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La Corse en vigilance orange aux orages

La Corse est placée en vigilance orange aux orages pour jeudi soir, un épisode “bref” mais qui pourrait s’accompagner de “très fortes rafales de vent”, prévient Météo France.A ce stade, la vigilance court de 18H00 à 22H00.”Le système orageux présent en Méditerranée se dirige et balaye la Corse en début de soirée. Ainsi, au passage des orages, de fortes rafales de vent pouvant atteindre 100 à 130 km/h sont possibles préférentiellement sur la façade ouest de l’île”, détaille le prévisionniste dans son bulletin qui prévoit de la grêle.Cette alerte s’accompagne d’une vigilance “vagues dangereuses” sur la côte orientale de la Haute-Corse jusqu’à vendredi 06H00 au moins. Un phénomène de vagues dangereuses est également attendu sur les plages de l’ouest du Cap Corse de vendredi 06H00 à samedi 00H00 au moins.Le reste du pays est repassé en vert ou en vigilance jaune après des alertes orange successives aux orages sur la France depuis mercredi.

Deux adolescentes meurent percutées par un train dans un tunnel près de Bordeaux

Deux adolescentes, dont les parents avaient signalé la disparition dans la nuit, ont été percutées mortellement par un train jeudi matin dans un tunnel à Lormont, près de Bordeaux.”Les circonstances, y compris l’heure du décès, restent à déterminer, et ce d’autant qu’aucun conducteur de train n’a signalé à ce stade cette percussion, qui n’a pas nécessairement été frontale”, précise le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, dans un communiqué. Les deux jeunes filles, âgées de 14 ans et 15 ans, ont pu être happées par un train dans le tunnel sans que le conducteur ne s’en aperçoive, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier, pour qui l’absence de signalement par le personnel SNCF étaye cette hypothèse accidentelle.La SNCF a pour sa part indiqué à l’AFP qu’elle “ne s’exprimera(it) pas”.Les deux victimes étaient des collégiennes de 3e, scolarisées dans un établissement de la commune, a indiqué le maire de Lormont Jean Touzeau, ému en conférence de presse. Selon le procureur, les parents des deux jeunes filles, “demeurant pour l’une à Lormont et l’autre à Bordeaux”, ont signalé leur disparition au commissariat de Bordeaux dans la nuit de mercredi à jeudi.”Ce matin, aux environs de 05H30, le père de l’une d’elles a découvert le corps sans vie de sa fille et de son amie, sur les voies de chemin de fer situées dans un tunnel à Lormont. Il s’était rendu sur les lieux après avoir reçu de la part d’une amie de sa fille une photo prise par celle-ci à l’entrée du tunnel hier après-midi”, poursuit M. Gaudeul dans son communiqué. – “Limites de l’action publique” -Insistant à plusieur reprises sur “un drame affreux” , le maire de Lormont n’a pas donné d’éléments sur les circonstances de l’accident et a préféré renvoyer vers l’enquête ouverte jeudi matin par le parquet de Bordeaux “aux fins de recherche des causes de la mort”, confiée au commissariat de police de Bordeaux.Sur place, l’entrée du tunnel est protégée par un vaste portail en métal, toujours scellé par une chaîne, a constaté l’AFP. Selon des voisins, des personnes pouvaient le contourner la nuit, en crapahutant dans les arbres et les talus de végétations.Le maire Jean Touzeau a toutefois reconnu les “limites de l’action publique” face aux “volontés d’aller sur des lignes”. “Les tunnels sont aménagés, sécurisés le plus possible0”, “mais les enfants qui veulent arrivent toujours à trouver une solution pour franchir les obstacles”, a-t-il regretté.La circulation des trains a été interrompue sur la voie pendant la matinée, le temps des investigations notamment menées par la police technique et scientifique. Une cellule d’écoute psychologique pour les familles des deux jeunes filles a été mise en place immédiatement jeudi matin, dans des locaux mis à disposition par la mairie de Lormont. Un “accompagnement” des élèves du collège où étaient scolarisées les victimes est aussi prévu pour “surmonter ce drame”, a précisé le maire.mca-pll-myr-gf-tsq/cas/gf/hdz

Deux adolescentes percutées mortellement par un train près de Bordeaux

Deux adolescentes, dont les parents avaient signalé la disparition dans la nuit, ont été percutées mortellement par un train jeudi matin dans un tunnel à Lormont, près de Bordeaux.”Les circonstances, y compris l’heure du décès, restent à déterminer, et ce d’autant qu’aucun conducteur de train n’a signalé à ce stade cette percussion, qui n’a pas nécessairement été frontale”, précise le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, dans un communiqué. Les deux jeunes filles, âgées de 14 ans et 15 ans, ont pu être happées par un train dans le tunnel sans que le conducteur ne s’en aperçoive, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier, pour qui l’absence de signalement par le personnel SNCF étaye cette hypothèse accidentelle.La SNCF a pour sa part indiqué à l’AFP qu’elle “ne s’exprimera(it) pas”.Selon le magistrat, les parents des deux jeunes filles, “demeurant pour l’une à Lormont et l’autre à Bordeaux” ont signalé leur disparition au commissariat de Bordeaux dans la nuit de mercredi à jeudi.”Ce matin, aux environs de cinq heures et demi, le père de l’une d’elles a découvert le corps sans vie de sa fille et de son amie, sur les voies de chemin de fer situées dans un tunnel à Lormont. Il s’était rendu sur les lieux après avoir reçu de la part d’une amie de sa fille une photo prise par celle-ci à l’entrée du tunnel hier après-midi”, poursuit M. Gaudeul dans son communiqué. – Cellule d’écoute -Une enquête aux fins de recherche des causes de la mort a été ouverte immédiatement et confiée au commissariat de police de Bordeaux, indique-t-il encore. Plusieurs véhicules des forces de l’ordre, dont un de la police technique et scientifique, sont restés sur place toute la matinée, près du pont d’Aquitaine qui enjambe la Garonne entre Bordeaux et Lormont, a constaté l’AFP.Ils ont quitté la zone, délimitée par un ruban “police nationale”, à la mi-journée, tout comme deux fourgonnettes des pompes funèbres qui étaient stationnées devant le tunnel.La circulation des trains a été interrompue sur cette voie le temps de leurs investigations.Une cellule d’écoute psychologique “au profit des familles des deux jeunes filles a été mise en place immédiatement”, dans des locaux mis à disposition par la mairie de Lormont, selon le parquet.Le maire de Lormont, commune limitrophe de Bordeaux, doit tenir une conférence de presse à 15h30.mca-pll-myr-gf/sla    

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“Un ouragan”: les pêcheurs de crustacés britanniques victimes d’une invasion de poulpes

Lorsque le pêcheur Brian Tapper a contrôlé ses 1.200 casiers à crabes dans les eaux au large du sud-ouest de l’Angleterre, il a eu une série de mauvaises surprises. Le réchauffement des océans est montré du doigt. En mars et avril, les casiers étaient presque entièrement vides. A partir de mai, ils étaient remplis de poulpes, puis le mois dernier ils sont à nouveau revenus quasiment vides.  Le phénomène est observé le long de la côte du Devon et du sud des Cornouailles au Royaume-Uni, où une prolifération de poulpes, sans précédent dans les eaux britanniques, bouleverse le secteur de la pêche. Ces mollusques à tentacules sont notoirement voraces, engloutissant des crustacés comme les crabes et les coquillages.L’épouse de Brian Tapper a déjà fermé son usine de transformation de crabes sur le quai en raison de la diminution des prises. Et lui doute de parvenir à maintenir son activité à flot. “C’est comme un véritable ouragan pour nous”, dit Brian Tapper à l’AFP sur le port de Plymouth, où ses trois bateaux de pêche au crabe sont à l’arrêt. Cet homme de 53 ans estime que sa prise a diminué de moitié. Sans une reprise, elle va baisser des quatre cinquièmes d’ici fin 2025, s’inquiète-t-il. Un réchauffement de la mer depuis un an et demi dans la région et au-delà est tenu pour responsable de la prolifération des poulpes, qui affectionnent les eaux chaudes.Les experts du climat soulignent que les activités humaines, comme la combustion des énergies fossiles qui libère du carbone, joue un rôle essentiel dans la hausse de la température des océans. “Je pêche ici depuis 39 ans et je n’ai jamais vu des poulpes comme ça”, déplore Brian Tapper. “Je n’ai jamais vu un changement instantané comme celui-ci. C’est si rapide (…). Le crabe ne reviendra pas avant que j’arrête de travailler”, craint-il.- Du poulpe au menu –  Les pêcheurs britanniques ont ramassé plus de 1.200 tonnes de poulpe au cours des six premiers mois de 2025. Sur la même période en 2023, c’était moins de 150 tonnes, et moins de 80 tonnes sur les six premiers mois de 2024, selon la Marine Management Organisation, une agence gouvernementale.La pêche de crustacés, comme le tourteau, a elle considérablement diminué en 2025.Les poulpes “mangent nos espèces indigènes à un rythme que personne ne peut imaginer. C’est effrayant”, déclare Sue MacKenzie, qui travaille pour l’entreprise locale Passionate About Fish.Des pêcheurs ont bénéficié d’un certain répit en vendant des poulpes. Des restaurants ont adapté leur carte en proposant du poulpe, faute de crustacés.Mais cela n’a pas duré, le nombre des poulpes ayant chuté en juillet.”Nous sommes vraiment préoccupés par l’impact sur les stocks de crustacés dans le sud-ouest”, affirme Beshlie Pool, responsable de l’association des pêcheurs de coquillages dans le South Devon et la Manche, qui représente plus de 50 bateaux.Chris Kelly, qui pêche “un peu de tout” avec son bateau de 7 mètres, en utilisant des casiers, des filets et des lignes, fait partie de ceux qui ont obtenu de bons prix en vendant des poulpes.”Mais nous ne capturons pas de homards, et à long terme, on se demande ce que ça va impliquer pour les stocks”, souligne-t-il. Des responsables locaux et nationaux ont commandé une étude sur la situation. Un premier rapport doit être publié en octobre.Selon Bryce Stewart, chercheur de l’Université de Plymouth qui dirige cette étude, les précédentes proliférations de poulpes au Royaume-Uni, en 1899, dans les années 30 et en 1950, ont toutes été précédées d’un réchauffement de la mer. Il soupçonne que les poulpes se reproduisent dans les eaux locales et y survivent pendant l’hiver.Les poulpes à longs bras de l’Atlantique, aussi bien mâles que femelles, qui vivent généralement environ 18 mois, meurent généralement peu de temps après s’être reproduits. Cela pourrait expliquer leur disparition soudaine.Bryce Stewart est souvent interrogé pour savoir si les pieuvres vont désormais rester dans les eaux du sud-ouest. Sa réponse? “Probablement”. 

Bayrou poursuit sa campagne au Medef, mais le RN et la gauche considèrent “la page tournée”

François Bayrou poursuit sa campagne jeudi devant le Medef pour remporter le vote de confiance du 8 septembre à l’Assemblée mais sa démarche paraît vouée à l’échec tant les oppositions, invitées à le rencontrer la semaine prochaine, considèrent que “la page est tournée”.Le Premier ministre interviendra à 14H30 devant la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) à Roland-Garros avec un slogan qui résonne avec l’actualité : “Jeu décisif”.M. Bayrou, qui a présenté le 15 juillet les grandes lignes d’un effort budgétaire de 44 milliards d’euros en 2026, s’attirant la désapprobation des oppositions avec des idées comme la suppression de deux jours fériés, a surpris tout le monde lundi en annonçant qu’il se soumettrait à un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre.Le décret convoquant le Parlement en session extraordinaire a été publié au Journal Officiel jeudi, avec un ordre du jour en un seul point : “une déclaration de politique générale”, en application de l’article 49, alinéa premier de la Constitution.Les oppositions ayant annoncé qu’elles voteraient contre, M. Bayrou a annoncé mercredi qu’il recevrait les responsables de partis à partir de lundi, répétant qu’il était prêt à “ouvrir toutes les négociations nécessaires” à la “condition préalable” d’un accord sur “l’importance de l’effort” à consentir.Mais cette tentative de négociation semble perdue d’avance, d’autant que le chef de gouvernement n’a pas arrangé ses relations avec les leaders de l’opposition en affirmant qu’ils étaient en “vacances” cet été alors que ceux-ci soulignent qu’il n’a jamais cherché à les joindre.Si François Bayrou jugeait mercredi que “douze jours (le délai d’ici le 8 septembre), c’est très long pour parler”, les oppositions entendent mettre cette période à profit pour préparer les différents scénarios possibles de l’après.”Le retour aux urnes, par la dissolution ou la démission, demeure l’unique solution pour sortir de l’impasse politique”, a répété mercredi soir le président du RN Jordan Bardella.S’il se rendra bien avec Marine Le Pen à Matignon, le RN considère que la page Bayrou “est tournée”, selon son vice-président Sébastien Chenu.- “Alternative” – A gauche, sans surprise, LFI n’ira pas à Matignon, son coordinateur Manuel Bompard “n’ayant nullement l’intention de participer à l’opération de sauvetage” de François Bayrou. Les Écologistes pourraient aussi boycotter cet appel, Marine Tondelier “ne voyant pas bien l’intérêt” de rencontrer un Premier ministre “qui n’est plus là que pour quelques jours”.Les dirigeants socialistes n’ont pas encore donné leur réponse au Premier ministre qualifié de “démissionnaire” par Olivier Faure. Le PS, hostile à de nouvelles élections, va ouvrir son université d’été jeudi après-midi à Blois et entend démontrer qu’il peut incarner une “alternative”. “Nous sommes la solution”, assure jeudi sur X le premier secrétaire du PS qui s’exprimera vendredi devant ses troupes.Mais à supposer qu’Emmanuel Macron appelle une personnalité de gauche à Matignon, la question reste entière sur la manière dont celle-ci pourrait gouverner sans accord avec le bloc central, faute de majorité à l’Assemblée.Assurant partager la gravité de la situation sur le niveau de la dette, mis en avant par François Bayrou pour justifier le vote de confiance, le PS doit présenter son contre-budget samedi basé sur la recherche de recettes supplémentaires, avec un effort demandé aux plus aisés.Une idée rejetée catégoriquement par le patron du Medef Patrick Martin. Il estime que, “quelle qu’en soit la forme, un retour de l’ISF (impôt sur la fortune) serait ravageur pour notre économie”.Le ministre de l’Économie Eric Lombard lui a assuré que “l’ISF est complètement écarté” et s’est dit “convaincu qu’on aura dans les délais un budget pour 2026”.Malgré toutes ces incertitudes, auxquelles les marchés et particulièrement la Bourse ont assez nettement réagi cette semaine, M. Lombard a assuré “ne pas croire à la crise financière” en France.M. Martin, qui accuse les politiques “d’être dans un monde parallèle et de ne pas voir ce qui se passe sur la planète sur le plan économique”, aura l’occasion de les interpeller directement jeudi après-midi. La table ronde de clôture de l’université d’été du patronat réunira en effet une grande partie des chefs de partis pour un débat sur l’avenir économique du pays. 

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Algérie: incendie éteint près de Blida

Un important incendie qui avait touché une forêt près de Blida, au sud-ouest d’Alger, et rendu nécessaire l’évacuation d’une quarantaine de familles, a été éteint, a annoncé jeudi la Protection civile.”L’incendie de Chréa est totalement maîtrisé après son extinction” mercredi soir, a indiqué la Protection civile dans un communiqué, en précisant avoir déployé des hélicoptères “pour soutenir les équipes terrestres et refroidir des zones difficiles d’accès”.”Par mesure de précaution, 36 familles ont été évacuées et aucun blessé n’a été signalé”, a déclaré aux médias le gouverneur de la province de Blida, à 60 km au sud-ouest d’Alger, Ibrahim Ouchen. Une flottille de huit bombardiers d’eau avait été mobilisée pour éteindre les flammes.Par ailleurs, la Protection civile a indiqué qu’elle tentait d’éteindre cinq incendies encore en cours sur un total de 35 recensés ces derniers jours, notamment dans le centre et le nord-est, particulièrement autour de Bejaïa, Tizi Ouzou, Jijel et Sétif.Ces régions ont été le théâtre d’incendies parmi les plus meurtriers des dernières années avec 34 décès en 2023 et 37 en 2022.Mais le bilan le plus lourd avait été enregistré en 2021 avec plus de 90 morts. Les incendies sont fréquents en été dans le nord de l’Algérie où se concentrent les massifs forestiers, mais ces dernières années, ils se sont intensifiés à cause de périodes de sécheresse et fortes chaleurs liées au réchauffement climatique.Les autorités n’ont pas communiqué les superficies détruites ces derniers jours. Mais selon la Direction générale des forêts, “les zones touchées ont considérablement diminué” au cours de l’été 2025 par rapport aux années précédentes. Entre début mai et la mi-août, les incendies ont détruit 1.789 hectares dont environ 630 de forêts, 150 d’arbres fruitiers, le reste étant des zones de broussailles, avait déclaré le directeur des forêts, Djamel Touahria, le 16 août.

En Algérie, le journaliste français emprisonné “combatif” mais “isolé”, selon ses parents

Le journaliste sportif français Christophe Gleizes, emprisonné à Tizi Ouzou en Algérie, garde “le moral” mais “se sent coupé du monde”, confient à l’AFP ses parents qui ont pu le voir lors de deux visites au parloir en août.En pleines tensions entre Paris et Alger, ils tentent de rester confiants avant un procès en appel attendu à l’automne après une condamnation à sept ans de prison prononcée le 29 juin pour des contacts avec des dirigeants du foot kabyle. Seul journaliste français actuellement détenu à l’étranger, il a été condamné pour “apologie du terrorisme” et “possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national”, des griefs “totalement absurdes” selon ses parents.      Question – Comment va votre fils, collaborateur des magazines “So Foot” et “Society”, après près de deux mois de détention ?Réponse de Sylvie Godard, sa mère – “On s’est rendu en Algérie du 11 au 22 août et le 12 août, on a pu le voir une première fois dans un parloir d’une demi-heure. On est dans une salle avec des vitres (et) on a un combiné téléphonique pour parler, chacun de notre côté. Le premier choc, c’est l’apparence physique, je ne l’avais jamais vu le crâne rasé. Mais il allait bien, il était en bonne condition physique, il faisait énormément de sport pour se vider la tête. On n’avait qu’une demi-heure, donc on a fait très très vite pour lui donner tous les messages de la famille, des amis, des amis journalistes et de tout le comité de mobilisation (lancé par Reporters sans Frontières, NDLR)”. Réponse de Francis Godard, son beau-père – “Ça l’a rasséréné parce qu’il pensait qu’il était un peu oublié dans sa prison (…) il ne sait rien de ce qui se passe en France”. Sylvie Godard – “C’était une grande victoire pour nous de le revoir une deuxième fois (le 21 août) (…) Il nous a exprimé qu’il avait de très bonnes relations avec le personnel pénitentiaire, très affable avec lui, et il s’entend très bien avec son codétenu. Par contre, même s’il a le moral, même s’il est combatif, il se sent totalement coupé du monde, isolé”.Q – Quand peut-il espérer quitter l’Algérie où il est bloqué depuis mai 2024 ?  Sylvie Godard – “On espère connaître une date de procès (en appel) vers fin septembre. Il pourrait se dérouler, on espère, en octobre. (…) Nous ne savons pas si nous-mêmes pourrons y assister, parce que nous ne savons pas si nous aurons nos visas. Et surtout, nous espérons fortement que son avocat français, Maître Emmanuel Daoud, pourra avoir un visa. Il travaille avec son avocat algérien, Me Amirouche Bakouri. Le frère de Christophe voulait aller lui rendre visite cette semaine, et il n’a pas eu de visa”.Francis Godard – “Les deux griefs qui lui sont reprochés sont totalement absurdes (…) On ne peut pas interpréter autrement l’exagération invraisemblable de ces griefs si on ne comprend pas qu’il est une sorte de victime collatérale des mauvaises relations entre la France et l’Algérie actuellement”. Q – Etes-vous inquiets du nouveau durcissement des relations depuis qu’Emmanuel Macron a demandé début août “plus de fermeté” à l’égard de l’Algérie ? Francis Godard – “On ne peut pas se réjouir de la position actuelle du président de la République”.Sylvie Godard – “On veut que Christophe ne soit pas un fusible. (…) On ne veut pas qu’on se serve du cas de Christophe pour régler des questions politiques dans lesquelles Christophe n’a rien à voir”. Francis Godard – “On ne peut pas associer en permanence le cas de Christophe et celui de Boualem Sansal (écrivain franco-algérien condamné à cinq ans de prison ferme notamment pour “atteinte à l’unité nationale”, NDLR). Tous les deux méritent à l’évidence d’être libérés mais ces deux dossiers n’ont strictement rien à voir l’un avec l’autre”. 

Fin du “Lokal” où un streamer est mort en direct près de Nice

Owen Cenazandotti, alias Naruto, a annoncé sur ses réseaux sociaux la fin du “Lokal”, déjà banni de la plateforme australienne Kick après la mort en direct du streamer Raphaël Graven, alias Jean Pormanove.”C’est avec une grande émotion que nous vous annonçons la fin de l’aventure du Lokal. Le Lokal s’en va avec JP, mais il ne disparaîtra jamais vraiment”, écrit M. Cenazandotti dans un message publié après les obsèques de Raphaël Graven mercredi.Agé de 46 ans, le streamer est décédé près de Nice le 18 août lors d’une diffusion en direct sur Kick, après plus de 12 jours de direct le montrant, ainsi qu’un autre homme, violenté et humilié par M. Cenazandotti et Safine Hamadi. Les enregistrements se déroulaient principalement dans un local à Contes, près de Nice, où était enregistrée la société “leLokal” de M. Cenazandotti.Les deux jeunes hommes, que Raphaël Graven qualifiait de “petits frères”, étaient présents à la cérémonie d’obsèques mercredi au crématorium de Nice. M. Cenazandotti a publié une photo prise à cette occasion, où lui et M. Hamadi entourent la mère du défunt.”A travers nos souvenirs, nos rires, nos rencontres et toutes les histoires qui s’y sont écrites, le Lokal continuera de vivre dans le coeur et la mémoire de chacun d’entre nous. Merci à toutes celles et ceux qui ont fait de ce lieu un espace de partage, de solidarité et de vie”, a-t-il ajouté.Suivie par près de 200.000 personnes, la chaîne “jeanpormanove” montrait depuis des mois Raphaël Graven se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball. Lui-même et ses acolytes ont assuré qu’il s’agissait de contenus scénarisés.L’autopsie réalisée la semaine dernière a conclu que le décès de Raphaël Graven n’était pas dû à l’intervention d’un tiers mais probablement à des causes d’origines médicales ou toxicologiques. L’examen de prélèvements est toujours en cours.Avant même son décès, les vidéos de Jean Pormanove faisaient l’objet d’une enquête ouverte en décembre notamment pour “violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables”, après leur mise en lumière par Mediapart. En janvier, M. Cenazandotti, 26 ans, et M. Hamadi, 23 ans, avaient été placés en garde à vue dans le cadre de cette enquête avant d’être relâchés sans charges.En plus de l’enquête menée à Nice, le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête sur la plateforme Kick et le gouvernement annoncé son intention d’attaquer l’entreprise pour “manquement face à la loi” pour la confiance dans l’économie numérique.

Le roman sur les colons français qui fut naguère bienvenu en Algérie

On pouvait, encore récemment, faire en Algérie la promotion d’un roman parlant d’une famille française du temps de la colonisation. Claire Messud, l’une des autrices de la rentrée littéraire, peut en témoigner.Le roman, “L’Étrange Tumulte de nos vies”, aux Éditions Bourgois, est paru aux États-Unis en mai 2024. Il est publié en français jeudi.Cette autrice anglophone avec trois nationalités (américaine, canadienne et française) écrit là une histoire de pieds-noirs qui, au moment de l’indépendance algérienne en 1962, choisissent le continent américain. C’est celle de sa famille, que le livre raconte à partir de 1940 en Algérie française.Le roman, sautant de 1953 à 1963, fait l’impasse sur toute la guerre qui mena à cette indépendance. Puis il parle de l’Algérie sur un ton nostalgique.Sous la présidence de Joe Biden, l’ambassade des États-Unis avait eu l’idée de faire venir Claire Messud au Salon international du livre d’Alger, programmé en novembre 2024. “J’ai pensé: comment pourrais-je ne pas y aller?”, a-t-elle raconté à l’AFP, lors d’un passage à Paris en mars 2025.Ce salon, l’éditeur français Gallimard en a ultérieurement été banni, pour avoir publié un roman sur la décennie de guerre civile algérienne en 1992-2002, “Houris” du Franco-Algérien Kamel Daoud, prix Goncourt. Kamel Daoud a aussi été visé par la suite par des mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie pour répondre d’atteintes à la vie privée.- Algériens “très accueillants” -À 58 ans, la romancière, née dans le Connecticut et qui a passé sa jeunesse en Australie, a elle pu se rendre pour la première fois en Algérie, ce pays dont ses aïeux parlaient avec regret. Les cas de descendants de pieds-noirs empêchés de voir la terre de leurs ancêtres sont fréquents. Claire Messud le savait au moment de demander son visa.À l’ambassade algérienne à Washington, “j’ai dit: vous avez lu le livre? Ils ont répondu non. Et j’ai dit: vous devriez regarder avant que je vienne”. Selon elle, seule une partie de cette saga familiale fut parcourue. Aucune question sur l’origine de son nom, typique du Maghreb. Ainsi fut-elle autorisée à décoller pour Alger.Elle ne garde que de bons souvenirs de son séjour, ceux d’Algériens “très accueillants”.”C’était extraordinaire. J’ai pu aller devant le lycée où mon père a été scolarisé, dans la rue où il a grandi, devant le cinéma où ils se rendaient chaque semaine, la mosquée qui avait été une église où mes grands-parents se sont mariés… J’ai pu vivre tout cela”, se souvient-elle.- “Toutes sortes de migrations” -Elle repense aussi aux efforts de l’ambassade des États-Unis, à une époque où la culture faisait partie de ses missions, pour montrer que le pays n’exporte pas que des films et des séries. La Maison Blanche, depuis le second mandat de Donald Trump, a demandé au département d’État de cesser ce genre d’activité superflue.”C’était en quelque sorte touchant”, explique la romancière, “ces attachés culturels qui essayaient de faire la promotion de la culture américaine auprès des Algériens”. Tâche ardue avec un roman qui, dans sa version française, atteint 500 pages.En France non plus, la littérature étrangère n’est pas simple à vendre. “L’Étrange Tumulte de nos vies” fait partie des 30 titres candidats au prix du roman Fnac, qui sont eux-mêmes la partie émergée de l’iceberg des 484 romans de la rentrée littéraire.”L’un de mes espoirs est que cette histoire qui évoque une migration parle de toutes sortes de migrations”, dit son autrice.Le Salon du livre d’Alger auquel avait participé Claire Messud se terminait le 16 novembre. C’était le jour où un autre écrivain également français, et par ailleurs algérien, Boualem Sansal, y atterrissait en provenance de Paris. Cet ancien haut fonctionnaire algérien, devenu très critique du pouvoir, est emprisonné depuis cette date. Il purge une peine de cinq ans pour “atteinte à l’unité nationale”.

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Népal: des drones à l’assaut des déchets de l’Everest

Ses pentes sont si souillées qu’elles sont parfois décrites comme la plus haute décharge du monde: pour nettoyer les tonnes de déchets abandonnées chaque année sur l’Everest, alpinistes et guides sont désormais équipés de deux drones.Canettes, bonbonnes d’oxygène vides, bouteilles plastiques et matériel d’alpinisme jonchent les voies menant au “toit du monde”, dont le sommet qui culmine à 8.849 m d’altitude suscite la convoitise de toujours plus de grimpeurs.Pilotés depuis le camp 1 (6.065 m), deux drones gros porteurs ont été mis à contribution lors de la dernière saison d’ascension (avril-juin) pour participer à la collecte des détritus laissés sur place. Ils ont récupéré près de 300 kg de déchets.Jusque-là, “les seules options étaient les hélicoptères et la main-d’œuvre humaine”, décrit Raj Bikram Maharjan, de la société népalaise Airlift Technology, à l’origine de l’initiative.”Nous avons donc trouvé une solution avec ces drones capables de transporter de lourdes charges”, poursuit-il.Après une première expérience concluante l’an dernier sur l’Everest, le système a été testé sur le sommet voisin de l’Ama Dablam (6.812 m), permettant d’évacuer 641 kilos de déchets par la voie des airs.”C’est un moyen révolutionnaire pour rendre la région plus propre et plus sûre”, s’enthousiasme Tashi Lhamu Sherpa, vice-présidente de la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu, en charge de la région de l’Everest. Le recours aux drones est plus efficace, plus économique et plus sûr que les autres méthodes, souligne pour sa part Tshering Sherpa, responsable du comité de contrôle de la pollution de Sagarmatha, une ONG dédiée à la protection du fragile écosystème himalayen.- “Changer la donne” -“En dix minutes seulement, un appareil peut transporter autant de déchets que dix personnes en six heures”, explique-t-il à l’AFP. Ces drones puissants – qui coûtent environ 20.000 dollars (17.000 euros) pièce – ont été fournis gracieusement par un fabricant basé en Chine afin de soutenir les opérations de nettoyage et promouvoir sa marque.Quant au coût de leur exploitation, il est pris charge par les autorités népalaises locales.Ces appareils télécommandés font également office de sherpa pour acheminer du matériel d’escalade – bouteilles d’oxygène ou échelles et des cordes – et limiter les montées dangereuses, notamment via la célèbre et périlleuse cascade du glacier de Khumbu qui débute l’ascension vers l’Everest. Les guides et les porteurs peuvent désormais ouvrir la voie à leurs clients sans être encombrés de matériel lourd.Tout le matériel “est transporté par les drones. Cela leur fait gagner du temps et économiser de l’énergie”, se félicite Nima Rinji Sherpa. L’an passé, le grimpeur est devenu le plus jeune de l’histoire à escalader les 14 sommets de plus de 8.000 m d’altitude de la planète en gravissant le Shisha Pangma (Chine). Le mois prochain, Airlift Technology va tester les drones sur le Manaslu (8.163 m), le huitième plus haut sommet de la planète.”Les drones ne sont pas seulement utiles en temps de guerre”, ironise le patron de la société. “Ils peuvent sauver des vies et protéger l’environnement”, insiste Raj Bikram Maharjan. “En matière de climat comme d’aide humanitaire, cette technologie va changer la donne”.