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Agriculture: les départs en vacances menacés par les colères paysannes

Le gouvernement français tentera de déminer vendredi les colères paysannes qui s’agglomèrent contre la gestion sanitaire de la dermatose bovine, la signature d’un accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur ou la baisse du budget européen de l’agriculture, et qui menacent de bloquer les routes des départs en vacances.Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit recevoir séparément à partir de 08H30 à Matignon les représentants des quatre principales organisations agricoles, en commençant par les Jeunes Agriculteurs, suivis de la FNSEA, puis la Coordination rurale, jusqu’à la Confédération paysanne vers midi.Depuis plusieurs jours, des foyers de contestation émergent, essentiellement dans le sud-ouest, s’opposant aux abattages systématiques des troupeaux de bovins où sont détectés des cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).La fronde, menée principalement par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, est matérialisée par des dépôts de pneus, paille, palettes, fumier et déchets plastiques sur les autoroutes ou devant des bâtiments de l’État, ainsi que par le blocage de certaines routes secondaires.Jeudi, le ministère de l’Intérieur a dénombré 110 actions en cours mobilisant quelque 5.000 personnes, contre 80 actions mercredi, 75 mardi, 45 lundi et 27 dimanche.Le ministre des Transports Philippe Tabarot a plaidé, sur Europe 1 et CNews, contre “un blocage plus dur” afin de ne pas entraver davantage la circulation des véhicules et des marchandises à l’approche du dernier week-end avant Noël, “ô combien important pour notre pays économiquement”.- “Pas de signature définitive” -“Vendredi, déjà classé +orange+ par Bison futé pour les départs en vacances, peut s’annoncer encore plus compliqué avec de nouvelles actions prévues”, a néanmoins prévenu jeudi soir le gestionnaire d’autoroutes Vinci.Le gouvernement entend juguler la maladie et la crise en vaccinant très rapidement “75% du cheptel dans 95% des fermes” soit 750.000 bovins, pour tenter de parvenir à une immunité collective dès février.L’objectif est ainsi d’éviter d’avoir recours à une vaccination générale qui ferait perdre à la France son statut “indemne d’épidémie” et lui interdirait toute exportation de viande bovine. Jeudi, 400.000 doses de vaccin supplémentaires ont été acheminées des Pays-Bas vers Toulouse. Mais les calendriers se bousculent et les crises agricoles s’additionnent. Jeudi aussi, quelque 10.000 agriculteurs européens, dont un gros contingent venu du nord de la France en tracteur, essentiellement membres des Jeunes Agriculteurs et de la FNSEA, ont manifesté à Bruxelles contre la signature de l’accord entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay).Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux dans ces quatre pays. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.- “Citoyens de seconde zone” -La Commission semblait au départ déterminée à arracher d’ici vendredi un feu vert des Vingt-Sept à la majorité qualifiée sur cet accord, mais le soutien de l’Italie à la France, opposée à la signature, a finalement conduit jeudi soir la présidente de la commission Ursula von der Leyen à en annoncer le report à janvier.La FNSEA a immédiatement réagi en estimant que ce n’était “pas suffisant”, appelant ses adhérents à rester “mobilisés”.Deuxième sujet de mécontentement, le “mécanisme d’ajustement carbone aux frontières” (MACF) que l’Europe souhaite mettre en place pour lutter notamment contre les importations d’engrais moins vertueux sur le plan environnemental et climatique que les produits européens.”Ce mécanisme prévoit l’instauration d’une taxe sur l’azote, entre 50 et 100 euros la tonne (…) et nos trésoreries ne pourront pas le supporter”, a affirmé Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA. Enfin, troisième sujet de mécontentement: “une baisse de 22% du budget de la politique agricole commune” à prévoir.”Nous avons besoin de revenus, nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone, l’Europe a aussi besoin d’une vision pour son agriculture”, a résumé M. Rousseau.

La justice se prononce sur la suspension de Shein en France

Il y aura-t-il du Shein à Noël? Le tribunal judiciaire de Paris doit rendre vendredi sa décision sur la demande de l’État de suspendre pour trois mois la plateforme asiatique d’e-commerce, qui vendait des produits interdits.Shein sera-t-il coupé de ses clients français, contraint de se soumettre à une supervision drastique de ses systèmes de contrôle ou bien totalement accessible à nouveau? La décision du tribunal est attendue vendredi après-midi, notamment par les nombreux clients de Shein.Des poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, des armes de catégorie A et des médicaments interdits retrouvés sur la plateforme ont poussé l’État à demander une mesure radicale: bloquer le site du géant de la mode ultra-éphémère et assortir sa réouverture de conditions strictes.L’État réclame “a minima” que Shein soit contraint de maintenir la suspension de sa place de marché (marketplace), qui héberge les produits commercialisés par des vendeurs tiers, et demande globalement la suspension de toutes ventes hors habillement. La plateforme se dit, elle, victime d’une véritable “cabale” politique et médiatique, selon les termes de ses avocats lors de l’audience du 5 décembre.- “Failles” à corriger -Shein reconnaît la vente de ces produits mais se réfugie derrière le fait qu’ils ont été immédiatement retirés après signalement, et derrière les actions mises en place ensuite. Le groupe, fondé en Chine et basé à Singapour, estime avoir suffisamment agi, en allant même jusqu’à bloquer de lui-même toute sa marketplace en France.Depuis le 5 novembre, Shein ne vend plus que les vêtements de ses collections à bas prix, sans cesse renouvelées, fabriquées en Chine et en synthétique pour l’essentiel. Le temps de faire “un audit complet” et de corriger les “failles” de son site.Prenant en compte ces mesures, le ministère public a estimé lors de l’audience que le blocage total était disproportionné au regard de la jurisprudence européenne et s’y est opposé. Davantage que la présence d’un dommage actuel, la représentante du parquet avait insisté sur le rôle du tribunal pour “prévenir un dommage futur”.L’État exige que Shein prenne toute mesure efficace de filtrage et de contrôle pour éviter que des produits interdits soient remis en vente. Il demande aussi au groupe asiatique de mettre en place un filtrage d’âge pour empêcher les mineurs d’accéder aux contenus pornographiques. Le tout sous contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique.Même si l’État est débouté, la marketplace Shein ne rouvrira pas d’un coup en totalité, mais progressivement, avaient expliqué ses avocats. L’entreprise reconnait notamment des difficultés à instaurer un filtre d’âge efficace. En conséquence, la catégorie sexuelle réservée aux adultes resterait fermée pour le moment, comme c’est le cas au niveau mondial depuis le scandale apparu en France.- “Long combat” -Quelle que soit la décision vendredi de la juridiction civile, Shein n’en a pas fini avec la justice: une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’Office des mineurs, qui enquête également sur les plateformes AliExpress, Temu, Wish et eBay.”Ce qui s’appliquera à Shein s’appliquera aussi aux autres plateformes coupables des mêmes manquements”, a affirmé le ministre du Commerce Serge Papin mercredi à l’Assemblée nationale, s’attendant à un “long combat” contre ces géants de l’e-commerce.Une lutte portée également sur la scène européenne, la France réclamant des sanctions de la part de la Commission. Bruxelles a demandé des informations formelles à Shein mais n’a pas encore ouvert d’enquête, comme elle l’a fait contre AliExpress et Temu.Au coeur de la lutte contre le contenu illégal en ligne, le règlement européen sur les services numériques (DSA) serait non adapté aux plateformes d’e-commerce face à la déferlante de 12 millions de petits colis arrivant chaque jour en Europe et qui échappent aux contrôles, estime un rapport parlementaire présenté à l’Assemblée mercredi.

Colère agricole dans le Sud-Ouest: autoroutes perturbées, visite express de Lecornu

Les autoroutes du Sud-Ouest sont encore très largement perturbées jeudi soir par les mobilisations agricoles, tandis que le Premier ministre a effectué dans la matinée une visite express en Ariège auprès d’éleveurs touchés par des abattages liés à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Dans les locaux de la sous-préfecture de Pamiers, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a rencontré hors presse les deux frères dont le troupeau de plus de 200 vaches a été abattu en fin de semaine dernière dans le village ariégeois des Bordes-sur-Arize, a appris l’AFP auprès de la préfecture.Dans la soirée, une douzaine d’agriculteurs de la Coordination rurale ont aspergé de sang animal l’une des façades de la préfecture du Tarn-et-Garonne à Montauban, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le liquide d’un rouge sombre, à l’odeur fétide, s’est ensuite écoulé le long du trottoir en un petit torrent.Au volant de cinq tracteurs, dont un tirant une citerne contenant selon eux un millier de litres de sang, ils ont ensuite réservé le même sort aux locaux de la mutualité sociale agricole (MSA), à Montauban également, y déversant aussi ordures et fumier.Les grands axes d’Occitanie restent fortement touchés par les manifestations, selon Vinci Autoroutes, même si l’A61 entre Narbonne et Toulouse, occupée par des agriculteurs depuis mardi, a rouvert en fin d’après-midi. Le campement installé sur l’A20, au sud de Cahors, a par ailleurs été évacué jeudi soir, selon la préfète du Lot, Claire Raulin, mais la circulation ne devrait pas y être rétablie avant vendredi matin au plus tôt.Dans le reste du Sud-Ouest, des coupures dans les deux sens continuent de bloquer l’A64 (Bayonne-Toulouse), l’A63 près de Bordeaux, l’A20 (Toulouse-Paris) au niveau de Cahors, ou encore l’A89 sur l’axe Bordeaux-Lyon, au niveau de Périgueux.”On ne va pas lâcher. On s’est fait critiquer la dernière fois d’avoir quitté l’autoroute trop tôt”, a déclaré sur le barrage de l’A64 Benjamin Roquebert, éleveur et céréalier de 37 ans en Haute-Garonne, en référence à la mobilisation début 2024.- Garde à vue -“Tant que le gouvernement ne reviendra pas sur l’abattage systématique, on sera là”, a annoncé Jean-Louis, éleveur à la retraite n’ayant pas souhaité donner son nom de famille.Selon un photographe de l’AFP, une cinquantaine d’agriculteurs ont forcé jeudi matin un barrage de gendarmerie dans les Pyrénées-Orientales, avant de bloquer un rond-point permettant d’accéder à l’A9, au niveau du péage du Boulou, près de la frontière espagnole.A la suite de cette action, un manifestant a été placé en garde à vue pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon la préfecture du département.A Toulouse, le blocage du périphérique annoncé par des militants de la FNSEA n’a finalement pas eu lieu, alors qu’au sein du syndicat, certains font état de leur volonté de ralentir la mobilisation à l’approche de Noël.Un avis que ne partagent pas les Jeunes agriculteurs (JA) locaux. “On va pas rentrer chez nous en n’ayant rien obtenu”, a ainsi dit à l’AFP le co-secrétaire général des JA de Haute-Garonne, Thomas Klunker.Le trafic SNCF a quant à lui pu reprendre sur la ligne Toulouse-Narbonne, le blocage des voies effectif depuis deux jours à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) ayant été levé mercredi soir, a indiqué SNCF Réseaux.Seule la liaison Toulouse-Auch reste perturbée, en raison d'”éléments sur les voies” en gare d’Auch, selon la même source. Les autorités annoncent une “accélération majeure” de la campagne de vaccination des bovins contre la DNC dans le Sud-Ouest. Le préfet chargé de coordonner la cellule interministérielle sur ce dossier, Pascal Sanjuan, a supervisé jeudi la réception de doses arrivées par avion, avant d’être acheminées dans toute l’Occitanie.

Pope replaces New York’s pro-Trump Cardinal with pro-migrant Chicagoan

The newly named pro-migrant archbishop of New York called himself an “unworthy servant” during his first Mass in the city after Pope Leo XIV named his fellow Chicago native to replace a conservative cardinal Thursday.In a significant shift for the US Catholic Church, Leo replaced Timothy Dolan, who stepped down after reaching the church’s retirement …

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Réacteurs nucléaires EPR2: nouveau surcoût pour le “chantier du siècle”

Nouveau surcoût pour “le chantier du siècle” de la relance du nucléaire: l’électricien français EDF a revu en hausse la facture prévisionnelle du programme de six réacteurs EPR2, qui a enflé de 40% par rapport à l’estimation initiale.A 72,8 milliards d’euros, ce nouveau chiffrage consolidé, hors coût de financement, représente une hausse de près de 8% par rapport à une précédente estimation datant de fin 2023, qui atteignait alors 67,4 milliards d’euros.Au final, depuis l’addition initiale de 51,7 milliards d’euros publiée en 2022, le coût du programme aura donc flambé d’environ 40%. Le programme de relance nucléaire annoncé en 2022 par Emmanuel Macron prévoit la construction de six réacteurs de nouvelle génération, en trois paires, à Penly, Gravelines puis au Bugey. EDF, entreprise publique détenue à 100% par l’État, a toutefois précisé à la presse que ce nouveau chiffrage “avait déjà été défini comme étant le plafond” lors de discussions avec l’État. Le groupe espère ainsi faire moins que ce “plafond”, grâce à des pistes d’économies identifiées. Avec ce “chantier du siècle”, l’objectif est clair pour l’électricien, comme pour l’État-actionnaire: éviter la répétition des dérapages de coûts et de calendrier des précédents projets d’EPR menés par EDF. Symbole de ces dérives, celui de Flamanville a été raccordé au réseau électrique en décembre 2024 avec 12 ans de retards. – “Provisions pour risques” -Mais dans une interview au Figaro le PDG d’EDF Bernard Fontana assure que l’entreprise à “tiré les leçons du passé”, et saura tenir “les coûts et les délais”.”Le montant total du devis est aligné avec l’enveloppe globale telle qu’elle avait été travaillée avec l’État”, a pour sa part commenté Bercy, y voyant “le signe qu’EDF commence à avoir plus de visibilité”.Ce n’est pas l’avis des anti-nucléaires de Greenpeace qui parient déjà “que le coût final sera bien plus important”, ne serait-ce qu’en comptant les charges d’intérêts, selon Florence de Bonnafos, chargée de mission économies et finances pour l’ONG. Cette nouvelle addition intègre un “niveau de provisions pour risques”, destinées à couvrir les aléas, “qui a augmenté”, a expliqué Xavier Gruz, directeur exécutif chargé de la maîtrise d’ouvrage du nouveau nucléaire.  Pour autant, EDF fait aussi valoir que ce devis consolidé reflète des efforts “d’optimisations” et de simplification entrepris notamment grâce aux retours d’expérience des autres chantiers d’EPR d’EDF, à Flamanville et à Hinkley Point au Royaume-Uni, et grâce à de nouvelles organisations internes. De quoi permettre selon EDF de réduire les délais de construction de 96 à 70 mois par réacteur. – Penly en 2038 -Sur le calendrier, le groupe confirme en tout cas viser une mise en service du premier des six réacteurs, à Penly (Seine-Maritime), en 2038 (au lieu initialement de 2035-2037), avec un cadencement de 12 à 18 mois pour la mise en service des suivants.D’ici-là, de nombreuses étapes restent à franchir. La première sera de soumettre le devis à un “audit approfondi” de l’État, lequel pourra formuler ses remarques à EDF dans les prochaines semaines. Bercy dit viser “d’ici fin mars” pour aboutir à un devis engageant pour EDF et l’État.”Notre objectif commun, c’est de se mettre en ligne pour une décision finale d’investissement qui devrait être prise à la fin de l’année 2026″, étape-clé pour lancer officiellement le programme, a précisé Xavier Gruz.Le plus tôt serait le mieux pour Gwenaël Plagne, secrétaire (CGT) du CSEC d’EDF, qui déplore une décision politique d’investissement qui “patine”, alors que le groupe engagera dès 2026, 2,7 milliards d’investissements consacrés aux travaux préparatoires et de conception. “On espère qu’une décision (d’investissement, ndlr) puisse arriver rapidement pour que les délais soient consolidés”, a-t-il déclaré à l’AFP.Avant cela, il faudra préalablement le feu vert de la Commission européenne sur les aides d’État que pourrait recevoir EDF, et qui constituent une dérogation aux règles de la concurrence.Le modèle de financement prévoit en effet un prêt avantageux de l’État finançant 60% des coûts de construction. Par la suite, les recettes d’EDF seront sécurisées par le biais d’un contrat à prix garanti par l’État sur 40 ans, permettant notamment de rembourser le prêt.

Enquête pour corruption et perquisitions chez Rachida Dati

Nouveau tourment à trois mois des élections municipales: des perquisitions ont été menées jeudi aux domiciles de Rachida Dati, candidate à Paris, ainsi que dans sa mairie du 7e arrondissement de la capitale, dans le cadre d’une enquête pour corruption.La ministre de la Culture est soupçonnée d’avoir perçu 299.000 euros d’honoraires de GDF Suez quand elle était députée européenne (2009-2019), sans en déclarer la provenance au Parlement européen, comme l’a signalé une source proche du dossier à l’AFP.L’information judiciaire est ouverte “notamment des chefs de corruption active et passive, trafic d’influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment de ces délits en lien avec l’exercice du mandat de parlementaire européen de Madame Rachida Dati”, écrit ainsi le procureur de la République financier, Jean-François Bohnert, dans un communiqué.Il y est fait mention jeudi d'”opérations de perquisition visant divers lieux, dont notamment la mairie du 7e arrondissement de Paris et le ministère de la Culture, ainsi que des domiciles”. Elles s’inscrivent dans le cadre “d’une information judiciaire ouverte le 14 octobre et confiée à deux juges d’instruction du pôle économique et financier du tribunal judiciaire de Paris”, peut-on encore lire, confirmant des informations du Nouvel Obs et de l’émission Complément d’Enquête, sur France 2, qui ont révélé les investigations. Tout est parti d’une enquête préliminaire conduite depuis le 16 avril “sur la base, notamment, d’un signalement Tracfin (renseignement financier, ndlr) reçu par le PNF (Parquet national financier)”, explique Jean-François Bohnert.Les investigations sont menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Me Olivier Pardo, un des avocats de Mme Dati, sondé par l’AFP, s’est refusé à tout commentaire. Ses autres conseils n’ont pas donné suite ou ne pouvaient communiquer dans l’immédiat.- Cascade de dossiers judiciaires -Selon une enquête diffusée début juin sur France 2, les fonds du géant français avaient transité par un cabinet d’avocats, STC Partners, avant d’être rebasculés sur les comptes de Mme Dati en 2010 et 2011. D’après Complément d’enquête, l’origine de ces revenus n’a pas été déclarée au Parlement européen comme cela est requis pour éviter les conflits d’intérêt.La candidate à la mairie de Paris avait qualifié sur Europe 1 et CNews ces accusations de “diffamatoires”, assurant que les documents évoqués dans cette émission ont déjà “été examinés par la justice” dans le cadre des investigations sur l’affaire Carlos Ghosn.Car Mme Dati est déjà renvoyée devant le tribunal correctionnel dans un autre dossier, pour corruption et trafic d’influence, dans lequel elle devra comparaître aux côtés de Carlos Ghosn. L’ancien tout-puissant patron de Renault-Nissan est établi au Liban depuis fin 2019 après une fuite rocambolesque du Japon et est visé depuis avril 2023 par un mandat d’arrêt.Le procès est fixé du 16 au 28 septembre 2026, soit six mois après les municipales prévues les 15 et 22 mars prochains.La figure de proue de la droite parisienne ne compte plus les dossiers sur le terrain judiciaire. La ministre de la Culture est ainsi visée par une autre enquête, ouverte par le parquet de Paris, concernant une éventuelle non-déclaration de bijoux de luxe.Mme Dati avait été mise en cause mi-avril par une enquête de Libération, affirmant qu’elle avait omis 420.000 euros de bijoux dans ses déclarations de patrimoine.”J’ai rien à régulariser. Je n’ai jamais été prise en défaut sur aucune déclaration. Donc c’est pas aujourd’hui que ça va commencer”, avait riposté la ministre début mai, précisant qu’elle comptait porter plainte de son côté pour diffamation.sm-cbr-cco-fbe-pgr/lrb