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Eboulement en Suisse: du mieux mais la prudence reste de mise

Le lac artificiel qui s’est formé contre un barrage de millions de tonnes de gravats de roche et de glace qui ont dévalé la montagne et détruit un petit village, commence à s’écouler et fait baisser le risque d’une inondation en aval de la vallée du Lötschental, l’une des plus belles du sud de la Suisse.”L’évolution est positive mais nous restons prudents”, a résumé Stéphane Ganzer, le chef du département de la sécurité du canton du Valais, lors d’un point de presse, en présence de la présidente de la Confédération helvétique, Karin Keller-Sutter. “Le risque demeure, même s’il diminue”, a ajouté le responsable, insistant sur le fait que “aucune évacuation n’est prévue” dans les villages en aval.Jeudi matin, les autorités envisageaient encore une catastrophe, à savoir une rupture brutale du barrage naturel de gravats. Les eaux du lac artificiel, qui continuent de grossir, auraient alors inondé la vallée.Mais au fur et à mesure des vols de reconnaissance et des observations, les autorités ont constaté que l’eau du lac artificiel, qui a recouvert ce qui restait debout des maisons du village de Blatten, commençait à se trouver un chemin par-dessus le bouchon de gravats qui bloque la rivière Lonza sur plus de deux kilomètres.Cet écoulement “nous rend optimiste et nous fait penser que l’eau trouve un bon chemin jusque dans la partie encore dégagée de la Lonza”, a expliqué Christian Studer, du Service cantonal des dangers naturels. Pour autant, les travaux de pompage de l’eau du lac ou de déblaiement n’ont toujours pas pu commencer, le terrain restant beaucoup trop instable en particulier sur les flancs de la montagne. La vallée du Lötschental s’étend sur un peu moins de 30 kilomètres et compte quelque 1.500 habitants. C’est un endroit réputé pour la beauté de ses paysages dominés par les cimes enneigées, ses petits villages traditionnels et ses chemins de randonnées spectaculaires. Mais son visage est changé pour toujours.- Un seul disparu -Les autorités restent en alerte et les communes situées en aval de l’éboulement, y compris dans la vallée du Rhône, se préparent à une éventuelle évacuation. Des digues ont aussi été installées.Pour l’heure, cet événement exceptionnel n’a fait qu’un disparu, un homme de 64 ans de la région. Les recherches interrompues en raison des risques que cela aurait fait courir aux sauveteurs devraient pouvoir reprendre incessament, ont indiqué les autorités.Les 300 habitants de Blatten ont été évacués dès le 19 mai.”Cela montre l’importance des alertes et des interventions précoces”, s’est félicitée Clare Nullis, porte-parole de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lors d’un point presse à Genève.”Le paysage ne sera plus jamais le même. Le village ne sera plus jamais le même, mais c’est un exemple de la façon dont nous pouvons utiliser les prévisions et les alertes pour sauver des vies”, a-t-elle souligné, tout en rappelant que de nombreux pays moins riches que la Suisse n’avaient pas les moyens de le faire.L’OMM a lancé un vaste programme pour s’assurer que partout dans le monde, la population pourra bénéficier de moyens d’alerte précoce pour échapper aux catastrophes météos.- Pourquoi ? -La quantité de roche et de gravats qui a dévalé la montagne mercredi vers 15H30 (13H30 GMT) est tellement importante que les sismographes du pays l’ont enregistré. A la place du glacier du Birch, entraîné par la chute des roches qui le surplombaient, on voit un trou béant sur le flanc de la montagne.Les experts interrogés par l’AFP pensent que le dégel du pergélisol dans les fissures de la roche a probablement joué un rôle dans la déstabilisation de la montagne du petit Nesthorn qui dominait le glacier.Au cours des deux semaines précédant l’effondrement final, une série d’éboulements ont déversé trois millions de mètres cubes de roche sur la surface du glacier, qui se trouve sur une pente raide et qu’il a dévalé mercredi avec l’éboulement principal.Matthias Huss, directeur de l’Observatoire suisse des glaciers (GLAMOS), espère que cela attire l’attention sur le sort des glaciers et de l’impact du changement climatique, même s’il faudra de longues études pour déterminer s’il y a un lien direct avec cet événement exceptionnel. “Il faut souvent qu’une catastrophe majeure se produise avant que les gens réalisent qu’il se passe quelque chose”, explique t-il à l’AFP.”C’est très tangible. La destruction d’un village entier est facilement compréhensible pour tous. Des gens y vivent depuis des centaines d’années et tout a été effacé en quelques secondes”.

En Asie, Macron appelle à de “nouvelles coalitions” face aux superpuissances

Emmanuel Macron a appelé vendredi à “bâtir de nouvelles alliances” basées sur le droit et à refuser le “deux poids deux mesures”, face au règne de la force et des superpuissances, lors du principal forum asiatique de défense et de sécurité à Singapour.”Nous sommes confrontés au défi de pays révisionnistes qui veulent imposer, au nom de sphères d’influence, des sphères de coercition”, a déclaré le président français au Shangri-La Dialogue.Un discours très offensif à l’égard de la Chine, clairement pointée du doigt pour ses revendications territoriales et sur Taïwan, comme pour son rôle dans la sécurité régionale, alors que, pour la première fois depuis 2019, elle n’envoie pas de responsable de haut niveau à ce forum.Mais aussi, plus implicitement, à l’égard des Etats-Unis, alors que le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, l’écoutait dans le salon de l’hôtel singapourien qui accueille la réunion avant de s’y exprimer samedi matin.Dans ce contexte, “bâtissons une nouvelle alliance positive entre l’Europe et l’Asie, fondée sur nos normes communes, sur nos principes communs”, de “nouvelles coalitions” pour le “libre-échange” et un “ordre fondé sur le droit”, de façon à ne pas être “les victimes collatérales” des “décisions prises par les superpuissances”, a lancé le chef d’Etat français.- “Devoir moral” -Premier dirigeant européen invité à tenir le discours d’ouverture du Shangri-La Dialogue, dont la 22e édition se tient jusqu’à dimanche, Emmanuel Macron a tenté d’asseoir la crédibilité de son appel en assurant, d’emblée, que la France et l’Europe ne pratiquent pas le “deux poids deux mesures”. Une manière de balayer le reproche qui est souvent fait aux Occidentaux, accusés de s’engager massivement en faveur de l’Ukraine face à la Russie et moins dans d’autres conflits, à commencer par celui de Gaza.”Si nous considérons que la Russie peut être autorisée à s’emparer d’une partie du territoire de l’Ukraine sans restriction, sans contrainte, sans réaction de l’ordre mondial, que dira-t-on au sujet de ce qui pourrait se passer à Taïwan”, a-t-il lancé dans un avertissement particulièrement ferme à Pékin, qui semble traduire la crainte de voire la Chine affirmer de manière plus offensive sa volonté d’annexer l’île qu’elle considère comme partie de son territoire.A ce sujet, il a aussi rappelé les autorités chinoises à ce qu’il considère être leur rôle dans la sécurité internationale.”Si la Chine ne veut pas que l’Otan soit impliquée en Asie du Sud-Est ou en Asie, elle doit empêcher clairement la Corée du Nord d’être impliquée sur le sol européen”, où elle a déployé des soldats contre l’Ukraine aux côtés de la Russie, a-t-il affirmé.Plus tôt vendredi à Singapour, Emmanuel Macron avait estimé que la décision ou non de sanctionner la Russie si elle refuse un cessez-le-feu en Ukraine était un “test de crédibilité” pour les Etats-Unis de Donald Trump.Mais le président français a également estimé vendredi soir que si les Occidentaux “abandonnent Gaza” et “laissent faire Israël”, ils risquent de “perdre toute crédibilité à l’égard du reste du monde”. “C’est pourquoi nous rejetons le deux poids deux mesures”, a-t-il martelé au Shangri-La Dialogue, point d’orgue d’une tournée en Asie du Sud-Est qui l’a conduit au Vietnam et en Indonésie pour proposer une troisième voie entre Washington et Pékin.Le matin, il avait estimé que les Européens devaient “durcir” leur position contre Israël, et “appliquer des sanctions”, faute de “réponse” humanitaire.Il a également jugé que la reconnaissance d’un Etat palestinien n’était “pas simplement un devoir moral, mais une exigence politique”, tout en énumérant plusieurs conditions pour franchir le pas, avant une conférence à l’ONU sur le sujet à laquelle il participera le 18 juin.En réponse, le ministère israélien des Affaires étrangères l’a accusé vendredi d’être en “croisade contre l’Etat juif”, après qu’il a demandé à la communauté internationale à durcir sa position à l’égard d’Israël si la situation humanitaire à Gaza ne s’améliorait pas.

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Ecologie: la France dit avoir trouvé des “points de convergence” avec la Chine

Des “points de convergence” ont été trouvés entre la France et la Chine en matière d’environnement, a affirmé vendredi la ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, à l’issue d’une visite dans le pays asiatique.Sa venue à Pékin intervient notamment avant la conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC) organisée prochainement à Nice dans le sud de la France (9-13 juin) et la conférence sur les changements climatiques (COP30) au Brésil (10-21 novembre).Après le vide laissé par les Etats-Unis, qui ont annoncé leur retrait de l’accord de Paris sur le climat, la France milite pour un front commun entre l’Union européenne (UE) et la Chine sur ces questions.”Des points de convergence se sont fait clairement sentir”, a indiqué à l’AFP Mme Pannier-Runacher après plusieurs entretiens, notamment avec le ministre chinois de l’Ecologie et de l’Environnement, Huang Runqiu, ainsi que celui des Ressources naturelles, Guan Zhi’ou.Parmi ces consensus, elle a notamment évoqué “l’attachement à l’accord de Paris” et au “multilatéralisme”.”J’appelle de mes voeux une déclaration commune, comme celles qu’ont pu prendre, avant certaines COP par exemple, les Etats-Unis et la Chine, ou l’Union européenne et la Chine avant la COP 21 (à Paris en 2015, ndlr) et qui ont permis de donner une dynamique favorable à la négociation”, a-t-elle déclaré.”Au moment où la science est remise en doute par certains, où on conteste l’impact du dérèglement climatique sur nos vies (…) il est important que l’Union européenne et la Chine prennent leurs responsabilités”, a-t-elle plaidé.De son côté, le ministre chinois de l’Environnement a affirmé à Mme Pannier-Runacher que son pays “maintiendrait les objectifs fixés par l’accord de Paris et travaillerait avec toutes les parties pour promouvoir des résultats positifs” à la COP30, selon un communiqué diffusé par son ministère. – “Rapidité” chinoise -Principal émetteur mondial de gaz à effet de serre, la Chine est toutefois en pointe sur le déploiement des énergies renouvelables, les véhicules électriques et la décarbonation de son économie.Elle se fixe pour objectif d’arriver d’ici 2030 à un pic de ses émissions. Signe encourageant: celles-ci ont baissé au premier trimestre 2025, selon une étude indépendante publiée en mai.”Sa dynamique témoigne d’une rapidité et d’une capacité à tenir ses objectifs”, a salué Agnès Pannier-Runacher, qui a appelé à “apprendre” de cette “rapidité”, sur le déploiement des renouvelables ou de filières industrielles vertes.”On peut aussi apprendre de ses technologies. La Chine est aujourd’hui le premier pays en termes de dépôt de brevets et donc nous avons un intérêt à aussi travailler sur les technologies et à inciter la Chine à investir en France et en Europe pour y créer des emplois”, a-t-elle plaidé.

Etienne-Emile Baulieu: le père de la pilule abortive

De la pilule abortive à la lutte contre le vieillissement, Etienne-Emile Baulieu, mort vendredi à l’âge de 98 ans, a placé les questions de société au coeur de ses recherches qui lui ont valu une reconnaissance mondiale.”J’ai toujours essayé de combiner la science et le progrès, les applications utiles au bien-être de l’Homme”, déclarait celui qui se disait “libre chercheur”.Le bureau de l’unité Inserm au CHU du Kremlin-Bicêtre, qu’il a continué d’occuper même nonagénaire, témoignait du caractère foisonnant de ce scientifique ouvert sur le monde, bardé de prix et professeur au Collège de France. Dans ce cabinet de curiosités s’entassaient masques africains, ouvrages de Pasteur, croquis du cerveau humain, sculpture offerte par son amie Niki de Saint-Phalle…”Si je ne travaillais plus, je m’ennuierais je crois”, confiait-il à l’AFP en mars 2023, alors âgé de 96 ans.Proche d’Andy Warhol, ce passionné de littérature se disait “fasciné par les artistes, qui prétendent accéder à l’âme humaine, ce qui restera à jamais hors de portée des scientifiques”.Fils d’un néphrologue qui meurt alors qu’il n’a que 3 ans, Etienne-Emile Baulieu est né le 12 décembre 1926 à Strasbourg, sous le patronyme d’Etienne Blum. Entouré de deux soeurs, il est élevé par sa mère, ancienne avocate et féministe convaincue.Réfugié à Grenoble pendant la Seconde Guerre mondiale, il prend le nom d’Emile Baulieu, puis d’Etienne-Emile Baulieu, et s’engage dans la Résistance au sein des Francs-tireurs et partisans, à l’âge de 15 ans.Au sortir de la guerre, il entame un double cursus universitaire en sciences et en médecine et se spécialise dans l’étude des hormones stéroïdes.- “Anti-hormone” -Invité à travailler aux Etats-Unis, il est remarqué par Gregory Pincus, le père de la pilule contraceptive, qui le convainc de travailler sur les hormones sexuelles.Fin politique, ce scientifique lui apprend aussi l’importance des réseaux et du “faire-savoir” pour faire avancer ses recherches et ses combats. Etienne-Emile Baulieu deviendra un expert en la matière, n’hésitant pas à médiatiser ses découvertes et à user de son entregent pour obtenir des fonds, suscitant quelques jalousies dans le milieu feutré des labos.De retour en France, le médecin découvre une “anti-hormone” qui s’oppose à l’action de la progestérone, essentielle à l’implantation de l’oeuf dans l’utérus.La molécule RU-486, mise au point en 1982 par le laboratoire Roussel-Uclaf avec lequel il s’est associé, est une alternative médicamenteuse à l’avortement chirurgical, sûre et peu onéreuse.La bataille pour sa commercialisation ne fait que commencer. Traîné devant les tribunaux, diabolisé par les puissantes ligues américaines anti-avortement qui l’accusent d’avoir inventé une “pilule de la mort”, ce père de trois enfants tient bon et fait plier Roussel-Uclaf qui avait renoncé à la distribuer.”L’adversité glisse sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard”, confiait à l’AFP la productrice Simone Harari Baulieu, qu’il a épousée en 2016.En 1988, le ministre de la Santé Claude Evin ordonne au laboratoire de commercialiser la pilule, arguant qu’elle est la “propriété morale des femmes”.- DHEA et Alzheimer -L’année suivante, Etienne-Emile Baulieu reçoit le prix Lasker, considéré comme l’antichambre du Nobel. Dans les années qui suivent, il tente inlassablement de convaincre d’autres gouvernements d’autoriser la distribution de la RU-486.Quand le droit d’avorter a été remis en cause en 2023 aux Etats-Unis, il a dénoncé “un retour en arrière” trahissant “fanatisme et ignorance”.Il avait parallèlement repris ses travaux sur la DHEA, une hormone naturelle, dont il pensait qu’elle peut retarder le vieillissement. Il en avait décrit la sécrétion par les glandes surrénales en 1963. Fortement médiatisés, ses recherches ont montré des effets limités (raffermissement de la peau, baisse des dépressions, amélioration de la libido).Malgré ces résultats décevants, le Professeur Baulieu, qui confiait en utiliser lui-même, a fait du grand âge son nouveau cheval de bataille. Toujours actif bien après que l’heure de la retraite a sonné, il a créé en 2008 l’Institut Baulieu destiné à financer des recherches en vue de retarder le moment de la dépendance.En 2010, à 83 ans, il publiait encore des travaux réalisés avec son équipe sur une protéine pouvant jouer un rôle dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. “Il n’y a pas de raison qu’on ne trouve pas de traitements”, déclarait à l’AFP ce grand optimiste.

Un populaire imam marseillais condamné pour “apologie du terrorisme”

Un imam marseillais très populaire dans les quartiers nord, cité dans le récent rapport sur les Frères musulmans, a été condamné vendredi à six mois de prison avec sursis pour “apologie du terrorisme” pour avoir retweeté un post sur X en lien avec l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël.Le tribunal correctionnel de Marseille a également condamné l’imam Ismail, Smaïn Bendjilali de son vrai nom, à 2.000 euros d’amende, cinq ans d’interdiction des droits civiques et l’inscription au Fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait).Les juges ont ainsi suivi les réquisitions du parquet, à l’exception d’une demande de bannissement du réseau X pour six mois et d’une interdiction définitive d’exercer en tant que salarié au sein de la mosquée des Bleuets.Il a été reconnu coupable pour avoir republié en juillet 2024 sur son compte, suivi par plus de 11.000 personnes, une vidéo accompagnée d’un commentaire qualifiant de “légitime défense” l’attaque sanglante du mouvement palestinien Hamas qui a fait plus de 1.200 morts côté israélien le 7 octobre 2023.Il a été relaxé pour une seconde publication, repostant une vidéo accusant des soldats israéliens de torture sur un Palestinien, y ajoutant ce commentaire: “Daech à côté, ce sont des enfants de chœur”.En retrait de la mosquée des Bleuets depuis neuf mois, l’imam Ismail y a repris son prêche quelques heures après le jugement.- Son “ami”, le rabbin -Sur place, les fidèles, pas plus nombreux que d’habitude, se disent “soulagés”. Parmi eux, le rabbin Haïm Bendao, venu apporter “le pain du shabbat”, tombe dans les bras de son “ami”.Les deux hommes s’embrassent en riant. “C’est un gars extraordinaire”, dit le rabbin, qui travaille dans les quartiers nord depuis 1997 et connaît l’imam depuis une quinzaine d’années.”C’est un monsieur qui a condamné l’attaque du 7 octobre dès le 13 octobre, en public, lors de son prêche du vendredi. Il n’y a pas beaucoup de monde qui l’a fait”, rappelle celui qui dit assister “souvent à la prière du vendredi aux Bleuets, mais aller aussi à l’église”.”Même si on considère ce qu’il a fait comme une erreur, le travail qu’on fait ensemble ne peut être effacé par ça”, estime le rabbin Bendao, qui assure avec force que son “ami n’est pas du tout antisémite” et qu'”on n’a jamais vu un acte ou une parole antisémite venant des gens de cette mosquée”.”C’est une relation qu’on partage depuis des années. C’est la réalité du terrain, on travaille ensemble pour que les communautés vivent ensemble”, confirme l’imam, qui répète n’avoir “jamais adhéré” au contenu du tweet incriminé, affirmant avoir “déjà retweeté Zemmour ou Le Pen”. Anissa Aittahar, 68 ans, infirmière à la retraite, dit avoir “été très très très affectée par cette histoire qui (l)’a rendue malade”, confiant craindre qu'”un jour, nous les musulmans, on ne pourra plus s’exprimer”.L’imam Ismail avait déjà été au centre d’un bras de fer administratif à la fin de l’été dernier, le préfet de police des Bouches-du-Rhône ayant menacé de fermer la mosquée des Bleuets, déjà en raison de ses publications en ligne.La procédure avait finalement été suspendue, suite au retrait “temporaire” de l’imam, le temps de passer un diplôme universitaire sur la laïcité, et à la suppression de ses tweets.L’imam Ismail et la mosquée des Bleuets sont par ailleurs cités comme “très influentes dans le quartier” dans le récent rapport sur les Frères musulmans et l’islamisme politique commandé par le gouvernement. L’imam, de nationalité française, y est décrit “de sensibilité plutôt salafiste mais usant des codes du frérisme”.”Ils nous mettent des cibles dans le dos”, avait déclaré vendredi matin l’imam en commentant ce rapport, estimant qu’il “jette la suspicion sur les musulmans”.”Mon retour va faire parler mais je n’ai pas voulu revenir par la petite porte, explique-t-il. Si c’est vu comme une provocation, ce n’est pas mon intention. J’ai été poursuivi par le préfet, le juge a émis un jugement, on réfléchit à l’appel, mais le jugement ne m’interdit pas d’être là aujourd’hui”.

Un nouveau Banksy sous forme de phare fait son apparition à Marseille

Après plusieurs mois de silence, Banksy fait reparler de lui: un pochoir de l’énigmatique et très secret street-artiste sous forme de phare a été découvert vendredi dans une rue discrète de Marseille, tout proche de la mer.Cette représentation d’un phare sombre duquel apparaît une lumière blanche semble jouer avec l’ombre d’un poteau, a constaté un journaliste de l’AFP. Une phrase mystérieuse recouvre l’oeuvre d’art: “I want to be what you saw in me” (“Je veux être ce que tu as vu en moi”).L’artiste lui-même, dont l’identité reste toujours mystérieuse, a révélé une photo de son oeuvre, sans faire de commentaire, sur son profil Instagram.S’il est aussi l’auteur de tableaux et sculptures, Banksy est principalement connu pour ses pochoirs percutants qu’il sème dans les rues du monde entier, provoquant souvent l’hystérie du public.”C’est fascinant que Banksy ait choisi une ville comme Marseille qui a beaucoup d’arts, d’étrangers, de vie”, a estimé Esteban Roldan, artisan-menuisier de 42 ans vivant à Marseille qui s’est déplacé pour venir voir l’oeuvre située dans une petite rue proche de la plage des Catalans, non-loin du centre ville.”C’est très surprenant et c’est passionnant. C’était agréable de faire une petite recherche pour découvrir le lieu où il l’a faite. Je suis heureuse de l’avoir trouvée”, a expliqué Susan McAllister, enseignante de 60 ans en ingénierie.”Cela pourrait avoir plusieurs significations: l’interprétation dépend de ce en quoi vous croyez, comment vous voyez les choses, mais cela pourrait être lié à l’image de Marseille”, a ajouté cette Britannique qui réside à Marseille, en évoquant l’image du phare, possible référence à cette ville portuaire du sud de la France.Les oeuvres de Banksy ont rapporté plusieurs dizaine de millions de dollars, faisant de lui l’un des artistes vivants les plus connus au monde.Elles portent souvent des messages puissants et provocateurs, sur des thèmes tels que la guerre, le capitalisme, le contrôle social ou encore les droits de l’homme.

S&P se prononce de nouveau sur la note de la France, avant un été budgétaire ardu

L’agence de notation américaine S&P réévalue vendredi la note souveraine de la France, la situation des finances publiques n’ayant guère changé depuis sa dernière revue en février, lorsqu’elle avait décidé d’abaisser sa perspective.Le 28 février, S&P avait en effet assorti sa note AA- (“bonne qualité” de crédit, NDLR) d’une perspective négative. Cela signifie qu’une dégradation est possible sans amélioration notable, l’agence évoquant des finances publiques “sous pression” et “une stratégie budgétaire au-delà de 2025 incertaine”.Or aucun big bang budgétaire n’est survenu depuis. Le Premier ministre François Bayrou doit déjà trouver 40 milliards d’euros l’an prochain entre l’Etat, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Il va demander “un effort à tous les Français”, en n’excluant pas une hausse générale de la TVA pour financer des dépenses sociales – la “TVA sociale”.Mais il a admis aussi, mercredi devant le Sénat, “qu’aucune des mesures” qui composeront le plan général de retour à l’équilibre des finances publiques que proposera le gouvernement “avant le 14 juillet”, n’était encore arrêtée.Une méthode de concertation avec les partenaires sociaux et surtout les partis politiques assumée, pour éviter une nouvelle censure parlementaire, mais qui laisse planer l’incertitude sur la force des mesures qui peuvent être prises d’ici fin septembre lors de la présentation des budgets.- “Hors de contrôle” -Lundi, la Cour des comptes avait averti par ailleurs d’un risque de “crise de liquidité” de la Sécurité sociale l’an prochain en raison du dérapage “hors de contrôle” de ses dépenses.Par deux fois devant le Parlement mercredi, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a surpris en affichant fermement l’objectif d’un retour à l’équilibre de la Sécurité sociale en 2029. Un objectif ambitieux, puisque selon les propres prévisions du gouvernement dans le budget de la Sécurité sociale 2025, son déficit s’élèvera encore à 24,1 milliards en 2028, dernière année de prévision disponible.Selon les projections économiques révisées de la Commission européenne, publiées le 19 mai, la France enregistrera le pire déficit public de la zone euro en 2025 et 2026, à respectivement 5,6% et 5,7% du PIB, alors que le gouvernement table encore sur 5,4% en 2025 et 4,6% en 2026, pour revenir sous 3% en 2029.Ces projections de la Commission, souligne Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, “montrent l’extrême insuffisance des mesures déjà votées pour assainir les finances publiques”, tandis que la charge des intérêts annuels de la dette, qui est à 113% du PIB, est selon lui “presque hors de contrôle” et représente désormais 5,6% des recettes fiscales en 2025, contre 2% aux Pays Bas ou 2,7% en Allemagne – deux pays notés AAA, la note maximum.- “Laisser du temps” -S&P voudra-t-elle croire aux promesses gouvernementales, même encore floues ou à long terme? Ou appuiera-t-elle sur le bouton de la dégradation? Cela ferait basculer la France dans la catégorie des A (qualité moyenne supérieure, NDLR): “C’est embêtant car beaucoup de fonds et d’investisseurs institutionnels ont des règles strictes et privilégient le double A, et cela pourrait provoquer une augmentation des taux” de financement de la France, selon Eric Dor.Il estime plutôt que S&P va choisir de “laisser du temps” à la France, en attendant l’issue du conclave sur les retraites et la présentation du budget.C’est aussi l’impression de Charlotte de Montpellier, économiste d’ING: “Je ne pense pas qu’ils vont dégrader. Ils vont attendre de voir ce qui arrivera avec les discussions budgétaires pour 2026, avec cette volonté de faire des économies”.”A priori, si dégradation il devait y avoir, ce serait plutôt lors de la prochaine notation le 28 novembre”, abonde auprès de l’AFP Julien Lecumberry, économiste au Crédit Mutuel Arkéa, soit après la présentation du budget 2026.Parmi les autres agences de notation, Fitch, qui classe également la France AA- avec perspective négative, avait confirmé sa notation lors de sa dernière revue mi-mars.Moody’s, qui avait dégradé d’un cran le pays en décembre, la classe Aa3, l’équivalent de AA-, mais avec perspective stable, et n’a pas actualisé cette note lors de sa revue en avril.

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Eboulement en Suisse: le pire écarté mais les autorités ne baissent pas la garde

“Il ne faut surtout pas baisser la garde”, exhortent les autorités suisses vendredi, même si pour l’heure le scénario du pire est écarté pour la vallée du Lötschental menacée par un lac artificiel, formé après qu’un gigantesque éboulement a détruit tout un village en quelques instants.Revoir la vigilance à la baisse “serait la pire des choses alors que l’on n’est pas certain que le danger soit écarté”, a déclaré vendredi matin à la télévision publique Raphaël Mayoraz, le géologue du canton du Valais où s’est produit l’effondrement mercredi.Jeudi matin, les autorités envisageaient encore une catastrophe, à savoir une rupture brutale du barrage naturel de gravats. Les eaux du lac artificiel, qui continuent de grossir, auraient alors inondé la vallée. Mais au fil de la journée ce scénario est devenu moins probable en raison de la configuration et de la composition du barrage de roche et de glace. Les autorités ont donc renoncé à évacuer les habitants de la vallée qui vivent en aval, à l’exception de 16 d’entre eux.”La situation actuelle est dans un scénario assez favorable. En clair, l’eau commence à faire son chemin sur le dépôt (les gravats de roche et de glace Ndlr) long de 2,5 km. Au fur et à mesure des heures qui avancent, on peut réduire le risque d’un scénario catastrophique. On sait toutefois que l’on doit garder en tête un tel risque”, souligne M. Mayoraz.- Scénario d’évacuation -Les autorités restent en alerte et les communes situées en aval de l’éboulement, y compris dans la vallée du Rhône, se préparent à une éventuelle évacuation. Des digues ont aussi été installées.”Ce scénario d’une possible évacuation va durer des semaines”, indique Raphaël Mayoraz. “Il perdurera tant que la (rivière) Lonza ne sera pas parvenue à créer un chenal relativement stable à travers tout ce dépôt. Le risque de voir des poches d’eau se créer reste également d’actualité”.Pour l’heure, cet événement exceptionnel n’a fait qu’un disparu, un homme de 64 ans de la région, les 300 habitants de Blatten ayant été évacués dès le 19 mai.  “Cela montre l’importance des alertes et des interventions précoces”, s’est félicitée Clare Nullis, porte-parole de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lors d’un point presse à Genève.”Le paysage ne sera plus jamais le même. Le village ne sera plus jamais le même, mais c’est un exemple de la façon dont nous pouvons utiliser les prévisions et les alertes pour sauver des vies”, a-t-elle souligné, tout en rappelant que de nombreux pays moins riches que la Suisse n’avaient pas les moyens de le faire. L’OMM a lancé un vaste programme pour s’assurer que partout dans le monde, la population pourra bénéficier de moyens d’alerte précoce pour échapper aux catastrophes naturelles.  La vallée du Lötschental s’étend sur un peu moins de 30 kilomètres et compte au total quelque 1.500 habitants. C’est un endroit réputé pour ses paysages très pittoresques, ses petits villages traditionnels et ses chemins de randonnées spectaculaires. Mais le paysage est changé pour toujours.La quantité de roche et de gravats qui a dévalé la montagne mercredi vers 15H30 (13H30 GMT) est tellement importante que les sismographes du pays l’ont enregistré. A la place du glacier du Birch, entraîné par la chute des roches qui le surplombaient, on voit un trou béant sur le flanc de la montagne.

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En Roumanie, les fortes pluies inondent une mine de sel

Les fortes pluies du mois de mai ont partiellement inondé une mine de sel en Roumanie, mise à l’arrêt alors que les autorités cherchent des solutions pour tenter de la sauver.”La priorité, c’est de stopper les infiltrations pour pouvoir inspecter les lieux et préparer l’intervention”, a déclaré à l’AFP vendredi Petres Sandor, le préfet de la région de Hargita, en Transylvanie. Pour l’instant, cette exploitation n’est pas menacée par un effondrement, a-t-il ajouté. Fermée depuis le 5 mai, la mine située dans la ville de Praïd, à 70 km au nord de Sighisoara, est en service depuis l’Antiquité. Une pluviométrie élevée a gonflé un cours d’eau voisin, aggravant les infiltrations ces derniers jours. Selon les données officielles, son débit a atteint un niveau jamais atteint ces trente dernières années, plus de 100 fois supérieur à la moyenne habituelle.D’après un communiqué de la compagnie nationale du sel, qui gère le site, les stocks ont été compromis, tout comme les équipements et les machines, qui ne seront pas réparables. Le ministre roumain de l’Environnement Mircea Fechet a qualifié l’inondation de “véritable tragédie”, dans une interview à la télévision Digi24 vendredi. “Nous devons sauver non seulement la mine, mais aussi tout son voisinage, car des milliers de personnes sont potentiellement en train de perdre leur gagne pain”, a-t-il déploré.La mine, qui continuent de fournir du sel, a été en partie reconvertie en centre de traitement pour les maladies respiratoires et en 2024, près de 500.000 visiteurs ont été enregistrés.”Pour les habitants du coin, c’est la fin du monde”, estime le préfet Petres Sandor. Des dizaines d’entre eux ont protesté jeudi pour dénoncer l’absence de mesures préventives.La région, qui concentre la plus grande population hongroise de Roumanie, s’est vue proposer mercredi sur Facebook l’aide “financière et logistique” du Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Naf Naf, à peine racheté, de nouveau en redressement judiciaire

Pas de répit pour la marque au “Grand Méchant Look”: à peine rachetée, Naf Naf vient d’être de nouveau placée en redressement judiciaire, pour la troisième fois de son histoire, une procédure inquiétant les quelque 600 employés en France.Confrontée à “des difficultés de trésorerie”, l’enseigne de prêt-à-porter féminin a été placée vendredi en redressement judiciaire, selon une décision du tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) dont l’AFP a eu connaissance.”Si ce jugement écarte pour l’instant la liquidation immédiate de l’entreprise, il ouvre une grande période d’incertitude”, s’est émue la CFDT dans un communiqué transmis à l’AFP.Il s’agit de la troisième procédure de la sorte pour l’entreprise française qui avait été rachetée en juin dernier, mais sa direction turque a déclaré vouloir “continuer à faire exister la marque et présenter un plan de redressement”, selon la décision.L’entreprise emploie en France 588 salariés – 650 dans les 6 derniers mois, note le tribunal.En cessation de paiement, la société “est confrontée à des difficultés de trésorerie qu’elle n’est pas en mesure de surmonter” et “est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible”.En effet, son passif s’élève à 44 millions d’euros quand son chiffre d’affaires en 2024 a atteint 47 millions d’euros.Mais la justice a estimé que “sur les déclarations du débiteur et la présentation de son prévisionnel d’activité ainsi que du montant de la trésorerie disponible, il existe des perspectives de redressement”.Naf Naf bénéficie donc d’une période d’observation de six mois et sa situation sera rééxaminée lors d’une audience fixée au 23 juillet.- “Impact social désastreux” -En juin 2024, le repreneur turc Migiboy Tekstil s’était engagé à sauver 90% des emplois et conserver une centaine de boutiques en propre. A l’époque, la société avait offert plus de 1,5 million d’euros pour reprendre l’enseigne française.Ce faisant, l’entreprise turque avait sauvé 521 emplois sur 586 et une centaine de boutiques en France, et repris les filiales en Espagne, en Italie et en Belgique.”La direction et l’actionnaire devront prouver que Naf Naf peut continuer à fonctionner au moins temporairement, ce qui suppose d’approvisionner les magasins (…) et de trouver une nouvelle organisation logistique, le tout avec des marges de manœuvre financière très contraintes”, s’est inquiétée la CFDT.Les magasins “vont être approvisionnés car il y a 800.000 articles en stock et la société écoule 140.000 articles par mois”, a argumenté devant le tribunal la direction.Mais même si ce plan de redressement aboutit, “une réorganisation drastique avec des fermetures de magasins et une nouvelle réduction du siège sont très probables”, a jugé la CFDT. Sans compter le scénario catastrophe : “A l’inverse, si ces conditions ne sont pas remplies, se profilera une liquidation avec vente au plus offrant des magasins, des stocks et de la marque, avec un impact social désastreux”.La marque iconique des années 1990 enchaîne les déboires depuis plusieurs années, avec une troisième demande de redressement judiciaire en cinq ans.  Lancée en 1973 par deux frères, Gérard et Patrick Pariente, Naf Naf – en hommage au “petit cochon le plus fort et le plus malin des trois” – acquiert une certaine notoriété en 1983. Sa combinaison en toile de coton déclinée en plusieurs couleurs se vend alors à plus de 3 millions d’exemplaires, rappelle le site de la marque.Un succès commercial qui prend de l’ampleur dans les années 1990 lorsque la marque lance des campagnes publicitaires très remarquées, avec pour slogan “Le Grand Méchant Look”.Mais en mai 2020, en pleine épidémie de Covid, la marque est placée en redressement judiciaire.L’entreprise est alors reprise par le groupe franco-turc SY International, qui emploie plus de 1.000 personnes dans le monde, et avait déjà acquis l’enseigne Sinéquanone en 2019.La marque, qui s’est endettée durant la pandémie, notamment en raison de loyers impayés, est de nouveau placée en redressement judiciaire en septembre 2023, avant d’être rachetée par Migiboy Tekstil.