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“Merci et bravo” : Macron défend son bilan industriel et écologique à Douai

“Bravo”, “Soyez fiers de l’équipe de France”: Emmanuel Macron, déterminé à défendre son bilan à deux ans de la fin de son mandat, a salué mardi le coup d’envoi d’une usine de batteries électriques flambant neuve à Douai (Nord), appelant au passage à ne pas “détricoter” la “politique écologique à la française”.”Soyez fiers de l’équipe de France”, a lancé le chef de l’Etat devant les quelque 600 salariés du site du groupe sino-japonais AESC, sorti de terre en trois ans et qui a tout juste commencé à produire.En 2018, les constructeurs européens jugeaient impossible l’installation d’usines de batteries à leurs portes, a-t-il affirmé. “Nous prouvons le contraire avec AESC à Douai”, a-t-il renchéri. “Il n’y a pas de fatalité, pas de morosité à avoir. Les temps sont durs (..) Mais ce que vous incarnez ici aujourd’hui montre que l’écologie et l’économie, ça peut aller ensemble si on investit, si on a une stratégie de long terme et de la constance”, a-t-il martelé.Les batteries équipent les nouvelles Renault 5 (R5) produites juste à côté, deux symboles du renouveau industriel du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, un territoire parmi les plus pauvres de France où beaucoup reste à faire.La mise au point du chef de l’Etat intervient alors que plusieurs mesures environnementales emblématiques sont attaquées au Parlement.Les députés ont approuvé la semaine dernière la suppression des Zones à faible émission (ZFE) restreignant la circulation des véhicules polluants dans les villes, et un recul du dispositif Zéro artificialisation nette (ZAN) visant à freiner la bétonisation des espaces naturels. “Le discours que j’entends en ce moment (..) m’énerve au plus haut point”, a insisté le chef de l’Etat. “On ne peut pas revenir en arrière et détricoter ça”.- “Démagogie” -La “gigafactory”, qui compte 650 salariés, entend recruter 350 personnes supplémentaires d’ici fin 2025. Elle aura le potentiel d’équiper jusqu’à 200.000 véhicules électriques par an. “Ce lancement marque une étape décisive dans l’engagement d’AESC à faire progresser la réindustrialisation de la France et son leadership dans la transition énergétique mondiale”, a déclaré le président du groupe, Lei Zhang.”Le transfert de technologie doit se faire parce que c’est la Chine qui maîtrise le mieux cette technologie”, a renchéri Emmanuel Macron devant le dirigeant d’AESC.Face à constat, “il faut essayer de sortir du caractère démagogique du quotidien qui consiste à dire +l’écologie c’est forcément mauvais+”, s’est-il aussi emporté en inaugurant un peu plus tard la maison France services de Wallers (Nord), avant de rejoindre Rome pour un dîner avec la cheffe du gouvernement italien Georgia Meloni.Depuis son arrivée à l’Elysée en 2017, 1,3 milliard d’euros ont été engagés dans la valorisation du Bassin minier, un territoire de 1,2 million d’habitants, des transports à la santé, indique la présidence.L’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier, un vaste plan sur 10 ans signé par l’Etat en 2017, prévoyait la rénovation de 23.000 logements énergivores sur 35 cités minières.- “Ensemble” -A ce jour, 15.500 ont été refaits à neuf et 10.000 sont en chantier, soit plus que “l’objectif fixé” en 2017, s’est félicité le président.Côté industiel, 2.200 emplois ont été créés entre 2022 et 2024, rompant avec des décennies de destructions de postes, grâce notamment à l’émergence d’un pôle de batteries pour voitures électriques dans le nord de la France, indique l’Elysée.Mais si le nombre de demandeurs d’emplois y a chuté de 19% depuis 2017, le taux de pauvreté reste à un niveau de 21%, de six points supérieur à la moyenne nationale.”On ne doit rien lâcher”, a insisté le chef de l’Etat à Wallers, en saluant le “travail collectif” avec des élus de droite comme de gauche dans le Nord.”Ce qu’on a montré depuis huit ans ensemble, c’est qu’on peut y arriver (..) Il faut que tout le monde soit au rendez-vous de la responsabilité”, a-t-il ajouté alors que les forces politiques ont le plus grand mal à s’accorder à l’Assemblée.Le chef de l’Etat, en retrait de la gouvernance du pays après la dissolution de l’Assemblée en juin 2024, est revenu sur le devant de la scène intérieure depuis le début de l’année au point d’éclipser son Premier ministre François Bayrou, privé de majorité.Faute de pouvoir se représenter en 2027, il est aussi prompt à valoriser son bilan alors que la bataille pour sa succession est déjà engagée dans son camp comme à droite.

Municipales à Paris, Lyon, Marseille: désaveu en vue au Sénat pour la réforme du scrutin

Critiquée de toutes parts dans l’hémicycle du Sénat, la réforme du scrutin municipal pour Paris, Lyon et Marseille semble promise à un rejet massif mardi à la chambre haute, un contretemps majeur pour ses soutiens dont le gouvernement, à moins d’un an des élections.La droite y est hostile, l’immense majorité de la gauche aussi, et même le bloc central peine à y trouver son compte: la proposition de loi d’origine macroniste risque d’être très largement désavouée lors des débats, qui ont commencé dans l’après-midi au Palais du Luxembourg.Adoptée à l’Assemblée nationale début avril avec l’appui de l’exécutif, la réforme mettrait fin au mode de scrutin mis en place en 1982, en vertu duquel les électeurs à Paris, Lyon et Marseille votent dans chaque arrondissement pour une liste de conseillers, les élus du haut de la liste siégeant au conseil d’arrondissement et au conseil municipal.Elle prévoit à la place d’instaurer deux scrutins, l’un pour élire les conseillers d’arrondissement ou de secteur, l’autre pour élire ceux du conseil municipal, sur une circonscription unique. Le texte propose aussi d’abaisser à 25% la prime majoritaire pour la liste arrivée en tête, au lieu de 50%, comme c’est aujourd’hui le cas partout en France.Ces évolutions majeures sont justifiées par une formule très simple, argument-massue des soutiens du texte: “Un Parisien égale une voix, un Lyonnais égale une voix, un Marseillais égale une voix.”Devant les sénateurs, le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, a tenté de défendre un texte “important pour les communes et les habitants concernés”, appelant à franchir “un pas supplémentaire pour améliorer notre vitalité démocratique”.- LR et PS opposés -Derrière ces justifications se cachent également d’importants enjeux politiques, chaque parti ayant sorti la calculette pour essayer d’anticiper l’impact de la réforme sur son score aux municipales de mars 2026.Au Sénat, force est de constater que les calculs n’ont pas donné satisfaction. Le texte avait prospéré à l’Assemblée grâce à une majorité atypique composée du bloc central, des Insoumis et du Rassemblement national… Mais LFI ne compte aucun élu au Sénat, le RN seulement une poignée et le groupe macroniste une vingtaine.A la chambre haute, la balance semble au contraire pencher très largement pour un rejet, d’autant plus que le président du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains) lui-même ne s’est pas privé pour dire tout le mal qu’il pensait de la démarche.”Est-ce bien sage de faire évoluer ainsi un mode de scrutin moins d’un an avant les élections municipales ?” a par ailleurs questionné Mathieu Darnaud, chef des sénateurs LR, première force de la Haute assemblée.Les socialistes, deuxième groupe du Sénat, ont la même vision, à l’exception de leurs élus marseillais. “C’est un texte mal écrit, qui mélange trois situations totalement différentes sur le plan juridique”, regrette leur chef de file Patrick Kanner.Les partisans du texte, rares au Sénat, ont eux aussi timidement tenté de faire entendre leur voix: “Ne pas voter cette proposition signifierait reporter le problème à plus tard”, s’est agacé le sénateur macroniste Bernard Buis, qui prône un “rééquilibrage démographique nécessaire et légitime”.- Texte en sursis -Le rejet probable du Sénat placerait le gouvernement dans une situation délicate sur ce texte. Convoquera-t-il une commission mixte paritaire (CMP), réunion de sept sénateurs et sept députés chargés de négocier pour aboutir à un texte commun ?”La logique serait de voir en CMP si un compromis est possible”, avance une source gouvernementale, refusant néanmoins de “se placer dans le cas de figure d’une issue défavorable” des débats dans l’hémicycle du Sénat.Si aucun accord n’émerge, l’exécutif peut également décider de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale… Mais il faudra l’assumer auprès de ses alliés. En effet, le Premier ministre François Bayrou avait assuré en février qu’il “n’imagin(ait) pas qu’un texte puisse être adopté sur ce sujet sans qu’il y ait accord de l’Assemblée nationale et du Sénat”.”Si le gouvernement veut aller au bout sur sa réforme, il va se fragiliser”, martèle auprès de l’AFP Lauriane Josende. “Je ne suis pas sûre que le jeu en vaille la chandelle”.

Mineur tué à Dax en marge du sacre du PSG: l’enquête requalifiée en assassinat

L’enquête sur le meurtre d’un mineur de 17 ans samedi soir à Dax, en marge “des célébrations” du sacre européen du Paris SG, se poursuit sous le chef d'”assassinat”, a indiqué mardi le parquet, en raison d’un “contentieux préexistant” avec l’agresseur présumé.”L’antériorité d’un conflit entre l’auteur et la victime pouvant laisser penser à un geste prémédité, l’enquête se poursuit sous la qualification d’assassinat”, déclare le procureur de la République de Dax, Benoît Fontaine, dans un communiqué.Selon le parquet, la victime, tuée de “multiples coups de couteau” dans le thorax samedi soir, avait un “contentieux préexistant” avec l’auteur présumé, lui reprochant notamment le vol de sa casquette plusieurs jours auparavant.Le suspect principal a été “identifié” et un mandat de recherche délivré à son encontre, a ajouté le magistrat.Une photographie prétendant afficher le suspect recherché, “diffusée largement sur les réseaux sociaux”, n’a pas été “authentifiée” par les enquêteurs, a mis en garde le parquet, qui a fait appel à des témoignages pour les besoins de l’enquête, ouverte initialement dimanche pour “homicide volontaire”. Les faits se sont produits samedi vers 23h00 à proximité de la place de la Fontaine-Chaude, dans le centre-ville de Dax, où se trouvaient plusieurs centaines de personnes venues suivre la finale de la Ligue des champions PSG-Inter Milan diffusée par plusieurs bars, sans fan zone officielle.L’adolescent a été poignardé dans “une rue adjacente de la place”, peu fréquentée, selon le parquet, avant de succomber à ses blessures à l’hôpital vers 01h15 dimanche.Le meurtre “n’est pas en lien avec le soutien à l’une ou l’autre équipe de football jouant ce soir-là”, avait écarté le parquet lundi.Selon le journal Sud Ouest, la victime, qui pratiquait la boxe thaïlandaise, avait eu un différend à deux reprises avec son agresseur la semaine précédent les faits, d’abord en tentant de récupérer sa casquette dans le quartier de Dax où vivait le suspect, puis en le croisant à nouveau sur une plage du littoral landais.

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Royaume-Uni: une orchidée rare observée pour la première fois à l’état sauvage depuis 100 ans

Une orchidée rare, qui avait failli s’éteindre au Royaume-Uni, a été observée dans la nature pour la première fois depuis un siècle, récompensant de longs efforts de conservation, ont annoncé mardi des experts.Cette orchidée “Sabot de Vénus”, en forme de coupe jaune et aux pétales violets, était réputée avoir disparu au début du XXe siècle, victime d’une cueillette excessive liée à l’engouement pour ces fleurs à l’époque victorienne (1837-1901).Mais en 1930, une fleur unique avait été repérée dans un endroit reculé du parc des Yorkshire Dales, dans le nord de l’Angleterre. Son emplacement avait été gardé secret, et des bénévoles se sont relayés pour éviter qu’elle ne soit volée.Pour la première fois depuis cette découverte, presque un siècle plus tard, le Yorkshire Wildlife Trust et d’autres groupes de conservation en ont repéré une à l’état sauvage sur un site de réintroduction en juin 2024, ont-ils annoncé.Il y a deux ans, cette organisation avait reçu une subvention de Natural England, organisme public en charge de la protection de l’environnement, dans le but notamment d’élever ces orchidées et de les réimplanter dans des régions adaptées.”Le fait de voir une population saine d’orchidées sabot de Vénus de retour dans leur région d’origine et capables de se reproduire nous donne un réel espoir pour l’avenir”, a déclaré Jono Leadley, qui gère le projet pour le Yorkshire Wildlife Trust.Les efforts pour recréer une population de cette fleur rare ont commencé dans les années 1990, notamment aux jardins botaniques royaux de Kew Gardens.Un appel à l’aide avait été lancé pour récupérer quelques orchidées d’origine sauvage appartenant à des particuliers, et tenter de les reproduire.”Essayer de sauver l’orchidée sabot de Vénus en Angleterre est l’un des projets phares de conservation des jardins botaniques royaux depuis de nombreuses années”, a souligné Mike Fay, responsable principal de la recherche à Kew Gardens. 

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Les fumées des incendies au Canada visibles en Europe, sans danger pour la santé

D’importantes fumées provoquées par de violents et précoces incendies au Canada survolent le nord-ouest de l’Europe depuis fin mai, à très haute altitude donc sans danger pour la santé, provoquant parfois des crépuscules orangés, a indiqué mardi l’observatoire européen Copernicus.”Des fumées provenant des feux de forêt des provinces canadiennes du Manitoba et de la Saskatchewan ont traversé l’Atlantique, atteignant l’Europe ces derniers jours” et “les prévisions annoncent un transport de fumée supplémentaire cette semaine”, écrit le service Copernicus pour la surveillance de la qualité de l’air (CAMS).Les satellites ont observé un transport des fumées, composées notamment de monoxyde de carbone, à travers l’Atlantique. “Un premier panache de fumée à haute altitude a traversé la région méditerranéenne les 18 et 19 mai”, atteignant “la Grèce et la Méditerranée orientale”, note le CAMS.”Un second panache de fumée, beaucoup plus important, a traversé l’Atlantique (…) la dernière semaine de mai, atteignant le nord-ouest de l’Europe le 1er juin” et “d’autres panaches devraient atteindre le continent dans les prochains jours”, poursuit le communiqué.Selon les données en ligne du CAMS, une forte concentration de monoxyde de carbone doit survoler mardi le nord-ouest de la France, dont le Bassin parisien.En Europe, “le transport de fumée prévu ne devrait pas avoir d’impact significatif sur la qualité de l’air en surface, car de tels épisodes ont tendance à se produire à haute altitude”, souligne Copernicus.”Les effets typiques de ces épisodes se manifestent par un ciel plus brumeux avec des couchers de soleil rouge/orange”, ajoute l’observatoire.Le Manitoba, Etat du centre du Canada qui connait son pire début de saison des feux depuis des années en raison de la sécheresse, et la Saskatchewan (ouest) ont déclaré fin mai l’état d’urgence et évacué des milliers d’habitants.”Jusqu’au début juin, nos données montrent que les régions centrales du Canada ont connu quelques semaines très intenses en termes d’émissions de gaz à effet de serre”, a déclaré Mark Parrington, directeur scientifique au CAMS.Selon les prévisions des autorités canadiennes, la saison des feux pourrait être “au-dessus de la normale” dans le centre et l’ouest du Canada en juin et juillet, et “bien au-dessus de la moyenne” en août, notamment en raison de la sécheresse grave ou extrême qui sévit dans plusieurs endroits.Dans le reste du monde, note Copernicus, “de vastes feux de forêt font rage dans le district fédéral extrême-oriental de la Russie depuis début avril”, en particulier à l’est du lac Baïkal, ayant provoqué les émissions d'”environ 35 mégatonnes de carbone” dans l’atmopshère depuis début avril.

Polish PM calls confidence vote after nationalist wins presidency

Polish Prime Minister Donald Tusk on Tuesday announced a parliamentary confidence vote next week, hoping to demonstrate continuing support for his pro-EU government after nationalist Karol Nawrocki won the presidential election.European far-right leaders have hailed the election of 42-year-old Nawrocki, a fan of US President Donald Trump who has said he will oppose the Tusk …

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Dans un lac au Canada, un robot testé pour prélever des galets métalliques sans aspirer les créatures du fond

Au fond d’un lac canadien, trois bras robotisés soulèvent avec délicatesse mais à un rythme soutenu, un par un, de gros galets qui sont ensuite stockés dans la partie haute du robot.Dans une salle en surface, les employés, qui supervisent ces tests, reçoivent des images en temps réel sur leurs écrans.Cet exercice qui se déroule dans l’Ontario, dans le centre du Canada, entre dans le cadre d’une série de tests que le robot doit subir avant un possible déploiement dans l’océan, pour y collecter les métaux les plus recherchés au monde.Originalité de cette technologie: ce prototype reste stationnaire dans l’eau et ne touche pas le fond, ce qui “permet de ramasser les nodules de manière sélective”, explique à l’AFP Jason Gillham, cofondateur d’Impossible Metals.Cette société fondée en 2020 en Californie est devenue la première à demander officiellement au président Donald Trump un permis pour explorer les eaux américaines autour des Samoa, dans le Pacifique.Les essais doivent prouver que le robot pourra récolter, à des milliers de mètres de profondeur, des nodules dits polymétalliques, formés pendant des millénaires et riches en métaux parmi les plus recherchés du monde: nickel, cuivre, cobalt, manganèse…Tous sont aujourd’hui indispensables à nos économies, pour fabriquer des câbles électriques et des batteries, notamment.Dans le monde en devenir de l’extraction minière sous-marine en haute mer, les entreprises les plus avancées, comme The Metals Company qui a demandé à l’administration Trump une autorisation d’exploitation industrielle dans les eaux internationales en ignorant un traité que n’ont pas signé les Etats-Unis, utilisent d’autres techniques. Et celles-ci sont très controversées car il s’agit de machines géantes qui roulent sur le fond, le quadrillent et aspirent les nodules, sans trier ce qui vit ou non. L’idée d’Impossible Metals est de faire un tri pour ne prélever que ce qui est nécessaire. Dans les profondeurs, son véhicule allume ses lampes et, grâce à des caméras et à l’intelligence artificielle, s’affaire à distinguer les nodules de la vie aquatique, par exemple les oeufs de pieuvre, le corail ou une éponge.- “Bulldozers” -Douglas McCauley, spécialiste en biologie marine à l’université de Californie à Santa Barbara, reconnaît auprès de l’AFP que cette approche moins brutale réduit certains risques environnementaux.Les techniques conventionnelles ramassent tout le plancher océanique à l’aide de collecteurs ou d’excavateurs, “un peu comme des bulldozers”, explique-t-il.Tout est ensuite remonté jusqu’aux navires, où les nodules sont ensuite séparés du reste, qui est rejeté dans l’océan. Ce qui crée de grands “panaches” de sédiments et de toxines avec une multitude d’impacts possibles, dit-il.Mais les nodules abritent eux-mêmes des organismes vivants et les prélever, même avec une technique sélective, “détruit” cet habitat, souligne l’expert. Or, les écosystèmes des grands fonds marins “sont particulièrement fragiles” avec “une vie qui se déplace, se reproduit et grandit très lentement”.Impossible Metals admet que sa technologie ne permet pas de détecter la vie microscopique, mais l’entreprise affirme avoir comme politique de ne pas toucher à 60% des nodules.”Nous n’en savons pas encore assez sur la biodiversité et l’écosystème de cette région”, estime également Duncan Currie, de la coalition d’ONG Deep Sea Conservation Coalition.Selon l’initiative scientifique internationale Ocean Census, seules 250.000 espèces sont connues, sur les deux millions qui peupleraient les océans.- “Impact” -“Il y aura toujours un impact” avec l’exploitation minière, répond Oliver Gunasekara, directeur général et cofondateur d’Impossible Metals. Mais “nous avons besoin de beaucoup plus de minerais critiques pour tout électrifier”, dit-il.Illustrant la ruée mondiale vers ce secteur, Impossible Metals a levé 15 millions de dollars (13 millions d’euros) auprès d’investisseurs pour construire et tester une première série de son robot Eureka 3 en 2026.Cette version industrielle sera de la taille d’un conteneur maritime et passera de 3 à 16 bras. Le robot vise à être “entièrement autonome” en se propulsant par lui-même, sans câble ni attache à la surface, et en étant équipé de capteurs.En attendant un feu vert américain, l’entreprise espère d’ici deux à trois ans finaliser sa technologie, faire des tests dans l’océan, construire une flotte et opérer grâce à des partenariats ailleurs dans le monde.

DPE :la Cour des comptes recommande une carte professionnelle de diagnostiqueur

La Cour des comptes recommande dans un rapport publié mardi d’instaurer “une carte professionnelle pour les diagnostiqueurs” afin de fiabiliser le diagnostic de performance énergétique (DPE), principal outil de la rénovation énergétique des bâtiments. Régulièrement accusé d’être l’objet de fraudes, de manipulations et d’approximations, le DPE est pourtant désormais obligatoire pour toute location ou vente d’un logement.C’est un dispositif “très utile” mais qui “doit être exemplaire”, a jugé Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, lors d’une conférence de presse tenue mardi. Il note “des avancées incontestables” pour l’améliorer, mais estime que les efforts “doivent être poursuivis”. La Cour estime en effet que les “mesures ou observations” dont découle l’étiquette DPE peuvent être imparfaites et “entacher le résultat d’incertitudes”. De la même manière, les diagnostiqueurs doivent se conformer à de nouvelles exigences depuis juillet 2024, avec une certification à obtenir, mais cela “ne suffit pas pour autant à maîtriser pleinement les risques constatés en termes de probité et d’impartialité”, déplorent les Sages de la rue Cambon.Les cas de fraude caractérisée détectés par la DGCCRF (répression des fraudes) sont cependant “marginaux”. Alors que l’indépendance des organismes de certification doit être garantie, la Cour des comptes a constaté que “nombre d’organismes de formation et de certification ont entre eux des liens structurels ou financiers”, ce qui représente de “potentiels conflits d’intérêt”. La Cour recommande donc de “poursuivre la structuration de la filière avant fin 2026”, avec une carte professionnelle des diagnostiqueurs, l’obligation de stricte séparation entre missions de formation et de certification et l’instauration d’une “incompatibilité géographique” pour les auditeurs qui auraient exercé un autre métier dans la filière.”Il faut mettre fin à l’endogamie dans le secteur”, a affirmé M. Moscovici, appelant à “une régulation forte de l’Etat”.En mars, la ministre chargée du Logement Valérie Létard avait présenté une série de dix mesures pour crédibiliser le DPE, qui sont globalement en ligne avec les constats et recommandations de la Cour des comptes.Quant à l’interdiction progressive de louer des passoires énergétiques (étiquettes F et G), elle “n’a pas suffisamment anticipé les difficultés rencontrées par les particuliers pour s’y conformer”, selon le rapport. “L’interdiction de louer dépend directement de la mise en oeuvre du DPE et a des conséquences majeures sur la situation patrimoniale et le marché immobilier en général”, rappelle M. Moscovici.Pour la Cour, il faut des clarifications, “voire quelques ajustements” pour faciliter la mise en oeuvre de cette loi, notamment en l’articulant avec la réglementation des copropriétés et de l’urbanisme. M. Moscovici déplore également qu’il n’y ait “aucune évaluation prévue sur le marché locatif et le marché immobilier” de l’interdiction progressive de louer des passoires énergétiques. Le DPE donne une note de A (la meilleure) à G (la plus médiocre) pour évaluer la performance énergétique d’un logement en fonction de nombreux paramètres, comme l’isolation des murs et du toit ou encore le système de chauffage. 

Orages: 14 départements en vigilance orange sur un axe Jura-Pyrénées

Avec les forts orages et précipitations attendus mardi après-midi et dans la soirée, Météo France a placé neuf départements du centre-est et cinq du sud-ouest en vigilance orange.Des “orages forts” sont prévus à partir de 14H00 en Saône-et-Loire, Jura, dans la Loire, le Rhône et l’Ain, mais aussi la Haute-Loire et le Puy-de Dôme, puis le Cantal (à partir de 16H00) et l’Allier (à partir de 18H00), précise l’agence dans son bulletin actualisé.Ces orages “pourront s’accompagner de chutes de grêle, de rafales de vent voisines de 80 à 100 km/h, d’intenses précipitations de l’ordre de 20 à 40 mm en peu de temps et d’un foudroiement important”, expliquent les services de prévision. Par ailleurs, Météo France a placé sous surveillance cinq départements du Sud-Ouest “pour une autre salve orageuse débutant à 19H00″: Pyrénées-Atlantiques et Tarn-et-Garonne, auxquels viennent s’ajouter Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne et Gers également en vigilance orange pluie-inondation.”Ces orages devraient être accompagnés de grêle, rafales de vents et surtout de précipitations très abondantes, se produisant en peu de temps”, précisent les services météorologiques.L’accalmie est attendue “en milieu de nuit” et Météo France prévoit de lever la vigilance orange à minuit.

Après les violences en marge du sacre du PSG, Darmanin pointe des condamnations “plus à la hauteur”

Suppression du sursis et instauration de peines minimales : après les violences en marge de la victoire du PSG en Ligue des champions, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a estimé mardi que les premières condamnations n’étaient “plus à la hauteur” et annoncé son ambition de changer la loi.”A la suite des graves incidents d’ordre public et des désordres répétés de ce week-end, une partie des condamnations pour violences, notamment commises à l’encontre des forces de l’ordre et pour destructions de biens, ne sont plus à la hauteur de la violence que connaît notre pays”, a écrit le ministre sur X.Alors que la grande fête après la victoire du PSG face à l’Inter Milan (5-0) samedi soir à Munich a été assombrie par de nombreux incidents et dégradations à Paris et en régions, quatre personnes ont déjà été condamnées lundi soir dans la capitale à des peines de deux à huit mois d’emprisonnement avec sursis, assorties de 500 euros d’amende, selon le parquet de Paris.D’autres comparutions immédiates devraient avoir lieu mardi.”Il faut que les magistrats (…) puissent juger ces faits en disposant d’une échelle de peines ferme, simple et réellement adaptée à la délinquance d’aujourd’hui”, a ajouté M. Darmanin.”Comme je l’ai proposé publiquement, il faut faire évoluer radicalement la loi: supprimer les aménagements de peine obligatoires, supprimer le sursis et mettre en place par la loi une condamnation minimum systématique une fois la culpabilité reconnue”, a-t-il détaillé. “Par exemple, trois mois de prison ferme (réellement exécutés) minimum pour toute agression envers un représentant de l’Etat ou encore amende très élevée pour toute destruction”.Le garde des Sceaux avait déjà évoqué ces pistes dans un courrier envoyé aux magistrats en mai, dans lequel il proposait notamment de “clarifier les peines”, en les faisant passer de “plus de 200” à “quatre”, sans toutefois donner de détails sur une éventuelle mise en oeuvre concrète de ces propositions.- Peine “graduée” -Cette prise de position matinale du ministre de la Justice a fait réagir dans les rangs politiques.”Clairement les Français veulent des sanctions exemplaires et la fin des aménagements de peine contre les casseurs qui ont gâché la fête samedi. Seul espoir que ces violences, ces saccages, NE SE REPRODUIRONT PLUS à l’avenir”, a écrit sur X la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse.”La justice a vocation à regarder chaque dossier et non pas (à) gérer en fonction de l’émotion collective”, a commenté de son côté sur TF1 le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. “Il s’agit de faire en sorte que la justice soit juste et qu’elle cherche à comprendre les circonstances”.”S’il s’agit du retour des peines plancher, on sait que ça n’a pas fonctionné”, commente auprès de l’AFP Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).Instaurées en 2007 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les peines plancher ont été supprimées en 2014 par François Hollande. Les partis de droite et d’extrême droite appellent régulièrement à revenir à ce dispositif, qui selon plusieurs études s’est révélé inefficace.”Il faut afficher clairement les objectifs: si c’est de mettre plus de monde en prison, matériellement ça n’est pas possible”, observe M. Martini, évoquant le problème endémique de la surpopulation carcérale.Au 1er mai, la France comptait en effet 83.681 personnes incarcérées, un chiffre inégalé, pour seulement 62.570 places opérationnelles.Même avis du côté du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), pour qui “la justice a, avant toute chose, besoin de remèdes crédibles à la surpopulation carcérale et de moyens supplémentaires pour remplir sa mission de prévention de la récidive par la réinsertion”.”Une peine est efficace si elle est graduée et adaptée”, souligne de son côté Céline Bertetto, présidente de l’Association nationale des juges de l’application des peines, rappelant que les magistrats doivent individualiser les peines en tenant compte des faits, de la personnalité des auteurs et de leurs antécédents.