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Mort d’un étudiant après une soirée d’intégration à Lille: relaxe générale requise

Une relaxe générale a été requise mardi pour trois étudiants jugés à Lille pour bizutage ou complicité après la mort d’un étudiant en marge d’une soirée d’intégration alcoolisée en 2021, ainsi que pour les autres prévenus, dont l’Université de Lille.La décision est attendue le 18 février à 14H00. Le procureur a estimé que les investigations n’avaient pas permis d’établir que la victime de 19 ans, Simon Guermonprez, était ivre au moment des faits, ni qu’il avait été contraint de consommer de l’alcool, ni qu’il ait subit des actes humiliants ou dégradants. La relaxe a également été requise pour l’Université de Lille, qui avait été citée directement à comparaître par la famille pour homicide involontaire et bizutage, ainsi que pour le chauffeur du poids lourd impliqué dans l’accident mortel. Simon Guermonprez, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait le 8 juillet 2021 à une soirée d’intégration organisée par des étudiants plus âgés. À l’issue de la soirée, déposé vers minuit en Uber devant le domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme s’est ensuite rendu sur un pont surplombant l’autoroute A27.Selon l’enquête, il a pris un selfie avant d’être mortellement percuté par un camion circulant sur l’autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies.Le chauffeur du poids lourd, poursuivi pour homicide involontaire, a affirmé à l’audience que le jeune homme se trouvait sur la bande d’arrêt d’urgence avant de se “jeter” sous son véhicule. “Je n’ai pas eu le temps de piler, il s’est jeté”, a déclaré à la barre le prévenu de 50 ans. Daniel Guermonprez, le père de la victime, rejette lui la thèse d’un suicide: “Il n’y a rien de rationnel à ce que Simon reparte vers ce pont autoroutier”, a-t-il déclaré, estimant que la “seule conclusion” possible est que son fils était “désorienté à cause de l’alcool”. La présidente du tribunal a détaillé l’organisation de la soirée, organisée par un groupe d’étudiants baptisé “Les Borgia”, dont faisaient partie les trois prévenus étudiants. Le rendez-vous avait été fixé à la citadelle de Lille à 20H00, avant un déplacement vers un appartement. Des équipes étaient chargées de l’accueil, de la préparation des boissons, de la communication et il existait une équipe “PLS” chargée de l’assistance aux étudiants en difficulté.- “Soirées non contrôlées” -Selon les éléments de l’enquête exposés à l’audience, les étudiants admis en deuxième année choisissaient de consommer de l’alcool ou non: ceux qui refusaient se voyaient apposer la mention “H2O” sur le front, tandis que ceux qui acceptaient portaient une “cible”, comme Simon Guermonprez. Des seringues de 50 à 60 ml étaient utilisées pour servir les boissons alcoolisées. Aucun des trois prévenus n’a reconnu avoir administré de l’alcool à la victime.À la barre, en larmes, une étudiante qui faisait partie de l’organisation de la fête a assuré que la mort de Simon avait “traumatisé beaucoup de monde”. “On fait des études de médecine, notre but est de sauver des gens”, a-t-elle déclaré, exprimant sa “tristesse” pour la famille, comme les deux autres prévenus.”Nos enfants ne choisissent pas la médecine pour être embarqués dans des soirées risquées puisque non contrôlées et non sécurisées”, a déclaré à la presse Daniel Guermonprez, appelant à “éradiquer ces moeurs insensées en faculté de médecine”.Dans ce dossier “il n’y a rien”, a plaidé Me Quentin Lebas, l’avocat de l’Université de Lille. “Ce n’est pas un dossier de bizutage” et “l’Université n’a commis aucune négligence”, a-t-il estimé, soulignant que cette soirée s’était déroulée “sans alcoolisation massive” et en dehors du campus.En 2022, un rapport de l’IGESR (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche) avait conclu qu’il ne pouvait être exclu que le décès de Simon soit relié à d’autres facteurs que cette soirée étudiante, mais qu’il était “très difficile” de le considérer comme indépendant, “en raison de la concomitance des événements et de l’alcoolisation attestée de l’étudiant”. 

Almost half of Kyiv without heat, power, after Russian attack

An overnight Russian bombardment on Kyiv left thousands of residential buildings and parliament without heating and water in -14C temperatures on Tuesday, just as the Ukrainian capital was scrambling to restore vital utilities destroyed in earlier attacks.The barrage of hundreds of drones and missiles, which targeted energy facilities across Ukraine, killed at least one 50-year-old man …

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À son procès en appel, Le Pen conteste tout “système” de détournement de fonds

“Il n’y a pas eu de système généralisé”: Marine Le Pen a tenté de convaincre mardi la cour d’appel de Paris, qui la juge pour détournement de fonds, de “cas différents” pour chaque contrat litigieux d’assistant parlementaire d’eurodéputés FN,  récusant avoir donné des consignes.A la barre pendant près de cinq heures, la triple candidate malheureuse à la présidentielle y revient à trois reprises: “Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”.Pour Marine Le Pen, il s’agit de s’en prendre à la pierre angulaire de l’accusation, identifiée comme déterminante dans la lourdeur de sa condamnation en première instance au printemps dernier. Elle avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat qui l’empêche à date de concourir à l’élection présidentielle.La justice lui reproche, ainsi qu’au parti (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, d’avoir embauché des assistants parlementaires pour leurs eurodéputés, rémunérés par des fonds européens, mais dont l’activité réelle n’était qu’au seul bénéfice de la formation d’extrême droite.En première instance, le détournement de fonds public au préjudice du Parlement européen – qui s’est constitué partie civile – a été chiffré à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des prévenus.Devant la présidente de la cour d’appel Michèle Agi, Marine Le Pen se montre d’abord contenue au début de son interrogatoire, dans un effort de contrition qui doit trancher avec l’atmosphère houleuse lors de l’audience de l’année dernière devant le tribunal correctionnel.La députée du Pas-de-Calais se veut ferme, mais peine rapidement à contenir un agacement au fur et à mesure qu’elle est questionnée sur des éléments du dossier équivoques, voire embarrassants.Cet email, envoyé entre “tiers payeurs” qui font le joint-venture avec le Parlement européen, qui propose un vaste plan de chaises musicales des assistants afin d’éviter la “catastrophe”? “On a l’impression qu’il n’y a que des considérations financières qui président”, observe la magistrate. “Vous avez raison, c’est le sentiment qu’on peut avoir, mais ils faisaient des plans sur la comète”, jure Marine Le Pen.Ce message du trésorier du parti Wallerand de Saint Just –“Je crois que Marine sait tout cela”–, en réponse à un eurodéputé qui s’inquiète d’un système d’emploi fictif? “Je n’en étais pas destinataire, mais ce qui est sûr, c’est que si j’avais reçu un mail comme celui-là, je n’y aurais pas répondu avec cette désinvolture”, assène-t-elle.D’ailleurs, fait-elle observer, “la masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté, en quelque sorte, d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ça ne se voit absolument nulle part”.- Responsabilité de Jean-Marie Le Pen -Mardi, la cour d’appel avait commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015 Mylène Troszczynski, alors que l’organigramme du parti le présentait comme “conseiller spécial” de Marine Le Pen, alors présidente de la formation.”Je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, a-t-il admis à la barre. L’enquête avait établi qu’en un an et demi, il n’avait eu que douze communications avec sa supérieure théorique et que de leur trois appels, le plus long avait duré quatre minutes et dix-sept secondes.Julien Odoul a soutenu s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car Mylène Troszczynski lui “avait dit de (se) rendre utile au sein du siège du Front national”.Quelques heures plus tard, Marine Le Pen confirme, au prix de contorsions: “Il pouvait être conseiller spécial à mon cabinet et être assistant parlementaire”, d’autant “qu’il ne faisait pas huit heures de travail pour moi”. Et si elle “supposait” qu’il avait un emploi, elle assure qu’elle ignorait qu’il était censé être au service de Mylène Troszczynski.Après avoir esquissé à l’ouverture des débats, la semaine dernière, une inflexion dans sa défense – “si tant est qu’un délit a été commis” – en se concentrant sur la contestation de toute “intention” fautive, Marine Le Pen s’est finalement contentée d’un mea culpa a minima: “C’était peut être contestable, condamnable, le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, mais tous ces gens travaillaient” pour leurs eurodéputés.Seule évolution notable: une bascule des responsabilités sur son père, Jean-Marie Le Pen, qui était, selon elle, “en quelque sorte dirigeant de ce mini-groupe” d’eurodéputés jusqu’en 2016, même après qu’elle lui avait succédé à la tête du parti cinq ans plus tôt.L’interrogatoire doit se poursuivre mercredi.

Budget: le Premier ministre actionne un premier 49.3

Une promesse rompue, et un pas décisif vers l’adoption du budget: Sébastien Lecornu a engagé mardi après-midi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget de l’État pour 2026, un premier 49.3 d’une série de trois, qui devrait permettre la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.”Les choses (…) sont désormais bloquées. Le texte n’est plus votable (…) Or, nous considérons que la France doit avoir un budget”, a déclaré le Premier ministre, fustigeant devant les députés les “agissements” de différents groupes “qui devront en rendre compte devant les Françaises et les Français”.Un peu plus de trois mois après y avoir renoncé, le locataire de Matignon avait officialisé lundi le recours à cet outil constitutionnel, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote mais l’expose à une censure.Faisant part de son “amertume” et de ses regrets, il avait reconnu devoir, faute de majorité, “revenir sur (sa) parole”, pour permettre l’adoption d’un budget nécessaire tant pour renforcer le budget des armées que pour répondre à la colère agricole.Le président de la République, Emmanuel Macron, avait salué devant les ministres une copie budgétaire qui “permet de contenir le déficit à 5%” du Produit intérieur brut (PIB) et “permet au pays d’avancer”.La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a elle acté une forme d’échec auprès de la presse mardi: “C’est la démocratie évidemment qui perd aujourd’hui”, a-t-elle estimé, appelant de nouveau à une modification des règles de la discussion budgétaire.- La majorité elle aussi “amère” -Dans la foulée de ce 49.3, les groupes LFI, GDR (communistes et ultra-marins) et écologistes ont déposé une motion de censure commune, de même que le RN avec son allié l’UDR, le parti d’Eric Ciotti.Le PS n’en votera aucune, convaincu que le 49.3 est la “moins mauvaise des solutions” et qu’il a obtenu sur le fond des victoires, ce qui devrait permettre à M. Lecornu de se maintenir à Matignon.”Nous ne censurerons pas le gouvernement”, a confirmé sur France Inter le patron du parti Olivier Faure.Si le PS ne reconnaît pas le budget comme le sien, il y voit “des avancées”, selon le président de groupe Boris Vallaud, comme la suppression du gel du barème de l’impôt sur le revenu, la hausse de la prime d’activité pour les salariés les plus modestes ou la généralisation des repas à un euro pour les étudiants.Des concessions minimisées par Éric Coquerel (LFI), qui a fustigé “un budget de coupes budgétaires, (…) un budget d’inégalité (…) qui ne répond pas aux besoins des Français”, appelant les députés PS et LR hésitants à voter la censure.De fait Les Républicains sont mécontents. “Tout le monde dit +cocorico, nous allons être à moins de 5%+ mais il y a un an, l’objectif était d’être à 4,7%”, a rappelé Philippe Juvin (LR), le rapporteur général du budget, se disant “très inquiet”.Au sein du bloc macroniste, une certaine amertume s’exprime aussi face à un budget perçu comme faisant la part trop belle aux promesses socialistes. C’est un budget pour “durer”, “ni pour économiser ni pour moins fiscaliser ni pour rationaliser les dépenses publiques”, a ainsi déploré sous couvert d’anonymat un député Horizons.”On attend la copie finale. Personne aujourd’hui, vu les annonces, ne sait comment on fera 5%”, a ajouté cette source.- “Transparence” -Le gouvernement n’a pas encore dévoilé l’ensemble de sa copie au Parlement, conduisant nombre de députés à lui reprocher un manque de “transparence”. Bercy a transmis mardi à l’Assemblée sa version de la partie recettes, mais celle sur les dépenses ne sera connue que vendredi.Philippe Juvin s’en est ému mardi lors de la conférence des présidents, selon des sources parlementaires.Le Premier ministre a cependant adressé dans l’après-midi une lettre aux parlementaires précisant les contours du budget, où il affirme que l’effort “net” des collectivités locales représentera finalement “près de 2 milliards d’euros”, contre 4,4 milliards dans le projet initial. La surtaxe d’impôt sur les sociétés (IS) pour les grandes entreprises est chiffrée à 7,5 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025.Sébastien Lecornu devrait engager sa responsabilité sur la partie “dépenses” du budget vendredi. Après une nouvelle motion de censure, le texte devrait partir au Sénat, avant de revenir à l’Assemblée pour être adopté définitivement.sl-are-parl/sde/vmt

Le pur-sang Calandagan meilleur cheval de course au monde

Le pur-sang français Calandagan, âgé de cinq ans, a été sacré mardi à Londres, meilleur cheval de course au monde lors des Longines World’s Best Racehorse Award 2026, l’équivalent du Ballon d’or au football, a annoncé la société France Galop.Cette distinction rare attribuée sous l’égide de la Fédération internationale des courses hippiques, récompense la saison 2025 exceptionnelle de ce galopeur, associé au jockey français Mickael Barzalona et entraîné à Chantilly (Oise) par Francis Henri-Graffard, le meilleur professionnel français.Le cheval à la robe baie (marron) marqué d’une pelote blanche en forme de coeur sur la tête défend la casaque historique verte et rouge de la famille Aga Kahn, numéro un des propriétaires de chevaux de course en France, grâce au palmarès de victoires, également son éleveur.Pour s’imposer au sommet du classement mondial, Calandagan a enchaîné les performances face à l’élite internationale.En France, il s’est illustré dans le Grand Prix de Saint-Cloud, a triomphé en Angleterre, aux Émirats Arabes Unis et, surtout en novembre au pays du Soleil Levant en réalisant l’exploit de gagner la Japan Cup, l’une des courses les plus prestigieuses au monde, qui n’avait pas été gagnée par un cheval français depuis 38 ans. Calandagan s’est offert le luxe ce jour-là de réaliser le meilleur chrono mondial en bouclant les 2.400 m du parcours en un temps record de 2 minutes 20 secondes et 3 dixièmes.”Avec Calandagan, la France du galop affirme sa force, son exigence et sa capacité à faire émerger des champions qui marquent l’histoire”, a déclaré Guillaume de Saint-Seine, Président de France Galop.”À travers lui, c’est toute la filière française des courses qui s’impose au plus haut niveau de la scène internationale, portée par le talent, l’engagement et la détermination de celles et ceux qui la font vivre”, a-t-il ajouté remerciant “l’engagement constant de Son Altesse la Princesse Zahra Aga Khan”.Selon France Galop, Calandagan qui poursuit sa carrière cette année “incarne l’excellence de la filière des courses de Galop”, un secteur qui irrigue tous les départements français et emploie 40.000 personnes. Il génère chaque année 2,3 milliards d’euros de retombées économiques.

Mercosur: des milliers d’agriculteurs européens en colère à Strasbourg

Fumigènes ou drapeaux à la main, des milliers d’agriculteurs ont manifesté mardi devant le Parlement européen contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ils ont rejoint le bâtiment en fin de matinée, parfois en tracteur. A la mi-journée, la police estimait qu’ils étaient plus de 5.500 personnes.Dans l’après-midi, l’ambiance s’est tendue, des manifestants jetant des fumigènes, des bouteilles et des fruits vers les CRS qui ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes.Cible des critiques: Ursula von der Leyen, qui a signé samedi au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Son nom a été hué et un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne a été exhibé.”La Commission européenne nous abandonne”, a déploré le Copa-Cogeca, une organisation qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens.”Nous sommes nombreux aujourd’hui parce que nous voulons continuer à nous battre pour une vision d’une agriculture qui produit en Europe”, a déclaré à la foule Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L’accord commercial avec le Mercosur est “quelque chose que nous ne voulons pas”, a-t-il insisté, réclamant le soutien des députés européens quel que soit leur parti ou leur pays.Les parlementaires ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne” a dit sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, espérant que “cette démarche ira à son terme”.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié”, a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.Au sein même des groupes politiques, les eurodéputés sont divisés.”Nous sommes en train de travailler, voix par voix, élu par élu, député par député à faire cette majorité dont nous avons besoin pour stopper (l’accord avec) le Mercosur lors du vote de demain”, a déclaré François-Xavier Bellamy, membre du PPE (droite).Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On se battra jusqu’au bout” a martelé Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Jeudi, les eurodéputés seront amenés à voter cette fois sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen, une démarche à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, qui a peu de chances de succès.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

À son procès en appel, Le Pen nie tout “système” de détournement de fonds

Aux premières heures de son interrogatoire au procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front National, décisif pour sa candidature en 2027, Marine Le Pen s’est efforcée mardi de casser l’image d’un “système” institutionnalisé de détournements de fonds européens par son parti.L’interrogatoire depuis mardi après-midi de la cheffe de file de l’extrême droite, actuellement inéligible en raison de sa condamnation en première instance, est le premier temps fort de ce procès à hauts enjeux politiques prévue jusqu’au 11 février au palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité.”Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”, déclare à la cour Marine Le Pen en évoquant un concept-clé de l’accusation, validé par les juges de première instance. La triple candidate à l’Elysée dément avoir intentionnellement commis un délit dans cette affaire.”Les cas des assistants parlementaires doivent être analysés les uns après les autres car il m’apparaît qu’ils recoupent des réalités très différentes”, soutient à la barre la patronne des députés RN de 57 ans, en veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Pugnace, méticuleuse, Marine Le Pen se montre ferme à la barre pour contrer les éléments de l’accusation, marquant sa réprobation de la tête à certaines questions de la présidente Michèle Agi.Son attitude contenue devant les juges tranche cependant avec l’atmosphère houleuse de son interrogatoire au premier procès. Sitôt que l’agacement commence à pointer dans la voix de Mme Le Pen, il se voit aussitôt bridé.”La masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter, en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté en quelque sorte d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ca ne se voit absolument nulle part”, affirme-t-elle.L’interrogatoire de Marine Le Pen est prévu jusqu’à mercredi soir.- Relaxée dans une autre affaire -Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Mardi, la cour d’appel a commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015.Ayant rejoint le parti d’extrême droite en 2014, le prévenu disposait d’un contrat de travail comme assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ceci alors que l’organigramme du Front national publié à l’hiver 2015, qui éveillera l’attention du Parlement européen, le présentait comme “conseiller spécial” au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l’eurodéputée, sur les premiers mois, “je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, affirme à la barre Julien Odoul, 40 ans.Sur une période d’un an et demi, il n’aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d’une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. “Rétrospectivement, elle n’avait pas besoin de mes services”, dit-il regretter. Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul soutient s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car “Mylène Troszczynski m’avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national”.Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen montait la barre sur l’île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris l’a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.Une ancienne étudiante de l’Institut d’études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l’avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'”islam radical” en commentaire d’une photographie où elle était voilée.

Assassinat du père Olivier Maire: “Pourquoi ?”, demandent ses frères

Ses frères veulent savoir “pourquoi”. “Pourquoi”, répètent-ils, le père Olivier Maire, homme de la “non-violence”, a-t-il été tué en août 2021 ? L’accusé, lui, est encore resté muet mardi, après avoir refusé de se présenter devant la cour d’assises de Vendée.”Ce que je voudrais vraiment, c’est savoir pourquoi”, a déclaré à la barre l’un des frères d’Olivier Maire, âgé de 63 ans. “Olivier c’était la non-violence, la pacification”, a-t-il ajouté, se souvenant de ses sourires et de sa “gentillesse”.A son autre frère, l’avocate générale demande comment, selon lui, la victime a pu réagir face à l’attaque et aux coups mortels. “Olivier n’a pas pensé à se défendre, mais à se protéger”, a-t-il deviné. Absent mardi matin à l’ouverture de l’audience, l’accusé, ressortissant rwandais âgé de 45 ans, a refusé de se présenter malgré la sommation de la cour. Un mandat d’amener a donc été délivré. A son arrivée en fin de matinée, Emmanuel Abayisenga, flottant dans son survêtement gris – il pèse 39 kg, a-t-il été mentionné à l’audience – marchait avec difficulté, à pas lents. Un membre de son escorte l’a saisi sous les aisselles pour l’installer sur son siège. Lundi, au premier jour du procès, l’accusé était resté impassible, regard fixé devant lui. “Merci de respecter mon droit au silence. Je n’ai pas besoin d’une interprète ni d’un avocat”, avait-il écrit en début d’audience à la présidente. – Coups à la tête -Au cours de l’enquête, Emmanuel Abayisenga a fait plusieurs déclarations confuses sur les faits. Souffrant de troubles urinaires, il a notamment dit que le père Olivier Maire voulait le faire “castrer” pour résoudre ses problèmes de santé. Il a aussi affirmé en garde à vue avoir frappé le prêtre après que celui-ci l’a sciemment fait tomber dans l’escalier menant à leurs logements. En août 2021, sous contrôle judiciaire après avoir été incarcéré dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale de Nantes – faits pour lesquels il a depuis été condamné à quatre ans de prison – Emmanuel Abayisenga est hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. Le 9 août, en début de matinée, il se présente à la gendarmerie, bagages en mains, et demande à être envoyé en prison. Le corps d’Olivier Maire, 61 ans, est découvert allongé sur le sol du bâtiment où lui et M. Abayisenga logeaient. D’après l’autopsie, la victime est décédée dans la nuit du 8 au 9 août des suites de coups violents portés à la tête. Sur les photos projetées mardi devant la cour d’assises, une flaque de sang encadre son visage. – Discernement -Les experts psychiatres qui ont examiné Emmanuel Abayisenga ont retenu l’altération de son discernement au moment des faits. Le sujet “de l’altération ou de l’abolition du discernement” sera “la principale question de ce dossier”, a déclaré lundi Me Antoine de Guerry de Beauregard, avocat de la congrégation, partie civile au procès.Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été débouté à plusieurs reprises de ses demandes d’asile. Il a fait l’objet de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019.Lors de son procès en 2023 pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l’édifice fin 2018. Dans un mail adressé à de nombreux contacts le jour de l’incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et cette agression. Avant la mort d’Olivier Maire, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison.  Le verdict est attendu jeudi.