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Sur le marché de la dette, la France emprunte désormais aussi cher que l’Italie à 10 ans

La France emprunte depuis mardi désormais aussi cher que l’Italie à échéance dix ans, au lendemain de la chute du gouvernement Bayrou et à l’approche de la révision de la notation du pays vendredi par l’agence Fitch Ratings. Le rendement de l’emprunt français à dix ans était en hausse vers 09H40, à 3,48%, lorsque son équivalent italien était tout juste en-dessous, à 3,47%.Cette situation est inédite depuis une quinzaine d’années au moins, alors que l’Italie a longtemps été considérée parmi les mauvais élèves en Europe en termes de maîtrise de sa dette publique.Toutefois, alors que la situation budgétaire française se détériore, celle de l’Italie “s’est améliorée ces dernières années et le gouvernement Meloni s’est engagé à ramener leur déficit à 2,8% d’ici 2026″, explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.Plus une dette publique est jugée risquée par les marchés financiers, plus son taux de rendement est élevé.Ce renchérissement du coût de la dette française fait directement suite au vote de confiance perdu lundi par François Bayrou, qui l’avait sollicité à la suite de son annonce de plus de 40 milliards d’euros d’économies en juillet.”Le vote avait été annoncé le 25 août, ce qui a laissé aux marchés financiers le temps d’en digérer les implications. Depuis cette date, l’écart entre les obligations d’État françaises à 10 ans et celles de l’Allemagne s’est élargi, passant d’environ 70 points de base à environ 77 au 8 septembre 2025″, et s’élargissait mardi matin à 82 points de base, commente Paul Jackson, directeur mondial de la recherche en allocation d’actifs chez Invesco.”Il faut rappeler que l’écart était d’environ 50 points de base avant que le président Macron ne déclenche l’instabilité en convoquant les élections législatives anticipées qui ont eu lieu en juin/juillet 2024”, a-t-il poursuivi.Si Emmanuel Macron a affirmé son intention de vouloir nommer un Premier ministre rapidement, la démission de François Bayrou prévue mardi augmente l’incertitude, ce qu’abhorrent les investisseurs. “La France vient de basculer dans une nouvelle zone de turbulences”, a ainsi noté mardi John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.D’autant que l’image du pays est déjà écornée depuis la dissolution de l’Assemblée nationale il y a plus d’un an et l’instabilité politique qui s’en est suivie, faisant prendre à la Bourse de Paris un retard considérable sur les principales places financières du globe.Les investisseurs ont de plus les yeux rivés vers l’agence Fitch Ratings, qui doit actualiser la note de la France vendredi.”L’agence a déjà placé la France sous perspective négative, un abaissement est désormais probable”, estime John Plassard.Du côté des actions, l’indice vedette CAC 40 prenait 0,46% vers 09H40, soit 35,23 points à 7.770,07 points. 

Après une nouvelle levée de fonds, Mistral conforte sa place de champion européen de l’IA

La start-up française d’intelligence artificielle (IA) Mistral conforte sa place de champion européen de l’intelligence artificielle après une importante levée de fond et l’entrée au capital du géant néerlandais des technologies ASML, qui lui permet de “réaffirmer son indépendance” vis-à-vis des mastodontes américains et chinois.Mistral a levé 1,7 milliard d’euros, l’une des plus importantes levées de fonds pour une jeune pousse française, et double ainsi quasiment sa valorisation à 11,7 milliards d’euros, à l’heure où la question de la souveraineté technologique de l’Europe est devenue cruciale. L’alliance entre les deux entreprises “a pour objectif de générer une forte plus-value pour les clients d’ASML grâce à des produits et solutions innovants dopés à l’IA et offrira des pistes de recherche commune”, a commenté le patron d’ASML, Christophe Fouquet, cité dans le communiqué diffusé mardi par Mistral.Le fabricant néerlandais de machines de pointe pour le secteur des semi-conducteurs détiendra au terme de l’opération autour de 11% du capital de Mistral, selon une source proche du dossier, ce qui en fera le premier actionnaire de la start-up après chacun des fondateurs, qui contrôlent encore majoritairement la société.ASML obtiendrait par ailleurs un siège au conseil d’administration, d’après plusieurs médias, une information qui n’a pas été confirmée par les deux entités.- Echelle européenne -“On ne peut pas lutter sur ce secteur-là en étant franco-français”, analyse auprès de l’AFP Jean-Baptiste Bouzige, fondateur d’Ekimetrics, société spécialisée dans l’IA et les données. “L’échelle qui est pertinente, c’est l’Europe”, ajoute-t-il.Le géant américain des puces Nvidia, les fonds Index Ventures, Andreessen Horowitz ou encore Bpifrance ont aussi participé à ce tour de table. Lancé en juin 2023 par Arthur Mensch, polytechnicien et normalien, avec deux autres Français anciens chercheurs chez Meta, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, Mistral a notamment conçu le chatbot Le Chat concurrent de ChatGPT d’OpenAI. L’entreprise, basée à Paris, fournit aussi des grands modèles de langages portés sur la génération de texte et des modèles spécialisés capables de traiter des images, transcrire de l’audio ou générer du code.Elle a cette année multiplié les annonces retentissantes de partenariats notamment avec le géant américain Nvidia pour créer une plateforme de cloud (informatique à distance) ou encore avec le fonds émirati MGX pour fonder un gigantesque campus IA en région parisienne. Elle a aussi signé un accord avec l’Agence France-Presse (AFP) pour utiliser ses dépêches d’actualité afin de répondre aux requêtes de ses utilisateurs. – Indépendance -Mais si Mistral est la start-up d’IA à la plus haute valorisation en Europe, ses capacités financières restent modestes face à ses concurrents américains. La start-up américaine Anthropic, dont le modèle Claude est l’un des principaux rivaux du ChatGPT, revendique une valorisation de 183 milliards de dollars après un tour de table de 13 milliards de dollars en septembre.Le leader OpenAI serait lui en pourparlers pour permettre à ses employés d’encaisser leurs actions, ce qui valoriserait l’entreprise à environ 500 milliards de dollars, selon plusieurs médias. Cette nouvelle levée de fonds permet surtout à Mistral de “réaffirmer son indépendance”, selon son communiqué, et d’éviter de passer sous le contrôle de géants de la tech américains ou chinois, après un été marqué par une rumeur de rachat par Apple. Étant donné les tensions géopolitiques avec les Etats-Unis et du besoin de souveraineté technologique en Europe, “Mistral peut s’imposer comme un acteur européen incontournable, une véritable alternative aux modèles non-européens”, estime Franck Sebag, associé chez EY, auprès de l’AFP. La start-up, qui compte plus de 350 employés répartis entre six bureaux de Londres à Singapour, s’attend à générer plus de 100 millions de dollars de revenus par an, a confié son patron au Wall Street Journal en juin.

10-Septembre: aucune dégradation ni blocage ne seront tolérés, rappelle Nuñez

Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a rappelé mardi que les forces de l’ordre “ne tolèreront aucune dégradation, aucun blocage” et “interviendront systématiquement” mercredi lors du mouvement “Bloquons tout”.Invité de BFMTV/RMC, Le préfet de police a relevé que “l’appel général +Bloquons tout+ a été repris par l’ultragauche”, de sorte que les autorités “s’attendent à des actions dures”.”On ne pense pas que ce mouvement mobilise la société civile”, a ajouté Laurent Nuñez.Pour préparer cette journée, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a prévu de réunir les préfets en visioconférence à 11H00 ce mardi, a rappelé M. Nuñez.Parmi les actions possibles, le préfet de police a cité pêle-mêle le blocage du périphérique parisien, de dépôts d’hydrocarbure, de gares, voire “des actes de sabotage visant les transports publics”. “On s’attend à des actions coups de poing (…) on se prépare à y répondre, y compris dans la nuit”.Comme on lui demandait si une “jonction” était possible entre le mouvement du 10 septembre et la journée de manifestation syndicale annoncée le 18 septembre, le préfet de police a répondu: “il y aura des velléités de jonction entre le 10 et 18”.Il a souligné que pour le moment la préfecture de police n’avait été destinataire d’aucune déclaration de manifestation pour le 18 septembre.

Bayrou va démissionner, Macron veut nommer un successeur “dans les tout prochains jours”

Emmanuel Macron se retrouve mardi en première ligne pour tenter de résoudre, “dans les tout prochains jours”, le casse-tête qu’il est incapable de dénouer depuis plus d’un an: trouver un Premier ministre susceptible de survivre dans un paysage parlementaire sans majorité.Au lendemain de sa chute, François Bayrou, qui a massivement perdu lundi son pari d’obtenir la confiance de l’Assemblée nationale, doit remettre sa démission, conformément à l’article 50 de la Constitution, mardi à la mi-journée au président de la République qui en a déjà “pris acte”.Il va ensuite expédier les affaires courantes en attendant la nomination d’un successeur, le cinquième Premier ministre depuis le début du quinquennat en 2022, du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité politique mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution de juin 2024.Le chef de l’Etat “nommera un nouveau Premier ministre dans les tout prochains jours”, a annoncé l’Elysée dans un communiqué alors que revient fréquemment le nom du ministre des Armées Sébastien Lecornu.Dès ce mardi ? “Ça fait partie des possibles”, ainsi qu’une expression présidentielle le même jour, glisse-t-on dans son entourage, sans certitude.Cela lui permettrait de ne pas être seul à la tête de l’Etat mercredi face au mouvement de protestation “Bloquons tout”, né sur les réseaux sociaux et soutenu par la gauche, qui précédera la mobilisation syndicale du 18 septembre, avec entre les deux la décision vendredi de l’agence Fitch qui pourrait dégrader la note de la dette française et engendrer des turbulences sur les marchés financiers.A défaut, rapporte un interlocuteur régulier d’Emmanuel Macron, un Premier ministre pourrait être nommé d’ici la fin de la semaine, de manière à disposer d’un gouvernement au complet lorsque le chef de l’Etat s’envolera pour New York où il doit reconnaître les 22-23 septembre l’Etat de Palestine à l’ONU.Selon le raisonnement des stratèges élyséens, cette fois, le chef de l’Etat ne devrait pas engager des “consultations formelles”, alors qu’il avait reçu les formations politiques à tour de rôle avant de désigner Michel Barnier il y a un an, et organisé une table ronde de plusieurs chefs de parti avant de choisir François Bayrou en décembre.- accord de non censure -A l’Elysée, on estime que la coalition entre la macronie et la droite est un acquis. Le président a exhorté ses chefs à “travailler avec les socialistes” pour “élargir” son assise.Mais il ne devrait pas aller jusqu’à nommer comme Premier ministre le patron du PS Olivier Faure, malgré ses offres de services pour la formation d’un “gouvernement de gauche” qui irait chercher des “compromis”. Selon ses interlocuteurs, Emmanuel Macron préfère donner les clés de Matignon à une personnalité “de confiance”. Outre Sébastien Lecornu, le nom de Catherine Vautrin revient mais la ministre du Travail et de la Santé reste discrète, ayant déjà expérimenté un revirement élyséen tout comme le ministre des Armées.Sur l’aile gauche de la macronie, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui reçoit dans la matinée les présidents des différents groupes politiques de l’Assemblée, s’est dite prête mardi à aller Matignon pour y mettre en oeuvre un éventuel “pacte de coalition” incluant les socialistes et les écologistes.A moins que le président n’écoute ceux qui lui recommandent “un parfum de cohabitation”, auquel cas le président Les Républicains des Hauts-de-France Xavier Bertrand pourrait tenir la corde.Charge à l’impétrant d’arracher un pacte de non-censure du PS, quitte à lui concéder d’importantes victoires politiques, par exemple sur la taxation des plus riches. Jusqu’ici un tabou pour le locataire de l’Elysée.Mais Olivier Faure a refusé de dire mardi matin si le PS négocierait avec un Premier ministre issu du camp présidentiel, continuant de “revendiquer le pouvoir”. Ces derniers mois, le chef de l’Etat a invoqué l’exemple des coalitions allemandes, alliant sociaux-démocrates et conservateurs. Mais elles supposent de très longues négociations sur un contrat de gouvernement, négociations que le président n’a pas tenté d’initier jusqu’ici.Il en donnera peut-être le mandat au futur Premier ministre, en lui demandant de négocier un programme a minima, et notamment une ébauche de budget pour 2026, avant de nommer le reste du gouvernement.Emmanuel Macron le sait: s’il n’a que des cartes imparfaites entre les mains, l’atout qu’il va abattre risque d’être le dernier avant de devoir, en cas de nouvel échec, redissoudre l’Assemblée, comme l’y invite le Rassemblement national. “La question du figurant importe peu, c’est la politique de fond qu’il faut changer. Les mêmes causes entraîneront les mêmes conséquences”, a répété Jordan Bardella.En cas d’impasse prolongée, la pression monterait sur une démission d’Emmanuel Macron, espérée par l’extrême droite comme par La France insoumise.

Bardella promet la censure à un gouvernement du bloc central

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a rappelé mardi, au lendemain de la chute du gouvernement de François Bayrou, que le RN censurerait tout Premier ministre qui ne peut pas “rompre avec la politique menée depuis huit ans”.”La question du figurant importe peu, c’est la politique de fond qu’il faut changer”, a balayé le patron du parti d’extrême droite sur RTL, renouvelant son appel à une nouvelle dissolution débouchant sur des législatives anticipées.  “Si (Emmanuel) Macron fait le choix de nommer un nouveau Premier ministre, alors ce Premier ministre n’a aucune autre possibilité que de rompre avec la politique qui est menée depuis huit ans”, a-t-il tancé. “Auquel cas les mêmes causes entraîneront les mêmes conséquences et entraîneront par définition une censure du gouvernement”, a-t-il ajouté. Le Rassemblement national plaide pour “revenir devant les Français” sans quoi, “je ne vois pas comment quelque chose de sain pourrait émerger”, a estimé Jordan Bardella, alors que deux Premiers ministres sont déjà tombés depuis la dissolution de juin 2024.”Si on ne change pas les politiques, si on ne change pas les gens qui sont au pouvoir”, le “quotidien” des Français “ne pourra pas changer”, a-t-il insisté.

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Braun-Pivet “évidemment” prête à aller à Matignon

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est dite prête mardi à aller Matignon pour y mettre en oeuvre un éventuel “pacte de coalition”, promettant si c’était le cas de gouverner sans faire usage du 49.3 et de demander d’emblée un vote de confiance.”Je ne suis pas candidate” pour Matignon, “en revanche je suis disponible pour œuvrer dans l’intérêt de mon pays”, a affirmé sur RTL la députée Renaissance des Yvelines, alors que le Premier ministre François Bayrou doit présenter en fin de matinée sa démission au président de la République.”Si d’aventure, il fallait assumer cette mission-là, évidemment je ne rechignerais pas”, a-t-elle aussi déclaré.Mme Braun-Pivet, qui reçoit à 9H30 les présidents des différents groupes politiques de l’Assemblée, plaide pour la conclusion entre ceux qui le souhaitent, d’un “programme d’action jusqu’en 2027″.”Nous discuterons de cela et du fonctionnement de l’Assemblée nationale. Il n’y a pas une minute à perdre pour essayer de se mettre d’accord sur ce pacte de responsabilité et de stabilité”, a-t-elle dit, soulignant l’urgence de doter la France d’un budget pour 2026.Si elle était nommée, Mme Braun-Pivet s’engagerait à renoncer à faire usage de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet de faire adopter des textes sans vote, et voudrait solliciter un vote de confiance de l’Assemblée.”Il faut le faire d’entrée de jeu sur le pacte de coalition pour que le pacte de coalition soit clair pour les Français, et que l’acceptation de la représentation nationale soit claire”, a-t-elle soutenu.Pour atteindre une majorité absolue, Mme Braun-Pivet souhaite associer “les socialistes”, les “écologistes” à la coalition gouvernementale actuelle. Sur le plan programmatique, la titulaire du perchoir a souligné qu’il faudrait faire des “compromis” et probablement revenir sur le projet de l’actuel gouvernement de réduire le déficit de 44 milliards d’euros en 2026.Elle a prôné l’abandon de la proposition de M. Bayrou de supprimer deux jours fériés, et souhaité l’adoption d’un “budget qui soit juste, équitable”.

Les actionnaires de Kering appelés à valider l’arrivée du nouveau directeur général Luca de Meo

L’assemblée générale des actionnaires de Kering doit valider mardi l’arrivée de l’Italien Luca de Meo, venu de Renault, au poste de directeur général, avec pour mission de redresser le groupe français du luxe en commençant par relancer sa marque phare Gucci.Kering avait officialisé à la mi-juin l’arrivée de Luca de Meo à un poste nouvellement créé de directeur général, l’actuel PDG François-Henri Pinault, 63 ans, conservant la présidence du groupe. Le dirigeant italien de 58 ans, qui a fait toute sa carrière dans l’industrie automobile, était depuis cinq ans à la tête du constructeur français Renault qu’il a contribué à redresser.Lors de l’assemblée générale, les actionnaires de Kering voteront la nomination de Luca de Meo en qualité d’administrateur ainsi que les modalités de sa rémunération en tant que directeur général. Le vote sera sans surprise puisque la famille Pinault, via sa holding Artémis, possède 42,3% du capital de Kering et 59,3% des droits de vote.Lucas de Meo sera ensuite nommé directeur général lors du conseil d’administration tenu à l’issue de l’assemblée générale.Les actionnaires de Kering seront aussi appelés à voter une “indemnité de prise de fonction” de 20 millions d’euros pour Luca de Meo, qui a quitté la tête de Renault un an après le début de son deuxième mandat.”En acceptant les fonctions de directeur général de Kering, Luca de Meo a perdu le bénéfice d’éléments de rémunération variable de long terme qui lui avaient été attribués au titre de ses précédentes fonctions de directeur général de Renault”, est-il écrit dans l’avis de convocation de l’assemblée générale de Kering.Estimant à 20 millions d’euros ces éléments de rémunération perdus par Luca de Meo, “le conseil d’administration a décidé de lui attribuer une indemnité de prise de fonctions d’un montant équivalent”, est-il précisé.Cette indemnité sera versée pour 75% en numéraire et 25% en actions Kering. – Prise de fonction le 15 septembre -Les actionnaires devront également se prononcer sur une prolongation de la limite d’âge du président de 65 à 80 ans et du directeur général de 65 à 70 ans.Luca de Meo, qui prendra ses fonctions le 15 septembre, devra redresser Kering. Le groupe a annoncé en juillet une chute de 46% de son bénéfice net au premier semestre, à 474 millions d’euros, et un plongeon de 16% de son chiffre d’affaires, à 7,6 milliards d’euros. Il lui faudra donner un second souffle au mastodonte Gucci, qui représente 44% du chiffre d’affaires du groupe et un peu moins des deux tiers de sa rentabilité opérationnelle. Les ventes annuelles de la marque ont fortement reculé entre 2022 et 2024, passant de 10,5 milliards d’euros à 7,65 milliards d’euros. Le premier semestre 2025 n’a pas été meilleur: le chiffre d’affaires s’est effondré de 27%, à 1,46 milliard d’euros.Sabato de Sarno, qui avait pris la tête de la direction de la création de Gucci après le départ fin 2022 d’Alessandro Michele, a été remplacé en mars par Demna qui a quitté Balenciaga, autre marque du groupe.Dans un marché du luxe chahuté par une conjoncture défavorable, les autres marques de Kering sont aussi à la peine. Les ventes d’Yves Saint Laurent ont reculé de 11% au premier semestre et celles des “autres maisons”, section qui comprend Balenciaga, de 15%. Seules Bottega Veneta et Kering Eyewear, la branche lunetterie et beauté, connaissent une très légère hausse des ventes, de 1% et 2%.Le groupe va devoir également alléger sa dette financière, qui est passée d’un niveau proche de zéro en 2021 à 9,5 milliards au premier semestre 2025, en raison notamment de l’acquisition de la marque de parfums Creed, de 30% de Valentino et de biens immobiliers.

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L’ex-anesthésiste de Besançon face aux cas qui ont précipité sa chute

Huit ans après les faits, la cour d’assises du Doubs se penche mardi sur les empoisonnements de deux patients qui ont déclenché l’enquête préliminaire ayant conduit à la mise en examen de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier.Le 11 janvier 2017, Sandra Simard, 36 ans, fait un arrêt cardiaque lors d’une opération du dos. Le Dr Péchier vient aider ses collègues à la réanimer, et préconise de lui administrer du gluconate de calcium, une solution inhabituelle dans de telles circonstances.Ne comprenant pas pourquoi sa patiente, jeune et en bonne santé, a été victime d’un arrêt cardiaque, la médecin qui l’avait anesthésiée fait saisir, à des fins d’analyse, les poches de soluté utilisées lors de l’opération. Certaines sont même récupérées dans les poubelles.Dans une poche de réhydratation est découverte une concentration de potassium 100 fois supérieure à celle attendue. La direction de la clinique Saint-Vincent alerte alors le parquet de Besançon.Le 20 janvier, alors que des enquêteurs de la police judiciaire se trouvent dans l’établissement, Jean-Claude Gandon, 70 ans, fait à son tour un arrêt cardiaque au cours d’une opération dont l’anesthésie était cette fois confiée au Dr Péchier. Les investigations révèlent une intoxication à la mépivacaïne, un anesthésique local.C’est la première et seule fois qu’un patient du Dr Péchier est victime d’un arrêt cardiaque suspect. Il survivra.L’anesthésiste, qui avait signalé la présence de poches de paracétamol étrangement percées dans la salle d’opération, s’estime victime d’un acte malveillant. “Ça y est, je m’en suis pris un !” dit-il à un collègue.- Malveillance ou alibi ? -Mais les enquêteurs le soupçonnent au contraire d’avoir sciemment empoisonné son propre patient afin de se forger un alibi.  Ces deux “événements indésirables graves” (EIG) seront les premiers évoqués lors du procès de Frédéric Péchier qui s’est ouvert lundi à Besançon et doit s’achever le 19 décembre.”On attend ses arguments avant tout”, a déclaré lundi à la presse Sandra Simard, qui a survécu à l’opération et est aujourd’hui coprésidente de l’association des victimes. Elle se félicite “que la justice ait mis les moyens pour ce procès” hors-normes, qui doit durer jusqu’au 19 décembre et où Frédéric Péchier fait face à plus de 150 parties civiles.Au total, l’ex-anesthésiste est accusé d’avoir provoqué un arrêt cardiaque chez 30 patients, âgés de quatre à 89 ans (dont 12 sont morts), en polluant volontairement des poches de solutés ou de paracétamol. Dans cette affaire “sans équivalent dans les annales judiciaires françaises”, il s’en serait pris à “des patients en bonne santé, pour nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit” et démontrer ensuite ses qualités de réanimateur, avait soutenu l’ancien procureur de la République de Besançon Etienne Manteaux.- “Jamais empoisonné” personne -Devant la cour, Frédéric Péchier a réaffirmé lundi ce qu’il dit depuis le début, qu’il n’a “jamais empoisonné” personne.Après huit ans d’enquête, il comparaît libre mais risque gros: la réclusion criminelle à perpétuité. Jadis décrit comme star des anesthésistes de Besançon, ce père de trois enfants a tout perdu: il a divorcé, ne travaille plus et vit désormais du RSA.”C’est quelqu’un qui est acculé depuis huit ans sans que réellement il lui ait été donné la parole pour s’exprimer”, a déploré devant les journalistes Me Lee Takhedmit, un de ses avocats.”Ce n’est pas à Frédéric Péchier de prouver son innocence, c’est au ministère public, à l’accusation, de prouver sa culpabilité”, a insisté Me Randall Schwerdorffer, son autre défenseur.Le procès doit durer jusqu’au 19 décembre. “Si dans trois mois et demi, il m’a convaincu, je serai le premier à demander son acquittement”, confie Me Frédéric Berna, qui défend plusieurs parties civiles. “Mais pour l’instant, pour moi, sa culpabilité ne fait aucun doute.”

“Pots de départ” pour fêter la chute du gouvernement Bayrou et préparer le 10-Septembre

Des milliers de manifestants ont fêté lundi soir la chute du gouvernement de François Bayrou devant des mairies, à l’appel du mouvement “Bloquons tout” le 10 septembre.De source policière, 200 mobilisations ont fédéré “11.000 personnes”.”Les actions les plus significatives” ont été observées à Rennes (750 personnes), Lyon (500 personnes), Brest (400 personnes), Grenoble (250 personnes) et le Havre (220 personnes) dans une ambiance “globalement festive”, a-t-on ajouté de même source.”Des déambulations sauvages” ont été constatées à Rennes, Toulouse et Grenoble, a souligné la source policière. “A Lyon, des protestataires ont procédé à des tirs de mortiers d’artifice, ce qui a engendré un mouvement de foule”, mais le calme est revenu après l’intervention des forces de l’ordre, a-t-elle précisé.A Nantes, quelque 300 personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées en début de soirée, en musique et sous des pancartes marquées “Bye bye Bayrou” et “le 10/09 on bloque tout”, quelques confettis survolant le regroupement.”On en profite pour échanger sur les différentes actions prévues le 10 septembre, les informations circulent”, rapporte Inès Guaaybess, 30 ans, qui prévoit de se mobiliser mercredi.A Rennes, des centaines de personnes, pour beaucoup des étudiants, se sont réunis place de la mairie autour d’une table avec quelques bouteilles et du pain, sur fond de musique et de confettis.Les manifestants se sont ensuite rendus place Sainte-Anne au centre-ville, haut lieu de la vie étudiante rennaise.”On est au bout du système” avec “une alternance droite gauche qui ne remet pas en cause le côté capitaliste libéral. Il va falloir bifurquer”, assure Jérémie, ingénieur de 37 ans, venu en vélo avec son enfant.A Paris, des rassemblements étaient organisés devant plusieurs mairies d’arrondissement. Dans le 20e, au moins 200 personnes se sont réunies place Gambetta dans une ambiance bon enfant.”C’est une grande victoire ce soir! Le prochain gouvernement devrait penser aux pauvres et aux retraités. Tout est cher, tout augmente. Macron, je voudrais qu’il s’en aille, pourtant j’ai voté deux fois pour lui pour faire barrage” à l’extrême droite, explique Amina Elrhardour, 60 ans.Selon Marius, 25 ans, “il y a vraiment de la démocratie locale qui s’organise” en vue du 10 septembre, tandis que Xavier Keller, 25 ans lui aussi, dit que “le Nouveau Front populaire doit gouverner. On est capable de faire accepter un budget de gauche, je n’ai aucun doute là-dessus”.A Bordeaux, plus d’une centaine de personnes, dont de très nombreux jeunes, ont applaudi et crié de joie à l’annonce de la chute du gouvernement Bayrou, au son d’une fanfare.”Il faut qu’on soit visible, on est nombreux à en avoir ras le bol et n’avoir plus confiance en Macron”, lance Mathilde, trentenaire ceinturée d’une banane Confédération paysanne.Un rassemblement a également été organisé en fin d’après-midi à Pau, ville dont François Bayrou est le maire.Le chef de l’Etat a dit vouloir nommer un nouveau Premier ministre “dans les tout prochains jours”.kal-ld-laf-cg-boc-mk/ito/bfa/dsa

Entre rancoeur, lassitude et soulagement, les députés face au crépuscule Bayrou

Journée crépusculaire au palais Bourbon: totalement dénuée de suspense, la chute de François Bayrou a plongé les députés dans la circonspection, attisant lassitude et amertume chez les uns, soulagement chez les autres. Avec en toile de fond, l’ombre tenace d’une nouvelle dissolution.Cette issue, à laquelle pousse Marine Le Pen, a été écartée au moins à court terme par l’Elysée, qui a annoncé lundi soir la nomination rapide d’un nouveau Premier ministre.194 votes pour, 364 votes contre. En début de soirée, le couperet est tombé, implacable. La donne était jouée d’avance pour François Bayrou, qui devient le premier à perdre un vote de confiance sollicité au Parlement sous la Ve République, après neuf mois en poste.Dans l’hémicycle, un silence se fait au moment de l’annonce du résultat, mais il est de courte durée, rompu par les applaudissements de députés La France insoumise (LFI), debout.François Bayrou reste impassible, et après une accolade à deux de ses ministres, quitte les lieux. Mais malgré le moment historique, le palais Bourbon n’a guère semblé traversé par la solennité: ni les journalistes venus de nombreux pays, ni les invectives des chefs de groupe parlementaire dans l’hémicycle n’ont effacé l’ambiance de fin de règne… Une atmosphère bien éloignée des frissons qui avaient parcouru l’Assemblée nationale lors de la censure du gouvernement Barnier, le 4 décembre 2024.Ainsi le discours de François Bayrou, d’ordinaire enclin à s’épancher, n’aura duré qu’une quarantaine de minutes, sans susciter plus d’agitation que d’ordinaire dans l’hémicycle, sous l’oeil attentif de Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier, assis dans la tribune des visiteurs.L’ambiance a même parfois pris des airs de drôle de rentrée scolaire, avec des députés ravis de se retrouver après plus d’un mois et demi de suspension des travaux parlementaires.- “Gâchis” – Les mêmes sourires ont accompagné à la mi-journée l’arrivée des Insoumis au palais Bourbon. Pour LFI, c’est “le soulagement” qui prédomine, s’enthousiasme la députée Aurélie Trouvé, non sans appeler au “départ du président de la République”.”Cette journée est un crépuscule qui n’en finit pas”, se désespère l’écologiste Sabrina Sebaihi, qui souligne elle aussi le “soulagement de repartir d’une page blanche” après “une agonie très longue”.Des mines satisfaites se lisent également sur les visages des élus du Rassemblement national (RN): “Nous n’avons qu’une envie, c’est retourner aux urnes”, glisse la députée Laure Lavalette.Les troupes de la coalition gouvernementale, elles, oscillent entre rancoeur et lassitude. “Je ne peux pas imaginer qu’il ait pensé que le coup de bluff pouvait passer”, s’agace un député Les Républicains (LR). “Il se protège mais il nous met tous dans une espèce de nasse.” Le député Renaissance Jean-René Cazeneuve glisse lui aussi que François Bayrou aurait dû “commencer par la négociation”. Et fait part d'”une sensation profonde de tristesse, de gâchis, face aux postures des oppositions”.Avec une inquiétude majeure, l’hypothèse d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée si le blocage institutionnel persiste. “Quand bien même personne ne le souhaite, on ne peut pas ignorer que cette option existe”, affirme une source du groupe Renaissance.”Nous sommes dans une impasse dont personne ne pense que nous soyons la solution”, se désole un député du même groupe.- “A quoi on sert ?” -Dans les couloirs, la valse des candidats à Matignon reprend de plus belle: Catherine Vautrin ? Sébastien Lecornu ? Bernard Cazeneuve ? Olivier Faure ? A moins qu’un profil technique n’émerge, ou qu’un médiateur ne soit nommé pour aboutir à un accord de gouvernement ?Rumeurs pour Matignon, rumeurs de dissolution… L’impuissance en guette certains. “On a l’impression de faire et défaire. Faire et défaire c’est toujours travailler, mais espérons qu’on finisse par faire quelque chose quand même”, s’alarme le socialiste Philippe Brun. “On participe un peu aussi à ce manège malgré nous, mais nous sommes obligés de censurer François Bayrou.””Beaucoup de jeunes députés se posent la question: +A quoi on sert ?+”, admet son collègue centriste Charles De Courson. “Il faut avoir le cuir épais et savoir gérer le temps”, philosophe le plus ancien des députés.