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Budget : la CGT attend la “rupture”, CFE-CGC et CFTC sont plus optimistes

La secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la CGT Sophie Binet a accusĂ© lundi le Premier ministre, SĂ©bastien Lecornu, de ne poser Ă  ce stade “aucun acte de rupture”, tandis que ses homologues de la CFTC et de la CFE-CGC se sont montrĂ©s plus optimistes Ă  l’issue de leurs entretiens Ă  Matignon.”Ce rendez-vous confirme plus que jamais la nĂ©cessitĂ© de se mobiliser le 18 (septembre) puisque le Premier ministre, Ă  ce stade, parle de rupture dans ses discours, mais ne pose aucun acte de rupture, notamment vis-Ă -vis de l’ElysĂ©e”, a dĂ©noncĂ© Ă  la mi-journĂ©e Sophie Binet. “A part les deux jours fĂ©riĂ©s, il n’a renoncĂ© Ă  rien dans le musĂ©e des horreurs qu’Emmanuel Macron avait prĂ©vu dans son projet de budget”.SĂ©bastien Lecornu a annoncĂ© samedi le retrait de la proposition de suppression de deux jours fĂ©riĂ©s et dit miser sur “le dialogue avec les partenaires sociaux” pour trouver “d’autres sources de financement” pour le budget.La numĂ©ro un de la CGT, reçue Ă  Matignon après Marylise LĂ©on de la CFDT vendredi, a dit avoir exigĂ© comme “première rupture” l’abrogation de la rĂ©forme des retraites, “blessure dĂ©mocratique et sociale qui ne passe pas et qui est Ă  l’origine de la situation d’instabilitĂ© politique actuelle”.Mais elle a expliquĂ© Ă  la presse avoir “senti que le Premier ministre n’Ă©tait absolument pas dĂ©terminĂ© Ă  agir” sur l’abrogation de l’âge de dĂ©part Ă  64 ans. “S’il n’y a pas d’abrogation de cette rĂ©forme des retraites, son gouvernement, comme les prĂ©cĂ©dents, tombera”, a-t-elle prĂ©venu.”Il ne m’a donnĂ© aucune garantie qu’il n’y ait pas de nouvelle rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage”, a Ă©galement dĂ©plorĂ© Mme Binet, citant Ă©galement, entre autres, la suppression des 3.000 postes de fonctionnaires et l’augmentation des franchises mĂ©dicales comme points sur lesquels des ruptures sont attendues.Plus “optimiste”, Cyril Chabanier (CFTC) a “entendu un Premier ministre qui (…) comprend que l’annĂ©e blanche peut poser certaines difficultĂ©s et qui est prĂŞt Ă  nous Ă©couter, Ă  entendre nos propositions, en tous cas pour que les plus fragiles et les plus modestes puissent ĂŞtre exclus des mesures les plus difficiles dans l’effort de redressement budgĂ©taire”.”On a senti un Premier ministre prĂŞt Ă  bouger les lignes”, a-t-il poursuivi, tout en maintenant son appel Ă  manifester aux cĂ´tĂ©s de ses homologues jeudi.Quid d’une nouvelle rĂ©forme de l’assurance-chĂ´mage ? “Sur l’assurance chĂ´mage, ce n’est pas un dossier prioritaire pour le Premier ministre, ce n’est pas une prioritĂ© pour lui de faire une nouvelle rĂ©forme”, a rapportĂ© Cyril Chabanier.”On a eu un entretien avec le Premier ministre quand mĂŞme assez dĂ©tendu, agrĂ©able et surtout il nous a fait part de son engagement pour remettre en selle le paritarisme des corps intermĂ©diaires et des partenaires sociaux”, a saluĂ© devant la presse le N°1 de la CFE-CGC, François Hommeril.”Cet entretien je pense, en tout cas je veux l’espĂ©rer, ouvre des perspectives”, a-t-il ajoutĂ©, mĂŞme si le Premier ministre n’a apportĂ© aucune prĂ©cision sur les pistes d’Ă©conomies budgĂ©taires Ă  venir.Ces entretiens se dĂ©roulent sous la pression de la journĂ©e de mobilisation syndicale prĂ©vue jeudi, lors de laquelle les syndicats espèrent dĂ©passer la mobilisation de près de 200.000 personnes du 10 septembre, selon les chiffres du ministère de l’IntĂ©rieur.Seul reprĂ©sentant du patronat reçu lundi – le patron du Medef Patrick Martin s’Ă©tait rendu Ă  Matignon vendredi soir, et celui de l’U2P Michel Picon doit s’y rendre mardi –, le prĂ©sident de la CPME Amir Reza-Tofighi a senti un premier ministre “Ă  l’Ă©coute”, a-t-il indiquĂ© Ă  l’AFP.”Nous lui avons fait part de la situation très difficile des entreprises actuellement et indiquĂ© que la taxation des entrepreneurs sur la valeur de leur entreprise (la taxe Zucman, NDLR) Ă©tait suicidaire pour notre Ă©conomie et donc une ligne rouge absolue pour nous”, a-t-il ajoutĂ©.

BrĂ©sil: la forĂŞt amazonienne amputĂ©e d’une surface Ă©quivalente Ă  l’Espagne en 40 ans

La forĂŞt amazonienne au BrĂ©sil a Ă©tĂ© amputĂ©e en quatre dĂ©cennies d’une surface proche de celle de l’Espagne et s’approche d’un “point de non-retour”, selon les donnĂ©es publiĂ©es lundi par le rĂ©seau de surveillance Mapbiomas.Dans le plus vaste pays d’AmĂ©rique latine, la plus grande forĂŞt tropicale de la planète a perdu 49,1 millions d’hectares de 1985 Ă  2024, selon les donnĂ©es satellitaires compilĂ©es par ce rĂ©seau regroupant des ONG, des universitĂ©s et des entreprises de technologies.L’Amazonie s’approche du “point de non-retour au-delĂ  duquel la forĂŞt ne peut plus perdurer” comme telle, car elle menace d’atteindre le seuil de 20-25% de vĂ©gĂ©tation autochtone perdue, explique Bruno Ferreira, chercheur de Mapbiomas, citĂ© dans un communiquĂ©.”Lors de pertes importantes de vĂ©gĂ©tation, le cycle des pluies est rompu et de grandes zones ont tendance Ă  se transformer en savane”, explique-t-il Ă  l’AFP.Le BrĂ©sil, qui accueille en novembre la confĂ©rence de l’ONU sur le climat COP30 dans la ville amazonienne de Belem, abrite environ 60% de la forĂŞt amazonienne, soit 421 millions d’hectares au total.En 2024, la superficie occupĂ©e par des activitĂ©s humaines, notamment agricoles, y a atteint 15,3%, selon Mapbiomas. La surface occupĂ©e par l’Ă©levage y a Ă©tĂ© pratiquement multipliĂ©e par cinq de 1985 Ă  2024, atteignant 56,1 millions d’hectares.La forĂŞt joue un rĂ´le crucial dans l’absorption de gaz Ă  effet de serre responsables du rĂ©chauffement climatique.Au BrĂ©sil, la dĂ©forestation en Amazonie a augmentĂ© de 4% d’aoĂ»t 2024 Ă  juillet 2025, en raison notamment d’incendies dĂ©vastateurs favorisĂ©s par la sĂ©cheresse historique qui a frappĂ© le pays l’an dernier.Mais elle avait nettement baissĂ© auparavant depuis le retour au pouvoir en janvier 2023 du prĂ©sident de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, après de fortes augmentations sous le mandat de son prĂ©dĂ©cesseur d’extrĂŞme droite Jair Bolsonaro.

Lecornu va mettre fin aux “avantages Ă  vie” des ex-ministres dès 2026

Fini le chauffeur et la voiture de fonction “Ă  vie” pour les anciens de Matignon: les avantages octroyĂ©s aux ex-Premiers ministres seront “supprimĂ©s” dès 2026, a annoncĂ© lundi SĂ©bastien Lecornu, concrĂ©tisant l’une de ses premières promesses, très symbolique pour l’opinion.Il n’est “pas concevable” que les anciens ministres “puissent bĂ©nĂ©ficier d’avantages Ă  vie en raison d’un statut temporaire”, a Ă©crit le locataire de Matignon sur X, confirmant la mise en place de cette rĂ©forme dès le 1er janvier 2026.”La protection policière ne sera accordĂ©e aux anciens Premiers ministres et ministres de l’IntĂ©rieur que pour une durĂ©e limitĂ©e, et reconduite en fonction de la rĂ©alitĂ© du risque. Tous les autres moyens mis Ă  disposition des anciens Premiers ministres Ă  vie le seront dorĂ©navant pour une durĂ©e limitĂ©e”, a expliquĂ© M. Lecornu sur ce rĂ©seau social.SollicitĂ© par l’AFP, Matignon a expliquĂ© que le gouvernement avait prĂ©parĂ© une “instruction” Ă  destination du SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du gouvernement, en vue de revoir le dĂ©cret du 20 septembre 2019, qui avait dĂ©jĂ  restreint les privilèges accordĂ©s aux anciens Premiers ministres.Ces derniers peuvent actuellement se voir octroyer “sur leur demande, un vĂ©hicule de fonction et un conducteur automobile”, Ă  la charge de l’Etat. Ils peuvent aussi bĂ©nĂ©ficier d’un “agent pour leur secrĂ©tariat particulier” pendant dix ans Ă  compter de la fin de leurs fonctions et au plus tard jusqu’Ă  ce qu’ils atteignent l’âge de 67 ans. Des avantages qui ne s’appliquent pas pour les “ex” de Matignon lorsque ces derniers disposent dĂ©jĂ  de ces privilèges via leur mandat (parlementaire ou local) ou leur fonction publique.- “Mettre fin aux derniers privilèges” -Une autre instruction du chef du gouvernement Ă  l’attention de la Direction gĂ©nĂ©rale de la police nationale (DGPN) permettra de crĂ©er “un cadre” relatif Ă  la “protection policière” des anciens Premiers ministres et ministres de l’IntĂ©rieur, a dĂ©taillĂ© Matignon.”On ne peut pas demander aux Français de faire des efforts si ceux qui sont Ă  la tĂŞte de l’État n’en font pas. La rĂ©forme, ce n’est pas toujours +pour les autres+, cela crĂ©e la suspicion”, avait lancĂ© SĂ©bastien Lecornu dans un entretien donnĂ© Ă  plusieurs titres de la presse rĂ©gionale durant le week-end. “Beaucoup de choses ont Ă©tĂ© rĂ©glĂ©es pour les anciens prĂ©sidents de la RĂ©publique. Je vais donc mettre fin aux derniers privilèges”, avait-il encore promis, quelques jours seulement après sa prise de fonctions Ă  Matignon, durant laquelle il s’Ă©tait inquiĂ©tĂ© du “dĂ©calage” observĂ© entre la vie politique et la vie “rĂ©elle” des Français.Le Premier ministre, nommĂ© mardi par Emmanuel Macron après la chute de François Bayrou, met ainsi en musique l’une de ses premières promesses, alors qu’il consulte en parallèle les forces politiques, syndicales et patronales en vue de former un gouvernement susceptible de survivre aux menaces de censure des oppositions.Il doit aussi batailler contre une opinion publique très dĂ©fiante vis-Ă -vis de sa nomination, mĂŞme si les chiffres de confiance des Français Ă  son Ă©gard varient selon les instituts de sondage.Son prĂ©dĂ©cesseur, François Bayrou, avait dĂ©jĂ  annoncĂ© vouloir passer au crible ces privilèges ministĂ©riels: il avait confiĂ© fin aoĂ»t une mission Ă  l’ex-dĂ©putĂ© socialiste RenĂ© Dosière pour identifier les “avantages indus, excessifs, inacceptables” dans un contexte de dĂ©rapage des finances publiques. En rĂ©alitĂ©, l’Ă©conomie Ă  espĂ©rer de ces annonces est dĂ©risoire par rapport aux dizaines de milliards d’euros recherchĂ©es par les gouvernements successifs. Les privilèges accordĂ©s au titre du dĂ©cret de 2019 (chauffeur, secrĂ©tariat, vĂ©hicule) ont coĂ»tĂ© 1,58 million d’euros Ă  l’Etat en 2024, selon le gouvernement. Un montant auquel il faut ajouter les dĂ©penses de protection policière, Ă©valuĂ©es Ă  2,8 millions d’euros par an dans un rapport parlementaire de 2019.

Le suicide assistĂ© au cĹ“ur du procès Ă  Paris de militants de l’aide Ă  mourir

Le procès de douze militants du suicide assistĂ©, jugĂ©s pour pour avoir aidĂ© des personnes Ă  se procurer des barbituriques dans le but de mettre fin à leurs jours, s’est ouvert lundi devant le tribunal de Paris. ÂgĂ©s de 74 Ă  89 ans, ces adhĂ©rents de la discrète association Ultime LibertĂ© sont poursuivis pour avoir, entre aoĂ»t 2018 et novembre 2020, aidĂ© des dizaines de personnes Ă  acheter sur internet du pentobarbital, un barbiturique entraĂ®nant une mort rapide et sans douleur.Devant une salle comble de personnes âgĂ©es venues en soutien, l’audience s’est ouverte en dĂ©but d’après-midi par l’appel des prĂ©venus, dont plusieurs se sont avancĂ©s Ă  la barre d’un pas frĂŞle, la silhouette voĂ»tĂ©e. Ces retraitĂ©s, pour beaucoup d’anciens enseignants, au casier judiciaire vierge, sont jugĂ©s devant le tribunal correctionnel pour des dĂ©lits relevant de la lĂ©gislation sur le trafic de substances illicites.La première journĂ©e de ce procès, prĂ©vu pour durer jusqu’au 9 octobre, est consacrĂ©e Ă  une question prioritaire de constitutionnalitĂ© (QPC). La dĂ©fense soutient que les poursuites Ă  l’encontre des prĂ©venus vont Ă  l’encontre de droits fondamentaux, comme le principe de sauvegarde de la dignitĂ© de la personne humaine ou le droit Ă  mourir dans la dignitĂ©.En amont de l’audience, quelque 70 membres de l’association ont manifestĂ© devant le tribunal judiciaire de Paris, chasubles jaunes et pancartes rĂ©clamant de “maĂ®triser sa vie jusqu’Ă  la fin”, a constatĂ© un journaliste de l’AFP. Dans un coin, une chorale militante improvisĂ©e a chantĂ© “Mourir sur scène” de Dalida.”On est assez satisfaits qu’il y ait un procès pour pouvoir montrer (le sujet) Ă  l’opinion publique, et peut-ĂŞtre aussi que l’opinion publique se manifeste en faveur d’un changement de la loi”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Monique Denis, 69 ans, Ă©pouse d’un des prĂ©venus membre de l’antenne de l’association Ă  Nancy.Franck, 61 ans, a rejoint l’association il y a quelques mois seulement. Un membre de sa famille y a fait appel pour mettre fin Ă  ses jours. “Je viens pour voir si je peux aider d’une manière ou d’une autre, pour que le jour oĂą j’aurai 80 ans et que je serai malade je ne sois pas obligĂ© de le faire derrière des portes fermĂ©es”, explique cet adhĂ©rent qui n’a pas souhaitĂ© donner son nom de famille.- Signalement des États-Unis -Cette affaire singulière dĂ©bute Ă  l’Ă©tĂ© 2019 avec un signalement des autoritĂ©s amĂ©ricaines sur une filière mexicaine de vente de barbituriques. GlissĂ© sous forme liquide dans des flacons marrons au capuchon bleu, le pentobarbital Ă©tait expĂ©diĂ© Ă  travers le monde avec l’anodine Ă©tiquette “Natural Cosmetics”.Suite Ă  une vague de perquisitions en France en octobre 2019, l’information judiciaire met alors au jour une face semi-clandestine de l’association Ultime LibertĂ©, dont certains adhĂ©rents “accompagnent” des personnes souhaitant mourir.IllĂ©galement, les militants les renseignent sur la manière de se procurer du pentobarbital sur internet via une messagerie cryptĂ©e, voire les assistent dans le processus. Un degrĂ© d’engagement que chaque “accompagnant” choisit librement, mais qui fait dĂ©bat dans les rangs mĂŞme de l’association.Très clivant, le combat d’Ultime LibertĂ© va au-delĂ  de la revendication des associations pro-euthanasie traditionnelles d’un “droit Ă  l’aide Ă  mourir” pour les patients en fin de vie et en grande souffrance, un brĂ»lant sujet de bioĂ©thique qui a fait l’objet d’une nouvelle proposition de loi votĂ©e en première lecture Ă  l’AssemblĂ©e nationale en mai.Se concevant comme la continuation des mouvements militants des annĂ©es 1960-70 (contraception, IVG) sur la libertĂ© de disposer de son corps, Ultime LibertĂ© pousse cette logique Ă  son paroxysme et revendique le droit Ă  un suicide “serein”, que l’on soit ou non malade, dans la mesure oĂą la personne qui fait ce choix est en pleine possession de ses moyens et que sa dĂ©cision est rĂ©flĂ©chie.”Le suicide est dĂ©pĂ©nalisĂ© depuis la RĂ©volution, mais il y a de nombreuses lois qui empĂŞchent la libertĂ© du suicide, le suicide non violent”, a estimĂ© auprès de l’AFP Claude Hury, prĂ©sidente d’Ultime LibertĂ© et prĂ©venue centrale du procès.

Au procès de trois femmes jihadistes, les premiers regrets de la nièce des frères Clain

“Je regrette”: Jennyfer Clain, nièce des frères Clain qui avaient revendiquĂ© les attentats du 13-Novembre, a fait preuve de contrition, lundi, devant la cour d’assises spĂ©ciale qui la juge avec deux autres accusĂ©es pour avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI) en Syrie. “Je ne suis pas lĂ  pour nier les faits qui me sont reprochĂ©s. J’ai adhĂ©rĂ© Ă  ce groupe terroriste, tueur. Je suis coupable. Je regrette tellement, mais je ne peux pas revenir en arrière”, a dĂ©clarĂ© dès l’entame des dĂ©bats la jeune femme de 34 ans.Son patronyme renvoie Ă  celui de ses oncles, Jean-Michel et Fabien Clain, deux responsables de la propagande de l’EI prĂ©sumĂ©s morts en Syrie, voix de la revendication des attentats du 13-Novembre. Ils avaient Ă©tĂ© condamnĂ©s en leur absence en 2022 Ă  Paris Ă  la perpĂ©tuitĂ© incompressible.A ses cĂ´tĂ©s dans le box des accusĂ©s, la belle-mère de la jeune femme, Christine Allain, 67 ans, qui oscille entre clins d’Ĺ“il, grands sourires et regard perdu, recroquevillĂ©e sur elle-mĂŞme lorsque la prĂ©sidente de la cour d’assises spĂ©ciale rappelle faits et charges.Son autre bru, Mayalen Duhart, est la seule des trois accusĂ©es qui comparaĂ®t libre, prĂ©cisant qu’elle est dĂ©sormais “salariĂ©e en boulangerie”.Elle encourt, comme sa belle-mère et belle-sĹ“ur par alliance, trente ans de rĂ©clusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste.Les trois s’Ă©taient rendues en Syrie en 2014.Jennyfer Clain rejoignait alors son mari, Kevin Gonot, Ă©pousĂ© Ă  l’âge de 16 ans par l’entremise de son oncle Jean-Michel Clain.Devant ses juges, celle qui a gardĂ© l’allure d’une grande adolescente a racontĂ© une enfance en vase clos, marquĂ©e par un islam radical omniprĂ©sent.”Aujourd’hui, le fait que j’aie des enfants qui ont l’âge que j’avais Ă  ce moment-lĂ  me montre que c’Ă©tait pas mon choix, par exemple, de porter le voile Ă  10 ans”, convient celle qui se dit toujours musulmane mais qui “rejette le communautarisme”.Volubile et souriante, Jennyfer Clain assure encore ĂŞtre “partie Ă  Daech de (son) propre fait” et a “besoin aujourd’hui d’ĂŞtre libĂ©rĂ©e de tout ça”.Mais, ajoute-t-elle, “sans Daech, je serais encore dans cette idĂ©ologie sectaire. Je regrette, bien sĂ»r, mais c’est ce qui a fait que je suis la personne que je suis aujourd’hui”.- “Travail sur elle-mĂŞme” -A Raqqa, elle avait Ă©galement retrouvĂ© sa belle-mère, Christine Allain, une ancienne Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e initiĂ©e Ă  l’islam quelques annĂ©es plus tĂ´t par son fils aĂ®nĂ©, Thomas Collange.Ce dernier avait Ă©galement entraĂ®nĂ© dans sa nouvelle foi sa compagne, Mayalen Duhart, d’abord rencontrĂ©e Ă  l’adolescence dans son Pays basque natal, puis retrouvĂ©e Ă  la facultĂ© de Toulouse, oĂą il avait fait la connaissance de Fabien Clain.”Très rapidement, il m’annonce que je dois me convertir. Moi, je n’arrivais pas Ă  faire ma vie sans lui”, raconte-t-elle Ă  la barre.A partir de 2004, le couple Duhart-Collange s’Ă©tait rendu Ă  plusieurs reprises en Syrie, avant de s’y installer dĂ©finitivement en 2014, trois ans après le dĂ©but de la guerre dans ce pays.Christine Allain, Jennyfer Clain et Mayalen Duhart avaient Ă©tĂ© expulsĂ©es de Turquie et mises en examen Ă  leur arrivĂ©e en France en septembre 2019, accompagnĂ©es de neuf enfants de 3 Ă  13 ans. Elles avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es deux mois plus tĂ´t dans la province turque de Kilis, frontalière avec la Syrie.L’interpellation mettait fin Ă  deux annĂ©es d’itinĂ©rance après la chute de Raqqa, lorsqu’elles avaient suivi le groupe Etat islamique le long du fleuve Euphrate, au grĂ© de la perte des territoires du fait des offensives kurdes.Kevin Gonot et Thomas Collange avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s lors de cette retraite. Le premier avait Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort en Irak en 2019, peine commuĂ©e en dĂ©tention perpĂ©tuelle. “C’est bien en toute connaissance de cause” que la belle-mère et ses deux brus ont fait le choix, “après l’instauration du califat, de rejoindre l’EI en Syrie”, elles et leurs familles bĂ©nĂ©ficiant de salaires ou de logements fournis par l’organisation, avaient soulignĂ© les juges d’instruction au terme de leur enquĂŞte.”Christine Allain est dĂ©sormais apaisĂ©e, elle a beaucoup travaillĂ© sur elle-mĂŞme, elle a rencontrĂ© beaucoup de professionnels en dĂ©tention pour envisager la rĂ©insertion sociale”, a soulignĂ© auprès de l’AFP son avocat, Me Edouard Delattre. “Elle dĂ©teste la personne qu’elle Ă©tait devenue”, a-t-il ajoutĂ©.Jennyfer Clain et Mayalen Duhart sont Ă©galement poursuivies pour avoir emmenĂ© volontairement leurs enfants “dans une zone en guerre pour y rejoindre un groupe terroriste”. Le procès doit se tenir jusqu’au 26 septembre.

“Mimi” Costa, figure du banditisme corse de 70 ans, jugĂ© pour l’assassinat d’un jeune en 2019

Il est une figure du banditisme corse Ă  l’ancienne, soupçonnĂ© d’ĂŞtre un des derniers “historiques” de la bande de la “Brise de mer”: Dominique Costa, dit “Mimi”, 70 ans, est jugĂ© Ă  Aix-en-Provence pour l’assassinat en 2019 du jeune Antoine Francisci.Devant la cour d’assises des Bouches-du-RhĂ´ne, Dominique Costa, petites lunettes et polo blanc, en dĂ©tention provisoire depuis plus de cinq ans, a pris la parole dans l’après-midi: “j’ai rien Ă  voir, je suis innocent, je suis agriculteur, je suis restĂ© au village”, a-t-il rĂ©pĂ©tĂ©.Fait très rare dans ce genre d’affaires, oĂą les parties civiles se font souvent discrètes, la mère de la victime Ă©tait prĂ©sente Ă  l’audience. Dans le public, une femme a brandi un portrait de la jeune victime.Le 13 mai 2019 Ă  6H00 du matin, le corps sans vie d’Antoine Francisci, 22 ans, tuĂ© de plusieurs coups de fusil de chasse, est dĂ©couvert sur une petite route, Ă  cĂ´tĂ© d’un buggy volĂ©, retrouvĂ© renversĂ©, Ă  Pietralba, en Haute-Corse, Ă  quelques kilomètres du fief des Costa, Moltifao.Les enquĂŞteurs ne tardent pas Ă  dĂ©couvrir que la cible des assassins Ă©tait en rĂ©alitĂ© un proche de la victime, Laurent Emmanuelli, figure montante du banditisme corse, conducteur habituel du buggy, mais qui ce soir-lĂ  suivait Antoine Francisci, en “convoi” dans une voiture. Dominique Costa est d’ailleurs aussi jugĂ© pour “tentative de meurtre en bande organisĂ©e” sur ce dernier.Laurent Emmanuelli cherchait activement Ă  s’implanter en Balagne, rĂ©gion de Haute-Corse comprenant Calvi, et Ă©tait de ce fait en concurrence avec le clan Costa, notent les enquĂŞteurs.Le meurtre d’un de ses proches, Antoine Francisci, s’inscrit donc selon eux “de manière pĂ©renne, par la violence, dans une gestion des rapports entre les clans et des rapports de force en prĂ©sence”.AccusĂ© d’avoir modifiĂ© la scène de crime, notamment en faisant disparaĂ®tre le casque qui cachait le visage de Francisci Ă  ses assassins, et de ne pas avoir dĂ©noncĂ© le crime, Laurent Emmanuelli sera jugĂ© pour ces faits ultĂ©rieurement devant le tribunal correctionnel et sera entendu comme tĂ©moin dans ce procès.- “le donneur d’ordre” ? -Autre indice menant Ă  la “piste Costa”: une rĂ©cente tentative d’extorsion d’Emmanuelli et sa bande au prĂ©judice de François Santelli, qui s’Ă©tait rĂ©fugiĂ© chez les Costa et sollicitait sa protection.Les enquĂŞteurs dĂ©couvrent, grâce aux Ă©coutes et au traçage des vĂ©hicules des suspects notamment, que le jour de l’assassinat, “Mimi” Costa avait ordonnĂ© Ă  deux de ses proches, Pierre-Louis Vignali et Mathieu Fondacci, de le rejoindre pour “descendre voir ce con-lĂ ”.Les deux hommes sont jugĂ©s aux cĂ´tĂ©s de Dominique Costa, Ă©galement pour meurtre en bande organisĂ©e et tentative de meurtre. Deux autres membres prĂ©sumĂ©s du clan, le commerçant François Santelli et Nicolas Vinciguerra, comparaissent Ă©galement pour vol, recel et participation Ă  une association de malfaiteurs.Officiellement Ă©leveur, “Mimi” Costa, dĂ©jĂ  condamnĂ© en 2015 pour blanchiment et extorsion, est considĂ©rĂ© par les enquĂŞteurs comme “le donneur d’ordre de par son âge, son ancrage passĂ© dans la dĂ©linquance et son autoritĂ©”. Il est le frère de Maurice Costa, prĂ©sentĂ© comme un baron de la Brise de mer, et abattu en 2012 dans une boucherie.Jusqu’Ă  prĂ©sent, ils ont tous niĂ© les faits reprochĂ©s. Les avocats de M. Costa ont demandĂ© lundi le renvoi du procès, dĂ©nonçant un dossier “sans preuve”, et des demandes de rapprochement ADN ou de reconstitution restĂ©es sans rĂ©ponse.La Corse, qui subit depuis plusieurs dĂ©cennies des violences entre bandes rivales, est “au premier rang national” en termes d’homicides rapportĂ©s Ă  la population, avec “18 homicides et 16 tentatives d’homicides” en 2024 pour 355.000 habitants, avait rappelĂ© en janvier le prĂ©fet de Corse, JĂ©rĂ´me Filippini.Ce procès est prĂ©vu pour durer jusqu’au 2 octobre.

La surexposition aux pesticides des riverains des vignes démontrée par une vaste étude

Une photographie de l’exposition aux pesticides: les riverains des vignes sont plus imprĂ©gnĂ©s que les autres Français, dĂ©montre une Ă©tude nationale inĂ©dite, dĂ©voilĂ©e lundi par deux agences sanitaires, sans dĂ©terminer Ă  ce stade les impacts potentiels sur la santĂ©. Très attendue, dans un contexte d’inquiĂ©tudes croissantes mais aussi de tensions avec une partie du monde agricole, l’Ă©tude PestiRiv a mesurĂ© la prĂ©sence de 56 substances dans l’urine et les cheveux de 1.946 adultes et 742 enfants, ainsi que dans l’air extĂ©rieur, les poussières et l’air des habitations, plus quelques potagers.D’une ampleur inĂ©dite, elle a portĂ© en 2021-2022 sur 265 sites dans six rĂ©gions viticoles (Grand Ouest, Bourgogne Franche-ComtĂ©, Auvergne RhĂ´ne-Alpes, Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine).Ce travail de SantĂ© publique France et de l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a aussi recherchĂ© d’autres sources d’exposition potentielles (alimentation, modes de vie). “CohĂ©rents” avec ceux d’Ă©tudes aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, selon les deux agences, les rĂ©sultats montrent que les riverains des vignobles “sont plus exposĂ©s aux produits phytopharmaceutiques (fongicides, herbicides, insecticides ndlr) que ce(ux) vivant loin de toute culture”. Ils ont Ă©tĂ© communiquĂ©s aux parties prenantes (exploitants, Ă©lus locaux, ONG…)La majoritĂ© des substances, spĂ©cifiques Ă  cette culture (folpel, mĂ©tirame) ou pas (glyphosate, fosĂ©tyl-aluminium, spiroxamine…), ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es près des vignes – culture choisie pour sa forte consommation de ces produits et sa proximitĂ© des habitations.- Enfants plus imprĂ©gnĂ©s-Dans les zones viticoles (Ă  moins de 500 mètres) ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s des niveaux de contamination parfois supĂ©rieurs de “45% dans les urines”, “plus de 1.000% dans les poussières”, “12 fois” plus grands dans l’air ambiant, comparĂ© aux zones Ă  plus d’un kilomètre de toute culture, a dĂ©taillĂ© Ă  la presse ClĂ©mence Fillol (SpF).En pĂ©riode de traitement des cultures, les “niveaux de contamination pouvaient augmenter de jusqu’Ă  60% dans les urines ou selon les pesticides mesurĂ©s”, de “plus de 700% dans les poussières, jusqu’Ă  “45 fois dans l’air ambiant”, a-t-elle poursuivi.Deux facteurs principaux sont apparus dans cette exposition: elle augmente avec la quantitĂ© de pesticides Ă©pandue et diminue avec l’Ă©loignement des vignes, a prĂ©cisĂ© Ohri Yamada (Anses).La durĂ©e d’aĂ©ration du logement et du temps passĂ© Ă  l’extĂ©rieur jouent aussi, dans une moindre mesure.Les enfants de 3 Ă  6 ans Ă©taient plus imprĂ©gnĂ©s, car “davantage en contact avec le sol” ou portant les mains Ă  leur bouche, “par leur apport alimentaire aussi”, a prĂ©cisĂ© Mme Fillol.Les moins de trois ans n’ont pas Ă©tĂ© inclus, les scientifiques invoquant des difficultĂ©s concrètes (recueil d’urine…). Et trop peu de viticulteurs et ouvriers agricoles ont participĂ© pour Ă©tablir une imprĂ©gnation spĂ©cifique.Autre limite: les chercheurs n’ont pas pu accĂ©der aux “donnĂ©es rĂ©elles d’utilisation des produits phytopharmaceutiques”, et ont dĂ» employer “une mĂ©thode très complexe et très chronophage” pour reconstituer les quantitĂ©s de pesticides Ă©pandues. Surtout, cette photographie n’Ă©value pas les effets de ces expositions sur la santĂ©.  “Nous ne disposons pas aujourd’hui de lien entre les niveaux d’imprĂ©gnation retrouvĂ©s et des Ă©lĂ©ments cliniques en santĂ© humaine”, notamment sur des cancers, a rĂ©sumĂ© BenoĂ®t Vallet, directeur gĂ©nĂ©ral de l’Anses.D’autant que d’autres expositions environnementales (mĂ©taux lourds, particules fines, etc) peuvent influer.Cette Ă©tude “ne prĂ©tend pas rĂ©pondre Ă  toutes les questions”, a soulignĂ© Caroline Semaille, directrice gĂ©nĂ©rale de SpF, et “d’autres grandes enquĂŞtes avec l’Anses viendront complĂ©ter ses premiers rĂ©sultats”.MĂŞme si les niveaux d’exposition ne dĂ©passent pas ceux anticipĂ©s dans les autorisations de mise sur le marchĂ© (AMM) de pesticides, les agences recommandent, par prĂ©caution, de “rĂ©duire au strict nĂ©cessaire le recours aux produits phytopharmaceutiques”, avec notamment une application “ambitieuse” de la stratĂ©gie Ecophyto.Autre prĂ©conisation: informer les habitants avant les traitements pour qu’ils puissent adapter leur comportement: se dĂ©chausser en rentrant chez soi, nettoyer le sol, sĂ©cher le linge Ă  l’intĂ©rieur, etc. “Cette Ă©tude confirme nos craintes”, a commentĂ© Ă  l’AFP François Veillerette, porte-parole de GĂ©nĂ©rations futures, inquiet du “peu d’empressement (de l’Etat ndlr) Ă  relancer le plan Ecophyto”, qui prĂ©voit de diminuer par deux l’usage des pesticides d’ici 2030. L’ONG appelle Ă  Ă©largir les zones sans traitement (actuellement 10 mètres pour la vigne) et Ă  accĂ©lĂ©rer la conversion au bio.Le ComitĂ© national des interprofessions des vins (CNIV) a insistĂ© sur une amĂ©lioration des pratiques du secteur depuis dix ans, appelant aussi les fabricants de pesticides Ă  faire Ă©voluer leurs produits.

La surexposition aux pesticides des riverains des vignes démontrée par une vaste étude

Une photographie de l’exposition aux pesticides: les riverains des vignes sont plus imprĂ©gnĂ©s que les autres Français, dĂ©montre une Ă©tude nationale inĂ©dite, dĂ©voilĂ©e lundi par deux agences sanitaires, sans dĂ©terminer Ă  ce stade les impacts potentiels sur la santĂ©. Très attendue, dans un contexte d’inquiĂ©tudes croissantes mais aussi de tensions avec une partie du monde agricole, l’Ă©tude PestiRiv a mesurĂ© la prĂ©sence de 56 substances dans l’urine et les cheveux de 1.946 adultes et 742 enfants, ainsi que dans l’air extĂ©rieur, les poussières et l’air des habitations, plus quelques potagers.D’une ampleur inĂ©dite, elle a portĂ© en 2021-2022 sur 265 sites dans six rĂ©gions viticoles (Grand Ouest, Bourgogne Franche-ComtĂ©, Auvergne RhĂ´ne-Alpes, Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine).Ce travail de SantĂ© publique France et de l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a aussi recherchĂ© d’autres sources d’exposition potentielles (alimentation, modes de vie). “CohĂ©rents” avec ceux d’Ă©tudes aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, selon les deux agences, les rĂ©sultats montrent que les riverains des vignobles “sont plus exposĂ©s aux produits phytopharmaceutiques (fongicides, herbicides, insecticides ndlr) que ce(ux) vivant loin de toute culture”. Ils ont Ă©tĂ© communiquĂ©s aux parties prenantes (exploitants, Ă©lus locaux, ONG…)La majoritĂ© des substances, spĂ©cifiques Ă  cette culture (folpel, mĂ©tirame) ou pas (glyphosate, fosĂ©tyl-aluminium, spiroxamine…), ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es près des vignes – culture choisie pour sa forte consommation de ces produits et sa proximitĂ© des habitations.- Enfants plus imprĂ©gnĂ©s-Dans les zones viticoles (Ă  moins de 500 mètres) ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s des niveaux de contamination parfois supĂ©rieurs de “45% dans les urines”, “plus de 1.000% dans les poussières”, “12 fois” plus grands dans l’air ambiant, comparĂ© aux zones Ă  plus d’un kilomètre de toute culture, a dĂ©taillĂ© Ă  la presse ClĂ©mence Fillol (SpF).En pĂ©riode de traitement des cultures, les “niveaux de contamination pouvaient augmenter de jusqu’Ă  60% dans les urines ou selon les pesticides mesurĂ©s”, de “plus de 700% dans les poussières, jusqu’Ă  “45 fois dans l’air ambiant”, a-t-elle poursuivi.Deux facteurs principaux sont apparus dans cette exposition: elle augmente avec la quantitĂ© de pesticides Ă©pandue et diminue avec l’Ă©loignement des vignes, a prĂ©cisĂ© Ohri Yamada (Anses).La durĂ©e d’aĂ©ration du logement et du temps passĂ© Ă  l’extĂ©rieur jouent aussi, dans une moindre mesure.Les enfants de 3 Ă  6 ans Ă©taient plus imprĂ©gnĂ©s, car “davantage en contact avec le sol” ou portant les mains Ă  leur bouche, “par leur apport alimentaire aussi”, a prĂ©cisĂ© Mme Fillol.Les moins de trois ans n’ont pas Ă©tĂ© inclus, les scientifiques invoquant des difficultĂ©s concrètes (recueil d’urine…). Et trop peu de viticulteurs et ouvriers agricoles ont participĂ© pour Ă©tablir une imprĂ©gnation spĂ©cifique.Autre limite: les chercheurs n’ont pas pu accĂ©der aux “donnĂ©es rĂ©elles d’utilisation des produits phytopharmaceutiques”, et ont dĂ» employer “une mĂ©thode très complexe et très chronophage” pour reconstituer les quantitĂ©s de pesticides Ă©pandues. Surtout, cette photographie n’Ă©value pas les effets de ces expositions sur la santĂ©.  “Nous ne disposons pas aujourd’hui de lien entre les niveaux d’imprĂ©gnation retrouvĂ©s et des Ă©lĂ©ments cliniques en santĂ© humaine”, notamment sur des cancers, a rĂ©sumĂ© BenoĂ®t Vallet, directeur gĂ©nĂ©ral de l’Anses.D’autant que d’autres expositions environnementales (mĂ©taux lourds, particules fines, etc) peuvent influer.Cette Ă©tude “ne prĂ©tend pas rĂ©pondre Ă  toutes les questions”, a soulignĂ© Caroline Semaille, directrice gĂ©nĂ©rale de SpF, et “d’autres grandes enquĂŞtes avec l’Anses viendront complĂ©ter ses premiers rĂ©sultats”.MĂŞme si les niveaux d’exposition ne dĂ©passent pas ceux anticipĂ©s dans les autorisations de mise sur le marchĂ© (AMM) de pesticides, les agences recommandent, par prĂ©caution, de “rĂ©duire au strict nĂ©cessaire le recours aux produits phytopharmaceutiques”, avec notamment une application “ambitieuse” de la stratĂ©gie Ecophyto.Autre prĂ©conisation: informer les habitants avant les traitements pour qu’ils puissent adapter leur comportement: se dĂ©chausser en rentrant chez soi, nettoyer le sol, sĂ©cher le linge Ă  l’intĂ©rieur, etc. “Cette Ă©tude confirme nos craintes”, a commentĂ© Ă  l’AFP François Veillerette, porte-parole de GĂ©nĂ©rations futures, inquiet du “peu d’empressement (de l’Etat ndlr) Ă  relancer le plan Ecophyto”, qui prĂ©voit de diminuer par deux l’usage des pesticides d’ici 2030. L’ONG appelle Ă  Ă©largir les zones sans traitement (actuellement 10 mètres pour la vigne) et Ă  accĂ©lĂ©rer la conversion au bio.Le ComitĂ© national des interprofessions des vins (CNIV) a insistĂ© sur une amĂ©lioration des pratiques du secteur depuis dix ans, appelant aussi les fabricants de pesticides Ă  faire Ă©voluer leurs produits.

Drapeaux palestiniens sur les mairies: critiqué par Retailleau, Faure reçoit le soutien de Mélenchon

Afficher le drapeau palestinien sur les mairies le jour de la reconnaissance de la Palestine par la France le 22 septembre: l’idĂ©e poussĂ©e par le patron du PS Olivier Faure a suscitĂ© l’indignation Ă  droite du champ politique et dans la communautĂ© juive. Tout a commencĂ© par un tweet du premier secrĂ©taire du Parti socialiste dimanche en fin d’après-midi.”Le 22 septembre, quand la France reconnaĂ®tra enfin l’État palestinien, faisons flotter le drapeau palestinien sur nos mairies”, a-t-il Ă©crit sur X en publiant une capture d’Ă©cran d’un article faisant Ă©tat de “l’admiration” du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez pour les manifestations propalestiniennes qui avaient perturbĂ© la Vuelta.Une “surenchère dĂ©magogique et clientĂ©liste” pour le prĂ©sident du Conseil reprĂ©sentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi.”Je n’ai pas souvenir que vous ayez demandĂ© aux mairies d’afficher les portraits des otages retenus Ă  Gaza. Ni les drapeaux du Sud Soudan ou du Kosovo quand la France les a reconnus”, a-t-il ajoutĂ©.Emmanuel Macron co-prĂ©sidera avec le prince hĂ©ritier saoudien Mohammed Ben Salmane, le 22 septembre au siège de l’ONU Ă  New York, une confĂ©rence sur la “solution Ă  deux Etats” au cours de laquelle Paris doit formaliser, de mĂŞme que plusieurs autres pays, sa reconnaissance de l’Etat palestinien.Cette date correspond aussi cette annĂ©e Ă  Roch Hachana, le Nouvel an juif.Alors qu’un internaute, l’ancien porte-parole de l’armĂ©e israĂ©lienne Julien Bahloul, le lui faisait remarquer, le patron du PS a rĂ©pondu: “Tant que vous penserez que vous ne pouvez fĂŞter le nouvel an juif et l’an 1 d’un État palestinien, vous ne sèmerez que la haine, le dĂ©sespoir et la mort”.”Croire qu’on doit choisir entre fĂŞter Roch Hachana et espĂ©rer un État palestinien, c’est confondre calendrier religieux et conflit gĂ©opolitique”, a affirmĂ© de son cĂ´tĂ© le grand rabbin de France HaĂŻm Korsia.C’est sur un aspect plus juridique que le ministre de l’IntĂ©rieur dĂ©missionnaire et patron des LR, Bruno Retailleau, est intervenu. – MĂ©lenchon, un soutien “radioactif”? -“La justice administrative a ordonnĂ© rĂ©cemment, et Ă  plusieurs reprises, le retrait de drapeaux palestiniens du fronton de mairies, au motif qu’ils portaient gravement atteinte au principe de neutralitĂ© des services publics”, a-t-il dĂ©clarĂ©.”Il y a suffisamment de sujets de division dans le pays pour ne pas importer le conflit du Proche-Orient”, a-t-il Ă©galement tancĂ©.Ces derniers mois, des tribunaux avaient notamment ordonnĂ© aux mairies de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Mitry-Mory (Seine-et-Marne) ou Besançon de retirer des drapeaux palestiniens hissĂ©s sur ou devant leur hĂ´tel de ville.Les Ă©changes n’ont pas Ă©chappĂ© au leader de La France insoumise, Jean-Luc MĂ©lenchon, dont la formation s’est fait le fer de lance du soutien de la cause palestinienne au sein de la classe politique française. Et qui accuse rĂ©gulièrement les socialistes de timiditĂ© Ă  ce sujet.”Olivier Faure, rĂ©sistez aux provocations. Il ne faut JAMAIS mĂ©langer la religion avec la politique”, a-t-il rĂ©agi sur X.”Courage ! Vous allez dĂ©couvrir quel niveau d’insultes et de violences nous sommes soumis depuis deux ans”, a-t-il ajoutĂ©, dans un message teintĂ© d’ironie.Fin aoĂ»t, lors d’une confĂ©rence devant ses troupes Ă  Paris, Jean-Luc MĂ©lenchon avait lancĂ© Ă  destination d’Olivier Faure: “Tu feras comme d’habitude mon grand, tu vas attendre six, sept, huit mois pour dire la mĂŞme chose que moi après m’avoir injuriĂ© pendant six ou sept mois”.Pas de quoi rassurer les socialistes. “Le soutien de LFI paraĂ®t radioactif sur tous les sujets maintenant”, souffle un proche du patron du PS.”On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre”, dit de son cĂ´tĂ© un cadre Insoumis. “Faure se rĂ©veille deux ans après le dĂ©but du gĂ©nocide et il veut rattraper ses absences. Mais en gĂ©nĂ©ral quand on fait ça on perd sur les deux tableaux”.Pendant le week-end, Olivier Faure s’Ă©tait fait huer par des militants Ă  la FĂŞte de l’HumanitĂ© pour avoir reprochĂ© aux Insoumis de ne pas avoir “compris qu’il y avait un acte terroriste perpĂ©trĂ© par le Hamas”, lors des attaques du 7 octobre 2023 en IsraĂ«l.

Appels de CĂ©dric Jubillar Ă  son ex-petite amie: l’enquĂŞte classĂ©e

L’enquĂŞte pour “subornation de tĂ©moin et appels malveillants rĂ©itĂ©rĂ©s” ouverte après que CĂ©dric Jubillar a appelĂ© son ex-petite amie, tĂ©moin lors de son prochain procès pour le meurtre de son Ă©pouse, a Ă©tĂ© classĂ©e sans suite, a indiquĂ© lundi le parquet de Toulouse.Le parquet a dĂ©cidĂ© “de classer sans suite cette affaire, considĂ©rant que les infractions visĂ©es n’étaient pas suffisamment caractĂ©risĂ©es”, Ă©crit dans un communiquĂ© le procureur de la RĂ©publique de Toulouse, David Charmatz.CĂ©dric Jubillar a tentĂ© d’appeler Ă  plusieurs reprises le 4 septembre son ex-petite amie qui avait auparavant affirmĂ© que le peintre plaquiste lui avait avouĂ© le meurtre de son Ă©pouse Delphine, disparue fin 2020 Ă  Cagnac-les-Mines (Tarn). Lorsqu’elle a constatĂ© l’existence de ces appels, l’administration pĂ©nitentiaire a mis au courant la justice. Le parquet de Toulouse a ensuite ouvert une enquĂŞte le 6 septembre, avant d’entendre cette femme de 31 ans le 7 septembre, puis CĂ©dric Jubillar le 11 septembre.Le parquet a alors promis de faire “le nĂ©cessaire pour trancher rapidement” et pour ne pas “perturber le procès” qui s’ouvre le 22 septembre Ă  Albi, avait soulignĂ© le parquet de Toulouse, peu après l’audition de l’accusĂ©.La jeune femme n’a pas rĂ©pondu lorsque CĂ©dric Jubillar a tentĂ© de la joindre mais il lui a laissĂ© le message suivant: “RĂ©ponds quand je t’appelle. Tu as peur de quoi ?”, selon l’avocat de l’ex-petite amie.”Ce n’est pas une phrase d’une personne qui veut avoir une conversation cordiale, mais plutĂ´t une personne qui veut intimider, et dans le cas d’espèce menacer”, a dit Ă  l’AFP Me Joaquinito Maria Alogo de Obono.”Nous pouvons lĂ©gitimement nous demander, si ce n’est pas pour faire qu’elle se rĂ©tracte ou, au contraire, savoir s’il est possible pour elle de modifier sa version”, a-t-il ajoutĂ©.CĂ©dric Jubillar nie avoir avouĂ© Ă  son ex-compagne qu’il avait tuĂ© sa femme, selon sa dĂ©fense.L’accusĂ©, qui clame son innocence dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni tĂ©moin, ni scène de crime, ni preuve irrĂ©futable, aurait, selon des documents judiciaires, dĂ©jĂ  affirmĂ© Ă  un codĂ©tenu ainsi qu’Ă  une autre ex-compagne avoir tuĂ© Delphine.