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L’épave la plus profonde dans les eaux françaises découverte au large de Ramatuelle

L’épave la plus profonde dans les eaux françaises a été repérée en mars, avec un navire marchand du XVIe siècle découvert au large de Ramatuelle (Var), 2.567 m sous la surface de la Méditerranée, ont annoncé mercredi la préfecture maritime de Méditerranée et le ministère de la Culture.Il s’agit de l’épave “la plus profonde jamais découverte dans les eaux territoriales françaises”, a indiqué à Nice Arnaud Schaumasse, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), au cours d’une présentation à la presse à bord du navire de cet organisme, l’Alfred-Merlin.L’épave la plus profonde découverte jusque là était celle du sous-marin La Minerve, au large de Toulon, à 2.300 m de profondeur.La découverte, totalement fortuite, a été faite le 4 mars à l’occasion de la plongée d’un drone sous-marin dans le cadre de la “stratégie de reconquête des fonds marins” lancée en 2019 par le gouvernement, a indiqué Thierry de la Burgade, adjoint au préfet maritime de la Méditerranée.”Le sonar a détecté quelque chose d’assez important, alors nous y sommes retournés avec la caméra de cet engin autonome, puis de nouveau avec un robot sous-marin, pour obtenir des images d’une très grande qualité”, a-t-il raconté.Selon les premières hypothèses du Drassm, laboratoire appartenant au ministère de la Culture, l’épave est celle d’un navire marchand du XVIe siècle parti d’un port de l’Italie du Nord pour une destination inconnue, d’une dimension de 30 mètres sur 7, et chargé d’au moins deux cargaisons, de la céramique et du fer transporté sous la forme de barres.Les images montrent notamment “200 magnifiques pichets globulaires à bec pincé, marqué du monogramme IHS du Christ ou avec des motifs végétaux ou géométriques qui évoquent à ce stade une provenance de la région de Ligurie”, a indiqué Marine Sadania, archéologue responsable du Drassm en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.Baptisée Camarat 4, cette épave comporte aussi une ancre, six canons en fer, une centaine d’assiettes jaunes empilées ou encore deux chaudrons couchés.Elle repose sur du sable dans un décor lunaire mais malheureusement pollué par des macro-déchets contemporains, canettes de soda ou pots de yaourt.En dépit de cette pollution, “ce site, grâce à sa profondeur qui a empêché toute récupération ou pillage, est resté intact, comme si le temps s’était arrêté, ce qui est exceptionnel et présente un très fort potentiel archéologique”, a souligné Marine Sadania.En lien avec la Marine nationale, le Drassm prévoit dans les deux ans à venir de poursuivre l’expertise de cette épave avec la réalisation d’un “jumeau numérique” en 3D et envisage d’effectuer des prélèvements pour une étude plus approfondie avant une restitution de ces fouilles au public.

Colère des taxis: le gouvernement va étudier leurs propositions

Faire des économies sans mécontenter les taxis: le gouvernement a proposé mercredi d’étudier, avec les représentants de la profession, de nouveaux calculs pour les conditions de rémunération du transport des patients, mais de nombreux professionnels restent méfiants.À l’issue d’une réunion avec les organisations de taxis, mobilisés depuis plusieurs semaines, le ministre de la Santé Yannick Neuder a assuré qu’il fallait “continuer à travailler ensemble pour trouver des solutions qui soient d’intérêt national”.Il a renvoyé à une nouvelle réunion dans 15 jours. D’ici là, l’Assurance maladie (CNAM) devra évaluer les propositions faites par les taxis.  Après des semaines de mobilisation pour demander une rencontre directe avec le gouvernement, les représentants des taxis se sont montrés plutôt satisfaits. “Le ministre a compris que le système proposé par les services de la CNAM n’était absolument pas viable pour les entreprises de taxi”, a souligné à l’issue de la réunion Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des taxis.Il s’agit notamment de prendre en compte le retour au compteur (et non au forfait) pour la plupart des trajets, et la “marche lente” en cas de bouchons. “La grande avancée, c’est que ces propositions vont être chiffrées et voir si elles rentrent dans les objectifs budgétaires”, a indiqué Bilal Bouammar, de la Fédération des taxis indépendants, à l’issue de la réunion. “On est plus dans une négociation que dans l’imposition de mesure comme ça s’est fait pendant un an et demi (avec la CNAM)”, a-t-il relevé.Les taxis sont toutefois prêts à se mobiliser de nouveau en cas de nouvelle déception, car ils sont “pris à la gorge “, a indiqué M. Boudjema à l’AFP.La méfiance planait, en effet, devant le ministère de l’Économie, à Paris, où des centaines de manifestants venus de toute la France ont garé leur taxi, bloquant plusieurs rues.”Ils veulent gagner du temps. En juillet-août, vous pouvez bloquer Paris, ils n’en ont rien à foutre. On reste! Si on part, on ne reviendra plus”, a lancé un manifestant. – Economies -D’ici la prochaine réunion, “il va y avoir des actions sporadiques et incontrôlées”, a prévenu Gérôme Lassalle de l’association Elite Taxi.  La préfecture des Pyrénées-Atlantiques a d’ailleurs interdit mercredi soir une manifestation de 500 taxis attendue à compter de jeudi à Pau, ville du Premier ministre François Bayrou, en raison de “risques de troubles à l’ordre public”. Des taxis venus de plusieurs départements avaient bloqué la gare de Pau pendant deux semaines en mai.Mercredi, en région parisienne, un convoi venu de l’aéroport de Roissy a ralenti dans l’après-midi la circulation sur le périphérique.Les taxis protestent contre la nouvelle convention de l’Assurance maladie régissant le transport des malades en taxi, censée entrer en vigueur le 1er octobre.Le nouveau système doit reposer sur une prise en charge de 13 euros par la Sécurité sociale, puis un tarif kilométrique. Mais les taxis craignent, par exemple, que les temps d’attente lorsque le patient est en consultation à l’hôpital ne soient plus rémunérés.Le chiffre d’affaires de certains artisans-taxis repose parfois aux deux tiers sur le transport des patients vers les hôpitaux ou à leurs rendez-vous médicaux, notamment dans les zones rurales ou les petites villes.L’Assurance maladie souhaite économiser de l’argent en développant des plateformes centralisant les demandes, pour rationaliser les allées et venues des taxis, permettre le transport partagé et éviter retours à vide ou longues périodes d’attente des véhicules.- Blocage -Entre 2019 et 2024, les dépenses de transport sanitaire ont explosé pour atteindre 6,74 milliards d’euros annuels, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés, soit une augmentation de 45%.Pendant la deuxième quinzaine de mai, la profession avait déjà bloqué gares et aéroports et occupé certains axes, dans plusieurs villes de France, notamment sur le boulevard Raspail à Paris, à deux pas du quartier des ministères. Outre leurs griefs contre la convention avec l’Assurance maladie, les taxis dénoncent aussi les chauffeurs VTC, accusés de concurrence déloyale et de pratiquer la maraude – le fait de circuler à vide à la recherche de clients -, ce qui leur est interdit. Le gouvernement a affirmé qu’il allait accentuer les contrôles pour s’attaquer aux fraudeurs. Une célérité qui a mis en colère les chauffeurs VTC, reçus à leur tour le 3 juin au ministère des Transports. Ils ont eux aussi appelé à une semaine de mobilisation à partir de mardi.

Musk regrets some of his Trump criticisms, says they ‘went too far’

Elon Musk, the world’s richest person and Donald Trump’s former advisor, said Wednesday he regretted some of his recent criticisms of the US president, after the pair’s public falling-out last week.”I regret some of my posts about President @realDonaldTrump last week. They went too far,” Musk wrote on his social media platform X, in a …

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VivaTech: Emmanuel Macron salue le partenariat “historique” entre Mistral AI et Nvidia

Habitué de VivaTech, Emmanuel Macron a salué mercredi la conclusion d’un partenariat “historique” entre le groupe français Mistral AI et le géant américain des puces électroniques Nvidia, annoncé le jour même depuis le plus grand événement d’Europe consacré à la tech qui se tient à Paris.”Le partenariat annoncé aujourd’hui (…) est, à mes yeux, une alliance historique”, a déclaré le président français sur la scène principale de VivaTech en compagnie des patrons des deux entreprises, Arthur Mensch et Jensen Huang. Mistral AI, qui a conçu le chatbot Le Chat concurrent de ChatGPT, et Nvidia, qui produit des puces électroniques considérées comme indispensables au développement de l’intelligence artificielle (IA) générative, s’allient ainsi pour concevoir une plateforme de cloud (informatique à distance) où les modèles de la start-up tricolore seront disponibles. Baptisée “Mistral Compute”, elle sera dotée de “18.000 superpuces Blackwell”, parmi les plus avancées du géant américain. M. Mensch a vanté l’avènement d’une plateforme “complétement indépendante”, qui permettra aux utilisateurs de “ne plus s’appuyer pour (leur) utilisation de l’IA sur certains fournisseurs américains”. “C’est un changement de paradigme car cela augmentera notre souveraineté et nous permettra d’en faire bien davantage”, a appuyé Emmanuel Macron. Le président s’est aussi livré à une déambulation dans les allées animées du salon, qui a ouvert ses portes mercredi matin pour une neuvième édition avec 14.000 start-up présentes et 165.000 visiteurs attendus. – “Retard” technologique -Défenseur de la “start-up nation”, Emmanuel Macron a échangé pendant sa visite avec plusieurs jeunes entreprises européennes et s’est livré à une défense de la souveraineté technologique du continent. L’Europe “a perdu son autonomie parce qu’elle a mis en danger sa capacité à produire. Elle est devenue de plus en plus dépendante du reste du monde”, s’est inquiété le président, qui a défendu un accès aux marchés publics pour les start-up françaises et européennes. Quatre mois après l’organisation à Paris du sommet sur l’IA, qui avait vu affluer les promesses d’investissements dans cette technologie en France, le chef de l’État a répété son souhait de voir aboutir “une IA (…) soutenable, humaniste et sécurisée”. “Il faut qu’on se dote des capacités pour être au cœur de ce combat”, a-t-il martelé. Tandis que le président américain Donald Trump souffle le chaud et le froid sur l’économie mondiale au rythme de ses mesures sur les droits de douane, le débat sur la dépendance aux outils numériques américains s’est renforcé dans de nombreux domaines, dont l’IA.”Cette technologie n’a jamais été aussi politique qu’aujourd’hui”, a assuré la ministre française chargée du numérique et de l’intelligence artificielle, Clara Chappaz, en ouverture du salon. “Le sujet de la souveraineté, qui n’était pas aussi important dans les discussions il y a encore un an ou deux ans, est devenu une priorité absolument stratégique”, selon François Bitouzet, directeur général de VivaTech interrogé par l’AFP.- Les “milliards” de Nvidia -Les annonces de Nvidia, qui organisait pour la première fois sa propre conférence à Paris à l’occasion de VivaTech, se sont multipliées, alors que Jensen Huang a livré un discours inaugurale de plus d’une heure.”En deux ans, nous allons multiplier la capacité de calcul dédiée à l’intelligence artificielle en Europe par dix”, a-t-il promis devant une salle comble. Il a également indiqué au cours d’un échange avec la presse que son entreprise investirait “des milliards” de dollars sur le continent dans les années à venir. D’autres partenariats avec des entreprises européennes, comme le géant français des équipements électriques Schneider Electric et l’industriel allemand Siemens, seront quant à eux renforcés, a-t-il aussi souligné.Son entreprise prévoit par ailleurs d’aider au développement de centres technologiques dans plusieurs pays d’Europe.

Mohamed Amra garde le silence sur son évasion meurtrière lors de son premier interrogatoire

Le narcotrafiquant Mohamed Amra, extrait mercredi matin sous haute sécurité de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), n’a pas répondu aux questions des juges spécialisés sur son évasion meurtrière en mai 2024, lors de son premier interrogatoire au tribunal de Paris.Le suspect a été ramené sous haute surveillance policière mercredi après-midi dans sa prison ultrasécurisée.Entendu pendant trois heures par les trois juges de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé (Junalco) chargés des investigations sur son évasion au péage d’Incarville qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires, M. Amra a fait “de simples déclarations” sans répondre sur le fond, a indiqué son avocat Lucas Montagnier.Mohamed Amra, poursuivi pour meurtres en bande organisée en récidive, a notamment évoqué “ses conditions” de détention “au quotidien”, a précisé son autre avocat, Benoît David.Me Montagnier a balayé tout “procédé” ou “défiance”, et avancé l’impossibilité de “préparer cet interrogatoire dans des conditions sereines et conformes aux droits de la défense”.Lors de leurs entretiens, un surveillant, posté derrière une porte vitrée, “peut entendre les échanges, voir les documents”, a accusé Me Montagnier, dénonçant une “absence de confidentialité” et une “atteinte grave” aux droits de la défense.L’audition du jour devait permettre de le questionner sur la préparation de son évasion, sur le jour J de l’opération puis sur sa longue cavale. “M. Amra répondra aux questions des juges lorsque la confidentialité de nos échanges sera pleinement garantie”, a assuré Me Montagnier.- Casque antibruit et bandeau -Dans un communiqué, Laure Beccuau, procureure de Paris et de la Junalco a indiqué que cet interrogatoire avait été préparé en amont “avec l’administration pénitentiaire” mais aussi avec la défense du mis en cause “afin de s’assurer que l’intéressé était disposé à s’expliquer, afin que ces efforts ne soient pas déployés en vain.”Elle a confirmé le refus de s’exprimer de Mohamed Amra “en arguant d’un manque de confidentialité de ses entretiens avec ses avocats sur son lieu de détention.”Au moins 41 autres personnes sont mises en examen, dont 30 sont en détention provisoire, dans cette affaire tentaculaire qui a mobilisé des moyens exceptionnels pour interpeller les suspects, dont certains étaient en fuite à l’étranger. Deux protagonistes sont attendus du Maroc.Mohamed Amra, surnommé La Mouche, s’était évadé le 14 mai 2024 dans l’Eure lors d’une précédente extraction qui s’est transformée en véritable guet-apens: deux agents pénitentiaires ont été abattus, trois autres grièvement blessés. Il se trouvait dans un fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville quand un commando l’a libéré dans une attaque ultraviolente. Il est ensuite parti en cavale pendant neuf mois, mais a été arrêté le 22 février à Bucarest avant d’être remis à la France.Mercredi, cette nouvelle extraction a été réalisée sous haute sécurité, avec à la manoeuvre le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), unité d’élite spécialisée dans la gestion de crises et les missions dangereuses.Peu après 07h30, Mohamed Amra a été extrait par hélicoptère de sa prison dans l’Orne. A bord, il était équipé d’un casque antibruit, avec un bandeau sur les yeux “pour l’empêcher de mémoriser le trajet”, selon une source proche du dossier.- Indignation -Puis il a été conduit de la base aérienne de Vélizy-Villacoublay (Yvelines) au tribunal de Paris où il est arrivé vers 09H30, escorté par quatre véhicules et deux motards.Les syndicats pénitentiaires s’étaient indignés de cette extraction, appelant à une audition en visioconférence ou à un déplacement des magistrats au sein même de la prison de Condé, pour minimiser les risques.Cette “pression” mise pour “empêcher une quelconque extraction” est “un réel problème”, a souligné Me Benoît David. “Une bonne justice a certes un coût, mais elle n’a pas de prix dans une société démocratique”, a-t-il insisté.Les juges ont estimé “impératif” de le faire venir pour qu’il s’explique “dans des conditions procédurales, matérielles et de confidentialité adaptées et incontestables”, a justifié Laure Beccuau.M. Amra a été invité à s’exprimer sur “des pièces de la procédure, notamment des photographies et un document vidéo” a souligné la procureure. En vain.

L’État assigné par le père d’Estelle Mouzin pour faute lourde dans l’enquête sur la disparition de sa fille

Éric Mouzin, père d’Estelle Mouzin, victime de Michel Fourniret disparue en 2003, a assigné mercredi l’État pour faute lourde et déni de justice, fustigeant à l’audience un “amateurisme” dans l’enquête sur la disparition de sa fille.Le 9 janvier 2003, alors qu’elle rentrait de l’école à Guermantes, en Seine-et-Marne, Estelle Mouzin disparaît. Elle ne sera jamais retrouvée. L’instruction de deux décennies a mené à la condamnation en décembre 2023 de Monique Olivier à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, pour sa complicité dans trois enlèvements et meurtres commis par son ex-mari Michel Fourniret dont celui d’Estelle Mouzin, la plus jeune des victimes du tueur en série.Condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, Michel Fourniret est mort le 10 mai 2021 à 79 ans. Il n’a jamais été jugé pour la mort d’Estelle Mouzin, dont le corps n’a pas été retrouvé.Au début de l’enquête, la piste de ce tueur en série est un temps suivie avant d’être abandonnée. Ce n’est qu’en 2020 que la juge Sabine Khéris, succédant à sept autres magistrats, réussit à faire reconnaître à Michel Fourniret son rôle dans la mort d’Estelle Mouzin.”La piste Michel Fourniret, pourtant évidente, n’a pas été suivie comme elle aurait dû être suivie et nous l’avions demandé à de multiples reprises”, a plaidé Me Didier Seban, avocat d’Éric Mouzin, listant un manque d’investigations sur la téléphonie et sur des ADN féminins non exploités dans la camionnette de Michel Fourniret. Lors de l’audience mercredi devant la 1ère chambre civile du tribunal judiciaire de Paris, Éric Mouzin, père de la fillette, est allé jusqu’à qualifier les actes du service enquêteur d'”amateurisme”.”Dans le dossier, il y a une copie d’écran de la page Mappy: 2H43 de Guermantes aux Ardennes belges” où résidait alors le tueur en série. “Conclusion: ça ne peut pas être Michel Fourniret”, a-t-il relaté, agacé. Pendant neuf ans, le dossier n’était pas coté (système de classement des différentes pièces du dossier qui permet de les répertorier). Ce n’est qu’en 2012 que la partie civile a pu avoir un accès complet à la procédure. Le procureur a reconnu des “manquements du service public de la justice à l’égard de la partie civile”. “Il y a une faute lourde mais entre cette faute lourde et le fait que Michel Fourniret n’a pas été mis en examen, il n’y a pas de causalité directe”, a ajouté le représentant du ministère public. – “Pas d’inaction” -“La source de préjudice la plus importante est la non mise en examen de Michel Fourniret et son épouse entre 2006 et 2019”, a déclaré le procureur. Mais “dans la mesure ou il s’agit de décisions juridictionnelles contre lequel le demandeur dispose de voies de recours, il n’y a pas lieu d’engager la responsabilité de l’État”.L’avocate représentant l’agent judiciaire de l’État a développé le même argumentaire.”Éric Mouzin n’a pas utilisé les voies de recours (…) Il pouvait saisir la chambre de l’instruction pour outrepasser le silence des juges d’instruction”, a-t-elle affirmé, ensuite contredite par Me Seban citant quelques recours effectués par les parties civiles. “Il appartient à Monsieur Éric Mouzin d’apporter la preuve d’un dysfonctionnement: absence d’information, déperdition de scellés, absence de prise en compte de Michel Fourniret et Monique Olivier”, a poursuivi l’avocate.Au sujet du délai déraisonnable de l’instruction, constituant d’après Éric Mouzin un déni de justice, le procureur a estimé qu’il n’était “pas démontré de particulière période de carence ou d’inaction”.”Certes, des juges d’instruction se sont succédé mais aucun d’eux n’a laissé l’affaire des mois sans rien faire”, a affirmé le procureur.L’avocate de l’agent judiciaire de l’État a demandé au tribunal de ne pas faire droit au préjudice matériel et financier. Au sujet du préjudice moral, admis par l’État, elle a demandé au tribunal de revoir à la baisse les montants.Éric Mouzin demandait 150.000 euros au titre des préjudices matériel et financier et 200.000 euros pour le préjudice moral.  La décision sera rendue le 3 septembre.

Meurtre à Nogent: l’adolescent visait une surveillante, “n’importe laquelle”

L’élève de 14 ans en garde à vue pour le meurtre mardi d’une surveillante de son collège à Nogent (Haute-Marne) a dit vouloir tuer une surveillante, “n’importe laquelle”, a rapporté  mercredi le procureur de Chaumont Denis Devallois, dressant le portrait glaçant d’un adolescent “en perte de repère”. Lors de sa garde à vue, le garçon ne manifeste “aucun signe évoquant un possible trouble mental” mais “n’exprime pas de regrets, ni aucune compassion pour les victimes”, a déclaré le procureur lors d’une conférence de presse.Il fait part “d’une certaine fascination pour la violence et la mort”, et “apparaît en perte de repère quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher d’importance particulière”, a précisé le procureur.Il a indiqué aux enquêteurs “avoir voulu s’en prendre à une surveillante”, car “il ne supportait plus le comportement des surveillantes en général, qui auraient eu, selon lui, une attitude différente selon les élèves”, rapporte le magistrat.”Il n’avait pas de grief particulier” envers la victime qui était chargée de “vérifier les carnets de correspondance des élèves” à l’entrée de l’établissement. Son projet aurait été mûri dès samedi, après un incident survenu la veille: une autre surveillante l’aurait “sermonné” alors qu’il embrassait sa petite amie au sein du collège, a relaté le procureur. L’intéressé, qui a utilisé “un couteau de cuisine de 34 cm avec une lame d’une longueur de 20 cm”, a immédiatement été maîtrisé par un gendarme présent pour un contrôle de sacs prévu de longue date. Blessé à la main, ce gendarme “présente une incapacité totale de travail de 10 jours”.Il avait déjà fait l’objet de deux sanctions disciplinaires en novembre et décembre 2024, “une pour avoir porté des coups de poing à un camarade de classe, une autre pour avoir frappé un élève de 6e”.La ministre de l’Éducation nationale Élisabeth Borne a annoncé une minute de silence dans tous les établissements scolaires jeudi midi en hommage à l’assistante d’éducation, ancienne coiffeuse qui s’était reconvertie et travaillait au collège depuis septembre. – enseignants “sidérés” -Sur les réseaux sociaux, les proches de la victime de 31 ans la décrivent comme “solaire”, “douce et gentille”. Maman d’un petit garçon de quatre ans, elle était conseillère municipale dans son village de Sarcey, voisin de Nogent.Devant le collège Françoise-Dolto, où les cours reprendront jeudi matin, des familles, passants ou proches, ont déposé des roses blanches, des bouquets et parfois un message sous l’oeil des journalistes et de gendarmes déployés sur les lieux. “On est stupéfaits”, souligne Laurence Raclot, qui a côtoyé Mélanie dans le salon de coiffure: “C’était une personne tellement gentille”. “Dans une petite ville tranquille, jamais on n’aurait pensé ça.”Le syndicat FSU a organisé des rassemblements mercredi dans plusieurs villes de France. A Chaumont (Haute-Marne), une centaine de personnes se sont réunies. “Les enseignants étaient sidérés. Toute la communauté éducative est choquée”, témoigne Jean-Luc Cornesse, du Snes-FSU.A Lille, Sonia Berramdane, enseignante d’histoire-géographie, dénonce l’absence de psychologues dans les établissements scolaires. “Notre gouvernement a mis en avant la santé mentale grande cause nationale, mais les élèves vont mal, parfois les enseignants vont mal et il n’y a pas de psychologue”, regrette-t-elle.Une marche blanche est prévue vendredi à 18H00 au départ du collège de Nogent, à l’appel de la famille de la victime.Le meurtre a déclenché de nombreuses réactions politiques et des débats sur les mesures à prendre pour empêcher ce type d’agressions.Au-delà de l’interdiction immédiate de la vente de couteaux aux mineurs, et “l’expérimentation” de portiques de sécurité voulue par le Premier ministre, le camp présidentiel et la gauche préviennent que la réponse est multiple et qu’il n’y a pas de “solution magique”. La droite, elle insiste sur “la sanction”.Emmanuel Macron a estimé mercredi que l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux était porteur d'”épidémies de violences” qu’il faut “absolument réguler”. Mardi, le chef de l’Etat s’est engagé à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France si, “d’ici quelques mois”, cela ne se faisait pas au niveau européen.bur-lv-kau-lg-zl/cnp/as

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le gouvernement Trump veut revenir sur les mesures de réduction des émissions des centrales électriques

Le gouvernement notoirement climatosceptique de Donald Trump a annoncé mercredi vouloir revenir sur des mesures environnementales prises par la précédente administration américaine pour réduire les émissions polluantes des centrales électriques, notamment à gaz et à charbon.Ce revirement permettra “aux familles américaines de réaliser des économies sur leurs factures d’électricité et de disposer de l’électricité dont elles ont besoin aujourd’hui”, a déclaré Lee Zeldin, chef de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) lors d’une conférence de presse à Washington, assurant que son agence parviendrait à concilier la protection de l’économie et du climat.Les mesures dans le viseur de la nouvelle administration consistent pour l’une à limiter les gaz à effet de serre émis par les centrales électriques et pour l’autre à restreindre leurs rejets dans l’air de mercure et d’autres polluants toxiques pour la santé humaine.Portées par les présidents démocrates Barack Obama et Joe Biden, elles visaient à réduire les émissions des Etats-Unis, premier pollueur historique, et à protéger les populations vivant à proximité de ces installations et donc exposées à une pollution atmosphérique élevée, dont les effets pour la santé peuvent être très graves, comme des atteintes au système nerveux ou des affections pulmonaires.De telles mesures sont toutefois coûteuses et freinent le développement énergétique du pays, font valoir les nouvelles autorités américaines, qui insistent sur le besoin d’augmenter la production énergétique face à une demande d’électricité qui devrait exploser avec le développement de l’intelligence artificielle (IA).- Secteur très polluant -“Aucune centrale électrique ne sera autorisée à émettre plus qu’elle ne le fait aujourd’hui”, a cherché à rassurer M. Zeldin mercredi.Mais les émissions actuelles sont déjà très élevées. Selon une récente analyse du groupe de réflexion américain Institute for Policy Integrity, le secteur électrique américain est en effet l’un des principaux acteurs mondiaux du réchauffement climatique.S’il était considéré comme un pays, ce secteur serait le 6e plus important pollueur mondial, insistent les auteurs, qui estiment qu’il aurait contribué à hauteur de 5% à l’ensemble des émissions polluantes mondiales depuis 1990.”Chaque année d’émissions de gaz à effet de serre provenant des centrales électriques américaines au charbon et au gaz contribuera aux dommages climatiques responsables de milliers de décès aux Etats-Unis et de centaines de milliards de dollars de préjudices économiques”, écrivent-ils encore.Les réglementations qui devraient être annulées par le gouvernement de Donald Trump visaient entre autres à obliger certaines centrales à charbon à capter leurs émissions de CO2, au lieu de les rejeter dans l’atmosphère, grâce à des techniques de captage et stockage de CO2, encore peu répandues et coûteuses.- Marche arrière -Depuis le retour au pouvoir fin janvier de Donald Trump, fervent défenseur des énergies fossiles, les autorités américaines ont enclenché la marche arrière en matière de politique climatique, revenant notamment sur de nombreuses normes environnementales.En mars, l’EPA avait ainsi annoncé vouloir revenir sur une trentaine de mesures prises sous le mandat de Joe Biden.Parmi les mesures ciblées figuraient de nouvelles normes vis-à-vis des émissions polluantes des automobiles ou encore une obligation faite aux centrales à charbon de réduire drastiquement leurs émissions de CO2.Les propositions annoncées mercredi seront soumises à une période de commentaires publics avant leur finalisation. Si elles entrent en vigueur, elles devraient très probablement être combattues devant les tribunaux.