AFP Top News

Brigitte Bardot, icône du 7e art et de la cause animale, est décédée

Star planétaire, incarnation mythique de la femme libre puis passionaria de la cause animale coutumière des sorties polémiques: Brigitte Bardot est décédée dimanche à l’âge de 91 ans, longtemps après avoir tiré un trait sur la célébrité et le monde du cinéma.L’actrice de “Et Dieu… créa la femme” et du “Mépris” est décédée à l’aube dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, aux côtés de son mari Bernard d’Ormale, selon Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de la fondation qu’elle avait créée.Il était 05H55. “Elle lui a dit tout doucement son petit mot d’amour qui est +piou piou+. Et c’était fini”, a-t-il relaté sur BFMTV.Sur place, quelques habitants sont venus lui rendre hommage, comme Julia Gangotena, 36 ans, qui a “couru” à la Madrague pour déposer quelques roses blanches, juste avant que les gendarmes ne barrent le chemin de terre.”Elle a tout le temps été là”, a confié, en larmes, Nathalie Dorobisze, une Tropézienne de 50 ans.C’est dans la matinée que la fondation Brigitte Bardot, dédiée à la cause animale, a annoncé le décès de celle qui a aussi été chanteuse, avec des tubes  comme “La Madrague”.- “Même quand ça dérange” -“Nous pleurons une légende du siècle”, a réagi le président Emmanuel Macron sur X.Sur le même réseau social, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national avec lequel Brigitte Bardot ne cachait pas sa proximité, a rendu salué une femme “incroyablement française: libre, indomptable, entière”.Ces dernières années, Brigitte Bardot, qui avait incarné la libération des moeurs dans la France d’avant mai 1968, se distinguait surtout par ses déclarations sur la politique, l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certaines lui ont valu des condamnations pour injure raciale.  “La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange”, proclamait-elle, bravache, en exergue d’un livre intitulé “Mon BBcédaire”, sorti début octobre. Avant de faire parler d’elle pour ses prises de position, celle qu’on surnommait par ses initiales B.B. fut rien de moins qu’un mythe.Celui d’une femme affranchie, des codes moraux, vestimentaires, amoureux et sexuels et… de ce qu’on attendait d’elle. Une femme qui n’avait “besoin de personne”, comme lui faisait chanter Serge Gainsbourg en 1967, connue à Cannes comme sur les plages brésiliennes.- Deux scènes de légende -Première personnalité à avoir prêté ses traits au buste de la Marianne républicaine, Brigitte Bardot fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse.B.B., Marilyn, “je suis sûr que leurs deux étoiles forment le plus beau duo du ciel”, a salué auprès de l’AFP Francis Huster, qui avait tourné avec Bardot en 1973.Marilyn était “une femme qui a été exploitée, que personne n’a compris, qui en est morte du reste”, se souvenait Bardot.Une erreur qu’elle ne reproduira pas en prenant la tangente à 39 ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées au panthéon du 7e art: un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez (“Et Dieu… créa la femme”, 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du “Mépris” (1963).Plus qu’une actrice, “c’était la France”, a salué le cinéaste Claude Lelouch sur BFMTV: “Je me rappelle très bien le général De Gaulle, que j’avais rencontré un jour, il m’avait dit : +La France, c’est moi et Brigitte Bardot+”.Rien ne prédestinait la jeune Brigitte à ce destin: née dans une famille bourgeoise parisienne en 1934, elle se passionne pour la danse et s’essaie au mannequinat. Elle épouse à tout juste 18 ans son premier amour, Roger Vadim, qui lui confie le rôle de Juliette dans “Et Dieu… créa la femme”, qui va bousculer l’ordre établi et lui coller l’étiquette de sex-symbol.  Face au succès du film, elle enchaîne les tournages, déchaîne les passions et se brûle aux feux de la rampe. En 1960, au faîte de sa gloire, elle accouche d’un garçon, Nicolas, son seul enfant, sous l’oeil inquisiteur de la presse. Se disant dénuée d’instinct maternel, l’actrice laisse son mari Jacques Charrier élever leur fils. Elle épousera ensuite le millionnaire allemand Gunter Sachs puis l’industriel Bernard d’Ormale, proche du Front national. – Bébés phoques -Elle devient alors une autre Bardot, figure de la cause animale. Le déclic a lieu sur le tournage de son dernier film, “L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise” (1973), face à une chèvre qu’elle achète et installe dans sa chambre d’hôtel.  Défense des éléphants, opposition aux abattages rituels, à la corrida ou à la consommation de viande de cheval… le combat ne fait que commencer.Elle se rend sur la banquise en 1977 pour alerter sur le sort des bébés phoques, une séquence ultra-médiatisée qui fera la Une de Paris Match et lui laissera des souvenirs amers.L’essentiel de sa deuxième vie se déroule à l’abri des regards, dans le sud, entre La Madrague et une deuxième résidence plus discrète, La Garrigue. Elle y recueille des animaux en perdition et gère la fondation à son nom, créée en 1986.  Dans une interview accordée en mai à BFMTV, elle confiait avoir envie “de la paix, de la nature” et vivre “comme une fermière”. Cet automne, elle avait été hospitalisée pour une intervention chirurgicale dont la nature n’avait pas été révélée. Evoquant la mort, elle avait prévenu vouloir éviter la présence “d’une foule de connards” à son enterrement. bur-jfg-jlo-mdv-may/jmo/clr

Dans la torpeur hivernale de Saint-Tropez, hommages simples et sincères à “BB”

Dans la torpeur de l’hiver, Saint-Tropez retrouve son calme et son authenticité, à l’image des hommages peu nombreux mais simples des habitants qui pleurent dimanche Brigitte Bardot, estimant que “son âme restera tropézienne, pour l’éternité”.Quand Julia Gangotena a su, elle a “couru” à La Madrague pour déposer quelques roses blanches au pied de son portail bleu. Juste avant que les gendarmes ne barrent le chemin de terre bordé de roseaux.”Son âme restera tropézienne, pour l’éternité”, confie cette habitante de 36 ans. Elle croisait régulièrement l’icône en fin de journée qui baladait ses chiens sur la plage. “C’est une femme qui a vécu autant avec une foule indénombrable que seule, extrêmement seule. Et elle est morte chez elle, et c’est la plus belle mort qu’on pouvait lui souhaiter. Oui, avec ses animaux autour”, ajoute-t-elle.Sur une barrière, quelques bouquets ont été accrochés avec des portraits en noir et blanc de BB. Ils sont peu nombreux tant ce petit port méditerranéen, qui est un haut-lieu de la jet-set internationale l’été, s’assoupit le reste de l’année. Roger Stehlin, lui, dépose un bouquet de mimosas. Ce qu’il retient ? “Le côté émancipateur de la femme, tout simplement”.Et ceux qui viennent ont tous une anecdote à partager sur la star planétaire, icône du 7e art, qui menait ici une vie discrète, loin aussi des sorties polémiques et politiques qui pouvaient la caractériser.Nathalie Dorobisze est “dévastée”. “Le monde de demain sans elle, c’est une page qui va se refermer et ça va être très difficile” car “elle a tout le temps été là. Tout le temps”, confie la quinquagénaire, tout de noir vêtue.”On la voyait souvent, je ne l’embêtais pas. J’étais un peu plus loin et en retrait, puis je la regardais passer et quand elle était de bonne humeur, elle nous envoyait des bisous”, ajoute-t-elle. En 1956, c’est le parfum de scandale du film “Et Dieu… créa la femme” de Roger Vadim, alors époux de Brigitte Bardot, qui propulse l’actrice et le village de pêcheurs à la Une des journaux. – “L’âme” de Saint-Tropez – Deux ans plus tard elle acquiert La Madrague, belle villa bordée par la plage qui devient rapidement aussi mythique et que sa propriétaire. Avec des admirateurs qui s’approchent beaucoup trop, même en bateau. Et quand Bardot renonce à son métier d’actrice pour se consacrer à la défense de la cause animale dans les années 1970, elle s’éloigne quelque temps du Saint-Tropez de la nuit, du luxe et de la fête. Mais elle revient vite à la quiétude de l’arrière-saison et elle fera bâtir une seconde maison cachée au sein de 10 hectares de verdure, La Garrigue, abritant des animaux et une chapelle privée.”Les Tropéziens garderont le souvenir d’une des leurs qui voici plus de 50 ans a décidé en pleine gloire internationale de s’établir définitivement à Saint-Tropez”, a réagi de son côté la municipalité pour qui elle “appartient désormais à la mémoire collective”.Simonetta Greggio, elle, a dû lui écrire une centaine de lettres sans jamais recevoir de réponse. Elle en a fait un livre: “Mes nuits sans Bardot”, publié en 2024 chez Albin Michel et qui a remporté le prix du livre de plage. Puis un jour, pour ses 90 ans, “je suis venue porter des fleurs avec les chiennes et on avait un grand bouquet de tournesol. Elle s’est arrêtée, et on le lui a donné. On lui a dit qu’on l’aimait, elle nous a dit qu’elle nous aimait aussi, elle nous a pris dans ses bras”, raconte-t-elle.Pour elle, “c’était une femme qui était née très bourge et qui avait passé son temps à avoir une vie extrêmement simple par rapport à l’argent qu’elle a gagné, à la médiatisation qu’elle a eue, la célébrité”.Dans le centre, en face de la célèbre gendarmerie nationale devenue aujourd’hui un musée et qui a elle aussi fait le succès cinématographique de Saint-Trop’, trône une BB nue et dorée dans un coquillage. Au pied de la statue, des fleurs et un chat en peluche.Pour Sabrina Sabatini, c’était une évidence de lui rendre hommage car “elle a été toujours en avance, surtout sur la protection animale. A l’époque, tout le monde se moquait d’elle. Alors que maintenant, c’est vraiment un sujet”.

Brigitte Bardot, la passionaria des animaux

En 1973, Brigitte Bardot, décédée dimanche, faisait une croix sur le cinéma et son statut d’icône mondiale pour se consacrer entièrement au combat de sa vie, la cause animale.”Ma première partie de vie fut comme le brouillon de mon existence”, la deuxième a apporté “les réponses aux questions que je me posais jusque-là”, affirmait l’ancienne actrice, alors âgée de 83 ans, dans son livre testament “Larmes de combat” en 2018.”Tout est parti d’une conviction que j’avais: l’humanité n’est pas au centre du monde, l’animal n’est pas esclave de l’homme, l’asservir et le maltraiter nous rend inhumains”, expliquait B.B.Sa disparition a déclenché une salve d’hommages parmi les défenseurs de la cause animale. Brigitte Bardot était “un ange pour les animaux”, a salué l’association Peta. Pour la SPA, elle a “ouvert la voie à des combats qui restent plus que jamais d’actualité”. “Ton départ laisse un vide immense. Soyons nombreuses et nombreux à reprendre le flambeau”, a de son côté réagi le journaliste Hugo Clément, connu pour son engagement en faveur des animaux. La première bataille de la star remonte à 1962. Au sommet de sa gloire, elle est sensibilisée aux conditions d’abattage du bétail par son premier mari Roger Vadim, puis par Jean-Paul Steiger, fondateur du club des Jeunes amis des animaux. Au début des années 1960, ce dernier s’était introduit dans un abattoir pour prendre des photos.”Ces clichés m’ont horrifiée. Je devais faire quelque chose”, raconte Brigitte Bardot. Elle dénonce à la télévision les égorgements d’animaux conscients, “des traitements dignes du Moyen- Age”, et rencontre le ministre de l’Intérieur, Roger Frey, sans que rien ne change.En 1977, avec sa spectaculaire arrivée sur la banquise pour sauver les bébés phoques et sa photo avec un nouveau-né, un “blanchon”, en Une de Paris Match, elle affiche sa nouvelle image. “J’ai tout appris de mon +sacerdoce+ de défenseur des animaux avec cette bataille”, confiait-elle.A partir de là, toutes les bêtes (visons, chiens, chats, civettes, éléphants, baleines, tourterelles, pigeons, ours, ânes, chevaux, loups) ont trouvé leur porte-parole. – “Ridiculisée” -C’est aussi à cette époque qu’elle partage sa vie avec un autre défenseur des animaux: le journaliste Allain Bougrain-Dubourg, connu pour ses émissions animalières dans les années 1980. De 1989 à 1992, elle présente sur TF1 son émission “SOS animaux”, qui enregistrait un taux exceptionnel d’écoute malgré l’heure tardive. “Ce côté pionnier m’a coûté cher. On m’a ridiculisée, on m’a méprisée pour cela”, estimait-elle dans son livre.S’appuyant sur son image et sa popularité, elle crée en 1986 sa Fondation, pour laquelle elle a tout donné, “son nom, son temps et ses revenus”. La Fondation Brigitte Bardot démarre dans “une petite chambre d’ami de La Madrague”, sa propriété de Saint-Tropez, avec les moyens du bord, avant de déménager à Paris. Elle mène une lutte tenace contre la chasse à courre, la vivisection, les pièges à mâchoires, la corrida, les delphinariums…Protectrice ombrageuse des animaux, Brigitte Bardot était aussi une habile stratège. Dénonciations à la télévision, communiqués de presse, manifestations, participation à des conférences internationales, interpellations de politiques, lettres aux chefs d’État, invectives, injures…. Tout était bon pour mener son combat.En avril 2023, elle invectivait sur Twitter Emmanuel Macron, le “président des chasseurs”, qui l’avait reçue à l’Élysée en 2018. – “Beauté sans artifice” -“Cinq ans après, oui je vous engueule Emmanuel Macron car je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français (qui vous le rendent bien il est vrai)”, lâchait-elle dans une lettre ouverte, lui reprochant de ne pas assez faire pour la condition animale. Avant cela, la militante avait demandé à François Mitterrand la création d’un “Secrétariat d’État à la cause animale”. Elle avait aussi plaidé auprès de Nicolas Sarkozy et François Hollande.L’ex-actrice, devenue végétarienne, avait fait de l’hippophagie “une de (ses) dernières batailles” et espérait “voir l’abolition “avant (sa) mort” de la consommation de cheval.Opposée à l’abattage traditionnel de moutons liés à la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir, Brigitte Bardot s’en est aussi pris aux musulmans, ce qui lui a valu des condamnations pour incitation à la haine raciale.Dans “Mon BBcédaire”, livre paru en septembre 2025 et entièrement rédigé de sa main, Bardot s’élevait encore contre l’élevage “qui conduit (les animaux) à l’abattoir”, les zoos, ou les laboratoires, “lieux de douleurs infinies”.Sous le mot “Beauté”, elle écrivait que “seuls les animaux en sont porteurs sans artifice”.

Brigitte Bardot, portrait d’une affranchie

Plus qu’une actrice, Brigitte Bardot a été une star planétaire incarnant la liberté sexuelle dans les années 1960 avant de s’inventer une autre vie où elle s’est illustrée par un combat, la défense des animaux, et des positions réactionnaires.Connue mondialement, elle a façonné la légende de Saint-Tropez, de Buzios au Brésil, a imposé un style vestimentaire fait de ballerines, d’imprimés vichy et de marinières et popularisé l’image d’une femme libre “qui n’a besoin de personne”.”Je suis très fière de ma première partie d’existence que j’ai réussie et qui me permet maintenant d’avoir une notoriété mondiale qui m’aide beaucoup pour la protection animale”, racontait la star à l’AFP en 2024, à l’occasion de ses 90 ans.En rupture avec sa famille bourgeoise, celle qui va bientôt être connue par ses seules initiales (B.B.) perce au cinéma dès l’âge de 18 ans, après une formation de danseuse et du mannequinat. En 1956, elle a 22 ans et crève l’écran dans un film réalisé pour elle par Roger Vadim, son mari: “Et Dieu… créa la femme”.Pieds nus et cheveux dénoués, elle y danse un mambo fiévreux sur une table alors que sa longue jupe s’ouvre jusqu’à la taille. Le film fait scandale, est d’abord mal accueilli en France, mais devient un phénomène aux États-Unis. Un mythe est né. L’actrice, que les jeunes filles de l’époque rêvent d’imiter, va contribuer à la libération sexuelle dans une société encore très corsetée. Et devient la cible des ligues de vertus.Même Simone de Beauvoir est subjuguée. “Elle va pieds nus, elle tourne le dos aux toilettes élégantes, aux bijoux, aux parfums, au maquillage, à tous ses artifices. (…) Elle fait ce qui lui plaît et c’est cela qui est troublant”, écrit l’icône féministe.- Paparazzée -Poursuivie par des hordes de photographes, Bardot perd toute vie privée (le titre d’un de ses films) même lors de son accouchement en 1960. “L’hystérie autour de moi, c’était de la folie. La chambre d’accouchement installée dans ma maison, les photographes derrière les fenêtres, ceux qui se déguisaient en médecins pour me surprendre”, racontait-elle des années après. “J’ai associé la naissance de mon fils à ce traumatisme”, confiait-elle, revenant sur sa relation qui ne s’est développée que tardivement avec son fils unique, Nicolas, élevé par son père, l’acteur Jacques Charrier.Des maris, l’icône en aura quatre: Roger Vadim, Jacques Charrier, le millionnaire de la jet-set Gunter Sachs et l’industriel Bernard d’Ormale, compagnon des derniers jours. Ainsi que des aventures, dont une avec Serge Gainsbourg qui donnera naissance à un des titres les plus sulfureux de la chanson française: “Je t’aime moi non plus”.Elle affiche dans la vie la même liberté que son personnage dans “Et Dieu…”: “une fille de son temps, qui s’est affranchie de tout sentiment de culpabilité, de tout tabou imposé par la société”, disait d’elle Roger Vadim.Un détachement qu’elle incarne à l’écran dans “Le Mépris” (1963) de Jean-Luc Godard, où, sous le soleil de Capri, face à Michel Piccoli, elle prononce, nue, la réplique devenue culte: “Tu les trouves jolies, mes fesses? Et mes seins, tu les aimes?”. – A l’abri des regards -Usée par la gloire, à la fois “formidable et invivable”, l’actrice née le 28 septembre 1934 met brutalement fin à sa carrière en 1973 pour se consacrer aux animaux.Sa deuxième vie se déroule dans le sud de la France entre sa propriété de “La Madrague” à Saint-Tropez, tranquille village de pêcheurs qu’elle a contribué à transformer en haut lieu de la jet-set, et l’arrière-pays dans une deuxième résidence à l’abri des regards, La Garrigue. “La Garrigue c’est mon bureau, la Madrague c’est ma détente”, résumait-elle.Dans la discrétion, Bardot y recueille des animaux en perdition et y gère sa Fondation, créée en 1986. Avec pour combat: la défense des bébés phoques, l’abolition de l’abattage rituel, la fermeture des abattoirs de chevaux ou encore la défense des éléphants d’Afrique.En vieillissant, l’effrontée du XXe siècle a épousé les thèses d’extrême droite et revendiqué sa proximité avec Marine Le Pen, patronne du parti Front national (devenu RN), qu’elle soutient publiquement lors de la présidentielle de 2012, la qualifiant de “Jeanne d’Arc du XXIe siècle”.Des déclarations sur l’homosexualité, les musulmans et l’immigration lui ont valu plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale, brouillant durablement son image. 

La fin d’un mythe: Brigitte Bardot est décédée

Star planétaire, icône féminine du cinéma puis pasionaria de la cause animale coutumière des sorties polémiques : Brigitte Bardot est décédée à l’âge de 91 ans, longtemps après avoir tiré un trait sur la célébrité et le monde du 7e art.”La Fondation Brigitte Bardot annonce avec une immense tristesse, le décès de sa fondatrice et présidente, Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui a choisi d’abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux et à sa Fondation”, indique-t-elle dans un communiqué transmis à l’AFP. L’actrice de “Et Dieu… créa la femme” et du “Mépris” est décédée dimanche matin dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a précisé la fondation à l’AFP.Hospitalisée courant octobre à Toulon (Var) pour une opération chirurgicale dont la nature n’avait pas été précisée, elle était rentrée se reposer chez elle à Saint-Tropez. Après des informations de presse faisant état d’une nouvelle hospitalisation fin novembre, elle avait tenu à rassurer sur son état de santé. Et invité “tout le monde à se calmer”.Celle que l’on surnommait par ses initiales, B.B., avait tourné le dos au monde du cinéma il y a plus de cinquante ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées dans la légende: un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez (“Et Dieu… créa la femme”, 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du “Mépris” (1963).Mondialement connue, elle a façonné la légende de Saint-Tropez et de Buzios au Brésil, a imposé un style vestimentaire composé de ballerines, de marinières et d’imprimés vichy et popularisé l’image d’une femme libre “qui n’a besoin de personne”, comme elle l’a chanté pour Serge Gainsbourg.Elle fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, poursuivie par les paparazzi.- “Même quand ça dérange” -Après un dernier film en 1973, elle avait quitté les plateaux pour attirer la lumière sur le combat de sa vie, celui de la défense des animaux, en créant notamment la fondation Brigitte Bardot en 1986.Ces dernières années, l’ancienne actrice se distinguait surtout pour ses prises de positions politiques et ses propos acerbes sur l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certains lui ont valu des condamnations pour injure raciale. “La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange”, proclamait-elle en exergue d’un livre intitulé “Mon BBcédaire”, écrit de sa main et sorti début octobre chez Fayard.Elle y jugeait aussi que la France était “devenue terne, triste, soumise, malade, abîmée, ravagée, ordinaire, vulgaire…”. La droite est le “seul remède urgentissime à l’agonie de la France”, ajoutait celle qui a revendiqué sa proximité avec les idées de Marine Le Pen (Rassemblement national, RN).Ces dernières années, Brigitte Bardot vivait dans le sud de la France, entre La Madrague et une seconde maison cachée dans la verdure, La Garrigue, abritant des animaux et une chapelle privée.Dans une interview accordée en mai à BFMTV, elle confiait avoir envie “de la paix, de la nature”.”Maintenant je vis comme une fermière avec mes moutons, mes chèvres, mes cochons, mon petit âne et ma ponette, tous mes chiens, mes chats”, déclarait l’ancienne idole planétaire.

Nouvel an: opération “gare aux pétards” pour les adolescents alsaciens

Le policier affiche au tableau la photo d’une main à laquelle il manque une phalange. “Qu’est-ce qui a pu se passer?”, demande-t-il à une trentaine de collégiens réunis pour évoquer les dangers des pétards, une plaie en Alsace à chaque Nouvel an.Quelques doigts se lèvent dans cette classe du collège Vauban de Strasbourg, avec la réponse: cette main a été mutilée par un pétard, car il n’a pas été lancé à temps. L’occasion de rappeler qu’on “ne tient jamais son pétard en main, on le laisse à terre”. Ce lundi de décembre, le policier Christophe Christmann intervient devant plusieurs classes de sixième. Objectif: sensibiliser les jeunes du Bas-Rhin avant la nuit de la Saint-Sylvestre, où pétards et fusées exploseront en ville comme en campagne.Les pétards du Nouvel an sont dans ce département une tradition bien installée, comme dans l’Allemagne voisine. Ces artifices, bien plus accessibles outre-Rhin, attirent chaque année les amateurs français, bien qu’il soit interdit de les importer dans l’Hexagone.”On a intercepté un gros envoi d’articles pyrotechniques commandés en Allemagne. On est très vigilants” vis-à-vis de plateformes comme FedEx et Amazon, a indiqué début décembre le préfet du Bas-Rhin, Amaury de Saint-Quentin.A la veille de Noël, les douanes ont dit constater en Alsace une nette augmentation des importations illégales d’engins pyrotechniques, 80% des colis saisis provenant de Pologne.C’est bien en France que Naël, Strasbourgeois de 11 ans, se fournit. L’élève dit être un aficionado depuis l’âge de six ans: “J’en fais péter avec des copains plus âgés, des oncles, mes grands-parents…”, énumère-t-il. “J’ai toujours fait attention”, insiste-t-il, montrant des mains encore intactes. – Catégories -“L’idée, c’est qu’ils comprennent ce qu’ils risquent au niveau des dégâts, des blessures et de la loi”, explique à l’AFP Christophe Christmann.Organisées depuis cinq ans, les interventions de la police devant les élèves, d’abord pour les classes de 4e, concernent désormais les 6e, car “il y a déjà dans les collèges un usage avéré des pétards”, détaille-t-il.Pour Tia, 12 ans, les pétards du Nouvel an sont source d’anxiété. “Le 31, je m’enferme chez moi”, confie-t-elle. La présentation a fait son effet: les images lui ont fait peur et appris que les brûlures n’étaient pas le seul risque. Autre nouvel acquis pour la plupart des élèves: les quatre catégories d’explosifs, classés selon leur quantité de poudre. Seuls les plus petits, de catégorie 1, sont autorisés aux mineurs à partir de 12 ans. Les jeunes utilisent cependant couramment les catégories 2 et 3. Celles-ci seront d’ailleurs bientôt interdites pour tous – comme la catégorie 4 -, avertit le général Gwendal Durand, chef de la gendarmerie du Bas-Rhin.- “Langage de jeunes” -Cette année, les gendarmes ont innové en matière de prévention: ils se sont appuyés sur les travaux de 20 lycéens de seconde, venus en stage dans leurs rangs en juin. “On leur a demandé (…) de sensibiliser avec un langage de jeunes qui parlent aux jeunes”, raconte le général.Les élèves ont conçu des visuels imprimés sur 80.000 sachets pour médicaments ou baguette de pain. On y lit: “Un pétard éclaté, tout peut déraper” ou “Faire que les pétards n’explosent pas les fêtards”. Ils ont également monté deux vidéos destinées aux réseaux sociaux. L’une reprend les codes de la série “Bref”. “C’était une tendance en juin. Comme ça, quand on la voit passer dans notre feed, ça va plus nous pousser à regarder”, explique Emma, lycéenne à Strasbourg. “On est plutôt fières du résultat”, se félicite Clara, en classe de seconde à Illkirch. Tia compte aussi faire de la prévention auprès de ses aînés, mais sans illusion: “ils ne m’écouteront pas”, redoute-t-elle.Le 31 décembre au soir, les moins de 16 ans seront par ailleurs sous le coup d’un couvre-feu de 21 heures à 6 heures à Strasbourg et six communes limitrophes de proche banlieue.L’an dernier, six blessés avaient été déplorés la nuit du Nouvel an en Alsace, dont une fillette de deux ans, touchée accidentellement par le tir d’une fusée.Le dernier accident mortel dans le Bas-Rhin remonte à 2020, lorsqu’un mortier avait tué un homme de 27 ans, mort la tête arrachée à Haguenau.

Du charbon à la biomasse, la lente et laborieuse mue de la centrale de Gardanne

Après des années de soubresauts, l’imposante cheminée de 297 mètres, la plus haute de France, de la Centrale thermique de Provence s’est récemment remise à fumer. Un signe d’espoir pour l’entreprise obligée de tourner définitivement la page du charbon au profit de la biomasse.Un procédé qui, en brûlant du bois pour produire de l’énergie, suscite toutefois les critiques d’associations environnementales, inquiètes que les forêts locales ne soient dévorées sous couvert de production “d’électricité renouvelable”. “La seule centrale de charbon entièrement reconvertie en biomasse en Europe, c’est nous!”, se félicite auprès de l’AFP Camille Jaffrelo, chargée de communication de GazelEnergie, filiale du groupe EPH de l’homme d’affaire tchèque Daniel Kretinsky, propriétaire depuis 2019 du site.”Passer du charbon à la biomasse n’a pas été évident. S’y ajoute la crise énergétique. Il nous a fallu presque 10 ans de tâtonnement pour nous lancer enfin”, poursuit-elle.Car le redémarrage fin 2025 de la centrale, passée d’une capacité charbon de 600 MW à une tranche biomasse de 150 MW de production, de quoi alimenter quelque 125.000 foyers, soit deux fois la ville voisine d’Aix-en-Provence, intervient après des années de turbulences.Promesse de campagne du candidat Macron, les quatre dernières centrales thermiques françaises alimentées au charbon, énergie fossile considérée comme une menace majeure pour le climat, devaient fermer d’ici 2022. Cette annonce, même si elle était attendue, avait constitué un choc pour la centrale de Gardanne, créée en 1953 et pourvoyeuse de centaines d’emplois locaux directs et indirects, notamment pour cette ville de 21.000 habitants déjà traumatisée par la fermeture des mines de lignite en 2003.Dès le rachat de l’usine, GazelEnergie avait lancé une importante restructuration avec 98 suppressions de postes sur 180.Un important conflit social s’était alors déclenché, plongeant la centrale en arrêt prolongé jusqu’en 2022. Les pertes accumulées sont estimées à 650 millions, selon sa direction. – “Entreprise subventionnée” -En parallèle, une longue bataille juridique avait été entamée en 2013 par plusieurs associations, dont France Nature Environnement (FNE) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), contestant l’arrêté d’exploitation de la centrale qui menacerait les forêts, “dilapiderait l’argent public” et aux rendements “désastreux”.Forcée par le Conseil d’Etat en 2023 à prendre en compte les effets de l’approvisionnement en bois sur les massifs forestiers locaux, l’entreprise a dû revoir son plan d’approvisionnement.Celui-ci prévoit désormais l’utilisation de 450.000 tonnes de bois par an dont: 60.000 tonnes de “bois de fin de vie” ou “déchet” (meubles, palettes…), 150.000 tonnes de bois étranger (Espagne, Italie mais aussi Brésil, même si l’entreprise assure vouloir l’arrêter “début 2026” pour des raisons d’image) et surtout 240.000 tonnes de bois local dans un rayon de 240 kilomètres (Paca, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes).Ces “prélèvements” dans les forêts locales “participent à la sylviculture qui permet de se prémunir des incendies”, avance Gilles Martinez, responsable de l’approvisionnement en bois de la centrale. Et d’assurer: “on ne va pas en forêt chercher du bois mais on attend qu’il sorte, sachant qu’on est en bout de chaîne après la construction et l’industrie pour le récupérer”.Une enquête publique couvrant 324 communes et 16 départements a suivi au printemps 2025, avant l’arrêté préfectoral du 20 novembre validant ce plan mais assorti de prescriptions complémentaires. Parmi celles-ci figure notamment l’exclusion des prélèvements en zones Natura 2000, afin de protéger ces espaces sensibles, ou encore une limitation des prélèvements d’eau et rejets dans le Canal de Provence.”Ces restrictions ne vont pas assez loin” car elles n’empêchent pas les prélèvements en zone Natura 2000 dans d’autres pays européens, regrette Aurélien Nicolle Romieu, chargé de mission climat-énergie à la FNE Paca.Les associations et certains acteurs du secteur estiment également “très avantageux” pour GazelEnergie le renouvellement fin 2024 du contrat de rachat de l’énergie par l’État: 800 millions d’euros sur 8 ans pour produire annuellement 4.000 heures.”Un scandale” pour FNE qui s’insurge “d’une entreprise subventionnée par l’argent public, sans transparence” du contrat. Et Aurélien Nicolle Romieu de cingler: “si la centrale fonctionne à plein régime, le prix de rachat par l’Etat du mégawattheure serait deux fois plus cher que pour l’éolien!”.