AFP Top News

Trump administration begins release of Epstein files

The US Justice Department on Friday began publishing a long-awaited trove of records from investigations into the politically explosive case of convicted sex offender Jeffrey Epstein — though many files were redacted.Among the material are multiple photographs showing former Democratic president Bill Clinton and other high-profile figures, including Rolling Stones frontman Mick Jagger, in Epstein’s …

Trump administration begins release of Epstein files Read More »

Mobilisation agricole: suspense autour d’une possible trêve pour Noël

Les appels à une “trêve de Noël” se multiplient après l’annonce du report de l’accord UE-Mercosur et les syndicats agricoles, reçus vendredi à Matignon, sont partagés sur la suite des blocages pour protester contre la gestion par le gouvernement de la dermatose bovine.La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habituée des actions coup de poing et fer de lance de la contestation avec la Confédération paysanne dans le Sud-Ouest, a appelé à sa sortie de Matignon à la “bienveillance” pendant les fêtes, sans pour autant demander la levée des barrages, laissant la main à ses sections départementales.”La population est derrière nous, on ne peut pas se la mettre à dos”, a rappelé Bertrand Venteau, président de la CR, qui demande aux agriculteurs mobilisés “d’aller se reposer” au moins quelques jours.M. Venteau a noté “une pointe d’espoir de trouver une solution avec le Premier ministre” début janvier pour arrêter “l’abattage total des troupeaux” infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), déclencheur de la colère agricole il y a une dizaine de jours. La Confédération paysanne, troisième force syndicale, a aussi vu des “ouvertures”, selon son porte-parole Stéphane Galais, mais a dit ne “pas pouvoir appeler à lever les blocages” sans engagement sur l’arrêt de l’abattage total.Cette stratégie sanitaire fait débat. Une cellule de dialogue entre éleveurs et scientifiques a été mise en place à la demande du gouvernement.L’exécutif “ne tolérera plus de nouveaux blocages” pendant les fêtes, avait affirmé plus tôt en matinée la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. En milieu d’après-midi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez comptait 93 actions, réunissant un peu moins de 4.000 personnes et 900 engins agricoles. “La priorité, pour nous, c’est vraiment d’éviter les nouveaux blocages d’axes structurants”, a-t-il insisté.- 11 millions d’euros  -A sa sortie de Matignon, Arnaud Rousseau, président du premier syndicat agricole, la FNSEA, a également appelé à une “trêve”, conditionnée à un “courrier” avec “l’ensemble des intentions” du Premier ministre.Dans ce courrier consulté par l’AFP dans la soirée, Sébastien Lecornu annonce la mise en place d’un fond de soutien de 11 millions d’euros “pour faire face aux impacts économiques immédiats” pour les petits exploitants en difficulté. Concernant la levée de l’abattage total, le Premier ministre a indiqué qu’il s’en remettrait aux conclusions des échanges au sein du groupe de dialogue scientifique, soulignant le caractère “totalement inédit” de la situation.”N’éliminer que les bovins présentant des symptômes fait courir un risque majeur de propagation du virus”, écrit-il. Un nouveau rendez-vous est prévu autour du 8 janvier pour obtenir des “réponses d’ici au Salon de l’agriculture” sur la “crise viticole”, la “production”, donc l’accès aux pesticides et à l’eau, mais aussi les engrais dont le coût pourrait gonfler avec la taxe carbone européenne, a détaillé M. Rousseau.Les Jeunes Agriculteurs (JA), alliés de la FNSEA, ont rejoint l’appel à la trêve. “A la rentrée on va se revoir (…) parce que le compte n’y est pas”, a toutefois averti leur président Pierrick Horel.L’enjeu sera de voir si cet appel tient sur le terrain puisque la puissante alliance FNSEA-JA, qui a perdu du terrain aux dernières élections syndicales agricoles dans le Sud-Ouest, n’est pas à la barre des principaux blocages dans cette région.CR et Confédération paysanne ont amplifié leurs blocages ces derniers jours, rejoints localement par des JA et parfois des adhérents de la FNSEA.- Et sur le terrain ? -Des barrages d’agriculteurs ont été levés vendredi dans le Sud-Ouest, mais plusieurs blocages subsistaient dans l’après-midi sur des axes routiers et autoroutiers.A Agen, la CR du Lot-et-Garonne a appelé, lors d’un rassemblement de 300 personnes, ses troupes à se reposer pour repartir en janvier, en menaçant de bloquer Paris avec 1.000 tracteurs.Des rassemblements ont aussi lieu plus au nord, au Touquet (Pas-de-Calais) ou à Alençon (Orne), pour rappeler que la dermatose n’est pas la seule crise à laquelle les agriculteurs font face.Le président de la FDSEA de l’Oise, Régis Desrumaux, a assuré que des “opérations coups de poing” auraient lieu pendant les fêtes pour “maintenir la pression” sur le gouvernement, tout en affirmant qu’elles “n’embêteront pas les gens qui partent en vacances”.bur-mdz-chd-js-mk-mca-neo/uh/pcl

Rubio says won’t force deal on Ukraine as Europeans join Miami talks

US Secretary of State Marco Rubio on Friday promised not to force Ukraine into any agreement to end Russia’s invasion as European allies joined fresh talks in Miami.The weekend talks come as President Vladimir Putin in an annual news conference vowed to press ahead with his military offensive in Ukraine, hailing battlefield gains nearly four …

Rubio says won’t force deal on Ukraine as Europeans join Miami talks Read More »

Colère agricole: des barrages levés, d’autres subsistent dans le Sud-Ouest

Des barrages d’agriculteurs ont été levés vendredi dans le Sud-Ouest, mais plusieurs blocages subsistent sur des axes routiers et autoroutiers, malgré les appels du gouvernement à une “trêve de Noël”, alors que débutent les vacances scolaires. Après le retrait jeudi des blocages sur l’A61 Toulouse-Narbonne et sur l’A20 Toulouse-Paris à Cahors, un deuxième barrage sur l’A20 à Brive a cessé vendredi, “dans le calme et sans incident”, sous la pression des gendarmes, précise la préfecture de Corrèze. Même cas de figure sur l’A89 Bordeaux-Lyon à Ussel, selon la Coordination rurale de ce département.En revanche, les barrages dressés sur l’autoroute A64 Toulouse-Bayonne et celui sur la RN20 Toulouse-Andorre étaient toujours en place en fin de journée, malgré les injonctions des gendarmes.”La Confédération paysanne, la Coordination rurale et les éleveurs locaux ont pris la décision de ne pas lever le barrage”, a déclaré à l’AFP Corentin Torrent, éleveur et figure de ce point de blocage dans l’Ariège. Les gendarmes “nous menacent d’intervenir”, regrette-t-il.Cette mobilisation impacte notamment l’accès à la Principauté d’Andorre et à la station de ski d’Ax-Trois-Domaines, qui affiche complet pour les fêtes, s’inquiète le maire de la commune Dominique Fourcade.A Carbonne, au sud de Toulouse sur l’A64, les agriculteurs mobilisés ont accepté de retirer de l’autoroute des engins de BTP venus renforcer leur blocage vendredi matin. Mais ils ont refusé de lever le blocage après une après-midi de négociations avec les gendarmes et le sous-préfet de Muret, Pascal Bagdian, venu sur place.”On leur a expliqué que nous, on resterait fermes et définitifs, qu’on ne veut pas lever tant qu’on n’aura pas des réponses à toutes nos interrogations”, a déclaré Jérôme Bayle, figure de proue de ce point de blocage, à l’issue des discussions avec les autorités.Le barrage sur l’A63 près de Bordeaux subsiste également tout comme celui sur l’A75 reliant Clermont-Béziers en Aveyron. Après avoir consulté ses adhérents, la CR 12 a annoncé la poursuite de la mobilisation, estimant que “les réponses apportées ne sont ni à la hauteur de la situation, ni à la hauteur de la détresse du monde paysan”.La préfecture de l’Aveyron a de son côté pris un arrêté d’interdiction de manifester sur l’A75 pour la journée de samedi “afin de garantir la sécurité des usagers de la route”.Les appels à une trêve du mouvement de protestation agricole se multiplient après l’annonce du report de l’accord UE-Mercosur mais la colère persiste sur le terrain vis-à-vis de la gestion de la dermatose bovine par le gouvernement.Les manifestations agricoles affectent “peu” les départs en vacances de Paris vers l’ouest et le sud et ceux de la région lyonnaise vers la Méditerranée et les Alpes, selon le ministère des transports.Bison Futé a classé les journées de vendredi et de samedi orange au niveau national et rouge en Auvergne-Rhône-Alpes.  bur-elr-vgr-im-bdu/pcl

Budget: députés et sénateurs échouent à se mettre d’accord, pas de budget avant la fin de l’année

Députés et sénateurs ont échoué à s’entendre vendredi sur le budget de l’État, écartant la perspective d’un texte adopté avant la fin de l’année, un échec au moins provisoire pour le Premier ministre Sébastien Lecornu.Entre le gouvernement et les socialistes d’un côté, la droite sénatoriale et les oppositions de l’autre, chacun se renvoie la balle sur la responsabilité de cette impasse.Face à ce scénario, le gouvernement avait déjà annoncé qu’il préparait une loi spéciale pour permettre le prélèvement des impôts et assurer la continuité de l’Etat, avant une reprise des débats sur le budget début 2026.Cette procédure exceptionnelle avait déjà été activée l’an dernier après la chute du gouvernement Barnier. Le texte devrait être examiné par les deux chambres au début de la semaine prochaine, après un probable passage lors du Conseil des ministres convoqué lundi soir, au retour d’un déplacement d’Emmanuel Macron aux Emirats arabes unis.Le Premier ministre a également annoncé réunir, à partir de lundi, les principaux responsables politiques pour les “consulter sur la marche à suivre pour protéger les Français et trouver les conditions d’une solution”.L’échec de la commission mixte paritaire (CMP), où sept députés et sept sénateurs n’ont pas réussi à se mettre d’accord, marque la fin de deux mois de discussions parlementaires autour de ce texte financier crucial.Dès le départ, le compromis semblait quasi impossible entre une droite sénatoriale attachée aux économies et aux baisses d’impôts et une Assemblée où la gauche réclamait plus de recettes et moins de coupes budgétaires.Et le pari de Sébastien Lecornu de faire adopter le budget sans recours au 49.3 dans une chambre basse sans majorité était particulièrement ambitieux.- La faute à qui ? -C’est donc un échec pour le Premier ministre, même s’il a réussi à faire adopter mardi l’autre budget, celui de la Sécurité sociale, en obtenant un vote favorable des socialistes en échange d’une suspension de la réforme des retraites.Pour l’exécutif et le PS, le coupable est tout désigné : les sénateurs LR, accusés d’intransigeance sur les recettes à trouver.Le patron du Parti socialiste Olivier Faure a accusé la droite sénatoriale de “faire le choix de bloquer le pays”. Sébastien Lecornu a plus sobrement regretté “l’absence de volonté d’aboutir de certains parlementaires”.Car, derrière les désaccords budgétaires, une guerre des chefs s’exacerbe à mesure que les échéances électorales se rapprochent.Une ministre accuse ainsi Bruno Retailleau, patron de LR, d’avoir attisé la radicalité des sénateurs de son parti, dans une guerre larvée avec le chef des députés LR Laurent Wauquiez.Au Palais du Luxembourg, on renvoie la balle à Matignon.”La responsabilité de cet échec incombe au gouvernement qui a soigneusement, méthodiquement, scrupuleusement organisé l’impossibilité d’un accord”, ont rétorqué Mathieu Darnaud (Les Républicains) et Hervé Marseille (UDI), chefs des groupes LR et centriste du Sénat, très remontés, dans un communiqué commun.Bruno Retailleau avait émis les mêmes critiques un peu plus tôt, fustigeant un texte qui “aurait envoyé la France dans le mur de la dette” et appelant le gouvernement à recourir au 49.3 à la rentrée. A l’Assemblée, la gauche, hors socialistes, a dénoncé un gouvernement qui se “défausse” sur les parlementaires, selon les mots d’Eric Coquerel (LFI), président de la commission des Finances.Pour le groupe écologistes, l’échec est dû à “la désunion profonde du bloc gouvernemental, incapable de s’accorder sur des priorités claires et de construire une majorité parlementaire”. – “Sparadrap” -Cap sur la loi spéciale donc, avant la reprise des discussions en janvier.A moins que le gouvernement ne se dirige vers les ordonnances avant la fin de l’année, s’interroge Jean-Philippe Tanguy pour le Rassemblement national. Son groupe continue d’appeler à un retour aux urnes, “seule solution” à la crise, dit-il.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a rappelé vendredi matin le coût d’une loi spéciale. “L’an dernier, on avait estimé à 12 milliards le coût d’avoir six à huit semaines sans budget.””C’est un sparadrap”, cela permet de “faire tourner le pays” mais il faudra bien que le Parlement s’accorde en début d’année, a aussi répété dans la matinée Mme Bregeon.Outre l’urgence de disposer d’un budget, s’ajoutera la volonté du monde politique de tourner la page budgétaire avant les municipales de mars.cma-sl-ama-sac/jmt/pcl

Le bras de fer judiciaire entre Shein et le gouvernement continue

Le gouvernement a annoncé vendredi soir faire appel de la décision du tribunal judiciaire de Paris, qui a rejeté la demande de l’Etat de blocage provisoire du site Shein en France, jugeant la mesure “disproportionnée” après le retrait volontaire des produits illicites vendus par le géant asiatique du commerce en ligne.”Le tribunal judiciaire (…) n’a pas souhaité ordonner des mesures pour éviter la mise en vente de poupées pédopornographiques, armes de catégorie A et médicaments”, a souligné le gouvernement. “De ce fait, convaincu du risque systémique du modèle lié à Shein, et à la demande du Premier ministre, le gouvernement fera appel de cette décision dans les prochains jours”, selon son communiqué.La demande de l’Etat de réclamer “a minima” le maintien de la suspension par Shein de sa place de marché (marketplace), qui héberge les produits commercialisés par des vendeurs tiers, n’a pas été entendue.Des poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, des armes de catégorie A et des médicaments interdits retrouvés sur la plateforme avaient poussé l’Etat à demander une mesure radicale: bloquer le site du géant de la mode ultra-éphémère et assortir sa réouverture de conditions strictes.Le tribunal a reconnu l’existence d’un “dommage grave à l’ordre public, à la protection des mineurs, ou encore à la santé et à la sécurité des acheteurs potentiels et des tiers”, mais a estimé que ces ventes étaient “ponctuelles” et constaté que la plateforme avait retiré les produits.La justice a toutefois fait “injonction” à Shein de ne pas rétablir la vente de “produits sexuels pouvant caractériser un contenu à caractère pornographique, sans la mise en place de mesures de vérification d’âge”.- Réaction “rigoureuse et rapide” -“Seuls certains produits de la marketplace ont été identifiés, dans la présente procédure, comme manifestement illicites et dommageables, alors que la plateforme +fr.Shein.com+ propose à la vente plusieurs centaines de milliers d’articles”, a relevé le tribunal dans sa décision.Les juges expliquent n’avoir pas observé que les objets interdits avaient été mis en vente “de façon récurrente et massive” et ont au contraire salué la réaction “rigoureuse et rapide” de Shein après le signalement de la présence de ces articles fin octobre.Le groupe, fondé en Chine et basé à Singapour, avait bloqué de lui-même toute sa marketplace en France. Depuis le 5 novembre, Shein ne vend plus que ses collections de vêtements à bas prix, sans cesse renouvelées, fabriquées en Chine et en matières synthétiques pour l’essentiel. Le temps de faire “un audit complet” et de corriger les “failles” de son site.La marketplace Shein ne devait pas rouvrir dès vendredi, mais de manière progressive, a expliqué une source proche du dossier.L’audit interne est “toujours en cours” pour faire le bilan sur les failles constatées. Et dans un premier temps seuls les vendeurs tiers européens et français qui auront passé ce contrôle interne pourront être hébergés à nouveau sur le site Shein, a ajouté cette source.- Filtre d’âge -Les avocats de Shein avaient reconnu pendant l’audience au tribunal, le 5 décembre, des difficultés à instaurer un filtre d’âge efficace pour les produits pornographiques. En conséquence, la catégorie sexuelle réservée aux adultes a même été fermée au niveau mondial depuis le scandale apparu en France.La plateforme, qui se disait victime d’une véritable “cabale” politique et médiatique, selon les termes de ses avocats lors de l’audience, a salué la décision du tribunal, dans un communiqué transmis à l’AFP.”Nous sommes engagés à poursuivre l’amélioration continue de nos processus de contrôle, en étroite collaboration avec les autorités françaises, et nous avons intensifié ces initiatives avec l’ambition d’établir des standards parmi les plus exigeants de l’industrie”, avance l’entreprise.L’Etat exigeait que Shein soit suspendue tant qu’elle ne garantissait pas de mesures efficaces pour éviter que des produits interdits similaires soient remis en vente. Il demandait aussi au groupe asiatique de mettre en place un filtrage d’âge pour empêcher les mineurs d’accéder aux contenus pornographiques. Le tout sous contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique.Le tribunal ne l’a entendu que sur les demandes de filtrage d’âge concernant les produits réservés aux adultes, afin d’éviter de “graves conséquences” pour les mineurs.Shein n’en a pas pour autant fini avec la justice: une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’Office des mineurs, qui enquête également sur les plateformes AliExpress, Temu, Wish et eBay.

Fin du procès de Lafarge pour financement du terrorisme, jugement le 13 avril 2026

Le tribunal correctionnel de Paris rendra le 13 avril son jugement dans le procès de la société Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014 pour y maintenir l’activité d’une cimenterie, en dépit de la guerre civile qui y faisait rage.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, ont été jugés pendant cinq semaines pour financement du terrorisme l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, ne s’est pas présenté au procès. Le groupe et certains prévenus devaient aussi répondre de violation d’embargo.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, alors que les autres entreprises étrangères avaient plié bagage. Sur les trois derniers jours du procès, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe.Mardi, dans leurs réquisitions, les deux représentantes du parquet national antiterroriste avaient insisté sur l'”extrême gravité des faits” et requis jusqu’à huit ans de prison ferme pour les personnes physiques.En particulier, elles ont réclamé à l’encontre de l’ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui a réfuté tout au long de la procédure avoir été au courant des versements illicites, six ans d’emprisonnement, 225.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer une fonction commerciale ou industrielle ou de gérer une entreprise pendant 10 ans. Selon le Pnat, il était bien informé et a “donné des directives claires” pour maintenir l’activité de l’usine, “un choix purement économique, ahurissant de cynisme”.- “Histoire hors du commun” -Dans ses derniers mots, M. Lafont a répété avoir “dit la vérité” et être “innocent”. “Si j’avais été informé plus tôt (…), j’aurais décidé de fermer l’usine plus tôt et j’aurais pu épargner toutes ces souffrances”, a-t-il déclaré.”Bruno Lafont est le patron, c’est ce grand capitaine d’industrie, et je sais bien que dans l’imaginaire collectif, on préfère que le capitaine coule avec le navire”, a plaidé une de ses conseils, Me Jacqueline Laffont.”Depuis le début, on a cherché à inscrire cette histoire hors du commun dans un schéma des plus communs: une entreprise et son chef qui voudraient tout sacrifier à l’échelle du profit, parce que c’est un schéma rassurant, qui donne sens à ce désastre économique, moral et judiciaire”, a-t-elle déploré.Les avocates de l’ancien directeur général adjoint Christian Herrault et l’ancien directeur de la filiale syrienne Bruno Pescheux, contre qui le parquet a requis cinq ans de prison, se sont employées à démontrer qu’à l’époque des faits, il était bien difficile de s’y retrouver dans le chaos syrien et la multitude de factions armées, dans un contexte où la France n’a eu pendant longtemps qu’une seule obsession, la chute de Bachar al-Assad.”Je défends quelqu’un qui dit +on s’est lourdement trompés+”, a déclaré Me Solange Doumic, conseil de M. Herrault. Mais “il a fait au mieux de ce qu’il savait, de ce qu’il pouvait”, a-t-elle ajouté, appelant à “quitter la simplicité de la caricature”.Contre la société, le ministère public a requis une amende de 1,125 million d’euros et la confiscation de son patrimoine à hauteur de 30 millions d’euros. En 2022, Lafarge, qui avait mené une enquête interne ayant servi de base à l’enquête judiciaire, avait déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux États-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable.Selon le Pnat, “Lafarge SA n’aurait pas pris la bonne mesure, aurait fait le choix de l’esquive”, a observé mercredi Christophe Ingrain, un des deux avocats de la société. Or, “toute l’histoire de Lafarge depuis la révélation des faits dans la presse dit le contraire”, a-t-il plaidé, énumérant l'”enquête interne”, le “changement complet de management”, “une refonte totale des règles internes” ou encore l’accord de plaider coupable.

Vidéo visant Nicolas Sarkozy tournée à la Santé: deux détenus relaxés des “menaces”

Deux hommes qui étaient détenus à la prison parisienne de la Santé lors de l’incarcération de Nicolas Sarkozy et qui avaient été poursuivis pour avoir tourné et diffusé une vidéo le visant, ont été relaxés vendredi de “menaces” contre l’ex-président.”Le tribunal a estimé que les termes +M. Nicolas Sarkozy va passer une mauvaise détention+ ne constitue pas une menace de mort. +On va venger Kadhafi+, non plus, en tout cas pas de manière certaine. Et ça ne constitue nullement une menace réitérée”, condition pour que l’infraction soit constituée, a expliqué la présidente du tribunal correctionnel de Paris lors de la lecture de son jugement.Sur une vidéo diffusée sur TikTok le 21 octobre, dont une minutieuse enquête était parvenue à identifier la cellule de la Santé dans laquelle elle avait été tournée, on entendait un individu proférer: “(Nicolas Sarkozy) va passer une mauvaise détention, on va venger Kadhafi, on est au courant de tout, Sarko”. L’ancien chef de l’Etat avait été écroué dans l’établissement quelques heures plus tôt.Une “expertise comparative de voix” avait désigné le “plus probablement” Ilies B., 28 ans, comme l’auteur de la saillie.”Je reconnais les faits: je suis l’auteur de la vidéo qui a été postée sur TikTok”, a concédé dans le box des prévenus le jeune homme.”Je m’ennuyais dans ma cellule. C’était pour faire le buzz, avoir des contacts avec les gens”, a-t-il expliqué.Son ancien compagnon de cellule a pour sa part rappelé lors de l’audience que “toute la Santé était euphorique quand Nicolas Sarkozy est arrivé”.Dans son réquisitoire, le procureur a justifié “la réponse extrêmement sévère de la part du parquet”, autant dans sa célérité que dans les moyens alloués à l’enquête, observant qu'”on ne peut laisser impunément un individu continuer à menacer”. Il a également soutenu que l’ampleur des investigations n’avait “absolument rien de politique”.Face aux aveux du premier, le procureur avait toutefois demandé la relaxe du second pour “complicité de menaces”, mais la condamnation des deux pour détention de téléphones portables, retrouvés dans leur cellule: il avait réclamé un an ferme pour l’auteur des propos, quatre mois pour l’autre suspect. Pour ce seul délit de détention de téléphone, le tribunal les a condamnés respectivement à six et quatre mois d’emprisonnement.Nicolas Sarkozy, qui s’était constitué partie civile et réclamait 100 euros de dommages et intérêts, a en revanche été débouté en raison de la relaxe concernant les menaces.