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Canicule: encore une journée suffocante avant de tourner la page de la vague de chaleur en France

Une grande partie de la France s’apprête à vivre mercredi une dernière journée de canicule après avoir suffoqué la veille sous des températures allant jusqu’à 41,4°C, une vague de chaleur précoce qui a également concerné des millions d’Européens.Restent en vigilance rouge l’Aube, l’Yonne, le Loiret et le Cher, à ce stade jusqu’à 22H00, a indiqué Météo-France dans son dernier bulletin de tout début de matinée. Les départements d’Ile-de-France, la Vienne, l’Indre, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher ont eux été rétrogradés en orange.Si les maximales ne seront que de 25°C le long de la façade Atlantique, le thermomètre va encore atteindre jusqu’à 39°C dans d’autres régions, augurant d’une journée compliquée supplémentaire pour leurs habitants, assommés par la chaleur.Mercredi matin, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a annoncé que la France venait de connaître son deuxième mois de juin le plus chaud “depuis le début des mesures en 1900, derrière le mois de juin 2003″.L’anomalie de température a ainsi atteint +3,3°C en juin 2025, contre +3,6°C en juin 2003, a précisé son entourage à l’AFP.”Nous avons franchi le pic le plus intense, mais la prudence reste de mise et surtout pour les personnes fragiles”, a déclaré Mme Pannier-Runacher.Près d’Orléans, Salem Sardji, venu de la région parisienne avec ses enfants, a bravé mardi comme des milliers d’autres personnes l’interdiction de baignade pour se rafraîchir dans un bras de la Loire.”Il y a des risques mais là, on n’a pas le choix”, considérait ce père de famille venu sur une plage du plan d’eau aménagé de l’île Charlemagne, alors que le thermomètre affichait 38°C en fin d’après-midi.Dans la salle d’activités de l’hôpital gériatrique Pierre Garraud de Lyon, où un protocole renforcé est appliqué en période de canicule, les infirmières prenaient soin de passer au brumisateur les visages des seniors.Mardi, 2.200 écoles mal équipées, 12 collèges et un lycée ont fermé – environ 3% des établissements scolaires -, révélant l’inadaptation du bâti scolaire aux enjeux climatiques.Les nuits n’ont apporté que peu de répit: Météo-France prévoyait des températures encore comprises entre 20 et 23°C au plus frais de la nuit de mardi à mercredi. A Paris, il faisait 25°C vers 05H00 mercredi.”Du fait du réchauffement climatique provoqué par l’homme, la chaleur extrême devient plus fréquente et plus intense”, a rappelé Clare Nullis, porte-parole de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), y voyant un phénomène avec lequel “nous devons apprendre à vivre”.- Chaleurs “tueuses silencieuses” -Le reste de l’Europe, notamment du Sud, a également souffert de ces fortes chaleurs, qualifiées de “tueuses silencieuses” par l’ONU, avec des alertes à la population du Portugal jusqu’à la Croatie et la Grèce, ainsi qu’en Allemagne, en Autriche et en Suisse.Paris, connue pour sa densité urbaine et son manque d’espaces verts, avait été placée en alerte rouge mardi pour la première fois depuis cinq ans, avec un thermomètre frôlant les 38°C, le sommet de la Tour Eiffel fermé, des parcs maintenus ouverts la nuit et les voitures polluantes interdites à la circulation.Cette “circulation différenciée” devait être levée mercredi à 6H00, a indiqué la Préfecture du police, les prévisions faisant état d'”une persistance de l’épisode de pollution (…) avec toutefois une diminution des concentrations de polluants en ozone”. La réduction de 20 km/h des vitesses maximales autorisées dans tout le périmètre du Grand-Paris doit elle rester en vigueur toute la journée.”Avec la canicule, on va sûrement être à plus 30%, plus 40% d’appels par rapport à la normale”, a estimé auprès de l’AFP le Pr Frédéric Adnet, chef de service du SAMU 75 AP-HP.Les fortes chaleurs peuvent provoquer déshydratation, crampes musculaires, maux de tête ou nausées, le risque le plus grave étant le coup de chaleur, qui peut mener jusqu’au décès, en particulier chez les personnes fragiles.Pour protéger les plus âgés, des initiatives sont prises partout en Europe, avec par exemple des visites guidées gratuites de musées climatisés à Venise ou la gratuité des piscines à Rome.Cet épisode de fortes chaleurs “est inhabituel car il est extrême, très tôt dans la saison estivale et que le changement climatique l’a très certainement aggravé”, a relevé auprès de l’AFP Samantha Burgess, climatologue pour l’observatoire européen Copernicus.Selon une publication d’Allianz Trade mardi, l’économie européenne pourrait perdre 0,5 point de croissance en 2025 en raison des récentes vagues de chaleur.L’impact sanitaire sera lui plus long à mesurer. En France, selon le ministère de la Santé, une première estimation de la surmortalité pendant la période sera connue deux semaines environ après la fin de la canicule, mais ce n’est qu’à l’automne que des données détaillées basées sur l’exploitation des données médicales seront disponibles.bur-dlm-lby-jmi/kd/pta

Violences à l’école: le rapport parlementaire recommande de créer un fonds d’indemnisation

La commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire, créée dans la foulée du scandale de Bétharram, appelle à “reconnaître la responsabilité de l’Etat” et à créer “un fonds d’indemnisation et d’accompagnement” des victimes, dans son rapport publié mercredi.Le rapport parlementaire, qui liste 50 recommandations, préconise aussi notamment d’effectuer des contrôles “chaque année” dans les établissements avec internats du primaire et “au maximum tous les trois ans” dans le secondaire (collèges et lycées). Il demande aussi “au moins un contrôle périodique complet des établissements privés tous les cinq ans au plus”.Les rapporteurs Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance) soulignent en outre dans leurs conclusions “la persistance de violences multiformes dans tous les types d’établissements scolaires” et un “Etat défaillant” pour contrôler, prévenir et traiter ces violences. La commission d’enquête est née du scandale autour des révélations sur l’affaire des violences sexuelles et physiques qui se sont poursuivies pendant des décennies à Notre-Dame-de-Bétharram L’affaire a éclaboussé le Premier ministre François Bayrou, qui était ministre de l’Education au moment des premières révélations sur l’établissement privé catholique du Béarn, où plusieurs de ses enfants ont été scolarisés.Dans leur rapport, les députés pointent un “défaut d’action” de François Bayrou à l’époque, qui a pu laisser les violences “perdurer”. “Les rapporteurs constatent qu’à défaut d’action, que l’ancien ministre de l’Education nationale et (ancien) président du conseil général (du département), alors informé, avait les moyens d’engager, ces violences physiques et sexuelles sur les élèves de Bétharram ont perduré pendant des années”, écrivent-ils.Le rapport indique par ailleurs que “pour le rapporteur Paul Vannier”, le Premier ministre a “menti” à la représentation nationale “en niant toute information au sujet de ces violences”, mensonge qui “pouvait viser à dissimuler” son “inaction” en tant qu’ancien ministre de l’Education nationale (1993-1997) et ex-président du conseil général (1992-2001) “alors qu’il était informé de faits de violences physiques dès 1996 et de faits de violences sexuelles dès 1998”. La présidente de la commission d’enquête Fatiha Keloua Hachi (PS) a toutefois jugé lundi insuffisamment fondée la demande de signalements à la justice de Paul Vannier, qui suspecte de “faux témoignages” trois personnes, dont François Bayrou. 

“Ecrire, c’est penser”: les étudiants apprennent-ils moins bien avec ChatGPT ?

Quand Jocelyn Leitzinger a demandé à ses étudiants de raconter une anecdote personnelle sur la discrimination, elle a remarqué que la victime s’appelait souvent Sally. “Il était clair que c’était un prénom féminin courant pour ChatGPT”, se désole l’enseignante de Chicago.Ses étudiants “n’écrivaient même pas sur leur propre vie!”, s’étrangle Mme Leitzinger, qui enseigne sur le commerce et la société à l’Université de l’Illinois.La professeure estime qu’environ la moitié de ses 180 étudiants ont utilisé ChatGPT de manière inappropriée au cours du dernier semestre – y compris quand il s’agissait d’écrire sur les questions éthiques liées à l’intelligence artificielle (IA)… Et dit à l’AFP ne pas avoir été surprise par les résultats d’une récente recherche suggérant que les étudiants qui utilisent l’IA générative pour écrire des dissertations ont moins l’esprit critique.L’étude préliminaire, qui n’a pas encore été revue par des pairs, est devenue virale sur les réseaux sociaux, trouvant manifestement un écho chez de nombreux éducateurs confrontés à ces pratiques.Depuis sa publication le mois dernier, plus de 3.000 enseignants ont écrit à l’équipe de chercheurs du MIT qui l’a menée, a indiqué Nataliya Kosmyna, son autrice principale à l’AFP.Pour cette étude, 54 étudiants de la région de Boston ont été répartis en trois groupes. Ils devaient écrire des dissertations de 20 minutes, le premier en utilisant ChatGPT, le deuxième un moteur de recherche et le troisième seulement leurs méninges.Les chercheurs ont mesuré l’activité cérébrale des étudiants lors de sessions espacées de plusieurs mois et deux enseignants ont été chargés de noter les écrits.Les utilisateurs de ChatGPT ont eu des résultats significativement moins bons que ceux ayant utilisé leurs seules têtes. Des électroencéphalogrammes ont montré que différentes régions de leur cerveau se connectaient entre elles moins souvent.En outre, plus de 80% des utilisateurs de l’IA ne pouvaient citer aucun passage de la dissertation qu’ils venaient juste d’écrire, contre seulement 10% dans chacun de deux autres groupes.Au bout de la troisième session, ils semblaient se borner principalement à faire des copier-coller.- Ecrits sans âme – De leur côté, les enseignants chargés de corriger les copies ont déclaré être facilement capables de reconnaître celles, “sans âme”, écrites grâce à l’IA. Si la grammaire et la structure étaient correctes, elles manquaient de créativité, de personnalité et de réflexion profonde.Cependant, Mme Kosmyna nuance les interprétations de l’étude faites par certains médias, selon lesquels l’IA rendrait les gens stupides ou paresseux.Lors de la quatrième session, le groupe n’ayant jusque-là mobilisé que son cerveau a été invité à utiliser ChatGPT pour la première fois… et a affiché un niveau de connectivité neuronale encore plus élevé, souligne-t-elle.Il est trop tôt pour tirer des conclusions à partir d’un échantillon aussi réduit, selon la chercheuse, qui appelle à davantage d’études sur la façon de mieux utiliser les outils de l’IA afin de faciliter l’apprentissage.Ashley Juavinett, neuroscientifique à l’Université de Californie San Diego, qui n’a pas participé à la recherche, critique également certaines “extrapolations” faites à partir de l’étude.”Cet article ne fournit pas assez de preuves, ni de rigueur méthodologique pour en tirer des conclusions sur l’impact des grands modèles de langage (comme ChatGPT, ndlr) sur le cerveau”, déclare-t-elle à l’AFP.Pour Mme Leitzinger, ces résultats font cependant écho à sa perception de la façon dont les écrits de ses étudiants ont changé depuis l’arrivée de ChatGPT en 2022, avec moins de fautes d’orthographe mais aussi d’authenticité.L’émergence de l’intelligence artificielle est souvent comparée à l’introduction des calculatrices, qui a obligé les professeurs à changer leurs méthodes.Mais Mme Leitzinger s’inquiète du fait que les étudiants n’ont plus besoin d’aucune connaissance de base avant d’utiliser l’IA, sautant l’étape essentielle de l’apprentissage.Le problème va bien au-delà de l’enseignement. Les revues scientifiques ont du mal face à l’afflux massif d’articles générés par l’IA. Et l’édition n’est pas en reste, alors qu’une start-up prévoit de publier 8.000 livres écrits par l’IA chaque année.”Ecrire c’est penser ; penser c’est écrire. Si l’on supprime ce processus, que reste-t-il de la pensée ?”, s’interroge M. Leitzinger.

Thai veteran politician set for single day as acting PM

Thailand’s acting prime minister is set to helm the country for only one full day Wednesday, standing in for suspended premier Paetongtarn Shinawatra before being replaced himself in a cabinet reshuffle.Transport minister and deputy prime minister Suriya Jungrungreangkit began his engagements by attending a ceremony in Bangkok celebrating the longevity of the prime minister’s office.The …

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Canicule: encore une journée suffocante avant de tourner la page de la vague de chaleur en France

Une grande partie de la France s’apprête à vivre mercredi une dernière journée de canicule après avoir suffoqué la veille sous des températures allant jusqu’à 41,4°C, une vague de chaleur précoce qui a également concerné des millions d’Européens.Restent en vigilance rouge l’Aube, l’Yonne, le Loiret et le Cher, à ce stade jusqu’à 22H00, a indiqué Météo-France dans son dernier bulletin de tout début de matinée. Les départements d’Ile-de-France, la Vienne, l’Indre, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher ont eux été rétrogradés en orange.Si les maximales ne seront que de 25°C le long de la façade Atlantique, le thermomètre va encore atteindre jusqu’à 39°C dans d’autres régions, augurant d’une journée compliquée supplémentaire pour leurs habitants, assommés par la chaleur.Près d’Orléans, Salem Sardji, venu de la région parisienne avec ses enfants, a bravé mardi comme des milliers d’autres personnes l’interdiction de baignade pour se rafraîchir dans un bras de la Loire.”Il y a des risques mais là, on n’a pas le choix”, considérait ce père de famille venu sur une plage du plan d’eau aménagé de l’île Charlemagne, alors que le thermomètre affichait 38°C en fin d’après-midi.Dans la salle d’activités de l’hôpital gériatrique Pierre Garraud de Lyon, où un protocole renforcé est appliqué en période de canicule, les infirmières prenaient soin de passer au brumisateur les visages des seniors.Mardi, 2.200 écoles mal équipées, 12 collèges et un lycée ont fermé – environ 3% des établissements scolaires -, révélant l’inadaptation du bâti scolaire aux enjeux climatiques.Les nuits n’ont apporté que peu de répit: Météo-France prévoyait des températures encore comprises entre 20 et 23°C au plus frais de la nuit de mardi à mercredi. A Paris, il faisait 25°C vers 05H00 mercredi.”Du fait du réchauffement climatique provoqué par l’homme, la chaleur extrême devient plus fréquente et plus intense”, a rappelé Clare Nullis, porte-parole de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), y voyant un phénomène avec lequel “nous devons apprendre à vivre”.- Chaleurs “tueuses silencieuses” -Le reste de l’Europe, notamment du Sud, a également souffert de ces fortes chaleurs, qualifiées de “tueuses silencieuses” par l’ONU, avec des alertes à la population du Portugal jusqu’à la Croatie et la Grèce, ainsi qu’en Allemagne, en Autriche et en Suisse.Paris, connue pour sa densité urbaine et son manque d’espaces verts, avait été placée en alerte rouge mardi pour la première fois depuis cinq ans, avec un thermomètre frôlant les 38°C, le sommet de la Tour Eiffel fermé, des parcs maintenus ouverts la nuit et les voitures polluantes interdites à la circulation.Cette “circulation différenciée” devait être levée mercredi à 6H00, a indiqué la Préfecture du police, les prévisions faisant état d'”une persistance de l’épisode de pollution (…) avec toutefois une diminution des concentrations de polluants en ozone”. La réduction de 20 km/h des vitesses maximales autorisées dans tout le périmètre du Grand-Paris doit elle rester en vigueur toute la journée.”Avec la canicule, on va sûrement être à plus 30%, plus 40% d’appels par rapport à la normale”, a estimé auprès de l’AFP le Pr Frédéric Adnet, chef de service du SAMU 75 AP-HP.Les fortes chaleurs peuvent provoquer déshydratation, crampes musculaires, maux de tête ou nausées, le risque le plus grave étant le coup de chaleur, qui peut mener jusqu’au décès, en particulier chez les personnes fragiles.Pour protéger les plus âgés, des initiatives sont prises partout en Europe, avec par exemple des visites guidées gratuites de musées climatisés à Venise ou la gratuité des piscines à Rome.En Espagne, le gouvernement a activé un protocole pour renforcer la protection des femmes vulnérables durant l’été, soulignant que l’augmentation des températures avait un impact sur les violences de genre.Dans la province de Lérida en Catalogne, dans le nord-est du pays, les pompiers ont par ailleurs annoncé mardi la découverte de deux corps après un incendie.Cet épisode de fortes chaleurs “est inhabituel car il est extrême, très tôt dans la saison estivale et que le changement climatique l’a très certainement aggravé”, a relevé auprès de l’AFP Samantha Burgess, climatologue pour l’observatoire européen Copernicus.Selon une publication d’Allianz Trade mardi, l’économie européenne pourrait perdre 0,5 point de croissance en 2025 en raison des récentes vagues de chaleur.L’impact sanitaire sera lui plus long à mesurer. En France, selon le ministère de la Santé, une première estimation de la surmortalité pendant la période sera connue deux semaines environ après la fin de la canicule, mais ce n’est qu’à l’automne que des données détaillées basées sur l’exploitation des données médicales seront disponibles.

Aux Philippines, l’île de Palawan tente de résister à l’exploitation minière

Un amas de nickel domine la rizière que la famille de Moharen Tambiling cultive à Palawan depuis des générations: sur cette île des Philippines, les autorités espèrent maîtriser l’exploitation minière grâce à l’adoption d’un moratoire.”Ils nous ont dit avant le début de leurs opérations que cela ne nous affecterait pas, mais les effets sont indéniables aujourd’hui”, dit-il à l’AFP.”Les pangolins, les phacochères, les oiseaux disparaissent. Les fleurs aussi.”L’île de Palawan, destination touristique idyllique de l’ouest des Philippines, possède de vastes gisements de nickel, nécessaire à la fabrication de batteries de véhicules électriques et de nombreux types d’acier inoxydable.En mars, le conseil gouvernemental de l’île a approuvé à l’unanimité un moratoire de 50 ans sur les nouvelles demandes d’exploitations minières.”Nous sommes les témoins des effets de l’exploitation minière à long terme dans le sud de Palawan”, confie à l’AFP Nieves Rosento, une ancienne conseillère qui s’est battu pour son adoption.En 2021, le pays d’Asie du Sud-Est a levé une interdiction de neuf ans sur les licences, ce qui a débloqué des centaines de demandes et permis le dépôt de nouvelles.Pourtant, quatre ans plus tard, les exportations de minerais représentent toujours moins de 2% du PIB. Et malgré les promesses d’emplois, la réticence aux projets grandit localement.- Inondations -Selon la société d’exploitation Ipilan, l’augmentation de la production se traduira par des royalties plus importantes pour les populations locales et des recettes fiscales plus élevées. Mais Alayma, la soeur de M. Tambiling, perd confiance.Cette mère célibataire de six enfants gagnait autrefois entre 1.000 et 5.000 pesos philippins par jour (15 à 75 euros environ) en vendant des homards pêchés à l’endroit où se trouve aujourd’hui la jetée.Une compensation unique de 120.000 pesos (un peu plus de 1.800 euros) lui a été proposée. Offre qu’elle qualifie d’insultante.”Les moyens de subsistance de tous les peuples autochtones dépendaient de cette zone”, alerte-t-elle.Au-dessus de la rizière de M. Tambiling, des pans entiers de montagnes ont été déboisés, ce qui provoque des inondations qu’il décrit comme “redoutables, profondes et rapides”.La mine d’Ipilan a été sanctionnée pour avoir abattu des arbres dans des “zones de protection maximale”, mais ses activités se poursuivent.Les doléances à sa société mère, Global Ferronickel Holdings, sont restées sans réponse.Il est certes “possible d’éliminer la pollution en utilisant des véhicules électriques”, témoigne Jeminda Bartolome, métayère qui milite contre l’exploitation minière.”Mais il faut aussi étudier ce qui se passe dans la région”, ajoute-t-elle.- “Pas de royalties” -Au sud ouest de Brooke’s Point, à Rio Tuba, la plus ancienne mine de nickel du pays est en pleine expansion.Le vice-président de l’entreprise, Jose Bayani Baylon, insiste fièrement sur le fait que l’exploitation minière a transformé un marais autrefois difficilement accessible en une “localité premium”.”Vous avez un aéroport, vous avez un port (…), un hôpital, vous avez des infrastructures que beaucoup d’autres communautés n’ont pas”, explique-t-il.Il rejette les critiques, affirmant que l’exploitation minière ne concerne qu’une petite partie de Palawan et qu’elle est fortement réglementée.Des milliers d’arbres ont été abattus depuis janvier, mais M. Baylon affirme que “selon la loi, pour chaque arbre coupé, il faut en planter 100″.Selon l’ONG Global Witness, les permis d’exploitation et de prospection minières concernent un cinquième des terres autochtones des Philippines.”Certains peuples autochtones n’ont pas reçu de royalties au cours des dix dernières années”, affirme Nieves Rosento.Kennedy Coria, un habitant qui déclare ne savoir ni lire ni écrire, a expliqué devoir signer un document chaque année.”On recevait environ quatre kilos de riz de la part du chef de la communauté”, en gage de rétribution pour les bénéfices de la mine, témoigne-t-il.L’avocate en droit de l’environnement Grizelda Mayo-Anda affirme que ce moratoire pourrait stopper 70 projets couvrant 240.000 hectares.Entre 2001 et 2024, la province de Palawan a perdu 219.000 hectares de forêt, selon Global Forest Watch.Le moratoire de Palawan n’empêchera pas l’expansion de Rio Tuba ni les activités d’Ipilan, mais ses soutiens pensent qu’il ralentira l’exploitation minière.Des défis se profilent néanmoins à l’horizon: une récente décision de la Cour suprême a annulé l’interdiction de l’exploitation minière dans la province voisine de Mindoro Occidental.

Climat: l’UE met enfin son objectif 2040 sur la table

Après plusieurs mois de flottements, la Commission européenne soumet enfin mercredi aux États membres son objectif climatique en 2040. Bruxelles promet de maintenir des ambitions élevées, mais devrait introduire des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.L’exécutif européen dévoilera sa proposition à la mi-journée, alors que le sud de l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an déjà, la Commission devrait maintenir l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990.Mais, pour tenter de rallier les États les plus sceptiques, l’exécutif européen est prêt à introduire de la souplesse dans le calcul, au grand dam des organisations environnementales.A partir de 2036, la Commission pourrait autoriser les vingt-sept à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe, selon un document de travail consulté par l’AFP.Les ONG y sont fermement opposées. Études scientifiques à l’appui, elles remettent en cause l’impact “réel” de tels crédits sur les réductions d’émissions de CO2.”3%, ce n’est pas négligeable. Ce sont potentiellement des sommes considérables qui vont être dépensées à l’étranger au lieu de financer la transition” en Europe, regrette Neil Makaroff, un expert du centre de réflexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique à trouver”, concède ce spécialiste du climat. “L’enjeu, ce sera que l’Union européenne mette en place un standard pour que ces crédits internationaux permettent réellement de baisser les émissions et ne pas laisser les États faire chacun à leur sauce”.- Calendrier serré avant Belem – Une fois dévoilée mercredi, la proposition de la Commission devrait être discutée informellement entre les ministres de l’Environnement mi-juillet avant un éventuel vote le 18 septembre, et une transmission du texte au Parlement européen.Bruxelles espère toujours que l’objectif 2040 sera approuvé avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre à Belém au Brésil.Mais le calendrier est très serré, et les négociations s’annoncent délicates dans une Europe de plus en plus à droite.Le commissaire européen chargé du climat Wopke Hoekstra fait le tour des capitales depuis des mois pour tenter de trouver un compromis.Certains États ont déjà critiqué ouvertement les ambitions climatiques de l’Europe comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la République tchèque, qui défend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggérait quant à elle de s’en tenir à une baisse des émissions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de récupérer la présidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilités” de 3% envisagées par l’UE correspondent également aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France défend de son côté une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée.Emmanuel Macron en a fait un des sujets du sommet européen de jeudi dernier à Bruxelles. L’Élysée réclame des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation.Du point de vue des obligations internationales, le président français souligne aussi que l’UE doit seulement présenter une trajectoire 2035 — et non 2040 — à la COP30 au Brésil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour Belém super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, a réclamé Emmanuel Macron à Bruxelles.2040 est une étape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens: électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…

Nouvelle-Calédonie: Macron ouvre un sommet à Paris, sur fond d’incertitudes persistantes

Emmanuel Macron ouvre mercredi à Paris un sommet censé tracer un avenir politique et économique pour la Nouvelle-Calédonie, un an après les émeutes meurtrières, mais les lignes de fracture entre indépendantistes et loyalistes restent profondes et le format soulève de nombreuses interrogations.Le chef de l’État doit s’exprimer à 15h00 à l’Élysée devant les délégations politiques du territoire, avant leur départ vers un hôtel à Bougival (Yvelines), où les discussions se poursuivront à huis clos jusqu’au weekend, sans date butoir fixée.La démarche présidentielle “vise à instaurer un dialogue garant d’un équilibre politique, social et culturel durable, adapté à la réalité calédonienne”, a affirmé l’Élysée, qui souhaite “dépasser les logiques d’opposition pour construire un avenir partagé, équilibré et pérenne”.L’objectif est de relancer les discussions institutionnelles, mais aussi économiques et sociales, dans un territoire encore exsangue après les violences de mai 2024, qui ont fait 14 morts et coûté plus de 15% de son PIB.Mais le contenu et le déroulé du “Sommet pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie” restent flous. Des séquences “hybrides” avec les acteurs économiques, sociaux et la société civile sont prévues en journée. Les négociations politiques auront lieu en soirée et pendant le weekend.”Au pays, on se pose beaucoup de questions sur la pertinence de ce format-là”, a souligné le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou, qui estime que “la méthode ayant permis jusqu’ici de garder les gens à la table est remise en cause”.Le chef de l’État a souhaité relancer le dialogue après l’échec des négociations de Deva, en mai, qui avaient vu les délégations indépendantistes et loyalistes se quitter sans parvenir à un accord après trois jours de “conclave” sous l’égide du ministre des Outre-mer Manuel Valls. Depuis, “le fil du dialogue” n’a pas été rompu, a noté le ministre des Outre-mer, qui veut croire à un accord encore possible: “Il faut de la paix civile, il faut de la stabilité dans la durée. Tout le monde en est conscient des deux côtés”.- “Implosion sociale” -Mais les positions restent radicalement opposées. Le projet de “souveraineté avec la France” proposé en mai par M. Valls – incluant une double nationalité et une délégation des compétences régaliennes – a suscité la colère des non-indépendantistes.”On ne peut pas repartir pour un round de négociation qui reprend ce qu’a proposé Manuel Valls”, a averti une source loyaliste: “Le président de la République a annoncé qu’il proposerait un nouveau projet. On attend qu’il nous le présente”. Le député loyaliste Nicolas Metzdorf a affirmé toutefois venir “essayer de trouver un compromis avec l’État et les partenaires indépendantistes”. Il appelle également à plus de clarté sur la vision de l’État.”Ce qu’on attend, c’est une ambition pour la Nouvelle-Calédonie. Qu’est-ce que la France souhaite pour la Nouvelle-Calédonie, quelles perspectives la France veut lui donner ?”, a-t-il dit.Côté indépendantiste, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a rappelé qu’aucun compromis ne pourra être envisagé “en deçà” du socle proposé à Deva.”Vous saurez tout de suite si ça fait long feu ou pas”, a glissé mardi Emmanuel Tjibaou, appelant à “inscrire de manière définitive un statut qui prenne en compte les aspirations de ce peuple kanak”.De son côté, le président de la République reste discret sur ses intentions réelles. Un an après les émeutes, les élus locaux s’inquiètent d’un climat toujours tendu mais surtout d’une crise économique persistante.Une large partie des discussions sera consacrée à l’économie et à l’avenir du nickel, ressource stratégique de l’archipel. Car “même un accord politique n’empêchera pas de devoir relever des défis immenses”, a estimé Manuel Valls, mettant l’accent sur le risque “d’implosion sociale” de l’archipel.”Il y a une prise de conscience de l’ensemble des acteurs politiques et économiques sur le fait qu’une absence d’accord serait désastreuse pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie”, a-t-il ajouté.