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Macron nomme Sébastien Lecornu à Matignon, un proche chargé de négocier avec les partis

Emmanuel Macron a nommé mardi le minisre des Armées Sébastien Lecornu, son homme de confiance venu de la droite, à Matignon, le chargeant de trouver des “accords” avec les forces politiques pour préserver la “stabilité institutionnelle” du pays après la chute de François Bayrou avant de “proposer” un gouvernement.A 39 ans, l’ex-sénateur normand, inamovible dans les gouvernements d’Emmanuel Macron depuis 2017, devient son septième Premier ministre, et le cinquième depuis le début de son second quinquennat en 2022. Du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution de l’Assemblée en juin 2024.Le président de la République, qui recevait mardi soir M. Lecornu, l’a “chargé de consulter les forces politiques représentées au Parlement en vue d’adopter un budget pour la Nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois”, a annoncé l’Elysée dans un communiqué. Le nouveau pensionnaire de Matignon a déjà entamé ses consultations, selon un conseiller de l’exécutif. “A la suite de ces discussions, il appartiendra au nouveau Premier ministre de proposer un gouvernement”, a ajouté la présidence.    “L’action du Premier ministre sera guidée par la défense de notre indépendance et de notre puissance, le service des Français et la stabilité politique et institutionnelle pour l’unité du pays”, a pouruivi l’Elysée.Le chef de l’Etat est “convaincu que sur ces bases une entente entre les forces politiques est possible dans le respect des convictions de chacun”, relève encore la présidence, alors que l’Assemblée est totalement éclatée depuis la dissolution ratée de 2024.La passation de pouvoir entre François Bayrou et le nouveau Premier ministre aura lieu mercredi à midi à Matignon. Elle coïncidera avec une journée de mobilisation pour bloquer le pays initiée par divers mouvements, avant une mobilisation syndicale le 18 septembre.Le chef des Républicains et ministre de l’Intérieur sortant Bruno Retailleau s’est aussitôt dit prêt à “trouver des accords” avec M. Lecornu afin de bâtir une “majorité nationale”, à défaut de majorité absolue, signifiant ainsi sa volonté de rester au gouvernement.- “Dernier cartouche”-Sébastien Lecornu “a les qualités” pour “discuter” et “trouver un accord” avec les autres partis, a jugé le premier chef de gouvernement d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, sur TF1.Le Rassemblement national et les Insoumis ont pour leur part dénoncé la proximité entre le président et son nouveau Premier ministre, promettant de continuer à manier la censure faute de changement de cap politique. “Le président tire la dernière cartouche du macronisme”, a ironisé Marine Le Pen sur X. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé “une triste comédie de mépris du Parlement” et appelé une nouvelle fois au “départ de Macron”. Une “provocation” et “un non respect total des Français”, a renchéri la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, estimant que “tout ça va mal se terminer”.Les socialistes, possibles interlocuteurs pour un accord de non-censure après s’être porté candidats pour occuper eux-mêmes Matignon, ont dans l’immédiat jugé que le chef de l’Etat prenait “le risque de la colère sociale” et “du blocage institutionnel”. Après avoir reconnu la défaite de son camp aux législatives anticipées post-dissolution, tenté une semi-cohabitation avec l’opposant Les Républicains Michel Barnier puis avec le centriste Bayrou, Emmanuel Macron s’en remet donc à un macroniste pur sucre qui a grimpé les échelons jusqu’à devenir ministre des Armées en 2022.Déjà en décembre dernier, Emmanuel Macron avait voulu le nommer à Matignon, mais son allié historique François Bayrou avait fini par s’imposer à lui.Cette fois, le président n’a pas tergiversé malgré une offre de service de la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, et cette nomination express semble indiquer qu’elle avait été soigneusement préparée en amont.A Sébastien Lecornu de résoudre désormais le casse-tête d’une Assemblée plus fragmentée que jamais, en suivant la demande du président de “travailler avec les socialistes” pour “élargir” l’assise de la fragile coalition avec la droite.- Concessions -Pour tenir, le futur gouvernement devra quoi qu’il en soit obtenir, a minima, une non-censure du PS, indispensable pour doter la France d’un budget pour 2026, dont la préparation vient de faire tomber le gouvernement sortant qui avait présenté un effort de 44 milliards d’euros. Le calendrier budgétaire risque déjà de dérailler en raison de cet énième soubresaut de la crise politique, après le retard inédit de l’an dernier.Et l’impasse politique risque d’agiter les marchés financiers, en attendant la décision de l’agence Fitch qui pourrait dégrader vendredi la note de la dette française. Mardi, la France a emprunté à échéance dix ans aussi cher que l’Italie, longtemps classée parmi les mauvais élèves en Europe. Selon un interlocuteur régulier d’Emmanuel Macron, ce dernier pourrait cette fois accepter que le Premier ministre fasse de réelles concessions aux socialistes, par exemple sur la taxation des plus riches, jusqu’ici un tabou pour lui.Emmanuel Macron le sait: s’il n’a que des cartes imparfaites entre les mains, l’atout qu’il a abattu risque d’être le dernier avant de devoir, en cas de nouvel échec, redissoudre l’Assemblée, comme l’y invite le Rassemblement national. En cas d’impasse prolongée, la pression monterait sur une démission d’Emmanuel Macron, espérée par l’extrême droite comme par La France insoumise.

Procès Péchier: une enquête “inhabituelle”, des médicaments pour armes

Un bloc opératoire comme scène de crime, des médicaments pour armes : le directeur de l’enquête sur les empoisonnements reprochés à l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier a décrit mardi devant la cour d’assises du Doubs des investigations pour le moins particulières.C’est une “enquête inhabituelle pour plusieurs raisons: la scène de crime, les armes utilisées”, a expliqué Olivier Verguet à la cour. La scène de crime, c’est un bloc opératoire, un “lieu aseptisé avec une hygiène maximum” compliquant la possibilité de relever des empreintes digitales ou des traces d’ADN.Assimiler le vocabulaire technique, comprendre le fonctionnement d’une anesthésie, se confronter au secret médical… “Je n’imaginais pas l’ampleur de la tâche qui allait être la nôtre”, a déclaré le policier.Cette investigation “complexe” démarre début 2017, avec l’arrêt cardiaque d’une patiente de 36 ans en bonne santé, Sandra Simard, lors d’une opération du dos. Pour comprendre les raisons de cet incident surprenant, la médecin qui l’a anesthésiée fait analyser les poches de soluté utilisées lors de l’opération.Dans une poche de réhydratation est alors découverte une concentration de potassium 100 fois supérieure à celle attendue, ce qui conduit la direction de la clinique à alerter le parquet.- “Psychose” -Le 20 janvier 2017, alors que des enquêteurs de la police judiciaire se trouvent dans l’établissement, Jean-Claude Gandon, 70 ans, fait à son tour un arrêt cardiaque au bloc opératoire, où officie cette fois le docteur Péchier. Le septuagénaire, qui a survécu, raconte à l’AFP avoir subi un “deuxième choc”, en apprenant qu’il avait été empoisonné. Aujourd’hui, “je voudrais savoir la vérité”, confie-t-il. Dans son cas, les investigations ont révélé une intoxication à la mépivacaïne, un anesthésique local. C’est la première et seule fois qu’un patient du docteur Péchier est victime d’un arrêt cardiaque suspect. Alors qu’une “psychose commençait à naître dans ce bloc opératoire”, comme le raconte M. Verguet, les policiers établissent des rapprochements avec d’autres cas d’empoisonnements – mode opératoire, heure matinale des faits -, et commencent à “trouver la présence récurrente du Dr Péchier particulièrement inquiétante”.L’anesthésiste, qui avait signalé la présence de poches de paracétamol étrangement percées dans la salle d’opération, s’estime victime d’un acte malveillant. Mais les enquêteurs le soupçonnent au contraire d’avoir sciemment empoisonné son propre patient afin de se forger un alibi. Selon l’accusation, il aurait empoisonné les patients de ses confrères avec lesquels il était en “conflit ouvert” à cause de questions d’argent, de pouvoir, voire de planning, pour démontrer ensuite ses qualités de réanimateur. Dans ce contexte, Frédéric Péchier aurait commis le “crime parfait” en s’en prenant aux patients des autres, en tout cas jusqu’au cas Simard, observe le directeur d’enquête. Pourtant, pressé de questions par la défense, il peine à expliquer comme le docteur Péchier s’y serait pris pour être sûr que la poche qu’il aurait empoisonnée était destinée spécifiquement à tel ou tel patient pour viser tel ou tel collègue anesthésiste. – “Un criminel parmi eux” -Les poches, auxquelles “tout le monde avait accès”, étaient choisies de manière “aléatoire, non pas par lui, mais par des infirmières”, a observé en fin de journée Randall Schwerdorffer, l’un des avocats du médecin. “Ça fait beaucoup d’aléas pour arriver de façon déterminée à empoisonner un patient”. Au total, le docteur Péchier comparaît pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels, entre 2008 et 2017, sur des patients âgés de 4 à 89 ans.Ses anciens collègues de la clinique Saint-Vincent ont eu “un véritable sentiment de culpabilité de ne pas avoir pu découvrir qu’un criminel se trouvait parmi eux”, relate M. Verguet.Devant la cour, l’accusé a réaffirmé lundi ce qu’il dit depuis le début: il n’a “jamais empoisonné” personne. L’ancien médecin de 53 ans comparaît libre, mais risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès est prévu jusqu’au 19 décembre.

Lecornu, fidèle et discret soldat d’Emmanuel Macron

Venu de la droite, discret au point d’être quasi inconnu du grand public, Sébastien Lecornu, nommé Premier ministre à 39 ans, est un compagnon de route du chef de l’Etat depuis 2017, devenu un rouage essentiel de la macronie. De tous les gouvernements depuis la première élection d’Emmanuel Macron, il a déjà manqué de peu Matignon l’année dernière.Celui qui n’a “jamais complètement défait” ses cartons depuis la dissolution devait déjà être nommé rue de Varenne le 13 décembre avant que François Bayrou ne s’impose au forceps.Malgré l’absence de majorité et l’instabilité politique qui en découle depuis 2022, Sébastien Lecornu s’est maintenu au poste stratégique de ministre des Armées depuis trois ans, où il a connu pas moins de quatre Premiers ministres, Elisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier, et François Bayrou.Peu loquace publiquement à son poste de gardien de la “grande muette”, Sébastien Lecornu est aussi un homme politique réservé. C’est en grande partie en coulisses qu’il a étendu son influence.”C’est un fidèle de Macron qui ne lui fera pas d’ombre. Son bilan à la défense est plutôt bon”, relève auprès de l’AFP un diplomate sous couvert de l’anonymat. Leur proximité remonte en partie au mouvement des Gilets jaunes, après lequel M. Lecornu avait co-animé les “grands débats”.”Lecornu, c’est le bon soldat qui par ailleurs n’a pas trop de charisme”, ajoute un conseiller ministériel.- “Manoeuvrier” -Proche de Gérald Darmanin et d’Edouard Philippe, issus comme lui de la droite, il s’est illustré politiquement par ses négociations pied à pied avec les parlementaires de tous bords pour faire adopter, à la quasi unanimité, la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, en hausse de 40% par rapport à la précédente.”Il est apprécié sur tous les bancs de l’Assemblée”, selon un ancien membre de la commission Défense de l’Assemblée qui décrit “un animal politique”: il maîtrise ses dossiers, répond sans regarder ses notes et distribue alternativement à ses adversaires flagorneries et tacles appuyés.Mais “ce n’est pas difficile” de faire passer un budget en hausse, modère un responsable du bloc central, qui le voit davantage “manœuvrier” et pointe la montée du RN dans son département de l’Eure.Reste à savoir si cet homme, jugé “habile” par un responsable socialiste, saura convaincre le PS avec  qui Emmanuel Macron a demandé de travailler. “Il comprend vite les choses”, mais “il est plus à droite que Bayrou”, note le même.Il a été épinglé dans la presse pour un dîner avec Marine Le Pen, ce qui en fait “l’homme de la négociation avec le RN dans la psyché socialiste”, selon une ministre.Sur le budget, alors que son prédécesseur a été accusé de dramatiser la question de la dette, Sébastien Lecornu affirmait récemment ne pas croire que le FMI soit “aux portes de Bercy” mais se dit certain que “si nous ne faisons rien, le pays va s’étouffer à petit feu”.- Réserviste -Il reste conscient qu'”accepter ce job (de Premier ministre), c’est accepter de mettre les deux doigts dans la prise et que ça continue de grésiller”, glisse un proche.Originaire de Normandie, petit-fils de résistant, il a un temps pensé faire Saint-Cyr mais s’est lancé très jeune en politique. Sa carrière a débuté à droite, à l’UMP puis chez les Républicains (LR), battant plusieurs records de précocité. Assistant parlementaire à 19 ans, il devient en 2008 le plus jeune conseiller dans un cabinet ministériel -celui de Bruno Le Maire aux Affaires européennes- puis en 2015, le plus jeune président d’un département, l’Eure, après avoir été maire de sa ville, Vernon.Propulsé au gouvernement à 31 ans, il passe par plusieurs ministères : l’Ecologie, les Collectivités, l’Outre-mer, puis les Armées. Réserviste de la gendarmerie dans l’Eure, cet amateur d’histoire élu sénateur en 2020 répétait vouloir rester aux Armées, citant régulièrement l’action de son lointain prédécesseur Pierre Messmer, inamovible titulaire du portefeuille sous le général de Gaulle.S’il reste discret dans les médias, il a pris la lumière avec la guerre en Ukraine, s’efforçant de mettre en musique le “réarmement” du pays ordonné par le chef de l’Etat ou les garanties de sécurité que les Européens seraient susceptibles d’apporter à Kiev. Il a été aussi en première ligne dans l’intensification de la coopération européenne en matière d’industrie de défense, notamment avec l’Allemagne.Face à ce qu’il voit comme le “plus gros dérèglement géopolitique depuis la Seconde guerre mondiale”, il a bénéficié pour son ministère d’un budget en ascension constante, à l’inverse de la plupart de ses collègues.Après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, c’est lui qu’Emmanuel Macron a envoyé en tournée régionale pour négocier la libération d’otages français retenus dans la bande de Gaza et incarner la position française.bur-dla-mra-are/sde/jmt/cbn

Dette: la France emprunte désormais au même taux que l’Italie

La France emprunte désormais aussi cher que l’Italie à échéance dix ans, au lendemain de la chute du gouvernement Bayrou et à l’approche de la révision de la notation du pays vendredi par l’agence Fitch Ratings. Le taux de l’emprunt français à dix ans, la référence en terme de rendement de la dette souveraine, a terminé mardi en hausse, à 3,47%, lorsque son équivalent italien a fini juste au-dessus, à 3,48%.Durant la séance, le rendement italien est même passé brièvement sous son équivalent français.Cette situation est inédite depuis le lancement de l’euro en 2002, alors que Rome a longtemps été considérée parmi les mauvais élèves en Europe en termes de maîtrise de sa dette publique.Mais la situation budgétaire italienne “s’est améliorée ces dernières années et le gouvernement Meloni s’est engagé à ramener leur déficit à 2,8% d’ici 2026”, explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.Au contraire, “sur les 3 dernières années, on a un déficit qui a augmenté en France, à rebours de ce qui se passe ailleurs en Europe”, relève Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques chez Lazard Frères Gestion.Plus une dette publique est jugée risquée par les marchés financiers, plus son taux de rendement est élevé.Ce renchérissement du coût de la dette française fait directement suite au vote de confiance perdu lundi par François Bayrou, qui l’avait sollicité à la suite de son annonce de plus de 40 milliards d’euros d’économies en juillet.L’écart entre le taux d’intérêt français et son équivalent allemand, une référence sur le marché européen ne cesse également de se creuser. Depuis l’annonce, le 25 août, du vote de confiance par François Bayrou, il s’est élargi de 0,70 point de pourcentage à 0,81 point mardi en clôture.”Il faut rappeler que l’écart était d’environ 50 points de base” avant la dissolution de l’Assemblée nationale déclenchée par Emmanuel Macron en juin 2024, commente Paul Jackson, directeur mondial de la recherche en allocation d’actifs chez Invesco.Si le président de la République a affirmé son intention de vouloir nommer un Premier ministre rapidement, la démission de François Bayrou rendue effective mardi augmente l’incertitude, ce qu’abhorrent les investisseurs. “La France vient de basculer dans une nouvelle zone de turbulences”, a ainsi noté mardi John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Les investisseurs ont désormais les yeux rivés vers l’agence Fitch Ratings, qui doit actualiser la note de la France vendredi. “L’agence a déjà placé la France sous perspective négative, un abaissement est désormais probable”, estime John Plassard.Du côté des actions, l’indice vedette CAC 40 a pris 0,19%, soit 14,55 points à 7.7749 points. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Dans l’Arctique suédois, des terres rares chères aux Samis attisent les convoitises

Le plus grand gisement de terres rares de l’Union européenne se trouve en Suède en plein territoire sami, au grand dam de ce peuple autochtone qui craint de voir sacrifié l’élevage de rennes au profit de la souveraineté économique européenne.A 910 mètres sous terre, le groupe public minier LKAB creuse, depuis la mine de minerai de fer voisine de Kiruna, un tunnel d’exploration pour évaluer le potentiel du gisement découvert début 2023. Les machines avancent chaque jour de cinq mètres.”Nous n’avons aucune activité d’exploitation minière dans le domaine des terres rares en Europe qui représente un potentiel énorme”, souligne Niklas Johansson, vice président de LKAB, lors d’une visite. Cependant il existe “de nombreux défis à relever pour atteindre nos objectifs” sur ce gisement, ajoute-il.”Il existe une volonté politique d’y parvenir, mais pour ce faire, il reste encore de nombreux obstacles juridiques et processus d’autorisation à surmonter, que les nouvelles règles sont censées faciliter, mais nous n’avons encore rien vu”, ajoute-t-il.Ces “nouvelles règles” évoquées par le dirigeant renvoient aux 47 “projets stratégiques” de terres rares et matériaux stratégiques définis en mars par la Commission européenne, et qui doivent bénéficier d’un traitement accéléré.Le gisement suédois de LKAB baptisé Per Geijer figure parmi les projets choisis. En théorie, la procédure d’obtention de permis pour l’extraction doit être accélérée pour s’établir à 27 mois. Mais LKAB reste prudent et, en l’absence de nouvelles, le dirigeant estime qu'”il faudra peut-être compter 10 ans rien que pour obtenir le permis” puis “environ deux ans pour construire une mine”.- Menace “existentielle” pour les Sami -Cette promesse d’eldorado inquiète le peuple autochtone Sami qui vit de l’élevage traditionnel de rennes. “Nous sommes vraiment désespérés” déplore Lars-Marcus Kuhmunen, éleveur de rennes et chef de la communauté Gabna. “Parce que nous considérons que nous pourrions être la dernière génération sami dans cette région. Ce sera un trou noir sur la carte, là où se trouve Kiruna.”La pérennité de cet élevage est en jeu.”La mine prévue va obstruer la seule route migratoire saisonnière restante reliant les pâturages d’hiver et les pâturages d’été” explique Rasmus Kløcker Larsen, chercheur à l’Institut de l’environnement de Stockholm. “Le risque est que les gens soient poussés à abandonner l’élevage et que les coutumes et les connaissances des Samis ne soient pas transmises aux nouvelles générations”, poursuit le chercheur qui réalise une étude pilote sur les risques liés aux droits humains dans les projets miniers sur les terres samies.”Le projet Per Geijer en est encore à ses débuts, et de nombreux aspects sont actuellement étudiés et examinés, notamment les mesures de protection, d’adaptation et de compensation à prendre pour répondre aux besoins de l’élevage de rennes”, répond Pia Lindström, directrice de LKAB pour le développement durable. “Nous pensons qu’il est possible pour nos deux industries de poursuivre leurs activités et leur développement.”- Dialogue de sourds ? -Cependant, les représentants Sami et ceux de LKAB ne parlent pas la même langue, estime Lars-Marcus Kuhmunen. “Le dialogue porte toujours sur la minimisation des dommages pour nous. (…) Nous ne prenons pas d’argent. Nous ne voulons pas d’argent, nous voulons de la culture. Nous voulons que notre culture et l’élevage des rennes s’améliorent.”L’an dernier, l’UE a adopté une législation pour sécuriser ses approvisionnements en matières premières. L’objectif est de réduire la dépendance à la Chine pour des matières utilisées notamment dans la fabrication de batteries, d’éoliennes, ou de munitions. Ce texte a été complété en mars par la liste de 47 “projets stratégiques” dont ce gisement nordique.Le groupe minier suédois contrôlé par l’État entend aller de l’avant et profiter de ses capacités à extraire du minerais de fer à Kiruna depuis 1890 pour rentabiliser la production de terres rares et de phosphate.Car bien que les terres rares ne soient pas rares sur terre, 92% de leur production raffinée est réalisée en Chine alors que le pays n’est responsable que de 60% de leur extraction, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Vif émoi après la découverte d’au moins neuf têtes de cochon devant des mosquées en Ile-de-France

“Une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane”: au moins neuf têtes de cochon ont été découvertes mardi matin devant des mosquées de la capitale et de la région parisienne, suscitant des réactions indignées.Ces têtes de porc, animal considéré comme impur par l’islam, ont notamment été découvertes sur la voie publique à Paris, devant l’entrée de la mosquée Islah à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ainsi qu’à Montrouge,  Malakoff (Hauts-de-Seine) et Gentilly (Val-de-Marne).A Paris, des têtes ont été découvertes, devant des mosquées des 15e, 18e et 20e arrondissement.Plusieurs des têtes de cochon “supportaient une inscription +MACRON+ écrite à l’encre bleue”, a précisé le parquet de Paris à l’AFP.Au total, au moins neuf têtes ont été retrouvées, “quatre à Paris et cinq en petite couronne”, a détaillé le préfet de police de Paris Laurent Nuñez, disant ne pas exclure “qu’on en découvre d’autres”.Emmanuel Macron s’est entretenu avec les représentants de la communauté musulmane de Paris après cette découverte et leur a exprimé son “soutien”.”On ne peut s’empêcher de faire des rapprochements avec des actions précédentes (…) dont il a été avéré que c’était des actions d’ingérence étrangère”, a fait valoir M. Nuñez, appelant toutefois à rester “très prudent”.Il faisait référence à de précédentes affaires, attribuées à de possibles ingérences étrangères, dont les tags d’étoiles de David dans Paris à l’automne 2023 ou de mains rouges sur le Mémorial de la Shoah en mai 2024.L’enquête pour provocation à la haine aggravée par la discrimination en raison de l’appartenance à une race ou religion a été confiée à la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris, selon le parquet de la capitale, qui centralise les investigations.Le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz a dénoncé “une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane”, appelant “à une prise de conscience et à une solidarité nationale”, après s’être entretenu avec la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé.Devant la mosquée de l’Union des musulmans de Malakoff, Caroline (prénom modifié) est venue déposer un bouquet de trois roses blanches pour montrer son “soutien et (s)a solidarité”, bien qu’elle ne se considère “pas croyante”. “Les gens ne devraient pas avoir à cacher leur foi, en tout cas c’est pas ce qu’on m’a appris de la laïcité quand j’étais à l’école”, estime l’ancienne directrice d’association de 40 ans.- Hausse des actes anti-musulmans -A Paris, la maire PS Anne Hidalgo a condamné des “actes racistes” et a assuré de sa “solidarité avec la communauté musulmane”, précisant que la Ville avait saisi la justice.A la mosquée Islah de Montreuil, les fidèles se rassemblent par petits groupes avant d’entrer dans la salle de prière. “On est de plus en plus inquiets”, déclare Issa Doukouré, habitué des lieux, pointant des “actes de haine qui continuent à s’intensifier”.”On reste sereins, on ne se laisse pas trop impressionner par ça”, soutient de son côté Haider Rassool, vice-président de la mosquée.  L’édile de la ville, Patrice Bessac (PCF), s’est rendu sur place avant la prière de 13H30 pour “témoigner de (s)on amitié” aux fidèles, dénonçant “une provocation islamophobe” dans cette commune où deux lieux ont été visés.”C’est la première fois que l’on a un acte aussi ignoble et lâche” à Gentilly, a déclaré à l’AFP le maire de la ville Fatah Aggoune (apparenté PCF), condamnant des “pratiques abjectes” visant à “diviser”.La ville de Malakoff (PCF) a également condamné “cet acte islamophobe” et rappelé “son attachement aux valeurs de vivre-ensemble et de fraternité”.De son côté, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) a fait part de son “indignation” face à “cette sorte de profanation”. Le sénateur de Paris Ian Brossat (PCF) a condamné des actes visant “à intimider, à humilier et à nourrir la haine contre nos concitoyens musulmans”.”Cela fait des mois qu’on alerte, et nous ne sommes pas entendus”, a affirmé à l’AFP Bassirou Camara, le président de l’Addam (association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans), demandant une “réaction forte” des autorités. L’association SOS Racisme a alerté sur des “discours stigmatisants qui se banalisent dans l’espace public” et “légitiment des passages à l’acte”, rappelant l’assassinat d’un jeune malien, Aboubakar Cissé, au sein de la mosquée de La Grand-Combe (Gard) en avril 2025. Les actes antimusulmans enregistrés en France sur la période janvier-mai 2025 ont augmenté de 75% par rapport à 2024, avec un triplement des atteintes aux personnes, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur de juillet.La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe. 

10 septembre: trafic perturbé sur de nombreuses lignes ferroviaires en Ile-de-France

Le trafic sera perturbé sur de nombreuses lignes ferroviaires en Ile-de-France mercredi, jour du mouvement pour “tout bloquer”, le ministre des Transports promettant un important dispositif de sécurité à Paris à la Gare du Nord qui pourrait être ciblée par des manifestants.La SNCF ne prévoit aucune circulation sur une partie du RER D, seulement un train sur trois sur les lignes Transilien H, vers le nord-ouest de la région parisienne, et Transilien R (sud-est) ainsi qu’un train sur deux sur le RER B dans sa partie nord, desservant notamment l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Dans la partie sud du RER B, gérée par la RATP, deux trains sur trois circuleront, a précisé mardi ce dernier transporteur. Le RER A, ligne ferroviaire la plus fréquentée d’Europe, ne sera a priori pas affectée par le mouvement, selon la RATP et la SNCF. Cette dernière prévoit aussi un trafic “normal” sur la ligne V du Transilien (Versailles-Massy) et les deux tramways qu’elle exploite, les lignes 12 et 13.Le RER C et les lignes K (nord), N (ouest) et U (ouest) du Transilien verront circuler un train sur deux. Cette proportion montera à deux trains sur trois sur les lignes J et L (ouest) et le RER E. La ligne P, vers l’est, sera également touchée, mais verra circuler au minimum deux trains sur trois.A la RATP, le trafic sera “quasi normal” dans le métro avec “plus de neuf trains sur dix” sur les lignes 5, 8, 9 et 13, les autres n’étant pas affectées. En moyenne, “neuf bus sur dix circuleront sur l’ensemble du réseau”, tandis que les tramways fonctionneront à 100%.La SNCF avait déjà prévenu lundi que le trafic ferroviaire serait affecté dans l’Hexagone par le mouvement social de mercredi, en particulier celui des TER et des Intercités, mais pas le réseau à grande vitesse.”A la RATP, il y a assez peu d’annulations puisqu’il y a, je crois, 1.400 collaborateurs grévistes sur près de 46.000″ salariés, a affirmé le ministre démissionnaire des Transports, Philippe Tabarot, après avoir réuni mardi après-midi les principaux acteurs du transport.- “Particulièrement vigilants” -M. Tabarot a évoqué, côté SNCF en Ile-de-France, “quelques perturbations sur les RER et sur les Transilien, mais qui, majoritairement, vont circuler, environ aux alentours de 60%”.Selon le ministre, dans le reste de la France, environ “70% des TER” devraient circuler, “avec quelques régions où il n’y aurait pratiquement pas de perturbations, et d’autres où il y en aurait un petit peu plus”, notamment les Hauts-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie.A la RATP, le syndicat La Base, majoritaire chez les conducteurs de RER, a appelé à faire grève mercredi.Mais les quatre principaux syndicats de la RATP – CGT, FO, Unsa Mobilité et CFE-CGC – ont quant à eux appelé à la grève le 18 septembre, autre jour de mobilisation.Côté SNCF, la CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe, a appelé à “participer massivement” à la grève de mercredi ainsi qu’à celle du 18 septembre. SUD-Rail, troisième syndicat de cheminots, a également appelé à faire grève mercredi, mais ne s’est pas joint à l’appel lancé par les trois autres grands syndicats de la SNCF (CGT, Unsa, CFDT) pour le 18 septembre.M. Tabarot a estimé que la mobilisation “pourrait être plus forte le 18 que le 10”, mais il a prévenu que “la radicalité des actions menées risque d’être au rendez-vous” mercredi.En particulier, “il semblerait que la Gare du Nord soit ciblée par un certain nombre de manifestations”, a-t-il révélé, en promettant un dispositif de sécurité “très important sur cette gare comme pratiquement sur l’ensemble des plus grandes gares [du] pays”.”On sera particulièrement vigilants là-dessus, que ce soit sur les voies ferrées, que ce soit sur nos routes ou nos autoroutes pour éviter un certain nombre de blocages”, a promis le ministre.

ICC hears harrowing details as Kony war crimes hearing opens

Villages torched, young girls forced into sexual slavery, babies beaten and thrown into fires: the International Criminal Court Tuesday heard harrowing stories of atrocities allegedly committed by Joseph Kony’s Lord’s Resistance Army in Uganda.The fugitive warlord faces 39 counts of war crimes and crimes against humanity, including murder, rape, torture, enslavement and sexual slavery, allegedly …

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