AFP Top News

Conflit israélo-palestinien: le procès du militant Anasse Kazib pour apologie du terrorisme reporté

Le procès du militant politique, cheminot et syndicaliste Anasse Kazib, qui devait être jugé mercredi à Paris pour apologie du terrorisme pour avoir notamment soutenu la “résistance palestinienne” le 7 octobre 2023, a été renvoyé d’office, au grand désarroi de la défense.Le porte-parole du micro-parti d’extrême gauche Révolution permanente, 38 ans, sera finalement jugé le 25 juin 2026. “Si on a le temps de nous juger dans un an, ça montre bien que nos propos ne sont pas si inquiétants”, a ironisé M. Kazib devant les médias, dénonçant une “criminalisation des militants politiques et syndicalistes” de la défense de la cause palestinienne.Dans une salle emplie de soutiens, dont plusieurs portaient un keffieh palestinien sur les épaules, le tribunal a indiqué que l’audience était trop chargée pour examiner ce dossier. Le député LFI Eric Coquerel était présent.”Cela n’aura échappé à personne, il y a beaucoup d’enjeu”, a dit le procureur, “déplorant” aussi de ne pas pouvoir juger ce dossier rapidement.A l’origine de la convocation d’Anasse Kazib, une plainte déposée en janvier 2024 par une association, “Jeunesse française juive” (créée le 7 octobre 2023), qui visait aussi une quarantaine de personnalités dont le leader LFI Jean-Luc Mélenchon.On reproche au militant trois retweets le jour de l’attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 (“vive la résistance palestinienne”; “Offensive surprise contre l’Etat colonialiste d’Israël. Soutien à la résistance palestinienne !”…) et un tweet, en réponse à une condamnation de l’attaque de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (“ils se tiennent au côté du boucher”).Il encourt sept ans d’emprisonnement.Sa défense avait fait citer plusieurs témoins (le journaliste spécialiste du Moyen-Orient Alain Gresh, la chercheuse Vanessa Codaccioni, l’historien israélien Ilan Pappé…) ainsi que l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic qui a récemment dénoncé plusieurs fois l’utilisation “totalement dévoyée” de l’infraction d’apologie du terrorisme, conçue pour viser les sites de propagande jihadiste.L’avocate d’Anasse Kazib, Elsa Marcel, a déploré le décalage entre “l’intensité des poursuites sur la base d’une plainte pour le moins douteuse” et la bien insuffisante “heure et demi” d’audience qui avait été prévue. “Ils organisent des poursuites politiques mais ne veulent pas qu’on se défende politiquement”.Quelques centaines de personnes se sont rassemblées à partir de midi sur le parvis du tribunal pour scander “relaxe pour Anasse”, et “nous sommes tous des enfants de Gaza”. Ils ont brandi une grande banderole de Révolution permanente “Stop genocide Free Palestine” ainsi qu’une autre en soutien au militant libanais propalestinien Georges Abdallah, dont une énième demande de remise en liberté doit être examinée jeudi devant la cour d’appel de Paris. Condamné en 1987 à la perpétuité pour complicité d’assassinats de diplomates américain et israélien à Paris en 1982, il est incarcéré depuis 40 ans en France.

Chikungunya: les deux cas autochtones récents sont les plus précoces jamais identifiés en métropole

Les deux cas autochtones de chikungunya repérés dans le sud de l’Hexagone sont “les plus précoces jamais identifiés” en métropole dans la saison d’activité du moustique tigre, a noté mercredi Santé publique France, évoquant un possible lien avec l’épidémie à la Réunion.Pour ces cas signalés en Occitanie, à Prades-le-Lez (Hérault), et en Provence-Alpes-Côte d’azur, à La Crau (Var), le début des signes remonte au 27 mai et au 2 juin respectivement, selon le bilan hebdomadaire de la surveillance renforcée de la dengue, du chikungunya et du Zika dans l’Hexagone.”Bien qu’en baisse, la pression d’importation dans l’Hexagone des cas de chikungunya ayant voyagé à La Réunion a pu contribuer à l’apparition précoce de transmission autochtone, d’autant que la souche du virus chikungunya circulant à la Réunion est bien adaptée au moustique Aedes albopictus”, a précisé Santé publique France.Si les investigations continuent, l’agence sanitaire a indiqué qu’au moins pour un des deux cas autochtones de cette maladie, un cas en provenance de La Réunion avait été identifié comme possiblement à l’origine de la transmission locale.A ce stade, “aucun épisode de transmission autochtone n’a été mis en évidence en Europe, en dehors de la France”, a aussi pointé SpF.On parle de cas autochtone quand une personne a contracté la maladie sur le territoire national et n’a pas voyagé en zone contaminée dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes.Apparu en 2004 en métropole, le moustique tigre était implanté dans 81 départements début 2025.La dengue et le chikungunya pourraient devenir endémiques en Europe en raison du réchauffement climatique mais aussi de l’urbanisation et des déplacements, autant de facteurs qui favorisent la propagation du moustique tigre, selon une étude publiée mi-mai dans le Lancet Planetary Health. Du 1er mai, début de la surveillance renforcée, jusqu’au 17 juin, la France a aussi enregistré 583 cas importés de chikungunya, 395 de dengue et 2 de Zika en métropole.Cette année, l’épidémie de chikungunya, maladie se traduisant par des fièvres et des douleurs articulaires, a surtout frappé La Réunion, mais y poursuit désormais son déclin.”La Réunion est à ce jour en situation d’épidémie de faible intensité”, a résumé Santé publique France dans un bilan spécifique mercredi. “Cependant, la circulation du chikungunya sur l’île reste encore présente et marquée par des disparités selon les secteurs géographiques”, Saint-Paul et Saint-Denis restant les communes avec le plus de cas, a ajouté l’agence.Le nombre de morts liés à l’épidémie à La Réunion est désormais estimé à 27, avec quatre nouveaux décès attribués au chikungunya, deux directement, deux indirectement. Ils ne remontent toutefois pas aux derniers jours mais aux alentours de mi-avril, quand la flambée était maximale.Mayotte, autre département ultramarin de l’océan Indien, est aussi touché par une épidémie, déclarée plus tardivement et d’ampleur incertaine.

Vosges: 130 ans plus tard, le charme opère toujours au Théâtre du Peuple

Une “utopie” qui subsiste 130 ans après: entre ses bancs en bois et sa scène ouverte sur la nature, le Théâtre du Peuple, symbole de la décentralisation culturelle, attire toujours son public dans un village des Vosges, loin des grandes scènes parisiennes.Dès le 15 juin, journée “portes ouvertes” de l’institution, de nombreux visiteurs se sont pressés sur les bancs en bois du théâtre, dont le fond de scène, qui en fait la renommée, est ouvert sur le vert de la forêt vosgienne.Pour les enfants de Bussang, “c’était un monde magique, le Théâtre du Peuple”, se remémore auprès de l’AFP Céline Parmentier, 50 ans. Dans les années 1980, elle vendait des prospectus sur le parking, et y a été bénévole. Elle tenait à être là pour cet anniversaire, accompagnée de ses enfants.Partie vivre loin de Bussang, elle a constaté par la suite que “beaucoup de gens connaissent le Théâtre du Peuple, même mieux que les locaux”.Annoncée comme l’année du “jubilé”, 2025 est l’occasion, pour Julie Delille, arrivée à la tête du théâtre en octobre 2023, de concrétiser son “désir” de renouer entre le lieu et le village de 1.300 habitants. – “Utopie vivante” -Le Théâtre du Peuple est avant tout un symbole de la décentralisation culturelle, créé par Maurice Pottecher (1867-1960) dans son village natal.Auteur, metteur en scène et acteur, Maurice Pottecher rêve, à la fin du XIXe, de proposer un théâtre “par l’art, pour l’humanité”, devise aujourd’hui encore gravée sur les murs de l’institution.Cette année, un “feuilleton théâtral” en six pièces d’une heure raconte l’histoire du Théâtre du Peuple.La création du lieu en 1895 était “un acte politique extrêmement fort” de Camille et Maurice Pottecher, rappelle Alix Fournier-Pittaluga, co-autrice avec Paul Francesconi de ce feuilleton baptisé “Hériter des brumes, la folle histoire du Théâtre du Peuple”.Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, de nombreuses expériences de théâtre populaire ont émergé un peu partout, et notamment dans les Vosges, mais “Bussang est le seul qui a subsisté” dans le coin, rappelle Mme Fournier-Pittaluga.Les deux auteurs ont fouillé dans les archives de l’institution pour en raconter le passé et les périodes de doute. “On annonçait la fin de cette scène hors du commun en 1940, lorsque le lieu était criblé d’obus, mais les gens du coin sont revenus et ont dit: ‘On repart'” sourit Julie Delille.- “Magique” -La troupe du Théâtre du Peuple se renouvelle tous les ans. Elle est composée de deux tiers d’acteurs amateurs.Igor Igrok est l’un d’eux: habitant près de Metz, ce Lorrain de 60 ans a encore “un souvenir très vif en 77-78 d’avoir vu Roméo et Juliette ici” lorsqu’il était adolescent. “C’est un lieu extraordinaire, ne serait-ce que déjà par cette ouverture vers la nature à l’arrière” de la scène, sourit-il. “Je suis allé dans plusieurs salles, je n’ai jamais eu cette émotion (…) c’est quand même un lieu magique”.Le feuilleton théâtral mais aussi d’autres événements comme les journées du matrimoine en septembre doivent rappeler la place qu’ont joué les femmes dans l’histoire du théâtre, sous l’impulsion de Julie Delille, première femme à diriger l’institution classée monument historique depuis 1976.L’été dernier, 28.000 spectateurs ont rempli les 850 places de ce lieu pas comme les autres, où “l’architecture, l’ambiance, le fait qu’il y ait un avant et un après” les représentations charme beaucoup, comme le souligne Marie, une retraitée vosgienne qui n’a pas donné son patronyme et y vient tous les ans.Il est aussi question de réfléchir à la société actuelle: un tel projet pourrait-il sortir de terre en 2025?”Ce nom est magnifique, Théâtre du Peuple. Il porte en lui un projet, une utopie dont on peut considérer qu’elle ne devrait plus être une utopie”, estime le metteur en scène Sylvain Maurice. “On ne travaille pas pour une élite.”

Ultime opération sauvetage pour le “conclave” des retraites

Pour éviter l’échec après presque quatre mois de concertation, le “conclave” des retraites initié par François Bayrou se donne une journée de plus, le 23 juin, mais les partenaires sociaux doutent de l’intérêt de jouer les prolongations. L’opposition de gauche demande des comptes au Premier ministre. La fin de partie a-t-elle déjà été sifflée? La ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet a redit mercredi sur Franceinfo sa “confiance” dans la capacité des participants à trouver “les compromis nécessaires”. Mais le patron du Medef Patrick Martin s’est dit plus tôt sur France 2 “très réservé” sur la présence de l’organisation patronale à l’ultime réunion du “conclave”, même s’il doit encore “consulter ses instances”.”Nous n’étions pas demandeurs que cette réforme soit réexaminée. A bas bruit, certains sont en train de la détricoter. Or, notre pays a besoin de travailler plus”, a-t-il estimé s’opposant à des propositions syndicales qui vont “dans le sens d’une altération du financement de nos retraites”.”Si le patronat ne vient pas le 23, on saura qui a mis fin aux négociations et ce ne sera pas nous!”, a commenté auprès de l’AFP Cyril Chabanier, patron de la CFTC, qui assène encore: “quand Patrick Martin dit ce matin +on ne bougera pas+, c’est sûr qu’une dernière réunion ne servira à rien”.La CFE-CGC va également “rester jusqu’au bout”, selon son président François Hommeril sur BFM Business mercredi, car dans le “format” du “conclave”, ce n’est pas “le Medef qui tient la plume et le Medef couine un peu parce qu’il n’a pas l’habitude”. Mais Christelle Thieffinne, négociatrice de ce syndicat, est “pessimiste” pour un accord.- “Lignes écarlates” – La CPME (patronat des petites et moyennes entreprises) devrait revenir lundi à la table des négociations, mais avec des “lignes rouges, voire écarlates”, a prévenu Eric Chevée, son représentant, à l’issue de la longue journée de mardi, date-butoir initiale, conclue dans la nuit sans accord.”Dans la dernière ligne droite, tout ce qui a été impossible dans la journée – nous avons flirté avec l’échec – a été en partie ouvert”, grâce à Jean-Jacques Marette, médiateur expérimenté dans les négociations entre patronat et syndicat, a résumé Yvan Ricordeau, négociateur de la CFDT.Parmi toutes les propositions retenues par Jean-Jacques Marette pour dégager un accord, les mesures en faveur des femmes semblent les plus consensuelles, selon les participants.Les femmes qui ont eu des enfants verraient leur retraite calculée sur les 24 meilleures années (1 enfant), ou 23 meilleures années (2 enfants), d’après les indications fournies par les participants. Sur la pénibilité, les termes de l’accord semblent plus confus. Pour répondre à une demande insistante de la CFDT, le patronat accepterait l’instauration d’un compte pénibilité — prenant en considération les manutentions manuelles de charge, les postures pénibles et les vibrations mécaniques — qui pourrait ouvrir, dans certains cas, à un départ anticipé en retraite.  Sur l’âge de départ sans décote, l’accord se ferait autour d’un âge abaissé à 66 ans et demi contre 67 ans. L’âge de départ sans décote est l’âge auquel il est possible de partir sans pénalité, même si l’on n’a pas cotisé le nombre de trimestres exigés (172). Il semble acquis que le dispositif des carrières longues soit alors restreint et ne puisse plus bénéficier aux personnes ayant travaillé avant l’âge de 21 ans.- CSG, retraités -Pour parvenir à l’équilibre financier en 2030, la CSG serait augmentée pour les retraités aux revenus moyens ou supérieurs, et les retraites pourraient être sous-indexées de 0,8 point par rapport à l’inflation en 2026, et 0,4 point en 2027.La prime seniors, évoquée en début de semaine par François Bayrou, serait elle enterrée.La réussite ou non de ce “conclave” est un instant de vérité pour M. Bayrou, qui avait lancé ce nouveau format de discussions après un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement.”A partir du moment où ce conclave n’aboutit pas sur l’abrogation de la réforme des retraites, nous déposerons une motion de censure”, a promis Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, mercredi sur RTL même si LFI aura besoin de l’appui d’autres groupes à gauche pour pouvoir techniquement la déposer.”Il faut qu’on mette cette question des retraites derrière, ça fait depuis deux ans qu’on ne parle que de ça”, a plaidé Astrid Panosyan-Bouvet.  L’idée de ce conclave était principalement de rendre moins impopulaire la réforme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 à 64 ans le départ à la retraite. Tout en visant l’équilibre financier, alors que le déficit du système est annoncé à 6,6 milliards d’euros en 2030.pgr-lby-grd-bat/alu/clc

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Déchets toxiques: l’Alsace fera appel contre le confinement à Stocamine

La Collectivité européenne d’Alsace (CEA) a annoncé mercredi qu’elle interjetterait appel du jugement autorisant le confinement définitif de déchets toxiques sur le site de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin), inquiète d’une “menace environnementale et sanitaire grave”.Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté mardi les requêtes de la CEA (née de la fusion des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin), d’associations et de riverains, qui contestaient l’autorisation de confinement illimitée donnée par l’Etat.Le tribunal a jugé que le déstockage des 42.000 tonnes de déchets (cyanure, arsenic, mercure…) entreposés dans cette ancienne mine de potasse, option défendue par les requérants, n’était plus réalisable en toute sécurité notamment en raison de la dégradation des infrastructures.Dans un communiqué, la CEA “regrette ce jugement qui acte un abandon silencieux de la responsabilité publique, à commencer par celle de l’Etat, face à une menace environnementale et sanitaire grave, tant pour l’Alsace que pour le bassin rhénan”.Elle déplore “qu’aucune évaluation sérieuse n’a été faite sur la possibilité d’un déstockage partiel, progressif” des déchets.”Le tribunal choisit également d’ignorer l’opposition massive du public, pourtant exprimée de manière claire: 98% (1.571 contributions) d’avis négatifs lors de l’enquête publique, positions fermes des collectivités territoriales, alertes des autorités allemandes et experts suisses”, souligne la collectivité.Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature, qui se bat depuis des années pour le déstockage de ces déchets toxiques, a aussi exprimé sa “déception” mardi après le jugement du tribunal administratif. Il a indiqué à l’AFP que l’association “ne s’interdit absolument aucune procédure légale pour faire revenir l’État à la raison dans ce dossier”. 

Déchets toxiques: l’Alsace fera appel contre le confinement à Stocamine

La Collectivité européenne d’Alsace (CEA) a annoncé mercredi qu’elle interjetterait appel du jugement autorisant le confinement définitif de déchets toxiques sur le site de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin), inquiète d’une “menace environnementale et sanitaire grave”.Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté mardi les requêtes de la CEA (née de la fusion des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin), d’associations et de riverains, qui contestaient l’autorisation de confinement illimitée donnée par l’Etat.Le tribunal a jugé que le déstockage des 42.000 tonnes de déchets (cyanure, arsenic, mercure…) entreposés dans cette ancienne mine de potasse, option défendue par les requérants, n’était plus réalisable en toute sécurité notamment en raison de la dégradation des infrastructures.Dans un communiqué, la CEA “regrette ce jugement qui acte un abandon silencieux de la responsabilité publique, à commencer par celle de l’Etat, face à une menace environnementale et sanitaire grave, tant pour l’Alsace que pour le bassin rhénan”.Elle déplore “qu’aucune évaluation sérieuse n’a été faite sur la possibilité d’un déstockage partiel, progressif” des déchets.”Le tribunal choisit également d’ignorer l’opposition massive du public, pourtant exprimée de manière claire: 98% (1.571 contributions) d’avis négatifs lors de l’enquête publique, positions fermes des collectivités territoriales, alertes des autorités allemandes et experts suisses”, souligne la collectivité.Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature, qui se bat depuis des années pour le déstockage de ces déchets toxiques, a aussi exprimé sa “déception” mardi après le jugement du tribunal administratif. Il a indiqué à l’AFP que l’association “ne s’interdit absolument aucune procédure légale pour faire revenir l’État à la raison dans ce dossier”. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Au Brésil, un refuge pour pumas menacés par l’expansion urbaine

La chair à vif après avoir souffert une profonde entaille à la hanche, un puma, anesthésié sur un brancard, se fait soigner par des vétérinaires de l’association brésilienne Mata Ciliar.Ce mâle de cinq ans a été baptisé Barreiro, du nom du quartier où il a été retrouvé, dans un piège fabriqué avec un câble en acier.Le félin a été secouru par l’ONG, qui gère un refuge pour animaux sauvages à Jundiai, ville située à 90 km de Sao Paulo. “En raison de l’avancée de l’urbanisation sur son habitat naturel, quand le puma se déplace, il se perd entre les routes, les lotissements fermés ou autres interventions humaines”, explique à l’AFP Jorge Bellix, président de Mata Ciliar, qui a déjà soigné 32.000 animaux en près de 30 ans d’existence. “Si ça continue, nous assisterons malheureusement à l’extinction de plusieurs espèces en quelques années”, alerte-t-il. Le Brésil compte la plus grande diversité de félins sauvages au monde, avec neuf espèces répertoriées. Toutes, sont menacées d’extinction à cause de l’action humaine, notamment en raison de l’expansion urbaine effrénée.À quelques dizaines de kilomètres de Sao Paulo, la plus grande mégalopole d’Amérique Latine, les pumas voient l’homme se rapprocher de plus en plus de leur habitat naturel, la Mata Atlantica (forêt atlantique), biome où la faune brésilienne est la plus menacée.Ils sont ainsi exposés au risque d’être écrasés sur la route, électrocutés, empoisonnés, pris dans des pièges ou ciblés par des balles de braconniers.- “Situation critique” -Le long de l’autoroute qui mène vers le refuge à Jundiai, les lotissements et centre commerciaux poussent comme des champignons, comme autant de taches grises au milieu du vert émeraude de la forêt.Au total, 25 pumas et 10 jaguars sont soignés actuellement dans le refuge de l’ONG Mata Ciliar, vaste comme 40 terrains de football, où sont également accueillis des singes ou des loups à crinière.Les jaguars sont rares dans la Mata Atlantica, mais ils sont souvent victimes de trafic d’animaux et sont retirés de la jungle d’Amazonie (nord) ou des zones humides du Pantanal (centre-ouest) pour être amenés dans l’Etat de Sao Paulo (sud-est), le plus riche du pays.Parfois baptisée “jungle de pierre”, Sao Paulo est une mégalopole pleine de gratte-ciels où vivent 12 millions d’habitants, 21 millions si l’on compte toute la zone métropolitaine.Mais à quelques kilomètres de là, on trouve de vastes zones rurales, avec les denses forêts de la Mata Atlantica et des collines.Quand l’homme envahit le territoire du puma, affectant la chaîne alimentaire, le félin doit se déplacer pour survivre. C’est ainsi que Barreiro est tombé dans un piège. “Nous l’avons retrouvé dans un état terrible”, raconte la vétérinaire Cristiana Harumi, qui a participé au sauvetage.Au refuge, elle suture la large plaie ouverte au moment où le puma tentait de s’échapper du piège.”La situation est critique: les animaux de Sao Paulo sont en train de perdre la guerre contre l’urbanisation”, déplore la vétérinaire, qui espère que Barreiro pourra retrouver son milieu naturel dans trois mois.Le puma étant au sommet de la chaîne alimentaire, il est considéré comme un “bio-indicateur”: sa disparition serait un signe inquiétant du degré de dégradation de l’environnement.

Airbags Takata: Citroën rappelle toutes les C3 et DS3 en Europe après un nouvel accident mortel

Les airbags défaillants du fabricant Takata ont fait une deuxième victime en France métropolitaine, conduisant le constructeur automobile Citroën à demander mardi l’immobilisation immédiate de toutes les C3 et DS3 en Europe encore équipées de ce type d’équipement dangereux.La responsabilité des airbags Takata a été confirmée dans la mort d’une femme de 37 ans dans un accident sur l’autoroute le 11 juin à Reims. L’explosion de l’airbag dans sa Citroën C3 de 2014 a provoqué “de très graves blessures” ayant entraîné sa mort, a indiqué mardi le procureur de Reims François Schneider.Mardi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a demandé l’immobilisation de toutes les Citroën C3 et DS3, afin de changer leurs airbags. Jusqu’à présent, certains conducteurs avaient été invités à faire remplacer leurs airbags, mais pas à cesser d’utiliser leurs véhicules.Citroën a réagi en fin de journée en demandant par la voie de son directeur Xavier Chardon auprès de l’AFP un rappel, appelé “stop drive”, dans toute l’Europe “compte tenu du contexte”. Cela signifie une immobilisation immédiate de toutes les voitures de modèle C3 et DS3, quelle que soit leur année de production, suivie d’une réparation.441.000 voitures Citroën C3 et DS3 fabriquées jusqu’en 2019 sont concernées en Europe, dont 82.000 en France, en plus de celles qui avaient déjà été immobilisées.”Il est important que les clients prennent contact avec nous”, a déclaré M. Chardon.”On ne fuit pas nos responsabilités. Les véhicules ont été rappelés, on va un cran plus loin avec un +stop drive+”, a-t-il ajouté en disant s’engager “personnellement à ce qu’il n’y ait plus un seul airbag Takata dans les Citroën”.Le groupe a précisé avoir envoyé le 20 mai une lettre recommandée à la future victime. Mais l’adresse issue du fichier des cartes grises était incorrecte et la lettre avait été renvoyée à l’expéditeur.- Scandale mondial -Depuis 2014, le scandale industriel des airbags défectueux de marque japonaise Takata secoue le secteur de l’automobile mondiale et a causé plusieurs décès.A cause d’un gaz qui vieillit mal, ces équipements de sécurité censés protéger les passagers en cas de choc, peuvent exploser, notamment dans les climats chauds et humides, en projetant des pièces au visage des conducteurs.De nombreux constructeurs ont dû immobiliser des millions de véhicules à travers le monde, afin de remplacer les airbags défectueux.L’accident de Reims est le deuxième accident mortel en métropole lié à ce sujet, a confirmé mardi le ministère des Transports. Le ministère des Transports a recensé au total 18 décès et 25 personnes blessées sur l’ensemble du territoire français, dont 16 décès et 24 personnes blessées dans les Outre-mer.En France, Citroën avait lancé une immobilisation de quelque 236.900 modèles C3 et DS3 dans le nord du pays début 2025, après une première campagne au printemps 2024 dans le sud de l’Europe pour certains modèles. La mesure ne concernait pas jusqu’à présent les voitures fabriquées après 2013.Après des débuts chaotiques, notamment faute d’airbags en nombre suffisant, les rendez-vous de remplacement se sont enchaînés en concessions.Pour les modèles fabriqués à partir de 2014, un rappel en concession par lettre simple, sans “stop drive”, avait été lancé au mois de mai 2025. “Nos analyses ne montraient pas de risque de dégradation au-delà de 2013″, a précisé un porte-parole de Stellantis.Près d’un tiers des véhicules doivent encore être réparés: sur plus de 690.000 Citroën C3 et DS3 équipées de ces airbags défaillants en France, 481.000 ont été traités, a indiqué Stellantis, soit 69,7% des véhicules concernés.”Cet accident pose notamment la question des analyses de risques réalisées par le constructeur”, a estimé le ministère dans un communiqué.Pour l’association UFC-Que choisir, “ce nouveau décès est inacceptable et aurait été évité si les mesures nécessaires avaient été mises en place par Stellantis”. Elle a porté plainte et demandé la création d’une commission d’enquête “afin que les dysfonctionnements soient identifiés et que les responsabilités soient pleinement établies”, a-t-elle déclaré à l’AFP.Le parquet de Reims a ouvert une enquête pour homicide involontaire puis s’est dessaisi au profit du parquet de Paris qui regroupe les procédures dans le dossier Takata au niveau national.zl-tsz-sr-im/ak/ktr/nth

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Bali: une trentaine de vols annulés après l’éruption d’un volcan

Au moins une trentaine de vols à destination et au départ de Bali, en Indonésie, ont été annulés après l’éruption d’un volcan situé à quelques centaines de kilomètres plus à l’est, ont annoncé mercredi l’aéroport international de l’île et les autorités.Selon le ministère indonésien des transports, quelque 14.000 passagers ont été affectés par les annulations de vols ou les retards, sans donner plus de précisions.Le mont Lewotobi Laki-Laki, un volcan à deux sommets situé sur l’île touristique de Florès, a projeté mardi une énorme colonne de cendres dans le ciel, selon les autorités, qui ont élevé le niveau d’alerte à son maximum.Les compagnies aériennes Jetstar et Virgin Australia ont annulé leurs vols à destination de villes australiennes. Air India, Air New Zealand, TigerAir (Singapour) et Juneyao Airlines (Chine) ont également suspendu des liaisons “en raison du volcan”, peut-on lire sur le site internet de l’aéroport international de Bali.”En raison de l’activité volcanique du Lewotobi Laki-Laki (…) plusieurs vols à l’aéroport I Gusti Ngurah Rai sont annulés”, a déclaré dans un communiqué transmis à l’AFP Angkasa Pura Indonesia, l’exploitant de l’aéroport de Bali.Au total, 32 vols intérieurs ou internationaux, à destination ou au départ de Bali, ont été annulés, a précisé l’aéroport.La compagnie Jetstar a confirmé les annulations à destination et en provenance de Bali dans un communiqué sur son site internet, ajoutant que certains vols de l’après-midi seraient retardés jusqu’à ce que les cendres soient dissipées.”Selon les prévisions, le nuage de cendres devrait se dissiper plus tard dans la soirée (mercredi, NDLR). Par conséquent, les vols prévus cet après-midi seront reportés plus tard dans la soirée”, a indiqué la compagnie australienne à bas coût, filiale de Qantas et basée à Singapour.L’aéroport de Bali “fonctionne toujours normalement”, mais “cela dépend de l’itinéraire et de la compagnie aérienne”, a déclaré à l’AFP un agent du service clientèle, qui ne souhaitait pas donner son identité.Plusieurs vols intérieurs de la compagnie AirAsia à destination de l’aéroport de Labuan Bajo, sur l’île de Florès, ont également été annulés.L’aéroport Fransiskus Xaverius Seda, un aéroport plus petit situé à Maumere sur l’île de Florès, plus proche du volcan, a lui été fermé jusqu’à jeudi matin, ont déclaré les autorités locales sur les réseaux sociaux. Deux autres aéroports locaux situés sur la même île de Florès ont également été fermés temporairement mercredi, a annoncé le ministère indonésien des Transports.- Nouvelles secousses et éruptions -Mardi, il n’a été fait état d’aucun dégât ni aucune victime.Le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB), Abdul Muhari, a néanmoins indiqué dans un communiqué mardi soir qu’au moins un village a dû être évacué et que des pluies de cendres ont été signalées dans plusieurs villages hors de la zone d’exclusion.M. Muhari a annoncé mercredi que des secousses et des éruptions étaient toujours détectées mercredi matin.”Au moins 450 familles des villages touchés (…) se sont installées dans des logements temporaires équipés d’électricité et d’eau potable”, a-t-il ajouté.L’agence géologique indonésienne a recommandé aux habitants et aux touristes d’éviter toute activité dans un rayon d’au moins sept kilomètres autour du cratère du volcan pour éviter des pluies de cendre.En novembre, le Lewotobi Laki-Laki était entré en éruption à plusieurs reprises, faisant neuf morts, forçant des milliers de personnes à évacuer et provoquant l’annulation de nombreux vols internationaux vers Bali.Laki-Laki, qui signifie “homme” en indonésien et haut de 1.584 mètres, est accolé à un autre volcan plus calme mais plus grand, de 1.703 mètres, le Perempuan, ce qui signifie “femme”.L’Indonésie, un vaste archipel, connaît une activité sismique et volcanique fréquente en raison de sa position sur le “Cercle de feu” du Pacifique.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Japon: trois morts et plus de 220 personnes soignées à cause de la chaleur

Le Japon est touché depuis le début de la semaine par de fortes chaleurs, qui ont fait au moins 3 morts, avec des dizaines de personnes qui ont dû être prises en charge, ont indiqué mercredi les autorités locales.Quatorze villes ont enregistré des températures record pour un mois de juin, et le mercure a ainsi grimpé jusqu’à 34,4 degrés dans le centre de Tokyo, selon l’Agence météorologique japonaise (JMA).Au moins trois décès en lien avec les fortes températures ont été signalés par les autorités locales dans plusieurs régions, où des alertes “canicule” ont été émises.Mercredi, au moins 57 personnes ont reçu des soins d’urgence à Tokyo à cause de la chaleur, s’ajoutant aux 169 cas enregistrés mardi.La plupart des habitants de la capitale se sont adaptés à la chaleur, comme Junko Kobayashi, 73 ans, qui a montré à l’AFP son foulard rafraîchissant.”Je le trempe dans l’eau, puis je le noue autour de mon cou. C’est très rafraîchissant. Et j’utilise aussi un parapluie. Il bloque la lumière et la chaleur, donc on se sent plus au frais”, a-t-elle expliqué.Les autorités recommandent à la population, notamment aux personnes âgées, de ne pas sortir et de s’hydrater.”Pas besoin d’avaler de grandes quantités d’eau, juste quelques gorgées de temps en temps. C’est important de d’y penser”, a confié Naoki Ito, 80 ans.Chaque été, les autorités japonaises appellent la population – en particulier les seniors – à se protéger en restant dans des espaces climatisés.Les personnes âgées ont représenté plus de 80% des décès liés à la chaleur au cours des cinq dernières années, alors que l’été dernier a été le plus chaud enregistré dans l’archipel.Le pays connaît par ailleurs un afflux record de touristes, avec une hausse de 21% des visiteurs étrangers en mai par rapport à l’année précédente.”Il fait vraiment une chaleur de plomb”, a déclaré Jack Budd, un touriste australien de 31 ans, qui tente de trouver de l’ombre autant que possible avec son compagnon de voyage.”Même le vent est chaude, donc à moins d’entrer à l’intérieur, il est difficile d’y échapper”, a-t-il ajouté.