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La ligne ferroviaire Paris-Milan en souffrance face aux conséquences du changement climatique

Symbole de la difficile adaptation des infrastructures au changement climatique, la ligne ferroviaire Paris-Milan est coupée depuis lundi en raison d’une coulée de boue dans les Alpes françaises, tout juste trois mois après sa réouverture en grande pompe, après 19 mois d’interruption.Cette fois-ci, c’est un orage violent provoqué par les fortes chaleurs qui est responsable du sinistre. Les pluies ont provoqué une coulée de boue recouvrant les voies en gare de Modane (Savoie), dernière ville desservie avant la frontière italienne, ainsi qu’une crue historique d’un torrent de la vallée de la Maurienne.”Sous réserve de la survenue de nouvelles intempéries et de nouveaux éléments issus des investigations, une reprise des circulations des trains de voyageurs pourrait être envisagée en mode dégradé, à partir du samedi 5 juillet au matin”, a avancé SNCF Réseau.Des travaux seront cependant nécessaires jusqu’à mi-juillet “au moins” pour permettre une reprise normale du trafic.Fin août 2023, un autre épisode d’intenses précipitations après une période de sécheresse avait provoqué un éboulement gigantesque, le plus important depuis 1978 pour le réseau SNCF, coupant la ligne dans cette vallée savoyarde pendant plus d’un an et demi.La zone, identifiée depuis longtemps par SNCF Réseau comme géologiquement fragile, devient le symbole du défi de l’adaptation au changement climatique auquel est confronté le gestionnaire d’infrastructures ferroviaires.Plus aucun train ne peut rouler entre les gares de Saint-Michel-Valloire (Savoie) et Modane, coupant ainsi la seule liaison pour les trains à grande vitesse entre la France et l’Italie. – Végétation et pluie -SNCF Voyageurs et Trenitalia, qui exploitent à eux deux cinq allers-retours par jour entre Paris et Milan, ont été contraints d’interrompre leur service.Le sujet de l’adaptation au changement climatique a été élevé au rang de priorité il y a environ trois ans chez SNCF Réseau.L’entreprise publique travaille avec des scientifiques pour appliquer des modèles climatiques et évaluer les vulnérabilités de l’infrastructure. Le but est de se projeter dans une France réchauffée de 2,7 degrés d’ici 2050 et même 4 degrés en 2100, en s’appuyant sur la trajectoire de référence adoptée par le gouvernement français.A l’heure actuelle, deux grandes menaces ont été identifiées: la végétation, qui pousse davantage avec un climat plus chaud, et les précipitations, qui entraînent inondations et retrait-gonflement d’argile dans les sols, endommageant les rails.La végétation nécessite une taille plus régulière – d’autant plus avec l’abandon du glyphosate – et attire en plus du gibier, parfois percuté par les trains. – Dégâts considérables -Les crues et pluies diluviennes provoquent des dégâts considérables, comme en octobre lors du passage de la tempête Leslie qui a entrainé l’interruption des trains entre Lyon et Saint-Etienne (centre-est de la France) empruntés par 20.000 passagers par jour pendant près de trois semaines.Le problème est mondial. Début novembre, les trains à grande vitesse entre Madrid et Valence n’ont pas pu rouler pendant 15 jours après les inondations catastrophiques qui ont touché Valence le 29 octobre. La chaleur peut aussi engendrer des perturbations en raison de la dilatation des rails et des caténaires, ce qui conduit à réduire la vitesse des trains, ou parfois même à des ruptures caténaires avec à la clef de longues interruptions de circulation.Mardi, SNCF Réseau a toutefois indiqué ne pas avoir mis en place de mesure de réduction de vitesse.L’orage en vallée de Maurienne a également endommagé plusieurs habitations, commerces et bâtiments publics, et une centaine de caves ont été inondées. Côté axes routiers, après plusieurs fermetures en soirée, seule une départementale restait fermée mardi.Dans les Hautes-Alpes, la commune de Val-des-Prés, dans le Briançonnais, a été touchée: sept habitations et une partie du camping ont été inondés, selon les pompiers, et une route nationale coupée par des coulées de boue.

Lancement d’une étude de la vulnérabilité du bâti sur la ville haute de Bonifacio

Face au risque d’effondrement d’une trentaine d’immeubles en bord de falaise, dans la ville haute de Bonifacio, une étude sur la vulnérabilité du bâti de ces maisons a débuté cette semaine, avec des résultats attendus au printemps 2026, ont annoncé lundi soir les pouvoirs publics.  Cette situation étant “unique en France et peut-être en Europe”, compte-tenu du nombre de maisons concernées, cette étude, estimée à “plus de 300.000 euros” et “théoriquement prise en charge par les propriétaires”, sera financée par l’Etat “à travers le fonds Barnier”, a précisé Anthony Barraco, sous-préfet de Sartène. Confiée à L’Apave, un bureau d’étude, elle doit compléter l’expertise de la falaise réalisée sous chaque bâti et présentée en septembre 2024. Celle-ci avait révélé des inquiétudes sur les fondations des 33 maisons à l’aplomb de la falaise.”L’analyse du bâti va déboucher sur des faisabilités de travaux compatibles avec ceux qui pourraient être réalisés sur la falaise”, a précisé le sous-préfet.Interrogés pour savoir qui allait payer les éventuels travaux, les intervenants n’ont pas tranché cette question. Si les réparations du bâti incombent normalement aux propriétaires, les travaux sur la falaise, qui appartient à la Collectivité de Corse, reviennent aux pouvoirs publics. En septembre, le maire, Jean-Charles Orsucci, avait précisé que ces analyses étaient sur la base du volontariat et à l’initiative de l’Etat, mais que si des fragilités étaient révélées, les propriétaires devraient, à leurs frais et obligatoirement, y remédier. A condition que cela soit encore possible et donc au risque de nouvelles expulsions. Deux maisons emblématiques avaient été évacuées en décembre 2022, au grand dam de leurs propriétaires, et des procédures judiciaires sont en cours.”On fera tout pour préserver cet écrin, notre objectif est de sécuriser les biens autant que possible”, a promis le sous-préfet.Le maire, Jean-Charles Orsucci, n’a pas caché qu’il ferait une distinction entre les propriétaires de résidences secondaires et ceux vivant à l’année, suscitant la surprise de plusieurs d’entre eux.L’étude aura trois phases: la “modélisation de tous les bâtiments” cette semaine, puis l’expertise intérieure des bâtiments, cette semaine puis “fin août-début septembre”, a précisé Laurent Sialelli, de L’Apave.Une troisième phase étudiera comment chaque bâtiment va se comporter face aux différents scénarios d’aléas (éboulement, chute de bloc), afin “d’imaginer des solutions techniques pour sauvegarder les biens”, a expliqué M. Sialelli. 

Les vagues de chaleur pourraient amputer de 0,5 point la croissance du PIB européen en 2025

L’économie européenne pourrait perdre 0,5 point de croissance en 2025 en raison des récentes vagues de chaleur, d’après une publication d’Allianz Trade mardi qui compile plusieurs données et études disponibles, en plein pic de canicule sur le Vieux continent. “Le changement climatique accroît la fréquence et l’intensité des températures extrêmes, faisant des vagues de chaleur, des sécheresses et des incendies de forêt la +nouvelle norme+, avec des conséquences économiques considérables”, souligne dans un communiqué la filiale de l’assureur allemand Allianz spécialisée dans l’assurance-crédit.”Selon un premier calcul, les récentes vagues de chaleur qui ont touché l’Europe centrale et méridionale, les Etats-Unis et la Chine, pourraient avoir un coût économique important”, indique Allianz Trade, alors que des millions d’Européens souffrent d’une canicule précoce depuis plusieurs jours, qui doit atteindre son pic mardi.”Pour donner un ordre d’idée, une journée de chaleur extrême (plus de 32°C) équivaut à une demi-journée de grève”, ajoute la note d’analyse. S’appuyant notamment sur le nombre de jours où la température constatée ou prévue a dépassé les 32°C dans chaque pays étudié entre le 1er mai et le 14 juillet, Allianz Trade calcule que “la vague de chaleur se traduit par une réduction de -0,5 point de la croissance du PIB de l’Europe pour 2025 et d’environ -0,6 point au niveau mondial”. Dans le détail, l’assureur estime que “la Chine, l’Espagne, l’Italie et la Grèce pourraient perdre près d’un point de PIB chacune en raison de la vague de chaleur actuelle”, et que “les Etats-Unis et la Roumanie pourraient être confrontés à une baisse d’environ -0,6 point chacun, tandis que la France pourrait perdre jusqu’à un tiers de point”.En revanche, “l’impact sur l’Allemagne semble minime avec seulement -0,1 point”.Ces chaleurs extrêmes “ont des effets négatifs directs importants, non seulement pour les personnes et la faune, mais aussi pour l’économie, notamment des pertes matérielles importantes dans les pays développés et des pertes humaines dans les pays en développement”, poursuit l’assureur, qui note que “les températures extrêmes réduisent également la productivité du travail”. “Lorsque les températures grimpent à 38°C, la baisse de productivité est encore plus spectaculaire, chutant de deux tiers”, indique encore le communiqué.

Carmat, fabricant de coeur artificiel, en redressement judiciaire

Le fabricant français d’un coeur artificiel temporaire destiné à des malades souffrant d’insuffisance cardiaque sévère, Carmat, a annoncé mardi l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire au lendemain de son dépôt de bilan.Au terme d’une audience qui s’est tenue mardi, le tribunal des Affaires Economiques de Versailles “a effectivement décidé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire”, pour chercher à régler les difficultés de l’entreprise, indique Carmat dans un communiqué.La reprise de cotation est prévue à l’ouverture des marchés mercredi, ajoute le concepteur du coeur Aeson dont ont bénéficié 122 patients dans l’attente d’une transplantation.Créée en 2008, Carmat n’a plus les fonds nécessaires pour payer immédiatement ses créanciers.Il lui fallait réunir un complément de trésorerie “d’au moins 3,5 millions d’euros” d’ici fin juin, une somme qu’elle n’a pas réussi à rassembler malgré une campagne de dons lancée auprès des entreprises et des particuliers ainsi que des démarches auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) et des pouvoirs publics.Carmat examinera durant la période d’observation, qui suit l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire, “toutes les options lui permettant la poursuite de ses activités, notamment un plan de cession”, selon son communiqué.Le coeur à taille unique Aeson comprend une prothèse reproduisant la forme et la fonction d’un cœur naturel et d’une tablette pour régler les paramètres.

Des millions d’Européens souffrent sous une canicule précoce

La canicule précoce qui frappe l’Europe de l’Ouest et du Sud s’étend mardi vers le nord, exposant les populations françaises, belges et néerlandaises à des températures extrêmes persistantes desquelles elles n’ont pas l’habitude de se protéger.Des alertes aux chaleurs extrêmes, qualifiées de “tueuses silencieuses” par l’ONU, sont aussi en vigueur mardi du Portugal jusqu’à la Croatie et la Grèce, et en Allemagne, Autriche et Suisse.Ce 1er juillet prolonge un mois de juin hors norme, le plus chaud jamais mesuré à la surface de la mer Méditerranée ainsi qu’en Angleterre ou en Espagne, où le record de 2017 a été “pulvérisé”, a annoncé l’agence météorologique espagnole.Paris, connue pour sa densité urbaine et son manque d’espace verts, est depuis midi en alerte rouge pour la première fois depuis cinq ans: 38°C sont attendus, les voitures polluantes interdites, le sommet de la Tour Eiffel fermé et des parcs ouverts la nuit.La situation est en-deça du record de 42°C, mais survient après bientôt deux semaines de vague de chaleur nationale précoce, d’autant plus préoccupante que les températures baissent trop peu la nuit pour offrir du repos aux organismes.Les rues parisiennes ne sont pas descendues en-dessous de 27°C dans la nuit de lundi à mardi, selon Météo-France.Sur la plupart du pays, les températures maximum oscillent entre 35 et plus de 40°C avant un répit prévu mercredi. Plus de 1.300 écoles mal équipées vont fermer totalement ou partiellement.Conséquence attendue du réchauffement climatique provoqué par la combustion des énergies fossiles, les canicules surviennent avant même les vacances scolaires – en France, la rentrée de septembre 2023 avait aussi été frappée d’une vague de chaleur tardive.Au Pays-Bas, les écoles de Rotterdam et du Brabant occidental ont fermé à midi, alors que 38°C, un niveau rare dans ce pays au climat océanique, sont annoncés.Chez les voisins allemands, pays continental plus chaud et aux vacances estivales plus courtes, les écoliers peuvent bénéficier du “hitzefrei”, le congé pour cause de chaleur remontant au XIXe siècle. Le pic de chaleur y est attendu mercredi, là-aussi avec des maximums jusqu’à 40°C.- “Pas normal” -“Cet événement est inhabituel car il est extrême, très tôt dans la saison estivale et que le changement climatique l’a très certainement aggravé”, analyse pour l’AFP Samantha Burgess, climatologue pour l’observatoire européen Copernicus.Ce coup de chaud continental “expose des millions d’Européens à un stress thermique élevé”, s’alarme-t-elle, constatant que l’adaptation des villes progresse mais trop lentement.L’impact prendra des mois à être estimé mais rappelle déjà les canicules de 2003 et 2022, responsables respectivement d’environ 70.000 et 61.000 décès prématurés, avant tout chez les personnes âgées.”On vit un peu comme des taupes”, dit à l’AFP Nicole, 85 ans, à Paris, pendant que son infirmier bande ses jambes enflées par la chaleur, dans l’air étouffant de son appartement au 20e étage d’une tour d’un quartier populaire.A Bruxelles, l’Atomium, monument emblématique parmi les plus visités en Belgique, voit ses célèbres boules en inox surchauffées sous plus de 37°C et est fermé l’après-midi jusqu’à mercredi inclus.A La Hague, Georgette Kymmell est consciente que le climat change: au lieu des pics habituels autrefois à 25°C en juillet, “aujourd’hui, il fait parfois jusqu’à 30°C en mai, ce qui n’est tout simplement pas normal.”- Ciel plus clair -“L’Europe se réchauffe depuis plus vite que la moyenne mondiale”, poursuit Samantha Burgess, en raison notamment de sa proximité avec l’Arctique, qui se réchauffe 3 à 4 fois plus vite, mais aussi de l’effet paradoxal de l’amélioration de la qualité de l’air grâce aux législations environnementales.Très bonne pour les poumons des Européens, la réduction des aérosols polluants signifie aussi que “nous avons un ciel plus clair, ce qui veut dire plus d’énergie qui atteint la surface de la Terre”, explique la scientifique.En Espagne et au Portugal, où des records pour juin de 46°C ont été mesurés samedi et dimanche, le thermomètre est redescendu mardi, mais pourrait encore dépasser 40°C par endroits.A Madrid, “c’est comme être dans un four (…) donc honnêtement, je ne me sens pas super bien, mais avec un peu de coca et une bière, on peut tout supporter”, philosophe Daniela Davila, une journaliste originaire d’Alicante, alors que les autorités recommandent pourtant d’éviter l’alcool et les boissons sucrées.

Renault détache ses résultats de Nissan et enregistre une perte de 9,5 milliards d’euros

Le constructeur automobile français Renault a annoncé mardi une modification de son traitement comptable des actions Nissan qu’il possède encore, provoquant une perte comptable ponctuelle de 9,5 milliards d’euros.La participation de 35,71% du groupe Renault dans son partenaire japonais, dont la valeur s’est effondrée, ne sera plus prise en compte dans ses résultats: elle sera désormais considérée comme un actif financier, a indiqué l’entreprise française dans un communiqué.L’idée est de “dérisquer” Renault en ayant des résultats plus prévisibles, a expliqué une porte-parole du groupe.”Toute variation de la juste valeur de la participation dans Nissan (estimée sur la base du cours bourse de Nissan) sera directement comptabilisée en capitaux propres, sans impact sur le résultat net de Renault Group”, a précisé Renault.Le constructeur français avait publié une perte historique de 8 milliards d’euros en 2020, à cause d’une chute des ventes liée notamment à l’épidémie de Covid, mais aussi de la mauvaise santé de Nissan.Le groupe au losange a depuis musclé son offre de véhicules et retrouvé des bénéfices, freinés cependant par la valeur en baisse de ses actions dans Nissan. Pour l’année 2024, le constructeur français avait annoncé un bénéfice net de 800 millions d’euros. Il aurait atteint 2,8 milliards sans Nissan. La Bourse de Paris a salué cette mesure et l’action Renault gagnait 1,92% à 15H30, à 39,88 euros.- “Transparence” -La modification annoncée mardi est “sans impact” sur les flux financiers (cash-flow) de Renault et sur le calcul du dividende, et n’est pas liée au départ annoncé du directeur général de Renault, Luca de Meo, a précisé le groupe.Le montant de 9,5 milliards d’euros correspond à la différence entre la valeur comptable actuelle de la participation de Renault dans Nissan (1.326 millions d’actions) et “sa juste valeur estimée sur la base du cours” de Bourse du groupe japonais lundi soir.Estimée à 1.500 yens dans les comptes, elle valait 350 yens (2,07 euros) lundi à la clôture de la Bourse de Tokyo, a expliqué le groupe français. Cette modification comptable “marque une rupture structurelle avec des décennies de consolidation avec la méthode de mise en équivalence” et simplifie les résultats de Renault, ont salué les analystes d’Oddo BHF dans une note.  “Cet ajustement améliore la transparence et est en ligne avec la relation capitalistique rééquilibrée entre Renault et Nissan, dont nous prévoyons qu’elle évoluera davantage (Renault devant réduire/vendre la majorité de sa participation – voire la totalité – lorsque cela sera possible/attrayant)”, ont-ils poursuivi. Le groupe Renault a confirmé ses objectifs financiers pour l’année 2025, qui prévoient notamment une marge opérationnelle, ont signalé de leur côté les analystes de Bernstein. Cette marge devrait s’améliorer entre le premier et le deuxième semestre, notamment avec le lancement de nouveaux modèles dont le SUV Dacia Bigster.- Détricotage -Ce montant intègre la perte de 2,2 milliards d’euros annoncée fin mai par Renault et liée aux dépréciations et coûts de restructuration de Nissan.La valeur de l’action Nissan, qui traverse de graves difficultés, s’est effondrée depuis le lancement de l’alliance avec Renault en 1999.Le constructeur français a reçu huit milliards d’euros de dividendes de Nissan depuis le début de l’Alliance, a-t-il signalé. Cette évolution comptable “ne modifie en rien les engagements stratégiques et opérationnels entre Renault Group et Nissan”, a souligné par ailleurs le groupe français.Après des années de projets communs, Nissan et Renault, ainsi que leur partenaire nippon Mitsubishi, ont pourtant commencé à détricoter leur alliance en 2023. Ils ont annoncé fin mars 2025 qu’ils allaient pouvoir descendre à 10% de leur capital respectif, contre 15% actuellement. Mais ils “continuent à travailler sur des programmes communs de développement industriels et technologiques”, comme la nouvelle Nissan Micra basée sur la Renault 5, a relevé le groupe français.Nissan est engagé dans de douloureuses restructurations, visant 20.000 suppressions de postes dans le monde d’ici l’exercice 2027, soit 15% de ses effectifs mondiaux.

Porté par les victimes, le délit “d’homicide routier” entériné au Parlement

“La loi ne détournera plus les yeux”: le délit “d’homicide routier” va pouvoir être mis en place après un ultime vote favorable du Sénat mardi, au grand soulagement des victimes qui en ont fait leur combat depuis plusieurs années.Le processus parlementaire est achevé. Après un vote des sénateurs à main levée mardi, la réforme portée par le député Les Républicains Eric Pauget attend désormais sa promulgation par le président de la République, préalable à son entrée en vigueur.Le débat sur le délit d’homicide et blessures routiers a été relancé après l’accident provoqué par Pierre Palmade en février 2023. Le comédien avait blessé grièvement trois personnes lors d’une violente collision en conduisant sous l’emprise de stupéfiants et a été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme en novembre 2024 pour blessures involontaires.Depuis trois ans, c’est aussi le combat du chef étoilé Yannick Alléno et son association Antoine Alléno, du nom de son fils mort en mai 2022 après avoir été percuté par un conducteur multipliant les infractions graves, qui a été condamné à 7 ans d’emprisonnement pour homicide involontaire.Or, l’utilisation de l’adjectif involontaire, terme juridique qui qualifie actuellement ces infractions, désempare les victimes et leurs familles, qui peinent souvent à l’accepter lorsqu’elles font face à des comportements délibérés comme la conduite sous l’emprise de stupéfiants ou sans permis.- “Changement sémantique” -“C’est l’aboutissement d’un travail acharné contre l’injustice”, s’est réjoui Yannick Alléno dans un communiqué où il salue l’adoption de ce texte qui va “mettre un terme à l’archaïsme de notre droit pénal”.”Rien ne réparera l’irréparable. Mais la loi, désormais, ne détournera plus les yeux”, s’est satisfait le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, appréciant une loi qui “affirme avec clarté que tuer sur la route, sous l’emprise de l’alcool, sous l’emprise de la drogue, en excès de vitesse ou dans le mépris délibéré des règles, ce n’est pas un simple accident, c’est un acte criminel”.Cette revendication était partagée jusqu’à la Ligue contre la violence routière, celle-ci arguant que ce “changement sémantique, souhaité par les victimes, intègre aussi des circonstances aggravantes plus nombreuses”.Avec ce délit, les responsables d’accidents mortels de la circulation accompagnés d’au moins une circonstance aggravante seront poursuivis pour homicide routier.Les circonstances aggravantes sont la violation d’une mesure de sécurité, l’état d’ivresse, la consommation de stupéfiants et/ou des substances psychoactives, ne pas être titulaire du permis, un dépassement de la vitesse maximale autorisée égal ou supérieur à 30 km/h, le délit de fuite, se servir de son téléphone portable à la main ou avec des écouteurs, le refus d’obtempérer, le rodéo urbain.- Peines encourues inchangées -Lorsqu’un conducteur se rendra coupable d’une de ces circonstances, il sera passible de 7 ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende, une peine élevée à 10 ans d’emprisonnement et 150.000 euros au-delà de deux circonstances aggravantes.Ce sont les mêmes peines que celles encourues actuellement avec l’homicide involontaire. Un point qui inquiète, alors que certains observateurs estiment que la moyenne des peines prononcées actuellement est de 2 ans d’emprisonnement.”Je redoute l’idée que les magistrats ne dépassent pas leur analyse de l’accident de la circulation comme demeurant un accident. Ils auraient pu le faire si on avait changé le quantum des peines”, souligne à l’AFP Me Vincent Julé-Parade, spécialisé dans la défense des victimes de la route.Plusieurs sénateurs ont émis les mêmes doutes mardi lors de l’examen final du texte, craignant un texte uniquement “symbolique” mais consentant néanmoins à adopter la proposition de loi sans modification pour éviter de prolonger le processus législatif.Le rapporteur Les Républicains Francis Szpiner a ainsi jugé le texte “imparfait”, estimant qu’il faudrait prolonger le travail pour, à terme, “que les chauffards comprennent que leur comportement est criminel”.En 2024, 3.190 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine et 233.000 ont été blessées, dont près de 16.000 gravement. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), les deux tiers des accidents corporels présentent au moins un facteur aggravant et les trois quarts des responsables récidivent, presque aussi fréquemment et plus gravement qu’avant.

Mimi Marchand condamnée à 18 mois de prison avec sursis pour chantage sur Karine Le Marchand

Une puissante patronne de presse people qui “joue” de son carnet d’adresses pour “s’attirer les faveurs” des puissants, par “tous les moyens”. Le tribunal a eu des mots sévères en condamnant mardi Mimi Marchand à 18 mois de prison avec sursis, pour avoir fait chanter l’animatrice Karine Le Marchand.Michèle dite Mimi Marchand, 78 ans, était présente au tribunal, en robe estivale et bottes de daim pour écouter la décision. Elle a quitté la salle d’audience sans réaction juste après.Le tribunal l’a reconnue coupable d’extorsion, et l’a également condamnée à 25.000 euros d’amende.”Les infractions ont été permises grâce à votre réseau, en jouant de votre carnet d’adresses, pour vous attirer des faveurs par tous les moyens, au mépris des victimes et avec une certaine mesquinerie”, lui a dit la présidente avant d’annoncer la peine – plus lourde que celle demandée à l’issue du procès il y a un mois par le parquet (un an avec sursis).Son avocate a indiqué aux médias qu’elle allait “immédiatement” faire appel. “Mimi Marchand a été condamnée pour une infraction d’extorsion qui n’est caractérisée ni juridiquement ni matériellement d’autant que le tribunal a reconnu qu’elle n’avait en aucun cas sollicité d’argent”, a déclaré Me Caroline Toby.Karine Le Marchand n’était pas présente pour la décision mais son avocat Jean Ennochi a jugé qu’elle était “satisfaisante”.En février 2020, la patronne de l’agence de photos Bestimage avait alerté l’animatrice de “L’amour est dans le pré” qu’un “jeune” photographe inconnu avait tenté de lui vendre des photos de sa fille mineure sortant de garde à vue. Elle l’avait rassurée, disant les avoir “bloquées” en donnant 3.000 euros au photographe.À la barre, Mimi Marchand a reconnu avoir “menti” – les images avaient été faites par l’un de ses paparazzi habituels, Sébastien Valiela. “Merci Mimi”, avait répondu soulagée Karine Le Marchand, avant de “rembourser” une première partie de l’argent avancé, 1.600 euros.- “Capacité d’influence” -Le tribunal a condamné Mimi Marchand à rendre ces 1.600 euros à Karine Le Marchand car “peu importe qu’un remboursement n’est pas explicitement été demandé” à partir du moment où Mimi Marchand a accepté l’argent. Elle devra aussi payer 1.500 euros à l’animatrice en réparation du “préjudice moral constitué par la crainte et le stress”.Cette affaire “résulte d’un stratagème et d’une construction intellectuelle montée de toutes pièces par Mimi Marchand pour faire croire qu’il y avait un risque de publication” des images de sa fille – pourtant invendables car elle était mineure. Karine Le Marchand s’est sentie “redevable et dépendante”, et Mimi Marchand n’a d’ailleurs pas tardé à lui faire des demandes, comme des “paparazzades” organisées que l’animatrice avait toujours refusées.Le tribunal a ainsi mis en avant “la pression entretenue” par Mimi Marchand sur Karine Le Marchand pendant plusieurs mois, “faisant augmenter la crainte de Karine Le Marchand de voir les photos de sa fille publiées”, une “crainte assez puissante pour lui enlever sa liberté d’esprit”.Enfin, les magistrats ont rappelé la “capacité d’influence” de Mimi Marchand, notoirement connue pour être une communicante de l’ombre des puissants – elle a longtemps été proche d’Emmanuel et Brigitte Macron, ainsi que Nicolas Sarkozy et Carla Bruni (avant que ces derniers ne soient inquiétés avec elle dans un volet annexe de l’affaire des soupçons de financement libyen de la campagne de l’ancien président).Le tribunal a également condamné le paparazzo Sébastien Valiela à six mois avec sursis pour recel de violation du secret professionnel car il avait été informé de la garde à vue de la fille de Karine Le Marchand par un policier.Le paparazzo a aussi été reconnu coupable de la même infraction dans un volet annexe, également en février 2020, car un policier l’avait alerté de la possible arrestation de l’artiste russe Piotr Pavlenski dans l’affaire des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux.À l’ouverture du procès le 26 mai, Piotr Pavlenski s’était fait expulser de la salle après avoir réclamé la relaxe de Mimi Marchand (qui a bénéficié d’un non-lieu sur ce volet), estimant que la diffusion des images de son interpellation participaient à son œuvre de “pornopolitique”.

A Bruxelles, les boules en inox de l’Atomium en surchauffe

L’Atomium, monument emblématique de Bruxelles, qui compte parmi les plus visités en Belgique, sera fermé au public l’après-midi, jusqu’à mercredi inclus, en raison des grosses chaleurs, a annoncé mardi la direction du monument.La structure du bâtiment aux célèbres boules est en inox, un alliage d’acier qui risque la surchauffe, alors que les prévisions météo faisaient état de températures pouvant grimper localement jusqu’à 37°C voire 38°C en Belgique.”En raison de la chaleur extrême et des contraintes liées à la structure du bâtiment, la température intérieure de l’Atomium sera particulièrement élevée au cours des prochains jours”, a expliqué la direction.”Pour cette raison, l’Atomium sera ouvert de 10h00 à 14h30″, au lieu de 18H00 habituellement, cela jusqu’à mercredi inclus, peut-on lire sur le site du monument.Il est précisé que les billets achetés en ligne resteront valables à tout moment jusqu’à la fin de l’année 2025.En 2020 les mesures de confinement liées à la pandémie de coronavirus avaient entraîné la fermeture pendant deux mois et demi du monument érigé pour l’Exposition universelle de 1958.Mais il est très rare que la chaleur empêche l’accueil du public dans les boules de l’Atomium et les escalators qui y accèdent.Jusqu’à aujourd’hui ce ne fut le cas qu’une seule fois, en 2019, quand la Belgique avait enregistré des records historiques de température –41,8°C sur une des stations de mesure de l’institut météorologique national le 25 juillet 2019–.Des Pays-Bas au Portugal, en passant par l’Allemagne, la France, et l’Espagne, l’Europe de l’ouest et du sud connaît ces jours-ci une canicule précoce. En Belgique comme en France, il fera moins chaud à partir de jeudi.

Chantage sur Karine Le Marchand: Mimi Marchand condamnée à 18 mois de prison avec sursis

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi la papesse de la presse people Mimi Marchand à une peine de 18 mois de prison avec sursis pour avoir exercé un chantage contre l’animatrice Karine Le Marchand avec des photos volées de sa fille mineure.Michèle dite Mimi Marchand, présente pour écouter la décision, a également été condamnée à 25.000 euros d’amende. Les infractions ont été permises grâce au “réseau” de la puissante patronne de l’agence Bestimage, qui a “joué” de son carnet d’adresses pour s'”attirer des faveurs par tous les moyens”, pour “s’enrichir”, “au mépris des victimes” et “avec une certaine mesquinerie”, lui a dit la présidente.”Mimi Marchand a été condamnée pour une infraction d’extorsion qui n’est caractérisée ni juridiquement ni matériellement d’autant que le tribunal a reconnu qu’elle n’avait en aucun cas sollicité d’argent, nous allons donc immédiatement interjeter appel”, a déclaré son avocate Caroline Toby à la presse en sortant de la salle d’audience.Karine Le Marchand n’était pas présente pour la décision mais son avocat Jean Ennochi a jugé qu’elle était “satisfaisante”.La peine est plus lourde que celle réclamée à l’issu du procès le mois dernier par le parquet, qui avait requis un an de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende à l’encontre de Mimi Marchand.En février 2020, elle avait alerté l’animatrice de “L’amour est dans le pré” qu’un “jeune” photographe inconnu avait tenté de lui vendre des photos de sa fille mineure sortant de garde à vue. Elle l’avait rassurée, disant les avoir “bloquées” en donnant 3.000 euros au photographe.A la barre, Mimi Marchand a reconnu avoir “menti” -les images avaient été faites par l’un de ses paparazzi habituels, Sébastien Valiela. “Merci Mimi”, avait répondu soulagée Karine Le Marchand, avant de “rembourser” une première partie de l’argent avancé, 1.600 euros.Le tribunal a condamné Mimi Marchand à payer ces 1.600 euros à Karine Le Marchand car “peu importe qu’un remboursement n’est pas explicitement été demandé” à partir du moment où Mimi Marchand a accepté l’argent, a dit le tribunal.Elle devra aussi payer 1.500 euros à l’animatrice en réparation du “préjudice moral constitué par la crainte et le stress vécu pendant six mois”.