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Enquête administrative ouverte après le suicide d’une lycéenne en Seine-et Marne

Une enquête administrative a été ouverte après le suicide d’une lycéenne de 17 ans en Seine-et-Marne, cible selon sa famille de harcèlement scolaire depuis décembre, pour “clarifier les faits” et “prendre les mesures nécessaires”, a déclaré vendredi le ministre de l’Education nationale.”J’ai demandé, hier (jeudi), à l’inspection générale, de procéder à une enquête administrative, indépendamment de l’enquête pénale, pour clarifier les faits, quels qu’ils soient”, a déclaré Edouard Geffray lors d’un déplacement à Givors (Rhône), évoquant un “drame humain atroce”. “On est sur une situation manifestement complexe, sur un acte désespéré (…) Le procureur fait une enquête pénale, et c’est dans ce cadre-là évidemment que la vérité sera établie. Nous, on va faire une enquête administrative pour savoir ce qui, administrativement, s’est passé”, a précisé le ministre à la presse.”Tirer des conséquences hâtives, sans savoir ce qui s’est exactement passé, ce serait irresponsable (…) Les inspecteurs généraux seront sur site, probablement dès lundi, peut-être même qu’ils y sont d’ailleurs dès cet après-midi. Et quand on saura, on prendra les mesures nécessaires”, a-t-il ajouté.L’enquête a été confiée “à l’inspection générale de l’éducation nationale, du sport et de la recherche”, a précisé le ministère.Le parquet de Meaux a annoncé l’ouverture de deux enquêtes – l’une pour déterminer les causes de la mort et l’autre sur la question du harcèlement scolaire – après le suicide de Camélia, élève de 17 ans du lycée Balzac de Mitry-Mory. L’adolescente, qui a été mortellement percutée par un train RER mardi et qui était selon sa famille victime de harcèlement scolaire depuis décembre, s’est “volontairement donné la mort”, a indiqué le procureur de la République de Meaux.L’académie de Créteil avait déclaré jeudi qu’elle n’allait pas ouvrir d’enquête administrative “à ce stade” car il n’y avait, selon elle, pas d’éléments suggérant qu’il y ait eu un dysfonctionnement dans le système d’alerte harcèlement.

Tentative de féminicide à Blois en 2022: “J’ai vrillé”, dit l’ex-compagnon de la victime

L’ex-compagnon de Chloé P., victime d’une violente agression en 2022 dont elle garde de profondes séquelles, a déclaré vendredi avoir “vrillé”, devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, où il est jugé pour tentative de meurtre sur son ex-compagne.”J’ai vrillé (…) C’est comme si ma force avait été décuplée”, a déclaré Marvin Joli, 30 ans, crâne rasé et en jogging, au deuxième jour de son procès.Durant plus d’une heure, il a décrit de manière confuse et détachée la relation qu’il a partagée pendant quatre mois avec Chloé P., rencontrée sur internet en août 2022, minimisant les violences et menaces décrites par les proches de la jeune femme.Il est aussi revenu sur la journée du 13 décembre 2022, au cours de laquelle la victime s’est présentée au commissariat de Blois pour porter plainte contre lui, avant d’être invitée à revenir le lendemain.Deux heures plus tard, elle est retrouvée laissée pour morte dans les parties communes de son immeuble.Le jour des faits, alors que Chloé P. avait rompu avec lui, l’accusé a expliqué être revenu à Blois pour récupérer la jeune femme, qui était tombée enceinte au cours de leur relation et qui avait avorté avant l’agression.”Elle m’a dit avoir décidé d’interrompre la grossesse. J’ai été pris pour un con, j’étais triste et en colère”, a-t-il dit, agité, depuis le box.Marvin Joli a alors raconté ces “dix secondes top chrono”, où tout a basculé, alors qu’elle s’apprêtait à sortir pour appeler à l’aide.”Je l’ai attrapée par les épaules, tirée vers l’intérieur de l’immeuble, puis j’ai porté deux à trois coups de pied dans la tête”, a décrit l’accusé, qui risque la perpétuité, indiquant ne pas avoir imaginé “que c’était aussi grave”.Il a nié avoir voulu la tuer.Sur le banc, Chloé P., entourée de ses parents, n’a pas montré de réaction. La veille, elle avait momentanément quitté la salle en découvrant les images de son visage tuméfié par les violences.Les séquelles de le jeune femme, qui a notamment passé deux mois dans le coma, sont nombreuses. Outre la perte de son oeil droit, les séquelles neurologiques sont irréversibles. Jeudi à la barre, la mère de la victime a détaillé la perte des “souvenirs”, du “goût”, de “l’odorat” dont souffre désormais sa fille.Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal, un chiffre en hausse sur un an selon les données 2024 de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).Le verdict est attendu vendredi soir.

Dans les Landes, le ballet des abatteuses pour éradiquer le ver tueur de pins

“Il faut éradiquer cette +saloperie+ et la seule solution est de tout couper avant le printemps”: dans la forêt des Landes, de puissantes machines, qui abattent et débitent les pins comme des brindilles, ont engagé une course contre-la-montre contre le nématode du pin.Ce petit ver translucide de moins d’un millimètre a été détecté pour la première fois en France, cet automne, à Seignosse, près de l’océan Atlantique.Classé “organisme de quarantaine prioritaire” par la législation européenne, le “Bursaphelenchus xylophilus” est “une menace sanitaire majeure” pour les résineux, selon les autorités.Pour empêcher sa propagation, un arrêté a défini mi-novembre une “zone infestée” de 500 mètres autour des conifères contaminés et, au-delà, une zone tampon de 20 kilomètres, soit 36.000 hectares de forêts, parcs et jardins, publics et privés.D’ici au 15 février, les sylviculteurs doivent abattre les conifères des 40 hectares boisés de la “zone infestée”, constitués à 98% de pins maritimes, soit 10 à 12.000 mètres cubes (m3) de bois.”Hier, j’ai fait 381 arbres, soit 332 m3″, comptabilise Julien Queyron, aux manettes d’une abatteuse dont les griffes font craquer les pins débités en rondins.En fonction de leur diamètre, ils seront valorisés en bois d’œuvre (menuiserie et construction) et d’industrie (panneaux, papier et carton), à la condition d’être chauffés à 56 degrés minimum pendant 30 minutes pour éliminer tout risque ou bien brûlés pour le chauffage.- “Patient zéro” -Il faut aller vite, avant que le vecteur du nématode “ne se réveille”, souligne Stéphane Viéban, directeur général de la coopérative Alliance Forêts Bois, la plus grande du pays.Car le parasite ne se déplace pas seul: il dépend du “Monochamus galloprovincialis”, un petit coléoptère naturellement présent dans les forêts landaises.En hiver, les nématodes migrent vers ce longicorne, alors à l’état de nymphe et logé dans la partie tendre du bois. Et quand le Monochamus adulte s’envole au printemps pour aller se nourrir de jeunes rameaux à la cime des pins, les petits vers profitent du voyage et colonisent l’endroit par milliers, provoquant le dépérissement des arbres en bloquant la circulation de la sève.Originaire d’Amérique du Nord, où il cohabite avec les pins locaux sans nuisance, le nématode est apparu au Japon au début du XXe siècle, gagnant ensuite une partie de l’Asie.Puis il est arrivé en Europe en 1999, au Portugal, où quatre millions d’arbres ont dû être abattus, avant de toucher l’Espagne: depuis des années, les sylviculteurs du Sud-Ouest redoutaient qu’il franchisse les Pyrénées.C’est chose faite dans les Landes, où le “patient zéro” aurait été trouvé selon Stéphane Viéban, aucun nouveau cas n’ayant été signalé dans un rayon de trois kilomètres. “C’est très bon signe.””Les premiers résultats sont rassurants”, a confirmé la préfecture jeudi. En dehors de la parcelle initialement détectée, où 17 arbres contaminés ont été abattus et broyés mi-décembre, 880 prélèvements se sont avérés négatifs au sein et autour de la zone infestée.- “Préjudice” -Dépréciation de 30% du prix du bois, traitement thermique des arbres abattus… Un classement de toute la France en zone infestée, si le nématode se répandait, serait une “catastrophe”, pointe la filière.Des pins du massif des Landes de Gascogne, qui couvre plus d’un million d’hectares dans les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne, dépend l’essentiel de l’industrie sylvicole locale.Pour le maire de Seignosse, Pierre Pecastaings, l’abattage de ces emblèmes du paysage est aussi vécu par les habitants comme un “préjudice moral, environnemental et patrimonial”. “C’est lourd à encaisser même si l’enjeu, l’existence du massif, nous dépasse”, souligne l’élu.La dizaine de propriétaires concernés doivent avancer les frais de coupe et de transport du bois avant d’être remboursés par l’État. Deux ont contesté l’opération en cours devant la justice administrative.”Nous avons engagé une course contre-la-montre (…) et nous ne devons pas baisser la garde”, prévient le préfet de région, Étienne Guyot, appelant “à la mobilisation et au sens des responsabilités”.D’ici au 31 mars, les arbres morts devront également être retirés de la zone tampon. Soit “plus de 100.000 arbres”, estime Stéphane Viéban: un travail “colossal”.

“Livrés à nous-mêmes”: d’anciens “otages” dénoncent l’abandon de la France

Après les souffrances de la détention, l’abandon: d’anciens “otages” ayant passé des mois, voire des années en prison ou en captivité à l’étranger, décrivent un retour douloureux, livrés à eux-mêmes, et réclament un accompagnement plus fort de l’Etat français.”Le retour, c’est une double peine. Il n’y a pas d’aide, pas d’accompagnement, rien. Il faut juste serrer les dents”, explique l’un d’eux, Benjamin Brière, emprisonné en Iran de 2020 à 2023, en décrivant l’isolement social, la précarité financière et l’errance administrative qui ont suivi sa libération.”La seule chose à laquelle j’ai eu droit, comme je faisais moins de 50 kilos en rentrant et que j’étais en fauteuil roulant, c’est une place à l’hôpital militaire de Bégin (à Paris, ndlr)”, affirme cet ancien voyageur de 40 ans, arrêté alors qu’il sillonnait l’Iran à bord de son van.En l’absence d’un statut juridique spécifique, quelque 80 anciens “otages” et leurs proches réunis au sein de l’association SOS otages ont adressé jeudi une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour demander l’instauration de “droits clairs” et “opposables”.Parmi les signataires, on trouve aussi le journaliste et ancien otage en Syrie Nicolas Hénin, l’humanitaire Claire Dubois, ex-otage au Soudan, ou encore Pierre Legrand, enlevé sur un site minier français au Niger en 2010.- Première nuit sur un canapé -A leur retour, le ministère des Affaires étrangères leur délivre une attestation établissant ce qu’ils ont vécu, avec des “conséquences déterminantes” sur la reconnaissance du préjudice subi, disent-ils.Certains se voient qualifiés d'”otage” ou de “victimes d’enlèvement”, sans qu’ils ne sachent jamais sur quels critères. Benjamin Brière est considéré comme “détenu arbitraire”.D’autres, comme Camilo Castro, professeur de yoga libéré en novembre après cinq mois de détention au Venezuela, sont qualifiés de simples “détenus”. Comme “un vulgaire criminel”, dénoncent ses proches.Le Venezuela l’accusait d’entrée illégale sur le territoire, selon les autorités françaises, qui avaient jugé cette accusation “sans fondement”.”Il a été emprisonné sans motif, dans des conditions totalement illégales. Certes la France l’a fait libérer, et c’est très important, mais la façon dont la France qualifie sa détention est tout aussi arbitraire que sa détention”, fustige son beau-père, Yves Guibert.La qualification de détention arbitraire est “une reconnaissance par l’État d’une situation exceptionnelle” qui est “strictement encadrée et réservée à un nombre très limité de situations”, a expliqué le ministère à l’AFP.Après avoir été accueilli à l’aéroport par le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, “une fois les caméras parties, on s’est trouvés complètement livrés à nous-mêmes”, raconte M. Guibert. Aucun bilan médical effectué, aucune prise en charge financière. Camilo Castro a dormi “sur le canapé d’un cousin” le soir-même.”Nous avons dû contacter et payer nous-mêmes un pneumologue, puisque Camilo a des problèmes de poumon, et nous devons payer un avocat pour essayer d’obtenir une indemnisation”, dit son beau-père.Le ministère des Affaires étrangères assure qu’une “attention particulière est portée à la situation des personnes après leur retour en France, notamment sur les plans médical, psychologique et social”, citant notamment les dispositifs portés par la Direction interministérielle d’aide aux victimes (Diav) pour “faciliter leur accompagnement et l’ouverture de certains droits, lorsque la situation le justifie”.- “Case” -Suivi psychologique, emploi, logement, droits à la retraite… Le retour s’apparente pour beaucoup à un véritable “parcours du combattant”, notamment face au monde parfois kafkaïen des administrations.Dans son livre “Azadi” publié en octobre, Benjamin Brière racontait le dialogue absurde avec une employée des impôts lui demandant pourquoi il n’avait rien déclaré pendant quatre ans: – “Parce que j’étais en prison”. – “Oui, mais même en prison, on peut le faire”.- “Pas depuis l’Iran”.”Il fallait qu’elle me mette dans une case et pour un cas comme le mien, rien n’est prévu”, écrit-il.”Tout est violent” au retour, ajoute-il aujourd’hui: “Il faut se refaire une place dans sa famille, se refaire une place avec ses potes, se refaire une place au sein de la société…”.Depuis Genève, où il tente de faire reconnaître son statut de victime auprès du Groupe d’experts de l’ONU sur les détentions arbitraires, Camilo Castro se dit “épuisé”. “Je passe mes journées à raconter la torture, celle que j’ai vue, entendue (sur les autres détenus, ndlr), et la torture psychologique à laquelle j’ai été soumis”, explique-t-il, au bord des larmes: “Tout ça est complètement surréaliste. C’est pas ma vie. Ma vie, c’est de donner des cours de yoga”.

Au lycée, les téléphones dans des mallettes pour mieux se concentrer

“Au début, c’était compliqué, parce que je suis addict à mon téléphone”, admet Lina, 18 ans. Dans son lycée du Val-d’Oise, les portables sont déposés dans une mallette pendant les cours et “ça m’a aidée à me concentrer”, reconnaît l’élève de terminale. “Mes notes ont augmenté”, poursuit la lycéenne aux cheveux retenus par un bandeau, qui prépare un bac professionnel Agora (Assistance à la gestion des organisations) au lycée de Montsoult (Val d’Oise). “Avant, je tournais autour des 8, 9, 10. Maintenant, je suis plus autour des 14” de moyenne.Dans ce lycée professionnel, qui accueille 600 élèves, souvent en difficulté voire en décrochage scolaire et socialement défavorisés, l’interdiction du téléphone en cours, inscrite dans le règlement intérieur, peinait à être respectée.L’équipe pédagogique a décidé l’an dernier de faire déposer le portable dans une boîte en classe, une expérimentation pérennisée cette année grâce à une aide de la région dans le cadre d’un dispositif “Zéro portable en cours”. Il a permis de financer des mallettes pour chaque salle de classe. Les élèves peuvent récupérer leur téléphone après le cours et l’utiliser dans le reste de l’établissement.”J’ai géré beaucoup moins d’incidents de portables” et “ça a été accepté dans l’ensemble, à partir du moment où la règle a été collective”, constate la proviseure, Françoise Rossi.- “climat apaisé” -14H15, début du cours d’espagnol, 24 élèves de terminale entrent dans la classe et s’installent. Leur professeure passe entre les tables avec une mallette souple noire, qui comporte un emplacement numéroté par élève pour ranger son téléphone. Chacun y glisse le sien, le cours commence. L’enseignante Christine Antunes distribue des dictionnaires papier aux élèves, dont l’utilisation est peu familière à certains, “à force d’utiliser le téléphone portable notamment”, glisse-t-elle.Pour elle, la collecte des portables a “apaisé le climat scolaire” car “beaucoup d’altercations étaient dues à l’utilisation des téléphones”. “C’était des élèves qui essayaient de tricher”” ou “qui ont filmé parfois ce qui se passait en classe”. “Il y avait toujours la petite main qui était dans le sac pour essayer de regarder un contenu, de taper un message…”. Aujourd’hui, “on voit que les élèves sont beaucoup plus concentrés”, observe-t-elle. Un constat partagé par Lina et ses camarades. “Il n’est plus dans ma poche, déjà. Je n’ai plus cette habitude de penser à mon téléphone”, explique Wiâm, 18 ans, qui reconnaît passer “beaucoup d’heures” sur TikTok, Spnapchat, Instagram ou Youtube.- 12 heures par jour -Lina avoue aussi être “tout le temps sur son téléphone” sauf en cours, et passer “11 heures facile” voire 12 par jour sur son écran, surtout sur les réseaux sociaux. Maintenant, en cours, “elle est plus concentrée sur le tableau” que sur l’appareil.A côté d’elle, Nisa, 18 ans, adepte de TikTok et Snapchat, trouve “difficile de laisser” son téléphone, sur lequel elle est constamment “quand elle ne dort pas”. Mais depuis elle a appris à “gérer”, explique la jeune fille aux yeux maquillés de noir.Quant à une interdiction généralisée du téléphone au lycée, à laquelle le gouvernement travaille, “ce serait très compliqué”, estime Wiâm. Lina, elle, pense que “les gens ne vont pas le respecter du tout”.La proviseure est aussi dubitative. “Ça demande une autre gestion si on veut l’interdire sur l’ensemble de l’établissement”, estime-t-elle. “Il faut gérer les flux d’entrée et de sortie des élèves”, et “est-ce que, dans ce cas-là, il ne faut pas basculer sur des casiers nominatifs d’élèves?”, se demande-t-elle. Mais “600 casiers d’élèves, je ne sais même pas comment je l’organise dans l’espace…”.Christine Antunes craint, elle, que cela renforce l’absentéisme, déjà élevé dans ce lycée. L’important est de “continuer le travail d’éducation et de prévention”, car “le problème, c’est que quand ils rentrent chez eux, ils reprennent leurs habitudes”, souligne-t-elle.

A Arques, la verrerie qui était “le poumon de la ville”

“C’était tout, Arc. La ville vivait avec la cristallerie”, résume Frédéric Specque, salarié depuis 1989. Depuis deux siècles, la petite commune d’Arques (Pas-de-Calais), 10.000 habitants, a été façonnée par sa verrerie-cristallerie, qui occupe le coeur de la ville.Grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, en difficulté chronique depuis deux décennies, Arc France a été placé en redressement judiciaire début janvier, ravivant la crainte de nouvelles suppressions d’emplois.À quelques centaines de mètres des fours, l’ancien château de la famille Durand, qui a fait l’âge d’or d’Arc au XXe siècle, trône toujours. Timothée Durand, 49 ans, fils et petit-fils de dirigeants de l’entreprise, est sur les rangs pour la reprendre.”Depuis 200 ans, la ville s’est construite autour de l’usine. Beaucoup de maisons ouvrières ont été bâties à proximité”, raconte Tanguy Tartar, 53 ans, syndicaliste Unsa, entré chez Arc en 1994 après son père. “Nos employeurs donnaient même une prime de rapprochement quand on voulait se rapprocher du site”, se souvient-il.Longtemps premier employeur privé du département, Arc ne compte plus que 3.500 salariés aujourd’hui, contre près de 12.000 au début des années 2000.- “On signait pour la vie” -“Postuler chez Arc, c’était une évidence pour ceux qui n’avaient pas fait de longues études. C’était la boîte qui embauchait, avec une vraie sécurité de l’emploi”, se rappelle Frédéric Specque, délégué CGT.”Tout le monde vivait avec la cristallerie. Il y avait des bus qui passaient dans tous les villages, à chaque prise de poste, matin, après-midi, nuit, pour récupérer les travailleurs”, raconte l’ouvrier, qui dit n’avoir connu aucun mouvement social d’ampleur.”Il y avait tous les métiers ici: cuisiniers pour le restaurant intégré, jardiniers, menuisiers, ingénieurs, ouvriers”, poursuit-il.”On vivait en autarcie”, selon Régis Boulanger, aujourd’hui retraité après 43 ans à l’usine. Entré comme cariste, sorti responsable d’exploitation, il compare Arc à “la fonction publique: on signait pour la vie”. “C’était le poumon de la ville”.Illustration d’un paternalisme industriel, le patron Jacques Durand avait même acheté un camping à Saint-Cécile”, sur la côte, raconte Tanguy Tartar. “Pour les salariés, c’était quasiment gratuit. En contrepartie, quand l’usine avait besoin d’eux, ils étaient juste à côté”.Fondée en 1825, l’entreprise est devenue un empire industriel familial qui a conquis le monde, avant de connaître ses premières difficultés au début des années 2000. Implanté au bord d’un canal facilitant son approvisionnement en sable, le site d’Arques tourne 24 heures sur 24.”C’est un pilier économique en termes d’emplois, d’attractivité et de rayonnement international” qui a permis “l’essor du territoire”, souligne le maire socialiste de la commune, Benoît Roussel. “Chaque famille a au moins un membre qui a travaillé ou travaille encore chez Arc”, ajoute-t-il.- “Phare” -L’entreprise a aussi façonné le paysage urbain. “À Arques, on compte 33 équipements sportifs, ce qui n’est pas anodin pour une commune de cette taille”, observe le maire.Didier Barras, mécanicien mouliste de 57 ans, entré chez Arc en 1989, se souvient d'”une ville dans la ville”. “C’était une fourmilière. On se disait qu’on irait jusqu’à la retraite”.Aujourd’hui, “ce qu’on vit est une catastrophe économique”, estime-t-il. “Le carnet de commandes s’est effrité. Le coût de l’énergie nous a fait très mal. Avec le pouvoir d’achat en berne, les gens achètent moins: la vaisselle n’est pas une priorité”.Derrière lui, il pointe l’ancienne usine 1, en friche depuis une quinzaine d’années, et les anciens bâtiments administratifs abandonnés. “C’est un désert”, lâche-t-il.”Si Arc disparaissait demain, je n’ose pas l’imaginer. Ce serait comme la fermeture des mines ou des aciéries: on deviendrait une zone sinistrée”, redoute M. Specque.Arc, dont dépend aussi plusieurs centaines d’emplois de sous-traitants, demeure l’un des principaux employeurs industriels de la région. Mais “l’agglomération dépend un peu moins d’Arc” qu’autrefois, estime Laurent Denis, président socialiste de la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso).Après les premières difficultés du groupe, les collectivités ont cherché à diversifier le bassin d’emploi, avec l’arrivée notamment de la brasserie Goudale ou d’Alphaglass (bouteilles en verre), explique M. Denis.”L’entreprise tousse, mais elle tient”, veut croire le maire d’Arques, qui a récemment tenu à faire rénover le rond-point Jacques Durand et sa sculpture en cristal. “C’est un phare”.

Myanmar tells ICJ Rohingya genocide claims ‘unsubstantiated’

Myanmar on Friday dismissed as “unsubstantiated” allegations that it committed genocide against its Rohingya minority, telling the International Court of Justice that its brutal crackdown was a “counter-terrorism operation.”Myanmar is defending itself at the United Nations top court from accusations brought by The Gambia that its actions against the Rohingya breached the 1948 UN Genocide …

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Grève des médecins : le gouvernement propose une série de mesures

Le gouvernement a dévoilé vendredi une série de propositions visant à renouer le dialogue avec les médecins libéraux, au terme d’une grève de dix jours de la profession, actant notamment l’abandon d’objectifs obligatoires de réduction des prescriptions décidés par l’Assurance maladie.Dans un communiqué, le ministère de la Santé précise ainsi que le gouvernement s’engage à porter, dans le cadre du débat parlementaire, “un amendement de suppression de la mesure faisant évoluer la procédure de Mise sous objectifs (MSO) du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, actuellement examiné par le Parlement”.Cette mesure, contestée par les syndicats de médecins libéraux qui avaient appelé à une grève entre le 5 et le 15 janvier, figure dans ce projet de loi que le Sénat a adopté en décembre, et qui doit maintenant être examiné par l’Assemblée.Dans le même temps, “une mission d’accompagnement sera lancée pour réaliser un diagnostic sur cette procédure et identifier des voies d’amélioration, notamment en termes de transparence”, indique le communiqué.Il ne s’agit pas d’un recul mais d'”une écoute des médecins qui considèrent, et on peut le comprendre, qu’ils se sentent stigmatisés quand on met une mesure de telle sorte dans un projet de loi de lutte contre la fraude”, a expliqué la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur France inter vendredi matin.Autre annonce du ministère de la Santé, la “suppression des mesures permettant des baisses unilatérales de tarifs” adoptées dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (articles 77 et 78), “à travers le prochain vecteur législatif qui le permettra”.Ces articles, qui permettent aux autorités sanitaires de fixer de manière unilatérale des tarifs médicaux en l’absence d’accord avec les syndicats représentatifs, figurent également parmi les principales raisons de la grève des médecins. L’article 78 avait été adopté sur la base d’un amendement parlementaire, et non d’une proposition gouvernementale.Le ministère de la Santé évoque également la mise en place effective d’un guichet d’aide et d’information à l’installation des médecins, adopté dans le budget de la Sécu 2023 mais jamais concrétisé.Avec ces annonces, “mon objectif est de recréer une confiance et un travail avec les médecins” pour “que nous puissions améliorer ce travail commun au bénéfice de nos concitoyens”, a poursuivi Stéphanie Rist, tout en insistant sur le fait qu’il n’était “pas question de revenir sur la maîtrise de nos dépenses”.

Venezuela’s Machado says she ‘presented’ Trump with Nobel medal

Venezuelan opposition leader Maria Corina Machado said Thursday she “presented” her Nobel Peace Prize medal to Donald Trump, in a bid to win over the US president who had sidelined her since overthrowing Nicolas Maduro.Her “wonderful gesture of mutual respect,” as Trump called it Thursday, comes after the Republican said the award should have gone …

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