AFP Top News

Explosion dans une usine près de Lyon: pronostic vital engagé pour l’un des quatre blessés

Le pronostic vital restait engagé mardi pour l’une des quatre personnes blessées la veille dans l’explosion dans l’usine chimique Elkem Silicones à Saint-Fons, près de Lyon, a-t-on appris auprès de l’entreprise.Les blessés sont trois hommes et une femme – un ingénieur chimiste, deux techniciens spécialisés et une personne du département santé environnement de l’usine – qui travaillaient dans l’atelier pilote du site, classé Seveso seuil haut, au moment de l’explosion, a précisé à l’AFP Guillaume Artois, chargé de la communication.”Le pronostic vital est engagé pour une personne”, a-t-il ajouté, sans autre précision.Le parquet de Lyon a confirmé un bilan de quatre blessés, dont trois “grièvement brûlés”, et indiqué avoir ouvert une enquête pour “blessures involontaires par personne morale suivies d’incapacité supérieure à trois mois”.La Division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS, ex PJ), et la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), ont été saisies pour déterminer les causes et circonstances de l’explosion, selon le parquet.La déflagration a pu être causée par l’émanation d’hydrogène “dans un atelier expérimental”, avait déclaré lundi à la presse Jean-Pierre Lerat, le directeur du l’usine. Selon le porte-parole Guillaume Artois, cet atelier était une “unité bien particulière, le laboratoire pilote, qui n’est pas connecté au reste du site”. Il avait été installé en 2021 et répondait aux exigences des “dernières normes de sécurité”, a-t-il assuré à l’AFP.Une équipe y testait une méthode de dévolatilisation d’huiles de silicone hydrogénées, une “manipulation relativement courante dans un atelier pilote”, a-t-il poursuivi.  “Il y avait une réaction qui se passait mal et l’équipe est intervenue. Pendant l’intervention, il y a eu une émission, probablement d’hydrogène gazeux, qui a pu déclencher l’explosion”, a ajouté le porte-parole.Pour éteindre l’incendie qui a suivi, une centaine de pompiers ont été mobilisés lundi. L’autoroute A7, les voies ferrées et fluviales sur le Rhône à proximité de l’usine avaient été coupées quelques heures, et environ un millier de personnes autour de la zone avaient été confinées le même temps.En 2016, déjà sur le même site Elkem de Saint-Fons, une personne avait été tuée dans l’incendie de fûts de silicone dans un entrepôt de 2.500 m2.

Yvelines: explosion dans un pavillon, quatre personnes dont trois enfants grièvement blessés

Une explosion s’est produite mardi matin dans un pavillon résidentiel à Magny-les-Hameaux (Yvelines), faisant quatre blessés graves dont trois enfants âgés de 2 à 5 ans, a indiqué à l’AFP la préfecture des Yvelines, confirmant une information du Parisien.L’explosion, dont la cause est pour l’instant indéterminée et qui a eu lieu vers 08H30, a projeté des débris sur près de 100 mètres autour du bâtiment, a précisé la même source.La victime adulte, âgée de 39 ans, et les trois enfants âgés de 2, 4 et 5 ans, sont en état d'”urgence absolue”. Les quatre blessés habitaient le pavillon, mais la préfecture n’était pas en mesure de confirmer s’il s’agissait d’une famille dans l’immédiat.Une cellule médico-psychologique a été ouverte pour le voisinage, notamment pour sept personnes qui ont tenté de porter secours aux habitants.Un fort déploiement de pompiers est encore présent sur les lieux, mais aucun incendie n’est en cours et les recherches de potentiels autres blessés sont achevées.

Une infirmière de l’AP-HP conteste son licenciement pour avoir refusé d’ôter son calot

Une infirmière de La Pitié-Salpétrière (AP-HP) a contesté mardi en référé, devant la justice administrative, son licenciement et sa révocation de la fonction publique pour avoir refusé de manière répétée d’ôter son calot chirurgical, un couvre-chef fréquemment utilisé à l’hôpital.Infirmière depuis 2018 dans cet hôpital de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, Majdouline B. a été licenciée le 10 novembre 2025. Depuis un an, la direction lui reprochait de porter quotidiennement et en toutes circonstances un calot, équipement de protection en tissu, porté habituellement au bloc opératoire ou en réanimation. Au cours de l’année, elle a fait l’objet de six convocations et d’un blâme, jusqu’à un conseil disciplinaire en octobre. Dans un premier temps, “l’AP-HP lui a reproché de porter ce couvre-chef pour des raisons qui relèvent de ses supposées convictions religieuses”, estimant ainsi “qu’il portait atteinte au principe de neutralité des services publics” et contrevenait au guide de la laïcité diffusé aux équipes, a indiqué devant le tribunal l’avocat de Majdouline B., Me Lionel Crusoé.Mais Majdouline B. n’a jamais revendiqué d’appartenance religieuse, indiquant simplement que le port de cet équipement relevait de “sa vie privée”. L’argument de la laïcité “a finalement été écarté”, a-t-il ajouté. L’AP-HP l’a sanctionnée car elle “refusait d’obéir à une règle” justifiée par des questions “d’hygiène”, qui “interdit de porter le calot de manière continue, dans des zones où il n’est pas prescrit”, en particulier un calot “qui n’est pas fourni par l’établissement”, “entre et ressort” des locaux, a indiqué l’avocate de l’AP-HP, Me Violaine Lacroix.L’AP-HP se fonde notamment sur des recommandations de 2014 du comité de lutte contre les infections nosocomiales.Mais, selon Me Crusoé, “aucune loi, aucun règlement” et “aucune donnée objective” n’interdisent le port du calot dans le service de médecine interne où elle travaillait. – Une “discrimination” -Majdouline B. “justifie de la reconnaissance et de l’admiration de ses collègues” et “a été en première ligne pendant la crise sanitaire”, a plaidé Me Crusoé. Il a assuré qu’à l’AP-HP, d’autres femmes portent le calot, notamment en cas d’alopécie ou après un cancer.Majdouline B. voit pour sa part dans ce licenciement “une discrimination”.”On me révoque pour mon apparence et non pour mes compétences professionnelles”, a-t-elle dit à l’AFP, assurant qu’elle portait ce calot depuis son embauche et que “pendant le Covid, tout le monde portait calot, masques, surblouse”. Le jugement est attendu dans une à deux semaines.Une cinquantaine de personnes – collègues, syndicalistes ou militants politiques – se sont rassemblées devant le tribunal, en soutien à Majdouline B. et aux “nombreuses autres soignantes” victimes selon eux, “d’une chasse aux bouts de tissu” généralisée.”On a recensé 20 collègues concernées” à La Pitié-Salpétrière dont neuf “sont finalement parties”, des cas “dans 16 hôpitaux en région parisienne” et d’autres “à Lyon, Marseille, Rennes…”, a dénoncé Blandine Chauvel, assistante sociale et représentante Sud.Ces femmes sont “convoquées, questionnées sur leur vie privée” parfois contraintes “de fournir un certificat médical” pour justifier d’une éventuelle alopécie, et pendant ce temps “dans les services, on manque de bras”, a-t-elle ajouté.Sur les réseaux sociaux, plusieurs soignantes se sont filmées ces derniers jours avec un calot en soutien aux professionnelles sanctionnées par leurs directions.”Le calot n’est ni un signe religieux, ni encore moins un signe prosélyte. (…) En plus d’une islamophobie crasse”, ce type d’affaires est “extrêmement grave puisque cela met en danger les services de santé”, a dénoncé lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale la députée LFI Mathilde Panot.

La Poste : la cyberattaque “toujours en cours” malgré un retour progressif de l’accès aux services

La Poste a indiqué mardi midi que la cyberattaque qui a touché lundi les services en ligne de suivi du courrier et de banque en ligne “est toujours en cours” mais la distribution du courrier et des colis “se déroule normalement à ce stade”.”L’accès à nos services en ligne s’est amélioré, mais la situation demeure instable”, expose l’opérateur postal dans un point de situation publié à 12h30. Le communiqué fait état de “difficultés” persistantes concernant notamment “l’accessibilité des centres d’appel”. En revanche, les facteurs ont pu “partir en tournée ce matin” pour livrer les colis et les courriers attendus pour Noël. “La distribution se déroule normalement à ce stade”, précise La Poste, qui évoque un contexte “très difficile”.La cyberattaque intervient en effet au début de la semaine des fêtes de fin d’année, période la plus dense pour La Poste. Sur les deux derniers mois de l’année, le groupe trie et distribue 180 millions de colis.Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’Economie Roland Lescure a affirmé sur BFMTV/RMC que “la priorité des priorités, c’est de faire en sorte que les colis arrivent à temps pour Noël”.Dans un bureau de poste du 2e arrondissement de Paris, l’AFP a constaté que le service n’était que marginalement perturbé. La réception des colis était assurée et le courrier distribué. Seul le suivi des colis restait inopérant.Au comptoir, Monique Petit, 69 ans, un paquet sous le bras à destination de Nantes, s’estime “peu inquiète” concernant l’acheminement de son colis. “Tout a l’air de fonctionner normalement. C’est un cadeau de Noël pour ma fille, j’espère qu’elle l’aura dans les prochains jours”, explique-t-elle. “On m’a indiqué que le suivi de colis ne fonctionne pas, mais je passerai un coup de téléphone pour savoir s’il est arrivé”, ajoute-t-elle.A midi, La Poste assurait que l’activité de banque en ligne avait repris, malgré des “ralentissements” sur le site. L’application La Banque Postale affichait pourtant un “service momentanément indisponible”, a constaté l’AFP.La Poste parle d’un incident de type “déni de service”. Ce dernier consiste à surcharger des sites web et des applications par des requêtes ciblées de telle sorte qu’ils ne soient plus accessibles. Le groupe a assuré lundi qu’aucune donnée sensible n’a été volée.

Turquie: dix ans de prison pour deux jeunes “mules” françaises

Deux jeunes Françaises accusées d’avoir transporté près de 25 kilos de cannabis depuis la Thaïlande ont été condamnées à dix ans de prison chacune mardi en Turquie, a constaté l’AFP.Ibtissem B., 22 ans, et Mariam N., 23 ans avaient été arrêtées le 28 février lors d’une escale à l’aéroport d’Istanbul, en possession de deux valises de deux fois 12 kilos de drogue.Elles devront en outre s’acquitter chacune d’une amende de 100.000 livres turques (environ 1.990 euros).Le juge a retenu le “transport de drogue et non son commerce, qui les aurait exposées à une peine plus lourde”, a expliqué Me Umut Alikosifoglu, défenseur de Mariam.”L’objectif est maintenant d’obtenir leur transfert vers une prison française”, a-t-il indiqué.Le trafic de cannabis est punissable de vingt ans de détention et celui de cocaïne de trente ans au moins, ont rappelé les avocats.La Turquie, pays de transit des stupéfiants entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, est intraitable avec le trafic de drogue comme le montrait déjà dans les années 80 le film “Midnight Express”, resté célèbre sur les risques encourus par les trafiquants dans le pays.”Espérons que les autorités françaises et turques se mettent rapidement d’accord sur leur transfèrement”, a également souhaité l’avocate française d’Ibtissem, Me Carole-Olivia Montenot, jointe par téléphone.Les deux jeunes femmes, arrêtées le 28 février lors d’une escale à Istanbul avec deux valises contenant 30 kilos de cannabis au total, dont deux fois 12 kilos de substance active, ont toujours affirmé ignorer ce qu’elles transportaient.- “deux naïves” -Lors de la première audience de leur procès en septembre, elles avaient affirmé avoir été manipulées par un de leurs amis, Taeric O., et un complice de celui-ci qui leur aurait confié à Bangkok deux valises à remettre en Belgique à la mère de Taeric O.Selon “Inès” (prénom d’emprunt), la tante d’Ibtissem B., Taeric O., “un ami d’enfance”, est en prison à Amiens (nord de la France) ce que les deux femmes ignoraient.”Ce sont deux vraies naïves, deux gamines qui se sont fait avoir”, a-t-elle affirmé à l’AFP.La mère d’Ibtissem, Sabrina (prénom d’emprunt), 54 ans, continue de clamer l’innocence de sa fille: “J’espérais un peu d’indulgence. Elle ne savait absolument pas ce qu’elle transportait sinon elle n’aurait jamais accepté, comme Mariam”, a-t-elle confié à l’AFP, effondrée, à la sortie du tribunal où elle n’a pas été autorisée à embrasser sa fille.Sabrina reconnait cependant qu’Ibtissem ne lui avait pas parlé de ce voyage en Thaïlande, pas plus qu’à sa cousine Nawel, également présente à Istanbul pour le procès.”Je lui aurais dit de se méfier”, assure cette dernière.Taeric O. leur avait fait miroiter un séjour luxueux à Bangkok, billets d’avion, hôtel et tous frais payés et devait les rejoindre – ce qu’il n’a jamais fait et pour cause.Devant le juge mardi, les jeunes femmes assistées d’un interprète ont exprimé leurs “regrets de n’avoir pas vérifié” le contenu des valises et présenté leurs excuses.”Si on avait su qu’il y avait de la marijuana à l’intérieur, jamais on n’aurait pris les valises. On n’allait pas risquer d’aller en prison. J’ai même pas regardé s’il y avait un cadenas, j’ai fait confiance à mon ami Taeric”, s’était défendu Ibtissem à la première audience.Me Carole-Olivia Montenot affirme que Taeric O. a piloté toute l’affaire depuis la prison d’Amiens (nord de la France).Rien de cela n’aurait eu lieu s’il n’avait pu se procurer un téléphone portable en détention, fait-elle valoir.Selon leurs proches, les jeunes femmes sont bien traitées.La prison de Silivri où elles sont depuis dix mois est la plus grande d’Europe où sont détenues de nombreuses personnalités politiques dont le maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu.”C’est propre et très discipliné. Elles sont quatre par cellule, les portes ouvertes dans la journée. Ibtissem suit des cours de turc tous les matins” a détaillé sa tante, Inès. 

La “loi spéciale” au Parlement, rendez-vous début janvier pour reparler budget

Le Parlement pose une rustine sur ses désaccords budgétaires. L’Assemblée et le Sénat devraient voter tour à tour mardi la “loi spéciale” présentée par le gouvernement pour continuer de financer provisoirement l’État avant la reprise des débats en janvier.Les votes des deux assemblées ponctuent deux mois et demi de débats budgétaires qui se soldent par un échec partiel pour Sébastien Lecornu.Le Premier ministre s’exprimera “en fin de journée”, afin de rendre compte “de l’action du gouvernement et notamment des travaux pour l’adoption d’un budget pour l’État”, a indiqué Matignon.Le dialogue privilégié engagé par M. Lecornu avec le Parti socialiste a certes permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale pour 2026, au prix de concessions sur son financement et sur les retraites.Mais les profondes divergences entre l’Assemblée nationale et le Sénat, tenu par des partis de droite et du centre hostiles à tout prélèvement supplémentaire, ont empêché l’approbation du second texte budgétaire, celui sur le financement de l’État.Les parlementaires se retrouveront donc en début d’année pour de nouvelles joutes sur ce texte, alors que la France est confrontée à un endettement croissant et que les discussions n’ont pas permis de dessiner une trajectoire de réduction des déficits.”Nous devrons au plus vite, en janvier, donner un budget à la nation” qui “devra tenir l’objectif de 5% (de PIB) de déficit et financer nos priorités”, a déclaré Emmanuel Macron lundi soir lors du Conseil des ministres.Le gouvernement voudrait une nouvelle lecture du budget en commission à l’Assemblée dès le 5 ou 6 janvier, mais selon le président de la Commission des Finances Eric Coquerel (LFI), ce sera plutôt le 7 ou le 8 avant l’hémicycle à partir du 12.- le 49.3 dans toutes les têtes -La loi spéciale reconduit temporairement le budget de 2025, permet de lever l’impôt et de payer les fonctionnaires. Mais elle ne comprend pas de dépenses nouvelles, y compris sur la défense, érigée en priorité face à la menace russe.Adopté à l’unanimité par la Commission des finances de l’Assemblée, le texte devrait être voté mardi en toute fin d’après-midi au Palais Bourbon, puis dans la soirée par le Sénat.Déjà l’an dernier, l’exécutif avait dû y avoir recours après la chute du gouvernement de Michel Barnier. Les deux textes budgétaires 2025 avaient finalement été approuvés au mois de février.Cette loi spéciale est “instrumentalisée” par l’exécutif pour faire “pression” sur l’Assemblée afin d'”adopter au plus vite, cette fois-ci, un budget”, a jugé M. Coquerel mardi lors d’une conférence de presse.Anticipant la reprise des débats en janvier, Sébastien Lecornu a reçu dimanche et lundi les forces politiques, à l’exception de La France insoumise et du Rassemblement national, pour tenter d’avancer vers un compromis. “Nous avons du Sénat un texte qui est à 5,3% de déficit public. L’objectif partagé à gauche et à droite est de 5%, ça veut dire neuf milliards d’écart” sur lequel il faut se mettre d’accord, entre augmentation de la fiscalité et baisse des dépenses, a résumé le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous.Si le Parlement ne parvenait pas à voter un budget en janvier, alors la pression serait de plus en plus forte sur le gouvernement pour recourir au 49.3, cet outil constitutionnel permettant de faire adopter un texte sans vote, sauf motion de censure. Écarté par le Premier ministre à la demande des socialistes, il est évoqué avec insistance par des responsables de droite et du bloc central qui lui demandent de revenir sur son engagement.Il faudrait alors pour le gouvernement trouver avec les socialistes des conditions de non-censure. De fait, une motion de censure (289 voix) ne peut être adoptée sans les voix des socialistes. Pour le gouvernement, cet objectif semble plus atteignable qu’une approbation du budget, qui nécessiterait non seulement une abstention des socialistes mais aussi celle d’une partie des écologistes et des communistes pour l’emporter face au vote contre de LFI et du RN. Mais pour l’heure, Sébastien Lecornu s’y refuse, jugeant le projet de budget “encore votable sans intervention du gouvernement”.”La priorité, c’est de se mettre d’accord sur un texte”, car de toute façon, “si vous passez un 49.3 sans accord sur un texte, vous n’aurez ni budget, ni gouvernement parce que le gouvernement tombera”, a fait remarquer le ministre de l’Economie Roland Lescure sur BFMTV/RMC. bur-hr-far-bpa/sde/sla

“Tueur en série”: l’effrayant portrait de Frédéric Péchier

Un “tueur en série” avec une clinique pour “terrain de jeu”. En condamnant Frédéric Péchier à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, la justice a peint un portrait psychologique accablant de l’anesthésiste de Besançon.Au terme d’un exceptionnel procès de trois mois et demi, le médecin de 53 ans a été reconnu coupable d’avoir pollué les poches de transfusion de patients venus subir des opérations bénignes dans deux cliniques privées de Besançon, entre 2008 et 2017.Il n’a cessé de clamer son innocence depuis le début de l’affaire, allant jusqu’à contester la présence d’un empoisonneur, avant de l’admettre dans plusieurs cas.Dans ses motivations récupérées mardi par l’AFP, la cour a repris la thèse de l’accusation selon laquelle l’anesthésiste s’en prenait aux patients de certains confrères afin de leur nuire. Il intervenait aussi parfois pour tenter de les réanimer et faire valoir ses compétences, sans succès pour 12 d’entre eux.- “Totale impunité” -La feuille de motivations de 57 pages, signée par la présidente de la cour, Delphine Thibierge, et par le premier juré, revient sur la personnalité de l’accusé.”La multiplicité des actes criminels conduit à évoquer le fonctionnement d’un tueur en série marqué par une personnalité divisée entre un moi adapté avec son entourage familial et un moi blessé dans son environnement professionnel”, estiment les juges.Ils s’attardent sur la jeunesse de Frédéric Péchier, lui-même fils d’un anesthésiste, dont le père avait été confronté dans les années 1980 à une affaire similaire au CHU de Poitiers, lorsqu’une patiente est morte sur fond de conflit entre médecins.Il était ensuite interne au CHU de Besançon lors de l’affaire des euthanasies, quand il a été reproché à des médecins d’avoir précipité le décès de patients. “Il en résulte que le jeune praticien en devenir a évolué et s’est formé dans un milieu où le règlement de comptes entre praticiens à travers les patients était possible, favorisant ainsi un sentiment de totale impunité”.- “Mal-être” -Les juges soulignent aussi que l’accusé était mû par “une recherche effrénée de la reconnaissance” paternelle, dans une famille où il faisait figure de “vilain petit canard”.”L’accusé a pu trouver au sein de la clinique Saint-Vincent (où la plupart des empoisonnements ont eu lieu) un terrain de jeu lui permettant d’obtenir la reconnaissance professionnelle qu’il attendait de son père, bénéficiant à ce titre d’une certaine aura au sein du bloc opératoire”, selon la cour. “Il est décrit comme l’homme providentiel par ses confrères”.Marié à une brillante cardiologue, Frédéric Péchier “semble s’être plié” aux exigences de réussite sociale de cette dernière en sacrifiant sa propre carrière.”Frédéric Péchier a ainsi utilisé ses connaissances médicales et anesthésiques à la fois pour régler des différends professionnels avec ses confrères et répondre à des tensions internes de son mal-être, attestées notamment par une tentative de suicide (en 2014) et des consultations ponctuelles avec un psychologue”.- “Déshumanisés” -Le texte revient dans le détail sur les 30 cas d’empoisonnement reprochés à l’anesthésiste.”Les patients, à propos desquels l’accusé a tenu des propos particulièrement méprisants et dénués d’empathie, étaient totalement objectivés et déshumanisés”, observent les juges.”Ces crimes se singularisent par leur caractère aveugle, les victimes n’ayant aucun lien entre elles ni avec l’accusé, mais (étant) visées au hasard d’un différent opposant celui-ci à ses confrères”, selon la cour.Frédéric Péchier “a démontré, à travers la sérialité de ses crimes, son absence totale de remise en cause et son déni de l’altérité, un risque majeur de récidive et de réitération des infractions”, ajoute-t-elle, pour justifier la période de sûreté maximale de 22 ans assortie à sa condamnation.Cette feuille de motivations a été saluée par l’avocat Frédéric Berna, défenseur de nombreuses parties civiles.”Elle débusque définitivement les mensonges qui ont été annonés par Frédéric Péchier et sa défense pendant huit ans et demi pour essayer de brouiller les pistes”, a-t-il déclaré à l’AFP. Frédéric Péchier, qui avait comparu libre, a été incarcéré à Besançon et s’est pourvu en appel. Il a été placé à l’isolement, sa prise en charge comportant une forte dimension de “prévention du risque suicidaire”, avait indiqué le directeur de la maison d’arrêt, Kamel Laghoueg, au journal L’Est Républicain.

Vigilance crues: l’Hérault maintenu en rouge, trois départements en orange

Le département de l’Hérault est toujours placé en vigilance rouge mardi pour des crues exceptionnelles, survenues la veille à la suite de fortes précipitations qui s’éloignent, indique Météo-France.Le Tarn, l’Aveyron et la Lozère, également affectés par la pluie ou la neige, sont en vigilance orange pour crues, d’après le dernier bulletin de Météo-France peu après 10H00.Conséquence des intempéries, environ 30.000 foyers sont privés d’électricité en Aveyron, touché lundi par de très fortes chutes de neige, jusqu’à 50 cm sur les points les plus élevés, et près de 3.000 dans l’Hérault, selon Enedis mardi matin.Sur la commune d’Agde, le niveau du fleuve Hérault a atteint un seuil haut –plateau- de 3,55 m lundi à 20H00. Il faut remonter à novembre 1994 pour observer en Agde une crue aval similaire, a indiqué la préfecture.Les berges longeant le fleuve dans le coeur historique de la ville étaient toujours sous eau en début de matinée, mais à un niveau légèrement inférieur à celui de lundi soir, a effectivement constaté un journaliste de l’AFP-TV.Le débit du fleuve, qui prend sa source en Lozère et traverse le département de l’Hérault du nord au sud -des régions où les pluies ont été intenses depuis la fin de la semaine dernière- avant de se jeter dans la Méditerranée près d’Agde, reste très élevé et la pluie continue, selon la même source.”Nous n’avons heureusement pas de victimes à déplorer, ça c’est le plus important”, a déclaré à Agde mardi matin la nouvelle préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, au lendemain de sa prise de fonction.”Six familles ont dû être abritées au palais des sports”, a indiqué à ses côtés le maire d’Agde, Sébastien Frey, lors d’un point de presse.En 24 heures, les centre d’appel (18 et 112) ont reçu 1.700 appels et 80 opérations ont été effectuées, dont 47 sauvetages et mises en sécurité.Météo-France prévoit de maintenir l’Hérault au niveau maximum d’alerte (rouge) pour les crues pour la journée de mercredi dans la partie aval du bassin du fleuve.Le tronçon amont a quant à lui été rétrogradé en vigilance jaune pour crues, niveau de vigilance qui concerne également le cours d’eau de l’Orb, le Lez et le Vidourle. La vigilance pour pluie-inondation a été rétrogradée au niveau jaune et sera maintenue jusqu’à 18H00 dans le département, où une vigilance jaune pour orages sera par ailleurs effective entre 10H00 et 18H00.”Les pluies qui vont persister sont désormais d’une intensité ne relevant plus du niveau orange”, selon Météo-France. Les précipitations “commencent à nettement s’atténuer sur l’ensemble des secteurs déjà affectés” et “ne devraient plus générer de nouvelles reprises de crues sur les cours d’eau en vigilance”, estime également Vigicrues.Les conditions de circulation restent toutefois extrêmement difficiles sur l’ensemble du réseau routier de l’Hérault, avec de nombreux axes fermés, selon la préfecture, qui réitère ses consignes de prudence.

Le dossier médical partagé, l’outil mal aimé qui provoque la colère des médecins libéraux

“Vieillot”, “pas ergonomique”, “parfois des bugs”, “incomplet”… le dossier médical partagé (DMP), censé stocker toutes les informations médicales d’un assuré social, est l’une des cibles de la colère actuelle des médecins libéraux, mais l’administration promet qu’il est proche de tenir enfin ses promesses.Un article du projet de budget de la Sécu 2026 qui vient d’être adopté par le Parlement a mis le feu aux poudres chez les médecins libéraux: les praticiens qui ne partageraient pas dans le DMP leurs ordonnances, comptes-rendus, lettres d’adressage et autres documents concernant leurs patients encourront jusqu’à 10.000 euros d’amende par an.Les praticiens pourront également se voir imposer de consulter le DMP de leur patient avant de lui prescrire “des actes particulièrement coûteux ou en cas de risque de mésusage”, sous peine d’encourir là encore jusqu’à 10.000 euros d’amende par an.”Imposer des obligations ou des sanctions aux médecins sans leur donner les moyens techniques adaptés est inacceptable”, dénonce le syndicat CSMF, à l’unisson des autres organisations représentatives.Le dossier médical partagé est la brique fondamentale de Mon Espace Santé, le carnet de santé numérique des Français.De fait, ce serpent de mer que l’Etat cherche à mettre en place depuis une loi de 2004, a encore bien des progrès à faire, constatent des médecins interrogés par l’AFP.”Avec le DMP, on a l’impression de revenir dix ans en arrière avec un logiciel qui est assez vieillot, dont l’ergonomie n’est pas forcément très jolie, qui a parfois des bugs… il y a des jours où ça marche, des jours où ça ne marche pas, on ne sait pas pourquoi”, déplore le docteur Thomas Maunoury, médecin généraliste dans le Nord.”Même pour quelqu’un d’aguerri, il faut 30 secondes” pour se connecter, regrette le praticien, qui se sert du DMP “une à deux fois par jour”.”Et quand on ouvre, on est souvent un peu déçu, c’est comme un livre avec beaucoup de pages blanches”, trop de soignants n’alimentant pas encore l’outil, regrette-t-il. Le docteur Jean-Jacques Fraslin, médecin généraliste en Loire-Atlantique, souhaite aussi des améliorations, même si de son côté il consulte très régulièrement le DMP de ses patients, “10 à 15 fois par jour”.L’alimentation automatique crée souvent “un fouillis énorme”. “On met beaucoup de temps pour trouver les documents intéressants, perdus au milieu d’autres sans intérêt”, explique-t-il.-  64.000 utilisateurs -“On pourrait imaginer qu’il y ait une IA à qui on pose la question +donne-moi le dernier compte-rendu cardiologique du patient+, et qui irait fouiller tous les (fichiers) pdf”, dit-il.”La date des sanctions éventuelles (pour non-remplissage du DMP) est fixée à 2028 ! Nous avons le temps d’y travailler” avec les professionnels, a souligné la ministre de la Santé Stéphanie Rist dans le Quotidien du Médecin, souhaitant rendre l’outil “plus ergonomique, plus simple d’accès et plus complet” pour “inciter” à le remplir, plutôt que contraindre.De son côté, la délégation au numérique en santé (DNS) assure que le Ségur du numérique en santé, un programme de 2 milliards d’euros d’investissement financé par l’Union européenne, est en train de faire sentir pleinement ses effets sur le DMP.Le programme a notamment permis de financer un énorme effort de mise à jour des centaines de logiciels utilisés par les soignants pour qu’ils alimentent automatiquement le DMP, et faciliter la consultation. Aujourd’hui, 64.000 professionnels de santé ont déjà utilisé le DMP.Désormais “70% des lettres de liaison produites à l’hôpital” à la sortie du patient y sont versées, tout comme “35% des comptes-rendus de biologie”, et “45% des comptes-rendus de radiologie”, a indiqué à l’AFP Claire Vigier, l’une des responsables du projet à la DNS.A partir de la mi-2026, les logiciels professionnels utilisés quotidiennement par les médecins offriront “un accès facilité, intelligent” au DMP, selon elle.L’étape suivante, à laquelle la DNS travaille avec l’Assurance maladie, sera d’utiliser l’IA pour générer une “synthèse personnalisée” du dossier avec des requêtes simples comme “trouve-moi le dernier bilan de biologie”, explique-t-elle.