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Fin de vie: les sénateurs s’opposent à toute forme d’aide à mourir

Les sénateurs se sont opposés mercredi à la création de toute forme d’aide à mourir lors des débats sur la fin de vie, l’hémicycle dominé par la droite enterrant cette réforme sociétale majeure qui devrait toutefois bientôt revenir à l’Assemblée nationale.Très chaotiques et confus, les débats ont tourné court avec le rejet d’un premier article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie.Plus tard, dans la soirée, la droite sénatoriale a définitivement enterré le projet de loi en réécrivant entièrement l’article-clé créant l’aide active à mourir, le vidant de sa substance. L’amendement déposé par des sénateurs, dont certains proches du patron des Républicains Bruno Retailleau, a remplacé cette assistance médicale à mourir par un “droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance”.”Nous sommes en train de voter, chers collègues, un texte qui revient sur la loi Claeys-Léonetti”, s’est inquiété le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, estimant que la mesure votée pourrait interdire demain l’arrêt de l’hydratation lors d’une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès.L’examen du reste des articles, par exemple sur la clause de conscience des médecins, s’est poursuivi et fini dans la soirée malgré la suppression dans le texte du dispositif d’assistance médicale à mourir, les sénateurs dénonçant l’absurdité des débats sur un “texte fantôme”, “une mascarade” pour certains.Les échanges ont été particulièrement houleux au sein de l’hémicycle pourtant réputé plus sage que le Palais-Bourbon. Une partie de la gauche a notamment accusé certains sénateurs de rejeter le texte en raison de leurs convictions religieuses.Un vote solennel sur l’ensemble de la proposition de loi du député Olivier Falorni reste prévu mercredi 28 janvier, mais il n’aura guère de sens, car le texte est amputé de son ossature. La suite du processus parlementaire risque donc essentiellement de se dérouler à l’Assemblée nationale, où une nette majorité avait pu se dégager, au contraire du Sénat. Le gouvernement espère saisir les députés en deuxième lecture au plus vite, potentiellement dès le mois de février.L’article concernant les conditions d’accès à l’aide à mourir a été rejeté pour des raisons diverses. Une grande partie de la droite et des centristes, opposés à toute forme d’aide à mourir dans le sillage de Bruno Retailleau, ont voté contre.Pourtant la ligne tenue jusqu’ici par la majorité sénatoriale militait non pas pour un rejet du texte, mais pour l’adoption d’un dispositif beaucoup plus strictement encadré.Le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Philippe Mouiller (Les Républicains) s’est ainsi ému du rejet de cet article “clé de voute” du texte. Le groupe socialiste s’y est opposé car la rédaction avait été considérablement modifiée et s’éloignait trop, selon lui, du dispositif voté à l’Assemblée nationale en juin 2025.L’enseignement de ce vote est sans appel: les divergences de vue du Sénat étaient sans doute trop importantes pour que la chambre haute puisse aboutir à un texte cohérent soutenu par une majorité.- “Un triste soir” -“C’est un triste soir pour le Sénat que nous vivons collectivement”, s’est désolé le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner. “Le Sénat a fait de ce texte une forme d’agonie politique. Nous sommes en train de ridiculiser la Haute assemblée sur un sujet essentiel pour les Français”, a-t-il ajouté, s’attaquant aux divisions de la droite.”On ne peut pas demander à des sénateurs qui sont opposés à l’euthanasie et au suicide assisté de voter pour un article comme (celui-là). C’est impossible. C’est tout”, a rétorqué le centriste Loïc Hervé. “En mon âme et conscience, je ne peux pas voter un texte de reconnaissance de l’aide à mourir si nous n’avons pas le droit aux soins palliatifs”, a renchéri la sénatrice LR Marie Mercier.Le Sénat examinera en effet à partir du lundi 26 janvier une autre proposition de loi sur les soins palliatifs, plus consensuelle. De nombreux parlementaires ont d’ailleurs regretté que ce texte n’ait pas été examiné en premier.Le calendrier parlementaire de cette réforme sera long, car il faudra encore au moins un aller-retour entre les deux chambres. Mais l’absence de majorité au Sénat semble désormais indiquer une chose: le consensus aura probablement lieu à l’Assemblée, à qui le gouvernement peut donner le dernier mot.”Le Sénat montre son incapacité, contrairement à l’Assemblée, à trouver un compromis sur un texte aussi important”, a regretté Jonathan Denis, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), appelant au retour rapide du texte à l’Assemblée.Si cette réforme majeure du second quinquennat d’Emmanuel Macron aboutissait, la France rejoindrait d’autres pays ayant légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.

Depuis l’assassinat de son compagnon, Oroba A. vit “toujours dans la peur”

Au procès de l’assassinat de son compagnon, où comparaissent trois hommes, dont deux de ses frères, Oroba A. a décrit mercredi devant la cour d’assises du Val-d’Oise la menace qu’elle sent toujours peser sur elle.”Je vis toujours dans la peur, je me sens toujours menacée, comme si j’étais sous surveillance”, a déclaré Oroba A., à l’issue d’une audition parfois laborieuse et alors que les trois hommes comparaissent depuis mardi également pour avoir tenté de l’assassiner.Assistée d’une interprète, la jeune femme originaire de Syrie, qui a eu 28 ans mardi, est revenue pendant quatre heures sur son histoire.Absente du tribunal pour des raisons de sécurité, elle a témoigné par visioconférence.Coiffée d’un voile et vêtue d’une veste en cuir noir, la jeune femme a parlé de sa famille, issue de la communauté des Doms, branche moyen-orientale des Roms, où les mariages se font au sein de la famille et sous l’autorité des hommes.”C’est une grande famille, très connue”, a-t-elle raconté, décrivant son père comme un homme “respecté” et “écouté” dans sa communauté.- Mariage forcé -Originaire de Syrie, la famille a fui le pays au début de la guerre civile pour finir par se réfugier en France.”Avant, je n’avais pas de problèmes avec eux à la maison”, déclare-t-elle. Mais à partir du moment où sa famille découvre sa relation avec Daniel Y., d’origine turque, en 2021, “tout a changé”.Lorsqu’ils apprennent qu’elle côtoie cet homme étranger à la communauté Dom, rencontré quatre ans auparavant dans son restaurant, qu’elle fréquentait avec ses frères, sa famille lui confisque son téléphone, l’enferme, et organise un mariage forcé avec un cousin, Abdelhamid A.Lui aussi aurait dû se retrouver sur le banc des accusés, à l’instar du père et d’un autre frère d’Oroba A., mais tous trois sont actuellement en cavale.Après la cérémonie de mariage, où elle ne “pouvai(t) pas faire autrement” que faire semblant d’être heureuse, elle parvient à récupérer son téléphone et à joindre Daniel Y., avec lequel elle s’enfuit le 15 juin 2021.S’ensuivent des mois de menaces de mort.”On vivait avec la peur et c’est pour ça que Daniel ne me laissait jamais toute seule”, a-t-elle raconté à la Cour.Tout bascule le 14 novembre 2021. Ce soir-là, Daniel Y. et Oroba A. s’affairent autour de leur voiture à Bonneuil-en-France (Val-d’Oise) à cause d’un problème technique lorsqu’un homme surgit et tire plusieurs coups de feu, avant de s’enfuir.Daniel Y. est touché par plusieurs balles dans le crâne et au thorax, Oroba A. étant parvenue à s’échapper quelques secondes plus tôt.Lors de son audition le lendemain des faits, la jeune femme assure aux enquêteurs qu’elle a reconnu la silhouette, la démarche et la voix de son frère Wael A. qui, mardi, a pour la première fois reconnu avoir tiré sur Daniel Y. mais nie toujours avoir voulu tuer sa soeur.Oroba A. en est toutefois certaine: “c’est moi qui étais visée” et “c’est mon père qui a pris la décision”.- “Dans la paranoïa” -Mercredi, la présidente de la cour a également fait état d’une plainte déposée en 2024 par une de ses sœurs et qui évoque des “menaces de mort” de la part de sa famille qui n’accepte pas son compagnon. “Ils ont tenté de m’enlever afin de m’emmener de force au Sénégal (où se cacherait le père de la famille, NDLR) pour m’exécuter”, a-t-elle déclaré aux policiers. Elle assure avoir été battue et séquestrée avant de parvenir à s’enfuir.Outre Wael A., un ami de ce dernier, Nawras K., est jugé pour l’assassinat de Daniel Y. et tentative d’assassinat sur Oroba A.Le troisième accusé, Abdul Razzak A., frère de Wael A. et d’Oroba A., est, lui, soupçonné d’avoir participé à la préparation de cette expédition meurtrière.Pudique sur ses conditions de vie, Oroba A. a seulement qualifié sa vie actuelle de “très difficile”.”Je n’ai pas de maison, je n’apprends pas la langue, je n’ai pas de travail, ça n’a pas avancé dans ma vie”, a déclaré celle qui affirme vivre aujourd’hui “dans la paranoïa”.

US Republicans begin push to hold Clintons in contempt over Epstein

A Republican-led US House panel voted Wednesday to launch contempt of Congress proceedings against Bill and Hillary Clinton over their refusal to testify before its probe into sex offender Jeffrey Epstein.The Oversight Committee advanced resolutions accusing the Democratic ex-president and former secretary of state of defying subpoenas to appear in person to explain their links …

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Foot: le joueur du PSG Lucas Hernandez accusé par d’ex-employés colombiens de traite d’êtres humains

La justice enquête sur des accusations de traite d’être humains et de travail dissimulé après une plainte d’une famille colombienne visant le joueur du PSG Lucas Hernandez, des faits que l’international français et son épouse contestent.Ce père, cette mère et leur trois enfants “se sont retrouvés à travailler pour un an dans cette famille, sans droits”, a détaillé à l’AFP Me Lola Dubois, qui les défend. Dans un communiqué à l’AFP, le champion du monde français 2018 et son épouse, Victoria Triay, affirment de leur côté avoir été “manipulés” et n’avoir “jamais agi avec une intention malveillante ni dans le mépris de la loi”.”Ces personnes ont partagé notre vie avec respect et dignité”, indiquent-ils encore, qualifiant les faits d'”épreuve profondément douloureuse”.L’international de 29 ans et son épouse, qui évoquent une “confiance trahie”, assurent au sujet des membres de cette famille les avoir “aidés, soutenus et crus” lorsqu’ils “nous ont assuré être en cours de régularisation de leur situation”.L’enquête, ouverte après le dépôt mi-janvier d’une plainte révélée par Paris Match, a été confiée à la brigade de recherches de Saint-Germain-en-Laye. Selon Me Lola Dubois, les plaignants travaillaient “entre 70 et 80 heures par semaine, sans congés payés, sans vacances, sans documents qui viendraient établir le droit des salariés”, pour un salaire d’environ 2.000 euros payé en espèces.Ces conditions de travail, malgré des “avantages en nature” liés à la vie du joueur, combinées à la “vulnérabilité économique” de la famille, font que leur situation “s’apparente à une forme d’esclavage moderne”, a encore estimé l’avocate. – “Eldorado” -“On est sur une famille de Colombiens qui viennent en France, on leur promet l’eldorado, de travailler au nom et pour le compte de professionnels du football”, résume Me Lola Dubois.Elle indique que des contrats de travail ont bien été établis “un an après la prise de poste” mais estime qu’ils l’ont été “pour donner l’impression d’une situation régulière”. Contacté par l’AFP, le PSG n’avait pas réagi dans l’immédiat.”Cette affaire est désormais traitée par les voies juridiques appropriées, là où les faits (…) ont leur place”, affirment de leur côté le joueur et son épouse, appelant “à la décence, à la retenue et au respect”.Le défenseur du PSG avait précédemment été condamné en 2019 en Espagne à six mois de prison pour non-respect d’une mesure d’éloignement après des violences conjugales. L’affaire remonte initialement au 3 février 2017: celui qui n’était pas encore champion du monde avec les Bleus, alors âgé de 21 ans, et sa compagne d’alors, Amelia Lorente, en étaient venus aux mains devant leur domicile de Madrid.- Blessures -Sportivement, l’histoire du défenseur avec le club de la capitale n’a pas vraiment décollé depuis son arrivée à l’été 2023 en provenance du Bayern Munich.Gravement blessé pour la deuxième fois de sa carrière en demi-finale de Ligue des champions avant l’été 2024, il est revenu sur la pointe des pieds au tout début de 2025, pour combler les trous. Ses 29 apparitions jusqu’à l’été dernier, souvent en entrant sur le terrain en cours de jeu, n’avaient pas marqué les esprits, mais il a réalisé un début d’exercice 2025-26 assez prometteur malgré deux gestes d’humeur dont un en Ligue des champions. Geste qui lui a valu un suspension de trois matches par l’UEFA.Depuis l’été dernier, il est rappelé régulièrement en équipe de France par Didier Deschamps, qui pourrait le convoquer à la prochaine Coupe du monde l’été prochain. Comme au PSG, le joueur aux 40 sélections a un statut de remplaçant au poste de latéral gauche mais aussi dans l’axe. 

Grand chambardement et annulations de jeux chez Ubisoft pour redevenir compétitif

Fini de jouer pour Ubisoft: empêtré dans des difficultés financières depuis plusieurs années, le géant français des jeux vidéo se dote d’une nouvelle organisation inédite pour être plus compétitif, au prix de plusieurs jeux annulés et d’une nouvelle cure d’austérité.Première victime de ce grand chambardement interne: “Prince of Persia: les Sables du temps”, remake de l’un des plus grands succès d’Ubisoft dans les années 2000, ne verra jamais le jour malgré plusieurs années de développement. Ce qui a suscité une vague de messages de fans déçus sur les réseaux sociaux.Cinq autres jeux sont également abandonnés: “4 titres non annoncés” et “un jeu mobile”, détaille le groupe dans un communiqué. Sept autres jeux bénéficieront “d’un temps de développement supplémentaire”.Confronté à un marché plus sélectif et concurrentiel, la direction du groupe a annoncé prévoir finalement une perte opérationnelle d’un milliard d’euros pour l’exercice en cours et vouloir recentrer ses efforts, en repartant avec une nouvelle organisation interne.Ce modèle opérationnel, inédit dans l’industrie, sera lancé début avril et s’articulera autour de cinq “maisons de créations” réunissant une partie de ses studios.La première, Vantage Studios, a vu le jour en octobre et réunit les marques phares d’Ubisoft (“Assassin’s Creed”, “Rainbow Six” et “Far Cry”), avec pour objectif de générer un milliard d’euros par an.- Cinq “maisons de création” -Valorisée à 3,8 milliards d’euros, cette filiale est détenue à hauteur de 26,32% par le groupe chinois Tencent, en échange de 1,16 milliard d’euros.Elle est désormais rejointe par quatre autres “maisons” thématiques: une consacrée aux jeux de tirs (“The Division”, “Ghost Recon”, “Splinter Cell”), une dédiée aux univers fantastiques (“Rayman”, “Prince of Persia”, “Beyond Good & Evil”…), une autre réunissant des titres comme “For Honor” et “The Crew”, tandis qu’une dernière est centrée sur les jeux familiaux comme “Just Dance”.”Chacune est structurée autour d’un genre créatif bien défini et d’un positionnement de marque, avec une responsabilité complète et une autonomie financière”, a souligné le PDG d’Ubisoft Yves Guillemot, soulignant un “changement radical” pour le groupe.Ces maisons réuniront environ la moitié des studios d’Ubisoft dans le monde, tandis que l’autre moitié apportera son soutien et son expertise aux différents projets au travers d’un réseau mondial partagé, a détaillé à l’AFP la directrice des studios Marie-Sophie de Waubert. Les équipes technologiques et les services de production, de marketing et de distribution seront mutualisés, tandis que le siège, situé en région parisienne, aura notamment la charge d’établir les priorités stratégiques et l’allocation des fonds.- Nouveau plan d’économie -Côté salariés, la direction souhaite réduire fortement le télétravail pour revenir à une présence sur site de cinq jours par semaine. Un souhait qui pourrait passer difficilement: plusieurs grèves avaient paralysé les studios en 2024 en France pour défendre le travail à distance.”C’est totalement gratuit, injuste et brutal”, a réagi auprès de l’AFP Vincent Cambedouzou, représentant du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) à Ubisoft Paris.”On ne peut pas juste assister à ce désastre sans rien faire”, a-t-il ajouté, pointant un “conflit initié par la direction”. Le groupe, qui a réduit ses effectifs de plus de 3.000 salariés dans le monde et fermé plusieurs studios ces dernières années dans le cadre d’un plan d’économie de 300 millions d’euros, engage “une troisième et dernière phase” de ce plan, pour réduire ses coûts “d’au moins 200 millions d’euros” d’ici deux ans.”Les gens sont terrifiés, les studios ferment les uns après les autres”, poursuit M. Cambedouzou, alors que la direction a annoncé la fin du studio d’Ubisoft Stockholm. Selon Yves Guillemot, “le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme” du groupe.L’entreprise, qui prévoyait jusque-là un résultat opérationnel proche de l’équilibre pour son exercice 2025/2026, anticipe désormais une perte opérationnelle d’un milliard d’euros et un net bookings (réservations nettes, soit les ventes hors revenus différés) en baisse, à environ 1,5 milliard d’euros sur l’année.Dans un contexte mondial de crise de croissance pour tout le secteur du jeu vidéo, Ubisoft a enchaîné plusieurs revers ces dernières années, avec des lancements de jeux en demi-teinte ou encore l’arrêt précoce de son jeu de tir en ligne “XDefiant”.A la peine sur les marchés, l’action d’Ubisoft a plongé de 51% en 2025.

US begins IS prisoner transfer as Syria govt, Kurds trade attack blame

The United States said it launched an operation Wednesday that could move thousands of Islamic State group jihadists from Syria to Iraq, as Syrian and Kurdish-led forces traded accusations of breaching a fragile ceasefire.The move came a day after Washington said the purpose of its alliance with the Syrian Kurds had largely ended, with the …

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Mercosur: hourras et émotion des agriculteurs devant le Parlement européen

Des yeux brillants d’émotion, des hourras: des centaines d’agriculteurs ont laissé éclater leur joie mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg après le vote des eurodéputés visant à saisir la justice sur l’accord commercial signé avec le Mercosur.”C’est un peu l’euphorie”, résume sourire aux lèvres Romain Blanchard, 44 ans, qui produit du vin et des céréales dans les Bouches-du-Rhône.A seulement dix voix près, les eurodéputés ont accédé à leur demande de solliciter la Cour de justice de l’Union européenne.”Ça s’est joué à pas grand-chose”, reconnaît M. Blanchard, visiblement éprouvé par la mobilisation. “On a fait neuf heures de route, on laisse nos fermes, nos familles pour être là”, raconte l’agriculteur.Mercredi matin, dans l’attente du vote, des enfants faisaient la course sur leurs tracteurs modèle réduit tandis que leurs parents se réchauffaient en buvant un verre de vin chaud.Un calme soudain rompu par des cris de joie et des coups de klaxon à l’annonce du résultat du vote.”Nous avons gagné avec 334 voix contre 324!” s’exclame au micro Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, premier syndicat agricole national, à l’initiative de la mobilisation.”OUAIIIIIS!” lui répondent les manifestants dans un tonnerre d’applaudissements.”C’est une victoire syndicale énorme, bravo!”, hurle M. Lapie, visiblement ému.- “Fiers” -“Putain je suis content!!”, exulte à ses côtés sur le podium Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs. “Ce soir, je rentre, je fais la bise à tout le monde et je vais dire à mes gamins +je l’ai eue, on l’a eue, on peut être fiers!+”L’excitation retombée, le syndicaliste se félicite que les manifestants aient “réussi à se faire entendre”: “ça va faire du bien au moral des agriculteurs”, qui “s’étaient unis” dans ce combat.Une fois cette victoire arrachée, les manifestants ont commencé à se disperser. En fin d’après-midi, tous les tracteurs avaient quitté Strasbourg, redevenue calme.La veille, plus de 5.000 manifestants de toute l’Europe, notamment français, italiens et belges, s’étaient rassemblés devant le Parlement avec des centaines de tracteurs dont ils avaient fait retentir les klaxons.Ils avaient laissé éclater leur colère, certains jetant des oeufs, des bouteilles et des fumigènes contre les forces de l’ordre. Un CRS a été blessé gravement à l’oeil et un agriculteur a été interpellé et placé en garde à vue.La cible de leurs critiques: Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, huée par la foule et caricaturée sur des banderoles.Les manifestants l’accusent d’avoir sacrifié l’agriculture européenne en signant samedi au Paraguay l’accord commercial avec le Mercosur, qui crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’UE, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay.Ce traité doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les agriculteurs.Alice Avisse, 52 ans, agricultrice en polyculture dans l’Oise, redoute “des importations excessives qui vont venir déstabiliser notre marché parce que ce n’est pas le même prix, pas les mêmes conditions de production” qu’en Europe.Le vote de mercredi était une “victoire compliquée à obtenir” et “ce n’est qu’une petite bataille pour une grande guerre”, relativise la quinquagénaire. Elle espère maintenant “qu’on renégocie les termes” de cet accord.La saisine de la justice bloque en théorie l’entrée en vigueur de l’accord commercial pendant plusieurs mois. Dans l’intervalle, la Commission européenne a toutefois la possibilité de l’appliquer à titre provisoire si elle le souhaite. Malgré sa “grande satisfaction”, Christophe Chambon, secrétaire général adjoint de la FNSEA, souligne que “c’est un début de victoire. Et nous allons continuer maintenant de mener ce combat” pour “voir disparaître” cet accord commercial “qui va vraiment contre l’agriculture française et contre l’alimentation”.

A son procès en appel, Marine Le Pen plaide la “bonne foi” du Front national

Marine Le Pen a protesté mercredi de sa “bonne foi” et de celle de son parti, au cours d’un interrogatoire aussi minutieux que parfois laborieux devant la cour d’appel de Paris au procès des assistants d’eurodéputés.Au terme de cette déposition-marathon entamée la veille et qui aura duré en tout près de treize heures, celle qui joue son avenir politique a fait part en privé d’une épreuve physiquement éprouvante, mais avec l’impression d’avoir pu s’expliquer et être entendue, de manière plus “normale” qu’en première instance.Son avocat, Me Rodolphe Bosselut, a pour sa part considéré que l’interrogatoire s’était “bien passé”.La justice reproche à Marine Le Pen, ainsi qu’au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, d’avoir entre 2004 et 2016 fait embaucher des assistants parlementaires aux eurodéputés du parti, rémunérés par des fonds du Parlement européen mais dont l’activité n’aurait été qu’au seul bénéfice du FN.”Pourquoi est-ce que nous, qui sommes des gens rigoureux, semblons avoir fait preuve, dans la façon dont ce dossier est présenté, d’une absence totale de rigueur?”, a interrogé la cheffe de file de l’extrême droite mercredi matin. En y répondant dans la foulée: “Car nous étions totalement de bonne foi”.Ainsi Marine Le Pen a-t-elle développé toute la journée cet axe de défense, corollaire de la “non-intentionnalité” sur laquelle elle avait déjà insisté la veille.Certes, concède celle qui est actuellement inéligible, “des reproches incontestablement peuvent nous être faits”.Mais les problèmes liés à l’emploi d’assistants parlementaires découlent selon elle d’un défaut d’information et de contrôle de l’institution communautaire car “l’administration du Parlement européen était beaucoup plus coulante que ce qu’elle est aujourd’hui”.”Des règles absolument immuables, que tout le monde respectait et sur lesquelles le Parlement européen faisait preuve d’une fermeté totale? Ça n’était pas le cas!”, martèle-t-elle.Manière, aussi, de répondre à la présidente de la cour d’appel, Michèle Agi, qui l’avait tancée quelques minutes plus tôt en rappelant à la prévenue Le Pen qu’elle était “avocate” de formation, “connaissait le droit” et qu'”un contrat, c’est quelque chose qui (lui) parle”.En fin de journée, celle qui avait repris la présidence du Front national en 2011 en convient: “Est-ce que c’était lié à la désorganisation (du parti)? Peut-être. Est-ce que les uns et les autres ont eu le sentiment de commettre un délit? Je suis convaincue que non. Est-ce que le parti a commis un délit de manière intentionnelle? Je crois que non”, et s'”il y a des assistants qui ont fait bénéficier leur force de travail au parti, je ne dis pas que c’était volontaire de leur part”.Conclusion: “Si tout ça était à refaire, on ne referait pas la même chose”.-“Salarié clandestin” -Face aux interrogations parfois répétées – par la présidente, une juge assesseur, l’avocat du Parlement européen ou les deux représentants de l’accusation -, la députée du Pas-de-Calais a conservé durant toute l’audience une apparente “sérénité”, quitte à se montrer laborieuse.Plus de vingt ans après le début des faits reprochés, le temps écoulé rend “extrêmement difficile de faire peser la preuve de son innocence”, déplore-t-elle, tandis que la cour d’appel décortique un par un les différents contrats d’assistants parlementaires liés à son mandat d’eurodéputée.”Je ne sais pas comment faire pour vous prouver ce que je ne peux pas vous prouver, que je dois vous prouver”, finit-elle par s’agacer.Catherine Griset, son assistante personnelle de toujours, soudainement bombardée à Bruxelles alors que son bureau est à Paris? “Ça n’est pas parce qu’elle est à Paris qu’elle ne fait pas son travail d’assistante parlementaire”, jure Marine Le Pen, admettant néanmoins “l’erreur” d’avoir “embauché des gens qui travaillaient au siège” du FN.Mardi, elle avait expliqué que son “conseiller spécial” en tant que présidente du parti, Julien Odoul, n’était en fait qu’un modeste contributeur de notes – au point qu’elle avait supposé qu’il avait un “autre emploi”. Mais elle avait dit ignorer qu’il était censé être l’assistant parlementaire d’une eurodéputée FN.L’un des avocats généraux enfonce: “Julien Odoul vous envoie des notes sans que vous l’ayez voulu? Je connaissais la notion de travail fictif mais celle de salarié clandestin, je la découvre”.Marine Le Pen conteste toujours avec véhémence quelque “système”, pierre angulaire de l’accusation: “Je n’ai jamais donné de consigne d’embauche”.Et lorsque son père était le patron ?”Jean-Marie Le Pen considérait que le parti était pauvre et qu’on ne pouvait pas se permettre de ne pas utiliser les moyens qui étaient apportés par les institutions. Sinon, c’était autant de forces de travail auxquelles on renonçait”, admet la benjamine Le Pen, mais “c’était sa vision. En réalité, chacun faisait absolument ce qu’il voulait”.Et “en ce qui (la) concerne”, elle n’a “jamais donné consigne d’utiliser les dotations jusqu’au bout”: “je n’ai jamais eu aucune appétence à apurer” les enveloppes européennes.Le procès est prévu jusqu’au 11 février.