi dont “les paysans et paysannes seront les premiers à souffrir”.Lundi, la FNSEA, syndicat leader qui a perdu pour la première fois en janvier sa majorité absolue lors des élections professionnelles, avait rassemblé une dizaine de tracteurs et quelque 200 agriculteurs devant l’Assemblée nationale pour soutenir le texte et demander des “moyens de production” (eau et pesticides).La proposition de loi visant à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur”, portée par le sénateur LR Laurent Duplomb, prévoit notamment de réintroduire de manière dérogatoire l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, de relever les seuils d’autorisation environnementale pour les élevages intensifs et de faciliter la construction d’infrastructures de stockage de l’eau. Avant même de l’examiner, les députés ont voté lundi une motion de rejet déposée par le rapporteur du texte, une manœuvre du bloc central afin de passer outre le “mur” d’amendements écologistes et insoumis.”Il n’y a eu aucune obstruction”, a défendu la secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier auprès de l’AFP, “il y avait 40 amendements par parlementaire écolo, ce qui est la moindre des choses quand (…) ils sont en train d’écrire dans la loi les raisons de nos futurs cancers”.Le texte a été renvoyé devant une commission mixte paritaire (7 sénateurs, 7 députés) qui se réunira à huis clos et dont les Ecologistes ne sont même pas sûrs de faire partie. Leur cheffe de file dénonce un “scandale” sanitaire, environnemental et démocratique.- “Problématique et rétrograde” -Le collectif Nourrir, qui rassemble des dizaines d’ONG (Greenpeace, WWF, Générations Futures…), a déploré de “grandes difficultés” pour obtenir l’autorisation préfectorale pour se réunir mardi à Paris sur l’esplanade des Invalides “alors même que la FNSEA hier (lundi, NDLR) était devant l’Assemblée”, s’est indignée Sandy Olivar Calvo de Greenpeace.Elle a appelé la vingtaine d’élus présents, surtout des écologistes et des insoumis – Jean-Luc Mélenchon en tête – mais aussi Pascal Lecamp, un élu MoDem qui a voté contre la motion de rejet, à un “non-compromis” sur “l’entièreté de cette loi problématique et rétrograde, symbole à combattre”.Les ONG avaient invité à s’exprimer des chercheurs, des agriculteurs mais aussi des personnes atteintes de cancer.La fédération des agriculteurs bio a mis en avant sa “productivité”, sans utiliser des pesticides, tandis que l’Union nationale de l’apiculture française a vanté les “services de pollinisation” rendus par les abeilles, premières menacées par la réintroduction des néonicotinoïdes, dont les effets néfastes sur l’environnement et la biodiversité sont démontrés par de nombreuses études.Les travaux scientifiques sont moins nombreux quant aux effets sur la santé humaine, mais soulignent l’existence de risques potentiels qu’il faudrait documenter.Des représentants d’associations de lutte contre le cancer ou encore de salariés agricoles exposés à la pollution au chlordécone, pesticide utilisé pendant vingt ans aux Antilles, ont pris la parole pour dénoncer “les lobbies de l’agrochimie”.Enfin, plusieurs collectifs et ONG sont venus dénoncer les mesures visant à faciliter l’obtention d’une autorisation environnementale et à simplifier l’enquête publique pour les élevages intensifs. Ils soulignent les “pollutions invisibles” d’élevages en bâtiment, qu’on “ne voit pas” (émissions d’ammoniac, pollution des cours d’eau environnants, algues vertes), ainsi que la “souffrance” des animaux élevés en cage pour les porcs ou sans voir la lumière du jour pour les volailles.Accompagnés par une poignée de députés, les représentants syndicaux et militants ont finalement apporté leurs pancartes “Nourrir pas détruire”, “Les pesticides tuent” et “Cancer colère” devant l’Assemblée pour une photo symbolique, à l’issue du rassemblement.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Il y a 20.000 ans, des outils en os de cétacés autour du golfe de Gascogne

Il y a 20.000 ans, les cétacés abondaient dans le golfe de Gascogne. Une ressource exploitée par les hommes du Paléolithique supérieur, qui utilisaient déjà leurs os pour fabriquer des outils, selon une étude publiée mardi.Pendant très longtemps, on a eu de ces chasseurs-cueilleurs l’image de “gens de l’intérieur des terres, tirant toute leur subsistance de la chasse aux rennes, aux chevaux ou aux bisons”, abondamment représentés sur les parois des grottes de Lascaux (Dordogne), Niaux (Ariège) ou Altamira (Espagne), raconte le préhistorien Jean-Marc Pétillon, co-auteur de cette étude publiée dans Nature Communications.Une “vision biaisée” par la rareté des traces archéologiques directes concernant le monde marin ou le littoral, explique à l’AFP ce chercheur CNRS au laboratoire TRACES à Toulouse. A l’époque, le climat du sud-ouest de l’Europe était beaucoup plus froid, et l’océan Atlantique 120 mètres en-dessous de son niveau actuel. Tous les sites côtiers de cette époque ont été détruits par la remontée des eaux ou sont encore immergés. Ce qui a conduit à “sous-évaluer” l’utilisation de ces ressources.”Heureusement pour nous, les gens de l’époque ont transporté un certain nombre de produits d’origine marine vers l’intérieur des terres”, note l’archéologue. Par exemple des coquillages, utilisés comme ornements. Ou des os, retrouvés dans le sud-ouest de la France et sur la façade atlantique espagnole et datés du Madgalénien moyen et supérieur, 19.000 à 14.000 ans avant notre ère.Des vestiges collectés pour certains il y a plus d’un siècle et parfois mal identifiés, que M. Pétillon et ses collègues ont datés au carbone 14 et analysés par spectrométrie de masse afin de déterminer les espèces dont ils étaient issus. Et livrer un aperçu de la vie d’alors autour du golfe de Gascogne.- Animaux familiers -Cachalots, rorquals communs, baleines bleues, marsouins, baleines franches ou boréales, y frayaient à la recherche de nourriture. Tout comme des baleines grises, principalement limitées aujourd’hui à l’océan Pacifique Nord et à l’Arctique.Pour les communautés humaines côtières, ces cétacés étaient probablement des animaux familiers, qui pouvaient être observés depuis des points élevés, soufflant au loin, et apparaître plus près du rivage de manière irrégulière.Il est cependant “extrêmement improbable” que nos ancêtres disposaient des technologies nécessaires à les chasser, estiment les chercheurs dans l’étude. Avançant comme hypothèse plus probable la récupération de cétacés morts ou moribonds lorsque ceux-ci s’échouaient sur les plages ou dérivaient près du rivage.A Santa Catalina, dans ce qui est actuellement le Pays basque espagnol, ont été retrouvés une soixantaine de fragments non travaillés, provenant de côtes ou de vertèbres. De gros os spongieux, transportés sur 4 à 5 km jusqu’au sommet d’une falaise escarpée, peut-être pour en extraire l’huile. “Ces os sont très riches en graisse et on sait qu’à l’époque la récupération des matières grasses sur le gibier est très poussée”, explique M. Pétillon. Les datations de l’étude font remonter la fabrication d’outils en os de cétacés autour de 20.000 ans avant notre ère. Soit les plus anciennes traces à ce jour de travail de ce type d’os.La plupart sont des éléments d’armes de chasse, comme des pointes de projectiles, l’os de baleine permettant de “faire des objets très grands, très allongés”, note le préhistorien. Entre 17.500 et 16.000 ans avant notre ère, “on a une sorte de boom”, une époque où ces objets sont produits en plus grand nombre et se diffusent largement à plusieurs centaines de kilomètres jusqu’en Dordogne et même en Allemagne. “Puis, ça s’arrête assez brutalement”, poursuit M. Pétillon. Sans que cet arrêt semble lié à un problème d’approvisionnement en matière première ou à un abandon de la technique du travail de l’os, qui se poursuit avec d’autres matériaux.”Ça pourrait être un choix, sans qu’il y ait vraiment de contrainte. Comme une mode qui dure un millénaire ou deux et qui, à un moment, cesse”, avance M. Pétillon.