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Trump ‘open’ to meeting leaders of Ukraine, Russia to push ceasefire

US President Donald Trump is “open” to meeting his Russian and Ukrainian counterparts in Turkey, the White House said, after the two sides failed on Monday to make headway towards an elusive ceasefire.Delegations from both sides did, however, agree another large-scale prisoner exchange in their meeting in Istanbul, which in mid-May also hosted their first …

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A69: un texte visant à sécuriser juridiquement le chantier saute la case des débats à l’Assemblée

Les Insoumis pris au piège de leur propre stratégie: les députés ont approuvé lundi une motion de rejet LFI contre un texte Renaissance visant à sécuriser juridiquement le chantier de l’A69, avec pour effet d’accélérer le parcours législatif du texte en l’envoyant directement devant une commission mixte députés-sénateurs.La motion de rejet a été approuvée à l’unanimité, les groupes du socle commun et de l’extrême droite joignant leurs voix à celles de LFI, bien malgré elle.Le rapporteur Jean Terlier (Renaissance) a apporté son soutien à la motion, invoquant “l’obstruction” de la France insoumise et des écologistes, auteurs de la quasi-totalité des plus de 700 amendements déposés, dont un peu plus de 230 déclarés recevables. Le gouvernement a donné lui un “avis de sagesse” (ni pour ni contre).La semaine dernière, les députés du socle commun et du RN avaient, dans une tactique assez proche, adopté une motion de rejet contre la proposition de loi Duplomb-Menonville sur les contraintes pesant sur le métier d’agriculteur, afin d’accélérer les débats et d’envoyer le texte en commission mixte paritaire. La motion avait été déposée par le rapporteur du texte lui-même, Julien Dive (LR).”Cela fait maintenant deux fois que vous détournez la motion de rejet en 49.3 parlementaire”, a tonné la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, menaçant de saisir le Conseil constitutionnel pour atteinte à la “sincérité des débats” et au “droit d’amendement”. La députée du Val-de-Marne a cependant estimé que la coalition gouvernementale avait “offert une victoire” aux Insoumis, “puisque le seul vote de l’Assemblée nationale sur l’A69 a été de rejeter ce texte”.”C’est l’arroseur arrosé”, lui a répondu Jean Terlier. “La prochaine fois, vous réfléchirez à deux fois avant de déposer une motion de rejet et plus de 700 amendements”, a dit le député du Tarn, en rappelant que le texte a obtenu “un vote large” lors de son examen en commission.- Une mobilisation prévue début juillet -Selon des sources au groupe écologiste et social, celui-ci a demandé au groupe LFI de retirer sa motion de rejet, sans le convaincre.Mais la députée EELV Christine Arrighi a dit à l’AFP comprendre le choix de LFI, qui était selon elle une “manière de démontrer qu’Ensemble pour la République (le groupe macroniste de Gabriel Attal, NDLR) détourne la procédure” parlementaire.Le texte porté par M. Terlier, déjà adopté au Sénat, vise à conférer au chantier de l’autoroute qui doit relier Castres et Toulouse une “raison impérative d’intérêt public majeur”, ouvrant la voie à des dérogations à la protection des espèces, au nom du désenclavement du territoire. En validant rétroactivement des autorisations environnementales, il pourrait ainsi empêcher un éventuel nouvel arrêt des travaux.La cour administrative d’appel a certes autorisé qu’ils reprennent, “mi-juin” selon le gouvernement, mais elle s’est prononcée uniquement sur un recours en urgence de l’État, et doit encore trancher sur le fond dans plusieurs mois.A l’ouverture de la séance lundi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a souligné “l’importance particulière” du texte “pour le développement territorial” ainsi que pour la “sécurisation juridique de nos grandes infrastructures”, tout en émettant comme au Sénat un avis de sagesse sur le fond (ni pour ni contre).A contrario, les députés écologistes et Insoumis, à l’instar d’Anne Stambach-Terrenoir (LFI), y voient “un énième passage en force pour ce projet absurde d’autoroute qui longe littéralement une route nationale que l’on aurait pu réaménager”, et une volonté “d’écraser une décision judiciaire” qui avait invalidé les autorisations environnementales.L’A69 devait initialement être mise en service fin 2025, selon la société Atosca, en charge des travaux, mais l’échéance ne pourra pas être respectée. Pour finaliser le chantier, la société doit rapatrier dans le Tarn un millier de salariés et de nombreux engins.De leur côté, les opposants s’organisent. Une grande mobilisation est convoquée les 4, 5 et 6 juillet aux abords du chantier.Une action symbolique a également eu lieu lundi matin à proximité de l’Assemblée: un militant du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) s’est brièvement perché dans un arbre, déployant des banderoles, telles que “Non à la loi de validation” ou “Stop à l’A69”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

A69: un texte visant à sécuriser juridiquement le chantier saute la case des débats à l’Assemblée

Les Insoumis pris au piège de leur propre stratégie: les députés ont approuvé lundi une motion de rejet LFI contre un texte Renaissance visant à sécuriser juridiquement le chantier de l’A69, avec pour effet d’accélérer le parcours législatif du texte en l’envoyant directement devant une commission mixte députés-sénateurs.La motion de rejet a été approuvée à l’unanimité, les groupes du socle commun et de l’extrême droite joignant leurs voix à celles de LFI, bien malgré elle.Le rapporteur Jean Terlier (Renaissance) a apporté son soutien à la motion, invoquant “l’obstruction” de la France insoumise et des écologistes, auteurs de la quasi-totalité des plus de 700 amendements déposés, dont un peu plus de 230 déclarés recevables. Le gouvernement a donné lui un “avis de sagesse” (ni pour ni contre).La semaine dernière, les députés du socle commun et du RN avaient, dans une tactique assez proche, adopté une motion de rejet contre la proposition de loi Duplomb-Menonville sur les contraintes pesant sur le métier d’agriculteur, afin d’accélérer les débats et d’envoyer le texte en commission mixte paritaire. La motion avait été déposée par le rapporteur du texte lui-même, Julien Dive (LR).”Cela fait maintenant deux fois que vous détournez la motion de rejet en 49.3 parlementaire”, a tonné la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, menaçant de saisir le Conseil constitutionnel pour atteinte à la “sincérité des débats” et au “droit d’amendement”. La députée du Val-de-Marne a cependant estimé que la coalition gouvernementale avait “offert une victoire” aux Insoumis, “puisque le seul vote de l’Assemblée nationale sur l’A69 a été de rejeter ce texte”.”C’est l’arroseur arrosé”, lui a répondu Jean Terlier. “La prochaine fois, vous réfléchirez à deux fois avant de déposer une motion de rejet et plus de 700 amendements”, a dit le député du Tarn, en rappelant que le texte a obtenu “un vote large” lors de son examen en commission.- Une mobilisation prévue début juillet -Selon des sources au groupe écologiste et social, celui-ci a demandé au groupe LFI de retirer sa motion de rejet, sans le convaincre.Mais la députée EELV Christine Arrighi a dit à l’AFP comprendre le choix de LFI, qui était selon elle une “manière de démontrer qu’Ensemble pour la République (le groupe macroniste de Gabriel Attal, NDLR) détourne la procédure” parlementaire.Le texte porté par M. Terlier, déjà adopté au Sénat, vise à conférer au chantier de l’autoroute qui doit relier Castres et Toulouse une “raison impérative d’intérêt public majeur”, ouvrant la voie à des dérogations à la protection des espèces, au nom du désenclavement du territoire. En validant rétroactivement des autorisations environnementales, il pourrait ainsi empêcher un éventuel nouvel arrêt des travaux.La cour administrative d’appel a certes autorisé qu’ils reprennent, “mi-juin” selon le gouvernement, mais elle s’est prononcée uniquement sur un recours en urgence de l’État, et doit encore trancher sur le fond dans plusieurs mois.A l’ouverture de la séance lundi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a souligné “l’importance particulière” du texte “pour le développement territorial” ainsi que pour la “sécurisation juridique de nos grandes infrastructures”, tout en émettant comme au Sénat un avis de sagesse sur le fond (ni pour ni contre).A contrario, les députés écologistes et Insoumis, à l’instar d’Anne Stambach-Terrenoir (LFI), y voient “un énième passage en force pour ce projet absurde d’autoroute qui longe littéralement une route nationale que l’on aurait pu réaménager”, et une volonté “d’écraser une décision judiciaire” qui avait invalidé les autorisations environnementales.L’A69 devait initialement être mise en service fin 2025, selon la société Atosca, en charge des travaux, mais l’échéance ne pourra pas être respectée. Pour finaliser le chantier, la société doit rapatrier dans le Tarn un millier de salariés et de nombreux engins.De leur côté, les opposants s’organisent. Une grande mobilisation est convoquée les 4, 5 et 6 juillet aux abords du chantier.Une action symbolique a également eu lieu lundi matin à proximité de l’Assemblée: un militant du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) s’est brièvement perché dans un arbre, déployant des banderoles, telles que “Non à la loi de validation” ou “Stop à l’A69”.

Soulagement, déception, attente… les premiers résultats tombent sur Parcoursup

“Soulagé” ou “un peu déçu” devant l’écran de Parcoursup: deux mois après avoir bouclé leurs dossiers, les lycéens de terminale ont reçu lundi les premiers résultats de la plateforme d’inscription post-bac.”Assez stressée”, Valentine, lycéenne de 17 ans en région parisienne, était “avec (sa) maman” pour consulter les résultats.Et se dit “très contente”: elle est admise dans la prépa littéraire qu’elle “voulait absolument”. “Je suis hyper soulagée. Je vais pouvoir accepter directement”, se réjouit-elle.Pour Gabriel, 17 ans, il va en revanche falloir patienter. Ses neuf voeux sont tous en “attente”.”A priori, ce sera plutôt le cinéma que les sciences politiques”, philosophe le lycéen d’Auxerre, en regardant son classement. Il avait fait quatre voeux en licence de sciences politiques, et cinq en licence de cinéma à Paris. “Je suis un peu déçu, mais aussi soulagé, parce que ce n’est peut-être pas moi qui vais avoir à choisir” entre ces deux voies, avoue-t-il. “Je vais surtout voir, chaque jour, comment (mon classement évolue, ndlr). Et commencer à regarder ce que je préfère parmi les licences de cinéma”. Parcoursup n’est “qu’une étape” qu’il faut “dédramatiser”, a déclaré lundi sur Franceinfo le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste. La question cruciale est celle de l’orientation, sur laquelle le gouvernement fera des annonces “dans quelques jours”.Cette année, les lycéens avaient jusqu’à mi-mars pour inscrire leurs voeux sur la plateforme, puis jusqu’au 2 avril pour compléter leur dossier et confirmer leurs choix. Parcoursup, qui a succédé en 2018 à APB, a recueilli les voeux de 980.000 candidats dans l’enseignement supérieur, contre 945.500 l’an dernier. Parmi eux, les plus nombreux sont des lycéens: ils sont 650.000, contre 183.000 étudiants souhaitant changer de voie.Plusieurs réponses sont possibles pour chaque formation: être accepté (oui), être accepté sous condition (oui si, pour des filières universitaires qui demandent à l’étudiant de suivre un parcours d’accompagnement pédagogique ou personnalisé), être sur liste d’attente ou être refusé (uniquement pour les filières sélectives).- Le bac comme condition -Eliott, lycéen en région parisienne avait émis 20 voeux. “Ceux qui m’ont accepté ne m’intéressent pas” et neuf sont en attente, raconte l’adolescent de 17 ans. “Il faut que j’attende pour voir si je suis pris en licence de sciences politiques à Paris-Nanterre” pour laquelle il est, pour le moment, classé 4.566e. “Mais même si je suis pris je ne sais pas encore ce que je choisirai par rapport aux écoles hors Parcoursup”, poursuit le lycéen, déjà accepté dans des écoles privées pour travailler dans l’immobilier.Comme chaque année, dans les premières heures, il est possible seulement de consulter les résultats. C’est plus tard dans la soirée que les candidats pourront commencer à répondre aux propositions.La phase principale d’admission durera jusqu’au 10 juillet, période pendant laquelle les candidats continueront de recevoir des réponses. Ils sont souvent sur des listes d’attente, qui peuvent évoluer vite: il faut donc consulter régulièrement Parcoursup. Cette année, pour accélérer la procédure, il sera demandé aux candidats ayant des voeux en attente de classer par ordre de préférence ceux qu’ils souhaitent conserver entre le 6 et le 10 juin.Du 11 juin au 11 septembre, de nouveaux vœux seront possibles dans les formations qui disposent encore de places.Tout ce processus reste conditionné à l’obtention du bac, dont les résultats seront communiqués le 4 juillet. Parallèlement à leurs démarches pour Parcoursup, les lycéens passeront la philo le 16 juin puis les épreuves de spécialité entre le 17 et le 19 juin et le Grand oral du 23 juin au 2 juillet.Un site de mise en situation est proposé par le ministère de l’Enseignement supérieur pour aider les candidats à répondre aux propositions des formations. Un numéro vert est aussi disponible pour les guider: 0.800.400.070. L’an dernier, 94% des lycéens inscrits sur Parcoursup ont reçu au moins une proposition d’admission, selon le ministère.Pour les étudiants titulaires d’un diplôme bac+3 qui ont postulé sur la plateforme Mon master, c’était aussi l’heure du verdict ce lundi: ils ont commencé à recevoir à 9H00 les premières réponses à leurs candidatures pour des masters.slb-ic-gar-ber/grd/jco

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Le Sénat face au défi de freiner l’essor de la “fast fashion”

Après avoir longtemps traîné au Parlement, une proposition de loi pour freiner la “fast fashion” est examinée lundi au Sénat, qui entend légiférer contre cette mode “éphémère” ou “jetable” expédiée à prix cassés depuis la Chine, avec le géant Shein dans le viseur.Peu coûteux, de piètre qualité, faciles à commander, souvent très polluants et constamment renouvelés, ces vêtements qui saturent le marché et concurrencent les acteurs historiques de l’industrie textile verront-ils leur afflux en France bientôt régulé ?C’est tout l’objet du texte de la députée Horizons Anne-Cécile Violland, une proposition de loi pour “réduire l’impact environnemental de l’industrie textile”. Adoptée en mars 2024 à l’Assemblée nationale, elle a enfin repris son parcours législatif avec l’ouverture des débats au Sénat lundi soir. Un vote solennel des sénateurs est prévu le mardi 10 juin.Le phénomène inquiète. Entre 2010 et 2023, les vêtements mis sur le marché en France sont passés de 2,3 milliards à 3,2 milliards; plus de 48 vêtements par habitant sont mis sur le marché chaque année en France et 35 sont jetés chaque seconde dans le pays, selon l’Ademe, l’agence de l’environnement.Dénonçant une “invasion” de la mode “ultra éphémère”, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a promis à l’ouverture des débats de s’attaquer à un “triple fléau”: “l’incitation à la surconsommation, le désastre écologique et la menace pour nos entreprises”.Face à cette “vague irrésistible” de produits “qui ne durent pas”, la ministre a espéré que cette loi fera “bouger les lignes” ailleurs en Europe. – Viser “l’ultra” éphémère -Parmi les mesures phares, l’établissement d’une définition de la mode éphémère, liée à des obligations pour les entreprises concernées, comme celle de sensibiliser les consommateurs à “l’impact environnemental” de leurs vêtements. La proposition de loi prévoit également des sanctions renforcées pour ces plateformes à travers un système revu de “bonus-malus” tenant compte des “coûts environnementaux” d’une production excessive.Sur ce dispositif, une divergence existe entre députés et sénateurs. Les députés souhaitent lier ces pénalités à “l’affichage environnemental” des produits, une méthode récente de notation. Mais le Sénat, en accord avec le gouvernement, a supprimé cette référence en commission, préférant des critères liés à la “durabilité” et aux “pratiques commerciales” des plateformes. Cette nouvelle rédaction entend viser davantage la mode “ultra express” des géants asiatiques, en premier lieu Shein et Temu, tout en préservant des entreprises européennes ou françaises qui auraient pu être concernées par le texte de l’Assemblée, comme Kiabi, Zara ou H&M. “Nous souhaitons vraiment préserver ces enseignes qui nous restent, qui sont disponibles sur nos territoires”, assume la rapporteure Les Républicains Sylvie Valente Le Hir.Sur RTL, le porte-parole de Shein Quentin Ruffat a estimé lundi que l’encadrement de l’industrie textile ne fonctionnera “que si cette action est collective”, et pas “en visant un seul acteur”. Il a fustigé une loi qui ajoutera selon lui “une taxe de 10 euros par vêtement vendu d’ici 2030” et va “impacter le pouvoir d’achat” des Français.- Publicité et lobbying -Ce recentrage du texte inquiète les associations environnementales, qui ont regretté un “détricotage” du texte. “Il nous semble problématique que la proposition de loi du Sénat restreigne le cadre à l’ultra fast fashion”, a dénoncé auprès de l’AFP Clear Fashion.Le sénateur écologiste Jacques Fernique a lui craint de voir les débats accoucher d’une “coquille certes intéressante, mais un peu vide”.Les discussions dans l’hémicycle tourneront également autour de l’interdiction de la publicité pour les entreprises de la “fast fashion”.La majorité sénatoriale, une alliance droite-centristes, s’y est opposée au motif qu’elle briderait la “liberté d’entreprendre” et serait fragile constitutionnellement. Elle a donc opté pour limiter l’interdiction aux seuls influenceurs. Mais le gouvernement est favorable à l’interdiction totale et tentera de la réintroduire, soutenu par la gauche.En toile de fond de ces débats sensibles, plusieurs parlementaires ont relevé le “lobbying” intense de certaines firmes et notamment de Shein, regrettant notamment le recrutement par cette entreprise de l’ancien ministre Christophe Castaner pour l’accompagner dans sa démarche de responsabilité sociétale (RSE) au sein d’un comité consultatif.”Cela fausse la donne et accrédite la thèse selon laquelle il suffirait d’avoir un ancien ministre de l’Intérieur pour influencer les parlementaires. C’est mal connaître le Sénat”, a balayé le sénateur LR Didier Mandelli.

Le Sénat face au défi de freiner l’essor de la “fast fashion”

Après avoir longtemps traîné au Parlement, une proposition de loi pour freiner la “fast fashion” est examinée lundi au Sénat, qui entend légiférer contre cette mode “éphémère” ou “jetable” expédiée à prix cassés depuis la Chine, avec le géant Shein dans le viseur.Peu coûteux, de piètre qualité, faciles à commander, souvent très polluants et constamment renouvelés, ces vêtements qui saturent le marché et concurrencent les acteurs historiques de l’industrie textile verront-ils leur afflux en France bientôt régulé ?C’est tout l’objet du texte de la députée Horizons Anne-Cécile Violland, une proposition de loi pour “réduire l’impact environnemental de l’industrie textile”. Adoptée en mars 2024 à l’Assemblée nationale, elle a enfin repris son parcours législatif avec l’ouverture des débats au Sénat lundi soir. Un vote solennel des sénateurs est prévu le mardi 10 juin.Le phénomène inquiète. Entre 2010 et 2023, les vêtements mis sur le marché en France sont passés de 2,3 milliards à 3,2 milliards; plus de 48 vêtements par habitant sont mis sur le marché chaque année en France et 35 sont jetés chaque seconde dans le pays, selon l’Ademe, l’agence de l’environnement.Dénonçant une “invasion” de la mode “ultra éphémère”, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a promis à l’ouverture des débats de s’attaquer à un “triple fléau”: “l’incitation à la surconsommation, le désastre écologique et la menace pour nos entreprises”.Face à cette “vague irrésistible” de produits “qui ne durent pas”, la ministre a espéré que cette loi fera “bouger les lignes” ailleurs en Europe. – Viser “l’ultra” éphémère -Parmi les mesures phares, l’établissement d’une définition de la mode éphémère, liée à des obligations pour les entreprises concernées, comme celle de sensibiliser les consommateurs à “l’impact environnemental” de leurs vêtements. La proposition de loi prévoit également des sanctions renforcées pour ces plateformes à travers un système revu de “bonus-malus” tenant compte des “coûts environnementaux” d’une production excessive.Sur ce dispositif, une divergence existe entre députés et sénateurs. Les députés souhaitent lier ces pénalités à “l’affichage environnemental” des produits, une méthode récente de notation. Mais le Sénat, en accord avec le gouvernement, a supprimé cette référence en commission, préférant des critères liés à la “durabilité” et aux “pratiques commerciales” des plateformes. Cette nouvelle rédaction entend viser davantage la mode “ultra express” des géants asiatiques, en premier lieu Shein et Temu, tout en préservant des entreprises européennes ou françaises qui auraient pu être concernées par le texte de l’Assemblée, comme Kiabi, Zara ou H&M. “Nous souhaitons vraiment préserver ces enseignes qui nous restent, qui sont disponibles sur nos territoires”, assume la rapporteure Les Républicains Sylvie Valente Le Hir.Sur RTL, le porte-parole de Shein Quentin Ruffat a estimé lundi que l’encadrement de l’industrie textile ne fonctionnera “que si cette action est collective”, et pas “en visant un seul acteur”. Il a fustigé une loi qui ajoutera selon lui “une taxe de 10 euros par vêtement vendu d’ici 2030” et va “impacter le pouvoir d’achat” des Français.- Publicité et lobbying -Ce recentrage du texte inquiète les associations environnementales, qui ont regretté un “détricotage” du texte. “Il nous semble problématique que la proposition de loi du Sénat restreigne le cadre à l’ultra fast fashion”, a dénoncé auprès de l’AFP Clear Fashion.Le sénateur écologiste Jacques Fernique a lui craint de voir les débats accoucher d’une “coquille certes intéressante, mais un peu vide”.Les discussions dans l’hémicycle tourneront également autour de l’interdiction de la publicité pour les entreprises de la “fast fashion”.La majorité sénatoriale, une alliance droite-centristes, s’y est opposée au motif qu’elle briderait la “liberté d’entreprendre” et serait fragile constitutionnellement. Elle a donc opté pour limiter l’interdiction aux seuls influenceurs. Mais le gouvernement est favorable à l’interdiction totale et tentera de la réintroduire, soutenu par la gauche.En toile de fond de ces débats sensibles, plusieurs parlementaires ont relevé le “lobbying” intense de certaines firmes et notamment de Shein, regrettant notamment le recrutement par cette entreprise de l’ancien ministre Christophe Castaner pour l’accompagner dans sa démarche de responsabilité sociétale (RSE) au sein d’un comité consultatif.”Cela fausse la donne et accrédite la thèse selon laquelle il suffirait d’avoir un ancien ministre de l’Intérieur pour influencer les parlementaires. C’est mal connaître le Sénat”, a balayé le sénateur LR Didier Mandelli.

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Italie: l’Etna crache un énorme panache de cendres et de gaz

Une immense colonne de cendres, de gaz et de roches s’est échappée lundi du mont Etna, en Sicile, après l’effondrement probable d’une partie de son cratère, ont indiqué les autorités italiennes, précisant qu’elle ne présentait pas de “danger” pour les touristes.Des caméras de surveillance ont capté “une coulée pyroclastique probablement causée par un effondrement (…) sur le flanc nord du cratère sud-est”, a précisé l’Institut national de géophysique et de volcanologie, s’élevant de l’Etna à partir de 11h24, heure locale (09h24 GMT).Une coulée pyroclastique se produit lorsque des roches volcaniques, des cendres et des gaz chauds dévalent les pentes d’un volcan. L’activité du volcan “a évolué en fontaine de lave”, selon l’INGV, qui précise que le panache de cendres devrait se dissiper vers le sud-ouest.”Il n’y a aucun danger pour la population”, a déclaré le président de la région de Sicile, Renato Schifani, s’appuyant sur des experts qui lui ont assuré que la coulée n’avait pas atteint une zone fréquentée par les touristes.Sur des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dont l’AFP n’a pas pu vérifier l’authenticité, des touristes semblent descendre précipitamment les pentes du volcan, certains prenant des photos.Le responsable de la protection civile régionale a recommandé aux touristes d’éviter la zone “en raison de l’évolution potentielle du phénomène”, suivi “avec la plus grande prudence”, a ajouté Renato Schifani.L’intensité du volcan observée lundi “est l’un des signes du dynamisme continu de l’Etna”, a fait valoir le président de l’Association italienne de volcanologie, Marco Viccaro, au quotidien Corriere della Sera, précisant que l’Etna était actif depuis “plusieurs semaines”.Cette phase a été marquée par des “épisodes de courte durée, avec une énergie intense”, mais moins que ceux observés entre 2020 et 2022, a-t-il estimé. “Il s’agit d’une activité strombolienne relativement modérée dans les premiers temps, qui s’intensifie rapidement jusqu’à produire des explosions assez énergiques en fréquence”, a ajouté Marco Viccaro. Le volcan se trouve dans une “phase de recharge” au cours de laquelle le magma, qui se trouve habituellement beaucoup plus profondément dans la terre, est désormais plus proche de la surface. L’importance de la remontée de ce magma déterminera la durée de l’activité, a expliqué M. Viccaro. Pour lui, “l’évolution dépend des volumes de magma qui ont pénétré dans la partie supérieure du système d’alimentation”. L’activité, a-t-il souligné, “pourrait évoluer pendant des semaines, voire des mois, avec des épisodes similaires à ceux dont nous avons été témoins”.Une alerte rouge émise pour les autorités aériennes indique que la hauteur du nuage volcanique est estimée à 6,5 kilomètres.L’aéroport de Catane, situé à proximité, restait toutefois opérationnel.Culminant à 3.324 mètres, l’Etna, le plus grand volcan actif d’Europe, est entré régulièrement en éruption au cours des 500.000 dernières années.

Le parc d’éoliennes en mer s’étend en Méditerranée

La production d’énergie renouvelable en mer s’accroît en Méditerranée, où deux parcs d’éoliennes flottantes capables de fournir chacun l’électricité nécessaire à une ville de 50.000 habitants seront installés d’ici la fin de l’année, au large des côtes des Pyrénées-Orientales et de l’Aude.Contrairement à celles dont le mât est planté dans le sol marin, et qui représentent la majorité des éoliennes en mer en France, celles flottantes peuvent être installées dans des zones profondes, plus venteuses et plus loin des côtes.En cours d’assemblage à Port-la-Nouvelle (Aude), les trois premières éoliennes pilotes, positionnées avant l’été à 16 km de la station balnéaire du Barcarès, près de Perpignan, atteindront leur production maximale fin 2025. Elles vont aussi permettre d’évaluer l’impact sur l’environnement, avant l’installation de dizaines, voire de centaines d’éoliennes flottantes bien plus puissantes, alors que des écologistes dénoncent une prise en compte insuffisante des risques pour les fonds marins, les poissons et les oiseaux.Marc Hirt, directeur général d’Ocean Winds, la filiale d’Engie en charge de cette ferme pilote, a évoqué lundi à Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, où ces trois éoliennes sont en cours d’assemblage, un probable effet “positif” de la nouvelle installation, susceptible de devenir un “récif artificiel” favorable à la vie marine.Il s’est dit “plus prudent pour l’instant” sur les effets sur les oiseaux qui pourraient être blessés ou tués par les pales des éoliennes.- Avertisseurs sonores -La mise en place de haut-parleurs émettant des sons de rapaces afin d’effrayer les oiseaux sont en cours d’essai, mais c’est encore “très expérimental”, a précisé M. Hirt devant la presse.Le préfet d’Occitanie, Pierre-André Durand a quant à lui noté qu’il y aura des retours d’expérience “cinq ans avant la mise en place des parcs commerciaux”, ce qui permettra de profiter des nouvelles connaissances.Pour Serge Briez, dont l’association Les Peuples de la mer observe et répertorie depuis quatre ans les plus de 120 espèces animales susceptibles d’être affectées par les éoliennes (dauphins, thons, flamants roses, fous de Bassan…), ce délai est insuffisant.”Cinq ans avant, l’ingénierie du projet est déjà en route”, il est trop tard pour que les résultats des expérimentations puissent avoir une véritable influence sur la conception des futures éoliennes commerciales, affirme-t-il à l’AFP.D’autre part, l'”effet récif” développera des espèces côtières pas forcément nécessaires à cet endroit-là et les bruits de rapaces “ont déjà été essayés et ça ne marche pas”, ajoute-t-il, rappelant qu’en avril, la justice a ordonné l’arrêt de deux parcs éoliens terrestres responsables de la mort d’oiseaux protégés dans l’Hérault, une première en France.Bruno Ladsous, du collectif TNE, qui dit regrouper plusieurs dizaines d’associations écologistes, souligne “ne pas être contre les éoliennes flottantes” à certaines conditions: “éloignement significatif des côtes” et “respect des couloirs migratoires” des oiseaux, “des fonds marins” et de la faune marine. “Mais ces conditions n’ont jamais été respectées”, ajoute-t-il aussitôt.- Vents réguliers -Plusieurs personnalités présentes lundi à Port-la-Nouvelle, dont la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, ou la directrice générale adjointe d’Engie Claire Waysand, ont rappelé la régularité remarquable des vents marins méditerranéens, un point favorable au déploiement de l’éolien dans cette zone.Outre la première ferme pilote, au large du Barcarès (Pyrénées-Orientales), une autre de trois éoliennes doit être déployée à l’automne au large de Port-la-Nouvelle, près de Narbonne, dans l’Aude, s’ajoutant à celle du Golfe de Fos (Bouches-du-Rhône, à une cinquantaine de km de Marseille) qui est déjà en service.Deux parcs commerciaux situés plus loin des côtes (entre 25 et 30 km, contre 16 ou 18 km pour les fermes pilotes) sont déjà prévus pour une mise en service à partir de 2031 au large de l’Occitanie, pour une production totale de 750 MW, équivalente à la consommation d’un million d’habitants.Cependant, le développement de l’éolien en mer “posé”, dont la technologie est mieux maîtrisée, a été plus rapide que celui du flottant.Ainsi, trois parcs éoliens offshore “posés” commerciaux sont déjà en service en France, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et Fécamp (Seine-Maritime).