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A l’Assemblée, bataille en vue autour de la relance du nucléaire

Définir le futur énergétique de la France, c’est l’objectif du texte examiné à partir de lundi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Les partisans de l’atome devraient s’unir pour réintroduire la relance du nucléaire supprimée en commission. Pour le Rassemblement national, ce serait l’opportunité d’engranger une nouvelle victoire autour de cette proposition de loi du sénateur Daniel Gremillet, qui doit ensuite inspirer le décret fixant la feuille de route énergétique du pays.Le gouvernement doit le publier d’ici la fin de l’été, avant la fin de la navette parlementaire, a rappelé dimanche le ministre de l’Industrie et de l’Énergie Marc Ferracci, soulignant le besoin du décret pour certaines filières afin de “lancer des investissements”.”Nous ne remettrons pas en question le cap de la décarbonation, ni le principe d’un mix électrique équilibré, reposant sur les énergies renouvelables et le nucléaire”, a-t-il dit à propos de la feuille de route.”Notre position est constante : pas de décret avant qu’une loi sérieuse ait été votée” au Parlement, a prévenu en retour lundi le député RN Jean-Philippe Tanguy.Si le texte est étudié à l’Assemblée, c’est d’abord parce que le groupe de Marine Le Pen a agité fin avril la menace de la censure et obtenu du Premier ministre François Bayrou son inscription à l’ordre du jour.Jean-Philippe Tanguy a promis lundi que son groupe mettrait l’accent dans les débats à l’Assemblée sur “le coût de production et le prix (pour les consommateurs) le plus bas possible”, reprochant au gouvernement Bayrou de projeter un prix de “100 euros le mégawatt-heure”. “Autant ne rien faire”, a-t-il lancé.Les élus écologistes ont eux fustigé le fait d’en passer par une proposition de loi “issue de la droite sénatoriale”, et non par un projet de loi qui aurait permis une étude d’impact.”Est-ce que vous avez entendu la droite parler des énergies renouvelables, de la réduction de la consommation ? Non. Ils se cachent derrière le nucléaire pour faire semblant d’œuvrer pour le climat”, a dénoncé la députée EELV Julie Larnoes.- Le nucléaire au cœur du débat – Après un examen chaotique en commission, au cours duquel l’article fixant les objectifs du secteur nucléaire a été supprimé, le rapporteur, le député macroniste et ancien ministre Antoine Armand, a déposé des amendements pour réintroduire une relance massive de l’atome, qui semble convenir au Rassemblement national.Elle prévoit notamment de nouvelles capacités nucléaires, équivalent à engager la construction de 14 nouveaux EPR au plus tard en 2030. Une position plus tranchée que celle du gouvernement.”Les amendements déposés par le rapporteur sur les objectifs de nucléaire et sur la suppression des objectifs pour les énergies intermittentes vont dans le bon sens pour nous”, a estimé le député RN Maxime Amblard.A contrario, la recherche d’un accord entre le rapporteur et les socialistes semble au point mort.- Quelle place pour les énergies renouvelables ? -Le groupe de Boris Vallaud défend, lui, une relance de l’atome qu’il estime “raisonnable”, face au retard pris dans le développement des énergies renouvelables, en engageant la construction de huit nouveaux EPR d’ici 2035. Il propose d’attendre cinq ans et un retour d’expérience sur la construction des nouveaux réacteurs, avant de s’engager sur des capacités supplémentaires.”Nous avons présenté au rapporteur nos positions (…) mais nous n’avons pas eu de retour”, a déploré auprès de l’AFP Karim Benbrahim (PS).Comme le reste de la gauche, les socialistes déplorent que le texte ne fixe plus de part des énergies renouvelables à atteindre, ne parlant maintenant plus que d’énergies “décarbonées”. Ce changement sémantique ouvre, selon eux, la voie à une production électrique sans énergies renouvelables. “Une ligne rouge”, prévient Karim Benbrahim. Le texte actuel prévoit à présent de porter d’ici 2030 la part d’énergie décarbonée à 58% au moins de la consommation d’énergie en France, alors que le pays doit se mettre sur la voie de la neutralité carbone en 2050.Aujourd’hui, la consommation d’énergie en France dépend encore à hauteur de 60% de combustibles fossiles, majoritairement importés, selon le dernier rapport du gestionnaire du transport de l’électricité, RTE.Dans le reste de la gauche, les Insoumis et les écologistes sont farouchement opposés à toute relance de l’atome.A la demande de la présidente du groupe LFI Mathilde Panot le débat devra faire l’objet d’au moins 40 heures de débats dans l’hémicycle et devrait donc s’étendre tout au long de la semaine.

Hommage national aux pompiers décédés dans un incendie à Laon

Deux cercueils, des centaines de pompiers et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau: un hommage national a été rendu lundi aux deux pompiers volontaires décédés mardi dans l’incendie d’un bâtiment à Laon (Aisne).M. Retailleau a loué le “courage” et le “civisme engagé” des deux pompiers volontaires “morts au front des courageux”. Ils ont été ensevelis sous les décombres à la suite de l’effondrement du bâtiment dans lequel ils intervenaient dans le coeur historique de la ville médiévale. Il a évoqué avec émotion Tangui Mosin, 22 ans, “chaussettes toujours tirées jusqu’aux genoux, et sa vapote toujours en panne”, et Maxime Prud’homme, 23 ans, “une carapace de bougonnerie tendre, mais avec un coeur immense”, père d’une petite fille. Sur la place d’Armes de La Fère, la commune dans laquelle étaient affectés les jeunes hommes récemment faits caporaux, les différentes unités ont tenu la garde jusqu’à l’arrivée des cercueils, parés du drapeau français, de casques de sapeurs-pompiers et plusieurs décorations reçues à titre posthume.Sous un soleil de plomb, ils ont honoré la mémoire des deux pompiers volontaires, engagés tous deux en 2020. “Dans cette mission tragique, leur union n’a pas failli : c’est ensemble qu’ils se sont engagés, c’est ensemble qu’ils sont tombés, et c’est ensemble qu’ils ont été retrouvés, à quelques mètres seulement l’un de l’autre, se regardant presque comme un dernier geste de fraternité”, a salué Bruno Retailleau.En reconnaissance de leur “sacrifice au service des Français”, Tangui Mosin et Maxime Prud’homme ont notamment été faits chevalier de la Légion d’honneur. Avant cette cérémonie, les hommages s’étaient multipliés, les députés et les sénateurs ayant notamment observé une minute de silence en leur hommage la semaine passée. Dans l’Aisne, ce drame intervient un peu plus d’un an et demi après la mort d’un autre pompier volontaire, Jérémie Fontaine, décédé à 35 ans en février 2024 dans un accident de la route alors qu’il se rendait sur les lieux d’une intervention.Les pompiers volontaires, qui concilient souvent leur engagement avec une autre activité professionnelle, étaient plus de 197.000 en France fin 2021, soit 78% des effectifs de sapeurs pompiers.

Harcèlement moral: l’ex-secrétaire d’Etat Nathalie Elimas condamnée à 10 mois de prison avec sursis

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Éducation prioritaire, Nathalie Elimas, jugée pour harcèlement moral sur plusieurs collaborateurs, a été condamnée lundi à 10 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.Celle qui est aujourd’hui conseillère régionale en Île-de-France a aussi été condamnée à une peine d’inéligibilité de trois ans ainsi qu’à une amende de 5.000 euros. Le tribunal correctionnel s’est déclaré “convaincu des faits de harcèlement en dépit des dénégations de la prévenue”. En décembre 2021, la secrétaire d’État MoDem avait fait l’objet d’une enquête administrative de l’Inspection générale de l’enseignement supérieur et de la recherche (IGESR), après des signalements internes concernant des “dysfonctionnements” relatifs “aux relations de travail”.Au cours du procès, trois femmes ont témoigné à la barre de leur passage au cabinet Elimas où régnait selon elles un climat “paranoïaque”. Elles ont longuement décrit les injonctions contradictoires qu’elles recevaient, notamment concernant la couverture médiatique de la ministre, jalouse de celle des autres femmes du gouvernement.Pour sa défense, Nathalie Elimas a affirmé qu’on “voulait (sa) tête”, évoquant un complot politique pour la faire tomber.”Cette procédure est née d’une machination, c’est un récit à charge basé sur des ressentis transformés en vérités officielles”, avait déclaré Nathalie Elimas devant le tribunal. Pendant l’audience, cette dernière n’a jamais remis en cause son comportement vis-à-vis de ses anciens collaborateurs. 

Nouveau cas autochtone de chikungunya en métropole, le deuxième en 2025

Un nouveau cas autochtone de chikungunya, le deuxième en métropole depuis le début de l’année, a été détecté dans l’Hérault, a annoncé lundi l’Agence régionale de santé Occitanie dans un communiqué.Le premier cas autochtone de 2025 avait été signalé la semaine dernière dans le Var.Depuis le 1er mai, 59 cas importés de chikungunya et 40 cas importés de dengue ont été enregistrés en Occitanie, précise l’ARS.”L’état de santé de la personne malade n’inspire pas d’inquiétude”, souligne l’Agence de santé qui précise que “pour éviter la propagation du virus localement, des actions préventives sont déployées sur les lieux fréquentés et les lieux de contamination présumés à Prades-le-Lez”.Les personnes ayant fréquenté cette commune et ayant présenté des signes évocateurs du chikungunya depuis début mai sont invitées par l’ARS à consulter leur médecin traitant.Le chikungunya, transmis par le moustique tigre, se caractérise le plus souvent par une fièvre d’apparition brutale, souvent accompagnée de douleurs articulaires sévères, d’une conjonctivite et d’éruptions cutanées.On parle de cas autochtone quand une personne a contracté la maladie sur le territoire national et n’a pas voyagé en zone contaminée dans les 15 jours qui précèdent l’apparition des symptômes.Un seul cas autochtone de ce virus transmis par le moustique tigre avait été détecté en 2024 en métropole, en Ile-de-France, aucun en 2023. Depuis 2010 la France métropolitaine avait connu une trentaine de cas autochtones de ce virus. Cette année l’épidémie de chikungunya, maladie se traduisant par des fièvres et des douleurs articulaires, a surtout frappé l’île de La Réunion, avec 23 morts, même si elle poursuit maintenant son déclin. On estime que 200.000 personnes ont été contaminées dans l’île depuis janvier.Si l’épidémie recule franchement à la Réunion, elle poursuit encore sa dynamique à Mayotte, également dans l’océan Indien, où elle s’est déclarée plus tardivement.Les températures plus chaudes qui touchent actuellement l’Hexagone favorisent l’activité des moustiques tigres, vecteurs de ce virus mais aussi de ceux de la dengue et du Zika.

Le salon du Bourget rattrapé par les tensions géopolitiques

Les tensions géopolitiques se sont invitées au salon du Bourget dès son ouverture lundi matin, avec la condamnation ordonnée par le gouvernement français de stands d’industriels d’armement israéliens, sur fond de guerre à Gaza et de conflit avec l’Iran.Ce coup de théâtre a éclipsé la première commande commerciale du salon annoncée par Airbus, 40 appareils à un loueur saoudien, tandis que son rival américain Boeing était contraint à la discrétion dans la foulée de la catastrophe aérienne meurtrière en Inde la semaine dernière.Les stands d’Israel Aerospace Industries (IAI), Rafael Uvision, Elbit et Aeronautics ont été ceints de hautes bâches noires, fermant de fait les stands, ont constaté des journalistes de l’AFP. Ils exposaient des armements offensifs, comme ceux susceptibles d’être utilisés à Gaza, en violation du cadre qui avait été agréé avec les autorités israéliennes, a fait valoir une source française proche du dossier.Dans un communiqué, le gouvernement israélien a dénoncé une “décision scandaleuse et sans précédent”, qui crée une “ségrégation” à l’encontre des exposants israéliens.Une exposante israélienne a écrit à la craie sur la bâche de Rafael que ces systèmes d’armement “protègent en ce moment l’Etat d’Israël”, affirmant que “le gouvernement français, au nom de la discrimination, essaie de vous les cacher”.Même fortement réduite, la présence d’Israël, l’un des leaders des capacités militaires de pointe dans l’aérospatial, constituait déjà une source de tensions, alors que l’Etat poursuit son offensive sur Gaza après l’attaque meurtrière du Hamas en octobre 2023 et a lancé la semaine dernière des frappes de grande ampleur contre l’Iran, qui a riposté. Le tribunal judiciaire de Bobigny a rejeté mardi la requête d’associations qui demandaient l’exclusion du salon des entreprises israéliennes au nom du risque de perpétuation de “crimes internationaux”.De leur côté, les élus du département de Seine-Saint-Denis n’étaient pas présents à l’arrivée lundi matin du Premier ministre François Bayrou, contrairement à la tradition, également en signe de protestation contre la présence de ces entreprises.- Première commande pour Airbus -Cette polémique a fait passer au second plan la première commande commerciale du salon: le loueur AviLease basé en Arabie saoudite a signé un contrat ferme pour 10 avions-cargo gros porteurs Airbus A350F et 30 appareils de la famille A320neo, monocouloir à succès du géant européen, ont annoncé les entreprises lors d’une conférence de presse.Alors que le salon international de l’aéronautique et de l’espace, qui se tient tous les deux ans au Bourget au nord de Paris, est habituellement le théâtre d’un affrontement entre Boeing et Airbus à coups de contrats géants, l’avionneur américain a décidé de réduire ses activités après le crash d’un 787 d’Air India qui a fait au moins 279 morts la semaine dernière.”Nous nous concentrons sur le soutien à nos clients, plutôt que des annonces de commandes lors de ce salon”, a déclaré lundi à l’AFP une porte-parole de Boeing, dont le patron Kelly Ortberg avait déjà décidé d’annuler sa venue en France pour “rester avec nos équipes et consacrer notre attention à notre client et à l’enquête”.Le drame a jeté une ombre supplémentaire sur ce qui est habituellement une grande fête de l’aérien, déjà marquée cette année du sceau des guerres, militaires et commerciales en cours.”On a tous le moral à zéro” après cette catastrophe en Inde, a confié à l’AFP un acteur clé du secteur.M. Bayrou a ouvert le bal des hauts responsables politiques visitant la manifestation, qui s’étale sur un gigantesque site de 70 hectares, égal à 100 terrains de football.Lors d’une table ronde consacrée à l’espace, le chef du gouvernement a appelé à “à relever les défis (…) “ensemble” et pas “les uns contre les autres”, “dans un moment où jamais sur la planète le monde n’a été aussi perturbé et déstabilisé”.- Défense en pointe -Dans un contexte international tendu, sur fond de guerre en Ukraine et avec l’intention de l’Europe de renforcer sa souveraineté stratégique, le salon est particulièrement attendu sur le thème de la défense. Autre dominante: les guerres commerciales lancées début avril par le président américain Donald Trump, sont lourdes de menaces pour une industrie aéronautique aux chaînes d’approvisionnement mondialisées.La féminisation sera aussi l’un des fils rouges de cette édition du salon, organisé depuis 1909 tous les deux ans, le premier jour d’ouverture au grand public, vendredi, étant consacré aux femmes.Le même jour, le président Emmanuel Macron est attendu avec un discours sur la nouvelle stratégie spatiale française. 

Traversées de la Manche: sur la plage, la foule des élus et des déçus

Le soleil se lève à peine lundi mais des dizaines de migrants arpentent la plage de Gravelines (Nord), sous les yeux de policiers presque aussi nombreux. Une partie réussira à monter dans un canot pour l’Angleterre, laissant des déçus, hagards, derrière eux.Les élus du jour, à cheval sur les boudins du frêle pneumatique, vont risquer leur vie dans leur quête d’une vie nouvelle en Angleterre: au moins 15 personnes ont trouvé la mort depuis le début de l’année dans ces dangereuses traversées, après 78 en 2024, année tristement record.Ces derniers jours, les traversées ont été très nombreuses, à la faveur d’une météo propice. Pour la seule journée de vendredi, 919 migrants ont réussi à atteindre les côtes anglaises. Samedi, ils étaient encore 134, malgré l’alerte aux orages la nuit précédente.Il n’est pas encore 5H00, sur la vaste plage dominée par les tours des six réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines. Un groupe de migrants attend les pieds dans l’eau un canot qui n’arrive pas, puis rentre vers les dunes, scruté par les policiers déployés en plusieurs points de l’immense plage.Au même moment, un groupe très nombreux, dans lequel presque tous les migrants portent des gilets de sauvetage, dévale les dunes vers la mer, déclenchant un nuage de gaz lacrymogène tirés par des policiers. Ils parviennent à le traverser et se cachent plus loin, dans des dunes proches de la centrale.Un drone vrombit tandis qu’un avion de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, survole la plage.- Enfants sur les épaules -Un canot déjà chargé de passagers apparaît, loin sur la mer, et s’approche lentement de la côte: le “bateau-taxi” que le groupe attend, tapi dans la végétation. Les exilés, hommes, femmes et enfants juchés sur les épaules de leurs parents, se ruent à nouveau sur la plage.Pendant de longues minutes, le chaos règne: chacun essaie de se hisser dans le canot. Des candidats au départ ont de l’eau jusqu’aux épaules, certains perdent pied, beaucoup crient.Le système des “taxi-boats”, qui arrivent par la mer pour récupérer les migrants, a été développé par les passeurs ces dernières années pour esquiver les forces de sécurité à terre, donnant lieu à des départs particulièrement périlleux, et régulièrement meurtriers.Un pneumatique à moteur dépêché par un navire de la marine nationale qui croise un peu plus loin s’approche de l’embarcation clandestine et tourne autour d’elle, prêt à intervenir.Des policiers se rapprochent, jusqu’à la lisière de l’eau.Actuellement, conformément au droit de la mer, une fois les bateaux à l’eau, les autorités françaises n’interviennent que pour du sauvetage.Le gouvernement souhaite faire évoluer sa doctrine afin d’intervenir jusqu’à 300 mètres des côtes, pour intercepter les “bateaux-taxi” a indiqué début juin le cabinet du ministre de l’Intérieur.La majorité du groupe finit par se hisser à bord. Mais des migrants d’un autre groupe, plus petit, tentent de profiter de la cohue pour s’ajouter à la traversée.Des policiers empêchent deux femmes tenant deux jeunes enfants par la main de rentrer dans la mer, tandis que d’autres migrants s’y risquent.Après de longues minutes d’espoir et d’incertitude, à lutter dans l’eau pour atteindre l’embarcation, le reste du petit groupe, qui comprend entre autres des Erythréens, renonce à son tour. Ils repartent vers les dunes, la tête basse, longeant les policiers, dressés tous les 20 mètres sur la plage en une étrange haie d’honneur.De très nombreux candidats à l’exil séjournent actuellement sur le littoral français. Selon l’association Salam, ils sont entre 1.500 et 2.000 exilés actuellement sur les campements de Loon-Plage, proches de la plage de Gravelines, sans compter ceux qui vivent autour de Calais.Signe des tensions fortes dans les campements, deux personnes, dont un Soudanais de 24 ans, ont été tuées par balles au cours du week-end et d’autres blessées, dont un bébé.A Lille, dix hommes, majoritairement afghans, sont jugés depuis lundi matin  pour leur rôle présumé de passeurs dans le naufrage d’une embarcation clandestine qui avait fait quatre morts et quatre disparus dans la Manche en décembre 2022.

Metz: un forcené tué par balles, un policier en garde à vue

Un homme “menaçant”, détenteur de plusieurs armes à feu, a succombé à des blessures par balles lundi à Metz après un échange de coups de feu avec la police, tandis qu’un agent a été blessé et un autre placé en garde à vue, a annoncé le parquet.Les faits ont commencé dimanche soir dans une rue très passante de la vieille ville de Metz. “Vers 22H00, un individu menace depuis sa fenêtre, avec une arme à canon long, un passant”, a rapporté le maire François Grosdidier sur sa page Facebook.Alors que les forces de l’ordre interviennent, “l’homme est retranché chez lui et refuse de se rendre à la police”, a poursuivi M. Grosdidier.Un peu avant 3H00, l’homme, installé au premier étage, “faisait feu depuis sa fenêtre sur la patrouille située dans la rue”, a indiqué dans un communiqué le procureur de la République adjoint de Metz, Thomas Bernard.”Il sortait alors de son studio, tenant dans chaque main un revolver, et faisait feu sur les policiers présents dans le couloir”, a-t-il ajouté. “Un policier était blessé à une main, tandis qu’un de ses collègues tirait à trois reprises, touchant l’individu à l’abdomen et au bras”.Le policier auteur des tirs a été placé en garde à vue et une enquête pour “meurtre” a été ouverte et confiée à la délégation de Metz de l’Inspection générale de la Police nationale (IGNP) “aux fins de vérifier les conditions légales d’usage de son arme par le policier”, a écrit M. Bernard dans son communiqué.Une autre enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Metz pour “tentative de meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique” à l’encontre de l’homme de 56 ans.Il a été hospitalisé mais est décédé lundi matin. “Son casier judiciaire porte trace de neuf condamnations”, selon M. Bernard.Le policier blessé a également été hospitalisé. Le forcené détenait “plusieurs armes, de poing et d’épaule, dans son appartement”, selon le maire qui a salué l’intervention des forces de l’ordre.

Technique, vérité, John Rawls au menu du bac philo: “Je pense que ça va aller”

“Notre avenir dépend-il de la technique?”, “La vérité est-elle toujours convaincante?”: plus de 530.000 lycéens de terminale ont planché pendant quatre heures lundi sur une question ou un texte de philosophie, coup d’envoi des épreuves écrites du bac, un examen toujours à forte charge symbolique même si les enjeux sont moindres.En filière générale, les lycéens de terminale (386.135 selon les derniers chiffres du ministère de l’Éducation) avaient le choix entre ces deux sujets de dissertation, et un commentaire d’un texte extrait de la “Théorie de la justice” de John Rawls (1971).”Le texte était assez clair, c’était un texte assez récent (…) Donc, c’était pas trop compliqué de trouver des arguments et des exemples”, estime Tomas Le Guell, 18 ans, à la sortie du lycée Bréquigny à Rennes.À Marseille, Orane Vis, 19 ans, dit avoir “eu de la chance parce que la technique, c’est ce qu’on a eu au dernier contrôle”: “Je pense que ça va aller”, souffle-t-elle en sortant du lycée Thiers.À Paris, Nina Chazot, devant le lycée Chaptal, a planché sur la vérité: “j’ai parlé de ce qui peut se passer dans les régimes totalitaires” avec des gouvernements pouvant présenter comme “la vérité” ce qui est “en fait,  plutôt une idéologie”, en évoquant Hannah Arendt et Descartes.Pour Hélène Péquignat, professeure de philosophie en Isère, les deux sujets de dissertation étaient de facture classique et elle n’y voit pas de référence particulière à l’intelligence artificielle ou aux “fake news”.”La recherche de la vérité, c’est ce qui préoccupe les philosophes depuis que la philosophie existe”, remarque-t-elle, interrogée par l’AFP.La philosophie compte coefficient huit pour les candidats au bac général, et quatre pour le bac technologique (sur un total de 100).Dans cette dernière filière, (145.930 candidats), deux sujets de dissertation étaient proposés: “Sommes-nous libres en toutes circonstances?” et “Avons-nous besoin d’art?”, avec également la possibilité d’opter pour un texte extrait de la “Théorie des sentiments moraux” d’Adam Smith (1759).Le texte était “assez compliqué, mais faisable quand même”, estime Titouan, 17 ans, à la sortie du lycée Bréquigny de Rennes.”J’y allais au talent, honnêtement, parce que la philosophie, j’avais pas beaucoup besoin de réviser. J’ai d’autres matières plus importantes”, ajoute-t-il, alors que de mardi à jeudi se déroulent les deux épreuves des spécialités.Elles représentent à elles deux un tiers des résultats de l’examen (avec un coefficient 16 chacune).  –  “Très émouvant” -“C’est évidemment un moment toujours très émouvant pour les lycéens de passer le bac. C’est à la fois l’aboutissement de toute la scolarité, et le début d’une nouvelle aventure vers le supérieur et la vie professionnelle”, a commenté lundi la ministre de l’Éducation Élisabeth Borne en venant donner le top départ d’une “semaine intense” au lycée Buffon.Bruno Bobkiewicz, proviseur dans ce lycée parisien et secrétaire général du syndicat SNPDEN, souligne que le bac a “beaucoup évolué”.”Aujourd’hui on est sur quatre épreuves”, soit “quatre demi-journées alors que c’était beaucoup plus complexe avant”, fait-il valoir, interrogé par l’AFP.”Et puis aujourd’hui, on n’envoie plus les copies à l’autre bout du département, puisque tout est scanné à l’issue des épreuves”, précise-t-il.Depuis la réforme du bac en 2019, la note du bac repose à 40% sur le contrôle continu et à 60% sur des épreuves dites terminales (le français écrit et oral, passé en classe de première, les épreuves de spécialité, la philosophie et le grand oral en terminale).Les lycéens de la voie générale et technologique passeront le grand oral entre du 23 juin au 2 juillet.Les résultats du bac, qui reste le sésame indispensable pour poursuivre des études supérieures, seront publiés le 4 juillet. Mais beaucoup de lycéens connaissent déjà leur orientation pour l’an prochain, car Parcoursup donne ses réponses aux futurs étudiants depuis le 2 juin.”Beaucoup savent qu’ils ont déjà une grande partie de leur baccalauréat, voire la totalité” avec le contrôle continu, “donc c’est plus des enjeux de mentions”, souligne Marc Foglia, enseignant de philosophie dans un lycée de Pontarlier (Doubs).Le taux de réussite au baccalauréat dépasse depuis 2012 les 80%. L’an dernier, il était de 91,2%, en hausse sur un an dans les trois voies (générale, technologique et professionnelle). En voie générale, il était de 95,9%.slb-ved-burs/alu/abl

Rupture d’une canalisation d’eau: des milliers de foyers privés d’eau à Perpignan

Environ 6.000 logements et commerces du centre de Perpignan ont été privés dimanche d’accès à l’eau potable en raison d’une fuite de grande ampleur, et plusieurs centaines de foyers restaient affectés lundi matin.”L’alimentation en eau a été perturbée depuis (dimanche) matin, on a constaté une chute de pression au robinet des abonnés”, a indiqué à l’AFP une porte-parole d’Eau Agglo Perpignan/Veolia, évoquant 550 foyers touchés ce lundi aux alentours de 11H00, la mairie parlant de 750 un peu plus tôt dans la matinée.”Une casse sur une canalisation, non visible” est, selon la même source, à l’origine du problème qui a touché jusqu’à 6.000 abonnés dimanche et qui s’est également matérialisée par de “l’eau colorée” au robinet, a précisé la mairie de Perpignan qui a mis en place des distributions de bouteilles d’eau à partir de dimanche 22H30 puis ce lundi dès 06H30.L’eau, rétablie dans la majeure partie des foyers concernés dimanche, ne doit être consommée que pour des “usages domestiques” mais pas pour l’alimentation, dans l’attente de résultats de contrôles sanitaires actuellement en cours, a insisté la porte-parole d’Eau agglo Perpignan/Veolia.L’Agence régionale de santé (ARS) a mis en place un plan “rupture d’approvisionnement d’eau potable” pour gérer la situation, a précisé à l’AFP la préfecture des Pyrénées-Orientales.- sécheresse structurelle -La localisation de la fuite qui a provoqué depuis dimanche la perte de 10.000 m3 d’eau (soit environ le volume de trois à  quatre piscines olympiques) “est toujours en cours”, le périmètre de recherche d’abord étendu à 400 rues n’étant plus lundi matin limité qu’à six artères du centre-ville, a-t-on dit à Veolia, sans être encore en mesure d’expliquer les causes du problème.Selon Veolia, l’ensemble des usagers a été prévenu de la situation par téléphone.Aux points de distribution d’eau, des Perpignanais concernés se plaignaient néanmoins lundi matin du manque d’informations reçues. “J’ai essayé de consulter sur Facebook les pages d’information, j’ai juste trouvé un post qui parlait de cette panne. Ce n’était pas clair”, a déploré Abdellalih, venu se ravitailler en eau minérale.”Ça fait neuf ans que je vis à Perpignan, j’ai jamais vécu un incident pareil (…) le problème n’a pas été bien expliqué”, a-t-il ajouté.Clodia, venue avec un caddy pour récupérer les bouteilles d’eau (un pack par personne) a estimé également n’avoir “pas eu beaucoup d’informations”.”Vers 9H00 j’allais me doucher mais il n’y avait pas beaucoup d’eau. J’ai ouvert tous les robinets et ça ne sortait nulle part. J’ai dû aller (…) chez mon copain pour me doucher, et laver mon uniforme de travail”, a-t-elle raconté à une correspondante de l’AFP.Le département des Pyrénées-Orientales est structurellement concerné depuis trois ans par une sécheresse qui donne lieu à des restrictions d’usage de la ressource en eau.Selon le dernier point de la préfecture à ce sujet, en date du 1er juin, la ville de Perpignan est en situation d'”alerte” jusqu’au 31 juillet (sur une échelle qui comprend quatre niveaux: Vigilance, Alerte, Alerte renforcée, Crise).La météo annonce toute la semaine un temps chaud et sec pour la métropole catalane, avec des températures dépassant les trente degrés l’après-midi.