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Un haut magistrat lance un cri d’alarme sur l’engorgement de la justice criminelle

La justice est “sur le point de ne plus pouvoir juger” les affaires tant elle est engorgée, a averti lundi le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, Franck Rastoul, lors du lancement à Paris d’une concertation avec divers acteurs pour raccourcir les délais de jugement en matière criminelle.”Je crois que nous vivons aujourd’hui, magistrats, avocats, un basculement comme nous n’en avons jamais connu”, a déclaré M. Rastoul, qui a participé à un groupe de travail ayant remis en mars dernier au ministère de la Justice un rapport sur l’audiencement, c’est-à-dire l’organisation des procès.”Aujourd’hui, nous en sommes à un stade où nous sommes sur le point de ne plus pouvoir juger”, a-t-il ajouté.”Nous avons la conviction forte qu’il faut bien sûr des moyens” mais aussi “revoir notre organisation”, a indiqué le haut magistrat.Il a estimé qu’il fallait “préserver les cours criminelles départementales”, mais s’est demandé s’il était “raisonnable” de “mobiliser cinq magistrats professionnels” pour ces cours, et proposé d’introduire “deux citoyens qualifiés” comme assesseurs.Issues de la réforme de la justice de 2019 de Nicole Belloubet, ces juridictions visaient à répondre à l’engorgement des cours d’assises et à raccourcir les délais de jugement.Composées de cinq magistrats professionnels, mais sans jurés tirés au sort, les cours criminelles départementales jugent en première instance des crimes punis de quinze ou vingt ans de réclusion, majoritairement des viols. Après une période d’expérimentation dans une quinzaine de départements, elles ont été généralisées au 1er janvier 2023 par le successeur de Mme Belloubet, Eric Dupond-Moretti.Mais elles n’ont pas eu l’effet escompté et ont au contraire contribué un peu plus à l’engorgement de la justice.M. Rastoul, qui avait déjà lancé un “SOS judiciaire” en janvier, mettant en garde contre “l’embolie judiciaire”, a également appelé à “simplifier, décomplexifier le code de procédure pénale”.Parmi les autres pistes examinées, celle d’un plaider-coupable en matière criminelle, qui permettrait de désengorger les cours d’assises et cours criminelles, et réduire les très longs délais de tenue des procès.Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a indiqué à la presse qu’il souhaitait “être prêt à la mi-août” pour présenter en septembre un projet de loi qui comportera une dizaine d’articles, dont certains destinés à répondre à cette question de l’engorgement.

Entre surpopulation et canicule, les prisons suffoquent

Les prisons françaises, souvent vétustes et inadaptées au changement climatique, suffoquent, la canicule constituant avec la surpopulation endémique un cocktail explosif, s’inquiètent lundi des syndicats. Le plan canicule est appliqué depuis “la fin de semaine dernière” dans “l’ensemble des prisons françaises”, selon le ministère de la Justice. Mais ce plan “ne résout pas la vraie question: la surpopulation” avec des détenus parfois à quatre par cellule, estime Jean-François Fogliarino, secrétaire général du Syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP-CFDT).”On sait gérer la canicule, la surpopulation moins. La situation est invivable”, dit-il, en particulier dans “les maisons d’arrêt en centre-ville qui ne sont pas équipées en clim” et où “c’est encore pire” d’être deux ou trois par cellule à dormir entassé sur des matelas.”La surpopulation carcérale rend tout plus compliqué, tout est embolisé, tout est plus lent”, ajoute-t-il. “Le manque de personnel, la conjonction de la surpopulation et de la canicule est un cocktail très détonnant”, résume Wilfried Fonck, secrétaire national Ufap Unsa Justice. Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, au 1er juin 2025, 84.447 personnes, un record, étaient détenues pour 62.566 places, soit une densité carcérale globale de 135%. La densité carcérale dépassait même les 200% dans 23 établissements ou quartiers pénitentiaires.Au total, l’administration pénitentiaire “recense, en surface de plancher, 3,5 millions de m² sur 387 sites”. Or, ce patrimoine est “très hétérogène”, dit-elle, notamment en termes d’architecture et de période de construction, ce qui la rend “vulnérable au changement climatique”. La chaleur “exacerbe les frustrations et les tensions existantes” et donc “il faut faire en sorte de déminer le terrain pour éviter que les choses dégénèrent plus que d’habitude”, commente auprès de l’AFP M. Fonck. Selon lui, le nombre d’incidents et d’agressions a augmenté depuis le début de la vague de fortes chaleurs.  Du côté du personnel, les conditions de travail s’aggravent du fait des uniformes, des gilets pare-lames et de la difficulté selon les établissements à trouver des points d’eau. Pour tenter de soulager les difficultés, l’administration pénitentiaire active plusieurs leviers. Parmi eux un “accès à la douche favorisé, au-delà du nombre de douches hebdomadaires prévu par la réglementation, en fonction des emplois du temps de journée et de la configuration des locaux”.Elle prévoit aussi de “décaler les horaires de promenades et séances de sport en début de matinée et en fin d’après-midi dans la mesure du possible”.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui devait s’entretenir lundi en fin de journée avec les directeurs de prisons et le directeur de l’administration pénitentiaire, a indiqué que l’une des pistes était de transférer des détenus “qui sont aujourd’hui dans des lieux sursaturés”, dans le Sud-Ouest par exemple, vers un “endroit où il y a moins de saturation”, comme le Grand Est.”Il y a plusieurs centaines de personnes qui sont concernées (par ces transferts) depuis jeudi”, a-t-il déclaré à la presse.

Migrants: prison ferme pour neuf passeurs jugés pour un naufrage mortel dans la Manche

Neuf passeurs, afghans pour la plupart, ont été condamnés lundi à Lille à sept et huit ans de prison pour un naufrage qui a coûté la vie à huit candidats à l’exil dans la Manche en décembre 2022.Trois des prévenus, dont un Afghan en fuite jugé par défaut et désigné par les autres comme le cerveau de toute l’organisation, ont été condamnés à huit ans de prison. Les six autres ont été condamnés à sept ans.Le tribunal est allé légèrement au-delà des peines demandées par le parquet, qui avait requis de six à huit ans d’emprisonnement.Ces peines ont été assorties d’amendes individuelles allant de 50.000 à 100.000 euros et d’une interdiction du territoire français pour chacun, à l’issue de leur détention.Les prévenus, sept Afghans et deux Kurdes irakiens, ont été jugés du 16 au 20 juin devant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille pour “traite d’êtres humains”, “homicide involontaire”, “mise en danger d’autrui” ou encore “aide au séjour irrégulier”.Le tribunal les a condamnés en tenant compte de la “gravité des faits”, relevant que tous les prévenus ont continué leurs activités illégales après ce désastre.Ce naufrage est l’un des plus meurtriers survenu ces dernières années dans la Manche, après celui qui a fait 27 morts le 24 novembre 2021 au large de Calais, une affaire qui n’a pas encore été jugée. En septembre 2024, deux autres naufrages ont fait 20 morts au total.Dans la nuit du 13 au 14 décembre 2022, le bateau avait embarqué autour de 47 personnes, près de trois fois ce qu’il pouvait supporter.L’embarcation était partie d’Ambleteuse (Pas-de-Calais) malgré une mer très agitée et glaciale, et en dépit du fait que certains passagers avaient entendu une détonation, synonyme de crevaison, en gonflant le canot avant le départ.- “Extrêmement lucratif” -Me Dorothée Assaga défendait un Afghan de 21 ans condamné lundi à sept ans, qui a reconnu avoir convoyé des migrants depuis le camp de Loon-Plage près de Dunkerque. Il a affirmé avoir agi sous la menace et “aidé au passage” mais “son objectif premier, comme la plupart des prévenus, c’est de se rendre en Grande-Bretagne, puis finalement il s’est retrouvé dans cet engrenage”, a souligné son avocate.Il y a une “difficulté dans ce type de procédure, ce que j’appelle des procès de masse, (qui) consiste en réalité à tenir pour acquis un certain nombre de points qui pour la défense doivent être discutés”, a estimé Me Cherifa Benmouffok, l’avocate d’un Kurde irakien considéré comme le numéro trois du réseau, condamné à huit ans de prison.Deux frères afghans, considérés par la justice comme les financiers occultes du réseau, ont été condamnés à sept ans de prison et à 100.000 euros d’amende chacun.Le barreur du canot, un mineur sénégalais, a été condamné à neuf ans de prison en Grande-Bretagne, selon le parquet. Un dixième membre présumé du réseau, détenu en Belgique, sera jugé ultérieurement.Au procès, la procureure avait pointé un “trafic extrêmement lucratif”, avec un paiement moyen de 3.500 euros par passager, pour une place sur un bateau “complètement inadapté à la navigation en haute mer”.Après une ou deux heures de traversée, un boudin a commencé à se dégonfler et l’eau à entrer dans l’embarcation. Paniqués, les passagers ont fait ployer le fond du canot et tous se sont retrouvés à l’eau, certains sans gilet de sauvetage, dans une mer à 10-11°C.Quatre ont été portés disparus, quatre sont morts, dont un seul a été identifié, un Afghan.En outre, 39 personnes originaires d’Afghanistan, Inde ou Albanie ont été repêchées in extremis par les secours français et anglais.Les plupart des prévenus sont restés impassibles à l’énoncé de leur condamnation, dont ils ont pris connaissance via des interprètes. Ils ont dix jours pour faire appel.”On peut couper les têtes de réseaux de passage. Ça ne suffit pas”, a réagi auprès de l’AFP Charlotte Kwantes, une porte-parole d’Utopia 56, une association de soutien aux migrants appelée par des passagers la nuit du naufrage.Avec ce genre de procès, “l’attention est surdéployée sur les organisateurs de ces passages et se détourne des causes structurelles”, selon Mme Kwantes. Mais ces réseaux, ces drames “sont les symptômes des politiques migratoires et la gestion des frontières organisée par l’UE”. “Si les gouvernements ne souhaitent pas trouver de vraies solutions, il n’y a qu’à continuer comme cela”, a-t-elle encore estimé.

A Lyon, la canicule fait suer ouvriers et restaurateurs

Sous un soleil de plomb qui frappe le quartier bétonné de la Part-Dieu, ilôt de chaleur lyonnais, Mohamed Nassime et son équipe finissent de poser des dalles de béton devant la gare avant d’aller se réfugier au frais.Chapeau en palmier sur la tête, tee-shirt glissé dessous, le chef du chantier constate : “à part l’eau, il n’y a pas de solution” pour faire face aux températures écrasantes qui touchent la France et particulièrement ce quartier très minéralisé de Lyon, où le thermomètre a atteint 38°c lundi.Travailler sous la chaleur, les ouvriers en ont “l’habitude” et surtout leurs horaires ont été aménagés, relativise le Marocain, gants de protection aux mains.Depuis trois jours, les employés de cette société de revêtement de sol commencent tôt le matin avant que le soleil n’arrive à son zénith, et s’arrêtent parfois dès 10H00.Un décret renforçant les obligations des entreprises pour protéger leurs employés lors des canicules sera publié mardi, quand seize départements passeront en vigilance rouge, sur les 84 en alerte orange lundi.Plusieurs entreprises ont déjà aménagé leurs horaires: avec des livraisons de béton décalées en fin de journée, les ouvriers reprendront à 18H00, où le quartier de la Part-Dieu passe dans l’ombre grâce à ses hauts bâtiments, explique Mohamed Nassime.A Bellecour, à côté de la grande place en terre rouge où le mercure grimpe aussi en flèche, Mohamed Abdesamad commence lui son chantier à 6H00 du matin et finit à 14H30. Entre les deux, cet ouvrier à dû reboucher un trottoir en plein soleil. “C’est un peu dur, mais on n’a pas le choix”, dit-il, des gouttes de sueur ruisselant sur son visage.En Espagne, où le thermomètre a frôlé 46°C, deux ouvriers de voirie sont morts samedi à Barcelone et Cordoue.- “Brûlures” -Les horaires adaptés restent une gageure pour certains métiers, comme les restaurateurs, qui doivent se plier à une forte demande sous des températures extrêmes.Pendant les périodes de canicule, “je perds 4 à 5 kilos”, explique Mohamed Vicente, gérant d’un kebab à Lyon, car “on est littéralement en nage” du matin au soir. “C’est comme si tu étais dans un sauna toute la journée, à la différence qu’on fait des efforts physiques en plus”, souffle-t-il, et il n’y a “pas d’échappatoire”.Son restaurant, situé lui aussi dans l’ilôt de chaleur de la Part-Dieu, est climatisé, mais la température de sa cuisine reste insupportable.”Une friteuse à 200 degrés, une machine à kebab avec 4 flammes, les frigos, même la hotte elle n’arrive pas à tirer tout ça”, énumère le gérant, qui peine à se remettre de son week-end passé à servir de la fast-food sur un stand à un festival.”On a servi, sous 37 degrés, 6.000 repas en deux jours, avec les machines” qui émettent de la chaleur en plus, relève-t-il, “on a tous souffert”.”Et je passe les détails des brûlures liées à la transpiration”, ajoute le restaurateur.Une rue plus loin, derrière un stand de sandwicherie proposé par une brasserie, Marie Venet s’éponge le visage avec un torchon. Un ventilateur balaie ses cheveux attachés, mais dehors, sans la climatisation, “c’est dur”, explique cette employée de 48 ans.Seule solution, des bouteilles d’eau et les allers-retour à l’intérieur de la brasserie climatisée où elle va récupérer des commandes. “Ca me permet de me mettre un peu au frais”, explique l’employée, mais “je suis toujours là entre midi et quinze, toujours à ce poste”.

A Lyon, la canicule fait suer ouvriers et restaurateurs

Sous un soleil de plomb qui frappe le quartier bétonné de la Part-Dieu, ilôt de chaleur lyonnais, Mohamed Nassime et son équipe finissent de poser des dalles de béton devant la gare avant d’aller se réfugier au frais.Chapeau en palmier sur la tête, tee-shirt glissé dessous, le chef du chantier constate : “à part l’eau, il n’y a pas de solution” pour faire face aux températures écrasantes qui touchent la France et particulièrement ce quartier très minéralisé de Lyon, où le thermomètre a atteint 38°c lundi.Travailler sous la chaleur, les ouvriers en ont “l’habitude” et surtout leurs horaires ont été aménagés, relativise le Marocain, gants de protection aux mains.Depuis trois jours, les employés de cette société de revêtement de sol commencent tôt le matin avant que le soleil n’arrive à son zénith, et s’arrêtent parfois dès 10H00.Un décret renforçant les obligations des entreprises pour protéger leurs employés lors des canicules sera publié mardi, quand seize départements passeront en vigilance rouge, sur les 84 en alerte orange lundi.Plusieurs entreprises ont déjà aménagé leurs horaires: avec des livraisons de béton décalées en fin de journée, les ouvriers reprendront à 18H00, où le quartier de la Part-Dieu passe dans l’ombre grâce à ses hauts bâtiments, explique Mohamed Nassime.A Bellecour, à côté de la grande place en terre rouge où le mercure grimpe aussi en flèche, Mohamed Abdesamad commence lui son chantier à 6H00 du matin et finit à 14H30. Entre les deux, cet ouvrier à dû reboucher un trottoir en plein soleil. “C’est un peu dur, mais on n’a pas le choix”, dit-il, des gouttes de sueur ruisselant sur son visage.En Espagne, où le thermomètre a frôlé 46°C, deux ouvriers de voirie sont morts samedi à Barcelone et Cordoue.- “Brûlures” -Les horaires adaptés restent une gageure pour certains métiers, comme les restaurateurs, qui doivent se plier à une forte demande sous des températures extrêmes.Pendant les périodes de canicule, “je perds 4 à 5 kilos”, explique Mohamed Vicente, gérant d’un kebab à Lyon, car “on est littéralement en nage” du matin au soir. “C’est comme si tu étais dans un sauna toute la journée, à la différence qu’on fait des efforts physiques en plus”, souffle-t-il, et il n’y a “pas d’échappatoire”.Son restaurant, situé lui aussi dans l’ilôt de chaleur de la Part-Dieu, est climatisé, mais la température de sa cuisine reste insupportable.”Une friteuse à 200 degrés, une machine à kebab avec 4 flammes, les frigos, même la hotte elle n’arrive pas à tirer tout ça”, énumère le gérant, qui peine à se remettre de son week-end passé à servir de la fast-food sur un stand à un festival.”On a servi, sous 37 degrés, 6.000 repas en deux jours, avec les machines” qui émettent de la chaleur en plus, relève-t-il, “on a tous souffert”.”Et je passe les détails des brûlures liées à la transpiration”, ajoute le restaurateur.Une rue plus loin, derrière un stand de sandwicherie proposé par une brasserie, Marie Venet s’éponge le visage avec un torchon. Un ventilateur balaie ses cheveux attachés, mais dehors, sans la climatisation, “c’est dur”, explique cette employée de 48 ans.Seule solution, des bouteilles d’eau et les allers-retour à l’intérieur de la brasserie climatisée où elle va récupérer des commandes. “Ca me permet de me mettre un peu au frais”, explique l’employée, mais “je suis toujours là entre midi et quinze, toujours à ce poste”.

L’incendie dans l’Aude sous contrôle

L’incendie ayant détruit environ 400 hectares de végétation dans l’Aude, déclenché dimanche par un brasero mal éteint, était sous contrôle lundi en fin de journée, après quelques reprises désormais maîtrisées, selon les pompiers. “On a quelques reprises qui sont traitées actuellement et ça va être ça pendant quelques jours, avec cette sécheresse, ça redémarre assez rapidement”, a dit à l’AFP le colonel Christophe Magny, qui commande les 200 pompiers encore mobilisés lundi en fin de journée sur la commune de Bizanet (Aude), près de Narbonne.”On a eu quatre reprises, dont une seule un peu inquiétante, mais elles sont toutes maîtrisées”, a-t-il ajouté.”L’avant du feu est stoppé mais il y a toujours des foyers actifs, on savait que cet après-midi, on allait avoir des vents qui allaient se réveiller (…) du coup, on a des foyers qui se réactivent”, avait-t-il détaillé plus tôt.- Canicule, vent -Dans la matinée, tout en assurant que les incendies étaient fixés, la préfecture avait prévenu que la vigilance restait de mise en raison de craintes liées à une météo favorable au feu: canicule, taux d’humidité en baisse et vent.Lundi matin, les pompiers, soutenus par des avions bombardiers d’eau, s’étaient appliqués à “noyer le feu” qu’ils étaient parvenus à fixer dans la nuit alors qu’il avait déjà détruit environ 400 hectares de végétation.L’autoroute A61 entre Toulouse et la Méditerranée, coupée dimanche entre Lézignan et Narbonne en raison de la virulence des flammes, a été rouverte à la circulation lundi matin. Environ 30 personnes ont été évacués dimanche d’un camping à Bizanet, endommagé par le feu, de même que 60 habitants d’un lotissement.- Barbecue mal éteint -Dans le camping, l’incendie a détruit “sept bungalows”, “deux hébergements insolites”, “trois installations techniques” et “un fourgon”, tandis qu’une “maison située à proximité a également été touchée par les flammes”, a précisé la préfecture.La directrice de cabinet du préfet a salué “le bel élan de solidarité” dont ont fait preuve les habitants de Bizanet pour se soutenir mutuellement.Plus de 600 pompiers ont été mobilisés “au plus fort de l’incendie”, a souligné le SDIS, précisant que neuf sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés, victimes de coups de chaud, des fumées et pour l’un d’entre eux d’une chute.Le feu est parti “d’un barbecue, qui était transporté sur l’autoroute, derrière un véhicule, sur une remorque”, a informé dimanche le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.Un suspect a été interpellé et placé en garde à vue pour “destruction involontaire par incendie de bois et forêt”, a précisé à l’AFP le procureur de la République de Narbonne, Eric Camous. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un commerçant qui, au retour d’un marché, ne s’est pas rendu compte que son brasero n’était pas éteint.

L’incendie dans l’Aude sous contrôle

L’incendie ayant détruit environ 400 hectares de végétation dans l’Aude, déclenché dimanche par un brasero mal éteint, était sous contrôle lundi en fin de journée, après quelques reprises désormais maîtrisées, selon les pompiers. “On a quelques reprises qui sont traitées actuellement et ça va être ça pendant quelques jours, avec cette sécheresse, ça redémarre assez rapidement”, a dit à l’AFP le colonel Christophe Magny, qui commande les 200 pompiers encore mobilisés lundi en fin de journée sur la commune de Bizanet (Aude), près de Narbonne.”On a eu quatre reprises, dont une seule un peu inquiétante, mais elles sont toutes maîtrisées”, a-t-il ajouté.”L’avant du feu est stoppé mais il y a toujours des foyers actifs, on savait que cet après-midi, on allait avoir des vents qui allaient se réveiller (…) du coup, on a des foyers qui se réactivent”, avait-t-il détaillé plus tôt.- Canicule, vent -Dans la matinée, tout en assurant que les incendies étaient fixés, la préfecture avait prévenu que la vigilance restait de mise en raison de craintes liées à une météo favorable au feu: canicule, taux d’humidité en baisse et vent.Lundi matin, les pompiers, soutenus par des avions bombardiers d’eau, s’étaient appliqués à “noyer le feu” qu’ils étaient parvenus à fixer dans la nuit alors qu’il avait déjà détruit environ 400 hectares de végétation.L’autoroute A61 entre Toulouse et la Méditerranée, coupée dimanche entre Lézignan et Narbonne en raison de la virulence des flammes, a été rouverte à la circulation lundi matin. Environ 30 personnes ont été évacués dimanche d’un camping à Bizanet, endommagé par le feu, de même que 60 habitants d’un lotissement.- Barbecue mal éteint -Dans le camping, l’incendie a détruit “sept bungalows”, “deux hébergements insolites”, “trois installations techniques” et “un fourgon”, tandis qu’une “maison située à proximité a également été touchée par les flammes”, a précisé la préfecture.La directrice de cabinet du préfet a salué “le bel élan de solidarité” dont ont fait preuve les habitants de Bizanet pour se soutenir mutuellement.Plus de 600 pompiers ont été mobilisés “au plus fort de l’incendie”, a souligné le SDIS, précisant que neuf sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés, victimes de coups de chaud, des fumées et pour l’un d’entre eux d’une chute.Le feu est parti “d’un barbecue, qui était transporté sur l’autoroute, derrière un véhicule, sur une remorque”, a informé dimanche le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.Un suspect a été interpellé et placé en garde à vue pour “destruction involontaire par incendie de bois et forêt”, a précisé à l’AFP le procureur de la République de Narbonne, Eric Camous. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un commerçant qui, au retour d’un marché, ne s’est pas rendu compte que son brasero n’était pas éteint.

Mesures de police renforcées en amont d’une mobilisation anti-A69

Les préfectures du Tarn et de la Haute-Garonne annoncent avoir pris à partir de lundi des mesures de police spécifiques, visant par exemple le transport de matériaux combustibles, en amont d’un rassemblement militant contre l’autoroute A69 prévu en fin de semaine.Étant donné que “le rassemblement annoncé les 4, 5 et 6 juillet 2025 est soutenu par des groupements connus pour leurs modes d’action violents”, les autorités estiment nécessaire de “réglementer temporairement le port et le transport de matériel ou carburant pouvant servir à la confection d’engin incendiaire”, soulignent-elles dans des arrêtés datés de vendredi.Le transport de carburant, de produits chimiques, de peinture en aérosol, de pneus usagés ou d’autres matériaux combustibles, comme des poutres, de la paille ou du bois sont donc ainsi interdits du lundi 30 juin à 08h00 au mercredi 9 juillet 20h00 sur 17 communes du Tarn et sept de Haute-Garonne, situées sur le tracé de la future autoroute, ont précisé les préfectures.Elles estiment “au minimum” à “2.000 participants selon les services de renseignement” la participation à la mobilisation du week-end dans un contexte de “radicalisation de l’opposition” au projet d’autoroute, ce qui laisse craindre “des risques majeurs de trouble à l’ordre public”.L’appel à la mobilisation du 4 au 6 juillet a été lancé par des collectifs écologistes, dont les Soulèvements de la terre, que le gouvernement a vainement tenté de dissoudre.Du côté des organisateurs du week-end de mobilisation, “Martin”, militant anti-A69 joint par téléphone et qui a souhaité garder l’anonymat, juge que la préfecture joue “le récit répressif”.”On commence à avoir un peu l’habitude, ce qu’on constate, c’est à chaque fois qu’il y a un événement comme ça, la préfecture (…) fait monter la sauce de manière à faire peur à l’opposition, à impressionner les gens, à les dissuader de venir parce qu’ils n’ont pas envie qu’on se rassemble et qu’on manifeste notre désaccord, mais cela ne pas va nous en empêcher et cela ne nous en a pas empêché par le passé”, a-t-il déclaré.Alors que la justice administrative a autorisé fin mai une reprise des travaux dans l’attente d’une audience devant la cour d’appel de Toulouse en fin d’année, des mouvements anti-A69 ont lancé une “fête d’enterrement” du projet dans le Tarn pour le week-end prochain.Depuis le début du chantier en 2023, le projet de création de 53 km d’autoroute devant relier Castres à Toulouse fait l’objet d’une très vive contestation, sous différentes formes: campements dans les arbres sous forme de Zones à défendre (ZAD), grèves de la faim, recours juridiques et manifestations.Trois grands rassemblements ont déjà réuni à chaque fois plusieurs milliers d’opposants dans le Tarn: en avril puis octobre 2023 et enfin en juin 2024, les deux derniers étant marqués par des affrontements avec les forces de l’ordre.

Canicule: Paris et le centre basculent en vigilance rouge mardi

Une partie de la France, qui suffoque déjà presque partout lundi, va basculer dans la vigilance rouge mardi, pour la première fois depuis 2023, avec un pic caniculaire “très fort” sur Paris.Seize départements, dont le bassin parisien et le centre, passeront d’orange à rouge, a annoncé lundi après-midi Météo-France, et 68 resteront en vigilance orange. En Ile-de-France, c’est la première fois depuis cinq ans que la vigilance maximale est activée. Elle est utilisée en cas de “canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité et son extension géographique”, et quand la chaleur “présente un fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population”, précise l’institut de météorologie. Réacteur nucléaire à l’arrêt, écoles fermées, horaires aménagés sur les chantiers: des mesures de précaution ont déjà été prises pour protéger les Français face à des températures atteignant localement 40°C.Malgré tout, “c’est l’horreur” pour les personnes âgées, relève Christiane, une Lyonnaise de 84 ans, qui a pris l’air tôt lundi avant de se calfeutrer chez elle. Exercer certains métiers relève du calvaire. “C’est comme si tu étais dans un sauna toute la journée, à la différence qu’on fait des efforts physiques en plus”, souffle Mohamed Vicente, dans son kebab à Lyon.Dans les prisons aussi, “la situation est invivable”, estime Jean-François Fogliarino, secrétaire général du Syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP-CFDT). C’est “encore pire” dans “les maisons d’arrêt en centre-ville qui ne sont pas équipées en clim”, et où les détenus sont parfois “deux ou trois par cellule”.- 200 écoles fermées -“Une vague de chaleur, c’est plusieurs milliers de morts”, a averti lundi Mme Pannier-Runacher sur Sud Radio, en répétant que les employeurs devaient protéger leurs salariés, avec notamment des horaires adaptés. Un décret renforçant les obligations des entreprises en cas de canicule sera publié mardi.Quelque 200 écoles publiques, sur 45.000, font l’objet d’une fermeture partielle ou totale jusqu’à jeudi, comme à Strasbourg ou Tours, quand d’autres ont émis des autorisations pour les parents de garder garder leurs enfants chez eux.Cette 50e vague de chaleur nationale recensée depuis 1947, la 33e du 21e siècle, s’inscrit dans un contexte de changement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Dimanche, deux mesures ont témoigné du caractère inédit de cette canicule: la Méditerranée a enregistré sa température de surface la plus chaude pour un mois de juin, à 26,01°C en moyenne, selon le programme européen Copernicus. Et le Mont-Blanc, à 4.806 m d’altitude, “a dû enregistrer une température positive, à 1 ou 2°C, ce qui n’arrive qu’au coeur de l’été”, explique à l’AFP Antoine Courteaud, prévisionniste et nivologue de Météo-France à Chamonix.- Ozone -Outre la santé des Français, elle impacte l’environnement: 26 départements sont lundi en vigilance pour la sécheresse, et 10 au niveau de crise, entraînant des restrictions importantes des usages.Ce contexte est propice aux incendies: dans l’Aude, 400 hectares de forêt ont brûlé dans le massif des Corbières en raison d’un barbecue mal éteint. Plus de 600 pompiers ont dû être déployés pour maîtriser les flammes mais des risques de réactivation subsistent.Une pollution de l’air est également en train de s’installer pour l’ozone, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes ou sur les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Des restrictions de circulation ont été décidées en Ile-de-France.Face à la hausse de la température de la Garonne, qui assure son refroidissement, le seul réacteur actif de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a été mis à l’arrêt dimanche soir.Cette vague de chaleur concerne tout le sud de l’Europe, de l’Italie au Portugal. L’Espagne a enregistré 46°C samedi, un record pour un mois de juin. La cause de ce nouveau pic est un dôme de chaleur: un large et puissant anticyclone forme une sorte de couvercle qui bloque l’air en basses couches, empêchant l’entrée de perturbations tout en le réchauffant progressivement.

Canicule: Paris et le centre basculent en vigilance rouge mardi

Une partie de la France, qui suffoque déjà presque partout lundi, va basculer dans la vigilance rouge mardi, pour la première fois depuis 2023, avec un pic caniculaire “très fort” sur Paris.Seize départements, dont le bassin parisien et le centre, passeront d’orange à rouge, a annoncé lundi après-midi Météo-France, et 68 resteront en vigilance orange. En Ile-de-France, c’est la première fois depuis cinq ans que la vigilance maximale est activée. Elle est utilisée en cas de “canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité et son extension géographique”, et quand la chaleur “présente un fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population”, précise l’institut de météorologie. Réacteur nucléaire à l’arrêt, écoles fermées, horaires aménagés sur les chantiers: des mesures de précaution ont déjà été prises pour protéger les Français face à des températures atteignant localement 40°C.Malgré tout, “c’est l’horreur” pour les personnes âgées, relève Christiane, une Lyonnaise de 84 ans, qui a pris l’air tôt lundi avant de se calfeutrer chez elle. Exercer certains métiers relève du calvaire. “C’est comme si tu étais dans un sauna toute la journée, à la différence qu’on fait des efforts physiques en plus”, souffle Mohamed Vicente, dans son kebab à Lyon.Dans les prisons aussi, “la situation est invivable”, estime Jean-François Fogliarino, secrétaire général du Syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP-CFDT). C’est “encore pire” dans “les maisons d’arrêt en centre-ville qui ne sont pas équipées en clim”, et où les détenus sont parfois “deux ou trois par cellule”.- 200 écoles fermées -“Une vague de chaleur, c’est plusieurs milliers de morts”, a averti lundi Mme Pannier-Runacher sur Sud Radio, en répétant que les employeurs devaient protéger leurs salariés, avec notamment des horaires adaptés. Un décret renforçant les obligations des entreprises en cas de canicule sera publié mardi.Quelque 200 écoles publiques, sur 45.000, font l’objet d’une fermeture partielle ou totale jusqu’à jeudi, comme à Strasbourg ou Tours, quand d’autres ont émis des autorisations pour les parents de garder garder leurs enfants chez eux.Cette 50e vague de chaleur nationale recensée depuis 1947, la 33e du 21e siècle, s’inscrit dans un contexte de changement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Dimanche, deux mesures ont témoigné du caractère inédit de cette canicule: la Méditerranée a enregistré sa température de surface la plus chaude pour un mois de juin, à 26,01°C en moyenne, selon le programme européen Copernicus. Et le Mont-Blanc, à 4.806 m d’altitude, “a dû enregistrer une température positive, à 1 ou 2°C, ce qui n’arrive qu’au coeur de l’été”, explique à l’AFP Antoine Courteaud, prévisionniste et nivologue de Météo-France à Chamonix.- Ozone -Outre la santé des Français, elle impacte l’environnement: 26 départements sont lundi en vigilance pour la sécheresse, et 10 au niveau de crise, entraînant des restrictions importantes des usages.Ce contexte est propice aux incendies: dans l’Aude, 400 hectares de forêt ont brûlé dans le massif des Corbières en raison d’un barbecue mal éteint. Plus de 600 pompiers ont dû être déployés pour maîtriser les flammes mais des risques de réactivation subsistent.Une pollution de l’air est également en train de s’installer pour l’ozone, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes ou sur les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Des restrictions de circulation ont été décidées en Ile-de-France.Face à la hausse de la température de la Garonne, qui assure son refroidissement, le seul réacteur actif de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a été mis à l’arrêt dimanche soir.Cette vague de chaleur concerne tout le sud de l’Europe, de l’Italie au Portugal. L’Espagne a enregistré 46°C samedi, un record pour un mois de juin. La cause de ce nouveau pic est un dôme de chaleur: un large et puissant anticyclone forme une sorte de couvercle qui bloque l’air en basses couches, empêchant l’entrée de perturbations tout en le réchauffant progressivement.