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Ecrasée de chaleur, la France fête la musique

Une France écrasée de chaleur fête la musique, comme chaque 21 juin, avec des milliers de concerts amateurs et professionnels, dont un grand rendez-vous au pied de la vasque olympique, de retour à Paris.La vague de chaleur qui culmine sur l’ensemble de l’Hexagone, surtout dans l’ouest du pays, a déjà eu raison de certains évènements, annulés par mesure de précaution.C’est le cas à Brive, où la municipalité a annoncé l’annulation de certains concerts, comme à Tours, où un concert choral qui devait avoir lieu à 17H00 dans la cour du Palais de justice a été annulé, Météo-France prévoyant 36°C en fin d’après-midi.Dès le matin, le ministre de la Santé Yannick Neuder a appelé les Français, et notamment ceux qui souhaitent participer à la Fête de la musique, à s’hydrater et à modérer leur consommation d’alcool.”Ce soir, il y aura la fête de la musique, il faut modérer ses consommations d’alcool, particulièrement quand il fait chaud”, a-t-il déclaré lors d’un déplacement à l’Hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne).- “Sauver l’amour” -Musiques traditionnelles, rap, techno, classique… Cette année encore, pour la 44e édition, tous les genres sont à l’honneur, dans les bars, rues, parcs et jardins aux quatre coins du pays.Présenté comme le point d’orgue, un concert gratuit est organisé dans les jardins du Louvre, où la vasque olympique s’élèvera dans le ciel sur une version inédite d’un tube de Daniel Balavoine.Quarante ans après sa sortie, “Sauver l’amour”, signé d’une des figures de la chanson française, s’apprête à renaître dans une version électro concoctée par le compositeur Victor le Masne, directeur musical des cérémonies des Jeux de Paris en 2024.Cette chanson, destinée également aux plateformes de streaming, doit accompagner la première élévation de la vasque à 22H11, prévue chaque soir jusqu’au 14 septembre aux Tuileries.Le concert, qui démarrera à 21H00, réunit 21 artistes dont Abd al Malik, Alex Montembault (“Starmania”), Bernard Lavilliers, Jeanne Added, Kalash, le groupe La Femme ou encore les jeunes talents Solann, Max Baby et Marine, gagnante de la dernière saison de la Star Academy. La programmation inclut aussi des artistes à l’écho international, comme la chanteuse Camille, oscarisée avec son partenaire Clément Ducol pour la musique du film “Emilia Perez” de Jacques Audiard, Christine and The Queens, projet artistique de Rahim Redcar qui a séduit le public américain, ou le trio de DJs Major Lazer, avec leur carton planétaire “Lean on”.Environ 35.000 spectateurs sont attendus à l’évènement, diffusé sur France 2.- “On arrive” -Au-delà de ce concert, cette année, la Fête de la musique semble susciter un engouement particulier sur les réseaux sociaux auprès des touristes internationaux, notamment britanniques. Nombre d’entre eux expliquent dans des vidéos sur la plateforme TikTok vouloir se rendre à Paris pour l’évènement, perçu comme “the place to be”. “Que ça vous plaise ou non, on arrive”, s’exclame ainsi l’influenceur britannique aux 161.000 abonnés Andrew Ola.Outre la chaleur, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a demandé aux préfets, dans tout le pays, de maintenir “une extrême vigilance”, en raison du “niveau très élevé de la menace terroriste” et des risques de débordements.La Fête de la musique et le concert au Louvre viennent clore la première France Music Week, semaine internationale de promotion de la filière musicale française.De son côté, le président de la République Emmanuel Macron s’est dit favorable à une candidature de la French Touch, qui réunit les grands noms de la musique électro française, à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, dans un entretien à la radio musicale FG, qui sera diffusé lundi.

Fête de la musique: une playlist des pompiers pour “sauver des vies”

Des morceaux calés entre 100 et 120 battements par minute: les Pompiers de France lancent une playlist susceptible de “sauver des vies”, a annoncé la Fédération nationale des sapeurs-pompiers samedi, jour de la Fête de la musique.Intitulée “Les Tubes pour Survivre” et mise en ligne sur la plateforme de streaming Spotify, la playlist est “composée de morceaux calés entre 100 et 120 battements par minute (BPM), le rythme idéal pour effectuer un massage cardiaque efficace”, selon un communiqué de la Fédération.De Stayin’ Alive des Bee Gees à I Will Survive de Gloria Gaynor, en passant par Another One Bites the Dust de Queen et I’m Alive de Céline Dion, la playlist propose près d’une vingtaine de “titres populaires qui donnent le bon tempo… pour sauver une vie”.Pourquoi cette initiative ? “Parce qu’en cas d’arrêt cardiaque, chaque seconde compte”, rappellent les Pompiers.”En France, les secours mettent en moyenne 12 minutes à arriver. Mais les 3 premières minutes sont vitales. En attendant les secours, un massage cardiaque immédiat peut doubler, voire tripler les chances de survie”, soulignent-ils.”Avec cette playlist, les sapeurs-pompiers entendent toucher un large public et rappeler que la musique peut aussi être un allié de la prévention”, explique le communiqué, ajoutant que “former le plus grand nombre aux gestes qui sauvent est un enjeu de santé publique”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La vague de chaleur à son zénith, les autorités appellent à la prudence

Les autorités ont renouvelé leurs appels à la prudence pour affronter la vague de chaleur qui culmine samedi sur l’ensemble de la France, avec encore 16 départements placés en vigilance orange “canicule”, surtout dans l’ouest du pays où les températures pourraient localement atteindre 39°C.Si la Manche et les départements bretons retrouveront un peu de fraîcheur à partir de samedi soir, onze départements allant de la Mayenne aux deux Charentes, ainsi que le Rhône et l’Isère, resteront placés en vigilance orange toute la journée de dimanche, précise l’organisme de prévisions météorologiques.Vendredi, les 38°C ont été atteints à Saintes en Charente-Maritime, ou à Fontenay en Vendée.À Ussel en Corrèze, un enfant d’un peu plus d’un an, laissé dans une voiture stationnée au soleil, a dû être hospitalisé dans un état grave. Le parquet a ouvert une enquête.Dans ce contextee, le ministre de la Santé Yannick Neuder a insisté sur “les règles essentielles: ne pas s’exposer à la chaleur, particulièrement entre 11h du matin et 16h (…) se couvrir, mettre des chapeaux, des casquettes, de la crème”.Il a aussi appelé les Français à s’hydrater et à modérer leur consommation d’alcool, notamment dans le cadre de la fête de la musique. Un conseil appliqué à la lettre par Christophe Pittet, qui participe au festival “Bordeaux fête le vin” organisé sur les quais de la Garonne, où il faisait 34°C vers 13h00. “On s’adapte à la chaleur, et puis on essaie de boire de l’eau de temps en temps. Parce que si on mélange le rouge avec la chaleur, je pense qu’on risque de tomber par terre”, a-t-il déclaré à l’AFP.La ministre chargée du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a de son côté souligné sur X l’importance d’adapter les conditions de travail à ces fortes chaleurs, rappelant leurs obligations aux employeurs.”Les travailleurs exposés sont en première ligne. Les employeurs ont la responsabilité de garantir leur sécurité. Si les nouvelles obligations de prévention prévues par le décret du 27 mai n’entrent en vigueur qu’au 1er juillet, le Code du travail vous invite déjà à agir sans attendre”, écrit la ministre.Selon Yannick Neuder, près de 3.700 décès liés à la canicule ont été recensés l’an dernier. – Parcs ouverts la nuit -Plusieurs villes ont décidé de laisser ouverts des parcs et jardins toute la nuit jusqu’à la fin de cet épisode précoce de chaleur pour permettre aux habitants de se rafraîchir, à l’instar de Tours ou de Rennes.Une initiative qui a réjoui Michel Merejkowsky, 73 ans, libraire à la retraite, au jardin des Prébendes, au coeur de Tours. “Il faut penser aux gens qui sont logés sans confort, sans climatisation, dans des habitats pas du tout climatisés”, dit le septuagénaire.”Ca fait du bien avec la verdure”, confirme Valentin, voisin du parc qui dans la journée “se calfeutre” pour échapper à la chaleur.A Toulouse, la mairie a étendu les horaires de la piscine Nakache, un grand bassin ludique situé non loin du centre historique.Samedi, premier jour d’été, “les températures maximales dépassent souvent les 35°C sur les départements en vigilance orange, et grimpent jusqu’à 37/38 °C voire 39°C sur l’ouest du pays”, prévient Météo-France.Plus d’une soixantaine d’autres départements ont été placés en vigilance jaune canicule.Cette vague de chaleur va s’évacuer progressivement en commençant par les côtes de la Manche dans la soirée mais “l’est du pays et notamment l’Isère et le Rhône restent encore sous des conditions de canicule dimanche”, avertit Météo-France.- Risques d’incendie -La chaleur renforce les risques de feux de forêt et un certain nombre de préfectures ont pris des décrets pour limiter la circulation dans les zones boisées, comme dans la Sarthe ou la Loire-Atlantique.Dans la Vienne, la préfecture a interdit l’usage des feux d’artifice en ce week-end festif “pour prévenir tout risque d’incendie” avec une végétation très sèche.Plusieurs départements ont aussi émis des alertes concernant la pollution à l’ozone samedi, notamment en Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Occitanie, avec parfois des limitations de vitesse, comme dans le Morbihan, le Rhône ou l’Isère.EDF anticipe pour sa part de possibles baisses de production sur le site de la centrale nucléaire de Bugey (Ain) la semaine prochaine, en raison des températures élevées du Rhône, qui refroidit l’installation.C’est la 50e vague de chaleur recensée par Météo-France depuis 1947, et parmi l’une des plus précoces.”Vingt-cinq ont été observés entre 1947 et 2010″ et “25 déjà entre 2011 et 2025”, ce qui “montre bien l’accélération” de la fréquence sur fond de réchauffement climatique, relève Lauriane Batté, climatologue de Météo-France.burs-ban/rhl

La vague de chaleur à son zénith, les autorités appellent à la prudence

Les autorités ont renouvelé leurs appels à la prudence pour affronter la vague de chaleur qui culmine samedi sur l’ensemble de la France, avec encore 16 départements placés en vigilance orange “canicule”, surtout dans l’ouest du pays où les températures pourraient localement atteindre 39°C.Si la Manche et les départements bretons retrouveront un peu de fraîcheur à partir de samedi soir, onze départements allant de la Mayenne aux deux Charentes, ainsi que le Rhône et l’Isère, resteront placés en vigilance orange toute la journée de dimanche, précise l’organisme de prévisions météorologiques.Vendredi, les 38°C ont été atteints à Saintes en Charente-Maritime, ou à Fontenay en Vendée.À Ussel en Corrèze, un enfant d’un peu plus d’un an, laissé dans une voiture stationnée au soleil, a dû être hospitalisé dans un état grave. Le parquet a ouvert une enquête.Dans ce contextee, le ministre de la Santé Yannick Neuder a insisté sur “les règles essentielles: ne pas s’exposer à la chaleur, particulièrement entre 11h du matin et 16h (…) se couvrir, mettre des chapeaux, des casquettes, de la crème”.Il a aussi appelé les Français à s’hydrater et à modérer leur consommation d’alcool, notamment dans le cadre de la fête de la musique. Un conseil appliqué à la lettre par Christophe Pittet, qui participe au festival “Bordeaux fête le vin” organisé sur les quais de la Garonne, où il faisait 34°C vers 13h00. “On s’adapte à la chaleur, et puis on essaie de boire de l’eau de temps en temps. Parce que si on mélange le rouge avec la chaleur, je pense qu’on risque de tomber par terre”, a-t-il déclaré à l’AFP.La ministre chargée du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a de son côté souligné sur X l’importance d’adapter les conditions de travail à ces fortes chaleurs, rappelant leurs obligations aux employeurs.”Les travailleurs exposés sont en première ligne. Les employeurs ont la responsabilité de garantir leur sécurité. Si les nouvelles obligations de prévention prévues par le décret du 27 mai n’entrent en vigueur qu’au 1er juillet, le Code du travail vous invite déjà à agir sans attendre”, écrit la ministre.Selon Yannick Neuder, près de 3.700 décès liés à la canicule ont été recensés l’an dernier. – Parcs ouverts la nuit -Plusieurs villes ont décidé de laisser ouverts des parcs et jardins toute la nuit jusqu’à la fin de cet épisode précoce de chaleur pour permettre aux habitants de se rafraîchir, à l’instar de Tours ou de Rennes.Une initiative qui a réjoui Michel Merejkowsky, 73 ans, libraire à la retraite, au jardin des Prébendes, au coeur de Tours. “Il faut penser aux gens qui sont logés sans confort, sans climatisation, dans des habitats pas du tout climatisés”, dit le septuagénaire.”Ca fait du bien avec la verdure”, confirme Valentin, voisin du parc qui dans la journée “se calfeutre” pour échapper à la chaleur.A Toulouse, la mairie a étendu les horaires de la piscine Nakache, un grand bassin ludique situé non loin du centre historique.Samedi, premier jour d’été, “les températures maximales dépassent souvent les 35°C sur les départements en vigilance orange, et grimpent jusqu’à 37/38 °C voire 39°C sur l’ouest du pays”, prévient Météo-France.Plus d’une soixantaine d’autres départements ont été placés en vigilance jaune canicule.Cette vague de chaleur va s’évacuer progressivement en commençant par les côtes de la Manche dans la soirée mais “l’est du pays et notamment l’Isère et le Rhône restent encore sous des conditions de canicule dimanche”, avertit Météo-France.- Risques d’incendie -La chaleur renforce les risques de feux de forêt et un certain nombre de préfectures ont pris des décrets pour limiter la circulation dans les zones boisées, comme dans la Sarthe ou la Loire-Atlantique.Dans la Vienne, la préfecture a interdit l’usage des feux d’artifice en ce week-end festif “pour prévenir tout risque d’incendie” avec une végétation très sèche.Plusieurs départements ont aussi émis des alertes concernant la pollution à l’ozone samedi, notamment en Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Occitanie, avec parfois des limitations de vitesse, comme dans le Morbihan, le Rhône ou l’Isère.EDF anticipe pour sa part de possibles baisses de production sur le site de la centrale nucléaire de Bugey (Ain) la semaine prochaine, en raison des températures élevées du Rhône, qui refroidit l’installation.C’est la 50e vague de chaleur recensée par Météo-France depuis 1947, et parmi l’une des plus précoces.”Vingt-cinq ont été observés entre 1947 et 2010″ et “25 déjà entre 2011 et 2025”, ce qui “montre bien l’accélération” de la fréquence sur fond de réchauffement climatique, relève Lauriane Batté, climatologue de Météo-France.burs-ban/rhl

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En Irak frappé par la sécheresse, un barrage vide aux trois quarts

Entre mauvaises pluies et barrages érigés en amont chez le voisin iranien, le barrage de Dukan dans le nord de l’Irak est vide aux trois quarts, synonyme de rationnement d’eau pour des millions d’habitants touchés par la sécheresse.Près de l’immense lac artificiel aménagé dans les années 1950 pour servir de réservoir, la sécheresse se voit à l’oeil nu. Une terre craquelée apparaît là où, il y a un an encore, l’eau recouvrait tout.En comparant des images satellitaires de Sentinel-2 analysées par l’AFP, on constate que la surface du lac Dukan a diminué de 56% entre fin mai 2019, dernière année où il était entièrement plein, et début juin 2025.Plus grand barrage de la région autonome du Kurdistan, Dukan peut retenir sept milliards de mètres cubes d’eau. Ses réserves actuelles sont de 1,6 milliard, indique à l’AFP son directeur Kochar Jamal Taoufiq. Soit “environ 24%” de sa capacité.”Sur ces 20 ou 25 dernières années, nous n’avons jamais eu un niveau aussi bas”, reconnaît le responsable, même si dans l’histoire du barrage des pénuries similaires ont été recensées.La faute au “changement climatique” poursuit-il, citant “le manque de précipitations” et leur irrégularité: cet hiver sa région a reçu 220 mm de pluies — contre au moins 600 mm en temps normal.”Deuxième cause”: les barrages “dans le pays voisin” en amont sur la rivière du Petit Zab, qui alimente Dukan. Ce cours d’eau prend sa source en Iran également touché par la sécheresse, où des dizaines d’ouvrages ont été érigés pour retenir plus d’eau.- “Manque de pluies” -Bagdad dénonce régulièrement ces barrages construits par ses voisins turc et iranien, deux poids lourds régionaux, les accusant d’avoir considérablement réduit le débit des mythiques fleuves Tigre et Euphrate à leur arrivée en territoire irakien.Mais Dukan illustre aussi certains effets du changement climatique qui terrasse l’Irak et ses 46 millions d’habitants: hausse des températures, sécheresses successives depuis au moins cinq ans, désertification galopante.Fin mai, les réserves d’eau du pays étaient au plus bas depuis 80 ans.Niché entre les collines surplombant Dukan, le bucolique village de Sarsian se trouve près du lac et de l’embouchure du Petit Zab.Hussein Khodr travaille le sol d’un champ qu’il va planter. Son terrain faisait partie des terres immergées par les eaux de Dukan depuis 2012, dit-il.Ici, sur ces terres fertiles disponibles par intermittence, les paysans privilégient les cultures de courtes durées pour des récoltes à l’automne: concombres, melons, poids chiches, graines de tournesol ou haricots.Ces cultures estivales, écoulées sur les marchés environnants, ne suffiront pas à compenser ses pertes hivernales, regrette M. Khodr.Cet hiver, dans un autre secteur près du village, il a planté 13 hectares, principalement du blé. “La récolte a échoué à cause du manque de pluie”, reconnaît-il, indiquant avoir perdu près de 5.000 euros.”Nous n’avons pas de puits pour irriguer de vastes surfaces”, déplore-t-il. “Je ne peux pas amortir les pertes de 13 hectares avec un seul hectare près de la rivière”.- “Rationnement plus strict” -En aval, le manque d’eau à Dukan touche les quatre millions d’habitants des régions de Souleimaniyeh (dans le Kurdistan) et de Kirkouk, même pour leur eau potable.Depuis plus d’un mois, les stations d’épuration de Kirkouk, province voisine du Kurdistan, composent avec une “chute soudaine” des quantités d’eau qui leur parviennent –environ 40% en moins– reconnaît le responsable local des ressources hydriques Zaki Karim.Dans un pays ravagé par des décennies de conflits, aux infrastructures en déliquescence et aux politiques publiques défaillantes, les habitants reçoivent déjà l’eau par intermittence.Les dernières pénuries imposent “un rationnement plus strict” et des distributions d’eau plus espacées, reconnaît M. Karim.Outre le porte-à-porte pour sensibiliser contre le gaspillage, les pouvoirs publics font la chasse aux branchements illégaux sur le réseau d’eau.Dans la province d’environ deux millions d’habitants, on veut minimiser l’impact sur le chef-lieu de Kirkouk –peut-être au détriment des villages et localités les plus reculés.”Si certaines stations d’épuration connaîtront des difficultés d’approvisionnement, nous veillerons à éviter toute interruption totale, afin que chacun puisse recevoir sa part”, tempère M. Karim.burx-str-tgg/feb

La balnéothérapie, espoir d’un terme au Covid long?

Le thermalisme ne les guérira pas du Covid long mais pourrait en atténuer les symptômes. Une étude vise à déterminer les bénéfices de la balnéothérapie, un “espoir” pour une patiente “handicapée” au quotidien par cette pathologie. “À mon âge, c’est handicapant”, souffle Laura Becker, 36 ans, en peignoir au Centre thermal Saint-Eloy d’Amnéville (Moselle).Diagnostiquée Covid long en septembre, la jeune femme a été contaminée une première fois en décembre 2021, avant d’être ensuite infectée à six reprises.La dernière fois, en septembre 2024, les symptômes sont intenses, mais surtout, elle ne s’en est “jamais remise”, confie-t-elle à l’AFP. “Entre octobre et décembre, j’ai eu tous les virus qui traînaient. Je n’avais qu’un ou deux jours de répit et je retombais malade, c’était un cycle sans fin”.Alors sa médecin, puis un rhumatologue, mettent le doigt sur cette pathologie: le Covid long.Environ 6% des personnes infectées par le Covid subissent ce syndrome complexe, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé en décembre dernier. Les femmes et les personnes ayant des problèmes de santé antérieurs sont davantage touchées. Et les réinfections semblent augmenter les risques.Les scientifiques ont progressé mais pas totalement élucidé ses mécanismes.Pour déterminer si le thermalisme aide à la guérison, une étude pilote, baptisée “Covidtherm”, a été lancée il y a plusieurs années auprès de 200 patients répartis sur les centres thermaux de Vittel-Contrexéville, Nancy Thermal et Amnéville.Le promoteur de l’étude est le Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy. Elle est financée par la Région Grand Est, l’ARS du Grand Est, la métropole du Grand Nancy et le Conseil national des établissements thermaux (CNETh, organisme qui représente le secteur).Les premiers patients, comme Laura Becker, viennent d’arriver dans les établissements.- “Espoir” –  Pendant trois semaines, elle suit, un jour sur deux, un protocole bien précis, composé d’un bain hydromassant, des séances de type aquagym, un massage et une douche massante au jet d’eau, explique Simon Rudynski, médecin chargé de faire entrer les patients dans l’étude.Pour l’instant, les soins apportent de la détente à Mme Becker, qui constate aussi qu’elle “dort mieux la nuit” depuis le début de la cure, début juin.Mais la fatigue chronique persiste. “J’étais sportive, maintenant je me traîne alors que je n’ai même pas 40 ans (…) psychologiquement ce n’est pas évident”, déplore-t-elle.Le but de ces soins est “d’améliorer la qualité de vie” de ces patients, souligne le Dr Rudynski. Certains, comme Mme Becker, disent être “handicapés” dans leur quotidien pour diverses raisons: fatigue chronique, troubles de la mémoire ou essoufflement.Laura Becker entrevoit aussi de “l’espoir” de s’en sortir. Avec l’étude, les patients voient trois fois un médecin, cinq fois un kinésithérapeute coordinateur, et aussi sept fois un psychologue.- “Oreille” -Une partie des patients suit la balnéothérapie et l’autre suit le protocole habituel: kiné respiratoire et de mobilisation. L’idée est, à l’issue de l’étude, de savoir si le thermalisme a offert de meilleurs résultats que la médecine de ville, jusqu’ici recommandée par la Haute autorité de santé (HAS).Les patients “présentent des symptômes qui sont proches d’autres maladies chroniques que l’on traite très bien par la cure thermale”, comme “la fatigue, les douleurs musculaires et articulaires, les pertes d’équilibre, les difficultés à respirer durant l’effort”, cite la Pr Gisèle Kanny, investigatrice principale de l’étude.”L’environnement thermal est particulièrement propice à retrouver une forme de bien-être, de mieux-être”, estime-t-elle. Les cures thermales, proposées dans une centaine de villes en France, promettent de soigner diverses maladies grâce aux bienfaits supposés de leur eau.Elles sont souvent remboursées par la Sécurité sociale, à hauteur des deux tiers de leur montant.”Les personnes sont très contentes d’avoir une oreille, de voir qu’on leur propose quelque chose” cinq ans après le début de la pandémie, note Diane Koelbert, kinésithérapeute et responsable des soins à Amnéville.Pour Mme Becker, cela montre “qu’on s’intéresse encore à nous”, même si le Covid-19 est moins présent dans le quotidien. “Ca donne une force supplémentaire pour affronter” la maladie.

Avec sa “grotte mobile”, Adama Camara veut “sensibiliser” les jeunes à la réalité de la vie carcérale

“Il y en a qui sont superstitieux, ils n’entrent pas”, s’amuse Adama Camara en ouvrant la porte de sa “grotte mobile” sur laquelle est inscrit “55.852”, numéro d’écrou de cet ex-détenu qui a reconstitué, dans un camion, son ancienne cellule pour “sensibiliser” les jeunes à la vie en prison.”Qui a déjà vu une vidéo d’une personne en détention ?”, s’enquiert l’ancien chauffeur livreur originaire de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) auprès d’une trentaine de jeunes réunis dans la salle du club ados de Drancy (Seine-Saint-Denis). Dans le brouhaha persistant, les réactions fusent: les détenus “cuisinent”, “jouent à la Play (PlayStation, NDLR)”, “fument”, “font des bagarres”, “ont des piscines gonflables”. “La prison c’est facile”, soutient Momar, 16 ans. Naël, 15 ans, acquiesce. Les “influenceurs”, surnom  qu’il donne aux détenus qui filment leur quotidien en détention, “ont le frigo plein et plein d’habits”, assure-t-il, presque envieux. C’est pour lutter contre cette vision fantasmée du milieu carcéral qu’Adama Camara, 36 ans, a lancé le 13 avril sa “grotte mobile”, reconstitution de la cellule dans laquelle il a vécu cinq ans et demi. Avec elle, il va à la rencontre des jeunes.”L’image de la prison a beaucoup changé à cause des réseaux sociaux” qui donnent “l’impression que la prison c’est facile”. “Mais lorsque les jeunes visitent la grotte mobile, ils se rendent compte que la prison, c’est dur”, assure-t-il. En 2011, lors d’une rixe, le frère cadet d’Adama est tué de plusieurs coups de couteau. En août 2014, par vengeance, ce dernier blesse par balles le grand frère du meurtrier et deux autres personnes. Il est condamné à huit ans de prison. Depuis sa sortie, il a fait de la lutte contre les rivalités meurtrières entre quartiers des cités populaires et la “prévention” auprès des jeunes son cheval de bataille.Le phénomène des rixes est particulièrement présent en Île-de-France. En Seine-Saint-Denis, un garçon de 16 ans a été tué d’un coup de couteau dans la jambe, en octobre devant un fast-food d’Aulnay-sous-Bois, par un autre adolescent de 17 ans. Dans le même département, au printemps, plusieurs rixes armées ont opposé des bandes de La Courneuve et de Saint-Denis, faisant des blessés graves.- “Pas le Club Med”-Après un temps d’échange, les adolescents patientent en petits groupes dans la cour. Le mercure avoisine les 30°C. Puis, cinq par cinq, ils pénètrent dans l’exigu abri de tôle. Toilettes dissimulées derrière un rideau de fortune, lits superposés bringuebalants, fenêtre factice occultée par une taie d’oreiller… Et la chaleur, presque insoutenable. Là, Adama explique avoir passé “22H/24”, des années durant. “On est combien à vivre ici ?” s’interroge un des jeunes, saisi par la touffeur du lieu. “Jusqu’à trois, avec un matelas au sol. 9 m², c’est pas le Club Med”, insiste Adama. “On est dans un four quand on est en cellule”, abonde-t-il. Avec 83.681 personnes incarcérées au 1er mai, jamais les prisons françaises n’ont compté autant de détenus. Parmi eux, 5.234 détenus sont contraints de dormir sur des matelas posés à même le sol.”Dans les vidéos TikTok, les détenus montrent qu’ils sont bien en prison, bien logés, bien nourris… Mais en vrai ils ne sont pas bien”, concède Ousmane, 15 ans. “Avant cette cellule, je pensais que la prison, c’était un bon truc à vivre”, reconnaît-il. Accoudé au lit, Bassin, qui dit avoir “des amis à Villepinte”, à la maison d’arrêt, n’est pas “choqué” par la grotte mobile, mais assure ne jamais vouloir vivre cette “épreuve”. “J’ai connu la garde à vue. Ça m’a remis les idées en place. Je ne pourrai pas vivre comme ça des mois, des années. Plutôt mourir”, insiste l’adolescent de 15 ans. Louis, même âge, reste silencieux le temps de la visite. De retour dehors, il souhaite “grosse force à tous les détenus”, marqué par “la chaleur et les toilettes”. “Quand un détenu va faire ses besoins, l’autre va sentir les odeurs…” Une fois ressorti à l’air libre, même constat pour Naël. “Vivre à deux ou trois à l’intérieur, c’est horrible, on ne peut même pas faire ça”, dit-il en écartant les bras.Des réactions qui satisfont Farid Kebli, directeur adjoint du service jeunesse de la ville de Drancy.”On a trouvé ça très important de faire découvrir ça aux jeunes, de leur ouvrir les yeux”, estime-t-il, espérant que ce type d’initiative permettra “d’en sauver quelques-uns”. 

Face à la crise, la brasserie artisanale s’accroche

A côté des grandes cuves de brassage et de fermentation de la bière, une salle de restauration a été aménagée, et même un coin concert: “Le nouvel eldorado ce sont les brewpubs!”, assure le patron de la Brasserie Croix de Chavaux, qui voit là un modèle pour un secteur de la bière à la peine.Dans cette ancienne menuiserie de Montreuil, Frédéric Poulain, ex-graphiste et réalisateur, s’applique depuis sept ans à faire une bière locale, qu’il vend aux clients de son pub, et dans des bars, épiceries et festivals du Grand Est parisien.”La vente directe nous a sauvés. Si tu n’as pas ça, tu fermes”, dit-il, tandis que son brassage hebdomadaire diffuse dans le bâtiment un arôme de pâtisserie.Brassant jusqu’ici la bière à flux tendus, il vient de doubler sa capacité de production de quelque 500 hectolitres.Pour faire son “métier passion”, garder des prix modérés et ses trois salariés, dont son expert brasseur américain, il est sur tous les fronts: banques, approvisionnements, ventes sur les marchés… Il partage l’espace avec un restaurateur, envisage de s’associer avec une autre brasserie, le financement participatif récemment lui a permis d’acheter des fûts…”En fait, on survit, mais on continue”, dit-il, après deux années de déficit.Globalement, le secteur de la bière est à la peine depuis le Covid-19, surtout pour cause d’explosion des coûts dès 2021.Alors qu’en 2015, au pic du boom de la filière, une brasserie ouvrait chaque jour en France, quelque 250 ont fermé depuis janvier 2024, selon le syndicat Brasseurs de France.Elles sont aujourd’hui environ 2.400, à 95% des TPE-PME, à côté des géants Kronenbourg ou Heineken.Déjà fragilisées par la pandémie, nombre d’entre elles ont “pris de plein fouet la hausse des prix des matières premières”, survenue avant même la guerre en Ukraine, explique Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France.”Aujourd’hui, les brasseries qui ouvrent le font plutôt sous forme de gros pubs, se diversifiant autour de l’accueil, la restauration, les séminaires…”, dit-elle.A Montreuil, Frédéric Poulain ne décolère pas contre ces géants français du verre et du gaz (la bière a besoin de CO2), qui ont fait exploser leurs tarifs avant de se réjouir publiquement de faramineux “dividendes versés à leurs actionnaires”.”Je fais une bière locale, avec de l’orge bio de la plaine de Versailles, du miel de mon associé apiculteur… mais pour le verre, je dois me fournir en Suède!”, soupire-t-il.- Consommation atone -A une soixantaine de kilomètres de là, à Courpalay, la Brasserie Rabourdin est plus grande. Elle a 25 ans d’activité et vend sa Briarde sur place, dans l’ancien silo à grains du village, mais aussi à de grandes enseignes.Pourtant, en 2024, elle a produit “un peu moins que d’habitude”, 8.000 hectolitres au lieu de 10.000, “car la conjoncture de la bière n’est plus ce qu’elle était”, souligne Hubert Rabourdin, également agriculteur céréalier.”On est passé de la croissance à une prise en étau entre plus de charges et moins de ventes”, résume-t-il. “Des brasseries n’arrivent pas à se relever, elles ont des problèmes de trésorerie, et si vous ajoutez à cela la mauvaise météo de 2024…”En France, la consommation de bière a reculé de 3,5% en 2024, et de 7% sur deux ans, entre météo, crise du pouvoir d’achat et comportements nouveaux à l’égard de l’alcool. A 33 litres par tête, les Français restent les derniers consommateurs européens.Ce contexte ne décourage pas Kyle Nesbitt, Américain installé à Paris, passionné de bière en quête d’un local pour son futur brewpub, où il proposera des dizaines de bières de sa création et de la restauration mexicaine, la touche de son épouse franco-mexicaine.”Je viens du Milwaukee où la bière est très connue. En France, il me manquait quelque chose, alors j’ai appris à brasser”, dit ce graphiste, venu parfaire son savoir à la brasserie de Montreuil.Pour lui, le repli de la consommation “vient notamment de la Génération Z, en réaction à l’abus d’alcool. Mais pour moi, la bière, c’est d’abord une expérience et un goût que je veux partager”.Selon Brasseurs de France, la demande résiste en particulier pour les bières sans alcool, et les très houblonnées IPA (India Pale Ale).

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Au cœur du désert urbain de Lima, l’oasis verte d’une femme des Andes péruviennes

A flanc de colline, dans l’un des quartiers les plus arides et défavorisés de Lima, une oasis de verdure s’étire entre les maisons de brique et les ruelles poussiéreuses. Là où domine la rocaille, une femme originaire des Andes péruviennes a fait naître une forêt.L’insolite îlot abrite plus de cent espèces, entre arbres fruitiers et plantes médicinales, au sein du district de San Juan de Lurigancho, le plus pollué de Lima et le plus peuplé avec 1,2 million d’habitants.”J’aime vivre au milieu de mes plantes”, assure simplement Esther Rodriguez, 85 ans, racontant avoir dû quitter dans les années 80 sa région natale d’Ayacucho, à environ 500 km de la capitale, à cause du conflit armé entre l’État et la guérilla maoïste du Sentier lumineux.Arrivée avec son mari et leurs sept enfants à Lima, considérée comme la deuxième capitale au monde bâtie dans un désert – après Le Caire – et l’une des plus polluées d’Amérique latine, elle ressent rapidement la nostalgie de sa région natale. Seule, pendant que ses enfants sont à l’école, elle commence petit à petit à cultiver des plants sur son terrain rocailleux. Aujourd’hui, derrière sa modeste maison s’étend une véritable petite jungle, baptisée “La Selva Escondida” (La Jungle Cachée), où le chant des oiseaux a remplacé le vacarme de la ville. – “Seaux d’eau” -Bananes, mandarines, avocats ou fruits de la passion y murissent, tandis que des abeilles et des papillons butinent les fleurs. Dans un bassin abritant des poissons, un colibri se toilette. Pareille à une oasis, la forêt a développé son propre écosystème. “Il n’y avait rien, personne dans les collines, alors petit à petit j’ai commencé en transportant des seaux d’eau”, explique l’octogénaire. A Lima, 6% des 10 millions d’habitants n’avaient pas accès à l’eau courante en 2024, selon une enquête de l’Institut national de statistique et d’informatique.Au fil de ses voyages, elle rassemble des espèces venues de tout le pays et aménage son terrain escarpé en terrasses, s’inspirant des savoirs ancestraux andins pour cultiver les pentes abruptes et optimiser la gestion de l’eau.Des sentiers, escaliers et passerelles suspendues parcourent le site, désormais équipé de trois puits connectés au réseau d’approvisionnement en eau de la ville.Quatre de ses enfants gèrent désormais le lieu, qui depuis 2020 accueille des visiteurs, dont de nombreux scolaires. “Nous voulons que ce lieu soit une source d’inspiration”, confie Esther, l’une des filles de l’octogénaire, disant recevoir une centaine de curieux chaque semaine.Au-delà de l’aspect touristique, l’initiative offre aussi des bénéfices écologiques au quartier, avec une modification du microclimat local, selon les experts.”Ce demi-hectare boisé régule la température, l’humidité et améliore la santé, notamment dans une zone où les maladies respiratoires sont fréquentes”, note Fernando Regalo, ingénieur forestier pour l’ONG Fundacion para la conservacion y el desarrollo sostenible (FCDS). Le projet n’a reçu aucune subvention jusqu’à présent mais Jesus Maldonado, le maire depuis 2023 du district, assure vouloir le soutenir. “Cela montre qu’on peut faire autrement”, affirme-t-il.En attendant, la famille a entamé de nouvelles plantations tout en continuant d’accueillir le public. “On a l’impression d’être dans la jungle, avec les bruits, les petits animaux, les oiseaux et les arbres”, s’enthousiasme Constantina Zevallos Mora, une habitante de la capitale venue en famille.

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Après le vélo électrique, une nouvelle vie pour les batteries

Quand la batterie de vélo électrique alimente un luminaire mobile: dans l’ouest de la France, la startup Voltr veut “donner une seconde vie” aux batteries lithium usagées pour décarboner le stockage d’énergie.Dans un grand hangar en périphérie d’Angers, sous la lumière des néons, un opérateur démonte consciencieusement des batteries d’aspirateur à l’aide d’une dévisseuse, avant de démanteler leur coeur.A l’aide d’une fraiseuse, il “vient abraser, donc enlever le plastique autour des cellules de lithium, pour pouvoir ensuite les dissocier” à la main, explique Alban Régnier, président et co-fondateur de Voltr.Chaque batterie de vélo ou de trottinette est constituée de dizaines de cellules de lithium, des petits accumulateurs qui ressemblent aux piles standard de télécommandes, reliées entre elles par du nickel qui assure la conductivité, et gérées par une carte électronique.Ces composants, qui stockent l’énergie, représentent “80% de l’empreinte carbone” de la batterie, et “70% du coût économique”, selon M. Régnier, qui entend “prouver qu’on peut donner une seconde vie aux cellules et donc aux batteries”.Car le plus gros de l’empreinte carbone d’une batterie, c’est l’extraction minière et le raffinage des métaux critiques qui composent les cellules, en provenance en grande partie de Chine, et rare en Europe.”L’idée, c’est de récupérer une batterie qui va être encore en bon état (…), de récupérer les cellules qui sont à l’intérieur, les diagnostiquer et réassembler entre elles celles qui fonctionnent bien”, explique M. Régnier.Le principe consiste à “descendre une marche en terme d’utilisation” et à utiliser, par exemple, une batterie de vélo, plus puissante, pour en faire une batterie de luminaire mobile, appareil moins exigeant en termes d’autonomie et de performance, permettant ainsi de ne pas être pénalisé par l’usage d’une batterie de seconde monte.Une fois la cellule extraite et séparée de l’appareillage électronique de la batterie, elle passe sur une machine circulaire, sorte de carrousel sur lequel elle est soumise à une série de tests: voltage, résistance, détection visuelle pour voir si elle abimée ou pas ou pas.-Soulager les acteurs du recyclage -Elle est ensuite branchée sur un “cycleur”, sorte de grosse armoire où sont alignées des dizaines de cellules, pour définir le niveau d’énergie résiduelle.”On va appliquer une intelligence artificielle de prédiction qui va nous permettre (…) de savoir comment elle va se comporter en seconde vie. Puis, on va associer entre elles les meilleures cellules et les plus homogènes pour refaire une nouvelle batterie”, explique M. Régnier.Reconditionnées dans un boitier neuf et avec une nouvelle carte électronique, ces batteries rempliront bientôt les rayons de dizaines de magasins d’une célèbre enseigne de bricolage.Environ 70% des cellules que récupère Voltr sont réemployées, un chiffre qui a vocation à augmenter, selon M. Régnier.Approvisionnée en direct par des industriels, les recycleurs historiques et les éco-organismes comme Batribox, la première ligne de production de Voltr, inaugurée en 2023, a reconditionné à ce jour quelque 200.000 cellules sur 35.500 batteries, “remises sur le marché partout en Europe”, selon M. Régnier, qui table sur une très forte montée en puissance.L’objectif est de reconditionner “200 millions de cellules par an sur plusieurs usines en Europe d’ici à 2033”, explique-t-il.Après une première levée de fonds de 4 millions d’euros en 2023, il attend une nouvelle levée de fonds de “plusieurs dizaines de millions d’euros” pour concrétiser cette montée en puissance, qui doit lui permettre d’ouvrir une usine automatisée en France d’ici deux ans, ainsi que des sites de stockage.L’enjeu dépasse de loin la startup, le cahier des charges imposé par l’Etat aux éco-organismes des piles et batteries prévoyant un taux de réemploi de 5% d’ici 2030, avec une cible intermédiaire de 2% en 2027, selon l’un de ces éco-organismes, Batribox.En outre, “tout ce qui pourra partir en réemploi, sous réserve que ce soit de qualité suffisante, réduira la pression sur les acteurs du recyclage qui n’ont pas toujours des solutions à nous offrir”, a indiqué Emmanuel Toussaint-Dauvergne, directeur général de Batribox.