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Pentagon chief warns China is ‘preparing’ to use military force in Asia

US Secretary of Defense Pete Hegseth on Saturday warned that China was “credibly preparing” to use military force to upend the balance of power in Asia — remarks that earned a sharp rebuke from Beijing.The Pentagon chief was speaking at an annual security forum in Singapore, as the administration of US President Donald Trump spars …

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Rafale et arme atomique: lifting à 1,5 milliard pour la base de Luxeuil

C’est une base aérienne centenaire, dans les vertes collines de Haute-Saône. A l’est de l’Hexagone, Luxeuil accueillera dans moins de 10 ans une cinquantaine de Rafale et l’arme nucléaire, après une colossale rénovation à 1,5 milliard d’euros.Sur place le 18 mars, Emmanuel Macron a annoncé que la base aérienne 116 serait à l’horizon 2035 la première à recevoir la nouvelle version du Rafale et son missile hypersonique, l’ASN4G (missile air sol nucléaire de 4e génération).Une nouvelle mission à l’heure où le président de la République a annoncé début mars un “débat stratégique sur la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen”.La base, une “petite ville” de 2.700 habitants avec sa vingtaine de Mirage-2000, va donc doubler de taille avant de pouvoir recevoir une cinquantaine de Rafale, après un arrêt de l’activité aérienne entre 2029 et 2032, explique le colonel Emmanuel Roux, qui commande le site.Les vieux hangars au toit triangulaire, qui datent de 1952, ont été “bien rentabilisés”, observe le colonel, lors d’une visite de presse. “J’ai vu des images d’une visite du général de Gaulle en 1962: c’était pareil”, s’amuse-t-il.Les hangars céderont la place à des installations plus vastes. “Le Rafale est plus grand, il ne rentre pas en hauteur” dans les installations actuelles, explique le colonel Roux, derrière une fine barbe grisonnante. “Il faut tout revoir pour les infrastructures”.Autre changement impératif: la piste, où deux Mirage peuvent actuellement décoller de front à 300 kmh. Le nouvel avion de combat étant plus lourd, il va falloir la refaire pour qu’elle puisse supporter durablement ses atterrissages.Un recensement de la faune et de la flore va être engagé pendant un an, selon le colonel Roux, alors que les écologistes de Haute-Saône réclament une étude des sols avant le début des travaux.- “Bâtisseur de cathédrale” -Les armements nucléaires doivent faire l’objet d’un stockage et d’une protection spécifiques.”Toutes les bases aériennes de l’armée de l’air et de l’espace sont déjà particulièrement protégées”, souligne le commandant de la base. “Mais évidemment, les bases à vocation nucléaire sont encore plus renforcées que les autres: il va falloir réaugmenter les dispositifs de sécurité et l’ensemble de l’infrastructure pour se mettre au point”.Le colonel Roux se voit en “bâtisseur de cathédrale” – il est chargé du lancement d’un projet qui sera poursuivi par d’autres. “On n’a pas le droit d’échouer ni de prendre du retard”.Le défi est triple: technologique, infrastructurel et humain.”On a 10 ans pour construire la première base de France avec des avions qui n’existent pas, une arme nucléaire qui n’existe pas, et des mécaniciens qui sont encore au lycée”.Une base aérienne accueille une cinquantaine de métiers différents, civils et militaires. Outre pilotes et mécaniciens, elle rassemble contrôleurs du ciel, pompiers, commandos qui surveillent les lieux, spécialistes des radars, sans oublier les services d’hébergement et de restauration.L’arrivée du Rafale va quadrupler le nombre de pilotes: l’appareil est biplace alors que le Mirage de Luxeuil est monoplace. – “Dernier recours” -La base dispose aussi d’une école, l’Unité d’instruction spécialisée (UIS), où sont formés pilotes et mécaniciens, français et étrangers. Ils se forment sur une maquette transparente du Mirage 2000 et passent progressivement au maniement du Rafale.Les mécaniciens, au nombre de 300 actuellement, seront près d’un millier lorsque la base sera totalement opérationnelle, après la fin des travaux en 2036 ou 2037, selon le colonel Roux, lui même ancien officier mécanicien.”C’est la logistique qui gagne la guerre”, relève-t-il, expliquant que la vitesse à laquelle un avion est préparé permet d’accélérer ses rotations. A titre d’exemple, il suffit d’une heure pour changer le moteur d’un Rafale et d’un quart d’heure pour remplacer un siège éjectable.Du côté des pilotes, on se dit “prêt” à transporter l’arme atomique.”C’est une responsabilité vraiment lourde que l’emploi de l’arme nucléaire”, reconnait Julien, un pilote de 35 ans qui n’a pas le droit de révéler son nom de famille.”C’est l’arme du dernier recours, mais je pense qu’on est tous prêts, pour protéger ceux qu’on aime et notre nation, à utiliser cette arme”.

Rapts liés aux cryptomonnaies: 25 suspects de 16 à 23 ans mis en examen à Paris

Vingt-cinq jeunes de 16 à 23 ans ont été mis en examen à Paris, soupçonnés de tentatives ou de projets d’enlèvements dans le milieu de la cryptomonnaie en mai, à Paris et près de Nantes, derniers épisodes d’une série noire en France.Vendredi, “25 personnes ont été mises en examen” par des juges d’instruction, dont six mineures, “pour tentative d’enlèvement en bande organisée les 12 et 13 mai 2025, et association de malfaiteurs jusqu’au 26 mai”, a indiqué samedi le parquet, sollicité par l’AFP.Dix-huit ont été placées en détention provisoire, quatre sous contrôle judiciaire. Trois ont demandé à ce que leur comparution devant un juge des libertés et de la détention (JLD) pour décider de leur incarcération ou non, soit repoussée de quelques jours. Ils sont détenus en attendant.Les investigations ont été lancées après la tentative d’enlèvement de la fille et du petit-fils du PDG de la société spécialisée Paymium, le 13 mai, au petit matin en pleine rue, dans le XIe arrondissement de Paris.Cette scène, filmée et devenue virale sur les réseaux sociaux, a montré une grande violence – un chauffeur et trois mineurs sont soupçonnés d’y avoir participé, d’après une source proche du dossier.Les victimes ont pu mettre en fuite leurs ravisseurs, notamment grâce à l’intervention du compagnon de la fille du PDG.L’information judiciaire s’est élargie au fil des découvertes des enquêteurs, qui ont compris qu’il y avait eu la veille un “précédent passage à l’acte”, selon le parquet. Cette tentative a été “interrompue en raison de problèmes matériels”, a précisé le parquet.Les enquêteurs ont découvert aussi “qu’une équipe se constituait dans le projet de commettre un autre fait similaire”.Ce projet, pour lequel deux commandos avec deux camionnettes avaient été prévus d’après des sources proches du dossier, a été déjoué in extremis par les forces de l’ordre près de Nantes, le 26 mai.- “Réseau d’intérim de la délinquance” -Les personnes mises en cause dans ces différents volets de l’enquête sont “pour la plupart nées en région parisienne, l’une à Châtellerault, l’une au Sénégal, l’une en Angola, l’une en Russie”, a détaillé le parquet.Ce dossier se caractérise par des “profils très jeunes, hameçonnés par de l’argent puis pris dans une dynamique qui les dépasse”, avait affirmé à l’AFP Me Ambroise Vienet-Legué, qui défend un suspect du volet nantais, âgé de 18 ans et écroué.Julien Fresnault, avocat d’un des quatre placés sous contrôle judiciaire, s’est dit lui “rassuré” que des magistrats fassent “la part des choses” malgré un “dossier à fort écho médiatique”.L’information judiciaire se poursuit, pour “explorer les liens existant entre chacun des protagonistes”, exploiter les perquisitions, et “identifier l’ensemble des personnes impliquées”, a souligné le parquet.Selon plusieurs sources proches du dossier, les personnes mises en examen ont des profils d'”exécutants”, souvent très jeunes, et de “logisticiens”, mais pas de commanditaires.Ces “exécutants” semblent obéir aux ordres, contre paiement, sans s’interroger sur les tenants et les aboutissants de leurs missions, a relevé l’une de ces sources. “On dirait un réseau d’intérim de la délinquance”, a observé auprès de l’AFP Thibault Bailly, avocat d’un suspect de 19 ans, en détention provisoire.Ces tentatives de Nantes et du 13 mai à Paris ont aussi “des liens” avec une autre affaire: la séquestration, le 1er mai, du père d’un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, avait indiqué une source proche de l’enquête en début de semaine. Ces indices esquissent les contours d’un réseau dont l’existence doit encore être confirmée par l’information judiciaire. Depuis janvier, une série d’enlèvements, de tentatives ou de projets de rapts ont eu lieu en France dans le secteur de la cryptomonnaie, incitant les forces de l’ordre à redoubler de vigilance.L’une des plus retentissantes médiatiquement a été la séquestration fin janvier du cofondateur de Ledger, David Balland, et de sa compagne. M. Balland a eu un doigt coupé, puis a été libéré. Sa compagne a été découverte ligotée dans un véhicule. Au moins neuf suspects sont mis en examen.

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Eboulement en Suisse: la situation s’améliore mais la prudence reste de mise

La situation s’est améliorée samedi dans la vallée du Lötschental au sud de la Suisse, où un gigantesque éboulement a rasé un petit village mercredi, et les autorités jugent que la menace que présente un lac artificiel pour les localités en aval est “très faible” actuellement.”La situation est un peu meilleure” que vendredi, a expliqué Raphaël Mayoraz, le géologue du canton du Valais, lors d’un point de presse. Le lac qui s’est formé au niveau du village de Blatten, presque totalement détruit, “a trouvé hier son chemin à travers le dépôt (de gravats de roche et de glace, ndlr) et maintenant, une rivière coule à travers le dépôt et le niveau du lac est un peu plus bas aujourd’hui”, a ajouté le spécialiste. Le niveau de ce lac – qui s’est formé très rapidement après la catastrophe, n’avait cessé de grossir et menaçait d’inonder la vallée en contrebas – a baissé d’environ 1 mètre. Son volume est passé de 1 million de m3 à environ 800.000, selon M. Mayoraz. Pour les autres villages de la vallée et au-delà, “le risque est très faible”, estime le géologue, en raison notamment du dispositif de protection rapidement mis en place. Les autorités ont préventivement vidé le barrage artificiel de Ferden, pour qu’il puisse stopper une éventuelle coulée torrentielle. Mais une telle déferlante “est improbable”, juge le géologue.Si le barrage devait se remplir aux deux tiers, l’alarme serait donnée en aval et les populations évacuées, mais aujourd’hui ce scénario semble peu probable, d’autant qu’il est vidangé de l’eau du lac qui commence à s’y jeter.Les chutes de pluie prévues lundi par le service météorologique ne devraient pas non plus avoir d’effet majeur mais par précaution, les équipes en charge de la gestion des risque vont refaire leurs simulations dimanche.Une personne de 64 ans reste disparue -le village avait été évacué dès le 19 mai.La vallée du Lötschental, l’une des plus majestueuses de cette partie de la Suisse, s’étend sur un peu moins de 30 kilomètres et compte au total quelque 1.500 habitants. C’est un endroit réputé pour la beauté de ses paysages, ses petits villages traditionnels et ses chemins de randonnées spectaculaires. Mais pour l’heure, il est demandé aux curieux ou aux touristes de ne pas s’y rendre. Les travaux de déblaiement n’ont d’ailleurs toujours pas pu commencer: le dépôt de gravats, composé pour environ un tiers de glace, est trop instable pour y envoyer des gens et des engins de terrassement.La quantité de roche et de glace – estimée à 9 millions de m3 – qui a dévalé la montagne mercredi vers 15H30 (13H30 GMT) était si importante que les sismographes du pays l’ont enregistrée. 

Jets de peinture verte sur trois synagogues et le Mémorial de la Shoah à Paris

Le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant ont été aspergés de peinture verte dans la nuit de vendredi à samedi à Paris, suscitant des condamnations politiques et de la communauté juive.Au pied de la façade du restaurant de la communauté juive “Chez Marianne”, un pot de peinture entamé a été retrouvé. Des jets de peinture ont également été constatés sur la synagogue des Tournelles, sur celle d’Agoudas Hakehilos, ainsi que sur le Mémorial de la Shoah, tous dans le 4e arrondissement de la capitale. Aucun message, ni revendication n’a été découvert à ce stade.Les faits ont été constatés par les policiers lors de leurs patrouilles vers 05h15. Les images de vidéosurveillance du Mémorial ont montré une personne vêtue de noir en train de taguer vers 4H30.La préfecture de police de Paris (PP) a précisé à l’AFP qu’une autre synagogue, cette fois dans le 20e arrondissement, avait “fait également l’objet de dégradations par jets de peinture de couleur verte”.Sollicité par l’AFP, le parquet de Paris a confirmé avoir chargé la Sûreté territoriale d’une enquête pour “dégradations commises en raison de la religion” à la suite de la découverte de jets de peinture verte sur ces cinq lieux.- “Tristesse” et “indignation” -“Beaucoup de tristesse et d’indignation en voyant ce matin ces images de lieux juifs qui ont été dégradés”, a réagi auprès de l’AFP le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi. L’ancien président socialiste François Hollande a jugé cet acte “inacceptable, insupportable”. “L’antisémitisme n’a pas sa place dans notre République”, a-t-il asséné. La ville de Paris va porter plainte, a assuré la maire PS Anne Hidalgo, qui “condamne avec la plus grande force ces intimidations”.Sur le réseau social X, le ministre de l’Intérieur et président des LR Bruno Retailleau a dit son “immense dégoût devant ces actes odieux qui visent la communauté juive”. La députée européenne de La France insoumise Manon Aubry a fait part aussi de son “dégoût face à ces actes antisémites”. “Le racisme est un poison. L’unité du peuple son antidote”, a ajouté l’élue, dont le parti est régulièrement confronté à des accusations d’antisémitisme.Ces dégradations “sont de toute évidence la signature de l’antisémitisme qui se déchaîne dans notre pays”, a estimé le patron du Rassemblement national Jordan Bardella, qui demande à ce que tout soit “mis en oeuvre pour en identifier les auteurs et les condamner de façon exemplaire”. – “Mains rouges” -“Je pense aux Justes” et “à ceux qui ont sauvé les juifs pendant la guerre et j’ai honte pour notre temps. Je ne veux pas de ce que devient la France. Nous valons mieux que cela”, a considéré le patron des députés LR Laurent Wauquiez.”En 2025, on attaque encore la mémoire, la foi, la vie juive. Jusqu’où laisserons-nous cette haine prospérer ?”, s’est demandé le chef de file des sénateurs PS Patrick Kanner.”Ingérence ou pas, manipulation ou pas, le geste est antisémite et cherche à désigner les Français juifs”, a estimé le patron du Parti socialiste Olivier Faure.SOS Racisme a également jugé “intolérable” cette “action aux relents antisémites qui cite explicitement les Justes”.Il y a un an, en mai 2024, des “mains rouges” avaient été peintes sur le Mur des Justes, au Mémorial de la Shoah. Trois Bulgares, qui gravitent selon les autorités de leur pays “dans les cercles d’extrême droite”, ont été écroués dans cette affaire. Les tags représentant des “mains rouges”, symbole pouvant être lié au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en 2000, ont été analysés par les services de sécurité comme une opération d’ingérence de la part de Russophones.Dans un télégramme adressé aux préfets vendredi et consulté par l’AFP, Bruno Retailleau avait demandé un renforcement des mesures de sécurisation de la communauté juive à l’occasion de la fête de Chavouot du dimanche 1er juin au soir au mardi 3 juin au soir.Il avait expliqué ces mesures par la “persistance des tensions au plan international, en particulier au Proche-Orient”. Le ministre avait relevé en outre que “les actes antisémites représentant plus de 60% des actes antireligieux, la communauté juive était particulièrement exposée”.sm-juc-clw-chl-are/asl/sp

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L’effondrement du glacier suisse, un avertissement angoissant, selon des experts

L’effondrement spectaculaire du glacier de Birch, en Suisse, constitue un avertissement angoissant pour les populations qui vivent à l’ombre de glaciers fragiles sur la planète, en particulier en Asie, estiment des experts réunis au Tadjikistan.”Le changement climatique et son impact sur la cryosphère auront des répercussions croissantes sur les sociétés humaines qui vivent près des , près de la cryosphère, et en dépendent d’une manière ou d’une autre”, a déclaré Ali Neumann, conseiller en réduction des risques de catastrophes au sein de la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse.Car si le rôle du changement climatique dans le cas suisse doit encore être scientifiquement prouvé, il a un impact clair sur la cryosphère, la partie de la Terre où l’eau se fige en glace, a-t-il souligné lors d’une conférence internationale sur les glaciers sous l’égide de l’ONU.L’évacuation préventive des 300 habitants du village de Blatten, en contrebas du Birch, a évité une catastrophe humaine, bien qu’une personne reste portée disparue.”Ce qui montre qu’avec les bonnes compétences, l’observation et la gestion d’une urgence, vous pouvez réduire significativement l’ampleur de ce type de catastrophe”, constate M. Neumann.Pour Stefan Uhlenbrook, directeur du département Eau et Cryosphère à l’Organisation météorologique mondiale (OMM), cela montre la nécessité pour les régions vulnérables comme l’Himalaya de bien se préparer.- Partage de données -“De la surveillance au partage des données, aux modèles de simulation numérique, à l’évaluation des dangers et à leur communication, toute la chaîne doit être renforcée”, a-t-il déclaré, estimant que “dans de nombreux pays asiatiques, les données ne sont pas suffisamment connectées”. Les géologues suisses utilisent notamment des capteurs et des images satellites pour surveiller leurs glaciers. Mais alors que l’Asie a été la région la plus touchée par des catastrophes liées au climat et aux risques météorologiques en 2023, de nombreux pays y manquent de ressources pour faire de même.Selon un rapport de 2024 du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), deux tiers des pays de la région Asie-Pacifique disposent de systèmes d’alerte précoce. Mais les pays les moins développés, dont beaucoup sont en première ligne du changement climatique, ont la pire couverture.”La surveillance existe, mais elle n’est pas suffisante”, souligne le géologue Sudan Bikash Maharjan du Centre international pour un développement intégré en montagne (Icimod), au Népal.”Nos terrains et conditions climatiques sont complexes, mais nous manquons aussi de ressources pour la collecte intensive de données”.Pour le géoscientifique Jakob Steiner, qui travaille sur l’adaptation climatique au Népal et au Bhoutan, il ne s’agit cependant pas simplement d’exporter les solutions technologiques suisses. “Ce sont des catastrophes complexes; travailler avec les populations locales est en fait tout aussi, sinon beaucoup plus important”, estime-t-il.- “Triste disparité” -Les glaciers de l’Himalaya, qui fournissent de l’eau à près de deux milliards de personnes, fondent plus rapidement que jamais, exposant les habitants de cette région à des catastrophes imprévisibles et coûteuses, avertissent les scientifiques.Des centaines de lacs formés à partir de leur fonte sont apparus ces dernières décennies – qui peuvent être dévastateurs lorsqu’ils se déversent brusquement dans la vallée. Le ramollissement du pergélisol augmente lui les risques de glissements de terrain.Selon Declan Magee, du Département du changement climatique et du développement durable de la Banque asiatique de développement, la surveillance et les avertissements précoces ne suffisent pas. “Nous devons réfléchir aux endroits où nous construisons (…) et comment réduire leur vulnérabilité”.La militante pour le climat et cinéaste népalaise Tashi Lhazom a décrit comment le village de Til, près de chez elle, a été dévasté par un glissement de terrain au début mai. Les 21 familles qui y résidaient ont réussi à s’échapper, mais de justesse. “En Suisse, elles ont été évacuées des jours avant, ici nous n’avons eu à peine quelques secondes”. “Cette disparité m’attriste mais me met aussi en colère. Cela doit changer”.

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Suisse: comment le glacier du Birch s’est effondré

Une série d’événements en cascade dans les Alpes suisses a entraîné l’effondrement spectaculaire du glacier de Birch, enterrant un petit village sous des millions de tonnes de gravats, ont indiqué vendredi des glaciologues à l’AFP, qui estiment qu’il est trop tôt pour prouver scientifiquement le rôle exact du changement climatique. Si les experts ont su quelques jours à l’avance que la rupture catastrophique du glacier était inéluctable, les raisons de l’éboulement sont bien plus anciennes. “On peut parler d’un événement en cascade, car différents processus sont en jeu”, a expliqué Christophe Lambiel, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre de l’Université de Lausanne, à l’AFP. – Montagne instable :Le Petit Nesthorn, culminant à 3.342 mètres et surplombant le glacier, était déjà quelque peu instable, et les chutes de pierres se sont accélérées de manière spectaculaire une dizaine de jours avant la catastrophe. Trois millions de mètres cubes de roche sont tombés sur le glacier d’un coup. “Si l’on exerce une forte pression sur une fondation instable, elle peut tout simplement glisser. Et c’est ce qui s’est produit”, a expliqué Matthias Huss, directeur de la Surveillance des Glaciers Suisses (GLAMOS) dans un entretien avec l’AFP. “Le glacier a fortement accéléré sous l’effet de cette charge supplémentaire, et c’est alors que la catastrophe s’est produite”. – Un glacier particulier :Le glacier du Birch était un cas particulier : c’était le seul glacier suisse à avancer quand tous les autres reculent, mais pas grâce à une meilleure couverture neigeuse.C’était très probablement dû au poids des éboulements de la montagne et “le glissement de terrain n’est donc pas parti de rien”, souligne M. Huss. Le glacier se trouvait sur une pente raide, et encore plus raide à l’avant, ce qui a encore accéléré le processus.- Comment ? :Les chutes de pierres ont modifié l’équation de contrainte entre le poids du glacier et la pente, qui détermine la vitesse de déplacement du glacier, indique Christophe Lambiel. C’est comme pour pousser une voiture, il faut beaucoup de force pour initier un mouvement, mais beaucoup moins une fois que le véhicule bouge. Les 1.000 mètres d’altitude par rapport au fond de la vallée du Lötschental ajoutent une “énorme quantité d’énergie potentielle”, selon Matthias Huss. Le frottement fait fondre une partie de la glace et crée un coussin d’eau permet au glacier de glisser plus vite.- La fonte du pergélisol :Le pergélisol fond à des profondeurs de plus en plus grandes dans les Alpes.”La glace est considérée comme le ciment des montagnes. La dégradation de la qualité de ce ciment diminue la stabilité de la montagne”, selon Christophe Lambiel.Matthias Huss a ajouté : “Pour l’instant, nous ne pouvons pas affirmer que la fonte du pergélisol soit à l’origine de l’effondrement de cette montagne, mais c’est au moins une explication très probable, ou un facteur, qui a déclenché ou accéléré ce processus d’effondrement”. – Changement climatique :Jakob Steiner, géoscientifique à l’université de Graz en Autriche, estime qu’il “n’existe pas encore de preuve claire, dans ce cas précis, que le changement climatique soit la cause de ce phénomène”. Et selon Matthias Huss, établir un lien aussi direct est “compliqué”. “Si l’effondrement de cette montagne était uniquement dû au changement climatique, toutes les montagnes des Alpes pourraient s’effondrer – et ce n’est pas le cas”, dit le scientifique.Pour lui il s’agit “d’une combinaison de changements géologiques à long terme. La rupture du glacier en tant que telle n’est pas liée au changement climatique. Il s’agit plutôt des processus du pergélisol, qui sont des changements très complexes et à long terme”. Christophe Lambiel est aussi prudent mais “l’augmentation des chutes de pierres sur le glacier au cours des dix dernières années pourrait être liée au changement climatique”. – Autres glaciers :Les techniques de surveillance modernes détectent l’accélération de la glace avec une grande précision, permettant une alerte précoce.Christophe Lambiel a indiqué qu’environ 80 glaciers dans la même région du Valais, en Suisse, étaient considérés comme dangereux et faisaient l’objet d’une surveillance. “Le principal défi est de déterminer où orienter la surveillance détaillée”, reconnaît Matthias Huss.Pour Christophe Lambiel, les sites présentant des interactions glacier-pergélisol au-dessus de 3.000 mètres devront désormais faire l’objet de recherches.”L’évolution rapide du pergélisol peut probablement jouer un rôle”, selon Jakob Steiner : “C’est inquiétant, car cela signifie que les montagnes deviennent beaucoup plus instables”. rjm-burs/vog/ib

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Egypte: tempête de grêle inhabituelle sur Alexandrie

Une tempête de grêle inhabituelle en cette saison a frappé samedi la ville égyptienne d’Alexandrie, sur la Méditerranée, inondant les routes et endommageant des commerces du front de mer, lors d’un nouvel épisode climatique violent à toucher la région.La tempête s’est abattue sur la ville pendant la nuit, a rapporté un correspondant de l’AFP, forçant les gens à fuir les cafés sous des rafales qui projetaient la grêle à travers les fenêtres, pendant que des éclairs illuminaient le ciel.Des passages souterrains ont été submergés.Le gouverneur d’Alexandrie, Ahmed Khaled Hassan, a élevé le niveau d’alerte et les équipes d’urgence ont travaillé toute la matinée pour remorquer les voitures et dégager les débris.Aucune victime n’a été signalée, a indiqué le ministère de la Santé.Les tempêtes accompagnées de pluie sont courantes sur la côte méditerranéenne de l’Egypte pendant l’hiver, mais les médias du pays ont décrit celle de samedi comme “sans précédent”.Selon les scientifiques, les événements météorologiques extrêmes sont rendus plus probables par le changement climatique, responsable d’une multiplication des sécheresses mais aussi de l’intensité accrue et du caractère imprévisible des précipitations. Alexandrie, la plus grande ville côtière d’Egypte, est particulièrement vulnérable au changement climatique. Elle a déjà subi les effets de l’érosion côtière, de l’élévation du niveau de la mer et des inondations causées par les tempêtes.Le niveau de la Méditerranée pourrait s’élever d’un mètre au cours des trois prochaines décennies, selon les prévisions les plus pessimistes du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat de l’ONU, le Giec.Selon d’autres scénarios plus optimistes, la Méditerranée montera de 50 centimètres d’ici 2050. Trente pour cent du territoire d’Alexandrie serait alors inondé, un quart de ses six millions d’habitants devraient être relogés et 195.000 emplois seraient perdus.Les autorités ont déjà mis en œuvre des efforts pour essayer de minimiser l’impact du réchauffement climatique, notamment en construisant une immense digue de blocs de béton le long de la côte.