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Le Banksy à Marseille brièvement dégradé puis remis en état

Deux jours après son apparition à Marseille, une œuvre du street-artiste Banksy a été dégradée dans la nuit de samedi à dimanche avant d’être remise en état, a constaté un journaliste de l’AFP.De couleur violette, le barbouillage était constitué de deux testicules grossièrement peints de chaque côté de l’œuvre, un phare sombre au bout duquel apparaît une lumière blanche semblant jouer avec l’ombre d’un poteau, pour former un pénis.La dégradation a été rapidement nettoyée dimanche dans la matinée, de sorte que l’œuvre originale, accompagnée d’une phrase mystérieuse “I want to be what you saw in me” (“Je veux être ce que tu as vu en moi”), était à nouveau visible dimanche midi.”J’ai tenté de nettoyer des tags qui ont été faits cette nuit, parce qu’en fait, il faut un certain temps d’attente pour que le vernis de protection anti-graffiti soit vraiment opérationnel”, a expliqué à l’AFP Agnès Perrone, peintre en décor du patrimoine venue “pour donner un coup de main”.”Ils ont attendu que je sois allée me coucher, même très tardivement, pour venir rajouter une belle paire de couilles autour du phare”, a-t-elle pesté alors qu’elle surveillait les environs pour éviter sa dégradation. “Je trouve ça très con. Mais en même temps, je suis habituée, je suis marseillaise: c’est un sport national de combattre les tags, ici”, a-t-elle ajouté.L’œuvre de l’énigmatique et très secret street-artiste avait été découverte vendredi dans une rue discrète de Marseille, tout près d’une des plages de la deuxième ville de France, sur la côte méditerranéenne. C’est l’artiste lui-même, dont l’identité reste toujours mystérieuse, qui avait révélé une photo de son œuvre, sans faire de commentaire, sur son profil Instagram.S’il est aussi l’auteur de tableaux et sculptures, Banksy est principalement connu pour ses pochoirs percutants qu’il sème dans les rues du monde entier, provoquant souvent l’hystérie du public.Dimanche encore, nombreux étaient les curieux venus observer l’œuvre en l’immortalisant sur leur portable.Les œuvres de Banksy ont rapporté plusieurs dizaines de millions de dollars, faisant de lui l’un des artistes vivants les plus connus au monde.Elles portent souvent des messages puissants et provocateurs, sur des thèmes tels que la guerre, le capitalisme, le contrôle social ou encore les droits de l’homme.

Sacre du PSG en Ligue des Champions: la fête endeuillée par deux morts

La victoire du Paris SG face à l’Inter Milan en finale de la Ligue des Champions a été endeuillée en France par la mort d’un mineur à Dax et celle d’un jeune homme à Paris, où la soirée a été émaillée de nombreux incidents.A Dax, un mineur de 17 ans a été tué à coups de couteau lors d’un rassemblement pour célébrer le sacre du club parisien tandis que dans la capitale, dans le 15e arrondissement, un jeune homme d’une vingtaine d’années circulant à scooter a été percuté par une voiture et a succombé à ses blessures.A Grenoble, quatre personnes d’une même famille ont été blessées dont deux grièvement après qu’une voiture a heurté la foule célébrant la victoire du PSG.A Coutances (Manche), un policier, atteint accidentellement à l’oeil, selon les premiers éléments d’enquête, par un mortier d’artifice, a été placé en coma artificiel et transporté à l’hôpital de Caen.Au cours de la soirée, émaillée de très nombreux incidents et de violences, majoritairement dans la capitale, 22 membres des forces de l’ordre ont été blessés dont 18 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. La nature et la gravité des blessures n’ont pas été précisées.Sept sapeurs-pompiers ont été blessés ainsi que 192 manifestants.Il y a eu 559 interpellations dont 491 à Paris, qui ont conduit à 320 gardes à vue dont 254 à Paris, a ajouté la même source.Le ministère a décompté, selon un bilan national provisoire, 692 incendies dont 264 véhicules.A Paris, la plupart des incidents se sont déroulés sur l’avenue des Champs-Elysées, qui avait été fermée à la circulation pour l’occasion, ainsi qu’aux abords du Parc des Princes, le stade historique du PSG.Pendant la rencontre et durant plusieurs heures après le coup de sifflet final, des échauffourées sporadiques ont eu lieu entre les forces de l’ordre et des groupes mobiles. Gaz lacrymogènes et utilisation d’un engin lanceur d’eau d’un côté, mortiers d’artifice et lancers de divers projectiles, de l’autre. En dépit d’un dispositif particulièrement conséquent – 5.400 policiers et gendarmes avaient été mobilisés à Paris et en petite couronne -, des scènes de pillages, de bris de mobilier urbain, de vitrines dégradées et d’incendies de vélos en libre service, ont été constatées principalement sur les Champs-Elysées et à ses abords.- La parade, nouveau défi sécuritaire -Un magasin de chaussures de l’avenue a été pillé avant que les forces de l’ordre n’interviennent rapidement. Une trentaine de personnes y ont été interpellées.Au total, quatre enseignes ont été pillées, selon un premier bilan établi dimanche à la mi-journée par le préfet de police Laurent Nuñez “sur le secteur élargi des Champs-Elysées”, dont un concessionnaire moto avenue de Wagram et un salon de coiffure rue Pierre-1er-de-Serbie.Deux voitures ont été incendiées Porte de Saint-Cloud, près du Parc des Princes, où à plusieurs reprises des supporters munis de fumigènes sont descendus sur le périphérique et ont interrompu la circulation avant d’être délogés par les forces de l’ordre.Selon Laurent Nuñez, l’important dispositif de sécurité n’a été “ni une réussite ni un échec” face à “une population qui n’était venue que pour piller, que pour commettre des exactions, et qui se chiffre à plusieurs milliers de personnes”.Signe de la tension tout au long de la soirée, le 18, numéro d’urgence des pompiers, a été saturé, au point que les sapeurs-pompiers de Paris ont diffusé un message sur X pour tenter de canaliser les demandes.Dans un message posté sur X dans la soirée, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’était insurgé “contre des barbares venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l’ordre”, tandis que les “vrais supporters du PSG sont en train de s’enthousiasmer devant le magnifique match de leur équipe”.Le ministre s’exprimera à 16H00 place Beauvau. A peine une heure avant le début de la parade des joueurs du PSG sur les Champs-Elysées, qui constitue un nouveau défi en terme sécuritaire pour la police, et qui est bien maintenue avec “un contrôle extrêmement strict”, a encore assuré Laurent Nunez.”Ne pourront accéder au périmètre des Champs-Élysées que les personnes qui se rendent à la parade donc on va complètement boucler ce secteur. Il y a des fouilles, des palpations systématiques à l’entrée”, a détaillé le préfet de police, évoquant un dispositif de “très très haut niveau” et “parfaitement adapté”. Sur les Champs, il est prévu l’installation de trois box pour accueillir le public, avec une jauge maximale totale de 110.000 personnes. Les joueurs seront à bord d’un bus à Impériale. Ils seront ensuite reçus à l’Elysée par le président Emmanuel Macron avant de se rendre au Parc des Princes pour la présentation du trophée aux supporters.

Bangladesh ex-PM accused of ‘systematic attack’ in deadly protest crackdown

Fugitive former Bangladesh prime minister Sheikh Hasina orchestrated a “systematic attack” that amounted to crimes against humanity in her attempt to crush the uprising that toppled her government, Bangladeshi prosecutors said at the opening of her trial on Sunday.Up to 1,400 people were killed between July and August 2024 after Hasina’s government launched its crackdown, …

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Nouveau repli général des ventes de voitures neuves en France en mai

Le marché des voitures neuves “s’enfonce dans la crise” en France, avec un repli des immatriculations de 12% en mai, par rapport au même mois de 2024, dans un contexte d’incertitude économique qui touche tous les constructeurs.En mai 2025, 123.919 voitures particulières ont été immatriculées en France, un repli de 12,3%, plus important que celui constaté le mois dernier (-5,64%), selon les chiffres publiés dimanche par la Plateforme automobile (PFA).Aucun constructeur n’échappe à la vague, qui touche aussi bien les voitures essence que les modèles électriques, tandis que le marché de l’occasion reste stable.”Chaque mois qui passe depuis le début de l’année, le marché s’enfonce un peu plus dans la crise. C’est le cinquième mois consécutif de baisse (…). Sur les cinq premiers mois de l’année, le marché est lui-même en baisse de 8% par rapport à 2024 et de quasiment 30% par rapport à 2019, en période pré-Covid”, a commenté auprès de l’AFP Nicolas Le Bigot, directeur général par intérim de la PFA.Ce repli continue d’affecter Stellantis (-10,1%) avec 34.441 voitures particulières immatriculées, freiné par Fiat et Opel. Renault affiche les mêmes volumes et limite son recul (-7%), alors que Toyota est en net repli (-25%).Le numéro trois, Volkswagen, creuse son recul à près de 12%.Les immatriculations de Tesla poursuivent leur chute en France, avec une baisse de 67% en mai (avec 721 véhicules) par rapport au même mois de 2024. – Les constructeurs “font le job” -En pleine modernisation de sa gamme mais potentiellement freiné aussi par l’image de son patron Elon Musk, le constructeur américain de voitures électriques accuse un repli de près de 50% depuis le début de l’année 2025.D’une manière générale, la part des voitures électriques “stagne autour de 18% sur les cinq premiers mois de l’année”, avec 119.475 véhicules immatriculés, soit “près de 10.000 de moins que pour la même période l’an dernier”, a indiqué Nicolas Le Bigot.Dans un marché restreint, cela signifie que “les ventes de véhicules électriques sont en baisse, d’environ 7% en 2025 par rapport à 2024”, a-t-il relevé, notant “une progression de la vente des véhicules hybrides, qui passent de 30% à 45% de part de marché entre 2024 et 2025”.Le dirigeant de la PFA y voit “la traduction du fait que les consommateurs veulent un produit qui est plus vertueux” au plan environnemental, qui consomme moins de carburant et qui est “plus accessible économiquement que l’électrique”.Par ailleurs, le secteur de l’occasion ne vient pas au secours de la chute des ventes de voitures neuves, avec “+0,3% sur le mois”, selon la plateforme AAA Data, qui estime que “presque tous les indicateurs sont au rouge sur le mois de mai” et qui n’attend “pas de redressement de tendance” dans les prochains mois.La plateforme appelle toutefois “à suivre dans les prochains mois” les éventuelles conséquences sur le marché du récent vote de l’Assemblée nationale en faveur de la suppression des zones à faible émission (ZFE).Le désintérêt des Français pour les voitures électriques est, pour la PFA, notamment à mettre sur le compte d’une accumulation des malus pour les véhicules anciens et polluants, associée à un “manque de soutien du gouvernement” qui a cette année “divisé par trois les enveloppes budgétaires pour accorder des bonus pour les véhicules électriques”.Mais les mauvais chiffres des derniers mois sont essentiellement liés à “un marasme économique général”, dans le contexte incertain de “la guerre commerciale menée par les Etats-Unis”, pour Nicolas Le Bigot, qui souligne également la morosité économique en France, avec une confiance des ménages “à un niveau historiquement bas” en mai.Et ce alors même que les constructeurs “font le job”, selon lui, en proposant de nouveaux modèles, comme la nouvelle version électrique de la R5 chez Renault ou de l’ë-C3 chez Citroën.

Manche: 184 migrants secourus dans le détroit du Pas-de-Calais

Cent quatre-vingt-quatre personnes qui tentaient de traverser la Manche pour rejoindre l’Angleterre clandestinement à bord de petites embarcations ont été secourues entre vendredi soir et samedi après-midi dans le détroit du Pas-de-Calais, a indiqué la préfecture maritime.Plusieurs départs d’embarcations ont été signalés sur cette période au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez, selon un communiqué de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar).Au total, 184 migrants ont été secourus lors de plusieurs opérations distinctes : 78 au large de Fort-Mahon (Somme), 61 près de Wimereux (Pas-de-Calais) après une panne moteur, neuf au large de Grand-Fort-Philippe après une demande d’assistance, et 36 au large de Dunkerque, pris en charge par la SNSM et débarqués à Calais.Depuis le début de l’année, au moins 15 personnes sont mortes dans la Manche, selon un décompte de l’AFP à partir de chiffres officiels.Les derniers en date, une femme et un enfant, sont décédés au large de Calais dans la nuit du 20 au 21 mai, après une série d’autres naufrages et incidents meurtriers.En 2024, 78 migrants étaient morts dans ces dangereuses traversées de la frontière franco-britannique, un record depuis le début de ce phénomène dans la région en 2018.Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé mi-mai envisager des “centres de retour” hors du Royaume-Uni pour les demandeurs d’asile déboutés, une formule comparable à celle envisagée par l’UE.Sous pression avec la progression du parti d’extrême droite Reform UK, le travailliste s’est engagé à réduire l’immigration régulière comme irrégulière au Royaume-Uni.Selon les chiffres officiels publiés vendredi par les autorités britanniques, 13.614 migrants ont rejoint l’Angleterre à bord de petites embarcations depuis le début de l’année. Quelque 36.800 migrants avaient gagné l’Angleterre l’an dernier, essentiellement des Afghans, Syriens et Iraniens.Interrogé sur Sky News, le ministre britannique de la Défense, John Healey, a qualifié les scènes observées la veille de “choquantes”.”Nous avons un accord (avec les Français) pour qu’ils modifient leur manière de travailler. Notre priorité est désormais de les pousser à le mettre en œuvre afin qu’ils puissent intercepter les passeurs et stopper ces personnes dans les bateaux et pas seulement sur le rivage”, a-t-il déclaré.Sur la BBC, il a ajouté: “Ce qu’il faut maintenant, c’est travailler plus étroitement avec les Français pour les convaincre de mettre cela en œuvre afin qu’ils puissent intervenir dans l’eau, dans les eaux peu profondes, ce qu’ils ne font pas pour l’instant”.Les autorités françaises, conformément au droit de la mer, n’interviennent que pour du sauvetage une fois les bateaux à l’eau.

Célébrations en marge de la Ligue des Champions: la fête endeuillée par deux morts

La victoire du Paris SG face à l’Inter Milan en finale de la Ligue des Champions a été endeuillée en France par la mort d’un mineur à Dax et celle d’un jeune homme à Paris, où la soirée a été émaillée de nombreux incidents.A Dax, un mineur de 17 ans a été tué à coups de couteau lors d’un rassemblement pour célébrer le sacre du club parisien tandis que dans la capitale, dans le 15e arrondissement, un jeune homme d’une vingtaine d’années circulant à scooter a été percuté par une voiture et a succombé à ses blessures.A Grenoble, quatre personnes d’une même famille ont été blessées dont deux grièvement après qu’une voiture a heurté la foule célébrant la victoire du PSG.A Coutances (Manche), un policier, atteint accidentellement à l’oeil, selon les premiers éléments d’enquête, par un mortier d’artifice, a été placé en coma artificiel et transporté à l’hôpital de Caen.Au cours de la soirée, émaillée de très nombreux incidents et de violences, majoritairement dans la capitale, 22 membres des forces de l’ordre ont été blessés dont 18 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. La nature et la gravité des blessures n’ont pas été précisées.Sept sapeurs-pompiers ont été blessés ainsi que 192 manifestants.Il y a eu 559 interpellations dont 491 à Paris, qui ont conduit à 320 gardes à vue dont 254 à Paris, a ajouté la même source.Le ministère a décompté, selon un bilan national provisoire, 692 incendies dont 264 véhicules.A Paris, la plupart des incidents se sont déroulés sur l’avenue des Champs-Elysées, qui avait été fermée à la circulation pour l’occasion, ainsi qu’aux abords du Parc des Princes, le stade historique du PSG.Durant plusieurs heures après le coup de sifflet final, des échauffourées sporadiques ont eu lieu entre les forces de l’ordre et des groupes mobiles. Gaz lacrymogènes et utilisation d’un engin lanceur d’eau d’un côté, mortiers d’artifice et lancers de divers projectiles, de l’autre. En dépit d’un dispositif particulièrement conséquent – 5.400 policiers et gendarmes avaient été mobilisés à Paris et en petite couronne-, des scènes de pillages, de bris de mobilier urbain, de vitrines dégradées et d’incendies de vélos en libre service, ont été constatées principalement sur les Champs-Elysées et à ses abords.- La parade, nouveau défi sécuritaire -Dans une rue adjacente, une terrasse éphémère a été incendiée. Un magasin de chaussures de l’avenue a été pillé avant que les forces de l’ordre n’interviennent rapidement. Une trentaine de personnes y ont été interpellées.Deux voitures ont été incendiées Porte de Saint-Cloud, près du Parc des Princes, où à plusieurs reprises des supporters munis de fumigènes sont descendus sur le périphérique et ont interrompu la circulation avant d’être délogés par les forces de l’ordre.Dans un message posté sur X dans la soirée, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’était insurgé “contre des barbares venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l’ordre”, tandis que les “vrais supporters du PSG sont en train de s’enthousiasmer devant le magnifique match de leur équipe”.”Il est insupportable qu’il ne soit pas envisageable de faire la fête sans craindre la sauvagerie d’une minorité de voyous qui ne respectent rien”, avait ajouté le ministre.Signe de la tension tout au long de la soirée, le 18, numéro d’urgence des pompiers, a été saturé, au point que les sapeurs-pompiers de Paris ont diffusé un message sur X pour tenter de canaliser les demandes.Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, s’exprimera à la mi-journée, quelques heures avant la parade des joueurs sur les Champs-Elysées, qui constitue un nouveau défi en terme sécuritaire pour la police. Il détaillera le dispositif de sécurité mis en place.D’ores et déjà, il est prévu l’installation de trois box pour accueillir le public, avec une jauge maximale totale de 110.000 personnes. Les joueurs seront à bord d’un bus à Impériale. Ils seront ensuite reçus à l’Elysée par le président Emmanuel Macron. Puis ils iront au Parc des Princes pour la présentation du trophée aux supporters.

L’énergie du chorégraphe Hofesh Shechter, de Paris à Montpellier

“J’invite les danseurs dans mon monde”: le chorégraphe Hofesh Shechter, figure de la danse contemporaine, raconte à l’AFP sa première création pour le Ballet de l’Opéra de Paris et livre ses premières envies en tant que nouveau co-directeur de la cité de la danse à Montpellier.Très demandé sur les scènes internationales, l’artiste d’origine israélienne, qui a joué dans le film “En Corps” (2022) de Cédric Klapisch, signe “Red Carpet”, une pièce dansée du 8 juin au 14 juillet au Palais Garnier.Après des ateliers, “j’ai fait le casting et choisi ceux que je sentais connectés à mon travail”, explique le chorégraphe de 50 ans, connu pour ses danses puissantes, viscérales, libératrices, qui électrisent ses danseurs comme le public. Il a souhaité ici constituer un groupe restreint de 13 membres, pour mieux “concentrer l’énergie”.Dans le processus de travail, “je définis la façon dont j’estime que le mouvement doit être, comment je le trouve puissant”, décrit-il, disant vouloir “inviter les danseurs dans (son) monde”. Ensuite, “à travers leur interprétation, je les laisse créer” et “ils apportent une nouvelle coloration à mon travail”.Dans le même temps, Hofesh Shechter, qui avait signé la musique du film de Klapisch avec Thomas Bangalter, moitié de Daft Punk, crée ses compositions. Dans “Red Carpet”, ce sont “des morceaux électro” sur lesquels quatre musiciens jouent en live “un jazz expérimental”.Lors d’une répétition à laquelle l’AFP a pu assister, le groupe évolue en tribu organique, dont l’élan est percutant. Les danseurs ancrent leurs pas dans le sol, pour mieux le repousser dans le mouvement suivant. Selon le chorégraphe, sa création s’inspire de “l’atmosphère du glamour, des paillettes, du cabaret”, mais il ne souhaite pas en dire davantage sur cette oeuvre qui partira en tournée aux Etats-Unis en octobre.Formé à la danse folklorique, il débute sa carrière comme danseur au sein de la Batsheva Dance Company en Israël. Il s’installe à Londres au début des années 2000, commence à créer et fonde en 2008 une compagnie à son nom.- “Faire bouillonner” -“Uprising” (2006), première pièce l’ayant révélé auprès du public, danse brute et percutante de sept hommes en colère, a pu être lue comme puisant son inspiration dans les émeutes en France de 2005. “From England with love” (2021) est quant à elle une ode à la jeunesse de ce pays, un an après l’entrée en vigueur du Brexit.Hofesh Shechter vient par ailleurs d’être nommé, avec trois autres personnes, co-directeur de l’Agora, nouvelle cité internationale de la danse à Montpellier, qui gèrera également le festival Montpellier danse, rendez-vous de la création contemporaine. Observant en France une “soif” pour son travail, il entend “faire bouillonner” la danse “dans la ville” ou “auprès des étudiants”, “donner de l’énergie à ce lieu et en puiser également”. Ce sera aussi un lieu d’attache pour sa compagnie les temps de création.Les quatre co-directeurs de l’institution seront aussi responsables d’un master dédié aux talents internationaux. Il s’agit “de s’impliquer pour aider les jeunes chorégraphes”, en partageant les “expériences”.Il restera toutefois basé au Royaume-Uni, pays dont il doit par ailleurs obtenir “bientôt” la nationalité, sa troisième puisqu’il a aussi la nationalité allemande.”Political mother”, autre de ses oeuvres, dansée dans le film de Cédric Klapisch, est quant à elle reprise à l’ouverture des Nuits de Fourvière cette semaine à Lyon, avec l’ex-danseuse du Ballet Marion Barbeau, héroïne du film.

Cueillez-les vous-même: panier rempli pour producteurs et consommateurs

Il est à peine 9h et déjà une vingtaine de dos courbés s’alignent entre les fraisiers d’une ferme alsacienne, où trois hectares sont consacrés à la libre-cueillette. Un moyen de se passer de main-d’œuvre pour les producteurs et de faire des économies pour les consommateurs.”Ça fait 40 ans que je suis dans la région, ça fait 40 ans que j’en fais”: Nathalie Jubault, 61 ans, est une “libre-cueilleuse” aguerrie.Venue en tenue de sport à la ferme Krieger, à Haguenau, au nord de Strasbourg, elle profite de son jour de repos pour cueillir 3 kilos de fraises et prévoit d’y retourner la semaine prochaine. “C’est beaucoup plus agréable! Dans les barquettes au supermarché, il y a souvent du moisi. Et ça fait travailler les producteurs de chez nous!”, s’exclame cette gérante de supermarché, qui confie ne jamais y acheter ses fruits et légumes parce qu’ils “viennent d’Espagne ou du Maroc”. Jeunes, vieux, enfants: munis de leurs seaux en plastique, les clients n’ont qu’à tendre le bras vers le fruit qu’ils préfèrent.Un circuit (très) court, particulièrement apprécié en Alsace, région en pointe sur le consommer local. – Moitié prix -Ici, le kilo de fraises coûte 4,30 euros, soit moitié moins que dans le commerce, un argument mis en avant par chaque cueilleur.”Le prix est correct pour nous, pour eux et pour tout le monde”, résume Virginie Krieger, propriétaire de cette ferme qui propose aussi des légumes de saison à la vente. La libre-cueillette est même l’une de ses activités les plus rentables. Elle représente 25% du chiffre d’affaires de son exploitation qu’elle a rachetée il y a 20 ans à une famille allemande, la première à avoir proposé dans les années 1960 de la libre-cueillette en France.”L’avantage, c’est qu’on a besoin de moins de personnel. Aujourd’hui, nous sommes une dizaine de cueilleurs, mais si on voulait cueillir ce que les clients ne cueillent pas, on devrait être 20 à 30 personnes”, explique Mme Krieger, qui rappelle à quel point il est difficile de recruter de la main-d’œuvre agricole. “Tu es là de 5h30 à 13h, dans une posture assez difficile, il n’y a plus beaucoup de gens qui veulent le faire”, déplore la maraîchère de 47 ans.Elle peut encore compter sur de la main-d’œuvre étrangère, venue des pays de l’Est notamment. A quelques kilomètres de là, dans la petite ville cossue de la Wantzenau, Anne Clauss emploie une dizaine de saisonniers, tous venus de Roumanie.- 12 kilos en 30 minutes -Elle explique avoir lancé la libre-cueillette il y a 10 ans sur l’exploitation familiale afin de diversifier sa clientèle. Voyant que “ça marchait bien”, sa parcelle s’est agrandie et compte désormais deux hectares de libre-cueillette et une dizaine de variétés de fraises.Son dernier record: une tonne cueillie par 600 clients en une journée, la semaine dernière. “C’est génial ici”, témoigne Andreea Cristinar, 47 ans, qui avec son mari et leur fils, chapeaux sur la tête, a cueilli 12 kilos en à peine 30 minutes, pour en faire des confitures. Les avantages pour le producteur et le client sont tellement nombreux selon Thierry Peterschmitt, président de l’association des producteurs de fraises d’Alsace, que “la quasi totalité” des exploitations de fraises de la région, soit entre 40 et 50, propose de la libre-cueillette.”Un tiers du volume total (2.000 tonnes, ndlr) est vendu en libre-cueillette en Alsace”, ajoute M. Peterschmitt.La production biologique en revanche peine à s’imposer et reste “marginale”, selon Pierre Barth, président de l’Interprofession Fruits & Légumes d’Alsace. Le bio n’est “pas au programme” pour Virginie Krieger, qui a observé 30 à 40% de pertes l’année passée à cause des intempéries. “C’était compliqué”, confirme Anne Clauss après avoir déjà essayé le bio, car “il n’y a aucun produit pour contrôler les maladies”.Pas de quoi inquiéter les clients, comme Sophie Weissenburger, venue avec son fils de 2 ans: “J’espère pouvoir leur faire confiance… Mais c’est du local, c’est toujours mieux que les fraises d’Espagne!”