AFP Top News

Feu “fixé” à Marseille, où des habitants sous le choc découvrent le “massacre”

Après avoir parcouru 750 hectares et touché le nord de Marseille, détruisant ou endommageant de nombreuses maisons, le violent incendie parti mardi d’un feu accidentel de véhicule est désormais “fixé”, permettant le retour progressif d’habitants sous le choc en découvrant l’étendue des dégâts.”Le feu est fixé”, a déclaré à 16H00 la préfecture des Bouches-du-Rhône, soulignant que cela signifiait qu’il “n’évolue plus” mais non que “les interventions sont terminées”.Il aura donc fallu près de 30 heures aux plus de 1.000 pompiers mobilisés au plus fort de l’opération pour stopper la progression des flammes, attisée par la longue canicule des derniers jours et un mistral violent.”C’est un massacre (…), c’est allé super vite”, déplore Thierry Heraud, premier riverain touché par l’incendie, qui a démarré en contrebas de sa villa des Pennes-Mirabeau, commune limitrophe de Marseille au nord.L’incendie s’y est déclenché mardi en fin de matinée, causé par “un véhicule qui s’est enflammé en roulant” sur l’autoroute A55, a indiqué à l’AFP le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.Dans les hauteurs de l’Estaque, quartier du nord de Marseille où le feu a causé les plus gros dommages, des voitures sont calcinées et des maisons entièrement brûlées. Dans un jardin, trois vélos, dont une minuscule bicyclette d’enfant, ont été tordus par la chaleur. Selon la préfecture, 94 habitations ont été “impactées” sur les deux communes touchées, dont 76 sont “non habitables”, 71 desquelles sur Marseille.Joëlle Marrot, 78 ans, habitante du quartier de La Pelouque à l’Estaque, vient tout juste de revenir chez elle et “découvre les dégâts”: “Il y a un côté qui a brûlé”, mais “je vois la maison qui est là (à côté), elle est toute brûlée, il n’y a plus de toit, c’est horrible”, se désole-t-elle.”Quand on a vu que le feu approchait, on a fait descendre ma belle-mère de 93 ans chez mon frère, dans le bas de l’Estaque”, raconte Dominique Russo, 59 ans, qui venait de finir de rénover la maison familiale.Jusqu’à 2H00, il a arrosé cette dernière et le terrain environnant en utilisant des seaux et en finissant avec l’eau du bassin des poissons rouges.Résultat: le feu a seulement brûlé un volet et une fenêtre. Mais à l’intérieur, le salon et les placards sont noirs de suie, le climatiseur fondu et le sol est jonché de verre.Habitant aux Pennes-Mirabeau, Philippe Landreat, sa compagne et sa belle-fille ont eux dû passer la nuit dans une salle polyvalente après avoir évacué leur maison, finalement épargnée par les flammes. Mais ils ont eu peur. “Après des trucs comme ça, on dort très peu”, souffle-t-il.Malgré la violence et la rapidité des flammes, aucune victime humaine n’a été signalée jusqu’à présent. Quelque 79 personnes ont été traitées par les secours (dont 16 transportées vers un centre hospitalier), ainsi que 77 pompiers et membres des forces de l’ordre (9 pris en charge en centre hospitalier), selon la préfecture. Au total, 400 personnes ont été évacuées en raison de l’incendie, dont les 71 résidents d’un Ehpad aux Pennes-Mirabeau. Parmi elles, 250 personnes ont rejoint les différents centres d’hébergement mis à disposition par la mairie. Laquelle, de même que le département et la métropole, ont déjà annoncé le versement d’aides aux sinistrés.- 40 départs de feux mardi -Ces feux virulents en tout début d’été inquiètent, alors que le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en Europe de l’Ouest, selon l’institut européen Copernicus. “Il y a tout lieu de penser qu’on va vers un été à haut risque”, a averti mardi soir le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, à Marseille.Sous l’effet du changement climatique, ces événements météorologiques extrêmes devraient en effet se multiplier, alertent les scientifiques. Mardi, les pompiers des Bouches-du-Rhône sont intervenus à 40 reprises sur des départs de feux, un chiffre “exceptionnel”, six fois plus élevé qu’en moyenne.Interrompu mardi après-midi, avec plus de 110 vols annulés, le trafic à l’aéroport d’Aix-Marseille Provence, le quatrième français en nombre de passagers, a repris mercredi matin, tout comme la circulation des trains à grande vitesse à Marseille. Les autoroutes autour de la deuxième ville de France ont également rouvert.Le trafic TER vers le nord de la ville a lui repris “très progressivement” depuis la fin d’après-midi mercredi, selon la SNCF, mais la Côte bleue n’était en revanche toujours pas desservie. À l’autre bout du littoral méditerranéen, près de Narbonne, dans l’Aude, département touché par trois feux de forêt en une semaine, un incendie ayant parcouru 2.100 hectares de forêt depuis lundi a été enfin fixé en début de soirée mercredi, ne causant que des dégâts matériels limités.Dans l’Hérault et le Gard, les incendies de Castelnau-de-Guers et Montdardier ont eux aussi été déclarés “fixés” mercredi après avoir parcouru respectivement 400 hectares et 430 hectares, selon les pompiers.

US senator warns of fossil fuel coup, economic reckoning

One of the US Senate’s leading climate advocates says President Donald Trump’s administration no longer governs — it “occupies” the nation on behalf of Big Oil.In an interview, Democratic Senator Sheldon Whitehouse of Rhode Island blamed the sweeping rollback of environmental protections on a flood of unlimited, anonymous corporate political spending, and said exposing the …

US senator warns of fossil fuel coup, economic reckoning Read More »

Haute couture: Demna fait ses adieux à Balenciaga

L’un part, l’autre arrive: Demna a présenté mercredi à Paris sa dernière collection haute couture pour Balenciaga, tandis que Glenn Martens a fait ses premiers chez Maison Margiela, tous deux revisitant l’héritage des fondateurs de leur maison.Pour son ultime défilé au sein de la maison française, avant de rejoindre Gucci, Demna s’est offert un casting 5 étoiles. Tandis qu’Aya Nakamura, Naomi Watts, Nicole Kidman ou encore son successeur Pierpaolo Piccioli ont pris place aux côtés de François-Henri Pinault, PDG de Kering — propriétaire de Balenciaga et Gucci — et de son épouse Salma Hayek, Isabelle Huppert, Kim Kardashian – des fidèles du créateur – ou encore les mannequins Naomi Campbell et Eva Herzigova ont foulé le podium.Le créateur géorgien de 44 ans a rendu hommage aux coupes classiques et à l’austérité élégante du fondateur Cristóbal Balenciaga… avec irrévérence.Le noir dominait avec des tailleurs très cintrés et aux épaules démesurées, d’immenses manteaux, des pulls à col montant jusqu’aux oreilles, des robes droites à manches longues ou encore des costumes oversize chez les hommes.Une austérité ponctuées de touches de couleur et de glamour, comme des robes bustiers jaune et rose pâle, un ample manteau blanc en plumes, un ensemble veste et jupe longue ornées de grosses roses scintillantes et un autre rouge vif. Après dix ans à la tête de Balenciaga, Demna Gvasalia va prendre dès jeudi la direction artistique de Gucci, dont les contre-performances plombent le groupe Kering.Avec son style iconoclaste, Demna a fait ses preuves chez Balenciaga. Depuis 2015, le créateur s’est fait connaître par sa capacité à habiller aussi bien la rappeuse Cardi B qu’Isabelle Huppert, à faire des T-shirts et de la haute couture et rendre désirable le “moche”, comme des Crocs à semelles compensées ou des sacs “poubelle”.- Artisanat hétéroclite -Une page se tourne chez Balenciaga mais également chez Maison Margiela, qui a dévoilé en soirée la première collection de Glenn Martens, très inspirée du fondateur Martin Margiela.Nommé en janvier pour remplacer le créateur star John Galliano, le Belge, passé chez Diesel et au sein de la marque expérimentale Y/Project, a dévoilé un premier vestiaire mixte baptisé “Artisanal” où se côtoient la douceur et un côté brutal, l’opulence et le minimalisme, le tout dans un mélange de matières très hétéroclite.Des robes fluides rebrodées de fleurs en tissu succèdent à des jupes en plastique rigide froissé et à des manteaux en cuir rapiécé à des robes comme faites de métal en fusion ou encore à des tenues intégralement recouvertes de perles et de bijoux.Comme Martin Margiela, Glenn Martens a décidé de cacher le visage de ses mannequins avec des masques en plastique, métal ou bijoux, assortis à leurs tenues. – Les deux font la paire  -Avant ça, le créateur hongkongais Robert Wun a dévoilé sur la scène du Théâtre du Châtelet une collection aux silhouettes sculpturales et surréalistes.Le Libanais Elie Saab a présenté une nouvelle collection de robes de princesses dignes des plus beaux contes de fées, avec de nombreuses robes bustier aux longues traînes, en mousseline de soie ou satin et rebrodées de perles. Son compatriote Zuhair Murad a dévoilé un vestiaire encore plus flamboyant, avec des robes-bijoux ornées de perles, de strass et pampilles.Enfin, le duo néerlandais Viktor&Rolf a une nouvelle fois fait preuve d’ironie avec un vestiaire de 15 paires de robes noires dans un style rappelant les robes austères du XIXe siècle. Chaque paire de vêtements était identique, mais l’un des deux était gonflé de (fausses) plumes. “Nous voulions montrer qu’une chose peut être la même et différente à la fois. Et nous aimons l’idée d’une plume, car elle est très liée à la haute couture. En même temps, c’est un symbole de liberté”, a expliqué Viktor Horsting à l’AFP.

Haute couture: Demna fait ses adieux à Demna, Glenn Martens ses premiers pas chez Maison Margiela

L’un part, l’autre arrive: Demna a présenté mercredi à Paris sa dernière collection haute couture pour Balenciaga, tandis que Glenn Martens a fait ses premiers chez Maison Margiela, tous deux revisitant l’héritage des fondateurs de leur maison.Pour son ultime défilé au sein de la maison française, avant de rejoindre Gucci, Demna s’est offert un casting 5 étoiles. Tandis qu’Aya Nakamura, Naomi Watts, Nicole Kidman ou encore son successeur Pierpaolo Piccioli ont pris place aux côtés de François-Henri Pinault, PDG de Kering — propriétaire de Balenciaga et Gucci — et de son épouse Salma Hayek, Isabelle Huppert, Kim Kardashian – des fidèles du créateur – ou encore les mannequins Naomi Campbell et Eva Herzigova ont foulé le podium.Le créateur géorgien de 44 ans a rendu hommage aux coupes classiques et à l’austérité élégante du fondateur Cristóbal Balenciaga… avec irrévérence.Le noir dominait avec des tailleurs très cintrés et aux épaules démesurées, d’immenses manteaux, des pulls à col montant jusqu’aux oreilles, des robes droites à manches longues ou encore des costumes oversize chez les hommes.Une austérité ponctuées de touches de couleur et de glamour, comme des robes bustiers jaune et rose pâle, un ample manteau blanc en plumes, un ensemble veste et jupe longue ornées de grosses roses scintillantes et un autre rouge vif. Après dix ans à la tête de Balenciaga, Demna Gvasalia va prendre dès jeudi la direction artistique de Gucci, dont les contre-performances plombent le groupe Kering.Avec son style iconoclaste, Demna a fait ses preuves chez Balenciaga. Depuis 2015, le créateur s’est fait connaître par sa capacité à habiller aussi bien la rappeuse Cardi B qu’Isabelle Huppert, à faire des T-shirts et de la haute couture et rendre désirable le “moche”, comme des Crocs à semelles compensées ou des sacs “poubelle”.- Artisanat hétéroclite -Une page se tourne chez Balenciaga mais également chez Maison Margiela, qui a dévoilé en soirée la première collection de Glenn Martens, très inspirée du fondateur Martin Margiela.Nommé en janvier pour remplacer le créateur star John Galliano, le Belge, passé chez Diesel et au sein de la marque expérimentale Y/Project, a dévoilé un premier vestiaire mixte baptisé “Artisanal” où se côtoient la douceur et un côté brutal, l’opulence et le minimalisme, le tout dans un mélange de matières très hétéroclite.Des robes fluides rebrodées de fleurs en tissu succèdent à des jupes en plastique rigide froissé et à des manteaux en cuir rapiécé à des robes comme faites de métal en fusion ou encore à des tenues intégralement recouvertes de perles et de bijoux.Comme Martin Margiela, Glenn Martens a décidé de cacher le visage de ses mannequins avec des masques en plastique, métal ou bijoux, assortis à leurs tenues. – Les deux font la paire  -Avant ça, le créateur hongkongais Robert Wun a dévoilé sur la scène du Théâtre du Châtelet une collection aux silhouettes sculpturales et surréalistes.Le Libanais Elie Saab a présenté une nouvelle collection de robes de princesses dignes des plus beaux contes de fées, avec de nombreuses robes bustier aux longues traînes, en mousseline de soie ou satin et rebrodées de perles. Son compatriote Zuhair Murad a dévoilé un vestiaire encore plus flamboyant, avec des robes-bijoux ornées de perles, de strass et pampilles.Enfin, le duo néerlandais Viktor&Rolf a une nouvelle fois fait preuve d’ironie avec un vestiaire de 15 paires de robes noires dans un style rappelant les robes austères du XIXe siècle. Chaque paire de vêtements était identique, mais l’un des deux était gonflé de (fausses) plumes. “Nous voulions montrer qu’une chose peut être la même et différente à la fois. Et nous aimons l’idée d’une plume, car elle est très liée à la haute couture. En même temps, c’est un symbole de liberté”, a expliqué Viktor Horsting à l’AFP.

Le RN perquisitionné dans une enquête sur le financement de ses campagnes électorales

Une perquisition a eu lieu mercredi au siège parisien du Rassemblement national dans le cadre d’une enquête pour financement illicite des campagnes électorales du parti d’extrême droite en 2022 et 2024, une procédure “politique” a accusé Jordan Bardella. “Tout sera mis en oeuvre pour nous empêcher d’accéder au pouvoir”, s’est insurgé le président du RN lors d’un point presse au Parlement européen à Strasbourg, après avoir révélé cette perquisition. Celle-ci a démarré mercredi à 08H50, au siège du parti dans le XVIe arrondissement de la capitale et a été menée par “une vingtaine de policiers de la brigade financière” et “deux juges d’instruction”.Le parquet a précisé que d’autres perquisitions avaient été menées simultanément dans des sociétés et au domicile de leurs dirigeants. “Tous les mails, documents et éléments de comptabilité” ont été saisis, a assuré Jordan Bardella. “L’intégralité des dossiers qui concernent les dernières campagnes régionales, présidentielles, législatives et européennes sont aujourd’hui entre les mains de la justice”, a-t-il ajouté, dénonçant un “acharnement judiciaire”. “Un prétexte pour fouiller mon bureau”, a encore affirmé celui qui pourrait devoir remplacer Marine Le Pen à la présidentielle de 2027 si celle-ci est déclarée inéligible l’an prochain par la Cour d’appel de Paris. Une information judiciaire avait été ouverte en juillet 2024 notamment pour escroquerie commise au préjudice d’une personne publique. Elle porte principalement sur des prêts de particuliers au parti de Marine Le Pen pour financer sa campagne présidentielle de 2022 et les législatives qui ont suivi ainsi que les européennes de 2024, a indiqué le parquet de Paris.- Prêts de particuliers -Ces investigations doivent aussi “permettre de déterminer si ces campagnes ont été notamment financées” par des “surfacturations de prestations ou des facturations de prestations fictives” ayant été remboursées par la suite, a ajouté le parquet. “Soupçonner d’+exercice illégal de la profession de banquier+” nos militants – souvent âgés, honnêtes, engagés – qui prêtent au RN faute de banque prête à le faire, c’est une farce”, a estimé le président du parti. L’information judiciaire s’appuie sur un signalement de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) pour des prêts accordés par des particuliers au mouvement d’extrême droite.Ces prêts aux partis politiques par des particuliers sont autorisés, selon des conditions précises et avec un plafond, mais le RN est “le parti qui les a le plus utilisés”, avait expliqué le 1er juillet dernier le président de la CNCCFP, Christian Charpy.Ces dernières années, il a “concentré une forte majorité” de ce type d’emprunts: 613 en 2021 sur un total de 764 tous partis confondus, puis 425 en 2022 (sur un total de 492) et encore 96 en 2023 (sur un total de 123), selon ce responsable.Au total, le RN affichait fin 2023 plus de 20 millions d’encours à rembourser “auprès de personnes physiques”, le plus ancien remontant à 2007, au risque de passer pour des “dons déguisés”, avait souligné M. Charpy la semaine dernière.- “Secrets de fabrication” -Ces perquisitions alourdissent l’actualité judiciaire autour du RN.Mardi, le parquet européen a ouvert une enquête sur la famille politique à laquelle appartenait le Rassemblement national au Parlement européen avant 2024 pour diverses irrégularités financières.Le 31 mars, Marine Le Pen a été condamnée  à une peine de quatre ans d’emprisonnement, 100.000 euros d’amende et surtout cinq ans d’inéligibilité immédiate, qui pourraient lui barrer la route de l’Élysée en 2027. Le tribunal correctionnel de Paris avait estimé qu’elle était au “cœur” d’un système de détournement de fonds publics mis en place pour payer des salariés du parti avec l’argent du Parlement européen, entre 2004 et 2016, pour un montant total de 4,4 millions d’euros.Elle a fait appel de cette condamnation et la cour d’appel s’est engagée à rendre sa décision à l’été 2026. La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a par ailleurs rejeté mercredi la requête en urgence déposée la veille par Mme Le Pen afin de faire suspendre son inéligibilité immédiate, considérant que “l’existence d’un risque imminent d’atteinte irréparable à un droit protégé (…) n’est pas établie”, sans se prononcer sur le fond du dossier qui donnera lieu à un examen ultérieur.Toute la galaxie frontiste a repris mercredi l’argumentaire utilisé au moment de sa condamnation, criant au “harcèlement” et à la “peur” de voir le RN remporter la présidentielle. Il s’agissait “probablement de connaître nos secrets de fabrication et les futures stratégies pour les municipales, les législatives qui pourraient arriver et la présidentielle”, a avancé Laurent Jacobelli, le porte-parole du parti. Ces dernières années, plusieurs partis ont subi des perquisitions dans le cadre de diverses affaires judiciaires: le MoDem en 2017, La France insoumise en 2018 et Renaissance en 2022.

L’Etat réforme le DPE en faveur de l’électricité et fait disparaître 850.000 passoires énergétiques

Le diagnostic de performance énergétique (DPE), principal outil de la rénovation énergétique des bâtiments, va à nouveau être modifié pour devenir plus favorable aux chauffages électriques, a annoncé le Premier ministre mercredi, une décision mal accueillie par les associations de consommateurs.  Cette réforme devrait faire sortir de la catégorie de passoire énergétique 850.000 habitations, sur les 5,8 millions de logements classés F ou G au DPE, selon le gouvernement qui base son évaluation sur la plateforme de données de l’Agence de l’environnement (Ademe).  Dans le détail, c’est le coefficient de conversion de l’électricité, qui sert à calculer l’énergie réellement consommée, qui va changer, pour passer de 2,3 actuellement à 1,9.Teoman Bakoglu, délégué général adjoint de la Fédération des industries électriques (FIEEC), a souligné qu’il ne s’agissait pas d’un nouvel avantage, mais de “la suppression partielle d’un handicap imposé à tort”.L’actualisation d’un DPE existant sera possible gratuitement via la plateforme de l’Ademe, sans faire appel à nouveau à un diagnostiqueur et il n’y aura pas de réévaluation négative des DPE existants, a précisé à l’AFP le ministère chargé du Logement. La bascule pourra permettre de gagner au maximum un cran sur l’échelle de notes, qui va de A (la meilleure) à G (la plus médiocre). Matignon affirme dans un communiqué que cette “évolution permettra de mieux refléter la réalité du mix énergétique français, largement décarboné grâce au nucléaire, et de corriger une inégalité de traitement pénalisant jusqu’ici les logements chauffés à l’électricité”. Le gaz naturel bénéficie d’un coefficient de 1, plus avantageux que l’électricité.- “Passoires et bouilloires” -“Cette décision permettra par ailleurs de cibler plus efficacement les aides à la rénovation énergétique sur les logements chauffés aux énergies fossiles”, avance Matignon, alors que le gouvernement avait dit en juin vouloir changer les règles d’attribution de ces aides MaPrimeRénov’ et les recentrer sur les logements les plus énergivores. Nicolas Goldberg, expert en énergie chez Colombus Consulting, explique que “cette modification évite à certains logements de moins de 40 m² d’être classés comme des passoires thermiques parce qu’ils sont à l’électricité, alors qu’ils ne l’auraient pas été s’ils avaient été chauffés au gaz”.Par conséquent, 14% des logements à étiquette F ou G “ne seront plus des passoires, sans même faire des travaux, c’est magnifique”, a ironisé auprès de l’AFP David Rodrigues, responsable juridique de l’association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie). Ruben Arnold, dirigeant de KRNO, start-up d’analyse de la fiabilité des DPE, dénonce lui “une énième réforme mal pensée, mal préparée, et totalement arbitraire”, qui “affaiblit de manière perverse le dispositif”. KRNO estime par ailleurs que le nombre de 850.000 passoires énergétiques en moins est largement surévalué.Dans une lettre ouverte, une coalition de 16 organisations, dont des associations écologistes et de protection des consommateurs, demande au Premier ministre de renoncer à cette réforme dont les “premiers perdants” seraient “bien entendu les locataires, souvent précaires, de passoires et bouilloires thermiques”.- Insuffisant pour certains -La nouvelle est en revanche saluée par Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), qui aurait cependant voulu voir coefficient descendre jusqu’à 1,5. Mathieu Darnaud, président des sénateurs Les Républicains, juge lui la réforme “largement insuffisante” et demande “une équité entre les Français qui utilisent l’électricité et les autres, qui se chauffent au gaz” par exemple.Pour David Rodrigues, ce changement de calcul du DPE “n’est ni plus ni moins qu’un positionnement politique pour favoriser l’électricité et le nucléaire, et un cadeau fait aux bailleurs et aux professionnels qui demandaient depuis des années un allègement des contraintes”.La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher s’est félicitée de cette décision, qu’elle qualifie de “signal fort en faveur de l’électrification des logements”.La modification du DPE devrait être effective au 1er janvier 2026. Une attente incompréhensible pour Loïc Cantin, qui craint que cela bloque le marché immobilier pour le reste de l’année. “On ne va pas vendre maintenant un appartement F ou louer un appartement G alors qu’il pourrait changer d’étiquette au 1er janvier 2026”, a-t-il expliqué. Les logements classés F ou G se vendent en moyenne 15% moins cher que les logements classés D, selon une étude de la plateforme SeLoger.

Le Parlement allonge la rétention d’étrangers jugés dangereux

Le Parlement a définitivement adopté mercredi un texte allongeant jusqu’à 210 jours la durée de rétention d’étrangers en instance d’expulsion et jugés dangereux, une mesure chère au ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau mais rejetée par la gauche et les associations.La proposition de loi de la sénatrice Les Républicains Jacqueline Eustache-Brinio a été adoptée successivement mardi par l’Assemblée nationale – à 303 voix contre 168 – puis par le Sénat mercredi – à 228 voix contre 108, juste avant la suspension des travaux parlementaires en fin de semaine. Juste à temps, également, pour offrir au ministre de l’Intérieur un petit succès au Parlement, lui qui prône cette mesure depuis l’assassinat de la jeune Philippine, étudiante retrouvée morte à Paris en 2024. Son meurtrier présumé était un Marocain faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), qui venait de sortir d’un centre de rétention après plusieurs années en prison.”A quelques jours près, l’administration détenait le laissez-passer consulaire” qui aurait permis de l'”éloigner”, selon M. Retailleau, qui a salué devant ses anciens collègues sénateurs l’adoption d’un texte qui “va protéger les Français”.”La violence et la brutalité dont a été victime Philippine devraient mener à un consensus sur la nécessité d’assurer la sécurité de tous et partout”, avaient déjà réagi dans un communiqué les parents de la victime, Loic et Blandine Le Noir de Carlan, mardi au moment du vote des députés.- “Menace d’une particulière gravité” -Les débats ont aussi pris une tournure solennelle après le décès du député LR Olivier Marleix, qui en était le rapporteur pour l’Assemblée nationale et avait retravaillé la proposition de loi pour qu’elle convienne aux deux chambres du Parlement.A l’heure actuelle, la durée de maintien dans les centres de rétention administrative (CRA), où peuvent être enfermés des étrangers en vue de leur expulsion afin de “prévenir un risque de soustraction”, est de 90 jours maximum, sauf pour ceux ayant été condamnés pour terrorisme: elle peut alors aller jusqu’à 210 jours, soit sept mois.Le texte prévoit d’appliquer cette durée maximale de 210 jours aux étrangers dont le “comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public”, ainsi qu’à ceux ayant été condamnés pour certains crimes ou délits graves (meurtre, viol, trafic de stupéfiants, vol aggravé avec violences…).Seraient également concernés les étrangers condamnés à une interdiction du territoire (ITF), ou visés par une décision d’expulsion ou d’interdiction administrative du territoire. Plusieurs associations, dont France terre d’asile et la Cimade, ont alerté la semaine dernière contre un allongement qui pourrait s’appliquer à “nombre” de personnes retenues en CRA. La “menace d’une particulière gravité pour l’ordre public” est une notion “floue, laissant la porte ouverte aux interprétations arbitraires”, se sont-elles inquiétées.Cette rétention prolongée, “dans le désoeuvrement quotidien et parfois la violence, va accroître inutilement les souffrances et traumatismes des personnes enfermées”, ont-elles ajouté. – Rétention de demandeurs d’asile -La gauche, vent debout, dénonce aussi une mesure inutile, arguant que l’allongement de la durée moyenne de rétention (33 jours en 2024, le double de 2020 selon un rapport d’associations) n’a pas permis d’augmenter le taux d’expulsion. En 2018, une loi avait déjà doublé la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours.Le socialiste Christophe Chaillou a ainsi accusé le ministre de l’Intérieur de “surfer sur des faits divers alimentant une sorte de machine populiste dans une course mortifère avec l’extrême droite et ses funestes pulsions”.”Nous respectons les équilibres et nous respectons les règles de droit”, a rétorqué Bruno Retailleau, faisant valoir que le droit européen permet une durée de rétention pouvant aller jusqu’à 18 mois. Le texte intègre par ailleurs des mesures, parfois réécrites, de la dernière loi immigration, retoquées au Conseil constitutionnel. Comme le placement en rétention de certains demandeurs d’asile “dont le comportement constitue une menace à l’ordre public”. Ou encore la possibilité de relever des empreintes digitales et faire des photos d’identité sous la contrainte, dans le but de faciliter l’identification des personnes.