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ICC hears harrowing details as Kony war crimes hearing opens

Villages torched, young girls forced into sexual slavery, babies beaten and thrown into fires: the International Criminal Court Tuesday heard harrowing stories of atrocities allegedly committed by Joseph Kony’s Lord’s Resistance Army in Uganda.The fugitive warlord faces 39 counts of war crimes and crimes against humanity, including murder, rape, torture, enslavement and sexual slavery, allegedly …

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Indignation après la découverte d’au moins neuf têtes de cochon devant des mosquées en Ile-de-France

“Une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane”: au moins neuf têtes de cochon ont été découvertes mardi matin devant des mosquées de la capitale et de la région parisienne, suscitant de vives réactions.Ces têtes de porc, animal considéré comme impur par l’islam, ont notamment été découvertes sur la voie publique à Paris, “devant l’entrée de la mosquée Islah” à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ainsi qu’à Montrouge,  Malakoff (Hauts-de-Seine) et Gentilly (Val-de-Marne), a appris l’AFP auprès de différentes sources.A Paris, des têtes ont été découvertes, notamment devant des mosquées des 15e, 18e et 20e arrondissement, a précisé le parquet de Paris.Plusieurs des têtes de cochon “supportaient une inscription +MACRON+ écrite à l’encre bleue”, a ajouté cette source à l’AFP.Au total, au moins neuf têtes ont été retrouvées, “quatre à Paris et cinq en petite couronne”, a détaillé le préfet de police de Paris Laurent Nuñez lors d’un point presse, disant ne pas exclure “qu’on en découvre d’autres”.”On ne peut s’empêcher de faire des rapprochements avec des actions précédentes (…) dont il a été avéré que c’était des actions d’ingérence étrangère”, a-t-il ajouté, appelant toutefois à rester “très prudent”.Il faisait référence à de précédentes affaires, attribuées de possibles ingérences étrangères, dont les tags d’étoiles de David dans Paris à l’automne 2023 ou de mains rouges sur le Mémorial de la Shoah en mai 2024.L’enquête pour provocation à la haine aggravée par la discrimination en raison de l’appartenance à une race ou religion a été confiée à la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris, selon le parquet de la capitale, qui centralise les investigations.Le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz a dénoncé “une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane”, appelant “à une prise de conscience et à une solidarité nationale”, après s’être entretenu avec la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé.Devant la mosquée de l’Union des musulmans de Malakoff, Caroline (prénom modifié) est venue déposer un bouquet de trois roses blanches pour montrer son “soutien et (s)a solidarité”, bien qu’elle ne se considère “pas croyante”. “Les gens ne devraient pas avoir à cacher leur foi, en tout cas c’est pas ce qu’on m’a appris de la laïcité quand j’étais à l’école”, estime l’ancienne directrice d’association de 40 ans.Trois agents de la police judiciaire étaient aussi présents, a constaté un journaliste de l’AFP.- “Haine islamophobe” -A Paris, la maire PS Anne Hidalgo a condamné des “actes racistes” et a assuré de sa “solidarité avec la communauté musulmane”, précisant que la Ville avait saisi la justice.A Montreuil, l’édile de la ville, Patrice Bessac (PCF), a dénoncé des “actes de haine islamophobe”, avant de se rendre à la mosquée avant la prière de 13h30 pour y “témoigner” de son soutien aux fidèles.De son côté, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) a fait part de son “indignation” face à “cette sorte de profanation”. “J’entends que nos compatriotes musulmans puissent exercer leur foi dans la sérénité”, a-t-il ajouté devant la presse. “Cela fait des mois qu’on alerte, et nous ne sommes pas entendus”, a affirmé à l’AFP Bassirou Camara, le président de l’Addam (association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans), demandant une “réaction forte” des autorités. “On craint que ça aille crescendo. Quel va être la prochaine étape? Jeter des têtes de cochon sur les fidèles ou les agresser physiquement?”, s’est-il interrogé.Sur X, plusieurs personnalités de gauche ont vivement dénoncé ces actes.”Au début la fachosphère s’en prenait aux clandestins, puis est venu le tour des immigrés en situation régulière, ensuite celui des binationaux, maintenant les Français musulmans sur leurs lieux de culte”, a déploré le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a accusé Bruno Retailleau de “chauffer à blanc” l’islamophobie en France.La droite s’est aussi indignée, la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, estimant ainsi que la République devait “protéger les croyants devant les profanations de leurs lieux de culte qui se multiplient”.La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe. 

Bayrou a remis sa démission, Macron veut nommer très vite son successseur

Le Premier ministre François Bayrou a remis sa démission mardi au président Emmanuel Macron, ouvrant la voie à la nomination de son successeur, potentiellement un fidèle du chef de l’Etat, le ministre des Armées Sébastien Lecornu, qui pourrait intervenir très rapidement.Le chef du gouvernement, qui a échoué lundi à obtenir la confiance des députés, a franchi peu avant 13H30 la grille de l’Elysée pour un ultime entretien avec le président. Emmanuel Macron a “pris acte” dès lundi soir du refus des députés de lui apporter leur confiance et promis de nommer dans les “tout prochains jours” son successeur.Cette nomination pourrait intervenir dès mardi -“C’est possible”, glisse-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat- le nom de Sébastien Lecornu, déjà favori en décembre avant que François Bayrou ne s’impose, revenant avec insistance.Le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, un temps cité, a fait savoir mardi qu’il ne serait pas nommé et précisé que “Sébastien Lecornu est en train de composer son propre gouvernement” lors d’une réunion des dirigeants de son parti, a indiqué à l’AFP un participant.Une fois n’est pas coutume, le chef de l’Etat paraît donc déterminé à aller vite pour désigner son Premier ministre, à l’encontre des appels à choisir la gauche, à négocier d’abord un accord politique ou à recevoir les chefs des partis.Ce sera le cinquième chef du gouvernement depuis le début du quinquennat en 2022. Du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution en juin 2024.- “Urgence” avant “Bloquons tout” -Il y a “urgence à nommer un Premier ministre” parce qu’il ne doit pas “y avoir de pouvoir vacant” à la veille du mouvement “Bloquons tout” et avant la mobilisation syndicale du 18 septembre, a martelé le ministre de l’Intérieur sortant Bruno Retailleau, patron du parti Les Républicains (LR), évoquant un mois “propice à tous les débordements”.Le casse-tête auquel est confronté le président est pourtant le même que celui qu’il a été incapable de dénouer depuis qu’il a dissous l’Assemblée nationale: trouver un profil susceptible de survivre dans un paysage parlementaire sans l’ombre d’une majorité.A l’Elysée, on estime que la fragile coalition bâtie il y a un an entre la macronie et la droite est un acquis. Le président a exhorté ses chefs à “travailler avec les socialistes” pour “élargir” son assise.Mais il ne devrait pas aller jusqu’à nommer comme Premier ministre le patron du Parti socialiste Olivier Faure, malgré ses offres de services pour la formation d’un “gouvernement de gauche” qui irait chercher des “compromis”. Selon ses proches, Emmanuel Macron préfère donner les clés de Matignon à une personnalité “de confiance”. Depuis lundi soir, le nom du ministre des Armées Sébastien Lecornu, 39 ans, devenu au fil du temps un intime du chef de l’Etat, revient avec insistance en macronie, certains interlocuteurs de l’Elysée allant jusqu’à rapporter que ce choix avait été arrêté. Avec la prudence d’usage: déjà en décembre, le président avait voulu désigner ce fidèle, avant que François Bayrou ne s’impose à lui pour Matignon.Le nom de Catherine Vautrin est aussi cité, mais la ministre du Travail et de la Santé reste discrète, ayant elle aussi déjà expérimenté un revirement élyséen en 2022.Sur l’aile gauche de la macronie, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet s’est dite prête mardi à aller Matignon pour y appliquer un éventuel “pacte de coalition”.- Concessions au PS ? -Autant de noms qui ne résolvent pas en soi l’équation: comment obtenir, a minima, une non-censure du PS, nécessaire pour tenir ? Selon un interlocuteur régulier d’Emmanuel Macron, ce dernier pourrait cette fois accepter que le Premier ministre, d’autant plus si c’est un proche, fasse de réelles concessions aux socialistes, par exemple sur la taxation des plus riches jusqu’ici un tabou pour lui.Olivier Faure a refusé de dire si son parti négocierait avec une personnalité issue du camp présidentiel, continuant de “revendiquer le pouvoir”.La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a exhorté le chef de l’Etat à “recevoir” les chefs des partis de gauche “avant toute décision”.Le macroniste Gabriel Attal a demandé la désignation préalable d’un “négociateur” à même de vérifier les coalitions possibles, proposition qui semble mort-née.Cette fois, l’intéressé ne devrait même pas engager des “consultations formelles”, alors qu’il avait reçu les formations politiques à tour de rôle avant de désigner Michel Barnier il y a un an, et organisé une table ronde de plusieurs chefs de parti avant de choisir François Bayrou en décembre.Ses stratèges estiment qu’il a déjà invité les forces politiques à dialoguer.Il en donnera donc probablement plutôt mandat au futur Premier ministre, en lui demandant de négocier un programme a minima, et notamment une ébauche de budget pour 2026.Emmanuel Macron le sait: s’il n’a que des cartes imparfaites entre les mains, l’atout qu’il va abattre risque d’être le dernier avant de devoir, en cas de nouvel échec, redissoudre l’Assemblée, comme l’y invite le Rassemblement national. En cas d’impasse prolongée, la pression monterait sur une démission d’Emmanuel Macron, espérée par l’extrême droite comme par La France insoumise.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

L’UE s’attaque au gaspillage alimentaire et à la fast fashion

Le Parlement européen a définitivement adopté mardi à Strasbourg une loi contre le gaspillage alimentaire et les déchets textiles, notamment ceux liés à la fast fashion, ces millions de vêtements à bas coûts importés de Chine.Les eurodéputés ont approuvé sans la moindre modification ce texte consensuel négocié avec les Etats membres.Chaque Européen génère en moyenne par an 130 kilos de déchets alimentaires et une quinzaine de kilos de déchets textiles, secteur où le recyclage est quasi nul, selon l’UE.La nouvelle loi, qui ne détaille pas de mesures concrètes, fixe aux pays européens des objectifs contraignants de réduction des déchets dans l’alimentation.En 2030, chaque Etat membre devra réduire de 30% les déchets alimentaires de la distribution, de la restauration et des ménages, et de 10% ceux générés par la transformation et la fabrication des aliments, par rapport aux volumes annuels enregistrés entre 2021 et 2023.En première lecture il y a un an et demi, les eurodéputés avaient voté pour des objectifs plus ambitieux – 40 et 20% – mais il a fallu sceller un compromis avec la Commission et les 27 pays membres dans la version définitive.Les professionnels de l’hôtellerie et la restauration souhaitaient, eux, éviter des objectifs contraignants et s’en tenir à de la pédagogie.”La clé réside surtout dans la sensibilisation y compris celle des consommateurs : plus de 50% du gaspillage alimentaire en Europe se produit au niveau des ménages”, estime Marine Thizon, à l’Hotrec, le lobby européen des hôtels, restaurants et cafés.- Aucun objectif pour le secteur agricole -Afin d’atteindre leurs objectifs, les États pourront choisir des programmes de prévention adaptés à l’organisation de leur secteur agroalimentaire.”L’idée est d’adopter des solutions ciblées (…) mettre en valeur les fruits et légumes +moches+ (que la grande distribution ne met pas sur ses étals), clarifier l’étiquetage, donner les invendus encore consommables” aux banques alimentaires et aux associations, explique l’eurodéputée polonaise Anna Zalewska (ECR), rapporteure du texte.Aucun objectif n’est en revanche assigné au secteur agricole, ce que dénoncent des ONG comme le WWF.Après les déchets des ménages et de l’industrie agroalimentaire, “les pertes qui surviennent avant, pendant et après la récolte ou l’élevage représentent une part considérable du gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne de valeur”, souligne cette organisation environnementale.Cette loi vient réviser une directive qui existe depuis 2008 sur les déchets dans l’UE. Et à l’initiative des eurodéputés, elle y intègre un secteur qui n’y figurait pas auparavant: l’industrie textile.Dans une logique de pollueur-payeur, les producteurs du secteur devront s’assurer de la collecte, du tri et du recyclage des vêtements en fin de vie et les prendre en charge financièrement.Là encore, il reviendra aux Etats de déterminer les éventuels frais dont devront s’acquitter les producteurs.L’Union européenne met notamment en avant l’impact de la production textile sur la consommation d’eau: la fabrication d’un t-shirt en coton nécessite 2.700 litres d’eau douce (en comptant l’irrigation agricole), de quoi couvrir les besoins en eau potable d’une personne pendant 2 ans et demi.Le Parlement européen cible en particulier la mode “ultra éphémère”, la fast fashion, vêtements à bas coûts souvent venus de Chine.Bien qu’elle s’en défende, la plateforme d’origine chinoise Shein est régulièrement présentée comme un emblème des dérives sociales et environnementales de cette mode.La Commission européenne a ouvert en février une enquête contre cette entreprise, soupçonnée de lutter insuffisamment contre la vente de produits illégaux, non respectueux des normes européennes. Bruxelles souhaite également lutter contre l’afflux massif de petits colis bon marché sur son territoire, avec une proposition encore à l’étude visant à imposer une taxe de deux euros par colis.L’an dernier, 4,6 milliards de colis de ce type sont entrés dans l’UE – soit plus de 145 par seconde – dont 91% provenant de Chine.”L’ultra fast fashion crée des montagnes de déchets textiles. Ce mode de production, en plus d’être extrêmement polluant, met en danger les enseignes françaises et européennes”, a réagi l’eurodéputé de droite Laurent Castillo (PPE), en saluant l’adoption de la loi.

Indignation après la découverte de têtes de cochon devant des mosquées en Ile-de-France

“Une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane”: plusieurs têtes de cochon ont été découvertes mardi matin devant des mosquées de la capitale et de région parisienne, suscitant de vives réactions.Ces têtes de porc, animal considéré comme impur par l’islam, ont notamment été découvertes sur la voie publique à Paris, “devant l’entrée de la mosquée Islah” à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ainsi qu’à Montrouge,  Malakoff (Hauts-de-Seine) et Gentilly (Val-de-Marne), a appris l’AFP auprès de différentes sources.A Paris, trois têtes ont été découvertes devant des mosquées du 20e et du 15e arrondissement, ainsi que “dans une valise dans le 18e arrondissement”, a précisé le parquet de Paris, ajoutant que le mot “Macron” avait été peint en bleu sur l’un des lieux.Le préfet de police de Paris Laurent Nuñez a annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête, assurant que “tout (était) mis en œuvre pour retrouver les auteurs de ces actes abjects”.L’enquête pour provocation à la haine aggravée par la discrimination en raison de l’appartenance à une race ou religion a été confiée à la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris, selon le parquet de la capitale.Le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz a dénoncé “une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane”, appelant  dans un communiqué “à une prise de conscience et à une solidarité nationale”, après s’être entretenu avec la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé.- “Sorte de profanation” -La maire de Paris Anne Hidalgo a condamné des “actes racistes” et a assuré de sa “solidarité avec la communauté musulmane”, précisant que la Ville de Paris avait saisi la justice.De son côté, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a fait part de son “indignation” face à “cette sorte de profanation”. “J’entends que nos compatriotes musulmans puissent exercer leur foi dans la sérénité”, a-t-il ajouté devant la presse. “Cela fait des mois qu’on alerte, et nous ne sommes pas entendus”, a affirmé à l’AFP Bassirou Camara, le président de l’Addam (association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans), demandant une “réaction forte” des autorités. “On craint que ça aille crescendo. Quel va être la prochaine étape? Jeter des têtes de cochon sur les fidèles ou les agresser physiquement?”, s’est-il interrogé.Sur X, plusieurs personnalités de gauche ont vivement dénoncé ces actes.”Au début la fachosphère s’en prenait aux clandestins, puis est venu le tour des immigrés en situation régulière, ensuite celui des binationaux, maintenant les Français musulmans sur leurs lieux de culte (…) L’identité de la France, c’est Liberté, Égalité, Fraternité !”, a déploré le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.”L’islamophobie est un cancer de la société. Soutien à nos compatriotes musulmans encore une fois visés”, a commenté de son côté le coordinateur de LFI, Manuel Bompard.Même indignation à droite, la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, estimant ainsi que la République devait “protéger les croyants devant les profanations de leurs lieux de cultes qui se multiplient”.Des têtes de cochon avaient déjà été déposées devant le local d’une association musulmane dans le Pas-de-Calais en 2024, sur le chantier d’une mosquée de Dordogne en 2019 ou encore devant une mosquée de la Marne en 2017.La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe. sm-dmv-mdb-cg-juc-fbe-law/mat/cbr

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Grèce: Sur l’île d’Egine, la culture de la pistache à l’agonie

Sur l’île grecque d’Egine, quatre ouvriers agricoles, bâton en main, frappent les branches d’un pistachier pour faire pleuvoir les fruits sur des bâches. La récolte des pistaches bat son plein. Pourtant l’équipe fait grise mine.”Il y a peu de pistaches”, déplore auprès de l’AFP Daso Shpata, un Albanais de 47 ans, sous un soleil de plomb qui fait chanter les cigales. Le changement climatique a fait fondre les récoltes. D’autres problèmes sont venus se greffer: de nouvelles générations peu enclines à reprendre les exploitations familiales et des arbres sacrifiés pour construire de lucratives résidences de vacances dans une Grèce où le tourisme va de record en record.”La culture traditionnelle (des pistaches) telle que nous la connaissons (ici) n’est plus viable”, se désole Eleni Kypreou, la propriétaire du verger de cette île de près de 13.000 habitants, proche d’Athènes et connue dans toute la Grèce pour ses fameuses pistaches.”Si nous voulons sauvegarder les pistachiers, il faut trouver ce dont ils ont besoin (…) Sinon, ils appartiendront au passé et pourront entrer dans un musée”, tranche-t-elle.La production de pistaches à Egine est infime en comparaison de celle des États-Unis ou de l’Iran où sont récoltées plusieurs centaines de milliers de tonnes chaque année. Mais ces fruits produits sur ce territoire situé à une heure en ferry du port du Pirée sont considérés comme particulièrement savoureux.”Les pistaches d’Egine ont un goût spécial”, assure Mme Kypreou. “Ca vient de la terre et de l’eau. L’eau est un peu salée”.Cette femme de 88 ans chérit ses 750 pistachiers au point de leur chanter et de leur parler.”Les deux dernières années, nous n’avions presque rien”, poursuit-elle, soit 20 kg seulement en 2024 après 100 kg en 2023. “Nous attendions une bonne récolte cette année. Mais elle n’est pas bonne”, soupire-t-elle. – “Planter des maisons” -En 2023, la Grèce a produit près de 22.000 tonnes de pistaches, contre 12.000 seulement en 2015, selon l’office grec des statistiques Elstat. Mais à Egine, la production a baissé pour passer de plus de 2.600 tonnes à 2.300 tonnes. Le nombre d’arbres en âge de production et les hectares de terre ont également diminué.”Ces deux dernières années ont été mauvaises” principalement en raison des hivers particulièrement cléments qu’a connus le pays méditerranéen, diagnostique Kostas Peppas, président de la coopérative des producteurs de pistaches d’Egine. Or les arbres ont besoin pendant “certaines heures de températures en dessous de 10 à 12°C. Pour dormir, pour se reposer. Donc si l’hiver est doux, ce n’est pas bon”, assure-t-il.La coopérative vend les pistaches dans les magasins et supermarchés dans tout le pays et, à Egine, tout particulièrement notamment auprès des nombreux touristes, ainsi que dans son propre kiosque sur le port. Pour M. Peppas, il ne fait pas de doute que la plupart des vendeurs du port ont acheté des pistaches ailleurs, faute de pouvoir s’approvisionner auprès des producteurs locaux.Le dirigeant de la coopérative possède 230 arbres, principalement des femelles, qui produisent les pistaches, avec deux mâles plus grands pour la pollinisation. A Egine, “ils coupent des arbres et construisent des maisons à la place,” soutient ce capitaine de bateau à la retraite, âgé de 79 ans.Avec le boom du tourisme en Grèce, qui a accueilli 40 millions de visiteurs en 2024, les locations de courte durée, lucratives, explosent à Athènes et sur les îles.Thanasis Lakkos, 53 ans, soulève une branche de l’un de ses 3.500 pistachiers qu’il arrose avec l’eau de pluie collectée en hiver pour l’aider à grandir.La plupart des producteurs suivent le savoir faire ancestral en se disant “mon grand-père faisait comme ça, moi je vais continuer à faire comme ça”, explique-t-il. “Mais ce n’est pas comme cela que ça marche”, souligne-t-il, invitant les producteurs à chercher de nouvelles techniques.  Il compte “continuer aussi longtemps que possible” malgré les difficultés. Dans son entourage, certains lui disent “mieux vaut vendre la terre et gagner un million d’euros et se reposer pour le reste de sa vie”. Son fils est devenu DJ et les jeunes qui veulent se lancer dans l’agriculture sont rares, constate M. Lakkos qui fait partie de “la dernière génération” qui récoltera les pistaches à Egine. “La tradition va se perdre”, prédit-il désolé.

Bayrou démissionne à la mi-journée, Macron veut nommer très vite un Premier ministre

Emmanuel Macron est déterminé à nommer un nouveau Premier ministre dès mardi ou “dans les tout prochains jours”, peut-être un proche comme Sébastien Lecornu, à l’encontre des appels à choisir la gauche, à négocier d’abord un accord politique ou à recevoir les chefs des partis.François Bayrou, qui a massivement perdu lundi son pari d’obtenir la confiance de l’Assemblée nationale, doit remettre mardi à la mi-journée à l’Elysée sa démission au président de la République qui en a déjà “pris acte”.Il va ensuite expédier les affaires courantes en attendant un successeur, le cinquième Premier ministre depuis le début du quinquennat en 2022. Du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution en juin 2024.Le chef de l’Etat “nommera un nouveau Premier ministre dans les tout prochains jours”, a annoncé lundi soir la présidence.Dès mardi ? “C’est possible”, ainsi qu’une expression présidentielle le même jour, continue-t-on de glisser dans son entourage, sans certitude pour autant.- “Urgence” avant “Bloquons tout” -Il y a “urgence à nommer un Premier ministre” parce qu’il ne doit pas “y avoir de pouvoir vacant” à la veille du mouvement “Bloquons tout” et avant la mobilisation syndicale du 18 septembre, a martelé le ministre de l’Intérieur sortant Bruno Retailleau, patron du parti Les Républicains (LR), évoquant un mois “propice à tous les débordements”.Le casse-tête auquel est confronté le président est pourtant le même que celui qu’il a été incapable de dénouer depuis qu’il a dissous l’Assemblée: trouver un profil susceptible de survivre dans un paysage parlementaire sans l’ombre d’une majorité.A l’Elysée, on estime que la fragile coalition bâtie il y a un an entre la macronie et la droite est un acquis. Le président a exhorté ses chefs à “travailler avec les socialistes” pour “élargir” son assise.Mais il ne devrait pas aller jusqu’à nommer comme Premier ministre le patron du Parti socialiste Olivier Faure, malgré ses offres de services pour la formation d’un “gouvernement de gauche” qui irait chercher des “compromis”. Selon ses proches, Emmanuel Macron préfère donner les clés de Matignon à une personnalité “de confiance”. Depuis lundi soir, le nom du ministre des Armées Sébastien Lecornu, 39 ans, devenu au fil du temps un intime du chef de l’Etat, revient avec insistance en macronie, certains interlocuteurs de l’Elysée allant jusqu’à rapporter que ce choix avait été arrêté. Avec la prudence d’usage: déjà en décembre, le président avait voulu désigner ce fidèle, avant que François Bayrou ne s’impose à lui pour Matignon.Le nom de Catherine Vautrin revient aussi, mais la ministre du Travail et de la Santé reste discrète, ayant elle aussi déjà expérimenté un revirement élyséen en 2022.Sur l’aile gauche de la macronie, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet s’est dite prête mardi à aller Matignon pour y appliquer un éventuel “pacte de coalition” incluant socialistes et écologistes.A moins que le président n’écoute ceux qui lui recommandent “un parfum de cohabitation”, auquel cas le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand pourrait tenir la corde.- Concessions au PS? -Autant de noms qui ne résolvent pas en soi l’équation: comment obtenir, a minima, une non-censure du PS, nécessaire pour tenir ? Selon un interlocuteur régulier d’Emmanuel Macron, ce dernier pourrait cette fois accepter que le Premier ministre, d’autant plus si c’est un proche, fasse de réelles concessions aux socialistes, par exemple sur la taxation des plus riches jusqu’ici un tabou pour lui.Olivier Faure a refusé de dire si son parti négocierait avec une personnalité issue du camp présidentiel, continuant de “revendiquer le pouvoir”.La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a exhorté le chef de l’Etat à “recevoir” les chefs des partis de gauche “avant toute décision”.Le macroniste Gabriel Attal a demandé la désignation préalable d’un “négociateur” à même de vérifier les coalitions possibles, proposition qui semble mort-née.Cette fois, l’intéressé ne devrait même pas engager des “consultations formelles”, alors qu’il avait reçu les formations politiques à tour de rôle avant de désigner Michel Barnier il y a un an, et organisé une table ronde de plusieurs chefs de parti avant de choisir François Bayrou en décembre.Ses stratèges estiment qu’il a déjà invité les forces politiques à dialoguer.Il en donnera donc probablement plutôt mandat au futur Premier ministre, en lui demandant de négocier un programme a minima, et notamment une ébauche de budget pour 2026.Emmanuel Macron le sait: s’il n’a que des cartes imparfaites entre les mains, l’atout qu’il va abattre risque d’être le dernier avant de devoir, en cas de nouvel échec, redissoudre l’Assemblée, comme l’y invite le Rassemblement national. “La question du figurant importe peu, c’est la politique de fond qu’il faut changer. Les mêmes causes entraîneront les mêmes conséquences”, a répété chef Jordan Bardella.En cas d’impasse prolongée, la pression monterait sur une démission d’Emmanuel Macron, espérée par l’extrême droite comme par La France insoumise.

Retailleau: “on a besoin très rapidement d’un Premier ministre” face “aux risques de débordements” dans les manifestations de septembre

Le président des Républicains (LR) et ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a jugé mardi qu’il y avait “urgence à nommer un Premier ministre” parce qu’il ne doit pas “y avoir de pouvoir vacant” à la veille de manifestations et face à “un mois de septembre propice à tous les débordements”. “Nous avons besoin très rapidement d’un Premier ministre pour que le pouvoir soit incarné. C’est capital, y compris d’ailleurs en matière de maintien de l’ordre”, a insisté le ministre devant la presse à l’issue d’une réunion des dirigeants de LR.”Demain il y a cette journée où Monsieur Mélenchon et ses amis veulent créer un climat insurrectionnel, il y aura une possible dégradation de la note (de la dette de la France) le 12 et ensuite la journée intersyndicale le 18. On est sur un mois de septembre propice à tous les débordements”, a-t-il alerté.Une fois désigné, le nouveau Premier ministre devra, avant de former un gouvernement, “se retourner vers l’ensemble des formations politiques pour dessiner un chemin d’intérêt général pour la France et nos compatriotes”, a-t-il jugé.M. Retailleau a répété qu’il jugeait “inconcevable” que le Premier ministre soit “socialiste” car, selon lui, “le projet socialiste ne correspond pas à ce que veulent la majorité des Français qui sont plutôt à droite”.Quant à la participation des LR au gouvernement, “elle n’a rien d’automatique” et dépendra du “contenu de la politique”, a-t-il assuré, répétant les priorités de la droite sur la sécurité, l’immigration et la fiscalité.