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Disperser vite les avions de combat, un impératif face aux menaces de drones ou missiles

“Regardez l’Ukraine, si vos forces sont immobiles vous perdez la guerre”. Ainsi éclairée, l’armée de l’Air française s’exerce à disperser très vite ses précieux avions Rafale, vulnérables au sol, pour les redéployer sur plusieurs bases et riposter dans la foulée.”Mardi dernier commençait comme une journée normale, je planchais sur mes mails “, raconte le capitaine Johan, 30 ans, de la 30e escadre de Mont-de-Marsan, dans les Landes. Soudain, “on a été appelés par le commandant, il fallait quitter la base”, menacée d’une attaque dans la journée.Il rassemble quelques affaires sans savoir où il doit conduire son Rafale. Ce sera Cazaux, en Gironde, à environ 80 kilomètres de là.L’exercice Topaze, conduit par l’Armée de l’Air et de l’Espace cette semaine dans le Sud de la France, a consisté à disperser sans préavis “20 avions dans un temps record sur 4 bases aériennes différentes”, explique le commandant de la brigade aérienne de l’aviation de chasse (BAAC), le général Pierre Gaudillière, en dressant le parallèle avec la guerre d’Ukraine.En même temps, “il faut déployer tous les mécaniciens (qui ont quitté la base par la route, ndlr), les lots techniques, le matériel de remise en oeuvre de ces avions et l’armement”, pour équiper de missiles les appareils dans la foulée, détaille-t-il.C’était le deuxième volet de l’exercice: ne pas simplement sauver les avions, mais pouvoir très vite les renvoyer au combat.Chargés de huit répliques de missiles de croisières air-sol Scalp, et de missiles air-air Mica et Meteor, quatre Rafale ont redécollé pour simuler un raid de représailles en territoire ennemi, appuyés par deux chasseurs Mirage venus de Luxeuil (Haute-Saône) et ont simulé un affrontement contre six Rafale figurant des Sukhoi-30 de conception russe.”Le but du raid est d’avoir une supériorité aérienne locale pour aller tirer les missiles” Scalp qui permettent de frapper dans la profondeur ennemie, avec leur portée de 250 à 350 kilomètres.- Opération Spiderweb -Quelque peu remisée après la Guerre Froide, pendant des décennies de guerres expéditionnaires et asymétriques sur des théâtre lointains, l’idée de pouvoir vite disperser ses avions chers et peu nombreux revient en force à la faveur du retour de la guerre de haute intensité entre Etats.C’est le concept baptisé ACE (emploi agile au combat) par l’armée de l’Air américaine, décliné et adapté par ses alliés de l’OTAN dont la France.”L’objectif de l’ACE est de préserver l’arme aérienne dans un environnement de menace élevée à longue portée, que ce soit des missiles de croisière ou balistique ou des drones suicide, comme on peut l’observer en Ukraine”, explique à l’AFP le chercheur Luca Chadwick, auteur de plusieurs articles sur le sujet, notamment pour le centre de réflexion britannique Rusi.Quand il est au sol, l’avion “est une cible inerte. Regardez le succès de l’opération Spiderweb en juin 2025: les Ukrainiens ont exploité cette vulnérabilité pour attaquer les bases aériennes” russes et détruire plusieurs précieux appareils, rappelle-t-il.”Disperser les avions et décentraliser leur régénération complique le travail de l’adversaire”, ajoute-t-il.A cette fin, l’armée de l’Air et de l’Espace peut s’appuyer sur un réseau de 28 bases aériennes en métropole et en Corse, mais aussi sur les multiples pistes civiles du territoire national.Mais elle doit aussi faire évoluer ses outils de maintien en condition opérationnelle (MCO), fluidifier le travail de ses mécanos, positionner les munitions au plus près des avions, etc. “On a changé de modèle”, explique le colonel Richard Désumeur, commandant en second et directeur technique de la BAAC. “Les mécanos ont réintégré les unités de combat, pour être plus autonomes et décider plus rapidement”.

Après une croissance française 2025 finalement à 0,9%, Paris optimiste pour 2026

La croissance française a été de 0,9% l’an dernier, a annoncé vendredi l’Insee, comme les économistes s’y attendaient mais meilleure que les espoirs initiaux du gouvernement, qui s’affiche optimiste pour début 2026.”La croissance a été robuste” en 2025, s’est félicité sur TF1 le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure, “meilleure que les 0,7% que j’attendais” dans le projet de loi de finances initial. “Ca fait un bon départ pour 2026, où j’espère qu’on fera au moins le 1% qu’on attend”, a-t-il estimé.Selon les estimations provisoires de l’Insee publiées vendredi, au dernier trimestre 2025, le produit intérieur brut a progressé de 0,2%. Les voisins de la France ont également publié des chiffres de croissance vendredi. En Allemagne, elle a atteint 0,3% au quatrième trimestre, pour 0,2% sur l’année. En Italie, elle a été de 0,7% sur l’année, et en Espagne, de 2,8%, avec un quatrième trimestre en hausse de 0,8%.Eurostat a annoncé de son côté que la croissance de la zone euro avait atteint 1,5% en 2025, au-delà des attentes, selon une première estimation.En France, la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance, mais très grippé ces derniers temps, a accéléré en fin d’année, gagnant 0,3% après 0,1% au troisième trimestre. L’investissement a lui ralenti (+0,2% après +0,7%), tandis que le commerce extérieur a de nouveau contribué positivement à la croissance.- Stocker, déstocker -Après l’inattendue et vigoureuse croissance de 0,5% au troisième trimestre, le +0,2% de croissance sur les trois derniers mois de l’année 2025 “marque un ralentissement attendu, un contrecoup”, a commenté auprès de l’AFP Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade.Pour lui, l’accélération de la consommation des ménages est “une bonne nouvelle”. Lucile Bembaron, d’Asterès, observe toutefois que les Français témoignent toujours de “leur volonté d’épargner” dans les enquêtes de l’Insee.La production des entreprises a cependant “marqué le pas” en fin d’année, relève l’Institut national de la statistique, avec une augmentation de 0,1% au quatrième trimestre après 0,8% au troisième.M. Darmet explique que la “production était très allante” au troisième trimestre, et que “des stocks se sont créés”. Au quatrième, “les entreprises ont préféré déstocker, notamment dans le secteur industriel et aéronautique”, et elles ont moins produit.”Trop de dynamisme au troisième trimestre, et au quatrième l’entreprise déstocke: c’est le cycle économique assez naturel”, selon lui, même si la reprise industrielle “reste assez fragile”.Sylvain Bersinger, du site Bersingéco, remarque que la croissance de 1% attendue en 2026 est dans la veine des années précédentes (1,6% en 2023, 1,1% en 2024 et 0,9% en 2025), alors qu’il “y a encore une dizaine d’années on apprenait aux étudiants que la croissance structurelle française était aux alentours de 2%”.- Révision à la baisse? -Selon lui, “la probabilité d’une forte révision de la croissance à la baisse est plus élevée qu’une forte révision à la hausse” cette année, en raison des risques géopolitiques, commerciaux, et du prix très élevés des actions, de l’or et des crypto-monnaies, qui pourraient subir “un retournement brutal”.L’année commence cependant, pour les acteurs économiques, avec une situation politique moins pesante qu’en fin d’année, puisqu’un budget devrait être définitivement adopté la semaine prochaine, grâce à l’utilisation de l’article 49-3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu.En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays.Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7% du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec les socialistes, qui devraient ramener le déficit au mieux à 5%, après 5,4% en 2025, selon les dernières projections du ministère des Finances.Pour la Première présidente par intérim de la Cour des Comptes Carine Camby, il est “urgent d’agir”, et de réduire les dépenses. Car, a-t-elle prévenu jeudi, il est “vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette”.

Violences à l’école: le ministre de l’Education annonce des signalements à la justice

Le ministre de l’Education Edouard Geffray a annoncé vendredi “procéder ce jour à plusieurs signalements” à la justice après la diffusion d’une enquête de “Cash investigation” sur France 2, sur des violences dans des établissements privés et des défaillances dans le périscolaire.L’enquête de “Cash Investigation” s’intéresse aux défaillances du périscolaire, notamment à Paris, mais aussi à des dysfonctionnements et violences dans des établissements privés catholiques sous contrat en se penchant sur le cas de l’Institution Champagnat à Issenheim (Haut-Rhin) et de l’établissement scolaire L’Espérance à Sainte-Cécile (Vendée).”A la suite des révélations de Cash Investigation hier soir, je procède ce jour à plusieurs signalements sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale”, a annoncé Edouard Geffray sur le réseau X. “Pour ce qui relève des pouvoirs administratifs de l’Éducation nationale, j’engage également sans délai les procédures de contrôle et de sanction. Une seule ligne: ne rien laisser passer”, a-t-il ajouté, sans préciser quels établissements ou personnels seraient visés.L’article 40 du code de procédure pénale prévoit que toute autorité ayant connaissance d’un crime ou un délit doit en informer la justice.L’enquête de Cash Investigation fait état notamment de faits graves à L’Espérance, école, collège et lycée de Vendée accueillant environ 200 élèves, non mixte à partir du collège. Trois anciens élèves y témoignent d’un “climat raciste omniprésent”, d'”insultes homophobes”, du non-respect de certains programmes, de propos négationnistes ou encore de méthodes éducatives violentes du directeur (claques aux élèves qui n’atteignent pas leurs objectifs de résultats scolaires). L’un de ces anciens élèves indique notamment avoir été appelé “Bamboula” par ses camarades de classe, ce que la plupart des professeurs auraient “laissé couler aussi également, parce c’était mon surnom, c’était comme ça”. Il raconte aussi avoir trouvé une croix gammée dessinée sur sa chaise ou reçu des menaces verbales d’élèves, dont certains lui auraient fait des saluts hitlériens.Enfin, via une caméra cachée, Cash Investigation a été reçu par un abbé en charge du recrutement de cet établissement, qui fait état notamment de messes obligatoires au collège, ou d’une surveillance de l’internat confiée en partie à des élèves.Concernant l’Institution Champagnat, Cash Investigation a recueilli le témoignage d’une ancienne enseignante de l’établissement, qui dénonce notamment une direction “défaillante”, des “dysfonctionnements” et une omerta entretenue autour d’affaires d’agressions sexuelles qu’elle a dénoncées, dont plusieurs ont depuis donné lieu à des condamnations.L’enquête de Cash Investigation s’intéresse aussi aux conditions de travail des animateurs à Paris. On y voit notamment des témoignages de parents dont les signalements de comportements suspects d’animateurs ne sont pas pris en compte, mais aussi l’absence de cadre de recrutement ou encore des comportements inappropriés d’animateurs, dont une qui embrasse un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement de Paris.

Mort du général Morillon, ancien commandant de la force de l’ONU en Bosnie

Le général Philippe Morillon, ancien commandant des forces de l’ONU en Bosnie, est mort jeudi à l’âge de 90 ans, ont annoncé sur X l’armée de Terre et la ministre des Armées.Ce général cinq étoiles, qui avait pris sa retraite militaire en 1996, avait commandé la Force de protection des Nations unies (Forpronu) en Bosnie de septembre 1992 à juillet 1993.”L’armée de Terre a appris avec tristesse le décès du général Philippe Morillon. Grand serviteur de la France, il incarna en Bosnie la volonté de la communauté internationale de protéger les populations civiles”, a affirmé dans la soirée le chef d’état-major de l’armée de terre Pierre Schill.La ministre des Armée Catherine Vautrin a elle salué sur X “la mémoire de cette grande figure, cet officier qui a servi son pays tout au long d’une carrière exemplaire, qui l’a mené de saint Cyr au parlement européen en passant par Sarajevo”.”En ces temps incertains, que son sens de l’engagement inspire les plus jeunes générations”, a-t-elle ajouté.Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a également rendu hommage au général Morillon, qui a selon lui “incarné l’engagement le plus total au service de la France” et fut “tant défenseur de la paix que protecteur des populations civiles. Notre pays lui doit beaucoup”.Le nom du général Morillon reste intimement associé au drame de Srebrenica. Il avait acquis une notoriété mondiale en mars 1993 en lançant aux habitants de l’enclave assiégée par les forces serbes bosniaques: “Vous êtes à présent sous la protection des forces des Nations unies… Je ne vous abandonnerai jamais”.Deux ans plus tard, en juillet 1995, l’enclave tombait entre les mains des forces serbes de Bosnie conduites par le général Ratko Mladic, condamné depuis à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Dans les jours suivants, quelque 8.000 hommes et adolescents musulmans ont été exécutés sommairement ou ont trouvé la mort dans des embuscades.Au terme de sa carrière militaire, Philippe Morillon avait poursuivi une carrière politique comme député européen sous la bannière du parti centriste UDF.cl/dab/dch   

Somfy envisage une réorganisation, près de 350 postes menacés en France

Le constructeur de moteurs de volets roulants et de domotique Somfy “envisage une réorganisation” et la suppression de 550 postes, dont 350 en France, pour faire face au ralentissement du marché, a annoncé la direction.”Bien qu’il soit indispensable, j’ai conscience de l’impact de ce projet pour les salariés”, déclare son directeur général, Sébastien Picot, dans un communiqué. “Nous mettrons tout en oeuvre pour que (…) chaque collaborateur soit accompagné du mieux possible.” Le groupe à l’actionnariat familial assure que le projet serait “sans impact sur l’activité de production et de logistique”. Il insiste par ailleurs sur “le maintien des sites industriels et logistiques français”.La procédure d’information et de consultation du CSE doit durer quatre mois. Le groupe précise qu’un “plan de départs volontaires précèderait tout départ contraint en France”.Somfy, fondé en 1969 à Cluses (Haute-Savoie), indique être affecté par “la faible dynamique du marché de la construction” en Europe, où le groupe réalise “la plus grande partie” de son chiffre d’affaires.Il dit regarder du côté des Etats-Unis et de l’Asie pour trouver des relais de croissance sur le marché des stores d’intérieur et des rideaux motorisés, ainsi que du segment des bâtiments collectifs.Le groupe affirme également que des “investissements importants” sont nécessaires pour “s’adapter à la dé-globalisation des échanges commerciaux”, comme la hausse des droits de douane ou la régionalisation des normes et de l’hébergement des données.Présent dans 59 pays, Somfy, dont le chiffre d’affaires était de 1,5 milliard d’euros en 2024, emploie près de 6.500 collaborateurs dans le monde, dont près de 2.800 en France.Contactés par l’AFP, les syndicats n’étaient pas disponibles dans l’immédiat.

Budget: Lecornu a dégainé un ultime 49.3, épilogue lundi

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé vendredi matin pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.”La France doit avoir un budget. Et donc, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du PLF (projet de loi de finances, ndlr) pour 2026, sur la base de l’article 49 de la Constitution”, s’est contenté de déclarer, en 13 secondes chrono, devant l’Assemblée nationale le Premier ministre qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS.Dans la foulée, La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de censure, qui devrait être examinée et rejetée lundi faute du soutien de la droite et des socialistes, tout comme une autre motion promise par le Rassemblement national et son allié UDR.Selon le président de la commission des Finances Eric Coquerel, ces motions de censure seront examinées lundi à 17H et non pas mardi, comme il le demandait pour permettre à tous les députés de revenir à Paris. Autre critique sur la forme de l’écologiste Arnaud Bonnet, “le Premier ministre n’a même pas attendu que les membres de la commission des Finances”, qui venaient de rejeter une ultime fois ce budget, “arrivent dans l’hémicycle que le 49.3 était déjà prononcé”. Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. Sauf immense surprise, les motions de censure seront rejetées comme les deux précédentes grâce à la clémence des Républicains et surtout du Parti socialiste. Le gouvernement dispose en effet d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.”Le groupe socialiste a serré la vis (aux députés qui voudraient voter la censure) et est maintenant dans un soutien sans participation au gouvernement”, a déploré M. Coquerel.Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’Etat.- “Texte utile” mais “imparfait” -S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Initialement, l’exécutif visait 4,6%. Mais, selon le rapporteur Philippe Juvin (LR), le budget de l’Etat a dû d’une part “assumer les décisions prises au niveau du budget de la Sécurité sociale”, avec notamment la suspension de la réforme des retraites, qui s’est traduit par “une hausse du déficit de 0,3 point de PIB”. D’autre part, a-t-il regretté, l’effort des collectivités locales “a été réduit de moitié” à la demande du Sénat. Le texte prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité pour les salariés modestes.Mais il continue de susciter l’hostilité de l’extrême droite et d’une grande partie de la gauche (Insoumis, écologistes, communistes), qui ont déposé à chaque occasion des motions de censure.Le bloc central et la droite ne sont pas non plus satisfaits de ce budget mais M. Juvin s’est félicité “d’avoir évité de graves écueils” au niveau fiscal, comme “la remise en cause du pacte Dutreil” sur la transmission d’entreprises et “une fiscalité supplémentaire pour les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire)”.”La taxation des retraités n’a pas été alourdie et l’impôt sur le revenu des ménages n’a pas été augmenté”, s’est-il réjoui. ama-are-far-lak/jmt/sp

La pollution des eaux sous un entrepôt Bolloré incendié en 2023 suscite l’inquiétude

Plusieurs associations s’inquiètent de concentrations importantes de lithium détectées dans les eaux souterraines sous un entrepôt de l’entreprise Bolloré Logistics au sud de Rouen, incendié en janvier 2023, où des batteries avaient été stockées sans autorisation.Les dernières analyses publiées récemment par la préfecture de Seine-Maritime font état d’un taux de lithium de 200.000 microgrammes par litre sur un point de captage des eaux souterraines de la commune de Grand-Couronne où a eu lieu l’incendie. C’est dix fois plus que l’an dernier, selon France Nature Environnement Normandie qui a porté plainte en mai 2025 pour pollution et écocide. Aucune norme sanitaire n’existe en France pour cette substance. Mais l’association cite des études menées par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) qui “tendent à établir une valeur cible maximale de 20 microgrammes par litre pour les organismes aquatiques des eaux douces et de 840 microgrammes pour l’eau destinée au réseau potable”. Parmi les effets dangereux potentiels identifiés par l’institut : neurotoxicité, hypothyroïdie, insuffisance rénale chronique. La pollution au lithium sous l’entrepôt incendié ne touche cependant pas le réseau d’eau potable, soulignent les autorités.D’après Paul Poulain, chercheur indépendant sur les pollutions et les risques, les composants des batteries au lithium et leur fuite dans l’environnement “constituent une menace directe” pour “les invertébrés, les poissons ou les oiseaux”.Le 16 janvier 2023, l’entrepôt stockant sans autorisation 12.300 batteries de véhicules appartenant à Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, avait été entièrement détruit par les flammes.- “On est scandalisés” -L’incendie avait immédiatement suscité des inquiétudes sur d’éventuels risques pour la santé ou l’environnement, auprès d’une population encore traumatisée par le précédent de l’usine Lubrizol en septembre 2019, quand 10.000 tonnes de produits chimiques étaient parties en fumée dans un autre incendie survenu dans le même secteur.En mai dernier, “quand nous avons déposé plainte on avait des taux 10 fois inférieurs à ce qu’on retrouve aujourd’hui”, a expliqué à l’AFP la juriste de France Nature Environnement Normandie Alice Béral. La hausse des concentrations, depuis, serait liée au ruissellement des eaux de pluie sur les batteries calcinées, seulement retirées du site en juillet 2025, plus de deux ans après l’incendie et après plusieurs mises en demeure.”On est toujours scandalisés, on aimerait que les responsables prennent leurs responsabilités”, a ajouté Mme Béral, soulignant vouloir faire assumer le coût du préjudice au groupe Bolloré.Le secrétaire de l’association des victimes de Lubrizol, Christophe Holleville, a regretté que le chantier de dépollution en surface se soit fait “à ciel ouvert”. “Cela aurait dû être fait sous un chapiteau de confinement, chaque coup de pelleteuse dégageait un nuage de poussière de lithium”, selon lui.Les taux de pollution au lithium “se sont envolés” dans les eaux de surface et malgré la mise en place d’une station de traitement des eaux polluées, “on atteint dans les eaux souterraines des taux record” qu’on ne retrouve qu’à proximité de sites d’extraction de ce métal, affirme-t-il.La préfecture reconnaît que le débit de pompage de la station de dépollution “n’atteint pas le niveau requis”.Blue Solutions et Bolloré Logistics, filiale rachetée en 2024 par CMA CGM, avaient été contraints par la préfecture et la justice administrative de financer cette “barrière hydraulique”.Contacté par l’AFP, le groupe Bolloré n’a pas donné suite.

Gangs ou collectifs de rue ? Le flou autour d’une réalité guadeloupéenne au procès des émeutes de 2021

Artistes, médiateurs, employés municipaux ou policier: les prévenus du procès des émeutes de 2021 en Guadeloupe, jugés depuis lundi à Fort-de-France (Martinique), ont tous en commun d’évoluer dans des quartiers populaires de l’archipel. Mais l’accusation de liens avec des “gangs” soulève débats et contestations à la barre.Deux d’entre eux seraient “leaders” de groupes apparentés à des gangs, selon un procès-verbal de renseignement de la gendarmerie consulté par l’AFP. Le document évoque des “structures hiérarchisées, ancrées sur un territoire avec des têtes de réseau et des lieutenants chargés d’exécuter des instructions liées à leurs activités criminelles”.Deux gangs majeurs seraient à l’œuvre en Guadeloupe, Sektion Kriminel et Chien La Ri, comptant respectivement 300 et 200 membres, selon ce même document. Ces deux groupes, connus dans l’archipel depuis le début des années 2000, étaient rivaux jusqu’en 2016.Sektion Kriminel, basé à Pointe-à-Pitre, réunit des rappeurs, souvent arborant la couleur violette.Les Chien La Ri sont aussi officiellement connus pour être un collectif d’artistes. Originaires de Baie-Mahault (centre de la Guadeloupe), ils s’étaient vus mettre à disposition un studio d’enregistrement par le maire de l’époque, Ary Chalus, actuellement président de la région Guadeloupe.Le procureur général près la cour d’appel de Basse-Terre Éric Maurel fait régulièrement référence à eux, alertant sur la structuration de ces groupes, leur évolution et leur implications dans des affaires de grand banditisme.Les accusés démentent fermement cette vision des choses. “Quand je lis certaines choses, j’ai l’impression qu’on se raconte un film”, réplique à la barre Noël Daufour, surnommé Oneel, présenté comme un membre important de Sektion Kriminel.Il est accusé, avec les 12 autres prévenus de ce procès, d’avoir été un organisateur des émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, sur fond de contestation du pass sanitaire pendant l’épidémie de Covid-19. Des bâtiments publics et commerciaux avaient été détruits, des barricades installées: une violence “planifiée et organisée”, selon le procureur de la République de l’époque, Patrick Desjardins.- Clips de rap -Mais c’est sur leur rapport à la violence, à la musique, à la Guadeloupe que les prévenus sont interrogés au prétoire. Tous évoquent des “violences institutionnelles” à laquelle ils ont été confrontés. La musique chez eux est omniprésente.”On relate une réalité avec le souci de décrire et de dénoncer”, défend Noël Daufour, interrogé sur la violence des paroles de ses morceaux et les armes qu’on y voit.Lui se présente comme “pacificateur”, y compris en détention lors d’anciennes condamnations. Après une peine de prison en 2016, il raconte avoir entrepris “d’apaiser les relations” avec d’autres groupes, dont les Chien La Ri, menés selon l’accusation par Frédéric “Bwana” Dumesnil, lui aussi sur le banc des prévenus.”Les gangs, c’est quelque chose qui est structuré, qui a des ramifications à l’étranger, il y a parfois des rituels de passage pour les intégrer: je n’ai jamais vu ça en Guadeloupe”, assure ce dernier, employé comme médiateur pour la commune de Baie-Mahault et connu pour son travail associatif auprès des jeunes.Autre prévenu, Loïc Chenilco est lui aussi médiateur pour la commune des Abymes (centre) et artiste, auteur de morceaux de trap -un courant du rap- aux paroles parfois militantes, et aux clips montrant souvent des armes.”Quand on vient de quartier difficile, on a un sentiment d’appartenance”, explique-t-il, disant avoir grandi à neuf enfants dans un trois-pièces insalubre, “l’équivalent d’une favela”.Adrien Roux, substitut du procureur à Fort-de-France, concède l’aspect “nébuleux” de ce phénomène de gangs aux contours peu connus. Il n’y a pas d’affaire judiciaire en cours en faisant cas et selon une source judiciaire, “aucun indicateur n’existe en Guadeloupe sur des faits liés aux gangs, auxquels les auteurs ne revendiquent jamais leur appartenance”.

L’Insee va dire comment s’est portée l’économie française en fin d’année

L’Insee dévoile vendredi matin comment s’est portée la croissance française au dernier trimestre 2025, et les économistes s’attendent à un chiffre assez robuste, compris entre 0,2% et 0,4%.”Nos résultats économiques sont encourageants”, s’est félicité vendredi dernier le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure en présentant ses vœux aux acteurs économiques: “tout pointe vers une croissance de l’année dernière sans doute plus proche de 0,9% que le 0,7% auquel nous nous attendions”.Cette croissance de 0,9% du produit intérieur brut (PIB) sur l’année entière est attendue par l’ensemble des économistes quelle que soit la croissance du quatrième trimestre, qui pèse peu dans le calcul arithmétique de la croissance annuelle.Fin 2025, l’économie, au vu des enquêtes mensuelles déjà publiées par l’Institut national de la statistique, a davantage reposé sur les entreprises que sur la consommation des ménages, restée assez terne, tandis que leur épargne atteint presque 19% de leur revenu disponible.Si l’année s’est mieux terminée que prévu, “on le doit en grande partie aux entreprises qui ont continué d’investir, de recruter, de produire et d’exporter”, a remarqué M. Lescure.- Aéronautique -Selon le directeur général de la Banque de France en charge des statistiques, Olivier Garnier, “le secteur ayant le mieux performé au deuxième semestre, en particulier en décembre, est l’industrie manufacturière, toujours tirée par l’aéronautique et le secteur de la défense”.Après différents problèmes d’approvisionnement qui ne lui ont permis d’assurer une pleine production que six mois seulement l’an dernier, le secteur est bien reparti en fin d’année.Stéphane Colliac, de BNP Paribas, souligne aussi qu’un autre secteur, celui-là “un peu plus sous les radars”, a tiré aussi la croissance : “les biens d’équipement électriques, électroniques et informatiques”, une dénomination de l’Insee qui recouvre notamment l’intelligence artificielle.La situation politique semble moins peser sur l’économie que dans les mois ayant suivi la dissolution de juin 2024, dans une sorte d'”autonomisation de la vie économique par rapport à la vie politique”, décrit le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, et les entreprises ont continué de travailler correctement en fin d’année alors que le vote d’un budget n’était pas acquis.Début 2026, pour lequel l’Insee prévoit actuellement 0,3% de croissance à chacun des deux premiers trimestres, l’incertitude budgétaire est en voie d’être définitivement levée, avec l’adoption quasi-assurée du projet de loi de Finances par un dernier recours au 49.3 à l’Assemblée nationale vendredi, après le rejet du texte au Sénat jeudi.- “Urgent d’agir” -En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays.Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7% du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec le PS, qui amèneront le déficit à 5%, après 5,4% en 2025.D’ores et déjà, l’agence Moody’s en a douté cette semaine, prédisant un déficit restant à 5,2% cette année.”Il est urgent d’agir, de réduire vigoureusement notre déficit public” – le pire de la zone euro, NDLR -, “de maîtriser nos dépenses et de stabiliser notre dette publique”, la troisième de la zone, a rappelé jeudi la présidente par intérim de la Cour des comptes, Carine Camby.”Il est vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette”, a-t-elle mis en garde.Les chiffres du quatrième trimestre des croissances espagnole et italienne seront également publiés vendredi, ainsi que des chiffres détaillés de la croissance allemande, qui a progressé de 0,2%, sur le trimestre et sur l’année 2025, selon de premières estimations, après deux années de récession.

Budget: Lecornu dégaine un ultime 49.3, l’épilogue approche

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu va activer vendredi matin pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. Examiné à partir de 9H00 à l’Assemblée nationale en lecture définitive, le projet de budget ne sera pas discuté très longtemps: le chef du gouvernement est attendu au Palais Bourbon pour activer d’emblée un nouveau 49.3 sur le texte. En engageant ainsi la responsabilité du gouvernement, Sébastien Lecornu devrait s’exposer à nouveau à deux motions de censure, issues de la gauche hors-PS et du Rassemblement national.Celles-ci seront soumises aux députés “probablement lundi après-midi”, ont indiqué des sources gouvernementales et parlementaires à l’AFP. Et sauf immense surprise, elles seront rejetées comme les deux précédentes grâce à la clémence des Républicains et surtout du Parti socialiste. Le gouvernement dispose en effet d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’Etat.S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Elle s’exprimait devant les sénateurs, très mécontents de la copie finale. Ces derniers, qui devaient être saisis du texte avant son retour à l’Assemblée selon les règles de procédure parlementaire, n’ont pas souhaité retarder l’échéance, préférant le rejeter d’emblée sans rouvrir la discussion.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Il prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité pour les salariés modestes.Mais il continue de susciter l’hostilité de l’extrême droite et d’une grande partie de la gauche (Insoumis, écologistes, communistes), qui ont déposé à chaque occasion des motions de censure.Il s’agira de la troisième utilisation du 49.3 par Sébastien Lecornu, qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS. Les deux premiers ont été activés lors de la “nouvelle lecture” du texte, l’un sur la partie “recettes”, l’autre sur la partie “dépenses”.