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Enquête pour corruption et perquisitions chez Rachida Dati

Nouveau tourment à trois mois des élections municipales: des perquisitions ont été menées jeudi aux domiciles de Rachida Dati, candidate à Paris, ainsi que dans sa mairie du 7e arrondissement de la capitale, dans le cadre d’une enquête pour corruption.La ministre de la Culture est soupçonnée d’avoir perçu 299.000 euros d’honoraires de GDF Suez quand elle était députée européenne (2009-2019), sans en déclarer la provenance au Parlement européen, comme l’a signalé une source proche du dossier à l’AFP.L’information judiciaire est ouverte “notamment des chefs de corruption active et passive, trafic d’influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment de ces délits en lien avec l’exercice du mandat de parlementaire européen de Madame Rachida Dati”, écrit ainsi le procureur de la République financier, Jean-François Bohnert, dans un communiqué.Il y est fait mention jeudi d'”opérations de perquisition visant divers lieux, dont notamment la mairie du 7e arrondissement de Paris et le ministère de la Culture, ainsi que des domiciles”. Elles s’inscrivent dans le cadre “d’une information judiciaire ouverte le 14 octobre et confiée à deux juges d’instruction du pôle économique et financier du tribunal judiciaire de Paris”, peut-on encore lire, confirmant des informations du Nouvel Obs et de l’émission Complément d’Enquête, sur France 2, qui ont révélé les investigations. Tout est parti d’une enquête préliminaire conduite depuis le 16 avril “sur la base, notamment, d’un signalement Tracfin (renseignement financier, ndlr) reçu par le PNF (Parquet national financier)”, explique Jean-François Bohnert.Les investigations sont menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Me Olivier Pardo, un des avocats de Mme Dati, sondé par l’AFP, s’est refusé à tout commentaire. Ses autres conseils n’ont pas donné suite ou ne pouvaient communiquer dans l’immédiat.- Cascade de dossiers judiciaires -Selon une enquête diffusée début juin sur France 2, les fonds du géant français avaient transité par un cabinet d’avocats, STC Partners, avant d’être rebasculés sur les comptes de Mme Dati en 2010 et 2011. D’après Complément d’enquête, l’origine de ces revenus n’a pas été déclarée au Parlement européen comme cela est requis pour éviter les conflits d’intérêt.La candidate à la mairie de Paris avait qualifié sur Europe 1 et CNews ces accusations de “diffamatoires”, assurant que les documents évoqués dans cette émission ont déjà “été examinés par la justice” dans le cadre des investigations sur l’affaire Carlos Ghosn.Car Mme Dati est déjà renvoyée devant le tribunal correctionnel dans un autre dossier, pour corruption et trafic d’influence, dans lequel elle devra comparaître aux côtés de Carlos Ghosn. L’ancien tout-puissant patron de Renault-Nissan est établi au Liban depuis fin 2019 après une fuite rocambolesque du Japon et est visé depuis avril 2023 par un mandat d’arrêt.Le procès est fixé du 16 au 28 septembre 2026, soit six mois après les municipales prévues les 15 et 22 mars prochains.La figure de proue de la droite parisienne ne compte plus les dossiers sur le terrain judiciaire. La ministre de la Culture est ainsi visée par une autre enquête, ouverte par le parquet de Paris, concernant une éventuelle non-déclaration de bijoux de luxe.Mme Dati avait été mise en cause mi-avril par une enquête de Libération, affirmant qu’elle avait omis 420.000 euros de bijoux dans ses déclarations de patrimoine.”J’ai rien à régulariser. Je n’ai jamais été prise en défaut sur aucune déclaration. Donc c’est pas aujourd’hui que ça va commencer”, avait riposté la ministre début mai, précisant qu’elle comptait porter plainte de son côté pour diffamation.sm-cbr-cco-fbe-pgr/lrb

La Ville d’Epinal peut finalement acquérir son historique Imagerie

“Une opportunité unique”: le conseil municipal d’Epinal a entériné jeudi soir le rachat de son historique Imagerie, riche d’un fonds de pierres lithographiques, après des années de combat judiciaire.Le conseil a adopté à l’unanimité une série de mesures pour acquérir les actifs de l’Imagerie, donnant le pouvoir au maire Patrick Nardin de signer l’acte de vente vendredi.”Ce dossier, j’ai souhaité qu’on le blinde juridiquement, parce que les dangers étaient partout”, a expliqué Patrick Nardin.La Ville sera propriétaire de l’Imagerie dès le 1er janvier.Lors d’une séance du conseil municipal le 27 novembre, le maire avait appelé les élus à prendre “une décision fondamentale, qui fera date dans l’histoire de la commune, celle de verser enfin, et pour la première fois, l’Imagerie d’Epinal dans le domaine public”. “Aujourd’hui nous avons le pouvoir de sacraliser un patrimoine formidable qui a donné son nom à la fameuse +Cité des Images+”, a ajouté le premier magistrat du chef-lieu vosgien, comptant un peu plus de 30.000 habitants.Cette acquisition permettra à la Ville de “transmettre et de conserver un trésor local de dimension nationale ainsi que des savoirs-faire ancestraux”, a-t-il dit. En 2020, la patronne de l’entreprise fondée en 1796, Christine Lorimy, avait formulé le souhait de créer un boutique-hôtel au sein du bâtiment, une fois qu’elle deviendrait propriétaire, pour une quinzaine d’euros, des murs de l’Imagerie, comme cela pouvait être rendu possible à la suite d’un bail signé en 1994, qui permettait à la société de racheter les murs au bout de 30 ans.Quatre ans de combat judiciaire ont opposé la patronne de l’Imagerie à la municipalité, qui contestait cette interprétation du bail. C’est après une décision de la Cour de cassation, favorable à la commune, que les négociations ont “enfin pu reprendre”, a retracé le maire.La Ville peut finalement acquérir l’Imagerie pour 605.500 euros (85.500 euros de fonds de commerce, 520.000 euros d’actifs).L’Etat, la région Grand Est et le département des Vosges ont versé des subventions.”L’activité de l’Imagerie sera réduite à minima dans un premier temps” avec l’ouverture de la boutique et la visite du musée, a prévenu l’édile. L’avenir du site sera décidé par le nouveau conseil municipal, après les élections de mars prochain.L’entreprise est riche d’une collection de 1.344 bois gravés, d’un important fonds iconographique de plusieurs centaines de milliers d’images et de plus de 6.000 pierres lithographiques des XIXe et XXe siècles.

Dermatose bovine, Mercosur: le point sur la crise agricole en France

La mobilisation des agriculteurs s’est fortement amplifiée en France jeudi, contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, catalyseur d’une colère agricole dans le Sud, qui s’est étendue au Nord jusqu’à Bruxelles, pour protester contre l’accord UE-Mercosur. Le point sur la situation jeudi soir.- Multiplication des blocages -“Vendredi, déjà classé +orange+ par Bison futé pour les départs en vacances, peut s’annoncer encore plus compliqué avec de nouvelles actions prévues”, a prévenu jeudi soir le gestionnaire d’autoroutes Vinci.En soirée jeudi, dans le sud-ouest de la France, quatre axes autoroutiers restaient fermés ou perturbés, selon Vinci.En Nouvelle-Aquitaine, les blocages routiers perdurent sur l’A64 (Bayonne-Toulouse), axe important pour les départs vers les stations de ski pyrénéennes et l’A63 au sud de Bordeaux. L’A89 est coupée entre Périgueux Ouest et Périgueux Est, et entre Egletons et Ussel-Est en Corrèze. L’A20 reste fermée dans les deux sens, entre Aussonne et Cahors-Nord.Dans le sud-est, la circulation a été rétablie sur l’A7 jeudi soir, mais selon Vinci, des manifestants sont attendus vendredi matin autour d’Avignon. Sur l’A9, la sortie du Boulou et celle de Vendargues sur l’A709 sont fermées.Dans le centre, l’A10 est fermée sur 85 kilomètres entre Meung-sur-Loire et Tours, avec les sorties de Mer, Blois et Château-Renault qui sont fermées, a aussi indiqué Vinci.En Haute-Savoie, où la DNC a sévi cet été, la circulation était perturbée sur l’A41 dans le sens Annecy-Genève, a indiqué le gestionnaire d’autoroutes APRR qui signale aussi des fermetures de portions de l’autoroute A75 en Auvergne, entre Saint-Flour et Lodève, et déconseille aux camions d’emprunter l’A75 pour se rendre à Montpellier.Des perturbations se produisent aussi en Charente-Maritime et autour d’Amiens avec des opérations escargot de tracteurs.En parallèle, une cinquantaine d’éleveurs et de sympathisants de la Confédération paysanne ont manifesté jeudi dans le centre-ville de Lille, tandis qu’à Lyon, environ 450 personnes se sont rassemblées à l’appel du même syndicat, avec le soutien de députés LFI. Dans les Deux-Sèvres, des agriculteurs de la Coordination Rurale (CR) ont déversé des bennes de paille, pneus, palettes, fumier et déchets plastiques dans les rues de la commune de Melle.Au niveau national, le ministère de l’Intérieur a signalé jeudi 110 actions en cours, mobilisant quelque 5.000 personnes.- Vaccinations -“L’important, c’est la vaccination et l’immunité collective. Il faut que 75% du cheptel, dans 95% des fermes, soient vaccinés”, a affirmé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, dans une interview à La Dépêche.Près de 400.000 doses de vaccins supplémentaires ont été acheminées des Pays-Bas vers le Sud-Ouest pour atteindre l’objectif du gouvernement de vacciner 750.000 bêtes dans les prochaines semaines. “500.000 doses étaient déjà arrivées, nous avons commencé à vacciner dès le week-end dernier”, a précisé la ministre. Elle a notamment promis que les troupeaux des “1.000 exploitations de l’Ariège” seraient vaccinés d’ici le 31 décembre.”Si nous voulons arriver au début du mois de février avec un début d’immunité collective, il nous faut agir rapidement”, a souligné le préfet des Pyrénées-Atlantiques. “Il n’y a, à date, aucun foyer, tous ont été éteints”, a assuré la ministre à La Dépêche, (…) “la vaccination est un horizon d’espoir pour les éleveurs”, a-t-elle dit.- Mercosur – A Bruxelles, de nombreux agriculteurs français ont rejoint des milliers de manifestants, avec 950 tracteurs recensés, venus de toute l’Europe jeudi pour s’opposer à la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) en négociation depuis plus de 25 ans.La Copa-Cogeca, principal syndicat agricole européen, a revendiqué 10.000 manifestants venus de plusieurs pays. Selon la FNSEA, au moins 4.000 Français faisaient partie des manifestations bruxelloises.- Réactions des autorités -Pendant que la crise se prolonge et se complexifie, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est rendu discrètement en Ariège pour échanger avec des éleveurs sans convier la presse.Vendredi matin, à partir de 08H30, il doit recevoir, hors presse toujours, les représentants des Jeunes Agriculteurs (JA), de la FNSEA (09H45), de la CR (11H00) et de la Confédération paysanne (12H15).Jeudi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a plaidé, sur Europe 1 et CNews, contre “un blocage plus dur” afin de ne pas entraver davantage la circulation des véhicules et des marchandises à l’approche du dernier week-end avant Noël, “ô combien important pour notre pays économiquement”.

US accuses S.Africa of harassing US officials working with Afrikaners

Washington on Thursday accused South Africa of harassing US government employees working with Afrikaners, the white minority to whom President Donald Trump is granting refugee status, in the latest escalation of tensions.The State Department said that passport information of US officials was leaked and warned in a statement that “failure by the South African government …

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“Espionnage”, “barbouzes”: devant les députés, Cohen et Legrand accusent les médias Bolloré

“Espionnage”, “barbouzes”: Patrick Cohen et Thomas Legrand ont mis en cause jeudi, devant les députés, les méthodes des médias de la galaxie Bolloré et dénoncé une “opération de propagande” dans l’affaire de la vidéo où ils apparaissent avec deux responsables socialistes.Trois mois après cette tempête politico-médiatique, les deux journalistes intervenant dans l’audiovisuel public ont été entendus pendant plusieurs heures, dans un climat tendu, par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité et le financement de ce secteur. Cette commission a été créée à la demande de l’UDR, parti allié au RN, dans la foulée de cette affaire qui a nourri les accusations de partialité en faveur de la gauche dans l’audiovisuel public.”L’émotion incontestable suscitée par ces images” a été “amplifiée par une opération de propagande sans limites, visant à dénigrer, à détruire le service public que je représente”, a assuré M. Cohen.”L’affaire dite Legrand-Cohen a fait l’objet en deux semaines, sur l’antenne de CNews (chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, ndlr), du 6 au 20 septembre dernier, de 853 séquences”, a-t-il ajouté.- “S’en occuper journalistiquement” -La vidéo a été divulguée début septembre par le magazine de droite conservatrice L’Incorrect et a ensuite été abondamment commentée dans les médias de la galaxie Bolloré comme CNews, Europe 1 et le JDD. Face aux deux responsables socialistes, M. Legrand y évoque les stratégies de la gauche aux prochaines élections et lâche, au sujet de la candidate de la droite parisienne, Rachida Dati: “Nous on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi”. Thomas Legrand a réaffirmé qu’il fallait entendre “on s’en occupe journalistiquement”.”Je vous invite (…) à vous remémorer votre dernier café avec des journalistes et à vous demander ce qu’aurait pu donner le fait qu’il soit filmé à votre insu et monté avec une intention de nuire avant d’être livré à une chaîne de télévision qui en fera ses choux gras”, a exposé l’éditorialiste de Libération, dont l’émission sur France Inter a été supprimée.Mais la vidéo “a scandalisé les Français”, a tonné Caroline Parmentier (RN).Le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (UDR), s’est étonné que les deux journalistes ne reconnaissent pas une faute et a fait valoir qu’à ce stade, il n’y a pas de preuve montrant que le montage altère le sens des propos des deux journalistes.”Vous pourriez être (un) politique (…) vous avez un don absolument incroyable pour éviter de répondre à mes questions”, a-t-il lancé à Patrick Cohen.- “L’ère du +trumpisme+” -Les travaux de la commission se déroulent dans une ambiance électrique et suscitent des réactions très polarisées sur les réseaux sociaux.Plusieurs élus de gauche ont réclamé d'”arrêter (le) spectacle”, dénonçant une véritable “tentative d’humiliation” de la part de l’extrême droite selon eux. Et Thomas Legrand de lancer à Charles Alloncle: “Vous voulez que je fasse une autocritique à la soviétique?”Thomas Legrand et Patrick Cohen ont porté plainte dans l’affaire de la vidéo, notamment pour atteinte à la vie privée. M. Legrand a déploré que son épouse, elle-même mise en cause sur les réseaux sociaux, ait reçu des menaces de mort.Devant les députés, ils se sont également indignés des affirmations égrenées depuis mardi sur Europe 1 à propos d’une récente rencontre dans un café entre Thomas Legrand et l’ex-directrice de France Inter, Laurence Bloch. Cette dernière y aurait demandé au journaliste de “rompre toute collaboration avec la station” pour protéger Radio France.”Notre discussion a été enregistrée à notre insu”, alors qu’il s’agit d'”un rendez-vous privé entre deux amis”, a dénoncé Thomas Legrand, évoquant un “espionnage”. “Nous sommes entrés en France dans l’ère du +trumpisme+”, a-t-il ajouté.”L’espionnage déguisé en journalisme est appelé à prospérer sur les antennes du groupe Bolloré”, a aussi accusé Patrick Cohen, en pointant des “méthodes de barbouzes”.L’affaire Legrand-Cohen a été le catalyseur d’une guerre ouverte entre l’audiovisuel public et les médias dans le giron de Vincent Bolloré. France Télévisions et Radio France ont porté l’affaire devant le tribunal des activités économiques, où ils ont assigné CNews, Europe 1 et le JDD pour “dénigrement”.

RATP: Emmanuel Macron choisit Xavier Piechaczyk (RTE) pour succéder à Jean Castex

Emmanuel Macron “envisage de nommer” l’actuel président du directoire du distributeur d’électricité RTE, Xavier Piechaczyk, “en qualité de président-directeur général de la RATP”, a fait savoir l’Elysée jeudi par communiqué.Ancien conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault et François Hollande, cet ingénieur des Ponts, eaux et forêts âgé de 56 ans pourrait ainsi succéder à Jean Castex, parti diriger la SNCF début novembre. La nomination de M. Piechaczyk doit encore être approuvée par l’Assemblée nationale et le Sénat, qui devraient l’entendre lors d’auditions séparées d’ici deux semaines. Ces auditions, qui se tiennent en général “un mercredi”, peuvent intervenir “le même jour”, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.Formellement, les parlementaires ont la possibilité de s’opposer au candidat d’Emmanuel Macron s’ils réunissent trois cinquièmes de leurs votes cumulés contre le nom choisi par l’Elysée.Si le nom de M. Piechaczyk est adoubé par les parlementaires, il sera nommé comme administrateur par le conseil d’administration de la Régie autonome des transports parisiens. Dans la foulée, celui-ci sera nommé comme PDG de l’entreprise par un décret signé du président de la République.Le nouveau PDG pourrait entrer en fonction “fin janvier, ou tout début février”, selon la source proche du dossier.Même s’il avait été renouvelé à son poste de président du directoire de RTE en juin dernier, le nom de M. Piechaczyk faisait figure de favori de l’Elysée pour la RATP depuis des semaines. Il a bien connu Emmanuel Macron et travaillé à ses côtés  alors qu’il était conseiller auprès de François Hollande (2014-15) et que le président de la République était secrétaire général adjoint de l’Elysée.- “basculement” -Le changement de direction intervient à un moment clé de l’histoire de la Régie autonome des transports parisiens, fondée en 1948.Celle-ci, gestionnaire d’un des plus anciens réseaux de métro du monde, doit en effet moderniser ses infrastructures, ce qui nécessite notamment l’introduction de nouvelles rames de métro sur huit lignes différentes, occasionnant beaucoup de travaux dans les dix ans à venir. Mais l’enjeu du moment pour la RATP, qui a bénéficié jusqu’à présent d’un monopole historique sur l’ensemble de ses activités, est bien celui de l’arrivée de la concurrence. Après le réseau de bus, dont elle a conservé l’exploitation de 70% des lignes, la RATP va voir le réseau de tramway ouvert à la concurrence d’ici 2030, puis celui du métro en 2040.Jeudi soir, la CFE-CGC, quatrième syndicat du groupe RATP a souligné dans un communiqué le besoin pour M. Piechaczyk de “préserver l’avenir” de l’établissement public qui chapeaute toutes les activités de l’entreprise et de “redonner de la visibilité à l’ensemble de ses filiales” et surtout “de garantir une stratégie sociale ambitieuse et collégiale”.”L’ouverture à la concurrence bouleverse en profondeur l’organisation du groupe RATP”, souligne le syndicat: “Alors que les filiales représentaient 27% du chiffre d’affaires en 2024, elles dépasseront 50% dès 2027”.Un “basculement rapide” qui “met en risque l’équilibre économique du groupe”, estime le syndicat.Une entreprise aux enjeux d’autant plus complexes, que malgré son ancrage initial parisien, la RATP dépend du financement de la région Ile-de-France pour ses matériels, et s’étend de plus en plus loin dans la banlieue, et maintenant en métropole.Si elle a perdu quelques plumes sur les bus parisiens, la RATP a en effet été retenue lundi par la région Normandie pour exploiter son réseau de trains régionaux autour de Caen, ce qui a éliminé de fait la SNCF. Le lot remporté comporte les lignes reliant Caen à Evreux, Saint-Lô, Rouen, Cherbourg, Rennes, Lisieux, Deauville et Coutance.A l’international, la RATP gère des réseaux de transports dans 16 pays sur les cinq continents. Jeudi, sa filiale RATP Dev a été sélectionnée avec Alstom pour construire une ligne de trains de banlieue à Melbourne en Australie.

Perpétuité pour l’anesthésiste Péchier, “le criminel du siècle”

Trente patients empoisonnés, dont 12 sont morts: au terme d’un exceptionnel procès de trois mois et demi, l’anesthésiste Frédéric Péchier a été condamné jeudi à Besançon à la prison à perpétuité pour l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés, un verdict contre lequel il va faire appel.”Douze morts, 18 rescapés: c’est le plus grand criminel du siècle, un des plus grands criminels de l’histoire judiciaire française”, a commenté Stéphane Giuranna, avocat de nombreuses parties civiles, estimant que le verdict “ne pouvait pas être autrement”.La peine est assortie d’une période de sûreté de 22 ans. “Vous allez être incarcéré immédiatement”, a lancé au condamné la présidente de la cour, Delphine Thibierge. Le praticien, qui comparaissait libre devant les assises du Doubs, n’avait jamais été détenu depuis le début de l’enquête en 2017. Il lui est interdit aussi “d’exercer la profession de médecin à titre définitif”. La cour a suivi l’accusation, qui avait requis la réclusion à perpétuité contre l’ancien médecin star de 53 ans, coupable selon elle d’avoir “utilisé la médecine pour tuer”. A l’inverse, son avocat Randall Schwerdorffer avait demandé à la cour de l’acquitter “purement et simplement”, faute de preuves irréfutables. Ce dernier a réaffirmé jeudi être convaincu de l’innocence de son client et annoncé qu’il allait faire appel et “demander sa remise en liberté”. “C’est la fin d’un cauchemar”, a déclaré Sandra Simard, l’une des victimes. “On passera Noël un peu plus tranquilles”, a réagi une autre victime, Jean-Claude Gandon.L’ensemble de la famille de l’anesthésiste était venue le soutenir. Ses filles, en larmes après l’annonce des premiers verdicts de culpabilité, ont quitté la salle. Leur père est lui resté impassible, le regard fixe, le visage fermé à l’annonce de la sentence.”C’est quelqu’un de très réservé, qui n’est pas très expansif sur ses émotions”, a dit M. Schwerdorffer.- “Je ne suis pas un empoisonneur” -Ce verdict survient après 15 semaines d’audience denses, parfois techniques et souvent poignantes. Les faits ont été commis entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon, sur des patients âgés de 4 à 89 ans.Lorsque la parole lui a été donnée une dernière fois lundi, Frédéric Péchier a à nouveau clamé son innocence. “Je ne suis pas un empoisonneur”, a-t-il affirmé.Selon l’accusation, le praticien a pollué des poches de perfusion avec différents produits pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients opérés par des confrères. Son objectif: “Atteindre psychologiquement” des soignants avec lesquels il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”, selon le parquet.Après avoir réfuté cette thèse pendant l’instruction, Frédéric Péchier a finalement admis, au cours du procès, qu’un empoisonneur avait bien sévi dans l’une des deux cliniques privées où il a travaillé. Mais il a constamment répété que ce n’était pas lui.- En attente d’explications -Le procès a alterné témoignages déchirants de victimes et échanges tendus avec un accusé décrit tantôt comme un tueur en série dénué d’empathie, tantôt comme un “homme détruit”.Cassant et inflexible lors des interrogatoires, l’accusé a versé des larmes le 5 décembre en évoquant sa tentative de suicide en 2021, mais il s’est montré impassible pendant la lourde charge menée à son encontre la semaine dernière par les deux représentantes de l’accusation.Si le verdict est un soulagement pour les victimes, des questions restent ouvertes. On s’est senti “ému et soulagé” que “papa soit reconnu victime”, a déclaré Olivier Py. Mais le procès en appel, “ça va être dur (…) on repart à zéro”.Me Frédéric Berna a regretté que Frédéric Péchier n’ait pas avoué. “On a pu avoir éventuellement l’espoir que l’humanité lui revienne et qu’il soit en mesure de livrer quelques explications”, a déclaré l’avocat de parties civiles. “Je crois que sa seule porte de sortie digne aujourd’hui (…)  ce serait qu’il se résigne à nous dire: +voilà pourquoi je l’ai fait, voilà ce que j’ai fait, voilà ce qui s’est passé dans ma tête+.”Archibald Celeyron, avocat du père de Tedy, la plus jeune victime âgée de 4 ans à l’époque, a dit lui aussi espérer obtenir “des explications” lors du procès en appel, afin de de savoir “pourquoi il a empoisonné ces personnes”.

Mobilisation agricole Sud-Ouest: autoroutes perturbées, visite express de Lecornu

Cinq autoroutes sont encore partiellement ou totalement fermées, et d’autres perturbées, jeudi dans le sud-ouest de la France, en raison des mobilisations agricoles, alors que le Premier ministre a effectué une visite express en Ariège auprès d’agriculteurs concernés par des abattages.Dans les locaux de la sous-préfecture de Pamiers, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a rencontré hors presse les deux frères éleveurs dont le troupeau de plus de 200 vaches à été abattu la semaine passée dans le village ariégeois des Bordes-sur-Arize, sans s’entretenir avec d’autres acteurs du monde agricole, a appris l’AFP auprès de la préfecture.Côté circulation, les grands axes d’Occitanie restent fortement touchés par les manifestations, selon Vinci Autoroutes, même si l’A61 entre Narbonne et Toulouse, partiellement et même totalement bloquée pendant plusieurs heures depuis mardi, a été rouverte jeudi après-midi pour les véhicules quittant la ville rose.Le trafic vers Toulouse devrait quant à lui reprendre “en fin de journée”, a précisé l’opérateur.Dans le reste du Sud-Ouest, des coupures dans les deux sens continuent de bloquer l’A64 (Bayonne-Toulouse), l’A63 près de Bordeaux, l’A20 (Toulouse-Paris) au niveau de Cahors, ou encore l’A89 sur l’axe Bordeaux-Lyon, au niveau de Périgueux.”On ne va pas lâcher. On s’est fait critiquer la dernière fois d’avoir quitté l’autoroute trop tôt”, a déclaré à l’AFP Benjamin Roquebert, éleveur et céréalier de 37 ans en Haute-Garonne, présent sur le barrage de l’A64, en référence à la mobilisation agricole de début 2024.- Garde à vue -Des perturbations ont également été signalées sur des axes secondaires, comme la rocade d’Albi.”Tant que le gouvernement ne reviendra pas sur l’abattage systématique on sera là. Le sapin arrive, manque plus que la crèche et les vaches”, annonce Jean-Louis. Par ailleurs, selon un photographe de l’AFP, une cinquantaine d’agriculteurs ont forcé jeudi matin un barrage de gendarmerie dans les Pyrénées-Orientales, avant de bloquer un rond-point permettant d’accéder à l’A9, au niveau du péage du Boulou, près de la frontière espagnole.Un manifestant est actuellement en garde à vue pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon la préfecture du département.A Toulouse, un blocage du périphérique un moment annoncé par des militants de la FNSEA n’a finalement pas eu lieu, alors qu’au sein du syndicat, certains font état de leur volonté de ralentir la mobilisation à l’approche de Noël.Un avis que ne partagent par les Jeunes Agriculteurs (JA) locaux. “On va pas rentrer chez nous en n’ayant rien obtenu”, a ainsi dit à l’AFP le co-secrétaire général des JA de Haute-Garonne, Thomas Klunker.Le trafic SNCF a de son côté pu reprendre sur la ligne Toulouse-Narbonne, le blocage des voies effectif depuis deux jours à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) ayant été levé mercredi soir, a indiqué à l’AFP SNCF Réseaux.Seule la liaison Toulouse-Auch reste perturbée, en raison d'”éléments sur les voies” en gare d’Auch, selon la même source. Par ailleurs, alors que les autorités annoncent une “accélération majeure” de la campagne de vaccination des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans le Sud-Ouest, le préfet chargé de coordonner la cellule interministérielle sur ce dossier, Pascal Sanjuan, a supervisé la réception de doses arrivées par avion, avant d’être acheminées dans toute l’Occitanie.