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Grève de contrôleurs de France: 1.125 vols annulés, des vacanciers et professionnels mécontents

A quelques heures des premiers grands départs, certains vacanciers ont dû revoir leurs plans: 1.125 vols ont été annulés vendredi en France, en particulier dans les aéroports parisiens et à Nice, en raison d’une deuxième journée de grève de contrôleurs aériens.”Il faut se rendre compte qu’hier et aujourd’hui, 272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être de plus de 500.000 personnes. C’est inacceptable”, a déclaré vendredi matin sur CNews le ministre des Transports Philippe Tabarot. Des centaines de milliers de personnes ont déjà été affectées jeudi en France et en Europe par ce mouvement social, déclenché par deux syndicats minoritaires qui réclament une amélioration de leurs conditions de travail et des effectifs plus importants.A l’aéroport d’Orly vendredi matin, des voyageurs étaient désemparés.Sabrina Taristas, 42 ans, cherchait à partir à Toulouse. “Si je reste jusqu’à dimanche pour un départ, est-ce qu’il y aura un hôtel de prévu ? Ou est-ce que tout sera à ma charge ? (…) On ne peut pas aller à l’encontre de la grève, mais après c’est vrai que c’est pénalisant pour nous les voyageurs”, a-t-elle déclaré à l’AFP.1.125 vols ont été annulés vendredi, au départ de la France ou à l’arrivée, selon la Direction générale de l’aviation civile, contre 933 jeudi. Les préavis de grève couraient jusqu’à vendredi soir et aucune perturbation n’est donc prévue samedi.Lara, 30 ans, devait prendre un vol Paris-Berlin avec son conjoint. “Le vol était prévu jeudi soir, mais nous avons été informés mercredi qu’il avait été annulé. Nous avions pu prendre un autre billet gratuitement, pour vendredi soir, mais il a été supprimé à son tour”, a-t-elle expliqué.”Il a fallu prendre en urgence des billets de train. Résultat, un surcoût de 100 euros et plusieurs heures de trajet en plus”, témoigne-t-elle.De nombreux voyageurs ont annulé des nuitées dans des hôtels, “particulièrement dans les villes avec de gros aéroports comme Nice ou Paris”, selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).”C’est un peu la panique entre ceux qui arrivent et ceux qui partent, les compagnies aériennes cherchent à reloger leurs clients, c’est compliqué à gérer et ça va leur coûter cher”, a déclaré à l’AFP Véronique Siegel, responsable de la branche hôtellerie de l’Umih. A Nice, deuxième aéroport d’affaires en Europe, la moitié des vols commerciaux ont été annulés (près de 220 vendredi) ainsi que la quasi-totalité des vols de jets privés.- “Stratégie de blocage” -Les effets du mouvement se font sentir au-delà des frontières nationales, la principale association européenne de compagnies aériennes, Airlines for Europe (A4E) ayant estimé qu’en Europe, 1.500 vols seraient annulés jeudi et vendredi, “affectant presque 300.000 passagers” sur le Vieux continent.L’Union des aéroports français a dénoncé dans un communiqué une “stratégie de blocage systématique, qui sacrifie l’intérêt général sur l’autel de revendications difficilement justifiables”.Selon la DGAC, le taux de grévistes s’est établi à 26,2% jeudi, 272 contrôleurs ayant pris part au mouvement sur le millier de personnels de service.Le deuxième syndicat d’aiguilleurs du ciel, l’Unsa-Icna (17% des voix aux dernières élections professionnelles) a lancé ce mouvement pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Il a été rejoint par la troisième force syndicale de la profession, l’Usac-CGT (16%).- “Management toxique” -Une réforme contestée est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, après un “incident grave” à l’aéroport de Bordeaux fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision. Une enquête en avait fait peser la responsabilité sur une organisation défaillante du travail des aiguilleurs, en dehors du cadre légal et sans respect du tableau de service.Parmi les griefs de l’Unsa-Icna: “un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l’été”, des outils obsolètes et “un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés”.Le premier syndicat d’aiguilleurs du ciel, le SNCTA (60% des voix), n’a pas appelé à la grève.tq-max-neo-tsz-sr-fcc/jum/eb

Grèce : nouvel incendie près d’Athènes

Un nouvel incendie s’est déclaré vendredi dans une zone périurbaine près d’Athènes tandis que le risque de feux ailleurs en Grèce s’avère “très élevé”, en raison d’une hausse attendue des températures et des vents violents.En milieu de journée, un incendie d’origine inconnue s’est produit sur la commune de Koropi, à 30 km environ à l’est de la capitale grecque, attisé par des bourrasques.Il s’est rapidement propagé à travers cette zone qui comprend de nombreuses habitations au milieu d’une végétation dense et s’étend jusqu’au bord de la mer Egée, dans le golfe Saronique.Quelque 800 personnes ont été évacuées, a annoncé le porte-parole des pompiers, Vassilios Vathrakoyannis.Les flammes ont “rapidement pris des proportions dangereuses” sous l’effet du vent, avec de multiples départs de feu, a-t-il raconté.La population avait reçu des alertes envoyées par la Protection civile sur les téléphones portables. Et plusieurs routes de la périphérie d’Athènes ont été bouclées à la circulation.- “En phase de régression” -L’incendie a ravagé des habitations, des oliviers et des broussailles, peut-on voir sur des images diffusées par la chaîne de télévision publique ERT.Toutefois, en fin d’après-midi, le porte-parole des pompiers a fait savoir que ce sinistre était désormais “en phase de régression”.”Les opérations se poursuivent, principalement pour maîtriser de petits foyers”, a-t-il ajouté au cours d’un point de presse.Au total, 120 pompiers ont été déployés sur place épaulés de 30 véhicules, huit avions et huit hélicoptères, selon le porte-parole des pompiers.L’inquiétude demeure pour les prochains jours, en particulier pour samedi, les 40 degrés Celsius devant en principe être dépassés. “Le risque d’incendies reste encore très élevé pour demain”, a insisté vendredi un responsable du bureau de presse des pompiers auprès de l’AFP.Parmi les régions les plus menacées figurent l’Attique (la région d’Athènes) qui compte plus de quatre millions habitants mais aussi le nord de l’île d’Eubée, plus à l’est, a averti la Protection civile grecque. Au cours des dernières 24 heures, 47 incendies de végétation agricole et forestière se sont déclarés dont la majeure partie ont été maîtrisés, ont dit les pompiers.A partir de ce week-end, la Grèce devrait voir les températures atteindre jusqu’à 41°C-42°C dans certaines régions, selon les prévisions des services de météorologie EMY.  A Koropi, “le feu est arrivé à l’intérieur des cours des maisons”, a souligné son maire, Dimitris Kiousis, sur ERT.”Tous les habitants (des zones menacées) ont été évacués”, a affirmé Thodoris Grivas, le maire adjoint de cette localité, sur la même chaîne de télévision.- Craintes -En revanche, l’incendie qui a commencé mercredi en Crète et a entraîné des milliers d’évacuations “était en régression” vendredi, ont assuré les pompiers.Entamé mercredi après-midi près de la ville de Iérapetra, sur la côte sud-est de la Crète -une des principales destinations touristiques et agricoles de cette île méridionale-, le feu a été porté là aussi par des vents importants.Quelque 5.000 personnes, dont 3.000 touristes, avaient été évacuées par précaution mercredi soir avant d’être relogées dans le nord de l’île.Quelque 230 pompiers, 48 véhicules et six hélicoptères restaient toutefois mobilisés sur le terrain vendredi matin près de Iérapetra. Mais l’affaiblissement des vents dans cette région difficile d’accès a permis une amélioration de la situation.Jeudi, un autre feu, qui s’est déclaré à 30 km à l’est d’Athènes, près du port de Rafina, a finalement été maîtrisé dans la soirée après avoir provoqué l’évacuation d’environ 300 personnes.Le 26 juin déjà, un incendie de forêt avait atteint plusieurs localités balnéaires proches de la capitale grecque, endommageant des habitations et entraînant des dizaines d’évacuations dans une région prisée des touristes grecs et étrangers.La Grèce a jusqu’ici été épargnée par la canicule qui a frappé une partie de l’Europe, en particulier l’Espagne, le Portugal et la France.Située dans le sud-est de l’Europe, en Méditerranée orientale, la Grèce est particulièrement vulnérable chaque été aux incendies, alimentés par des vents très forts, la sécheresse et des températures élevées. Quelque 45.000 hectares avaient été brûlés l’an dernier. Mais 2023 reste l’année la plus destructrice en termes de superficie brûlée avec près de 175.000 hectares partis en fumée et 20 morts. 

Résultats du bac: joie ou déception pour les lycéens, 85,75% de taux de réussite provisoire

“Je suis trop contente. Je ne pensais vraiment pas l’avoir!” De Bordeaux à Paris, les lycéens de terminale ont découvert vendredi à la mi-journée les résultats du bac qui, au niveau national, affiche 85,75% de taux de réussite provisoire.”Je suis admise, c’est la bonne surprise. En arrivant je me disais que j’allais forcément au rattrapage”, s’exclame Maxence, 17 ans, en fondant en larmes devant son lycée de Bègles (Gironde), où une cinquantaine d’élèves étaient réunis devant les tableaux d’affichage.”Maintenant, je vais aller manger car je ne pouvais rien avaler depuis hier, puis on va sortir et partir en vacances et après ce sera l’école d’infirmière à Bordeaux l’année prochaine. Je suis libérée!” souffle-t-elle.Dans un lycée polyvalent de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), les quelques dizaines d’élèves sur place hurlent de joie au moment où tombent les résultats. Certains se portent, se courent après ou enlèvent leur t-shirt.Lina Khila, 18 ans, a eu mention très bien. “Je pensais l’avoir mais pas mention très bien. J’ai eu 18 au grand oral”, lance, ravie, cette lycéenne qui a été prise en droit à l’université Paris Cité.”Je pensais l’avoir, et je suis au rattrapage. Mais ça va le faire. Il faut rester positif”, lâche en revanche, déçu, Hatem Boukadida, 18 ans.- “Aboutissement” -Dans un lycée à Liffré, au nord de Rennes, les listes sont prises en photo et les jeunes téléphonent à leurs proches pour leur annoncer la nouvelle. Déçu de sa mention “bien”, Arthur relativise: “c’est un moment important, je vais fêter ça évidemment.””J’ai eu mention très bien en section européenne. Je suis vraiment super contente. Je m’attendais à une mention bien pas à une mention très bien”, exulte à l’inverse Ines, “stressée” avant l’affichage.Sur internet ou affichés dans leur lycée, les 709.747 candidats au baccalauréat des filières générale, technologique et professionnelle qui se sont présentés à la session de juin ont découvert leurs résultats, étape symbolique avant de quitter le système scolaire.A la sortie du lycée de Saint-Ouen, l’heure est à la fête: un petit groupe de lycéens, le précieux sésame en poche pour la plupart, ont mis de la musique et dansent dans la rue.”C’est l’aboutissement de deux ans pour certains, qu’on suit depuis la première. Donc c’est sûr que ça fait du bien”, témoigne Anthony Luguet, professeur d’anglais.En déplacement à Janvry (Essonne), la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne a annoncé un taux provisoire de 85,75%, quasi-similaire à celui de l’an dernier.Pour le bac général, le taux d’admis provisoire est de 91,11%, d’environ 79% en filière technologique, et de 80% pour le bac professionnel. Le taux de réussite au baccalauréat dépasse depuis 2012 les 80%. En voie générale, il était de 95,9%.- Fête -La pression est moindre qu’avant pour le bac, en raison notamment du contrôle continu, qui représente 40% de la note. Les épreuves dites terminales comptent pour 60%.Cet examen reste nécessaire pour entamer des études supérieures, mais nombre de candidats connaissent déjà depuis plusieurs semaines leur orientation pour l’an prochain. Car Parcoursup a commencé à donner ses réponses aux futurs étudiants depuis le 2 juin, un moment devenu souvent plus important que le bac. La phase d’admission principale de la plateforme se terminera le 10 juillet.Pour les élèves qui n’ont pas leur bac, les épreuves de rattrapage de la filière générale et technologique se dérouleront jusqu’au mercredi 9 juillet inclus.Quant à un candidat de 8 ans, qui avait fait grand bruit car il est le plus jeune à s’être jamais inscrit au bac, avait indiqué le ministère de l’Education début juin, il ne s’est finalement pas présenté aux examens, selon la rue de Grenelle.slb-mas-ved-kal/grd/asm

Canicule: 13 départements toujours en vigilance orange samedi

Une partie de la région Rhône-Alpes, le pourtour méditerranéen et la Corse subiront encore de fortes chaleurs avec 13 départements en vigilance orange canicule samedi, avant de revenir progressivement au vert à partir de lundi, indique Météo-France.Les départements en orange samedi seront les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, l’Ardèche, l’Aude, les Bouches-du-Rhône, la Drôme, le Gard, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales, le Var, le Vaucluse ainsi que les deux départements de Corse.L’Isère sortira de la vigilance orange vendredi à 22h00, les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes devront attendre samedi à 06h00. Sur le Sud-Est la chaleur résistera avec des températures attendues de 33 à 37°C, et localement 38°C à l’ombre.”La tendance ultérieure est une poursuite de la régression de la canicule, surtout à partir de dimanche, et l’ensemble des départements devraient revenir en vert à partir de lundi 06h00 au plus tard”, précise l’agence météorologique dans son dernier bulletin.La majeure partie de la France a connu mercredi et jeudi les dernières journées d’un épisode de canicule qui restera dans les annales par sa précocité, sa durée et ses records de températures.

A Lyon, qui bat les records d’alertes canicule, la bataille pour calmer le thermomètre

Après deux semaines de fournaise, Lyon est enfin sorti vendredi de l’alerte orange, une vigilance que la métropole connaît plus souvent que le reste de la France, malgré les mesures des élus écologistes pour limiter la surchauffe.Le Rhône est le département “le plus concerné par le nombre de vigilance canicule”, selon Météo-France: en vingt ans, ses habitants ont connu 34 épisodes de vigilance orange et un passage en vigilance rouge, pendant quatre jours en août 2023.”Les vigilances canicule sont plus nombreuses” qu’ailleurs, et “elles durent en général plus longtemps, comme en ce moment”, note Thibault Montagnon, météorologiste à Météo-France. Depuis le 20 juin, le département était en vigilance orange, à l’exception d’un “répit” en jaune  pendant deux jours. Après avoir enduré des pics à 39°C et des nuits étouffantes, ses plus de 1,8 million d’habitants apprécient vendredi le retour d’un léger vent frais.Après avoir survécu “en mode survie, on profite à nouveau de l’extérieur,” se réjouit Sara Saitta, 43 ans, croisée à l’ombre d’un arbre dans le centre-ville.Le Rhône souffre parce qu’il est coincé à l’intérieur des terres entre le Massif Central, le Bugey et les Alpes, loin de l’Atlantique et de la mer du Nord, et bénéficie moins des masses d’air frais, explique le météorologiste.Au contraire, il est “bien exposé aux flux du Sud, limitant la baisse des températures nocturnes lorsqu’ils soufflent”, ajoute M. Montagnon.Et le Rhône est moins acclimaté que les départements méditerranéens, dont les villes ont été d’avantage pensées pour faire face aux fortes chaleurs: ses seuils de vigilance canicule sont donc plus bas et plus régulièrement dépassés. – Ilots de chaleur -Le département est aussi très urbanisé, avec trois quarts de ses habitants dans l’agglomération lyonnaise. Ses îlots de chaleur urbains (ICU), où les surfaces artificielles stockent la chaleur, peuvent amplifier la température de 3°C selon Météo-France. Quand il fait 33°C sur les collines arborées de l’ouest lyonnais, le quartier ultra-bétonné de la Part-Dieu, avec ses grandes tours, enregistre 37,5°C, selon une étude scientifique de 2022.Alors que le changement climatique provoque des canicules plus intenses, longues, précoces et tardives, la situation risque d’empirer: Lyon pourrait compter jusqu’à 11 jours au-dessus de 35°C et 47 nuits au-dessus de 20°C en 2050 avec le scénario d’un réchauffement de 2,7°C élaboré par Météo-France. A l’instar d’autres grandes villes de gauche comme Paris ou Marseille, les élus écologistes locaux multiplient les mesures pour tenter de calmer le thermomètre. Financements de l’isolation thermique des bâtiments, climatisation collective grâce au développement de grands réseaux froids, et végétalisation des espaces: la métropole a alloué à l’environnement un budget de 472,7 millions d’euros en 2025.”Je pense qu’on va plus vite que n’importe où, par rapport aux autres agglomérations françaises”, assure Bruno Bernard, président de la métropole. – “Climatiseur naturel” -Pilier de la stratégie écologiste, la végétation gagne du terrain dans les rues de l’agglomération: depuis 2020, 180.000 arbres et arbustes ont été plantés, remplaçant peu à peu les places de parking, au grand dam de certains usagers.Les résultats sont là, assure Bruno Bernard: la rue Garibaldi, récemment végétalisée et souvent prise en exemple par les écologistes, a vu sa température baisser de 7 °C en période de canicule. Car Lyon ne se contente pas de planter des arbres dans les allées: les agents multiplient les strates végétales et déperméabilisent les sols en arrachant le bitume au profit de bandes de terres.”Aujourd’hui, on végétalise beaucoup plus et beaucoup mieux”, avance le président de la métropole, prônant une “vision globale” pour faire de la future canopée urbaine un “climatiseur naturel”.Malgré ces efforts et des solutions à court terme — installation de fontaines, parcs ouverts plus tard, baignade dans le Rhône — la dernière canicule a révélé des failles: la climatisation manque dans plusieurs rames de métro, l’ombrière de la place Bellecour peine à rafraîchir l’espace, et les files d’attente devant les piscines municipales s’allongent.Et d’ici une semaine, le mercure devrait à nouveau s’affoler avec des maximales prévues au dessus de 35°C.

A Bonifacio, la lumière dans tous ses états… artistiques

Bonifacio, à la pointe sud de la Corse, magnifie son patrimoine unique par des projections artistiques lumineuses avec Festi Lumi, qui habille de couleurs la haute-ville vendredi et samedi, et l’exposition “Plein soleil” qui propose des œuvres du Centre Pompidou dans une caserne désaffectée.Des remparts illuminés de bleu, une façade parsemée de méduses multicolores, des globes oculaires géants ou encore une petite place enchantée par une aurore boréale… la dixième édition du Festi Lumi de Bonifacio, transforme, trois nuits durant, depuis jeudi et jusqu’à samedi soir, la cité de l’extrême sud corse qui accueille 2 millions de touristes chaque année, en un théâtre de lumière à ciel ouvert.Avec 12 œuvres sélectionnées parmi 200 sur le thème “la Méditerranée et les pêcheurs bonifaciens”, ce festival, petit frère de la fête des lumières de Lyon, offre une déambulation piétonne, poétique et colorée à travers cette cité qui surplombe spectaculairement la mer depuis le 12e siècle, au sommet de falaises calcaires.”L’ambition c’est la découverte ou redécouverte du patrimoine bonifacien sous les feux de la rampe”, confie à l’AFP Régis Clouzet, directeur artistique du festival.Cette balade nocturne et gratuite -mais d’un coût de 262.000 euros-, où plus de 3.000 personnes sont attendues chaque soir -soit la population de la ville à l’année-, pour découvrir autant de scénographies magistrales que d’installations plus intimistes, sur un clocher d’église ou sous un préau.Chaque visiteur peut même devenir œuvre artistique en se laissant scanner par l’artiste néerlandais AlexP. Silhouette et posture, en solo ou en groupe, deviennent alors œuvre visuelle abstraite et pop-art baptisée Mapp, dans une expérience éphémère et ludique.Sur l’esplanade du Bastion de l’Etendard, le spectacle du Suisse Nicolas Hesslein, peut-être le plus ambitieux du festival, mêle avec grâce danseurs, projection vidéo, musique, poèmes, explosion de couleurs, nuée d’oiseaux, scintillements d’étoiles. Des portraits géants de femmes, de mains démêlant les filets de pêche ou de vieux visages burinés par la mer évoquent l’histoire de la cité médiévale.- L’art contemporain au soleil de Bonifacio -La lumière va également briller jusqu’au 4 octobre dans l’ancienne caserne Montlaur, fermée depuis la fin des années 80, avec l’exposition montée par l’organisation De Renava et baptisée “Plein Soleil” qui présente 17 œuvres exclusives du Centre Pompidou de Paris.”Plein Soleil est une balade dans le soleil, la lumière et la couleur en trois parties, +Lumières naturelles+, +Lumières surnaturelles+ et +Lumières artificielles+” avec une sélection d’artistes internationaux et de mouvements comme le “Light and Space” de Californie “qui ont mis la lumière au centre de leur art”, explique à l’AFP Prisca Meslier, co-curatrice de l’exposition et co-fondatrice de la première biennale internationale d’art contemporain en Corse en 2022.Parmi les œuvres les plus spectaculaires figure “Chromosaturation”, une succession de trois salles saturées de lumière rouge, bleue et verte, du Vénézuelien Carlos Cruz Diez, “un pionnier de l’art optique et cinétique” qui “montre au spectateur qu’il peut créer lui-même une gamme de lumière grâce à la fusion des couleurs”, explique-t-elle.”En restant un peu dans une des salles, la rétine est tellement saturée de lumière pure qu’elle commence à l’estomper” et “des couleurs commencent à apparaître alors qu’elles ne sont pas présentes”, met en mots Prisca Meslier devant cette expérience immersive.Autre rareté, “l’œuvre de l’Américain Robert Irwin est l’une des 50 plus célèbres d’après-guerre et c’est assez fabuleux de la voir déployée comme ça dans une caserne désaffectée”, se réjouit auprès de l’AFP Xavier Rey, directeur du musée d’art moderne du Centre Pompidou.Et si les visiteurs ne sont pas rassasiés de lumière, ils pourront traverser l’île pour découvrir l’exposition collective “Always the Sun”, avec l’artiste corse Ange Leccia à la casa conti d’Oletta (Haute-Corse), conçue en parallèle de l’exposition “Plein Soleil” de Bonifacio.

Macron retrouve l’arme de la dissolution, mais il ne semble pas prêt à la dégaîner

Emmanuel Macron retrouve la semaine prochaine le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale. Mais après l’échec de la précédente dissolution, qui a plombé sa fin de règne, il assure vouloir éviter d’y recourir sauf en cas de blocage du pays.”S’il devait dissoudre à nouveau, ce serait d’abord perçu comme un énorme aveu d’échec total de ce second mandat”, dit à l’AFP le politologue Bruno Cautrès.Le 9 juin 2024, au soir d’élections européennes largement remportées par l’extrême droite, le chef de l’Etat annonçait la convocation de législatives anticipées, à la surprise générale. Un mois plus tard, le résultat du scrutin était sans appel: un Parlement éclaté, sans aucune majorité, qui inaugurait l’une des plus graves crises politiques de la Ve République et condamnait le pays à un mélange d’instabilité et d’immobilisme.L’article 12 de la Constitution prévoit qu’il “ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit” des élections anticipées. Le président de la République, qui exhorte en vain depuis douze mois les députés à “travailler ensemble”, n’a donc pu brandir cette menace pour les y inciter.Mais lorsque l’intention de dissoudre à nouveau à l’automne prochain lui a été prêtée fin avril, Emmanuel Macron a démenti formellement avoir même “envisagé une telle chose”.”Mon souhait, c’est qu’il n’y ait pas d’autre dissolution”, a-t-il nuancé début juin. “Mais mon habitude n’est pas de me priver d’un pouvoir constitutionnel”, a-t-il prévenu, n’excluant pas de dissoudre “si des formations politiques décidaient (…) de bloquer le pays”.”Les Français veulent que tout le monde travaille ensemble et qu’on ait des résultats concrets pour que la vie des gens s’améliore”, a-t-il encore botté en touche vendredi. – “Roulette russe” -Le souvenir de l’an dernier est cuisant.A l’époque, le président misait sur les divisions de la gauche et l’impréparation des adversaires pour “prendre tout le monde de court” et “gagner”, comme l’avait expliqué son entourage.Plusieurs de ses interlocuteurs ont aussi rapporté qu’il était prêt à prendre le risque d’une victoire du Rassemblement national et d’une cohabitation avec Jordan Bardella à Matignon, vue comme un possible antidote à l’accession de Marine Le Pen à l’Elysée en 2027. Or aucun de ces scénarios ne s’est réalisé, et la “clarification” prédite par M. Macron a laissé la place à une Assemblée coupée en trois blocs, plus ou moins friables, et un pays quasi-ingouvernable.Dissoudre à nouveau pourrait donc permettre de sortir de l’impasse, d’autant que le gouvernement de François Bayrou est menacé d’une censure à l’automne sur le budget comme celle qui a fait tomber Michel Barnier un an plus tôt.”Le problème, c’est que si on fait une dissolution et qu’on en arrive à la même situation de non-majorité, là, ça va devenir très, très compliqué”, soupire une ministre.Or rien n’indique, dans les sondages, que l’issue du scrutin serait sensiblement différente. “Si ça redonnait les mêmes résultats”, “je ne vois pas comment le chef de l’Etat échapperait à la très forte pression pour qu’il démissionne”, explique Bruno Cautrès.”Il a goûté une fois à la roulette russe. Il a compris”, estime le politologue.Un opposant de gauche résume ainsi l’équation présidentielle: “Rater une dissolution, c’est déjà beaucoup. En rater deux… faut partir monsieur”. Emmanuel Macron a d’ailleurs esquissé, par petites touches, un mea culpa, reconnaissant que sa décision n’avait pas été “comprise” par les Français et n’avait pas “permis de clarifier les choses”.Parmi ses alliés, même ceux qui déplorent l’immobilisme actuel, peu lui conseilleraient de récidiver.”Il vaut mieux un an et demi où il ne se passe pas grand-chose qu’un truc qui explose. Je pense que personne n’a intérêt à l’aventure”, souffle un proche d’Edouard Philippe (Horizons), candidat déclaré à la prochaine présidentielle.Dans l’opposition, à gauche comme à l’extrême droite, les partis assurent se préparer à un éventuel retour aux urnes prématuré, qu’ils appellent plus ou moins ouvertement de leurs voeux.Le RN, en tête des intentions de vote réclame cette nouvelle dissolution. C’est “l’intérêt des Français”, a encore dit Marine Le Pen jeudi, même si elle a ajouté douter que le président “fasse ce choix”, “compte tenu du très faible bénéfice” qu’il “pourrait en tirer”.Mais pour Bruno Cautrès, quels que soient les affichages, “tout le monde a plutôt intérêt à jouer 2027”.

Grève de contrôleurs de France: un millier de vols annulés, des vacanciers et professionnels mécontents

A quelques heures de la fin de l’année scolaire et de premiers grands départs en vacances d’été, certains ont dû revoir leurs plans: un millier de vols est encore annulé vendredi en France, en particulier dans les aéroports parisiens, en raison d’une deuxième journée de grève de contrôleurs aériens.”Il faut se rendre compte qu’hier et aujourd’hui, 272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être de plus de 500.000 personnes. C’est inacceptable”, a déclaré vendredi matin sur CNews le ministre des Transports Philippe Tabarot. Des centaines de milliers de personnes ont déjà été affectées jeudi en France et en Europe par ce mouvement social, déclenché par deux syndicats minoritaires qui réclament une amélioration de leurs conditions de travail et des effectifs plus importants.A l’aéroport d’Orly vendredi matin, des voyageurs étaient désemparés.Sabrina Taristas, 42 ans, cherchait à partir à Toulouse. “Si je reste jusqu’à dimanche pour un départ, est-ce qu’il y aura un hôtel de prévu ? Ou est-ce que tout sera à ma charge ? (…) On ne peut pas aller à l’encontre de la grève, mais après c’est vrai que c’est pénalisant pour nous les voyageurs”, a-t-elle déclaré à l’AFP.”Je sais qu’en France on est pris en otage à Noël et pendant les vacances, même si on bosse et qu’on n’a pas de salaire garanti comme ceux qui nous foutent dans la mouise”, a lancé Bruno Percepied, 63 ans. “Je ne suis pas énervé mais c’est vrai que je n’apprécie pas la situation”.Autour de 1.000 vols sont annulés vendredi, au départ de la France ou à l’arrivée, selon la Direction générale de l’aviation civile, contre 933 jeudi. Lara, 30 ans, devait prendre un vol Paris-Berlin avec son conjoint. “Le vol était prévu jeudi soir, mais nous avons été informés mercredi qu’il avait été annulé. Nous avions pu prendre un autre billet gratuitement, pour vendredi soir, mais il a été supprimé à son tour”, a-t-elle expliqué.”Il a fallu prendre en urgence des billets de train. Résultat, un surcoût de 100 euros et plusieurs heures de trajet en plus”, témoigne-t-elle.De nombreux voyageurs ont annulé des nuitées dans des hôtels, “particulièrement dans les villes avec de gros aéroports comme Nice ou Paris”, selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).”C’est un peu la panique entre ceux qui arrivent et ceux qui partent, les compagnies aériennes cherchent à reloger leurs clients, c’est compliqué à gérer et ça va leur coûter cher”, a déclaré à l’AFP Véronique Siegel, responsable de la branche hôtellerie de l’Umih. “C’est un très mauvais signal vis-à-vis de l’étranger et ça donne une image catastrophique de la France”.- “Stratégie de blocage” -Les effets du mouvement se font sentir au-delà des frontières nationales, la principale association européenne de compagnies aériennes, Airlines for Europe (A4E) ayant estimé qu’en Europe, 1.500 vols seraient annulés jeudi et vendredi, “affectant presque 300.000 passagers” sur le Vieux continent.L’Union des aéroports français a dénoncé dans un communiqué une “stratégie de blocage systématique, qui sacrifie l’intérêt général sur l’autel de revendications difficilement justifiables”.Selon la DGAC, le taux de grévistes s’est établi à 26,2% jeudi, 272 contrôleurs ayant pris part au mouvement sur le millier de personnels de service.Le deuxième syndicat d’aiguilleurs du ciel, l’Unsa-Icna (17% des voix aux dernières élections professionnelles) a lancé ce mouvement pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Il a été rejoint par la troisième force syndicale de la profession, l’Usac-CGT (16%).La compagnie Air France a confirmé avoir été “contrainte d’adapter son programme de vols”, sans préciser le nombre d’annulations, mais souligné que tous les long-courriers étaient “maintenus” jeudi et vendredi.- “Management toxique” -Une réforme contestée est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, à la suite d’un “incident grave” à l’aéroport de Bordeaux fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision. Une enquête en avait fait peser la responsabilité sur une organisation défaillante du travail des aiguilleurs, en dehors du cadre légal et sans respect du tableau de service.Parmi les griefs de l’Unsa-Icna: “un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l’été”, des outils obsolètes et “un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés”.Le premier syndicat d’aiguilleurs du ciel, le SNCTA (60% des voix), n’a pas appelé à la grève.tq-max-neo-tsz-sr/ak/vk

Bac: Jour J pour 720.000 candidats, 85,75% de taux de réussite provisoire

“J’ai eu mention bien, j’aurais préféré mention très bien….” En fin de matinée vendredi, des lycéens exprimaient leur déception ou hurlaient de joie, à la vue des résultats du bac qui, au niveau national, affiche 85,75% de taux de réussite provisoire.En déplacement à Janvry (Essonne), la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne a annoncé ce taux provisoire quasi-similaire à celui de l’an dernier (85,5%).Dans un lycée à Liffré, au nord de Rennes, les listes sont prises en photo et les jeunes téléphonent à leurs proches pour leur annoncer la nouvelle. Déçu de sa mention “bien”, Arthur relativise: “c’est un moment important, je vais fêter ça évidemment.””J’ai eu mention très bien en section européenne. Je suis vraiment super contente. Je m’attendais à une mention bien pas à une mention très bien”, exulte à l’inverse Ines, “stressée” avant l’affichage.”C’est le grand jour!”, lance Nathan, en terminale générale, qui a revêtu le survêtement de son équipe de football. “Depuis hier soir on est tous ensemble et on est allé faire la fête tous ensemble à Rennes, j’ai les yeux qui piquent car on n’a pas trop dormi….on fera aussi la fête après !” “Le bac ça reste important pour les études supérieures il faut l’avoir, c’est le premier gros diplôme de notre parcours scolaire, c’est marquant”, ajoute-t-il. Sur internet ou affichés dans leur lycée, les quelque 720.000 candidats au baccalauréat des filières générale, technologique et professionnelle vont découvrir leurs résultats, dernière étape symbolique avant de quitter le système scolaire.Les horaires s’échelonnent: depuis 11H30 dans certaines académies (Bordeaux, Limoges, Nantes, Normandie, Rennes, Poitiers), mais principalement à 12H00 (Paris, Versailles, Créteil, Orléans-Tours). Ce sera à 12H30 à Strasbourg, Amiens, Dijon ou Lille, ou encore à 13H00 à Aix-Marseille, Toulouse ou Lyon. Les résultats seront disponibles comme chaque année en ligne ou sur des panneaux d’affichage dans la cour de leur établissement.Assana, 18 ans, attend les siens devant le lycée polyvalent Marcel Cachin à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). “J’ai fait les spécialités maths et physique chimie, j’ai un léger stress pour la mention, j’espère avoir mention bien, on verra parce que je n’ai pas super bien réussi l’épreuve écrite de maths”.Plutôt que de regarder les résultats sur internet, elle s’est déplacée “parce que c’est la dernière fois qu’on va être tous ensemble. Après on va aller fêter ça au resto”. Beaucoup de lycéens savent que leur bac est déjà quasiment assuré. La pression est moindre qu’avant, en raison notamment du contrôle continu, qui représente 40% de la note. Les épreuves dites terminales (français écrit et oral, passé en classe de première, épreuves de spécialité, philosophie et grand oral passés en terminale) comptent, elles, pour 60%.- “Toujours une fierté” -Le taux de réussite au baccalauréat dépasse depuis 2012 les 80%. L’an dernier, il était de 91,2%, en hausse sur un an dans les trois voies (générale, technologique et professionnelle). En voie générale, il était de 95,9%.Le bac reste nécessaire pour entamer des études supérieures. Mais nombre de candidats connaissent déjà leur orientation pour l’an prochain, car Parcoursup a commencé à donner ses réponses aux futurs étudiants depuis le 2 juin, un moment devenu souvent plus important que le bac. La phase d’admission principale de la plateforme se terminera le 10 juillet.”Le fait d’avoir les résultats Parcoursup avant de passer le bac, ça retire quand même une partie de l’enjeu. Mais ça sera toujours une fierté d’avoir le bac”, explique Fiona, en terminale générale à Strasbourg. Elle sait déjà qu’elle ira à Paris, à Dauphine, en licence de Sciences des organisations, et attend ses résultats du bac pour “faire sa réelle inscription”.Pour cette édition, 720.806 candidats étaient inscrits, dont plus de la moitié pour le bac général (386.135 élèves), 145.930 pour le bac technologique et 188.741 pour le bac professionnel.Les épreuves se sont concentrées entre le 16 juin pour la philosophie et le 2 juillet pour les dernières épreuves du grand oral.Pour les élèves qui n’auront pas leur bac, les épreuves de rattrapage du baccalauréat général et technologique se dérouleront jusqu’au mercredi 9 juillet inclus.Cette année, le postulant le plus jeune, inscrit en candidat libre, est âgé de huit ans, une précocité inédite. Le plus âgé a 78 ans.

Climat: la baisse des émissions de gaz à effet de serre ralentit encore en France

Après avoir déjà marqué sérieusement le pas en 2024, la baisse des émissions de gaz à effet de serre de la France devrait à nouveau ralentir en 2025, avec une baisse estimée à seulement 0,8% sur l’ensemble de l’année, a annoncé vendredi le Citepa.Sur 2025, les émissions brutes françaises (hors puits de carbone) devraient atteindre 366 millions de tonnes en équivalent CO2 (MtCO2e), soit une baisse de “seulement 3 MtCO2e” par rapport à 2024, note l’organisme mandaté pour dresser le bilan carbone national, qui fait pour la première fois un “bilan prévisionnel” pour l’année en cours.Cette faible diminution des émissions “confirmerait le ralentissement de la dynamique observée ces dernières années”, souligne-t-il. En 2024, la baisse des émissions françaises était de 1,8%, après -6,8% en 2023. “Ces chiffres sont très mauvais et appellent à un sursaut collectif”, a réagi vendredi la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher dans un communiqué reprenant les termes du Haut Conseil pour le climat (HCC) qui jeudi appelait à “relancer l’action climatique” en France après plusieurs “reculs” sur l’artificialisation des sols (ZAN), la restriction des véhicules les plus polluants dans les grandes villes (ZFE), la remise en cause des aides de l’Etat pour la rénovation énergétique des logements (MaPrimeRénov’).”Je refuse de laisser place au doute et à l’essoufflement. Continuer à baisser nos émissions de gaz à effet de serre est non seulement indispensable, mais possible”, a jugé la ministre. “La confusion du discours politique, les reculades, les propos irresponsables et populistes de certains sur la transition écologique expliquent aussi ce que nous observons. (…) Ce message de +stop and go+ est desastreux”, a-t-elle jugé dans Le Monde.La France, longtemps présentée comme un des bons élèves de la décarbonation, semble ainsi perdre son élan, à l’image de l’Allemagne (-3% en 2024 après -10% en 2023) ou du Royaume-Uni (-3,6% après 5,1%), à l’heure où on rentre dans le dur des efforts à réaliser.”Il est ahurissant que l’année des 10 ans de l’Accord de Paris, et alors que les impacts du changement climatique s’aggravent, la France, par les reculs incessants de son gouvernement sur la transition écologique, soit en train de stopper la baisse de ses émissions (…) Ce n’est pas une fatalité, mais un choix politique qui va à l’encontre de la volonté des Françaises et Français”, a réagi Anne Bringault, directrice des Programmes chez Réseau Action Climat (RAC).- énergie et bâtiments à la peine -Pour le premier trimestre, le Citepa note que les émissions sont reparties légèrement à la hausse (+0,2%) sous l’effet notamment de la fin des baisses records en matière de production d’énergie et d’émissions particulièrement élevées pour les bâtiments résidentiels et tertiaire (+5,2%) en raison d’une forte consommation de gaz et de chauffage liée à un hiver plus frais.Pour l’année, l’organisme anticipe que le deuxième trimestre devrait voir ses émissions baisser de 1,8%, avant -0,9% et -0,8% pour les troisième et quatrième trimestres. Les secteurs qui seront en plus forte baisse seront l’industrie manufacturière et de construction(-2,4%) et l’agriculture et la sylviculture (-1,3%).Les transports resteront stables, tandis que les baisses notables des dernières années sur le secteur de la production d’énergie (-7% en 2023 et -4% en 2024) devraient fortement ralentir en 2025 (-0,9%).Le secteur industriel devrait voir ses émissions baisser de 2,4% mais, selon l’Insee, cela sera “essentiellement” lié au recul de la production industrielle plutôt qu’à la décarbonation.- encore beaucoup d’efforts -Ce ralentissement intervient alors que les pays développés doivent maintenant s’attaquer aux secteurs difficiles ou coûteux à décarboner. Et les ambitions doivent être revues à la hausse pour espérer limiter les effets désastreux (canicules, inondations, sécheresse, incendies …) du réchauffement climatique.Les émissions de l’UE ont diminué de 8,3% en 2023, et sont désormais inférieures de 37% aux niveaux de 1990, selon la Commission européenne. Mais la marche est encore très haute pour respecter les objectifs climatiques: mercredi, la Commission a proposé de réduire de 90% d’ici 2040 les émissions nettes par rapport à 1990.D’autres pays comme les Etats-Unis, premiers émetteurs historiques, stagnent dans la réduction de leurs émissions (-0,2% en 2024), dans un contexte de remise en cause des politiques climatiques.L’objectif français actuel à l’horizon 2030 est de réduire d’au moins 40% les émissions brutes par rapport à 1990. La troisième stratégie nationale bas carbone, en cours d’élaboration, rehaussera cet objectif à -50%, ce qui suppose une réduction de l’ordre de 5% par an entre 2022 et 2030. Selon l’Insee, depuis 1900, les émissions françaises ont été réduites de 31%.