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Orages et pluie: quatre départements en vigilance orange

L’Hérault, le Gard, la Lozère et les Côtes d’Armor ont été placés mardi en vigilance orange pour orages, pluies et inondations juste après l’épisode caniculaire, a indiqué Météo-France, précisant que cette vigilance pourrait être étendue à d’autres départements du sud-est et la Corse.Dans l’ouest de la Bretagne, l’épisode pluvio-orageux a débuté dans les Côtes d’Armor avec 40 mm de précipitations tombés dans le sud du département et jusqu’à 80 mm estimés avec les radars météorologiques.Dans trois départements du Sud-Est, Météo-France a prévu une “activité orageuse en journée avec un passage actif en soirée et première partie de nuit”. “Les cumuls de pluie attendus pourront localement être important en peu de temps”, précise le communiqué, avec des précipitations de l’ordre de 60 à 80 mm et jusqu’à 120 mm sur le relief. Les orages, accompagnés d’une forte activité électrique, de grêle et de rafales de vent, devraient débuter en début d’après-midi sur le relief et en Lozère, avant de s’étendre aux plaines en fin d’après-midi. Suivant l’évolution de ces orages, des départements du quart sud-est et la Corse pourraient également être placés en vigilance orange. Concernant la canicule, cette 51e vague de chaleur depuis 1947 a pris fin mardi matin après 11 jours de chaleur écrasante sur la quasi-totalité du territoire.

Orages et pluie: quatre départements en vigilance orange

L’Hérault, le Gard, la Lozère et les Côtes d’Armor ont été placés mardi en vigilance orange pour orages, pluies et inondations juste après l’épisode caniculaire, a indiqué Météo-France, précisant que cette vigilance pourrait être étendue à d’autres départements du sud-est et la Corse.Dans l’ouest de la Bretagne, l’épisode pluvio-orageux a débuté dans les Côtes d’Armor avec 40 mm de précipitations tombés dans le sud du département et jusqu’à 80 mm estimés avec les radars météorologiques.Dans trois départements du Sud-Est, Météo-France a prévu une “activité orageuse en journée avec un passage actif en soirée et première partie de nuit”. “Les cumuls de pluie attendus pourront localement être important en peu de temps”, précise le communiqué, avec des précipitations de l’ordre de 60 à 80 mm et jusqu’à 120 mm sur le relief. Les orages, accompagnés d’une forte activité électrique, de grêle et de rafales de vent, devraient débuter en début d’après-midi sur le relief et en Lozère, avant de s’étendre aux plaines en fin d’après-midi. Suivant l’évolution de ces orages, des départements du quart sud-est et la Corse pourraient également être placés en vigilance orange. Concernant la canicule, cette 51e vague de chaleur depuis 1947 a pris fin mardi matin après 11 jours de chaleur écrasante sur la quasi-totalité du territoire.

Enquête ouverte à Nice après la mort en direct d’un “streamer” humilié depuis des mois

Le parquet de Nice a indiqué mardi avoir ouvert une enquête suite au décès “lors d’un live streaming” sur une plateforme vidéo d’un homme de 46 ans, protagoniste de vidéos controversées sur lesquelles la ministre du numérique a saisi l’Arcom.Raphaël Graven, 46 ans, connu en ligne sous les pseudos “Jean Pormanove” ou “JP”, est décédé lundi à Contes, petit village au nord de Nice, a précisé le parquet, confirmant une information de Nice-Matin. Il était connu pour participer à des vidéos le montrant subissant violences et autres humiliations, notamment de deux partenaires connus sous les pseudos de “Narutovie” et “Safine”.Le parquet a indiqué avoir ouvert une enquête en “recherche des causes de la mort” et ordonné une autopsie.Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Nice, déjà saisie depuis décembre 2024 d’une enquête notamment pour “violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables (…) et diffusion d’enregistrement d’images relatives à la commission d’infractions d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne”, suite à un article de Médiapart révélant l’existence de ces vidéos, suivies par des milliers de personnes, notamment sur la plateforme australienne de diffusion en direct Kick.Une vidéo diffusée en live lundi sur Kick, et largement partagée depuis, montrerait, selon des internautes, les moments juste avant son décès ou la découverte de celui-ci, le montrant inanimé sous une couette dans un lit, dans lequel sont également deux autres hommes, dont un jette une petite bouteille d’eau en plastique dans sa direction.Clara Chappaz, ministre déléguée chargée du Numérique, a dénoncé sur le réseau X “une horreur absolue” et indiqué avoir “saisi l’Arcom et effectué un signalement sur Pharos”, le service de lutte contre la violence en ligne. “J’ai également contacté les responsables de la plateforme pour obtenir des explications. La responsabilité des plateformes en ligne sur la diffusion de contenus illicites n’est pas une option : c’est la loi”, a-t-elle souligné.Interrogée par mail par l’AFP sur cette affaire, Kick a répondu “ne pouvoir donner aucune information en raison de notre politique de confidentialité”. Dans ses conditions d’utilisation, le site souligne que “bien que la violence puisse être contextuelle et avoir des conséquences variables, nous interdisons tout contenu représentant ou incitant à une violence odieuse”.Kick est une plateforme australienne, grande concurrente du leader mondial du live streaming Twitch et aux règles de modération plus relâchées.

Macron juge que Bayrou a “les capacités” pour tenir jusque 2027

Emmanuel Macron juge que François Bayrou “a les capacités” pour tenir le gouvernement jusque la fin de son mandat et répète qu’il ne veut pas de nouvelle dissolution, estimant que c’est “aux responsables politiques de savoir travailler ensemble”.François Bayrou “est mon ami… mon compagnon de route. Il a les capacités pour tenir ce gouvernement qui n’est pas habituel”, plaide mardi dans Paris Match le président qui “espère” que le Premier ministre puisse rester jusque 2027.Il défend le plan d’économies budgétaires “lucide et courageux” du Premier ministre, “que nous avons longuement préparé ensemble”.Ce plan prévoit notamment le gel de la plupart des dépenses de l’État en 2026 au niveau de 2025, une “année blanche” gelant le barème des impôts, des prestations sociales et des retraites ou encore la suppression de deux jours fériés.Face au risque d’une censure du gouvernement par le Rassemblement national et la gauche sur le budget à l’automne, le chef de l’Etat avertit que “les responsables politiques doivent vraiment faire attention à ce qu’ils feront”. “Dans le contexte international, le pays a vraiment besoin de stabilité. Donc pas de coups politiques. Et du courage pour prendre les décisions fortes”, juge-t-il.Il répète qu’il ne veut pas de nouvelle dissolution. “On a un Parlement qui reflète les fractures du pays. C’est aux responsables politiques de savoir travailler ensemble. Regardez ce qui se passe en Allemagne. C’est ainsi que s’organise la coalition du chancelier Merz”, argumente-t-il.

Les incendies ont dévasté 30.000 hectares supplémentaires en 24 heures en Espagne

Les incendies ravageant la moitié ouest de l’Espagne ont brûlé 30.000 hectares supplémentaires en 24 heures, selon les données du satellite européen Copernicus publiées mardi, même si la fin de la vague de chaleur frappant le pays alimente l’espoir d’une amélioration de la situation. Quelque 373.000 hectares avaient brûlé mardi matin en Espagne depuis le début de l’année, soit 30.000 de plus que lundi, un chiffre en constante progression, selon le Système Européen d’Information sur les Incendies de Forêt (EFFIS), qui utilise les données de Copernicus.Depuis le début des relevés d’EFFIS en 2006, il s’agit de la pire année pour l’Espagne en termes de surface brûlée par les flammes, au-delà du précédent record établi en 2022 (306.000 hectares calcinés).La majorité de cette surface a brûlé dans les grands incendies qui affectent depuis une dizaine de jours les provinces de Zamora et Léon en Castille-et-León (nord-ouest), celle d’Ourense en Galice (nord-ouest), et dans la province de Cáceres en Extrémadure (ouest).Des milliers de personnes de dizaines de villages ont été évacuées, des dizaines de routes sont coupées et le trafic ferroviaire entre Madrid et la Galice est interrompu.Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez est attendu mardi à la mi-journée dans les zones touchées à Zamora et Cáceres.Même si l’extinction de ces incendies prendra encore du temps, la fin, lundi, de la vague de chaleur qui a ravagé l’Espagne pendant 16 jours offre l’espoir d’une amélioration de la situation.Ce changement météorologique va se traduire par une “réduction de 10 à 12 degrés des températures maximales, à laquelle il faut également ajouter l’augmentation des indices d”humidité”, a expliqué Nicanor Sen, délégué du gouvernement (préfet) de Castille-et-León, à la télévision publique TVE.Cela “facilite et améliore les conditions” pour “contrôler ces incendies”, a-t-il ajouté.

Au Pakistan, la recherche des disparus de la mousson, à la lueur des téléphones

A la lueur de leurs téléphones portables, ils fouillent ce qui reste de leurs maisons écrasées sous les rochers, la boue et l’eau charriées par la mousson: sans électricité ni moyens, les villageois du nord du Pakistan tentent de sauver leurs proches.Certains ont une pelle ou un marteau à la main. D’autres, comme Saqib Ghani, un étudiant du village de Dalori, fouillent à mains nues les décombres. Le corps de son père a été retrouvé, mais il cherche d’autres membres de sa famille toujours bloqués sous les décombres — morts ou vifs.Doucement, des secouristes éloignent le jeune homme sous le choc, tandis que des voisins le prennent avec eux, lui donnent un peu d’eau, dans une vaine tentative d’apaiser sa peine.Lundi, la vie de tout le monde a basculé en quelques minutes à Dalori. Quinze maisons ont été entièrement détruites, plusieurs autres partiellement endommagées et 19 habitants ont été déclarés morts, alors que les recherches se poursuivent pour une dizaine de disparus.- Un “boum”, un torrent et “l’apocalypse” -Depuis quelques jours, partout dans la province montagneuse du Khyber-Pakhtunkhwa, à la lisière de l’Afghanistan, on parle des près de 400 morts de la dernière semaine de la mousson, particulièrement meurtrière cette année.Mais les coulées de boue, glissements de terrain et autres crues subites s’étaient cantonnés aux districts voisins: Battagram et Buner — le plus touché avec 222 décès confirmés jusqu’ici–, plus au nord, ou Bajaur et Lower Dir, vers l’ouest.Mais lundi matin, “il y a eu un énorme +boum+ tout en haut de la montagne et de la fumée noire a commencé à monter vers le ciel”, raconte Lal Khan à l’AFP.Aussitôt, “un énorme torrent d’eau s’est mis à dévaler les parois montagneuses”, poursuit cet agriculteur de 46 ans qui, parmi les gravats, a aperçu la main d’une voisine. Plus tard, il a appris que son corps et ceux de ses quatre enfants avaient été retrouvés sans vie.”Et on ne peut rien faire. On n’a aucun moyen face à cette calamité que la nature nous envoie”, se lamente l’homme.Gul Hazir, lui, assure que les pluies torrentielles sont venues de deux côtés, encerclant le village.”C’était comme dans les films d’apocalypse. Je n’arrive toujours pas à croire ce que j’ai vu”, dit-il à l’AFP. “Et ce n’est même pas l’eau qui nous a frappés en premier, mais des rochers et des pierres qui se sont abattus en masse sur nos maisons”.Ousmane Khan, un responsable dépêché par l’administration locale, a recensé “11 zones touchées par des lames d’eau”, ces pluies torrentielles qui se déversent en très peu de temps sur un petit périmètre.- Urbanisme anarchique -Mais, dit-il, les dégâts auraient pu être moindres si les habitants n’avaient pas construit leurs maisons dans le lit d’un ancien cours d’eau.”L’eau n’avait plus aucun conduit pour s’échapper”, accuse-t-il, alors que, régulièrement, des drames meurtriers relancent la question de l’urbanisme anarchique au Pakistan, gangrené par pauvreté et corruption.Quant aux opérations de sauvetage dans un tel environnement, “elles sont extrêmement difficiles, car les engins de chantier ne peuvent pas passer par des chemins si étroits”, poursuit-il.Alentour, des pelleteuses tentent de dégager la route principale, défoncée en plusieurs endroits, et les gravats qui bloquent les canaux d’acheminement ou d’échappement de l’eau.Dans ce qui était avant les rues du village, des troupeaux sans berger errent, les pattes dans l’eau.Dalori a déjà enterré cinq de ses enfants à la lueur de portables qui, bientôt, s’éteindront faute de pouvoir être rechargés. Dans les maisons plongées dans l’obscurité depuis que la pluie a coupé l’électricité, des femmes portent le deuil.L’une d’elle, drapée dans un grand châle, lâche dans un souffle: “je ne resterai pas vivre ici”.La semaine dernière, Dalori s’était déjà mobilisé pour contrer les effets de la mousson. Le village avait organisé une collecte de dons pour les districts voisins. Une façon de dire leur solidarité avec les sinistrés.”On ne savait pas que, nous aussi, bientôt, on aurait besoin d’aide”, lance, amer, Gul Hazir.

Promotion de l’alcool: la justice française fait retirer plusieurs publications à Meta

La justice française a fait retirer à Meta (Facebook, Instagram) une vingtaine de publications qui font la promotion de l’alcool, a annoncé mardi l’association Addictions France, qui avait déjà obtenu une première victoire judiciaire en ce sens.”Le juge a non seulement ordonné leur retrait, mais a également enjoint à Meta de transmettre à Addictions France les données d’identification des auteurs de ces contenus”, se félicite l’association dans un communiqué.La décision, rendue par le tribunal judiciaire de Paris et transmise par l’association, remonte à début avril, mais Addictions France n’a communiqué dessus que ce mardi.Dans le détail, la décision de justice liste les publications impliquées, notamment effectuées sur Instagram, qui émanent de 13 influenceurs dont le chef Juan Arbelaez et l’animatrice Malika Ménard.Par exemple, une publication montrant “la photographie de M. Arbelaez tenant une bouteille de vin à la main en compagnie de (l’humoriste) François-Xavier Demaison”, note la décision.Les publications concernées ne sont désormais plus visibles depuis la France, Instagram expliquant que la plateforme se conforme “à une requête juridique nous demandant de restreindre ce contenu”.En France, les publicités pour l’alcool sont strictement encadrées, limitées à un contenu informatif, interdisant toute association avec la fête, la convivialité ou l’humour.Addictions France estime que les images postées par des influenceurs se mettant en scène avec des bouteilles ou logos bien visibles sont un moyen de détourner la loi.Elle avait déjà obtenu une victoire judiciaire fin 2023: la justice avait demandé à Meta de supprimer plusieurs publications et de donner les noms et prénoms des titulaires des comptes, ainsi que leurs adresses de courrier électroniques.La nouvelle décision lève notamment une “ambiguité” promue par les producteurs d’alcool, selon Addictions France.”Contrairement à ce que prétendent ces derniers dans leurs guides +d’autorégulation +, des posts de +chefs + (…) valorisant explicitement des marques d’alcool dans les recettes ou pour en accompagner la dégustation, ont été condamnés par le juge”, souligne l’organisation.A l’issue de la précédente décision, Meta avait supprimé les publications incriminées sans faire plus de commentaire.

L’UFC-Que Choisir estime que l’allocation scolaire augmente moins vite que le prix des fournitures

La présidente de l’UFC-Que Choisir a regretté mardi que la hausse de l’allocation de rentrée scolaire cette année ne compense pas l’augmentation des prix des fournitures, accusant la grande distribution d’avoir relevé ses tarifs.L’allocation distribuée à partir de mardi, comprise entre 423 et 462 euros selon l’âge de l’enfant et versée automatiquement en fonction des revenus des parents, a été revalorisée de 1,7% cette année, une hausse “en dessous du relevé de prix” sur les fournitures, qui “ont pris 2% entre 2024 et 2025″, a déclaré Marie-Amandine Stévenin sur RMC.”Cela fait perdre du pouvoir d’achat aux familles qui perçoivent cette aide”, a t-elle déploré.Elle a également pointé la date trop tardive, selon elle, de versement de l’allocation, qui intervient une dizaine de jours avant la rentrée, alors que “dans les rayons, le prix des fournitures scolaires a tendance à augmenter fin août et début septembre”, d’environ 10%. L’allocation de rentrée scolaire, qui concerne quelque trois millions de foyers modestes, profite à cinq millions d’enfants de 6 à 18 ans. Cette “aide indispensable” selon l’association Familles de France, vise à couvrir une partie des dépenses liées à la rentrée.La critique de l’UFC-Que Choisir intervient alors que Familles de France constatait plutôt lundi, dans son baromètre annuel, une baisse du coût moyen du panier de fournitures pour un élève entrant en sixième. Celui-ci s’élève à 211,10 euros en 2025, contre 223,46 euros en 2024, soit une baisse de 5,53%, selon l’association.Elle expliquait cette tendance par “un contexte économique plus stable : inflation contenue autour de 1%, baisse des coûts de l’énergie et du transport, détente sur les matières premières”. Elle y voyait “aussi une évolution des comportements d’achat : anticipation, comparaison, recherche de promotions et réduction du gaspillage”.

A Dijon, la seule ZAD urbaine de France en sursis

En plein cœur de Dijon, des squatteurs ont créé en 2010 le “Quartier libre des Lentillères”, où ils défendent une vie affranchie des logiques marchandes. Le ministère de l’Intérieur, lui, voit dans cette “seule ZAD urbaine de France” un foyer de “contestation”, que la mairie menace d’expulser.Non loin des riches hôtels particuliers du centre-ville historique, un îlot de végétation dense se laisse à peine découvrir.Dans cette jungle surprenante, un labyrinthe de sentiers mène à un habitat disparate : des cabanes à l’architecture hésitante; de vieux bâtiments squattés; des caravanes prises de moisissures. “Bienvenue au quartier libre des Lentillères”, annonce un panneau envahi de lierre.”On est une petite centaine”, évalue “Tristan” (prénom d’emprunt), 31 ans, qui y vit “depuis une dizaine d’années”. “Je n’avais pas de logement. Je me suis installé ici par nécessité, mais aussi par choix: je voulais participer à la lutte contre un projet destructeur”, dit-il à l’AFP.En mars 2010, des militants investissent ces anciennes terres maraîchères, où des riverains cultivent encore de petits lopins, pour empêcher un projet immobilier de 1.400 logements.Au fil des ans, le site de 8 hectares s’équipe pour vivre en autarcie: un four à pain, un potager, une “cantine à prix libre” et un “bar à caca” (des toilettes sèches).”Mais on ne revendique pas le statut de ZAD”, précise Tristan en référence aux “Zones à défendre” dont la plus célèbre fut montée par les opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. “On est un quartier autogéré”, préfère-t-il.”Et solidaire”, ajoute “Camille”, 32 ans, aux Lentillères depuis cinq ans: beaucoup d’occupants qui travaillent aident financièrement ceux dans le besoin. “De toute façon, on a besoin de très peu car on recycle, on mange nos propres légumes”, explique-t-elle. “C’est un modèle économique viable. On l’a prouvé”.”On vit tous ensemble: des familles, des exilés…”, ajoute-t-elle. “On accueille ici ceux qui ne rentrent pas dans les cases”, confirme Tristan. – Ultimatum -En novembre 2019, les occupants des Lentillères obtiennent l’abandon partiel du projet immobilier mais la mairie continue à réclamer leur “régularisation”.Il est vrai que l’existence de cette zone de non-droit en plein Dijon fait mauvaise figure pour le maire d’alors, François Rebsamen, un socialiste Macron-compatible qui cherche à devenir ministre (ce sera fait fin 2014 à l’Aménagement du territoire).Accentuant la pression, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, annonce en 2023 ne plus tolérer “aucune ZAD”. Selon lui, les Lentillères sont la “seule ZAD urbaine de France” et figurent parmi 42 sites susceptibles de “faire naître des contestations extrêmement violentes”.Dijon a “besoin de logements”, ajoute la socialiste Nathalie Koenders, devenue maire après la nomination de M. Rebsamen au gouvernement. “On a 1.000 demandes en attente”, dit-elle. Elle relance donc un projet immobilier, de 60 logements cette fois, sur 1,14 hectare de la ZAD.”On ne construira pas sur le reste”, promet-elle à l’AFP, à condition que les occupants “légalisent” leur situation, par exemple en créant une association qui signerait un bail avec la mairie. “Je tends la main. Mais je leur donne un ultimatum jusqu’à octobre. Sinon, ce sera l’expulsion”, avertit la maire.Mme Koenders dénonce en particulier des conditions de vie “déplorables”. Elle reconnaît ne jamais être entrée dans la ZAD mais en veut pour preuve un incendie survenu en janvier dernier.Selon le premier adjoint de la maire, Antoine Hoareau, qui s’était rendu sur place, le feu a révélé un “véritable bidonville”, “loin de la vision idyllique” véhiculée par les occupants.Les zadistes n’ont toujours pas arrêté leur réponse à la mairie, disant avoir “besoin de temps”, selon Tristan.Dans la quête d’une solution, il faudra de plus compter sur la centaine de riverains qui cultivent un petit jardin aux Lentillères et sont également contre sa “bétonisation”.”Non, je ne veux pas qu’ils construisent”, déclare à l’AFP Roland Garrot, 77 ans, repiquant des fraisiers dans son potager. “Je suis ici depuis 40 ans environ, avant le quartier libre. Depuis qu’ils se sont installés, je n’ai jamais eu de problème”.

Immersion avec Laura Smet dans la série policière “Surface”

Faire remonter la mémoire d’un village et revenir une flic à la vie: le roman policier “Surface” d’Olivier Norek est décliné en série à partir de jeudi sur france.tv et de lundi sur France 2, avec une touche fantastique et Laura Smet dans le rôle titre.Haletant et puissant, le polar dont sont tirés les six épisodes, est paru en 2019 (éd. Michel Lafon). Gros succès de librairie, il a pour personnage central la policière parisienne Noémie Chastain, grièvement blessée au visage après un tir en pleine tête.Sa hiérarchie la met au placard en l’envoyant dans l’Aveyron dans un village sans histoires. Mais les eaux du lac au fond duquel a été noyé le vieux village imaginaire d’Avalone font remonter à la surface un fût contenant le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans auparavant. La capitaine de police n’a d’autre choix que de s’atteler à l’enquête, qui sera aussi sa rédemption.C’est le premier polar d’Olivier Norek, 50 ans, à être adapté en série. Laura Smet joue Noémie, sombre et teigneuse, à la moitié du visage ravagée. Pas besoin de forcer le trait : “la faille est apparente”, soulignait l’actrice lors d’une conférence de presse en juin. Elle est entourée notamment de Théo Costa-Marini dans le rôle du collègue bousculé par son arrivée, et de Tomer Sisley dans celui du plongeur de la brigade fluviale, obstiné et sensible.L’équipe du commissariat local est particulièrement attachante, avec le trio Otis Ngoi, Quentin Laclotte Parmentier et Pauline Serieys. Les co-scénaristes Marie Deshaires et Catherine Touzet ont dû opérer des choix radicaux pour faire tenir l’intrigue en six fois 52 minutes, et captiver le téléspectateur. Olivier Norek, lui-même scénariste à ses heures (“Engrenages”, “Les Invisibles”…), convient qu’il n’aurait pu écrire lui-même cette adaptation: “Le job est de faire exploser le livre et d’en prendre toutes les parties pour reconstruire”.- Fantômes et cicatrices -“Ce qui m’intéresse, c’est de voir la vision de quelqu’un d’autre: de scénaristes, d’un réalisateur, d’acteurs et d’actrices”, confie l’écrivain dont le dernier roman paru en 2024, “Les Guerriers de l’hiver” (éd. Michel Lafon) sur la guerre entre la Finlande et l’URSS en 1939-40, sera porté sur grand écran. Dans “Surface”, le réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun, déjà aux manettes de la série “Vortex”, a ajouté une dimension hypnotique voire fantastique à la série. Les images sous-marines sont bluffantes. “C’était notre challenge: arriver à raconter cette histoire dans un décor englouti qui devait évoluer au fur et à mesure”, dit-il.La série a été tournée dans une piscine géante à Bruxelles, et entre les départements Tarn et Hérault, non loin de l’Aveyron qu’affectionne Olivier Norek. Même si le personnage de Noémie s’y immerge à reculons, le monde rural est dépeint sans caricature, comme dans le livre où Olivier Norek a voulu “ne pas donner l’impression que c’est la ville qui regarde la campagne”. Son roman, qui s’est vendu à 500.000 exemplaires en langue française, est paru en six langues. Une traduction anglaise est en cours de négociation, et le livre doit être republié le 21 août, le jour de la mise en ligne de la série.Norek, ancien policier lui-même et adepte d’une veine réaliste, s’est spécialement attaché à la reconstruction intime de l’enquêtrice. “Elle veut se cacher mais va devoir aller vers les gens, se révéler. C’est ce chemin-là, bien plus que l’intrigue de police, qui m’a intéressé”, dit-il.Un personnage avec lequel Laura Smet s’est mis au diapason: “Cette cicatrice, je la connais. Elle me parle”, dit-elle. “Noémie est quelqu’un d’extrêmement entier, qui a soif de justice. C’est une guerrière”, décrit l’actrice qui, à 41 ans, avoue avoir “l’impression d’avoir passé (s)a vie sur un ring”.La fille de Johnny Hallyday et Nathalie Baye est rompue aux transformations, depuis son premier rôle dans “Les Corps impatients” de Xavier Giannoli en 2003, où elle apparaissait la tête rasée. Elle assure qu’il a été “difficile” de “quitter” le personnage de Noémie.