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Nouvelle-Calédonie: Macron ouvre des négociations minées par l’absence des indépendantistes

Emmanuel Macron a ouvert vendredi à l’Élysée un nouveau cycle de discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, affirmant vouloir avancer “sans passage en force mais sans paralysie”, malgré l’absence du principal mouvement indépendantiste.”L’État souhaite continuer d’avancer sur la stabilisation des institutions de la Nouvelle-Calédonie dans un dialogue respectueux de chacun, sans passage en force mais sans paralysie non plus”, a déclaré le chef de l’Etat en ouverture de cette réunion avec l’ensemble des forces politiques de l’archipel à l’exception du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), qui a refusé de se rendre à Paris.”Je regrette qu’un des partenaires n’ait pas souhaité répondre à notre invitation mais je respecte les choix de chacun et je souhaite qu’on puisse trouver pour l’avenir un chemin qui donne une place à tous”, a affirmé Emmanual Macron, saluant “le courage” des délégations présentes qui, selon lui, “prenaient des risques” en venant négocier.Le président de la République veut relancer les discussions autour de l’accord de Bougival, signé le 12 juillet 2025 entre indépendantistes, non-indépendantistes et l’Etat. Ce texte prévoit notamment la création d’un État calédonien au sein de la République française, doté d’une nationalité propre et qui pourrait être reconnu internationalement.Mais il n’ouvre pas de perspective de souveraineté pleine de la Nouvelle-Calédonie, ce qui a provoqué son rejet catégorique par le FLNKS. Mardi, son président, Christian Tein, a mis en garde le gouvernement contre toute solution à marche forcée.Le FLNKS avait signé le texte en juillet, mais répète n’avoir paraphé qu’un “projet d’accord” à présenter à ses militants, qui l’ont rejeté. L’Union nationale pour l’indépendance (UNI), autre coalition indépendantiste, soutient de son côté le texte, tout en réclamant des éclaircissements.Selon Emmanuel Macron, l’objectif de cette réunion “n’est pas de repartir de zéro” mais “d’apporter des clarifications à l’accord du 12 juillet” afin d’ouvrir “de nouvelles perspectives politiques”. – “Soit avancer, soit sombrer” -Avant la réunion, les responsables politiques présents ont affiché leur détermination. “C’est soit avancer, soit sombrer pour la Nouvelle-Calédonie”, a estimé la loyaliste Virginie Ruffenach, vice-présidente du Rassemblement-Les Républicains.Philippe Gomes, leader du parti non-indépendantiste modéré Calédonie ensemble, a lui reconnu que l’absence du FLNKS “pénalise” et “handicape” la réunion, ajoutant toutefois que “le crime est de ne pas tenter” de trouver de solution. Parmi les points de friction: le dégel du corps électoral, réclamé par les non-indépendantistes avant les élections provinciales, cruciales sur l’archipel. “Nous n’accepterons pas des élections provinciales sur un corps électoral gelé qui exclut plus de 40.000 personnes, dont 12.000 enfants nés en Nouvelle-Calédonie”, a prévenu Virginie Ruffenach.Le gel du corps électoral, instauré en 1998, limite le droit de vote aux scrutins provinciaux aux personnes installées avant cette date et à leurs descendants. Sa réforme avait été au cœur des tensions ayant déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024.Si beaucoup estiment qu’un accord sans le FLNKS risque d’être inapplicable, et pourrait raviver les violences qui ont ensanglanté l’archipel en 2024 et fait 14 morts, l’Elysée se montre optimiste sur “la possibilité de faire émerger un accord” approuvé par les cinq autres groupes représentés au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, soit “environ 75%” des élus.Mais même si un compromis émerge de ces discussions, son adoption reste semée d’embûches. L’exécutif envisage de l’introduire par amendements dans le projet de révision constitutionnelle visant à mettre en oeuvre Bougival, actuellement en suspens au Parlement.Il faudrait cependant le faire ensuite voter par le Congrès à Versailles aux trois cinquièmes des suffrages, un seuil difficile à atteindre en l’état par le gouvernement.Si la réforme constitutionnelle était adoptée, une consultation de la population calédonienne aurait lieu, suivie d’élections provinciales qui doivent normalement se tenir fin juin – selon une décision du Conseil constitutionnel de novembre 2025 – mais pourraient être repoussées à septembre 2026, pour la quatrième fois.Cette réunion a été convoquée mi-décembre alors que la mise en oeuvre de l’accord de Bougival se heurtait à de nombreuses réserves, plusieurs formations, notamment l’UNI, estimant qu’il devait être amendé afin de dégager un consensus jugé indispensable.Samedi et dimanche, des “ateliers” au ministère des Outre-mer tenteront de préciser certains points de l’accord sur l’identité kanak, la notion d’autodétermination ou l’exercice des compétences régaliennes.

Meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti prescrit: choc pour la famille, coup dur pour les cold cases

Larmes et colère rentrée ont traversé les rangs de la famille: la Cour de cassation a entériné vendredi la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, pourtant résolu 36 ans après sa disparition, ce qui risque de fragiliser certains dossiers du pôle cold cases de Nanterre.Le premier président de la Cour de cassation, Christophe Soulard, l’a dit au moment de rendre la décision: elle serait “lourde” et “difficile à comprendre” pour la famille de la victime.Les mots de la plus haute juridiction judiciaire française sont sans appel: “Dans cette affaire, il n’y a pas eu d’obstacle insurmontable (dissimulation du corps jusqu’aux aveux, par exemple, ndlr) de nature à suspendre le cours de la prescription”. “Des investigations pouvaient donc être réalisées (…) L’action publique est donc prescrite”, a conclu la Cour de cassation.  Le délai de prescription de meurtre, qui court à compter du jour où le crime a été commis, était de 10 ans avant 2017 et est de 20 ans depuis (cet allongement du délai ne s’applique pas aux crimes prescrits avant 2017).Cette décision ferme donc la porte aux poursuites contre Yves Chatain, aujourd’hui sexagénaire, qui avait finalement avoué en 2022 avoir étranglé Mme Bonfanti, portée disparue à l’âge de 25 ans en 1986 en Isère.A l’énoncé de la décision, la famille de la victime est restée abasourdie sur son banc. Et les gorges ont eu du mal à se dénouer devant la presse.  – “Abandon moral” -Amer et les larmes aux yeux, son mari, Thierry Bonfanti, a dénoncé une “injustice violente”. “On nous demande d’accepter l’inacceptable”, a renchéri Eugène Saia, frère de la victime, évoquant “le sentiment” d’une “incompréhension profonde et d’un abandon moral”. “Marie-Thérèse n’est pas un dossier, c’est une femme dont la vie a été brutalement arrachée”, a-t-il appuyé.”L’affaire se termine puisque c’est une cassation sans renvoi. Vous comprendrez l’immense désespoir de la famille”, a regretté Me Catherine Bauer-Violas, avocate de la famille dans ce dernier volet judiciaire devant la Cour de cassation.Me Bernard Boulloud, avocat historique de la famille, a critiqué “une bénédiction légale et judiciaire” pour des “individus qui peuvent commettre ce que j’appellerais maintenant une sorte de crime parfait”.”C’est l’application de la loi”, commente pour l’AFP Me Hélène Farge, avocate du camp Chatain. Avant de souligner: “il ne peut appartenir qu’au législateur de faire le choix d’abandonner la prescription pour les infractions les plus graves comme le font certains pays européens”.Marie-Thérèse Bonfanti fut portée disparue le 22 mai 1986, alors qu’elle distribuait des journaux à Pontcharra (Isère). Yves Chatain, qui vivait dans le voisinage, avait été soupçonné puis relâché. Un non-lieu prononcé en 1987 a été confirmé en 1989. L’affaire est alors devenue un cold case (crime non élucidé).- Pôle de Nanterre “fragilisé” -Mais le dossier a connu un revirement majeur en mai 2022 avec une nouvelle interpellation d’Yves Chatain, qui a finalement avoué avoir étranglé Marie-Thérèse Bonfanti, avant de cacher son cadavre. Mis en examen après ses aveux pour enlèvement, séquestration et meurtre, c’est lui qui avait formé le pourvoi en cassation. “Il va se voir délié de son contrôle judiciaire, va pouvoir terminer ses jours le plus librement possible”, s’est lamenté Me Boulloud.La plus haute juridiction judiciaire n’a donc pas suivi l’avis de Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, qui avait insisté lors de l’audience du 28 novembre pour une évolution de la jurisprudence dans un tel cas, invoquant les attentes de la société aujourd’hui, notamment en terme d’impunité. Rémy Heitz avait aussi élargi la focale: parmi les 22 procédures qualifiées fin 2025 d’enlèvement et séquestration dans le périmètre du pôle cold cases de Nanterre, sept pourraient être remises en cause si la prescription était établie dans cette affaire, avait-il mis en garde.La situation du pôle cold cases de Nanterre “va se trouver éminemment fragilisée”, a prévenu Me Bauer-Violas.Le parquet de Nanterre, qui ne peut pas s'”exprimer sur l’arrêt rendu ce jour”, a toutefois précisé à l’AFP les cas où des procédures sans corps découvert seraient impactées: “dans l’éventualité où l’auteur des faits avouerait un crime instantané commis à la date retenue de l’enlèvement ou de la séquestration de la victime”.Ce parquet rappelle aussi qu’il n’est pas “l’unique entité juridictionnelle à être saisi” de cold cases.

Iran protest movement subsides in face of ‘brutal’ crackdown

Protests in Iran have subsided after a crackdown that has killed thousands under an internet blackout, monitors said Friday, a week after the start of the largest demonstrations in years challenging the country’s theocratic system.The son of Iran’s late shah, however, said he was confident the Islamic republic would fall and called for intervention, though …

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Procès de Mahdieh Esfandiari: un an ferme requis contre l’Iranienne, la défense plaide la relaxe

Une peine d’un an de prison ferme a été requise vendredi contre l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, jugée notamment pour apologie du terrorisme et possible monnaie d’échange avec Téhéran contre Cécile Kohler et Jacques Paris, et pour laquelle la défense a plaidé la relaxe.”On est face à une procédure qui interroge sur l’état de la liberté d’expression dans notre démocratie aujourd’hui”, a lancé Me Antoine Pastor, un des avocats de la prévenue.Auparavant, la représentante du pôle national de lutte contre la haine en ligne, du parquet de Paris, avait demandé quatre ans de prison dont trois avec sursis, et une interdiction définitive du territoire français à l’encontre de cette femme de 39 ans jugée depuis mardi par le tribunal correctionnel, en pleine vague de protestation étouffée en Iran par la répression.Mahdieh Esfandiari est aussi accusée de provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (des délits passibles de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende), injure publique en ligne en raison de l’origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs.La justice française la soupçonne d’avoir alimenté en publications les comptes de l’organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et Réconciliation de l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral.En particulier, le compte Telegram de cette organisation a fait l’apologie de l’attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive, ce qui a mené le ministère de l’Intérieur à faire un signalement à la justice.Dans ses réquisitions, la procureure a estimé qu’il n’était pas nécessaire de réincarcérer Mahdieh Esfandiari, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire, jusqu’en octobre dernier. Contre les quatre autres prévenus de ce dossier, le ministère public a réclamé jusqu’à trois ans de prison ferme, la peine la plus lourde étant demandée pour Alain Soral, absent. Une amende de 30.000 euros et un mandat d’arrêt ont aussi été requis contre celui qui cumule 30 mentions à son casier judiciaire.Contre Maurizio Busson, “animateur de la chaîne”, le parquet a aussi requis quatre ans de prison dont trois avec sursis.A la barre, Mahdieh Esfandiari avait reconnu être à l’origine de la chaîne Axe de la Résistance mais contesté être l’autrice des publications.- “Ingérence étrangère” -“Elle se présente devant nous sous un jour parfaitement lisse”, mais “elle est au centre du dispositif”, a soutenu la procureure, qui a appelé le tribunal à prendre en compte le contexte d'”ingérence étrangère” dans ce dossier, bien que cet aspect-là ne fasse pas l’objet de poursuites.”Ce dossier est un dossier bien plus iranien que palestinien”, a-t-elle souligné, prenant soin par ailleurs d’indiquer qu’il ne signifiait “pas la criminalisation du soutien à la cause palestinienne, qui est un débat d’intérêt général” et “mérite bien mieux que cela”.Une ingérence soulevée par les avocats des parties civiles.Me Ilana Soskin, conseil de la Licra, a observé que Mahdieh Esfandiari, qui avait notamment confié pendant les débats son admiration pour les Gardiens de la révolution, prenait “ses instructions directement auprès du bureau du Guide” suprême iranien afin d'”importer en France le narratif de (d’Ali) Khamenei, pour diffuser le discours islamique des mollahs”.”On a fait d’elle une espionne, un agent du régime iranien”, a déploré Me Antoine Pastor. Alors que “c’est simplement une militante sincèrement et profondément engagée, qui revendique une lecture politique et historique” du 7 octobre 2023 “qui est d’un intérêt général majeur”.Me Nabil Boudi, autre conseil de Mahdieh Esfandiari, a pour sa part observé que la décision pouvait avoir “des incidences sur le sort” de sa cliente et des deux Français, incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage au profit d’Israël, puis libérés début novembre 2025 avec interdiction de quitter le pays. “C’est un arrangement, une négociation entre nos deux Etats”, a déclaré jeudi soir sur BFMTV l’ambassadeur d’Iran en France, Mohammad Amin Nejad. “Mon souhait est leur retour dès que possible après la réalisation des arrangements entre les deux Etats”.

Budget: le gouvernement abat ses dernières cartes pour arracher un budget

Des heures décisives. Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure, résigné à une adoption sans vote, par 49.3 ou ordonnance.Avant même de présenter depuis Matignon, vers 18H, les “éléments de fond” visant ce compromis, le Premier ministre a annoncé une première mesure en direction des socialistes qui la réclamaient: la généralisation des repas universitaires à 1 euro. Cette disposition en faveur du pouvoir d’achat des étudiants, défendue par la députée PS Fatiha Keloua-Hachi et approuvée en première lecture par l’Assemblée nationale, “sera inscrite dans le budget final”, a assuré son entourage. La députée évaluait son coût à environ 90 millions d’euros.L’Union étudiante, classée à gauche, a salué une “victoire” mais refusé que cette mesure serve “à faire accepter un budget austéritaire et raciste”Le Premier ministre s’est donné jusqu’à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du PS. Sur le fond mais aussi sur la forme, même s’il ne dira pas vendredi son choix, entre les deux outils constitutionnels à sa disposition (49.3 ou ordonnance), perçus par ses opposants comme des “passages en force”. Le député PS Laurent Baumel, proche du Premier secrétaire Olivier Faure, a rappelé sur BFMTV que son parti demandait également des mesures “en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes”, comme une hausse de la prime d’activité, ainsi que sur le logement et la transition écologique.- “Effort” -Le gouvernement a suspendu jeudi soir les interminables débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l’impossibilité d’aller à un vote sur le budget de l’Etat.Alexandre Lecornu, qui s’est rendu vendredi matin à l’Elysée, théâtre d’un défilé de ministres, a averti qu’un renversement de son gouvernement serait synonyme d’élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).”On a donné toutes ses chances au débat” mais “nous avons des saboteurs à l’Assemblée nationale”, La France insoumise et le Rassemblement national, a accusé sur France 2 la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, en première ligne dans les discussions avec les forces politiques.La ministre a esquissé quelques pistes de propositions, sur les collectivités locales, à quelques semaines des élections municipales, ou la fiscalité.Le gouvernement va regarder pour les collectivités “comment on répartit l’effort”, a-t-elle dit, afin de trouver un juste milieu avec la droite au Sénat, chambre des territoires, désireuse d’abonder fortement les moyens des collectivités.Sur le plan fiscal, il pourrait rétablir une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises censée rapporter 6,3 milliards d’euros et aider à la négociation avec le PS, mais repoussé à l’Assemblée y compris par des députés du camp gouvernemental. “C’est ce qui va déverrouiller les choses”, estime un cadre du bloc central.Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel, venu à Bercy réclamer des documents sur la “fiscalité des ultra-riches”, a estimé que la “seule vraie concession” pour la gauche était de les “taxer” davantage.- “Déverrouiller” -Une fois les propositions sur la table, le chef du gouvernement va devoir trancher sur la manière de les faire entrer dans la loi.Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d’ici là choisi de recourir soit à l’article 49.3, soit à une ordonnance budgétaire (article 47).Un recours à l’article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure.Pour Sébastien Lecornu, comme pour les socialistes, un recours au 49.3 aurait un goût amer. Son abandon visait à redonner la main au Parlement.L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.Mais contrairement au 49.3, elle permettrait de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.Un projet d’ordonnance budgétaire serait à l’étude à Matignon, selon une source à Bercy, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement choisira cette option.Le député socialiste Emmanuel Grégoire a jugé sur TF1 “inacceptable” le recours à une ordonnance qui voudrait dire “forcément censure, puisque sur les ordonnances il ne peut pas y avoir d’amendements, d’enrichissement” du texte. 

Procès de Mahdieh Esfandiari: quatre ans de prison dont trois avec sursis requis contre l’Iranienne

Une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis a été requise vendredi à Paris contre l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, jugée notamment pour apologie du terrorisme et possible monnaie d’échange avec Téhéran contre Cécile Kohler et Jacques Paris.Le parquet a aussi requis une interdiction définitive du territoire français contre la prévenue de 39 ans, jugée depuis mardi  par le tribunal correctionnel, en pleine vague de protestation étouffée en Iran par la répression.Elle est aussi accusée de provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (des délits passibles de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende), injure publique en ligne en raison de l’origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs.La justice française la soupçonne d’avoir alimenté en publications les comptes de l’organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et Réconciliation de l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral.En particulier, le compte Telegram de cette organisation a fait l’apologie de l’attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive, ce qui a mené le ministère de l’Intérieur à faire un signalement à la justice.Dans ses réquisitions, la procureure a estimé qu’il n’était pas nécessaire de réincarcérer Mahdieh Esfandiari, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire avant d’être libérée sous contrôle judiciaire en octobre dernier. Contre les quatre autres prévenus de ce dossier, le ministère public a réclamé jusqu’à trois ans de prison ferme, la peine la plus lourde étant demandée pour Alain Soral, absent. Une amende de 30.000 euros et un mandat d’arrêt ont aussi été requis contre celui qui cumule 30 mentions à son casier judiciaire.Contre Maurizio Busson, “animateur de la chaîne”, la représentante du parquet a aussi requis quatre ans de prison dont trois avec sursis.A la barre, Mahdieh Esfandiari avait reconnu être à l’origine de la chaîne Axe de la Résistance mais contesté être l’autrice des publications.- “Ingérence étrangère” -“Elle se présente devant nous sous un jour parfaitement lisse”, mais “elle est au centre du dispositif”, a soutenu la magistrate, qui a appelé le tribunal à prendre en compte le contexte d'”ingérence étrangère” dans ce dossier, bien que cet aspect-là ne fasse pas l’objet de poursuites.”Ce dossier est un dossier bien plus iranien que palestinien”, a-t-elle souligné, prenant soin par ailleurs d’indiquer qu’il ne signifiait “pas la criminalisation du soutien à la cause palestinienne, qui est un débat d’intérêt général” et “mérite bien mieux que cela”.Un aspect soulevé par les avocats des parties civiles dans leurs plaidoiries.Me Ilana Soskin, conseil de la Licra, a observé que Mahdieh Esfandiari, qui avait notamment témoigné pendant les débats son admiration pour les Gardiens de la révolution, prenait “ses instructions directement auprès du bureau du Guide” de la Révolution iranienne afin d'”importer en France le narratif de (d’Ali) Khamenei, pour diffuser le discours islamique des mollahs”.Les protagonistes d’Axe de la Résistance “sont structurés, organisés, financés et déterminés à partager sur notre territoire la propagande du régime iranien, la propagande du Hezbollah et la propagande du Hamas”, a déclaré de son côté Me Sacha Ghozlan, qui défend l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).L’avocat a dénoncé un “système soralo-iranien, un système d’extrême droite qui s’est allié à un régime dictatorial qui propage des idées contraires” à celles de la France.Pour lui, “c’est la raison pour laquelle le régime iranien met la pression” pour échanger la prévenue contre les deux Français, incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage au profit d’Israël, puis libérés début novembre 2025 avec interdiction de quitter le pays. Ils restent pour l’heure bloqués à l’ambassade de France à Téhéran.”C’est un arrangement, une négociation entre nos deux Etats”, a déclaré jeudi soir sur BFMTV l’ambassadeur d’Iran en France, Mohammad Amin Nejad. “Mon souhait est leur retour dès que possible après la réalisation des arrangements entre les deux Etats”.

Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, résolu 36 ans après sa disparition, est prescrit

Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, résolu 36 ans après sa disparition, est prescrit, a statué vendredi la Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire française, ce qui fera jurisprudence dans les cas similaires. Cette décision ferme la porte aux poursuites contre Yves Chatain, qui avait finalement avoué en 2022 avoir étranglé Mme Bonfanti, portée disparue à l’âge de 25 ans le 22 mai 1986 en Isère. La position de la Cour de cassation, très attendue, rejaillira sur tout “cold case” similaire, notamment dans certains dossiers du pôle de Nanterre spécialisé dans les crimes non élucidés.”Dans cette affaire, il n’y a pas eu d’obstacle insurmontable de nature à suspendre le cours de la prescription”, a estimé la Cour de cassation. “En effet, dès la disparition de la victime, la commission d’une infraction a été suspectée. Des investigations pouvaient donc être réalisées”, ajoute la plus haute juridiction française. “L’action publique est donc prescrite”, conclut la Cour de cassation.Elle n’a donc pas suivi l’avis de Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, qui avait insisté lors de l’audience du 28 novembre pour une évolution de la jurisprudence dans un tel cas. Rémy Heitz avait soutenu qu’un crime comme celui-ci “ne peut commencer à se prescrire tant qu’il est ignoré de tous, sauf de son auteur”.Le procureur général avait aussi invoqué les attentes de la société aujourd’hui, notamment en terme d’impunité. “La mémoire du crime ne s’efface jamais pour les victimes et leurs familles”, avait-il martelé à l’audience.Rémy Heitz avait aussi élargi la focale: parmi les 22 procédures qualifiées fin 2025 d’enlèvement et séquestration dans le périmètre du pôle “cold cases” de Nanterre, sept pourraient être remises en cause si la prescription avait été établie dans cette affaire.Cette question centrale dans le dossier Bonfanti avait déjà été examinée précédemment par les cours d’appel de Grenoble et Lyon, avant de revenir devant la Cour de cassation.Cette fois, cette juridiction s’est réunie en assemblée plénière, sa formation la plus solennelle, preuve de l’importance de sa décision.Le pourvoi en cassation tranché ce vendredi avait été formé par Yves Chatain, mis en examen après ses aveux il y a quatre ans pour enlèvement, séquestration et meurtre. Le mis en cause, aujourd’hui sexagénaire, demandait qu’il soit mis fin à la procédure judiciaire, estimant que l’action publique était prescrite.  Le délai de prescription de meurtre, qui court à compter du jour où le crime a été commis, était de 10 ans avant 2017 et est de 20 ans depuis (cet allongement du délai de prescription ne s’applique pas aux crimes prescrits avant 2017).

Médicaments innovants: le professeur Alain Fischer dénonce une dérive des prix

Les “prix exorbitants” des médicaments innovants “favorisent une médecine de riches”, dénonce l’immunologue Alain Fischer, l’un des pionniers de la thérapie génique en France, plaidant pour “une réflexion politique et éthique” sur les bénéfices du secteur pharmaceutique, qui atteignent “75% du prix du médicament, voire davantage”.”Il n’y a pas une thérapie génique dont le prix soit raisonnable et cette situation ne fait qu’empirer”, affirme le chercheur, ancien président de l’Académie des sciences, dans le Quotidien du médecin de vendredi.”C’est aussi vrai pour toutes les nouvelles thérapeutiques, depuis les biothérapies, comme les anticorps monoclonaux utilisés dans le cancer ou les maladies auto-immunes, jusqu’aux médicaments chimiques innovants, comme la trithérapie Kaftrio dans la mucoviscidose (…) ou les analogues du GLP-1 dans l’obésité”, détaille l’ancien “Monsieur vaccin” du gouvernement pendant la pandémie de Covid.”Par conséquent, certains médicaments ne sont même pas disponibles car les autorités réglementaires estiment que leur coût par rapport au bénéfice est excessif”, explique le Pr Fischer, comme en France le Casgevy (Vertex Pharmaceuticals), une thérapie génique autorisée en Europe pour traiter la bêta-thalassémie (une anémie sévère) et la drépanocytose sévère.Ainsi “l’augmentation régulière du prix des médicaments innovants favorise une médecine de riches, comme c’est déjà le cas aux États-Unis”, dit-il, où le Lenmeldy, un traitement contre une maladie génétique héréditaire, la LDM, est vendu “plus de 4,2 millions de dollars l’injection”.Or “le pire serait d’arriver à un tri en fonction des ressources du patient” en France, où “le système de solidarité est fragile”. Si l’industrie pharmaceutique fait valoir la capacité des médicaments innovants “à transformer la vie de patients” jusque là sans traitement, pour justifier leurs prix, ceux-ci sont en réalité fondés sur “ce que le marché accepte”, poursuit le Pr Fischer, et “selon des estimations, la part bénéficiaire pourrait représenter 75% du prix du médicament, voire davantage”.Ainsi “certaines thérapies sont vendues au moins trois fois le prix de production”, affirme-t-il, évoquant la production de cellules CAR-T en Espagne.Or la vingtaine de thérapies géniques sur le marché “ont été développées initialement par la recherche publique”: la société se retrouve ainsi “à payer deux fois, en finançant la recherche publique en amont et en payant très cher les médicaments une fois commercialisés”.”Le bénéfice des nouvelles thérapies ne peut-il être partagé avec la société sous la forme de prix plus raisonnables ?”, s’interroge-t-il, appelant l’État à mieux soutenir la recherche.

NATO chief’s tactic on Trump’s Greenland threats? Change topic

US President Donald Trump’s demands to take over NATO ally Denmark’s territory Greenland have thrust alliance chief Mark Rutte into an uncomfortable position.His strategy for now: say as little as possible and try to change the subject. Facing warnings the crisis could tear the 76-year-old military alliance apart, the former Dutch premier has sought to keep …

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