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Contaminées par l’industrie pendant deux siècles, des Calanques de Marseille bientôt dépolluées

Dans le parc national des Calanques, espace protégé qui commence dans Marseille, d’importants travaux sous haute surveillance ont commencé début septembre afin de dépolluer le littoral sud de la deuxième ville de France, contaminé pendant deux siècles par des activités industrielles.Les dépôts grisâtres qui s’étalent sur plusieurs dizaines de mètres détonnent dans ce paysage idyllique de roches calcaires bordées par les eaux turquoise de la Méditerranée. Ces “scories” sont les “résidus de production d’anciennes usines, utilisés comme remblais pour la création de routes et de parkings”, explique Mélody Gros, cheffe de projets Sites et Sols pollués à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), l’organisme mandaté par l’Etat pour réaliser l’opération.Sur une colline surplombant le village de pêcheurs des Goudes, haut lieu du tourisme instagrammable marseillais, pelleteuses et autres engins de chantier s’activent pour aménager la base principale des ouvriers durant les prochains mois. “Ce chantier répond à un objectif de santé publique”, affirme Mme Gros. Les scories, présentes sur une surface totale de 29 hectares, sont chargées en métaux comme le plomb ou l’arsenic, qui contaminent les sols et la mer et sont néfastes pour la santé humaine.L’Etat, condamné fin 2024 à dépolluer la zone, s’apprête donc à “mettre en sécurité”, selon les termes de l’Ademe et de la préfecture des Bouches-du-Rhône, 20 dépôts de scories considérés comme “prioritaires au regard de leur potentiel de contamination du milieu et des personnes”.Pourtant, le tribunal administratif de Marseille évoquait dans son jugement la présence de 77 dépôts. Mais Mme Gros assure que l’Ademe “n’aurait pas la capacité de retraiter la totalité”.Le chantier, qui s’étalera sur deux périodes de sept mois jusqu’en 2027, coûtera au total 14 millions d’euros, financés pour moitié par l’Etat, le reste par le département des Bouches-du-Rhône, la ville de Marseille et la métropole Aix-Marseille.- Riverains inquiets -Dans un premier temps, 2.500 tonnes de gravats seront traités d’ici mars 2026. Une partie sera envoyée par camions vers un site de stockage de déchets dangereux dans le Gard, l’autre confinée sur place dans des membranes étanches, surmontées d’un nouvel habillage paysager.Malgré les nombreuses précautions prises pour éviter toute dispersion dans l’environnement, comme la construction de barrières ou la pose de grands sacs pour retenir les polluants, les responsables de l’opération peinent à rassurer complètement les riverains.L’installation d’une tente de confinement de 250 mètres carrés sur la base principale du chantier, juste au-dessus des Goudes, inquiète particulièrement les 500 habitants permanents. Car après avoir retiré les scories avec des aspiratrices, elles seront déchargées par camions dans des bennes placées dans la tente avant leur transfert dans le Gard. Romain Garoute, président du Comité d’intérêt de quartier (CIQ), regrette le choix de ce lieu pour le stockage temporaire des scories, qu’il aurait préféré voir sur un autre site “plus à l’abri du vent”. “On aurait pu éviter certains risques inutiles”, estime-t-il, bien qu’il se dise “rassuré par la méthodologie” présentée par l’Ademe.Les associations environnementales ont elles aussi suivi avec attention la préparation du chantier et, tout en reconnaissant le “travail remarquable” de l’agence, émettent quelques réserves.Plusieurs appareils mesurant en continu la qualité de l’air ont été installés sur le littoral et deux seuils – “vigilance” et “alerte” – déterminés. En cas de dépassement, des mesures pouvant aller jusqu’à l’arrêt temporaire du chantier seront prises.Mais cela reste insuffisant pour Rolland Dadena, président de l’Association Santé Littoral Sud, qui a demandé au préfet “d’activer un plan de veille sanitaire” pendant toute la durée du chantier.Il s’inquiète que le “risque sanitaire” déjà existant soit “décuplé” lors de la manipulation de matières toxiques très friables.Ce serait “impensable” que les travaux “entraînent une surpollution pour la population”, insiste-t-il, observant le paysage côtier noirci par les scories.

Climat: émissions de carbone record en Europe avec les incendies de l’été, selon Copernicus

Les rejets de carbone dans l’atmosphère, liés aux feux de forêts de cet été, sont d’ores et déjà les plus importants jamais enregistrés depuis le début des relevés il y a 23 ans en Europe, a annoncé jeudi le service européen Copernicus.Après des mois d’été (juin à août) marqués par “une intense activité de feux de forêt en Europe”, notamment sur la péninsule ibérique, “les émissions annuelles totales de carbone estimées pour l’Union européenne et le Royaume-Uni sont, depuis fin août et avec la saison des incendies toujours active, les plus élevées” jamais relevées depuis le début des analyses du service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus (CAMS), selon un communiqué.Depuis le début de l’année, les incendies de forêt en Europe ont libéré 12,9 mégatonnes de carbone. Les précédents records annuels étaient de 11,4 mégatonnes de carbone, en 2003 comme en 2017.Ce record est principalement dû aux feux de forêts qui ont ravagé la péninsule ibérique à la mi-août. Rien qu’en Espagne, ces incendies ont fait quatre morts et brûlé plus de 350.000 hectares.”Les émissions totales de la région, inférieures à la moyenne jusqu’au début août, ont radicalement changé en l’espace d’une semaine seulement”, souligne Copernicus. À elles seules, les émissions résultant des feux de l’Espagne et du Portugal représentent environ les trois quarts du total européen.Les forêts de Turquie, Chypre et de certains pays des Balkans ont également été ravagées par les flammes cet été, à la faveur de vagues de chaleur et de la sécheresse.Le consensus scientifique lie le réchauffement climatique, dû à l’activité humaine, à des incendies de végétation plus intenses et plus fréquents.Dès la fin juillet, Copernicus avait relevé des niveaux d’émissions de carbone liés aux feux en Grèce et en Turquie parmi les plus élevés des 23 années de mesures. Le Royaume-Uni battait déjà son record annuel d’émissions, alors que l’année n’était pas terminée. En Serbie et en Albanie, elles étaient les deuxièmes plus élevées, derrière 2007.Les incendies au Canada, des “mégafeux” durant l’été, se sont poursuivis jusqu’à début septembre, provoquant les deuxièmes émissions annuelles les plus élevées, après 2023.D’importants panaches de fumée ont traversé l’Atlantique début août avant d’atteindre l’ouest de l’Europe, note Copernicus.L’été 2025 a également été marqué par des épisodes de transport de poussière saharienne “inhabituellement fréquents et intenses”, à la fois en provenance de la Méditerranée vers le sud de l’Europe et à travers l’Atlantique vers le continent américain.Enfin, les vagues de chaleur ont fait augmenter les concentrations d’ozone au-dessus des niveaux réglementaires sur la majeure partie de l’Europe, dégradant la qualité de l’air et donc la santé humaine.

Climat: divisée, l’UE cherche un compromis a minima

Les pays européens essayent d’arracher jeudi un compromis a minima sur la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre en 2035, pour ne pas arriver les mains vides à l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine, et à la COP30 au Brésil en novembre.”Les marges de manoeuvre sont très étroites”, a confié un diplomate européen à Bruxelles, avant la reprise de difficiles négociations entre les ministres de l’Environnement.L’Union européenne n’arrive pas à se mettre d’accord sur son objectif climatique 2040.Et faute de mieux, les ministres discutent d’une simple “déclaration d’intention” sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035.L’idée serait d’approuver une fourchette de baisse des émissions dans les dix ans qui viennent – entre -66,3% et -72,5% par rapport à 1990. Puis de préciser la cible quand les 27 conviendront de leur trajectoire 2040 dans quelques semaines ou quelques mois.Le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne, a mis ce compromis sur la table pour montrer que l’Europe n’a pas rénoncé à son “leadership” environnemental, malgré les divergences entre les Etats.C’est “loin d’être idéal”, mais “c’est la meilleure option” à ce stade, considère Elisa Giannelli, du think tank E3G. Cela “permet à l’Union européenne de sauver la face au niveau international”.Il y a urgence. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, doit défendre les ambitions climatiques de l’UE mercredi prochain à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Et la COP30, la grande conférence de l’ONU sur le climat, commence le 10 novembre au Brésil, à Belém.Jeudi matin, le commissaire européen Wopke Hoekstra s’est voulu rassurant. “Je suis convaincu” que les Européens parviendront “à régler la question de 2040 avant Belém”, a-t-il dit.”Au bout du compte, nous continuerons d’être soit les plus ambitieux, soit parmi les plus ambitieux” en matière climatique, a-t-il martelé.- Profondes divergences -Bousculée par la poussée de l’extrême droite aux élections européennes de juin 2024, l’UE est beaucoup moins allante sur les enjeux environnementaux que lors du précédent mandat.L’écologie peine à trouver une place dans l’agenda, dans un contexte géopolitique tendu.A ce stade, le blocage persiste sur la proposition de la Commission européenne de réduire de 90% les émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990.Le Danemark, la Suède et l’Espagne poussent pour, mais des pays comme la Hongrie et la République tchèque sont contre au nom de la défense de leur industrie, et la France reste prudente.La Commission a fait un geste début juillet, en proposant des flexibilités dans le mode de calcul: la possibilité d’acquérir des crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, qui financeraient des projets en dehors de l’Europe.Mais cette concession n’a pas suffi.La semaine dernière, la France et l’Allemagne ont provoqué la colère des organisations environnementales en réclamant d’abord une discussion entre chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet européen du 23 octobre à Bruxelles.Avec ce flottement, l’Europe est en train d’envoyer “un mauvais signal”, peste Michael Sicaud-Clyet, de l’ONG WWF.Avant de se prononcer sur 2040, la France réclame notamment des garanties sur le financement de la décarbonation de l’industrie et des mesures “commerciales plus ambitieuses” pour soutenir l’acier européen.Paris critique la méthode de la Commission, qui a lié les échéances 2035 et 2040, quand l’ONU réclamait en février dernier que les pays signataires de l’Accord de Paris publient leur engagements de décarbonation pour 2035 (les “contributions déterminées au niveau national”, les NDC dans le jargon onusien).En temporisant, la France et l’Allemagne s’efforcent aussi de ménager leur opinion publique, alors que l’extrême droite, pourfendeuse de “l’écologie punitive” de Bruxelles, progresse de plus en plus.Aux Nations Unies, on s’inquiète que l’UE perde l’effet d’entraînement qu’elle avait jusqu’ici sur les questions environnementales.Loin derrière la Chine, l’Union européenne est le quatrième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, après les Etats-Unis et l’Inde.Jeudi, le service de surveillance européen Copernicus a annoncé des records d’émissions de carbone cette année en Europe en raison des feux de forêts cet été.

Les pêcheurs français réunis à Boulogne-sur-Mer pour défendre leurs accès à la mer

Avant tout, défendre ses accès à la mer: c’est à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), premier port de pêche français, que les professionnels du secteur sont réunis jeudi et vendredi pour débattre de l’avenir de la filière, encore meurtrie par le Brexit.Dans le détroit le plus fréquenté du monde, “l’accès à la ressource est fondamental” et “il faut mettre en place un plan de gestion de la Manche” pour le garantir, a lancé d’emblée Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la région Hauts-de-France.Car les Britanniques “ne respectent pas les accords”, a affirmé Xavier Bertrand, président (LR) du conseil régional, dans un message vidéo diffusé dans la salle où sont regroupés plus de 500 professionnels de la pêche, scientifiques et élus.Après le Brexit, c’est la pêche bretonne qui a perdu le plus de navires, envoyés à la casse faute de pouvoir travailler dans les eaux britanniques, mais les professionnels des Hauts-de-France redoutent la restriction de leurs zones de pêche.- “Jusqu’à la dernière arête” -En mai dernier, ils avaient accueilli avec “soulagement” la prolongation jusqu’en 2038 d’un accord leur permettant de continuer à pêcher dans les eaux britanniques, mais l’enthousiasme est vite retombé.”Cet accord est une coquille vide” pour le président du comité national des pêches Olivier Le Nézet, parce que les Britanniques ont entre-temps annoncé la création de 41 nouvelles aires marines protégées (AMP) où la pêche sera restreinte.”Les AMP, c’est une façon détournée pour les Britanniques de récupérer leurs eaux. Tout le monde le sait”, a martelé Xavier Bertrand, dont le message a été applaudi dans la salle. Quelques pêcheurs sont montés sur scène pour dire leur détresse. “Trop souvent, on parle de nous sans nous”, estime Maxime Fait, patron du chalutier Manuréva. Il demande la protection de la pêche artisanale contre “les flottilles étrangères qui vident la Manche et la mer du Nord jusqu’à la dernière arête”.La technique de la senne démersale, pratiquée par les bateaux néerlandais et qui ratisse des zones très étendues, est notamment dans le collimateur des pêcheurs français.Mais en cette période de “réserve” politique, la quinzième édition de ces assises, organisées par Ouest-France et Le Marin, n’offrira sans doute pas la “visibilité” réclamée par le secteur alors que la réforme de la politique commune de la pêche (PCP européenne) est en débat. – Cabillaud disparu -“Une des pierres angulaires de la politique commune des pêches de demain, c’est (…) l’autorisation de financement de bateaux neufs. Pas pour pêcher plus — on veut garder nos quotas —, mais pour pêcher mieux”, a déclaré Loig Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne, venu présenter un “livre blanc” des régions françaises pour la réforme de la PCP.La France, deuxième producteur européen de produits de la pêche en 2023 (derrière l’Espagne), est un géant fragilisé: une flotte vieillissante, avec des navires d’une moyenne d’âge de plus de 30 ans, difficile à décarboner et peu à même d’attirer de jeunes recrues.Un des freins pour renouveler la flotte réside dans les règles européennes qui ne permettent pas d’acquérir de nouveaux navires plus puissants, au motif que l’augmentation de la puissance (jauge) risquerait d’augmenter les captures de poissons.Les pêcheurs rappellent être soumis à des quotas. De nombreux États côtiers, dont la France, voudraient voir modifier le mode de calcul de la jauge, qui ne distingue pas les espaces à bord utiles à l’effort de pêche de ceux liés au confort des marins ou au traitement des poissons.La technique la plus décriée est le chalutage de fond, avec ses filets traînés sur le fond de la mer, dénoncé comme “destructeur” par des organisations de défense des océans.En juin, le gouvernement français avait annoncé un renforcement des AMP, avec une limitation du chalutage de fond concernant 4% des eaux hexagonales d’ici fin 2026. Tout en plaidant pour une analyse “au cas par cas” de chaque aire, pour faire cohabiter les usages.Entre surpêche et réchauffement des eaux, la ressource halieutique s’amenuise: au large de Boulogne, le cabillaud a aujourd’hui disparu et le maquereau se raréfie, laissant place à la sardine. 

Wopke Hoekstra, le Monsieur Climat d’une Europe qui appuie sur le frein

Ambitieux et pressé, le commissaire européen Wopke Hoekstra a réussi à se faire un nom dans la diplomatie climatique, malgré les critiques de la gauche sur son profil libéral. Mais il doit composer avec les divisions d’une Europe moins allante sur les enjeux environnementaux.Ce Néerlandais de 49 ans portera la voix de l’Union européenne lors de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat, la COP30, en novembre au Brésil.Mais quelle voix? Les négociations patinent entre les pays européens, qui risquent d’arriver à cette COP sans avoir tranché leur trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2035 et 2040.Chargé du climat depuis deux ans à la Commission européenne, Wopke Hoekstra relativise.”Tout le monde sait parfaitement que nous restons parmi les plus ambitieux en matière d’action climatique”, souligne-t-il dans un entretien accordé à l’AFP.”Je suis convaincu que nous aurons un objectif ambitieux que l’Europe pourra porter sur la scène internationale” à la COP30, dit encore cet ancien ministre des Finances (2017-2022) et des Affaires étrangères (2022-2023) des Pays-Bas.Avec sa taille imposante de près de deux mètres et une communication bien huilée, Wopke Hoekstra est parvenu à émerger, dans une équipe de la Commission européenne en manque de figures charismatiques.Les défenseurs de l’environnement et la gauche de l’hémicycle avaient pourtant très mal accueilli sa nomination en octobre 2023, dénonçant notamment ses fonctions passées chez la compagnie pétrolière Shell.”J’ai travaillé environ trois ans chez Shell, jusqu’en 2004. Ce n’est pas exactement la préhistoire, mais c’était il y a longtemps. Franchement, je pense avoir montré” depuis que “j’essaie de faire avancer les choses dans le domaine de l’action climatique”, répond-il.Dès sa première COP fin 2023 à Dubaï, l’Union européenne avait joué un rôle de pivot remarqué pour pousser l’ensemble des pays à sortir progressivement des énergies fossiles. Et les observateurs se souviennent de ce grand brun en costume et… baskets courant d’une réunion à l’autre afin de faire avancer la négociation.”Il est arrivé avec l’étiquette Shell”, mais s’est “mis dans le sujet et a fait un bon travail”, juge anonymement un ancien collaborateur à la Commission qui le décrit comme “ambitieux” et “parfois perçu comme un peu trop à l’aise” voire “arrogant”.- “Pris à la gorge” -Wopke Hoekstra a su gagner la confiance des eurodéputés, plutôt “rassurés quand il a été renommé commissaire en 2024”, raconte une source parlementaire, car il connaît ses dossiers et “cherche à donner des gages à tout le spectre” politique.Mais après les grandes ambitions du pacte vert du précédent mandat, l’Europe se retrouve sur la défensive. Les élections européennes de juin 2024 sont passées par là, marquées par la poussée de l’extrême droite. Et les lois environnementales sont remises en cause à droite, à coups de reports voire de détricotage de textes.Wopke Hoekstra affirme que l’ambition demeure et explique s’adapter à la nouvelle configuration du Parlement, fort de son expérience des tractations au sein des coalitions politiques aux Pays-BasIssu du centre droit, le commissaire européen, marié et père de quatre enfants, revendique une écologie “pragmatique” qui tente d’allier compétitivité et climat.”Son approche est très libérale, il essaye de parler aux marchés” et s’engage sur “la négociation climatique”, mais moins sur la protection de la biodiversité, estime encore son ancien interlocuteur de la Commission.Pour tenter d’arracher un compromis entre les 27 sur leur objectif en 2040, Wopke Hoekstra a fait un tour des capitales ces dernières semaines. Sans obtenir de feu vert jusqu’ici, notamment de la France.Certains lui reprochent d’avoir tardé à lancer les discussions en présentant début juillet seulement la proposition de la Commission – une réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990, assortie de quelques “flexibilités”.”Wopke Hoekstra a un peu joué la montre là où il aurait dû engager des négociations beaucoup plus rapidement avec Paris”, considère Neil Makaroff, expert du think tank Strategic Perspectives.Avec le risque d’être “pris à la gorge dans cette dernière ligne droite” avant la COP de Belem, au Brésil, où l’Europe pourrait se présenter sans trajectoire climatique établie.

Climat: divisée, l’UE essaye de ne pas arriver les mains vides au Brésil

Divisés sur leur trajectoire climatique en 2040, les pays européens vont tenter jeudi de se mettre d’accord a minima sur un message commun à porter lors de la prochaine grande conférence de l’ONU sur le climat au Brésil en novembre.L’Union européenne “continuera à jouer son rôle de leader” sur les enjeux climatiques, a assuré le commissaire européen Wopke Hoekstra à Bruxelles, juste avant une réunion de négociations qui s’annoncent difficiles entre les 27.  “Au bout du compte, nous continuerons d’être soit les plus ambitieux, soit parmi les plus ambitieux”, a-t-il martelé.Faute de mieux, les ministres de l’Environnement vont discuter d’une simple “déclaration d’intention” sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne à l’horizon 2035.L’idée serait d’approuver une fourchette de baisse des émissions dans les dix ans qui viennent – entre -66,3% et -72,5% par rapport à 1990. Puis de préciser la cible quand les 27 auront arraché un compromis sur leur trajectoire 2040.”Cette approche permettrait à l’UE de ne pas arriver les mains vides” à un sommet onusien sur le climat dans une semaine aux Etats-Unis, puis à la COP30 au Brésil en novembre, souligne le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne.La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, doit défendre les ambitions climatiques de l’Europe le 24 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.Le compromis proposé par les Danois est “loin d’être idéal”, mais “c’est la meilleure option” à ce stade, considère Elisa Giannelli, du think tank E3G.Cela “permet à l’Union européenne de sauver la face au niveau international”.- Profondes divergences -Encore faut-il que les 27 donnent leur feu vert jeudi. “Je ne suis pas sûr qu’on y arrivera”, prévient anonymement un responsable européen.Bousculée par la poussée de l’extrême droite aux élections européennes de juin 2024, l’UE est beaucoup moins allante sur les enjeux environnementaux que lors du précédent mandat.L’écologie peine à trouver une place dans l’agenda, dans un contexte géopolitique tendu.A ce stade, les Européens n’arrivent pas à surmonter leurs divergences sur la proposition de la Commission européenne de réduire de 90% les émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990.Le Danemark et l’Espagne poussent pour, mais des pays comme la Hongrie et la République tchèque sont contre au nom de la défense de leur industrie, et la France reste prudente.La Commission a fait un geste début juillet, en proposant des flexibilités dans le mode de calcul: la possibilité d’acquérir des crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, qui financeraient des projets en dehors de l’Europe.Mais cette concession n’a pas suffi.- “Mauvais signal” -La semaine dernière, la France et l’Allemagne ont provoqué la colère des organisations environnementales en réclamant d’abord une discussion entre chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet européen du 23 octobre à Bruxelles.L’Europe est en train d’envoyer “un mauvais signal” et ne “montre pas son leadership en matière d’action climatique”, peste Michael Sicaud-Clyet, de l’ONG WWF.Le commissaire européen en charge du climat, Wopke Hoekstra, reste “convaincu que nous parviendrons à régler la question de 2040 avant notre arrivée à Belém”, la ville brésilienne où se tiendra la COP30 du 10 au 21 novembre.Avant de se prononcer, les autorités françaises réclament notamment des garanties sur le financement de la décarbonation de l’industrie. Paris critique la méthode de la Commission, qui a lié les échéances 2035 et 2040, quand l’ONU réclamait en février dernier que les pays signataires de l’Accord de Paris publient leur engagements de décarbonation pour 2035 (les “contributions déterminées au niveau national”, les NDC dans le jargon onusien).En temporisant, la France et l’Allemagne s’efforcent aussi de ménager leur opinion publique, alors que l’extrême droite, pourfendeuse de “l’écologie punitive” de Bruxelles, progresse de plus en plus.Aux Nations Unies, on s’inquiète que l’UE perde l’effet d’entraînement qu’elle avait jusqu’ici sur les questions environnementales.La COP30 ne “prend pas la voie d’un sommet magistral” à ce stade et l’Europe pourra se “dédouaner” en disant que les autres pays ne font pas mieux qu’elle, redoute une source onusienne.

Sécheresse record en août en Europe et sur les côtes de la Méditerranée

Avec plus de la moitié (53%) des sols affectés par la sécheresse, le mois d’août 2025 a été le mois le plus sec en Europe et sur le pourtour méditerranéen depuis le début des observations de l’Observatoire européen de la sécheresse (EDO) en 2012, selon une analyse de ces données par l’AFP.Ce taux de sécheresse est supérieur de 23 points à la moyenne 2012-2024 pour un mois d’août (30,1%). Depuis le début de l’année, chaque mois marque un record pour sa période de l’année, mais août 2025 est, en plus, un plus haut absolu.Il existe plusieurs types de sécheresses, qui peuvent se combiner : sécheresse météorologique, sécheresse des sols et sécheresse hydrologique (dans les cours d’eau et nappes phréatiques).L’indicateur de sécheresse de l’observatoire du programme européen Copernicus, basé sur des observations satellitaires, associe quant à lui le niveau de précipitations, l’humidité des sols et l’état de la végétation. Il se décompose en trois niveaux : surveillance, avertissement et alerte.En août 2024, 36% des sols étaient touchés par la sécheresse. Le précédent record absolu, à 52%, date de mai 2025.L’Europe de l’Est et les Balkans ont été durement touchés par la sécheresse : en Bulgarie, au Kosovo, en Serbie et en Macédoine du Nord, le taux de sécheresse (surveillance, avertissement ou alerte) était supérieur ou égal à 90%. En Serbie, 61% des sols étaient même en alerte.Dans les Balkans, cette situation a favorisé les incendies, qui ont tué au moins deux personnes et entraîné l’évacuation de milliers d’habitants.L’Europe de l’Ouest a aussi été très touchée par endroits. Au Portugal, 70% du territoire était concerné par le manque de précipitations et d’humidité des sols, un chiffre en nette hausse par rapport aux 5% de juillet.En France, où une vague de chaleur a sévi pour la deuxième fois de l’été en août, les deux tiers du territoire (66%) étaient en manque d’eau. Une partie du pays (12%) était notamment en situation d’alerte, en particulier dans le Sud-Ouest, avec des conséquences notamment pour la production de vin.A l’Est de la Méditerranée, plusieurs pays sont également très affectés par la sécheresse : Arménie, Géorgie et Liban, avec la quasi-totalité du territoire touché (99, 97 et 96%).La Turquie, avec 84% des terres en déficit d’eau, a fait face à de nombreux incendies, comme début août dans la province turque de Çanakkale.

“Un tournant” après les crises: les pêcheurs français réunis à Boulogne-sur-Mer

Renouveler la flotte et gérer durablement la ressource: c’est à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), premier port de pêche français, que les professionnels du secteur se réunissent jeudi et vendredi pour débattre de l’avenir de la filière, encore meurtrie par le Brexit.”On est à un tournant pour la pêche française”, estime Olivier Le Nézet, président du Comité national des pêches.Il martèle que le secteur, chahuté par le Brexit, la fermeture temporaire du Golfe de Gascogne pour lutter contre les captures accidentelles de dauphins et la restriction redoutée des espaces dédiés à la pêche, a “besoin de stabilité”.La quinzième édition de ces assises, organisées par Ouest-France et Le Marin, n’offrira sans doute pas la “visibilité” réclamée par le secteur alors que la réforme de la politique commune de la pêche (PCP européenne) doit aboutir en 2026, en cette période de “réserve” politique. La venue de la ministre démissionnaire chargée de la Mer, Agnès Pannier-Runacher, restait incertaine à la veille de l’événement.  – Corsaires à l’occasion -La France, deuxième producteur européen de produits de la pêche en 2023 (derrière l’Espagne), est un géant fragilisé: une flotte vieillissante, avec des navires d’une moyenne d’âge de 30 ans, difficile à décarboner et peu à même d’attirer de jeunes recrues.Au rang des priorités figurent donc les modalités de renouvellement de la flotte.Une des difficultés réside dans les règles européennes qui ne permettent pas d’acquérir de nouveaux navires plus puissants, au motif que l’augmentation de la puissance (jauge) risquerait d’augmenter les captures de poissons.Une “absurdité” pour les pêcheurs, qui rappellent être soumis à des quotas, et aussi pour de nombreux États côtiers, qui à l’instar de la France, voudraient voir modifier le mode de calcul de la jauge, qui ne distingue pas les espaces à bord utiles à l’effort de pêche de ceux liés au confort des marins ou au traitement des poissons.Une série de tables rondes, réunissant scientifiques, élus locaux et professionnels, permettront de balayer les crises du secteur et de réfléchir à des solutions.Comme le reste de la flotte française, Boulogne-sur-Mer a vu son nombre de navires refluer mais affiche de beaux résultats: en 2024, les ventes locales ont été record en criée, avec 93 millions d’euros (+4%) et des volumes en hausse.Dans cette ville bâtie à flanc de falaise par des marins qui étaient encore occasionnellement corsaires il y a trois siècles, la concurrence dans la Manche, en premier lieu avec le voisin anglais, est une vieille histoire. Et une source perpétuelle d’inquiétude.Après le Brexit, c’est la pêche bretonne qui a perdu le plus de navires, envoyés à la casse faute de pouvoir travailler dans les eaux britanniques, mais les pêcheurs des Hauts-de-France redoutent la restriction de leurs zones de pêche.En mai dernier, ils avaient accueilli avec “soulagement” la prolongation jusqu’en 2038 d’un accord leur permettant de continuer à pêcher dans les eaux britanniques. Mais l’enthousiasme est vite retombé.”On a de la visibilité dans le temps, c’est vrai. Mais cet accord est une coquille vide, parce que les Britanniques ont entre-temps annoncé la création de 43 nouvelles aires marines protégées (AMP) dans des zones où nos navires travaillent”, explique à l’AFP Olivier Le Nézet.- Cabillaud disparu -Au ministère, on tempère, soulignant que la phase de délimitation des AMP n’est pas encore achevée, et on plaide pour une “approche au cas par cas”, prenant en compte les spécificités des écosystèmes et des techniques de pêche avant de décider de restrictions.La technique la plus décriée est le chalutage de fond, avec ses filets traînés sur le fond de la mer, dénoncé comme “destructeur”. L’ONG Bloom a même attaqué l’Etat français en justice début juillet, exigeant son interdiction totale, en premier lieu dans les AMP. En juin, le gouvernement français avait annoncé un renforcement des AMP, avec une limitation du chalutage de fond sur 4% des eaux hexagonales d’ici fin 2026.Entre surpêche et réchauffement des eaux, la ressource halieutique s’amenuise: au large de Boulogne, le cabillaud a aujourd’hui disparu et le maquereau se raréfie, laissant place à la sardine.

Climat: divisée, l’UE essaye de ne pas arriver les mains vides à la COP de Bélem

Divisés sur leur trajectoire climatique en 2040, les pays européens vont tenter jeudi de se mettre d’accord a minima sur un message commun à porter lors de la prochaine grande conférence de l’ONU sur le climat au Brésil en novembre.Faute de mieux, les ministres de l’Environnement vont discuter à Bruxelles d’une simple “déclaration d’intention” sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne à l’horizon 2035.L’idée serait d’approuver une fourchette de baisse des émissions dans les dix ans qui viennent – entre -66,3% et -72,5% des émissions par rapport à 1990. Puis de préciser la cible quand les 27 auront arraché un compromis sur leur trajectoire 2040.”Cette approche permettrait à l’UE de ne pas arriver les mains vides” à un sommet onusien sur le climat dans une semaine aux Etats-Unis, puis à la COP30 au Brésil en novembre, souligne le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne.La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, doit défendre les ambitions climatiques de l’Europe le 24 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.Le compromis proposé par les Danois est “loin d’être idéal”, mais “c’est la meilleure option” à ce stade, considère Elisa Giannelli, du think tank E3G.Cela “permet à l’Union européenne de sauver la face au niveau international”.- Profondes divergences -Encore faut-il que les 27 donnent leur feu vert jeudi. “Je ne suis pas sûr qu’on y arrivera”, prévient anonymement un responsable européen, qui s’attend à une discussion jusque dans la soirée et conseille de prendre “un sac de couchage”. Bousculée par la poussée de l’extrême droite aux élections européennes de juin 2024, l’UE est beaucoup moins allante sur les enjeux environnementaux que lors du précédent mandat.L’écologie peine à trouver une place dans l’agenda, dans un contexte géopolitique tendu.A ce stade, les Européens n’arrivent pas à surmonter leurs divergences sur la proposition de la Commission européenne de réduire de 90% les émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990.Le Danemark et l’Espagne poussent pour, mais des pays comme la Hongrie et la République tchèque sont contre au nom de la défense de leur industrie, et la France reste prudente.La Commission a fait un geste début juillet, en proposant des flexibilités dans le mode de calcul: la possibilité d’acquérir des crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, qui financeraient des projets en dehors de l’Europe.Mais cette concession n’a pas suffi.- “Mauvais signal” -La semaine dernière, la France et l’Allemagne ont provoqué la colère des organisations environnementales en réclamant d’abord une discussion entre chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet européen du 23 octobre à Bruxelles.L’Europe est en train d’envoyer “un mauvais signal” et ne “montre pas son leadership en matière d’action climatique”, peste Michael Sicaud-Clyet, de l’ONG WWF.A Bruxelles, le commissaire européen en charge du climat, Wopke Hoekstra, veut croire qu’un compromis est encore possible.”Je suis convaincu que nous parviendrons à régler la question de 2040 avant notre arrivée à Belém”, la ville brésilienne où se tiendra la COP30 du 10 au 21 novembre, affirme-t-il à l’AFP.Avant de se prononcer, les autorités françaises réclament notamment des garanties sur le financement de la décarbonation de l’industrie. Paris critique la méthode de la Commission, qui a lié les échéances 2035 et 2040, quand l’ONU réclamait en février dernier que les pays signataires de l’Accord de Paris publient leur engagements de décarbonation pour 2035 (les “contributions déterminées au niveau national”, les NDC dans le jargon onusien).En temporisant, la France et l’Allemagne s’efforcent aussi de ménager leur opinion publique, alors que l’extrême droite, pourfendeuse de “l’écologie punitive” de Bruxelles, progresse de plus en plus.Aux Nations Unies, on s’inquiète que l’UE perde l’effet d’entraînement qu’elle avait jusqu’ici sur les questions environnementales.La COP30 ne “prend pas la voie d’un sommet magistral” à ce stade et l’Europe pourra se “dédouaner” en disant que les autres pays ne font pas mieux qu’elle, redoute une source onusienne.

Devant un tribunal américain, un expert alerte sur les risques accrus du changement climatique pour les jeunes

Les enfants sont affectés par le changement climatique “de façon unique et disproportionnée”, a affirmé mercredi un expert médical devant un tribunal fédéral qui examine une plainte de jeunes Américains contre la politique favorable aux énergies fossiles de Donald Trump.Citant des répercussions sur leur santé, ces jeunes attaquent, au nom de la Constitution, des décrets du président américain visant à faciliter la production de pétrole et de gaz, entraver celle d’énergies renouvelables et occulter le suivi des effets du changement climatique.Vingt-deux plaignants, représentés par l’organisation à but non lucratif Our Children’s Trust, contestent également des mesures qui sapent selon eux la recherche fédérale sur le climat aux États-Unis, des licenciements d’experts à la suppression de rapports, en passant par l’annulation d’une décision qui servait de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans le pays.Au deuxième et dernier jour d’audience à Missoula, dans le Montana (nord-ouest), leurs avocats ont appelé Lori Byron, ancienne pédiatre hospitalière, à témoigner pour expliquer comment le réchauffement climatique affectait les jeunes.Mme Byron, qui a pris part à des recherches climatiques au niveau local, a averti que le Montana devait s’attendre d’ici le milieu du siècle à davantage de journées de chaleur extrême, à des saisons des feux plus longues et plus intenses, ainsi qu’à des “surprises climatiques”, telles que des inondations catastrophiques, plus fréquentes.Proportionnellement à leur poids, les enfants “respirent plus d’air, boivent plus d’eau et consomment plus de nourriture (…) que les adultes”, a-t-elle également expliqué, ajoutant qu’ils étaient particulièrement vulnérables aux maladies et aux blessures liées à la chaleur et aux phénomènes météorologiques extrêmes car leur corps est encore en développement et en raison de leur dépendance vis-à-vis des adultes.Les conséquences sont aussi psychologiques, selon elle: “Leur cerveau est encore en développement, et la stabilité dans leur vie est très importante. Quand on est déplacé ou qu’on perd son foyer, ces expériences peuvent avoir des impacts sur la santé mentale qui durent pendant des décennies”.- “Défendre ma santé” -Son témoignage a été suivi par celui d’Isaiah H., un adolescent de 17 ans originaire de Missoula et athlète en herbe, qui a évoqué son attachement à sa région, tout en expliquant qu’il devenait de plus en plus difficile de passer du temps à l’extérieur en raison de la multiplication des incendies de forêt et de la baisse des chutes de neige.”Quand mon frère était tout petit, nous avons dû évacuer notre maison parce que la fumée était trop dangereuse (…) pour ses poumons”, a-t-il notamment raconté.”À 17 ans, je ne devrais pas avoir à intervenir de cette manière, ni devoir manquer l’école et rattraper des examens et des devoirs juste pour défendre ma santé et ma sécurité”, a-t-il ajouté.Cette bataille judiciaire illustre le déplacement croissant du combat climatique dans les tribunaux, souvent à l’initiative de jeunes gens.”Ce serait inédit pour une cour de statuer qu’il existe, en vertu de la Constitution américaine, un droit à un système climatique stable”, souligne auprès de l’AFP le professeur de droit de l’environnement Michael Gerrard. L’action en justice à Missoula est pour l’instant au stade procédural: elle vise à obtenir du juge qu’il ordonne la tenue d’un procès. Le gouvernement fédéral, rejoint par 19 Etats conservateurs et le territoire de Guam, réclame un classement sans suite.