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Près de Douai, la voiture électrique 100% française devient réalité

Deux immenses usines côte-à-côte, en banlieue de Douai, produisent ensemble les premières voitures électriques 100% françaises: la Manufacture Renault, qui vient de sortir sa 100.000e R5 électrique, et la gigafactory du chinois Envision, son fournisseur de batteries.Annoncé en 2021,le site AESC Envision, cofinancé par des fonds européens (480 millions d’euros sur 1,3 milliard), atteindra mi-2026 son premier gigawatt-heure, de quoi équiper environ 20.000 véhicules. En pleine accélération, “le site compte produire 10 GWh par an, l’équivalent des batteries pour 180.000 à 200.000 véhicules”, a expliqué mercredi son directeur Ayume Kurose, dont la moitié sera destinée aux voitures Renault. AESC, filiale japonaise du chinois Environ, a déjà embauché 900 personnes et escompte un effectif de 1.200.Très automatisée, cette usine flambant neuve démarrée en mars 2025 profite du savoir-faire d’AESC, fabricant de batteries depuis 2010 qui possède plusieurs sites en Asie et en Europe. Avec ses six lignes de production, ce site français, son plus important, affiche un taux de rebut de seulement 5%. Un taux très faible par rapport aux deux autres gigafactories qui viennent de démarrer dans les Hauts-de-France, celle d’ACC (coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies) et celle du français Verkor. L’enjeu est crucial; la lenteur du décollage d’ACC ralentit la production de certains modèles de Stellantis. Le site d’AESC Envision a investi plus de dix hectares que lui a vendus Renault, son voisin, dont la “Manufacture” est désormais entièrement consacrée aux modèles électriques.  – Petit train – C’est ici qu’est produite la Renault 5 électrique, devenue en un an la plus vendue des voitures électriques en France et deuxième en Europe. “Déjà 38.000 immatriculation en France”, s’est félicité le ministre de l’Industrie Sébastien Martin.A terme un petit train transportera les batteries d’AESC vers la chaîne de montage de Renault. “Pour soutenir la cadence de Renault, nous produisons H24″, a expliqué le directeur du site d’AESC.Le constructeur français a lui aussi accéléré pour accompagner l’essor de sa R5 électrique, avec 900 recrutements supplémentaires, dont des salariés venus d’autres sites de Renault dans le monde et des salariés étrangers. Fin 2025, l’usine est même passée aux 3×8 avec une demi-équipe de nuit.”Nous sommes compétitifs: il est possible en France de produire des voitures électriques. Nous avons investi sur ce site plus de 500 millions d’euros, et nous avons les deux tiers de nos fournisseurs dans un rayon de 300 km”, a souligné le directeur général de Renault François Provost. “Un écosystème s’est monté ici”, a renchéri le ministre, venu visiter les deux sites.”On a connu des années difficile, mais on retrouve une bonne dynamique avec la R5. Ca fait du bien à tout le monde”, s’est félicité Laurent Bobb, un opérateur qui travaille sur le site de Douai depuis 1988.Une interrogation toutefois, celle de la technologie des batteries: l’usine d’AESC produit des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt), plus compactes mais “30% plus chères que les batteries LFP” (lithium-fer-phosphate), a expliqué M. Provost. La faute notamment à l’envolée du prix du cobalt. Les batteries LFP présentent aussi “une sécurité accrue” et Renault “en maîtrise mieux la chaîne de valeur”.Aussi les R5 électriques seront-elles plutôt équipées de batteries LFP, que fournit une usine polonaise du groupe coréen LG, a expliqué un responsable de l’usine.  Les batteries NMC de AESC Envision, qui ont l’avantage d’être plus recyclables, devraient en revanche équiper les modèles plus haut de gamme et grande route que la R5, explique Renault, sachant que l’usine de Douai produit cinq autres modèles électriques, dont la Megane, la Scenic et la Nissan Micra.

Foot: le joueur du PSG Lucas Hernandez accusé par d’ex-employés colombiens de traite d’être humains

La justice enquête sur des accusations de traite d’être humains et de travail dissimulé après une plainte d’une famille colombienne visant le joueur du PSG Lucas Hernandez, des faits que l’international français et son épouse contestent.Ce père, cette mère et leur trois enfants “se sont retrouvés à travailler pour un an dans cette famille, sans droits”, a détaillé à l’AFP Me Lola Dubois, qui les défend. Dans un communiqué à l’AFP, le champion du monde français 2018 et son épouse, Victoria Triay, affirment de leur côté avoir été “manipulés” et n’avoir “jamais agi avec une intention malveillante ni dans le mépris de la loi”.”Ces personnes ont partagé notre vie avec respect et dignité”, indiquent-ils encore, qualifiant les faits d'”épreuve profondément douloureuse”.L’international de 29 ans et son épouse, qui évoquent une “confiance trahie”, assurent au sujet des membres de cette famille les avoir “aidés, soutenus et crus” lorsqu’ils “nous ont assuré être en cours de régularisation de leur situation”.L’enquête, ouverte après le dépôt mi-janvier d’une plainte révélée par Paris Match, a été confiée à la brigade de recherches de Saint-Germain-en-Laye. Selon Me Lola Dubois, les plaignants travaillaient “entre 70 et 80 heures par semaine, sans congés payés, sans vacances, sans documents qui viendraient établir le droit des salariés”, pour un salaire d’environ 2.000 euros payé en espèces.Ces conditions de travail, malgré des “avantages en nature” liés à la vie du joueur, combinées à la “vulnérabilité économique” de la famille, font que leur situation “s’apparente à une forme d’esclavage moderne”, a encore estimé l’avocate. – “Eldorado” -“On est sur une famille de Colombiens qui viennent en France, on leur promet l’eldorado, de travailler au nom et pour le compte de professionnels du football”, résume Me Lola Dubois.Elle indique que des contrats de travail ont bien été établis “un an après la prise de poste” mais estime qu’ils l’ont été “pour donner l’impression d’une situation régulière”. Contacté par l’AFP, le PSG n’avait pas réagi dans l’immédiat.”Cette affaire est désormais traitée par les voies juridiques appropriées, là où les faits (…) ont leur place”, affirment de leur côté le joueur et son épouse, appelant “à la décence, à la retenue et au respect”.Le défenseur du PSG avait précédemment été condamné en 2019 en Espagne à six mois de prison pour non-respect d’une mesure d’éloignement après des violences conjugales. L’affaire remonte initialement au 3 février 2017: celui qui n’était pas encore champion du monde avec les Bleus, alors âgé de 21 ans, et sa compagne d’alors, Amelia Lorente, en étaient venus aux mains devant leur domicile de Madrid.- Blessures -Sportivement, l’histoire du défenseur avec le club de la capitale n’a pas vraiment décollé depuis son arrivée à l’été 2023 en provenance du Bayern Munich.Gravement blessé pour la deuxième fois de sa carrière en demi-finale de Ligue des champions avant l’été 2024, il est revenu sur la pointe des pieds au tout début de 2025, pour combler les trous. Ses 29 apparitions jusqu’à l’été dernier, souvent en entrant sur le terrain en cours de jeu, n’avaient pas marqué les esprits, mais il a réalisé un début d’exercice 2025-26 assez prometteur malgré deux gestes d’humeur dont un en Ligue des champions. Geste qui lui a valu un suspension de trois matches par l’UEFA.Depuis l’été dernier, il est rappelé régulièrement en équipe de France par Didier Deschamps, qui pourrait le convoquer à la prochaine Coupe du monde l’été prochain. Comme au PSG, le joueur aux 40 sélections a un statut de remplaçant au poste de latéral gauche mais aussi dans l’axe. 

Foot: le joueur du PSG Lucas Hernandez visé par une plainte pour traite d’êtres humains, enquête ouverte

Une enquête a été ouverte pour traite d’êtres humains et travail dissimulé après la plainte d’une famille colombienne, révélée par Paris-Match, contre le défenseur international du Paris-Saint-Germain, Lucas Hernandez, a indiqué mercredi le parquet de Versailles, sollicité par l’AFP.L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de Saint-Germain-en-Laye, ajoute le ministère public.Dans un communiqué à l’AFP, le champion du monde français 2018 et son épouse, Victoria Triay, affirment de leur côté avoir été “manipulés” et n’avoir “jamais agi avec une intention malveillante ni dans le mépris de la loi”.”Ces personnes ont partagé notre vie avec respect et dignité”, indiquent encore Lucas Hernandez et Victoria Triay dans ce texte.L’international et son épouse, qui évoquent une “confiance trahie”, assurent au sujet de membres de cette famille les avoir “aidés, soutenus et crus” lorsqu’ils “nous ont assuré être en cours de régularisation de leur situation”.Ce père, cette mère et leurs trois enfants “se sont retrouvés à travailler pour un an dans cette famille, sans droits”, a pour sa part détaillé à l’AFP Me Lola Dubois, qui les défend. Ils travaillaient “entre 70 et 80 heures par semaine, sans congés payés, sans vacances, sans documents qui viendraient établir le droit des salariés”, pour un salaire d’environ 2.000 euros nets, détaille-t-elle encore.Ces conditions de travail, malgré des “avantages en nature” liés à la vie du joueur, combinées à la “vulnérabilité économique” de la famille, font que leur situation “s’apparente à une forme d’esclavage moderne”, a encore estimé l’avocate. Des contrats de travail ont bien été établis “un an après la prise de poste”, ajoute cette dernière, mais elle estime qu’ils l’ont été “pour donner l’impression d’une situation régulière”.”Cette affaire est désormais traitée par les voies juridiques appropriées, là où les faits (…) ont leur place”, concluent de leur côté le joueur et son épouse, appelant “à la décence, à la retenue et au respect”.

Shein et le BHV se défendent d’être “le grand méchant loup” et vantent leur modèle “disruptif” au Sénat

Les représentants de Shein et du BHV ont défendu mercredi au Sénat leur vision “disruptive” du commerce, appelant à une “coopération” avec les autorités mais aussi avec les acteurs de l’industrie textile française, inadaptée selon eux aux nouvelles réalités économiques.”Arrêtez de nous voir comme le grand méchant loup”: après des mois de polémiques et des rendez-vous déclinés à l’Assemblée nationale, Quentin Ruffat, porte-parole de Shein en France, a estimé que la marque asiatique d’ultra fast-fashion pouvait “aider les marques de prêt-à-porter en difficulté”.Le partenariat avec le groupe SGM, dirigé par Frédéric Merlin et propriétaire du BHV, vise à “démontrer comment la force et la popularité d’une marque digitale comme la nôtre peuvent contribuer à stimuler la fréquentation et l’attractivité des commerces physiques plutôt que de s’y substituer”, estime M. Ruffat.Au BHV pourtant, “l’expérimentation” n’a pas encore porté ses fruits. Si 5.000 visiteurs minimum viennent chaque jour au magasin Shein depuis son ouverture début novembre, peu ont acheté, reconnaît Frédéric Merlin. Avec le départ de nombreuses marques, en raison d’impayés ou par opposition au champion de la mode éphémère, le BHV a connu “une vraie baisse de chiffre d’affaires”. La bonne recette est en voie d’être trouvée, assure Frédéric Merlin, mais il n’a toujours pas donné de date pour l’ouverture de cinq espaces Shein en province, confirmant seulement que ça sera “très prochainement”.Plusieurs sénateurs sont restés sceptiques comme l’écologiste Yannick Jadot qui dénonce une “alliance mortifère pour l’industrie textile européenne”. Shein est “le meilleur sur le digital et sur l’internationalisation”, pourquoi donc ne pas collaborer avec elle, a rétorqué M. Ruffat. Il invite les marques françaises “qui ont du mal à s’internationaliser, à se digitaliser” à “utiliser” la plateforme.Seulement “10% du chiffre d’affaires des marques de prêt-à-porter françaises est sur le digital, (…) ce n’est plus possible de faire ça, il faut être multicanal, c’est tout l’enjeu de notre partenariat” avec le BHV, a-t-il asséné.Les acteurs du commerce en France et en Europe sont loin de vouloir une telle coopération: une coalition de fédérations du commerce a attaqué Shein en justice pour concurrence déloyale.- “Je veux bien faire preuve d’éthique, mais…” -L’Etat français a lui aussi assigné Shein en raison des produits interdits que la plateforme vendait. Malgré des “dommages graves à l’ordre public”, la demande de suspension de la plateforme a été rejetée par le tribunal. L’Etat a fait appel.Interrogé sur la désertification commerciale des centres-villes, Frédéric Merlin a critiqué un commerce devenu trop cher et déconnecté des consommateurs: des marques “premium” vendent des robes à 600 euros tout en produisant en Asie “dans les mêmes usines” que Shein – ce que réfutent plusieurs fédérations de l’habillement.”Je veux bien faire preuve d’éthique, mais en tant que commerçant, avec 2.000 salaires à payer tous les mois, je veux que ces clients (de Shein, NDLR) viennent dans mes magasins”, a-t-il continué.Shein revendique “25 millions d’utilisateurs actifs en France” au premier semestre 2025 et représente “une offre de choix”, et non “une injonction à consommer”, a plaidé Quentin Ruffat. Il voit dans le modèle de production de Shein “à la demande” une révolution face au commerce plus classique et ses taux d’invendus de “20 à 40%”. Shein a un taux “à un chiffre”.Avec son volume colossal de références proposées, majoritairement en matière plastique, Shein est régulièrement accusé par des ONG environnementales d’encourager la surconsommation et d’aggraver la crise environnementale, des tonnes de vêtements peu durables finissant dans des décharges sauvages à travers le monde. Shein a émis 26,2 millions de tonnes de CO₂ en 2024 (+23,1% par rapport à 2023), soit plus que Zara et H&M réunis.Interrogé sur le travail forcé de la minorité musulmane des Ouïghours en Chine, comme le dénoncent des ONG, M. Ruffat a renvoyé au chiffre de 95% des fournisseurs de Shein audités en 2024 par des cabinets indépendants. Shein explique avoir “trois points de zéro tolérance: le travail d’enfants, le travail forcé et le refus de se soumettre à un audit indépendant”. En 2024, Shein a cessé de travailler avec douze fournisseurs pour ces raisons.

Dauphins: un nouveau mois sans pêche, mais peut-être pas le dernier

Considéré comme “très efficace” pour protéger les dauphins, le mois sans pêche dans le golfe de Gascogne est reconduit jeudi pour la troisième année consécutive, et peut-être pas pour la dernière fois, faute d’alternative. De la pointe du Finistère jusqu’à la côte basque, un peu moins de 300 bateaux de plus de 8 mètres resteront à quai jusqu’au 20 février en bénéficiant d’une indemnisation gouvernementale à hauteur de 80% de leur chiffre d’affaires.”On se laisse endormir par les indemnisations. Il y a une forme de résignation”, estime auprès de l’AFP Thomas Le Gall, ligneur à Audierne (Finistère) et président de l’association Pêche avenir Cap Sizun, faisant part d’un “fort sentiment d’incertitude et d’anxiété” de ses collègues pêcheurs. L’hiver dernier, 274 navires ont été indemnisés à hauteur de 14,5 millions d’euros pour leur manque à gagner, estimé à 4.320 tonnes de poissons. En incluant une quarantaine d’entreprises de mareyage, les indemnisations totales ont atteint 20 millions d’euros.M. Le Gall craint que ce mois de fermeture, initialement prévu pour trois ans, soit reconduit en 2027 et au-delà.Car, avec 60% de captures accidentelles évitées, le mois sans pêche a le mérite d’être “très efficace” pour protéger les cétacés, selon l’entourage de la ministre de la Mer Catherine Chabaud, en novembre. D’après les données de l’observatoire Pelagis (CNRS/Université de La Rochelle), 1.900 dauphins communs sont morts par capture accidentelle entre le 1er décembre 2024 et le 31 mars 2025 sur la façade Atlantique et la Manche Ouest, contre 4.700 en moyenne par hiver entre 2017 et 2023.- “Pas une solution de long terme”-Pour autant, le ministère, interrogé par l’AFP, refuse de se prononcer sur une nouvelle fermeture l’an prochain, rappelant simplement que cette mesure n’était “pas une solution de long terme”.”Le gouvernement souhaite évidemment la réouverture du golfe de Gascogne, simplement il faudra pour cela qu’on puisse recueillir les données de cette saison, s’appuyer également sur les conclusions qu’aura formulées le Conseil d’État”, a déclaré mercredi au Sénat le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.La Commission européenne a, quant à elle, rappelé son attachement “à la protection des espèces sensibles”, consacrée par le droit européen. “Les efforts visant à réduire les prises accessoires de dauphins communs doivent se poursuivre”, a-t-elle dit à l’AFP.S’appuyant sur cette même législation européenne, les ONG Sea Shepherd et Défense des milieux aquatiques ont d’ailleurs déposé en décembre un recours devant la justice administrative pour demander une extension du dispositif de fermeture.”Les délais contentieux devant le Conseil d’État sont très longs”, a souligné à l’AFP l’avocate Manon Crécent, confirmant une information du quotidien Ouest-France. L’avocate espère ainsi une décision avant janvier 2027.Arguant que “le pic de mortalité (des dauphins) se déplace”, les associations réclament une extension de la fermeture à trois mois l’hiver et un mois l’été, a-t-elle ajouté. “Le gouvernement est opposé à l’allongement des périodes de fermeture”, a assuré M. Lefèvre.- Pas de solution technique parfaite -C’est à la suite de deux décisions du Conseil d’État, rendues en 2023, que le mois sans pêche avait vu le jour pour la première fois l’année suivante.Depuis, de nombreux pêcheurs se sont équipés en répulsifs acoustiques (pingers), en balises sur leurs filets et en caméras embarquées mais aucune solution technique parfaite n’émerge encore malgré les nombreuses expérimentations en cours.”Cette troisième fermeture ne peut et ne doit pas devenir une norme”, prévient le comité national des Pêches dans un communiqué, en appelant à “ouvrir une phase nouvelle, fondée sur l’évaluation des mesures mises en œuvre et le déploiement de solutions alternatives durables”.À Lorient, le fileyeur David Le Quintrec accuse le gouvernement de ne “pas défendre ses pêcheurs”. “Il va falloir qu’on tape du poing sur la table!”, tonne M. Le Quintrec, par ailleurs patron de l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), en disant regretter l’absence de visibilité dans le métier, entre mois sans pêche, baisse des quotas et hausse des coûts.

Lactalis lance un vaste rappel international de lait infantile

Lactalis a annoncé mercredi le lancement d’un vaste rappel de lait infantile en France et dans de nombreux pays à travers le monde dont la Chine, l’Australie et  le Mexique, s’ajoutant à plusieurs rappels lancés par d’autres fabricants ces dernières semaines.Les rappels de Lactalis sont motivés par la présence potentielle de “céréulide”, une substance d’origine bactérienne susceptible de provoquer diarrhées et vomissements, souligne Lactalis dans un communiqué. En France métropolitaine, c’est la marque Picot qui est concernée. Les six lots en question sont des pots nommés “Picot Nutrition Quotidienne 1er âge” dans les formats 400, 800 et 850 grammes d’une part, des pots “Picot Nutrition Quotidienne 2e âge” dans les formats 800 et 850 grammes, ainsi que le “Picot AR 2e âge” au format 800 grammes.Ces lots sont disponibles en réseau pharmaceutique et en grande distribution. Seize autres pays sont concernés: l’Australie, le Chili, la Chine, la Colombie, le Congo, l’Équateur, l’Espagne, Madagascar, le Mexique, l’Ouzbékistan, le Pérou, la Géorgie, la Grèce, le Koweït, la République Tchèque et Taïwan, a précisé une porte-parole à l’AFP, qui a également mentionné la Polynésie française.Pour tous ces pays, il s’agit de “quelques lots”, a souligné la même source, sans être en mesure de tous les détailler dans l’immédiat. – Un “fournisseur international” -“C’est un fournisseur international qui propose de l’ARA”, une molécule rentrant dans la composition de certains laits infantiles, qui est en cause, a précisé Lactalis à l’AFP, sans toutefois souhaiter communiquer le nom du fournisseur en question. Le groupe a néanmoins précisé que ce fournisseur était distribué par un grossiste européen “avec qui travaille Lactalis”. Ce rappel fait suite à une alerte de l’association Alliance 7, qui réunit des syndicats des métiers de l’épicerie et de la nutrition spécialisée, a expliqué Lactalis à l’AFP.  Si les premières analyses ont “donné des résultats conformes”, les analyses complémentaires “menées sur le produit reconstitué”, c’est-à-dire le biberon préparé, ont “révélé la présence de céréulide”, ce qui conduit Lactalis, “par précaution”, à procéder à ce rappel, détaille le géant laitier. “Nous avons pleinement conscience que cette information peut susciter de l’inquiétude parmi les parents de jeunes enfants”, note le groupe dans son communiqué, précisant qu’à “ce stade, aucune réclamation ni aucun signalement liés à la consommation de ces produits n’ont été rapportés par les autorités françaises”. Le secteur laitier est secoué ces dernières semaines par des rappels de produits de laits infantiles dans le monde entier, avec pour cause la présence potentielle de céréulide. L’agence alimentaire de Singapour a annoncé le 17 janvier dans un communiqué le rappel de laits infantiles Dumex, une marque de nutrition pour bébés rachetée en 2022 par Danone. Selon l’entreprise, seules “quelques palettes” de Dumex 1er âge ont été bloquées à la demande des autorités singapouriennes, ce qui signifie que les lots concernés n’était pas encore en magasin.- Excuses de Nestlé -Début janvier, plusieurs des filiales de Nestlé en Europe, notamment en Allemagne, en Italie, en Suède et en France, avaient annoncé un rappel volontaire de certains lots de produits, commercialisés sous des noms différents selon les pays. Ces procédures concernent désormais une soixantaine de pays, dont la France, et le patron de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des excuses mi-janvier alors que le groupe est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures. Selon l’association Foodwatch, le fournisseur de l’acide arachidonique incriminé pour Nestlé est basé en Chine, mais l’association relève qu’il y a peu de fournisseurs au monde pour cette substance, très réglementée en Europe. Interrogé par l’AFP, Lactalis a affirmé qu’il n’était pas en mesure de dire s’il s’agit du même fournisseur. Foodwatch a annoncé mercredi qu’elle allait porter plainte contre X pour “faire la lumière” sur ces rappels. Les autorités sanitaires françaises ont annoncé mardi que des investigations étaient en cours après le décès d’un bébé ayant consommé du lait infantile produit par Nestlé et concerné par un vaste rappel, sans qu’il soit possible à ce stade d’établir un lien direct.Contactées mercredi au sujet du rappel Lactalis et celui de Danone, elles n’avaient pas répondu dans l’immédiat.Depuis début janvier, trois rappels concernant des laits infantiles ont été effectués en France, selon la base de données des rappels de consommation du ministère de l’Economie. Une fréquence qui tranche avec la rareté des rappels les années précédentes: un en 2025, zéro en 2024. 

PMA, IA et autres questions sensibles: lancement des Etats généraux de la bioéthique

Comment concilier “science, santé, solidarités” ? La résolution de cette équation sera au cœur de multiples débats ces prochains mois sur des sujets sensibles comme l’extension de la PMA, l’impact de l’intelligence artificielle ou de l’environnement lors des Etats généraux de la bioéthique, lancés mercredi.Cet exercice de démocratie sanitaire, piloté par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et d’une durée de six mois, doit éclairer les enjeux de la future loi bioéthique, attendue après la présidentielle de 2027 pour réviser le texte de 2021. “La science a encore énormément progressé, le modèle de solidarité intergénérationnelle est questionné dans une France qui vieillit, les solidarités constituent un enjeu majeur”, déclare à l’AFP Jean-François Delfraissy, président du CCNE. Et “la bioéthique n’est pas figée”: son champ s’élargit progressivement face aux transformations multiples.Examens génétiques et médecine génomique, neurosciences, cellules souches et organoïdes, transplantations d’organes et xénogreffes, procréation, numérique, IA et santé, santé, environnement et climat: les états généraux vont revisiter de grandes thématiques présentes lors de l’édition précédente.Trois autres font leur apparition: nouveaux enjeux de la prévention, sobriété en médecine – jusqu’où traiter ? -, enjeux sanitaires spécifiques à l’Outremer.Car la bonne santé ne se résume pas à la maladie et son traitement, “80% se joue ailleurs, dans les déterminants sociaux, la malbouffe, le changement climatique…”, note le Pr Delfraissy.Sur tous les sujets, “les Etats généraux vont mettre en tension deux grandes valeurs éthiques. D’un côté, l’autonomie, dans un sens de liberté individuelle et dans une vision un peu anglo-saxonne, et de l’autre, la solidarité à l’égard des plus fragiles”, souligne-t-il.Citoyens, experts, associations, institutions, religions: la consultation sera large. Une place accrue sera accordée aux jeunes (journée des lycéens pour 300-400 classes de terminale, débats avec des étudiants en médecine et en droit, formats dédiés sur Instagram et TikTok, etc.), et aux territoires.- “Sujets sensibles” -Les échanges et contributions, qui nourriront un rapport de synthèse en juin, emprunteront plusieurs canaux: environ 200 auditions nationales, quelque 400 débats citoyens en régions, un “comité citoyen”, une plateforme de contributions en ligne…”Dans un contexte national et international que nous n’aurions pas imaginé il y a quelques années” et dans une atmosphère plus défiante envers la science et plus polarisée dans la société, les États généraux ouvrent “un temps d’écoute bienveillante de positions différentes sur des sujets difficiles, pour tenter de sortir le meilleur dans une vision collective”, insiste le président du CCNE.Face à la chute de la natalité, les questions sensibles autour d’une extension de la procréation médicalement assistée promettent, entre autres, de susciter des prises de positions divergentes.”Quatre sujets vont revenir souvent”, a anticipé le Dr Joëlle Belaïsch-Allart lors d’une conférence de presse: PMA post mortem – si le conjoint d’une femme décède en cours de processus -, réception des ovocytes de la partenaire dans un couple de femmes, gestation pour autrui, diagnostic préimplantatoire. Plusieurs de ces pratiques sont autorisées dans d’autres pays, et certains Français et Françaises y recourent ainsi.L’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes avait ainsi été l’un des sujets polémiques lors des précédents Etats généraux, en 2018. La Manif pour tous était alors remontée au créneau, cinq ans après les manifestations contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels.En génétique/génomique, l’une des questions sera de voir “si la législation française doit évoluer pour autoriser les tests génétiques en accès libre” pour rechercher une prédisposition à des maladies ou des origines, a indiqué la Pr Sylvie Odent. Plus largement, l’évolution vers “une médecine génétique préventive” se pose, selon cette généticienne. Outre son rapport de synthèse des Etats généraux, qui se veut neutre, le CCNE publiera mi-novembre un avis sur les priorités de la révision législative.Il reviendra ensuite aux politiques de construire la future loi de bioéthique, attendue seulement après la prochaine élection présidentielle.Les premières lois de bioéthique datent de 1994, suivies d’autres évolutions par paliers: une première révision en 2004, avant celles de 2011, puis 2021. La prochaine ne devrait pas voir le jour avant 2028. “Ce sont des sujets sensibles”, a noté mercredi le Pr Delfraissy, et “en fonction du vote démocratique des Français, s’il y a des extrêmes (au pouvoir ndlr), ce ne sera pas forcément une priorité”. 

A son procès en appel, Marine Le Pen plaide la “bonne foi” du Front national

Marine Le Pen a plaidé mercredi la “bonne foi” du Front national au deuxième jour de son interrogatoire, lors du procès en appel à Paris des assistants parlementaires d’eurodéputés de son parti.”Pourquoi est-ce que nous, qui sommes des gens rigoureux, semblons avoir fait preuve, dans la façon dont ce dossier est présenté, d’une absence totale de rigueur? Car nous étions totalement de bonne foi”, a fait valoir mercredi matin la cheffe de file de l’extrême droite.La justice lui reproche, ainsi qu’au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Devant la cour d’appel, la présidente des députés RN, actuellement inéligible et qui joue lors du procès sa candidature à la présidentielle de 2027, soutient que si le parti à la flamme a commis un délit, ce n’était en rien intentionnel, blâmant l’administration du Parlement européen.Certes, concède-t-elle, “des reproches incontestablement peuvent nous être faits”. Mais les problèmes liés à l’emploi d’assistants parlementaires découlent selon elle d’un défaut d’information et de contrôle de l’institution communautaire, car “l’administration du Parlement européen était beaucoup plus coulante que ce qu’elle est aujourd’hui”.Pour Marine Le Pen, l’activité politique des assistants parlementaires résultait du “cordon sanitaire” mis en place contre la formation d’extrême droite dans l’hémicycle européen.”L’objectif était d’interdire à un député du FN d’avoir la moindre mission au sein d’une commission (…) On nous avait un petit peu condamné à une fonction tribunitienne”, dit-elle, vêtue d’un tailleur bleu marine.Pour la députée du Pas-de-Calais, le temps écoulé depuis les faits rend “extrêmement difficile de faire peser la preuve de son innocence”, tandis que la cour d’appel décortique un par un les différents contrats d’assistants parlementaires liés à son mandat d’eurodéputée.”Je ne sais pas comment faire pour vous prouver ce que je ne peux pas vous prouver, que je dois vous prouver”, finit-elle par s’agacer.Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.Son interrogatoire doit se poursuivre mercredi après-midi.