AFP Top News

Gaza-bound aid boat carrying Greta Thunberg reaches Israeli port

A Gaza-bound aid boat reached Israel’s Ashdod port on Monday after being intercepted by Israeli forces, preventing the dozen activists on board including Swedish campaigner Greta Thunberg from reaching the blockaded Palestinian territory.An AFP photographer said that the Madleen, which organisers said was intercepted in international waters overnight, reached the port north of Gaza at …

Gaza-bound aid boat carrying Greta Thunberg reaches Israeli port Read More »

‘The Day of The Jackal’ author Frederick Forsyth dies aged 86

Prolific British thriller writer Frederick Forsyth, who instantly became a global bestselling author when his book “The Day of the Jackal” was published in 1971, died on Monday aged 86, his literary agents Curtis Brown said.Forsyth famously penned his most famous work about a fictional assassination attempt on French president Charles de Gaulle by right-wing extremists …

‘The Day of The Jackal’ author Frederick Forsyth dies aged 86 Read More »

L'”ultra fast fashion” et sa déferlante de tenues

L'”ultra fast fashion”, que le Sénat tente de freiner en votant mardi une proposition de loi pour “réduire l’impact environnemental de l’industrie textile”, s’impose avec des prix très concurrentiels et un changement incessant des collections.Peu coûteux et constamment renouvelés, ces produits textiles grignotent le marché et concurrencent les acteurs historiques du secteur. L’AFP a analysé et comparé leurs prix et leurs nouveautés.Ils sont accusés d’être souvent très polluants et fabriqués dans des conditions de travail généralement déplorables, ce que conteste l’un des acteurs émergents du secteur, Shein. La plateforme “s’engage à garantir le traitement équitable et digne des travailleurs et interdit le travail forcé au sein de sa chaîne d’approvisionnement”, affirme son porte-parole en France, Quentin Ruffat.- 7.220 nouvelles références par jour -Initiée dès les années 1990 en France avec l’arrivée de Zara, la fast fashion “est un mode de fonctionnement” notamment basé sur “la multiplication du nombre de collections”, indique à l’AFP Gildas Minvielle, directeur de l’Observatoire économique de l’Institut Français de la Mode (IFM).Pendant deux semaines, du 22 mai au 5 juin, l’AFP a analysé les sites d’un acteur émergent, Shein, et d’un acteur historique, H&M, afin d’estimer le nombre de nouveaux arrivages par jour et par segment.  Il en ressort que, dans la catégorie “vêtements pour femmes”, Shein a mis en ligne près de 2.960 nouvelles références par jour, en moyenne, sur la période analysée. Cette estimation descend à 1.330 pour les hommes et atteint 2.930 pour les chaussures. Soit un total de plus de 7.220 nouvelles références par jour, qui s’approche du chiffre trouvé par l’ONG les Amis de la terre en mai 2023. De son côté, le site H&M, qui vend également d’autres marques comme Cos, Arket, ou & Other Stories, proposait environ 290 nouvelles références quotidiennes dans la catégorie “vêtements femmes”, et 50 dans celle “vêtements hommes”.Contactées par l’AFP, aucune des deux marques n’a souhaité faire de commentaire sur ces chiffres.”Nous fabriquons uniquement ce que nos clients achètent, nous alignons la production sur la demande”, ce qui permet “d’avoir peu de stocks” et un taux d’invendus inférieur au reste de l’industrie, dit Quentin Ruffat.- L’intelligence artificielle, leur ADN -Outre la grande variété des articles proposés, l’accent est également mis sur la rapidité: un vêtement de l'”ultra fast fashion” est conçu, produit et expédié en moins de 7 jours (3 semaines pour la fast fashion), selon le secrétariat général à la Planification écologique.Si les plateformes d’origine chinoise, tels Temu ou Shein, “sont aussi agiles et aussi rapides, c’est parce que ce sont des puissances technologiques”, explique Laëtitia Lamari, spécialiste du commerce en ligne. “Pour eux, l’intelligence artificielle n’est pas née avec ChatGPT. C’est leur ADN”, ajoute-t-elle. Pilotées par la tech, elles peuvent développer des produits en petite quantité, parfois sur un simple prototype créé par IA. S’il y a des clics, l’algorithme se met en branle et donne des indicateurs pour de la fabrication, selon l’experte. À grand renfort d’avions, les pièces arrivent en France, un de leur marché phare, souvent exemptées de droits de douane. Mais avec des contrats publicitaires “colossaux avec les plateformes comme Meta”, note Laëtitia Lamari.Selon son porte-parole en France, “Shein n’utilise pas l’IA pour le design des vêtements”, qui sont livrés “entre 8 et 15 jours”.- 2€ le tee-shirt -“Avec l’arrivée de l’ultra fast fashion, les écarts de prix par rapport au milieu de gamme se sont beaucoup accentués”, détaille Gildas Minvielle. Allant parfois du simple au triple. Un tee-shirt, par exemple, coûte aujourd’hui en moyenne 14 euros, selon l’IFM.Zara et H&M sont au-dessus, tandis que Primark, Kiabi et Shein sont en dessous, selon une analyse par l’AFP des sites de ces groupes le 4 juin. Parmi ces cinq acteurs, c’est Shein qui proposait le tee-shirt le moins cher: 2,16 euros pour un “tee-shirt pour femmes décontracté avec col rond à motif minimaliste” vendu en lot de quatre à 8,62 euros. Venaient ensuite Kiabi avec un tee-shirt à 2,40 euros (en promotion), Primark à 3 euros, H&M à 4,99 euros et Zara à 6,95 euros.Outre “prendre des parts de marché aux autres acteurs”, “ce nouveau marché de tout petits prix (…) perturbe la perception que les consommateurs ont des prix”, note Gildas Minvielle. “Le juste prix ou le prix légitime pour un vêtement aujourd’hui n’est plus le même qu’avant”.

La résistance mondiale s’organise contre un “Far West” dans les océans

Personne n’a prononcé le nom de Donald Trump mais c’est bien son intention d’exploiter unilatéralement les fonds marins qui a suscité, lundi au premier jour de la conférence mondiale sur les océans à Nice, les appels appuyés à défendre le multilatéralisme pour protéger nos mers.Premier à prendre la parole à la conférence de l’ONU coorganisée par la France, Emmanuel Macron a appelé à la “mobilisation” pour des “océans” en “ébullition”.Plus de 60 dirigeants mondiaux sont venus sur la Côte d’Azur, dont beaucoup du Pacifique et d’Amérique latine.”La première réponse, c’est le multilatéralisme”, a estimé le président français. “Les abysses ne sont pas à vendre, pas plus que le Groenland n’est à vendre, pas plus que l’Antarctique ou la haute mer ne sont à vendre”, a-t-il enchaîné en visant implicitement les déclarations expansionnistes du président américain sur le territoire autonome du Danemark. Le Français s’y rendra dimanche.M. Macron a renouvelé son appel à un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, soutenu par une trentaine de pays. Un moratoire jugé “essentiel” par le président du Conseil européen, Antonio Costa.”Les grands fonds ne peuvent pas devenir un Far West”, a lancé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, alors que Donald Trump prévoit de lancer unilatéralement l’exploitation des galets de nickel et autres métaux critiques dans les eaux internationales du Pacifique, dans des zones gérées par une autorité onusienne à laquelle les États-Unis n’appartiennent pas.”Nous voyons maintenant planer sur l’océan la menace de l’unilatéralisme. Nous ne pouvons pas permettre qu’il arrive à la mer ce qui est arrivé au commerce international”, a abondé le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Il a appelé à des “actes clairs” de l’Autorité internationale des fonds marins pour mettre fin à cette “course prédatrice” aux métaux critiques.Mais les petits pays du Sud, comme aux négociations climatiques, veulent maintenir la pression financière sur tous les pays riches, y compris les Européens.”Si vous voulez vraiment protéger les océans, prouvez-le”, a lancé Surangel Whipps Jr, président du petit atoll des Palaos dans le Pacifique, en appelant les États développés à “alléger la dette” pour que les petites nations insulaires comme la sienne puissent “investir dans l’adaptation” au changement climatique.Pour les îles du Pacifique, très représentées à Nice et menacées par la montée des eaux, la protection de l’océan n’est pas seulement un objectif écologique mais une nécessité existentielle, ont insisté leurs dirigeants, en appelant la communauté internationale à une action plus ambitieuse.- Nouvelles aires protégées -Sur le traité sur la haute mer, autre sujet brûlant du sommet, M. Macron a affirmé qu’il “serait bien mis en œuvre”. Selon lui, une cinquantaine de pays ont déposé leur ratification à ce jour et “quinze pays se sont formellement engagés à les rejoindre”. “Si cela est vrai –et nous ne le croirons qu’une fois les 60 ratifications déposées– c’est le moment que nous attendions, un moment important pour la protection des océans”, a réagi l’ONG Greenpeace.Le traité vise à protéger la vie marine dans les eaux internationales (au-delà de 200 milles marins – 370 km – des côtes). Signé en 2023, il pourra entrer en vigueur 120 jours après la 60e ratification.Plusieurs pays ont annoncé la création de nouvelles aires marines protégées, comme la Grèce ou l’Espagne sur le quart de ses mers, ou des interdictions localisées du chalutage de fond, comme le Royaume-Uni.La France l’a fait samedi dans certaines de ses aires marines protégées, sans toutefois convaincre les ONG, qui soulignent que cela ne concerne que 4% des eaux métropolitaines.Mis en lumière dans le film “Ocean” du Britannique David Attenborough, le chalutage de fond est critiqué pour les dommages qu’il engendre sur les habitats marins sensibles (herbiers, coraux, etc.) en raclant le plancher marin.La communauté internationale s’est fixé un objectif de 30% de protection en 2030 (appelé 30X30), contre seulement 8,36% aujourd’hui. Mais “protection” signifie rarement interdiction de la pêche ou d’autres activités nuisibles à la biodiversité, chaque pays décidant du niveau de protection.”Nous allons échouer (à atteindre l’objectif) 30X30″, a commenté à Nice Emanuel Gonçalves, chef scientifique de la Fondation Oceano Azul, en estimant qu’au rythme actuel, il faudrait “300 ans” à la communauté internationale pour protéger “complètement” 30% des océans. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La résistance mondiale s’organise contre un “Far West” dans les océans

Personne n’a prononcé le nom de Donald Trump mais c’est bien son intention d’exploiter unilatéralement les fonds marins qui a suscité, lundi au premier jour de la conférence mondiale sur les océans à Nice, les appels appuyés à défendre le multilatéralisme pour protéger nos mers.Premier à prendre la parole à la conférence de l’ONU coorganisée par la France, Emmanuel Macron a appelé à la “mobilisation” pour des “océans” en “ébullition”.Plus de 60 dirigeants mondiaux sont venus sur la Côte d’Azur, dont beaucoup du Pacifique et d’Amérique latine.”La première réponse, c’est le multilatéralisme”, a estimé le président français. “Les abysses ne sont pas à vendre, pas plus que le Groenland n’est à vendre, pas plus que l’Antarctique ou la haute mer ne sont à vendre”, a-t-il enchaîné en visant implicitement les déclarations expansionnistes du président américain sur le territoire autonome du Danemark. Le Français s’y rendra dimanche.M. Macron a renouvelé son appel à un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, soutenu par une trentaine de pays. Un moratoire jugé “essentiel” par le président du Conseil européen, Antonio Costa.”Les grands fonds ne peuvent pas devenir un Far West”, a lancé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, alors que Donald Trump prévoit de lancer unilatéralement l’exploitation des galets de nickel et autres métaux critiques dans les eaux internationales du Pacifique, dans des zones gérées par une autorité onusienne à laquelle les États-Unis n’appartiennent pas.”Nous voyons maintenant planer sur l’océan la menace de l’unilatéralisme. Nous ne pouvons pas permettre qu’il arrive à la mer ce qui est arrivé au commerce international”, a abondé le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Il a appelé à des “actes clairs” de l’Autorité internationale des fonds marins pour mettre fin à cette “course prédatrice” aux métaux critiques.Mais les petits pays du Sud, comme aux négociations climatiques, veulent maintenir la pression financière sur tous les pays riches, y compris les Européens.”Si vous voulez vraiment protéger les océans, prouvez-le”, a lancé Surangel Whipps Jr, président du petit atoll des Palaos dans le Pacifique, en appelant les États développés à “alléger la dette” pour que les petites nations insulaires comme la sienne puissent “investir dans l’adaptation” au changement climatique.Pour les îles du Pacifique, très représentées à Nice et menacées par la montée des eaux, la protection de l’océan n’est pas seulement un objectif écologique mais une nécessité existentielle, ont insisté leurs dirigeants, en appelant la communauté internationale à une action plus ambitieuse.- Nouvelles aires protégées -Sur le traité sur la haute mer, autre sujet brûlant du sommet, M. Macron a affirmé qu’il “serait bien mis en œuvre”. Selon lui, une cinquantaine de pays ont déposé leur ratification à ce jour et “quinze pays se sont formellement engagés à les rejoindre”. “Si cela est vrai –et nous ne le croirons qu’une fois les 60 ratifications déposées– c’est le moment que nous attendions, un moment important pour la protection des océans”, a réagi l’ONG Greenpeace.Le traité vise à protéger la vie marine dans les eaux internationales (au-delà de 200 milles marins – 370 km – des côtes). Signé en 2023, il pourra entrer en vigueur 120 jours après la 60e ratification.Plusieurs pays ont annoncé la création de nouvelles aires marines protégées, comme la Grèce ou l’Espagne sur le quart de ses mers, ou des interdictions localisées du chalutage de fond, comme le Royaume-Uni.La France l’a fait samedi dans certaines de ses aires marines protégées, sans toutefois convaincre les ONG, qui soulignent que cela ne concerne que 4% des eaux métropolitaines.Mis en lumière dans le film “Ocean” du Britannique David Attenborough, le chalutage de fond est critiqué pour les dommages qu’il engendre sur les habitats marins sensibles (herbiers, coraux, etc.) en raclant le plancher marin.La communauté internationale s’est fixé un objectif de 30% de protection en 2030 (appelé 30X30), contre seulement 8,36% aujourd’hui. Mais “protection” signifie rarement interdiction de la pêche ou d’autres activités nuisibles à la biodiversité, chaque pays décidant du niveau de protection.”Nous allons échouer (à atteindre l’objectif) 30X30″, a commenté à Nice Emanuel Gonçalves, chef scientifique de la Fondation Oceano Azul, en estimant qu’au rythme actuel, il faudrait “300 ans” à la communauté internationale pour protéger “complètement” 30% des océans. 

En meeting dans le Loiret, le RN et ses alliés unis contre Bruxelles et derrière Marine Le Pen

Un an après leur percée aux élections européennes, le Rassemblement national et ses alliés continentaux se sont retrouvés en meeting près de Montargis, pour afficher leur unité contre les institutions de Bruxelles et leur soutien indéfectible à Marine Le Pen, dont la candidature à la présidentielle est en suspens.Soudés et offensifs, ils ont dénoncé la décision de justice qui pourrait empêcher Mme Le Pen de se présenter en 2027. “Ni ici, ni nulle part en Europe, nous les laisserons interdire aux peuples de choisir leurs dirigeants”, a lancé celle-ci aux quelques milliers de partisans galvanisés, venus l’acclamer dans une cour de ferme de Mormant-sur-Vernisson.Soleil de plomb, odeur de friture et marée de drapeaux bleu blanc rouge de rigueur, la triple candidate à la présidentielle, affirmant que “l’on veut (lui) interdire, en violant tous les principes du droit (…) de se présenter” à nouveau, a lancé une lourde charge contre une Union européenne qualifiée “d’empire marchand, wokiste, ultralibéral”, accusée de “mettre son énergie dans un projet de guerre programmée”Son jeune dauphin Jordan Bardella a dénoncé à l’unisson un “monstre bureaucratique gouverné par des technocrates” et son “pacte européen pour les migrations (…) qui force la France à répartir les migrants dans nos villes et nos villages”.Gros succès à l’applaudimètre, et démonstration de loyauté entre la patronne du RN et son probable remplaçant si la cour d’appel devait confirmer l’an prochain l’inéligibilité de Marine Le Pen.Une harmonie scellée au pied de l’estrade par un bain de foule commun. Pour mieux faire taire les rumeurs de rivalité naissante entre le populaire président du parti à la flamme et son aînée?- “Deep state” et grand remplacement -En tout cas, c’est bien Marine Le Pen qui était à l’honneur dans toutes les interventions. “Une combattante courageuse, (qui) ne vous trahit jamais (et) suit toujours la loi de l’honneur”, a salué Viktor Orban.Le Premier ministre hongrois a au passage embrassé la théorie complotiste du grand remplacement, comparant la politique migratoire européenne à “un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel” du Vieux continent.Avec la même véhémence, Matteo Salvini a pointé “une invasion de clandestins, principalement islamistes”, selon lui “financée et organisée dans le silence de Bruxelles”. Quitte à “essayer de bloquer” ceux qui s’y opposent “avec tous les moyens possibles”.Mais “ils vont échouer” car “la victoire appartient aux plus tenaces” et “nous sommes du bon côté de l’Histoire”, a ajouté en français le vice-président du Conseil des ministres italien.Dans la langue de Molière également, le tchèque Andrej Babis a fustigé un “deep state” (état profond) mêlant “bureaucratie européenne, médias traditionnels (et) activistes progressistes”, tandis que le flamand Tom Van Grieken a harangué la foule en affirmant que “Marine Le Pen fait trembler le système” et que “si la France se lève, l’Europe suivra”.”Elle sera présidente, ils ne pourront pas l’empêcher. La France a besoin que Marine arrive et l’Europe a besoin que la France revienne”, a martelé l’espagnol Santiago Abascal.Pour l’occasion, le président du parti Vox et de l’alliance des Patriotes (forte de 85 eurodéputés sur 720), a annoncé que la Française avait été unanimement désignée présidente d’honneur du mouvement européen.- “Construire la résistance” -Consécration symbolique, un an jour pour jour après la victoire sans appel du RN au scrutin européen, avec 31,37% des suffrages, score record qui avait propulsé M. Bardella aux portes de Matignon à la faveur de la dissolution.Mais cet élan s’était fracassé sur un casting hasardeux de candidats et un “front républicain”, limitant le contingent du RN à 120 députés, très loin des 289 nécessaires pour gouverner seul.Un coup d’arrêt qui n’a pas entravé l’ascension du nouveau champion de l’extrême droite, dont l’autobiographie atteint des chiffres de vente aussi élevés que sa cote dans les sondages. Propulsé dans le cercle fermé des “présidentiables”, mais encore avec le statut de “plan B” de Mme Le Pen, au risque d’instiller un poison lent dans les entourages des deux leaders.A gauche, leurs opposant ne font toutefois aucune différence. Devant quelques milliers de personnes réunies à Montargis pour une contre-manifestation, l’eurodéputée LFI Manon Aubry a vu dans le rassemblement voisin “le pire de l’extrême droite européenne raciste et xénophobe” et exhorté à “construire la résistance” face à des rivaux politiques qui ne sont “pas les bienvenus”.Côte-à-côte, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et celle de la CFDT, Marylise Léon, ont également appelé à “ne pas laisser faire l’extrême droite”.

Immigration: devant les militants RN, Orban dénonce “un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel de l’Europe”

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a comparé la politique migratoire européenne à “un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel” du continent, dans un discours musclé devant des militants de l’extrême droite européenne réunis dans le Loiret, à l’invitation du Rassemblement national.Se targuant d’avoir su “repousser les migrants” dans son pays, quitte à encourir des sanctions de Bruxelles, M. Orban a clamé devant plusieurs milliers de personnes: “Nous ne les laisserons pas détruire nos villes, violer nos filles et nos femmes, tuer des citoyens pacifiques”.Dans ce discours prononcé en hongrois et traduit en direct en français pour les militants présents à Mormant-sur-Vernisson, le Premier ministre hongrois a clairement ciblé l’UE, assumant son rôle de “brebis galeuse de l’Union européenne”, de “cauchemar de Bruxelles”.Il a exhorté le Rassemblement national à s’imposer dans les prochaines échéances électorales: “Sans vous, nous ne pourrons pas occuper Bruxelles (…) Nous ne pourrons pas sauver la Hongrie de la guillotine bruxelloise”, a lancé Viktor Orban.Il s’est exprimé au milieu de nombreux dirigeants européens d’extrême droite, parmi lesquels le vice-président du Conseil des ministres italien Matteo Salvini, le leader du parti espagnol Vox, Santiago Abascal, ainsi que les dirigeants des partis alliés tchèque, Andrej Babis, grec, Afroditi Latinopoulou, polonais, Krzysztof Bosak, estonien, Martin Helme, et belge, Tom Van Grieken. Le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a lui adressé un message vidéo enregistré.Dans la même veine que M. Orban sur l’immigration, Matteo Salvini a insisté sur la “menace” pesant sur l’Europe: “La menace pour nos enfants est une invasion de clandestins, principalement islamistes, financés et organisés dans le silence de Bruxelles”, a-t-il affirmé à la tribune, appelant les “patriotes” européens à “travailler ensemble” pour “reprendre en main le destin et l’avenir de l’Europe”.Santiago Abascal a de son côté plaidé pour “redevenir souverains de décider qui entre sur notre territoire, souverains pour accompagner les familles européennes, pas pour les remplacer”.Marine Le Pen puis Jordan Bardella devaient de leur côté s’exprimer en clôture de cet événement, baptisé la “Fête de la victoire”, un an après les élections européennes lors desquelles le RN est arrivé en tête.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

En Inde, vague de suicides d’agriculteurs victimes du changement climatique

En balayant du regard la terre désespérément aride autour d’elle, Mirabai Khindkar raconte pourquoi son époux Amol, agriculteur dans l’Etat indien du Maharashtra (ouest), s’est suicidé l’an dernier.Il misait sur sa récolte de soja, de millet et de coton pour rembourser une partie de ses dettes. Mais la sécheresse, accentuée par le changement climatique, a anéanti ses espoirs. Les suicides d’agriculteurs sont depuis longtemps fréquents en Inde, mais les conditions météorologiques extrêmes liées au réchauffement de la planète fragilisent d’avantage leur activité.Pluies erratiques, inondations et fortes chaleurs entraînent une baisse des rendements dans de nombreuses régions d’Inde.Le secteur agricole, qui emploie plus de 45% de la main-d’œuvre du pays le plus peuplé de la planète (1,4 milliard d’habitants), connaît beaucoup de difficultés et de nombreux exploitants sont endettés.Amol Khindkar, qui possédait un hectare de terres, devait à ses prêteurs l’équivalent de plusieurs centaines de fois ses revenus annuels. Désespéré, il s’est suicidé en s’empoisonnant, laissant derrière lui sa femme et trois enfants.”Quand il était à l’hôpital, j’ai prié pour qu’il ne meure pas”, raconte Mirabai, 30 ans, la voix chevrotante. Les problèmes d’endettement ont été leur dernier sujet de conversation.Ce type de drames frappe tous les jours des fermiers de cet Etat de 18 millions d’habitants autrefois connu pour ses terres fertiles. – “Plus d’incertitudes” -L’an dernier, les événements météorologiques extrêmes ont affecté 3,2 millions d’hectares de terres agricoles à travers l’Inde – une superficie plus grande que la Belgique – selon le groupe de recherche du Centre pour la science et l’environnement basé à New Delhi.Le Maharashtra représentait à lui seul plus de 60% de cette superficie.”L’été, la chaleur est extrême. Et même si nous faisons ce qu’il faut, le rendement reste insuffisant”, se désole Balaji Khindkar, le frère d’Amol, également agriculteur. “Il n’y a pas assez d’eau pour irriguer les champs. Il ne pleut pas suffisamment”, décrit-il.Entre 2022 et 2024, 3.090 agriculteurs se sont suicidés dans le Maharashtra, soit environ trois par jour, selon le ministre local de l’Agriculture, Shivraj Singh Chouhan.Les statistiques officielles ne précisent pas les causes de ces suicides mais les experts pointent différents facteurs.”Les suicides d’agriculteurs en Inde sont une conséquence des problèmes de revenus, d’investissements et de productivité”, estime R. Ramakumar, professeur à l’Institut Tata des sciences sociales.Dans beaucoup d’exploitations, l’agriculture n’a pas évolué depuis des siècles et sa productivité reste largement dépendante de la météo. “Le changement climatique (…) a accru les risques”, souligne R. Ramakumar, ce qui “entraîne de mauvaises récoltes (…)  et rend les petits agriculteurs économiquement plus vulnérables”. Selon lui, le gouvernement devrait aider les agriculteurs à mieux s’assurer pour les “événements météorologiques extrêmes” et investir davantage dans la recherche agronomique afin de permettre au secteur de mieux s’adapter.- “Même pas d’eau à boire” -“L’agriculture ne devrait pas tout miser sur la mousson”, insiste l’expert. Pour faire face à une baisse des rendements, les exploitants investissent dans des systèmes d’irrigation et emploient plus d’engrais. Mais beaucoup de banques refusent de leur accorder des prêts. Les plus désespérés se tournent alors vers des usuriers qui pratiquent des taux exorbitants. “Il est difficile de joindre les deux bouts en vivant seulement de l’agriculture”, explique Mirabai Khindkar depuis sa baraque couverte d’un simple toit de tôle.Son époux devait plus de 7.000 euros, un montant exorbitant dans un pays où le revenu mensuel moyen d’une exploitation avoisine 105 euros. La jeune veuve est désormais ouvrière agricole, ce qui ne lui permet pas de rembourser ses dettes.L’agriculture indienne est en crise depuis des décennies. Selon des statistiques officielles, en 2022, 30 personnes travaillant dans le secteur se sont suicidées chaque jour. Dans une autre ferme de la même région du Marathwada, Shaikh Imran, 32 ans, a repris la petite exploitation familiale l’an dernier, après le suicide par pendaison de son frère. Il a déjà emprunté l’équivalent de plus de 965 euros pour planter du soja qui n’a jamais poussé. Autour de lui résonne le bruit des explosions auxquelles les agriculteurs ont recours pour creuser des puits dans l’espoir de trouver de l’eau. “Il n’y a même pas d’eau à boire”, désespère sa mère, Khatijabi, “alors où pourrait-on en trouver pour irriguer nos terres ?” 

Le Pen et Bardella réunissent leurs partenaires européens pour une démonstration d’unité champêtre

Un an après les élections européennes, et surtout deux ans avant la présidentielle, Marine Le Pen et Jordan Bardella s’affichent ensemble lundi dans le Loiret lors d’un meeting avec plusieurs de leurs partenaires continentaux, un banquet champêtre qui entend montrer l’unité de leur binôme.Dans la campagne de Mormant-sur-Vernisson, l’événement a été baptisé “La fête de la victoire”: celle remportée ce 9 juin 2024, il y a un an jour pour jour, par le Rassemblement national lorsque sa liste est arrivée en tête du scrutin européen en recueillant 31,37% des suffrages, à l’époque le meilleur score de l’histoire du parti d’extrême droite lors d’un premier tour.Dès midi, quelques milliers de partisans – français pour la plupart – s’étaient massés face à la scène montée dans une vaste cour de ferme, entre food-trucks et stands de bonbons, pour écouter les premières prises de parole des invités venus des quatre coins de l’Europe, à commencer par la grecque Afroditi Latinopoulou, le polonais Krzysztof Bosak, l’estonien Martin Helme, et le belge Tom Van Grieken.Sont également attendus le vice-président du Conseil des ministres italien Matteo Salvini, le leader du parti espagnol Vox Santiago Abascal, ainsi que le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui s’est déjà fendu dimanche sur les réseaux d’un message évoquant Montargis, théâtre de violences urbaines il y a deux ans et selon lui “un exemple à petite échelle de ce (…) qui se passe lorsque les patriotes perdent le contrôle”.- “Arrêter d’avoir peur” -Dans l’assistance, beaucoup sont toutefois venus entendre Mme Le Pen et M. Bardella, comme Antoine Contrant, 21 ans et déjà responsable local du RN près de Dunkerque, curieux de savoir ce que ses dirigeants “vont dire aux alliés” européens avec lesquels “on sera amenés à travailler” car “on veut accéder au pouvoir”.D’autres comme Marine, 29 ans, assistante maternelle près de Chartres, attend plutôt “un message positif, pour que les gens arrêtent d’avoir peur” du parti d’extrême droite et au contraire “donner envie aux gens de leur faire confiance”.Les opposants s’étaient, eux, donné rendez-vous pour une contre-manifestation à Montargis, à une dizaine de kilomètres, en présence des parlementaires Philippe Brun et Chloé Ridel (PS), Ian Brossat (PCF), Manon Aubry et Louis Boyard (LFI), ainsi que plusieurs leaders syndicaux dont Sophie Binet (CGT) et Marylise Léon (CFDT).Mobilisation censée faire contrepoids à celle des leaders nationalistes, réunis sous la bannière “Patriotes pour l’Europe” (85 eurodéputés sur 720) et venus afficher leur unité malgré de profondes divergences, notamment entre Marine Le Pen et certains de ses partenaires adeptes des saillies ultra-conservatrices et d’un trumpisme béat.- Poison lent -La garden party de lundi doit de toute façon s’articuler autour d’enjeux principalement franco-français et illustrer la solidité du “duo” Le Pen-Bardella.Car l’anniversaire des européennes du 9 juin coïncide également avec celui de la dissolution, point de départ d’une campagne législative initialement jugée gagnable, mais qui s’est fracassée sur un casting hasardeux de candidats et un “front républicain”. Au final, le RN a fait élire 120 députés, très loin des 289 nécessaires pour envoyer M. Bardella à Matignon.Un an après, l’aspirant Premier ministre de 2024 a changé de statut, à présent candidat putatif à la présidentielle si l’inéligibilité de Marine Le Pen devait être confirmée par la Cour d’appel à l’été 2026.Le coup de tonnerre provoqué par cette condamnation, le 31 mars dernier, a sérieusement ébranlé le “ticket” qu’avait mis sur pied la députée du Pas-de-Calais. Le “plan B comme Bardella”? C’est toujours elle la “candidate”, ne cesse-t-elle de rappeler pour minimiser l’hypothèse, sans cacher son exaspération envers “ceux qui veulent l’enterrer trop tôt”.Reste que le succès de son livre en librairie, sa popularité et, surtout, ses intentions de vote comparables à celle de sa “patronne”, ont propulsé Jordan Bardella dans le cercle fermé des “présidentiables”. L’idée, notamment relayée par la presse d’extrême droite qui n’a jamais caché sa préférence pour le bientôt trentenaire plutôt que pour Marine Le Pen, agit depuis deux mois comme un poison lent chez les lepénistes. Lesquels veulent se convaincre que le rendez-vous champêtre dans le Loiret de lundi agira comme une dose d’antidote.