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Tourisme : un été sous le signe du soleil et de la gestion du budget

“On voulait du soleil et c’est pas cher!”: cette année encore, avec l’ensoleillement, le budget sera la première préoccupation des Français qui partiront en vacances.”On a une situation très contrastée” selon les territoires, explique à l’AFP Didier Arino, dirigeant du cabinet Protourisme, “avec une baisse de réservations dans les destinations qui ne sont pas ensoleillées, c’est-à-dire la Bretagne, la Normandie, le Nord, et on est bien sur le bassin méditerranéen”, explique-t-il.”Les réservations sont moyennes pour l’été. Ca fait deux ans qu’il ne fait pas trop beau l’été en Bretagne, on pâtit un peu de ça”, confirme à l’AFP Gaëlle, gérante du camping Le Balcon de la baie du Mont-Saint-Michel, en Ille-et-Vilaine.”L’année dernière, le temps était catastrophique, alors les gens (…) ne veulent pas revenir”, confirme Yves Jehanno, directeur des Gîtes de France du Morbihan. Même s’il plaide: “en Bretagne, on ne vient pas pour la chaleur, on vient pour la culture, les paysages”.”On diffuse la météo le dimanche soir, s’ils annoncent du soleil ça joue énormément sur les réservations de la semaine”, constate Alan, directeur de Logis Hôtel Saint-Guirec et de la Plage à Ploumanac’h (Côtes-d’Armor) qui, optimiste, anticipe cependant “une hausse (de réservations) pour cette année”. Selon un classement établi par le site de location de vacances Abritel, les destinations les plus recherchées par les vacanciers français sont le Var, la Corse du Sud, la Charente-Maritime, la Gironde et les Landes.”La saison dépendra des réservations de dernière minute qui dépendent de la météo mais aussi des offres de promotion”, selon Didier Arino qui souligne qu’en France, “sur les hébergements, les prix ont augmenté de 27% en quatre ans”.”On perçoit beaucoup d’anxiété et de tension par rapport au pouvoir d’achat, l’épargne de précaution, le budget des vacances des Français… des choses qui sont, on ne va pas dire dans le rouge, mais au moins feu orange”, explique à l’AFP Vanguelis Panayotis, directeur général de MKG consulting.- Tarifs plus abordables -“Les Français vont partir mais peut-être un peu moins longtemps et être beaucoup plus prudents sur la dépense pour les activités annexes”, ajoute-t-il.Selon un sondage OpinionWay pour le comparateur de voyage Liligo, 61% des Français comptent partir cet été (+1 point par rapport à 2024) malgré un budget moyen en baisse pour la première fois en cinq ans (moins 74 euros par personne).Marion, 29 ans, Adèle et Marine, 28 ans, trois copines croisées à la gare du Nord à Paris, partiront à Majorque cette année. “On voulait du soleil et c’est pas cher”, explique Marion. “Et ce n’est pas trop loin”, ajoute Adèle.En France, “les plus touchés par cette baisse des dépenses seront les restaurateurs, les commerçants et les activités payantes”, estime Didier Arino, qui, comme Vanguelis Panayotis, note une hausse des formules “tout compris” où le budget est davantage maîtrisé. Dans les gîtes du Morbihan, Yves Jehanno constate que les séjours de sept nuits sont en baisse (51% contre 53,8% en 2024) tandis que les séjours de 2 à 6 nuits augmentent (23,6% contre 21%).Les plus fortes progressions de recherche de locations de vacances sont dans des départements situés à quelques heures de Paris comme l’Oise (+150%), l’Eure, le Loiret, la Vienne, l’Allier (+30% en moyenne), selon Abritel, qui note le “même phénomène à proximité de Lyon” avec des recherches en forte hausse dans la Loire, l’Ain et l’Allier (+80% en moyenne).”Ces destinations à la campagne proposent des locations aux tarifs souvent bien plus abordables que sur le littoral”, de 20 à 30% inférieurs, selon Abritel.Les professionnels du tourisme pourront également compter sur les visiteurs étrangers. “Tous les territoires qui dépendent des clientèles étrangères, et particulièrement des clientèles à haut pouvoir d’achat, s’en sortiront bien, comme les vignobles, Nice, Cannes”, analyse Didier Arino.Des destinations comme Cannes ou Saint Tropez, vont faire “probablement aussi bien que l’année dernière qui était une année quasi historique”, selon Vanguelis Panayotis, avec un “effet Jeux Olympiques sur Paris qui fonctionne plutôt bien”.En 2024, la France est restée la première destination mondiale, avec 100 millions de visiteurs étrangers selon le gouvernement, devant l’Espagne.kap-mas-all-mga/abb/ktr

“Pour moi, il fait mieux qu’un psy”: ChatGPT, le nouveau confident?

“Psy”, “coach” ou “confident”, l’intelligence artificielle joue un rôle croissant dans l’intimité de certains Français, mais cela n’est pas forcément sans risque mettent en garde des professionnels de la santé mentale.Parler à ChatGPT, “comme on pourrait appeler sa copine”, pour lui raconter sa journée, c’est devenu une habitude pour Zineb Gabriel, Bordelaise de 35 ans.Depuis un an, cette multientrepreneuse, mère de quatre enfants, discute “tous les jours” avec l’intelligence artificielle: d’abord pour des raisons professionnelles, puis pour des questions personnelles.La tendance à se confier à un robot conversationnel gagne du terrain en France. Un quart des Français (26%) déclarent utiliser l’intelligence artificielle dans le cadre de la vie privée en 2024, une progression de dix points en un an, d’après le Baromètre du numérique publié en mars 2025 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). Au fil des échanges, Zineb Gabriel a vu l’IA adopter un ton “plus humain” et reprendre sa façon de parler, jusqu’à des discussions fluides.Et ce qu’elle livre à ChatGPT, la Bordelaise “n’en parle à personne”. Avec ses proches, elle ne revient pas sur des problèmes qu’elle juge désormais “trop personnels” et “déjà réglés”, comme son envie de quitter la France et les inquiétudes qui en découlent.”Ça devient un peu comme une drogue. Pour moi, il fait mieux qu’un psy”, dit-elle.- “Gratification permanente” -Ce ressenti est renforcé par la logique de l’outil, qui repose sur “une gratification permanente pour faire durer la conversation”, non sans risques, selon le psychiatre Serge Tisseron.L’intelligence artificielle générative a “un fort potentiel affectif”, renchérit le professeur de psychiatrie Raphaël Gaillard. Le chef du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’hôpital Saint-Anne, à Paris, relève que ChatGPT est capable “d’hyper-adaptation, donnant cette impression d’être compris. Ça crée un lien très fort”.Actuellement, peu de littérature scientifique existe sur le sujet. Serge Tisseron comme Raphaël Gaillard pointent un risque d’isolement chez les utilisateurs fréquents, notamment les plus jeunes. Antoine, étudiant de 19 ans souhaitant rester anonyme, apprécie “ce côté inhumain agréable, où la conversation peut être sur moi, infinie”.Habitué de ChatGPT pour ses études en marketing et communication à Toulouse, il s’est tourné vers l’IA comme “confident” en janvier, après une rupture amoureuse. Il y a recours “une ou deux fois par mois” lorsque des problèmes personnels deviennent “trop lourds”. “Je suis là pour avoir des solutions, vider mon sac, me sentir écouté”, énumère-t-il, appréciant la gratuité de l’outil.Vanessa Lalo, psychologue spécialiste des pratiques numériques, constate dans son cabinet le “soutien émotionnel” que peut apporter l’IA. Elle appelle les professionnels à ne pas “juger” cet usage.- Quid des données? -“Pour des jeunes harcelés, notamment, qui ne vont pas en parler à leurs amis et encore moins aux adultes”, la psychologue observe que cela les aide parfois “à mettre des mots” sur leur vécu.Connaissant les manques de moyens et de personnels pour traiter la santé mentale en France, Vanessa Lalo voit dans l’IA une aide “ponctuelle”, en attendant “un rendez-vous psy ou quand on n’a pas le choix”.Avec une inquiétude: le respect de la confidentialité des données par des IA qui ne sont pas soumises au secret médical. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), contactée par l’AFP, souligne le “risque de perte de contrôle” sur le traitement des données, si l’utilisateur n’a pas conscience que ses informations sont “réutilisées pour personnaliser la conversation ou pour améliorer les modèles d’OpenAI”. L’organisme précise traiter “actuellement des plaintes reçues à l’encontre de ChatGPT”, sans plus de précision.Lola, créatrice de contenus de 25 ans à Paris, a fait le test avec une amie. “Elle s’est dit: +si mon copain prenait le téléphone et demandait à ChatGPT si je parle de lui, quelle serait sa réponse?+”, raconte-t-elle, également sous couvert de l’anonymat. Les deux amies ont été “hyper étonnées” de voir l’IA leur donner un retour “très détaillé”, appuyé sur d’anciennes conversations. Par précaution, Lola préfère donc “changer les prénoms” quand elle lui raconte ses histoires.

Piratage massif chez Adecco et cyberfraudes en série: un procès hors norme débute à Lyon

Plus de 72.000 victimes et des millions d’euros envolés: un procès hors norme s’est ouvert lundi à Lyon, où de jeunes hackeurs et de petits escrocs sont jugés pour un piratage massif des données d’Adecco et de multiples arnaques en ligne.Quatorze prévenus, du simple stagiaire au petit génie de l’informatique, doivent notamment répondre d'”escroquerie en bande organisée” et encourent jusqu’à dix ans de prison. Cinq d’entre eux ne se sont pas présentés devant le tribunal correctionnel.Timothée Lhomond, 22 ans, considéré comme le cerveau du groupe, est le seul placé en détention provisoire. “J’ai envie de tourner la page, j’étais immature quand j’ai commis ces faits”, déclare depuis le box le jeune homme à l’air timide, vêtu d’un simple T-shirt blanc et d’un jean.”Je suis en train de grandir au milieu de criminels”, poursuit-il, en demandant sa remise en liberté.Evoquant un “risque évident de fuite” et des menaces sur des témoins, la procureure Amélie Djaoudo demande au tribunal de rejeter cette requête, obtenant gain de cause.Dans la salle d’audience, mais aussi dans deux amphithéâtres universitaires voisins où les débats sont retransmis en direct et sur une webradio, des dizaines d’avocats écoutent ces premiers échanges.Particuliers, banques, compagnies d’assurance et jusqu’à la Caisse des dépôts et consignation (CDC): plus de 2.400 victimes se sont en effet constituées parties civiles dans ce dossier tentaculaire. – “Trop tard” -“C’est une escroquerie hors normes commise (…) par des escrocs très organisés”, souligne Xavier Vahramian, avocat de la branche française du géant suisse de l’emploi par intérim Adecco, avant de s’installer aux côtés de ses confrères.La branche française du groupe, basée à Villeurbanne, près de Lyon, a déposé plainte en novembre 2022 après avoir réalisé que sa base de données avait été siphonnée.”Adecco est une des victimes” et il n’y a pas eu de “faille de sécurité”, assure Me Vahramian. L’affaire a débuté parce qu’un “salarié, d’abord stagiaire mais CDD au moment du vol des données, avait des codes pour faire son travail” et les a vendus à des cybercriminels.En juin 2022, ce jeune homme, alors âgé de 19 ans et alternant dans une agence du Doubs a livré son mot de passe et son identifiant à un interlocuteur sur le darkweb, en échange d’une promesse de 15.000 euros qu’il ne touchera jamais.”Il s’est rendu compte trop tard de l’ampleur de ce qu’il a fait”, selon son avocate Me Carine Monzat. “Et maintenant il va falloir indemniser” les victimes qui réclament déjà plus de six millions d’euros, dit-elle.Avec ses données, les hackeurs ont en effet multiplié les prélèvements, de 49,85 euros, juste sous le seuil des autorisations préalables, sur les comptes de 32.649 intérimaires, soit un préjudice de 1,6 million d’euros. Ils ont aussi utilisé les données personnelles des intérimaires pour créer de faux documents et monter des escroqueries en ligne.- “Nos Russes à nous” -L’enquête montre vite que les pirates n’en sont pas à leur coup d’essai. Fausses demandes de subventions dans le cadre du dispositif MaPrimeRénov, Chèques vacances, Pass Culture, assurance-vie… ils ont multiplié les arnaques bien avant de s’en prendre à Adecco. Même la Caisse des dépôts a payé plus de 1,9 million d’euros à de fausses sociétés de formation professionnelle montées par ce réseau.Autour de lui, Timothée Lhomond, qui a débuté ses méfaits dès ses 17 ans, a constitué une bande hétéroclite, avec cinq ou six très jeunes hackeurs jamais condamnés, et des délinquants au casier judiciaire chargé.D’après les enquêteurs, il dispose de “capacités intellectuelles élevées”, mais est mû par “une escalade addictive” à “la recherches de failles” informatiques. “Cette bande, ce sont nos Russes à nous”, relève à l’AFP Me Mouna Taoufik, avocate d’un couple de victimes, dont une employée d’Adecco: “C’est une des premières fois que des données sont volées en France et revendue sur le darknet. D’habitude, les escrocs sur internet en France achètent des bases de données sur le darknet où les Russes sont les maîtres absolus”.Le procès doit durer deux semaines.Deux complices présumés, mineurs ont moment des faits, seront jugés de leur côté devant le tribunal pour enfants.

A Aubervilliers, des femmes formées à devenir des “battantes” en entrepreneuriat

“Ma soeur et moi avons l’énergie, le plan et la détermination”: après avoir présenté son projet de laverie automatique, l’apprentie entrepreneuse Clarisse Kobina vient le défendre pied à pied face à des experts. Dans 48 heures, elle sera confrontée à un vrai jury qui lui attribuera ou non une bourse labellisée Forest Whitaker fin juin.L’acteur américain de 63 ans, très investi dans les problématiques de précarité et de développement économique notamment, était venu en mai 2023 dans le quartier populaire des Quatre-Chemins à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) inaugurer un centre de formation dépendant de son ONG, la Whitaker Peace & Development Initiative (WPDI). Fondée en 2012, elle s’implantait pour la première fois en Europe, après l’Amérique et l’Afrique.”L’action de WPDI commence par l’ouverture d’un centre dans lequel on forme des jeunes qui vont (…) travailler pour la paix”, avait alors déclaré aux journalistes Forest Whitaker, après plusieurs visites en toute discrétion en Seine-Saint-Denis, département parmi les plus pauvres et à la criminalité parmi les plus élevées de France.Si cette initiative se concrétisera par une semaine d’éducation à la paix et à la non-violence dans les collèges et lycées du département en octobre prochain, le directeur du centre, Grégory Lepionnier, et son équipe poursuivent depuis plus de deux ans leur mission auprès d’un autre public cible: les femmes.”A l’échelle internationale, elles sont victimes de discriminations, mises au ban de la société. Si on veut changer leurs conditions de vie, il faut développer leur pouvoir d’agir”, explique à l’AFP Grégory Lepionnier.”Les Battantes”, son programme phare, propose donc pendant trois à quatre mois d’accompagner des femmes sur la voie de l’entrepreneuriat.- “Obligées d’avancer” -“Vous avez déjà des relations avec des bailleurs ?”, “les 6.000 euros, c’est pour lancer la communication ?”… Clarisse Kobina a réussi à boucler son pitch en cinq minutes. Mais cette responsable commerciale export de 36 ans, actuellement en pause professionnelle, doit répondre aux interrogations de Chloé Lemeunier, l’une des expertes convoquées en ce jour de juin, sur les contours de sa future entreprise, Wash’n Chill, qu’elle veut implanter à Saint-Denis: modèle économique, concurrence, zone d’implantation…”On n’attend pas quelque chose de parfait”, mais de constater “leur mobilisation pour leur territoire”, analyse la responsable du centre d’innovation sociale à l’université Paris 8.”On se voit toutes les semaines pour travailler notre projet, en collectif, en individuel. On est obligées d’avancer”, abonde Djazia Larachiche, 54 ans, une autre postulante parmi une quarantaine à la bourse Whitaker.  Son projet à elle ? Laradom, une structure qui veut proposer des services “de bien-vivre à domicile” aux personnes âgées et handicapées dépendantes et aux ménages actifs, à Pantin et dans les alentours.”Les Battantes” n’est cependant pas la première initiative consacrée à l’entrepreneuriat féminin sur le territoire, riche d’acteurs en la matière: CCI 93, Réseau Entreprendre 93… En 2023, 57% des 502 entrepreneurs suivis par la Maison de l’initiative économique locale, qui accompagne la création et le développement des très petites entreprises, étaient des femmes, indique à l’AFP Marine Simon, chargée de la mission emploi de la ville d’Aubervilliers et qui travaille avec l’association. – “Idée du siècle” -Clara Métayer, 30 ans, aurait pu être l’une d’elles. Mais la couturière, à son compte depuis trois ans à Paris, a été “séduite” par WPDI lors d’un forum sur l’emploi en janvier. “Ce qui m’a plu, c’est que les formateurs ont aussi de l’expérience dans le milieu associatif.” Son objectif: développer “Sauve qui peut” pour enseigner, notamment en milieu scolaire, la réparation textile par la couture. Octroyer une dotation de 1.000 à 6.000 euros, ainsi qu’un accompagnement d’un an sur un tel projet d’économie sociale et solidaire, “correspond à l’ADN de la Fondation BNP Paribas”, l’un des mécènes de la WPDI, affirme sa déléguée générale Isabelle Giordano. Aminata Doucouré, 38 ans et Stéphie Nkubi Wangara, 36 ans, lauréates des premières promotions, sont désormais membres du jury blanc.La première a fondé une marque de produits capillaires naturels pour cheveux crépus. La seconde est devenue cheffe traiteur dans l’événementiel et le privé, et valorise la gastronomie afro-caribéenne. Stéphie Nkubi Wangara n’a que deux conseils à donner à ses successeures: “Entreprendre, c’est aller vers l’inconnu”, il faut donc ne pas avoir peur, “lâcher prise” sur ses émotions et surtout “vendre son projet comme l’idée du siècle”. 

Trump orders deportation drive targeting Democratic cities

US President Donald Trump directed federal authorities to ramp up deportation efforts in Democratic-led cities on Sunday, doubling down on a politicized anti-immigration drive after major protests in Los Angeles.”We must expand efforts to detain and deport Illegal Aliens in America’s largest Cities, such as Los Angeles, Chicago, and New York, where Millions upon Millions …

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A Strasbourg, une salle de shoot en sursis

“Heureusement qu’ils sont là”: comme Spyke, des centaines d’usagers de drogue fréquentent la Halte soins addictions (HSA) de Strasbourg, une des deux seules salles de shoot de France, dont l’avenir est incertain.Créés en 2016, ces lieux où l’on peut consommer de la drogue de manière supervisée, s’adressent aux personnes les plus démunies et éloignées du système de soins. L’expérimentation doit s’achever à la fin de l’année. Inquiète, l’ONG Médecins du monde a annoncé mi-avril attaquer l’État en justice pour “inaction” afin d’obtenir la pérennisation du dispositif.A Strasbourg, où est organisé le 18 juin un colloque international sur ce sujet ultra sensible, l’incertitude angoisse soignants et usagers.”Il n’y a aucune visibilité aujourd’hui sur la pérennité des choses”, regrette Gauthier Waeckerlé, directeur de l’association Ithaque, qui s’occupe de la salle Argos, fréquentée par environ 800 personnes. “Chaque année, il y a des nouvelles personnes qui viennent. C’est un lieu où elles peuvent non seulement consommer en toute sécurité, mais aussi rencontrer des professionnels et entreprendre des démarches de soins”, expose-t-il.En cas de fermeture, ces derniers “n’auraient d’autre choix que de consommer dans des espaces publics, et donc il y aurait forcément un effet sur l’environnement et la tranquillité publique… sans compter évidemment tous nos collègues salariés investis depuis neuf ans dans ces dispositifs”.- “Je consomme moins”-Discrètement installé dans l’enceinte des hôpitaux universitaires, sans riverains à proximité, Argos est ouvert tous les après-midi, 365 jours par an. Cocaïne, fentanyl, héroïne…  Dans la salle de consommation, plusieurs personnes s’injectent des produits stupéfiants, ou les inhalent, sous la supervision de professionnels qui fournissent le matériel stérile adéquat.Derrière un paravent, Spyke, 41 ans, s’injecte de la cocaïne. Le quadragénaire aux bras tatoués bénéficie depuis quelques mois d’une des 20 places d’hébergement. Créées en 2021, elles permettent aux personnes sans abri, qui y restent en moyenne neuf mois, d’entamer des soins et de trouver un logement.”Je consomme moins depuis que je suis ici”, affirme Spyke.”Dehors, il n’y a rien d’autre à faire que consommer. Ici je reste dans ma chambre, au calme. Il y a des jours où je ne consomme pas du tout”, assure-t-il, expliquant avoir en parallèle commencé à soigner une hépatite C.Une quarantaine de personnes travaille à Argos. Des dépistages, des consultations avec des médecins ou des psychiatres et une aide à l’accès aux droits sont proposés. “Sans eux, je n’aurais pas réussi à faire toutes mes démarches; ils sont derrière nous à nous pousser, nous motiver… heureusement qu’ils sont là”, salue Spyke.- “Une pause” -Parmi les habitués figure Christophe, 50 ans, même s’il a cessé toute consommation: “avant, je venais pour me droguer. Maintenant que j’ai arrêté les drogues, je viens pour passer le temps”.A l’extérieur de la bâtisse, dans le jardin, quelques sièges invitent à se poser. Un potager a été aménagé.”Ici c’est une pause, un lieu de repos où on peut discuter, se confier à des personnes qui sont à l’écoute”.Selon lui, cette salle “est très importante pour les usagers, et pour ceux qui veulent arrêter”.A Argos, on peut rencontrer des travailleurs sociaux, prendre un café, participer à des activités. Dans le couloir, sur un tableau coloré, quelqu’un a écrit: “Nous avons la joie de vous annoncer qu’on vit encore”.”On n’ose imaginer fermer un lieu comme ça”, confie Alexandre Feltz, adjoint à la maire et addictologue: “Ça voudrait dire des dizaines de personnes qui sont là, hébergées et soignées, qu’il faudrait laisser mourir dans l’espace public”.- “Accord très large” -A Strasbourg, le dispositif bénéficie d’un “accord très large de l’ensemble du spectre politique”, souligne M. Feltz.Plusieurs études, dont l’une publiée par l’Inserm en 2021, attestent de l’utilité des “haltes soins addictions”. Dans un rapport d’octobre 2024, l’Igas recommande de “pérenniser” les salles de Paris et Strasbourg et “d’inscrire dans le droit commun” les haltes soins addictions pour permettre d’en ouvrir d’autres.S’il existe environ 80 structures de ce type en Europe, en France, plusieurs projets ont échoué, comme à Marseille. Ce dernier était pourtant validé par différents acteurs sanitaires, dont l’Agence régionale de santé et l’AP-HM.”Malheureusement, aujourd’hui, on n’entend que le discours sécuritaire, (et) plus le discours santé”, déplore Alexandre Feltz.Pour Spyke, fermer Argos, “ce serait une bêtise”. Des salles comme ça, “il en faudrait même plus en France”.

Los Angeles curfew to continue for ‘couple more days’: mayor

A nightly curfew in Los Angeles will continue for “a couple more days,” Mayor Karen Bass said Sunday, the ninth day of protests that have seen US President Donald Trump launch a military-backed crackdown.Demonstrators began protesting on June 6 against immigration raids launched by the Trump administration to round up undocumented migrants in the heavily …

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Bac 2025: “top départ” du bac avec la philo

“Il y a quand même un peu de pression”. Au lycée Buffon à Paris comme ailleurs en France,  plus de 530.000 élèves de terminale ont débuté lundi matin avec la philo les écrits du bac, un examen toujours à forte charge symbolique même si les enjeux sont moindres depuis la réforme du lycée.”On se sent un peu mal”, confie Flint, 17 ans, devant le lycée Buffon, dans le 15e arrondissement de Paris. “Le bac, c’est le bac. Ça fait 15 ans qu’on est à l’école, il y a quand même un peu de pression”.”C’est vraiment qu’une formalité, mais une formalité qui pèse quand même beaucoup, parce que si on n’a pas le bac, nos résultats Parcoursup ne servent à rien”, ajoute cet élève, qui estime que “ça devrait aller” en philo car il “a travaillé”. “Je me dis que de toute façon, ça va le faire”, renchérit Constance, devant le même lycée. Les lycéens de terminale (386.135 pour le bac général et 145.930 pour le bac technologique, selon les derniers chiffres du ministère de l’Education) planchent depuis 08H00 sur un des trois sujets de philosophie (deux dissertations et un commentaire de texte).”C’est le début d’une semaine intense”, a commenté la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne venue encourager les lycéens de Buffon. Car après la traditionnelle épreuve de philo, celles de spécialités, les deux matières majeures choisies par chaque lycéen en terminale, se poursuivront de mardi à jeudi. – “Très émouvant” -“C’est le top départ”, et “c’est évidemment un moment toujours très émouvant pour les lycéens de passer le bac. C’est à la fois l’aboutissement de toute la scolarité, et le début d’une nouvelle aventure vers le supérieur et la vie professionnelle”, a indiqué la ministre. Pour Sarah, lycéenne dans l’Oise qui vise la mention Très bien, “le bac philo est beaucoup plus effrayant que les épreuves de spécialités”.Gustave, 17 ans, lycéen à Strasbourg, appréhende au contraire plutôt les spécialités, qui représentent à elles deux pour un tiers des résultats de l’examen (avec un coefficient 16 chacune). La philosophie, elle, ne compte que coefficient huit pour les candidats au bac général, et quatre pour les candidats au bac technologique (sur un total de 100).Depuis la réforme du bac en 2019, la note du bac repose à 40% sur le contrôle continu et à 60% sur des épreuves dites terminales (le français écrit et oral, passé en classe de première, les épreuves de spécialité, la philosophie et le grand oral en terminale).”Le stress est moindre”, mais “les candidats jouent le jeu comme auparavant”, souligne Marc Foglia, enseignant de philosophie dans un lycée de Pontarlier (Doubs).- “Bien finir la scolarité” -Pour le professeur Lev Fraenckel, alias Serial thinker sur TikTok et Youtube, qui cartonne avec ses vidéos de cours de philo, cette épreuve reste “symboliquement une sorte de rite initiatique”. Ses vidéos connaissent “un pic de vues” les derniers jours.Après la philo et les épreuves écrites de spécialité, les lycéens de la voie générale et technologique passeront le grand oral entre le lundi 23 juin et le mercredi 2 juillet.Les résultats du bac, qui reste le sésame indispensable pour poursuivre des études supérieures, seront publiés le 4 juillet. Mais beaucoup de lycéens connaissent déjà leur orientation pour l’an prochain, car Parcoursup donne ses réponses aux futurs étudiants depuis le 2 juin.”Beaucoup savent qu’ils ont déjà une grande partie de leur baccalauréat, voire la totalité” avec le contrôle continu, “donc c’est plus des enjeux de mentions”, souligne Marc Foglia. Pour Lucie, en terminale à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), qui a calculé que pour avoir le bac, il fallait “qu’elle ait deux dans toutes les matières”, “jusqu’au dernier moment, on ne lâche pas quand même”. Car elle vise une mention, “un peu pour l’ego, pour bien finir la scolarité”.Le taux de réussite au baccalauréat dépasse depuis 2012 les 80%. L’an dernier, il était de 91,2%, en hausse sur un an dans les trois voies (générale, technologique et professionnelle). En voie générale, il était de 95,9%.

Bardella “choqué” par l’exclusion de Sarkozy de la Légion d’honneur

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a assuré lundi que la décision d’exclure Nicolas Sarkozy de la Légion d’honneur le “choque”, y voyant “une volonté d’humilier” l’ancien président.”Cette décision me choque. J’ai beaucoup de désaccords avec Nicolas Sarkozy qui a également combattu à plusieurs reprises et pendant plusieurs années le Rassemblement national, mais Nicolas Sarkozy a été président de la République”, a expliqué le responsable d’extrême droite sur RTL. “J’ai le sentiment qu’il y a une volonté d’humilier Nicolas Sarkozy”, a-t-il regretté, rappelant que l’ancien président (2007-2012) avait “obtenu, au delà des affaires de justice qui le visent et pour lesquelles il est en train de s’expliquer, la Légion d’honneur dans le cadre de l’affaire de Human Bomb”. Il faisait référence à un homme qui avait pris en otage une école maternelle de Neuilly-sur-Seine en 1993 et avec lequel le maire de Neuilly d’alors avait négocié directement.”On peut combattre juridiquement, politiquement quelqu’un mais je crois qu’il ne faut pas oublier non plus les services qui ont pu être rendus à la France”, a insisté Jordan Bardella.”Je ne l’ai jamais rencontré mais j’ai du respect pour mes adversaires politiques et pour les gens qui s’engagent en politique”, a-t-il développé.Nicolas Sarkozy a été exclu de la Légion d’honneur après sa condamnation, devenue définitive, à un an de prison ferme pour corruption dans l’affaire des écoutes, selon un arrêté publié dimanche au Journal officiel. Il est devenu le deuxième chef de l’État privé de cette distinction après le Maréchal Pétain  à qui la Légion d’honneur avait été retirée après sa condamnation en août 1945 pour haute trahison et intelligence avec l’ennemi.L’ancien président a rappelé néanmoins avoir déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).