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La politique internationale du gouvernement passée au grill au Parlement

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et son homologue des Armées Catherine Vautrin ont défendu lundi la politique étrangère du gouvernement face aux critiques acerbes des députés.Lors d’un débat sans vote au Parlement sur le rôle de la France dans les crises internationales, les accusations ont été multiples: “passivité” vis-à-vis des Etats-Unis qui ont capturé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et qui menacent de s’emparer du Groenland, faiblesse vis-à-vis de la République islamique d’Iran qui réprime son peuple, ou à l’égard de l’Algérie qui détient un journaliste français, ou encore dénonciation d’un “double standard” entre l’Ukraine et Gaza.”Notre pays a eu raison de dénoncer l’agression russe contre l’Ukraine (…) Mais pourquoi cette incapacité à appliquer ce même standard lorsque l’auteur de la violation n’est plus Moscou mais Washington à Caracas ou Israël à Gaza? C’est ce double standard qui ruine notre crédibilité”, a ainsi lancé Stéphane Peu (PCF).”La France (…) a refusé tout deux poids deux mesures dans ses positions internationales”, a rétorqué Jean-Noël Barrot.Et de tacler certains députés de LFI pour leurs “indignations sélectives”, “à géométrie variable”, pointant du doigt leur supposé silence sur le peuple vénézuélien qui a subi le joug de Nicolas Maduro et du peuple iranien victime d’une répression sanglante de la part des Mollahs.S’agissant de la faiblesse présumée de la France vis-à-vis de Washington, le ministre a souligné qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre “condamner Nicolas Maduro pour ses crimes et dénoncer les violations internationales”. Et rappelé l’importance de doter la France d’un budget pour qu’elle puisse “peser”.Il n’a en revanche pas répondu à la possibilité de classer comme groupe terroriste le Corps des gardiens de la révolution, bras idéologique du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.De son côté, la ministre des Armées a reconnu qu’il y avait urgence à assurer la souveraineté européenne en matière d’espace et de télécommunications, ce qui permettrait de venir en aide aux Iraniens victimes de coupure d’internet.Le débat au Parlement, sans vote et non contraignant pour le gouvernement, doit se poursuivre dans la soirée au Sénat.Il avait été annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu à la suite de plusieurs demandes en ce sens de la part des groupes de gauche, après l’opération militaire américaine au Venezuela ayant conduit à la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, le 3 janvier dernier.Le chef du gouvernement français avait souhaité que ce débat soit “un moment” de se poser des questions sur l’autonomie stratégique de la France et comprendre pourquoi la réaction européenne “n’a pas été aussi rapide et aussi forte, peut-être, qu’attendu”.Depuis, l’actualité a largement dépassé le cadre de l’opération américaine au Venezuela notamment en raison des velléités du président américain vis-à-vis du Groenland.Donald Trump a menacé samedi plusieurs pays européens dont la France de surtaxes douanières, ces états ayant répliqué en promettant de rester “unis” et en examinant les différentes ripostes possibles. En France, la classe politique a été unanime pour condamner les annonces américaines.Christophe Weissberg, du groupe Ensemble pour la République, a souligné que “l’époque où Washington se posait en garant de nos processus démocratiques est bel et bien terminée”.  Mais il a appelé à faire “de ce moment de rupture une opportunité historique pour l’Europe”. 

Budget : Lecornu choisit le 49.3 avec “amertume”

“Semi-succès”, “semi-échec”, Sébastien Lecornu s’est résigné lundi à passer par le 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat à l’Assemblée nationale, espérant échapper aux motions de censure grâce aux concessions faites aux socialistes.Quelques mois après y avoir renoncé pour éviter une censure de ces mêmes députés socialistes, le chef du gouvernement a officialisé, avec “regret” et “un peu d’amertume”, le recours dès “mardi” à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.”Tout le monde en arrive à la conclusion qu’on va dans une impasse”, a argué le chef du gouvernement après un conseil des ministres à l’Elysée, alors que le budget n’avait plus aucune chance d’être adopté par un vote du Parlement.Le 49.3 sera activé mardi sur le volet “recettes” du projet de loi de finances, puis, sauf censure, une deuxième fois quelques jours plus tard sur les “dépenses”. Le texte irait ensuite rapidement au Sénat, puis reviendrait à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3.Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février…- “Stabilité” -Après plus de quatre mois de joutes parlementaires, la France aura enfin une loi de finances. Mais c’est aussi un revers sur la forme pour Sébastien Lecornu, contraint de se dédire et de passer en force.Il a lui-même reconnu un “semi-échec”, mais vanté un “semi-succès”, rappelant que le budget de la Sécurité sociale avait pu être approuvé à l’issue d’une procédure parlementaire classique. “Je suis obligé de revenir sur ma parole, mais en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m’entête”, a-t-il justifié.Il a reçu le soutien du président Emmanuel Macron, qui en conseil des ministres a jugé que le compromis permettrait la “stabilité, et “au pays d’avancer”, a rapporté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.A contrario la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, avait déjà prévenu que ses députés déposeraient en retour une motion de censure du gouvernement, contre “un budget de malheur”.Marine Le Pen, cheffe des députés du Rassemblement national, a elle dénoncé “des annonces irresponsables pour acheter le PS au mépris de l’intérêt national”, et annoncé une autre motion de censure. Et les écologistes “n’ont aucune raison de ne pas censurer”, a annoncé leur patronne Marine Tondelier. Cyrielle Chatelain, patronne des députés, a annoncé que le groupe déciderait mardi avec la copie finale, se demandant si le gouvernement cachait “le coût de la facture, notamment en termes de coupes sur les services publics”.Pour faire passer le budget de l’Etat, le Premier ministre compte sur l’abstention des socialistes, qui est en bonne voie.”Je crois que les conditions sont réunies” pour éviter une censure du PS, a estimé lundi soir le patron des députés Boris Vallaud sur BFMTV.- “Ça suffit” -Les vœux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d’achat, avec une hausse de la prime d’activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert…La proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises a aussi été retenue in fine, pour un rendement de 8 milliards d’euros en 2026, comme en 2025.Pour contenir le déficit public à 5% du PIB maximum, un engagement pris “sincèrement”, a répété Sébastien Lecornu, sans augmenter la fiscalité des ménages, la taxation des grandes entreprises a fait office de variable d’ajustement.Et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé le maintien dans le texte d’une taxe visant le patrimoine financier des holdings familiales.Reste que les concessions faites au PS irritent les parlementaires du camp gouvernemental.”Quand vous ponctionnez les entreprises françaises, ça pèse sur les Français”, a regretté dans l’Opinion Marc Fesneau, patron des députés MoDem. “On aurait dû sans doute dire aux socialistes, à un moment +ça suffit+”, a déploré le député, questionnant avec insistance la crédibilité de l’objectif de 5% de déficit.”C’est une évidence, c’est un budget très imparfait”, a estimé Laurent Wauquiez, patron des députés LR qui ne devraient pas pour autant voter la censure.Une source au sein du groupe macroniste déplore elle un “gouvernement tenu par une poignée de députés socialistes”.Au cours d’une conférence de presse, Sébastien Lecornu a assuré avoir répondu aux demandes de Gabriel Attal, le chef de Renaissance, et de Laurent Wauquiez, en renonçant à toucher respectivement aux allègements de charges des entreprises, et en indexant le barème de l’impôt sur le revenu pour suivre l’inflation.

Pluies intenses dans l’Aude: “surveillance renforcée”, levée des évacuations à Narbonne

Les intempéries se poursuivent lundi dans l’Aude, donnant lieu à des débordements de cours d’eau et inondations localisés, mais leur plus faible intensité a permis la levée de certaines mesures préventives, comme l’évacuation d’habitations à Narbonne, selon les autorités locales.”Les conditions météorologiques demeurent dégradées sur l’ensemble du département, en particulier dans l’est du territoire. Les précipitations étant amenées à baisser en intensité, l’Aude devrait être rétrogradée par Météo France en vigilance jaune pluie-inondation” lundi soir à 22H00, écrit la préfecture dans un communiqué diffusé en début de soirée.Les pompiers ont “réalisé 113 interventions” depuis le début de cet épisode de précipitations dimanche, a-t-elle précisé, ajoutant qu’un accident sur l’autoroute A61 lundi après-midi a fait trois blessés, dont un en urgence absolue et deux en urgence relative.Ces blessés s’ajoutent à un homme tombé de son toit dimanche après-midi, avant d’être hospitalisé en urgence absolue à Toulouse, a indiqué la préfecture à l’AFP.Alors que les personnes évacuées sur la commune de Narbonne dimanche soir ont été autorisées à regagner leur domicile lundi en milieu de journée, 300 foyers sont toujours privés d’électricité et “la situation demeure très dégradée sur le réseau routier (…) avec une cinquantaine de routes encore fermées à la circulation”, écrit-elle encore dans son communiqué.”Même si les précipitations vont être moins intenses dans les prochaines heures, la situation reste compliquée, avec plusieurs débordements en cours ou annoncés”, a de son côté souligné la communauté d’agglomération du Grand Narbonne, dans un communiqué.”Compte tenu des prévisions météorologiques, le préfet a pris la décision de maintenir (mardi) la fermeture de tous les établissements scolaires sur l’ensemble des 109 communes de l’arrondissement de Narbonne”, indique encore la préfecture.Les transports scolaires y resteront suspendus et les manifestations extérieures interdites.”Cette nuit, vers 03h00 du matin, l’eau est arrivée et a commencé à se déverser”, a déclaré à l’AFP le maire de Coursan, une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Narbonne, Edouard Rocher. “Aujourd’hui, il n’y a pas de risque majeur mais c’est un épisode qui est assez important”.”Aujourd’hui, c’est le déversement de l’eau dans la plaine, il y a beaucoup d’eau qui passe, il faudra regarder s’il y a des dégâts particuliers mais aujourd’hui la situation est sous contrôle”, a ajouté l’élu. La zone la plus affectée par les crues est la plaine de l’Aude, près de son embouchure, voisine du département de l’Hérault.Selon le bulletin de Météo France de 16h05, une vigilance orange pour “risque de crue génératrice de débordements importants” restait signalée pour le fleuve Aude, avec par exemple un relevé de près de 7 mètres à la station de Cuxac (contre environ 1,50 m dimanche matin).Quatre départements restent en vigilance orange pluie-inondations ce lundi: la Haute-Corse, la Corse-du-Sud, l’Aude, et les Pyrénées-Orientales, où les pluies devaient rester importantes localement.Dans l’Aude, cette vigilance orange devrait être levée aux alentours de 22h00 lundi et se maintenir jusqu’à 06h00 mardi en Corse et dans les Pyrénées-Orientales.Dans ce département, touché par une sécheresse chronique ces dernières années, ces intenses précipitations permettent “de confirmer la tendance d’amélioration de la situation hydrologique (…) dans la continuité de l’épisode pluvieux de décembre”, a souligné la préfecture locale.

Assassinat du père Olivier Maire: un accusé silencieux et des questions en suspens

Quelques mots sur une feuille de papier, puis le silence. Emmanuel Abayisenga, incendiaire de la cathédrale de Nantes, est resté impassible lundi face à la cour d’assises de Vendée, devant laquelle il est jugé pour l’assassinat du père Olivier Maire en 2021. Vêtu d’un survêtement gris et d’une parka rouge, l’accusé, ressortissant rwandais de 45 ans, a refusé à l’ouverture de l’audience de décliner oralement son identité, réclamant d’un geste un stylo et du papier. “Merci de respecter mon droit au silence. Je n’ai pas besoin d’une interprète ni d’un avocat”, a-t-il écrit à la présidente, Anne Haye. Ce silence, “on s’y attendait un peu puisque de précédentes fois où il a été convoqué, il a refusé de venir. Cette fois-ci, il a refusé de parler”, a remarqué en marge de l’audience Me Antoine De Guerry De Beauregard, avocat de la congrégation à laquelle appartenait le père Olivier Maire, partie civile au procès. “S’agit-il d’une stratégie ou d’une véritable incapacité pathologique ? On ne le sait pas, on ne le saura sans doute jamais”, a-t-il ajouté. En août 2021, sous contrôle judiciaire après avoir été incarcéré dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale, Emmanuel Abayisenga est hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). Il vient d’effectuer un séjour de quelques semaines en hôpital psychiatrique. Le 9 août, en début de matinée, il se rend à la gendarmerie et demande, confus, à être envoyé en prison.Le corps d’Olivier Maire, 61 ans, est retrouvé ensanglanté dans le bâtiment où lui et M. Abayisenga logeaient. D’après l’autopsie, la victime est décédée dans la nuit du 8 au 9 août des suites de coups violents portés à la tête. – Discernement -Entre ses déclarations aux gendarmes et sa garde à vue – reprise en juin 2022 après un nouveau séjour en psychiatrie -, les explications du mis en cause ont varié sur les raisons de son passage à l’acte. Il a nié l’avoir prémédité.Les experts psychiatres qui l’ont examiné ont retenu l’altération de son discernement au moment des faits. Le sujet “de l’altération ou de l’abolition du discernement” sera “la principale question de ce dossier”, selon Me De Guerry De Beauregard. Les deux frères d’Olivier Maire, parties civiles, “se posent encore des questions”, notamment sur les raisons du meurtre, et espèrent des réponses”, a déclaré leur avocate Me Céline Party, en amont de l’audience. Lundi, au moment d’évoquer le parcours de vie de l’accusé, la présidente s’est à nouveau tournée vers lui: “Voulez-vous vous présenter?”. Emmanuel Abayisenga, regard fixé devant lui, reste impassible.”Il n’est pas tout mauvais Emmanuel, il n’a pas toujours cherché à s’exprimer par la violence”, a assuré à la barre une religieuse qui l’avait rencontré au sein d’une structure d’aide aux demandeurs d’asile. Elle s’est dite “choquée” par le meurtre du prêtre.- Demandes d’asile -Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été débouté à plusieurs reprises de ses demandes d’asile. Il a fait l’objet de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019.En demandant l’asile, il avait notamment affirmé avoir été enfant soldat en 1994 lors du génocide rwandais et que son père avait été fusillé sous ses yeux. Dans un communiqué transmis à la presse après la mort d’Olivier Maire, un oncle d’Emmanuel Abayisenga avait démenti ce récit. Condamné à quatre ans de prison pour l’incendie en juillet 2020 de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré lors du procès avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l’édifice fin 2018. Dans un mail adressé à de nombreux contacts le jour de l’incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et cette agression. Avant le meurtre du père Olivier Maire, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison. La mort du prêtre avait à l’époque provoqué un vif émoi, y compris au plus haut niveau de l’Eglise catholique: le pape François avait fait part de sa “douleur” lors de son audience publique hebdomadaire. Le verdict est prévu jeudi.

Epilogue pour le budget: Lecornu va recourir au 49.3

Sébastien Lecornu a mis fin au suspense lundi, officialisant un recours au 49.3 pour faire passer sans vote le budget de l’Etat 2026. Une manoeuvre qui exposera le Premier ministre à plusieurs motions de censure, pour lesquelles il comptera sur la mansuétude des socialistes, en échange de concessions sur le texte.Plusieurs sources parlementaires et au sein de l’exécutif ont confirmé que le chef du gouvernement avait tranché en faveur de cet outil, plutôt que de recourir à une ordonnance budgétaire inédite.M. Lecornu, qui s’exprimera lundi après-midi dans la foulée d’un Conseil des ministres réuni depuis 16H00, s’apprête donc à engager sa responsabilité à plusieurs reprises à l’Assemblée nationale, jusqu’à trois fois pour enjamber les différentes étapes restantes pour l’adoption d’un budget.La présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a déjà prévenu que ses députés déposeraient en retour une motion de censure du gouvernement, et “un budget de malheur”.S’il pourrait arriver à faire adopter un budget, c’est aussi un revers sur la forme pour Sébastien Lecornu, qui s’était engagé au début des discussions budgétaires à l’automne à renoncer à cette arme tant décriée.”On aurait été les premiers à aimer qu’un compromis puisse se trouver”, a regretté dimanche la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.L’autre option à la main du Premier ministre est celle de l’ordonnance budgétaire prise par l’exécutif sans l’aval du Parlement. Inédite, cette procédure paraissait plus risquée politiquement, car elle ne permet pas, en théorie, de retenir des mesures différentes du texte initial. De nombreux dirigeants politiques, notamment au PS, ont promis que cette hypothèse vaudrait censure immédiate.Le 49.3 pourrait être activé dès mardi à l’Assemblée nationale sur le volet “recettes” du projet de loi de finances, puis une deuxième fois quelques jours plus tard sur le volet dédié aux dépenses. Le texte ira ensuite rapidement au Sénat, puis reviendra à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3. Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février… A condition que Sébastien Lecornu résiste aux motions de censure.Avant de trancher, le gouvernement avait déclaré vouloir “la garantie” de différentes forces politiques qu’il ne serait pas censuré car sinon “vous n’avez ni budget ni gouvernement pour reproposer un budget”, a expliqué sur BFMTV/RMC la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.- Surtaxe -Cela semble bien parti, car le Parti socialiste, qui détient une bonne partie des clés de la censure, s’est montré satisfait des annonces gouvernementales. Celles-ci permettent “d’envisager une non-censure”, a confirmé le chef des députés PS, Boris Vallaud. Et le 49.3 “était la moins mauvaise des solutions”, a estimé le porte-parole du groupe PS, Romain Eskenazi, estimant avoir obtenu sur le fond du texte “une rupture dans la politique du macronisme”.Les vœux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d’achat, avec une hausse de la prime d’activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert…”Les mesures de Sébastien Lecornu pour acheter les socialistes, c’est la verroterie avec laquelle les colons achetaient les indigènes dans certains pays”, s’est indigné le vice-président du RN, Sébastien Chenu, sur Europe 1/Cnews. C’est également la proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises qui a été retenue in fine, pour un rendement de huit milliards d’euros en 2026, comme en 2025.Pour contenir le déficit public à 5% du PIB au maximum sans augmenter la fiscalité des ménages, la taxation des grandes entreprises a fini par faire office de variable d’ajustement.”Une nouvelle crise politique affaiblirait notre pays et pèserait encore plus directement et lourdement sur l’activité et l’emploi”, s’est justifié dimanche Sébastien Lecornu dans un courrier aux entrepreneurs, promettant la “stabilisation” des “règles fiscales”.Et ce même si les modalités de cette surtaxe risquent d’irriter les parlementaires du bloc central qui visaient une contribution bien moindre.”Le budget proposé par le gouvernement reprend tous les ingrédients socialistes qui ont conduit au déclin de la France: plus de dépenses et plus d’impôts qui pèsent et découragent ceux qui produisent”, a vertement critiqué lundi le patron de LR, Bruno Retailleau, estimant que “ce budget entérine le fait qu’il faudra attendre l’élection présidentielle pour mener les réformes dont le pays a besoin”.ama-far-sl-sac/jmt/bfi

Au procès en appel du RN, les “réponses de Normand” de l’eurodéputé Nicolas Bay

L’eurodéputé Nicolas Bay a admis lundi au procès en appel des assistants parlementaires du Front national que le sien l’avait “aidé” dans “ses activités politiques nationales”, jurant ne pas s’être “rendu compte” qu’il s’agissait d’un détournement: “une réponse de Normand”, a ironisé la présidente de la cour d’appel.Depuis le 31 mars dernier, Nicolas Bay n’est plus conseiller régional de Normandie, sa terre électorale depuis plus de quinze ans.Condamné ce jour-là à trois ans d’inéligibilité avec effet immédiat, il n’était pas parvenu à convaincre le tribunal correctionnel de Paris de la réalité du travail de son assistant Timothée Houssin, embauché au lendemain de son élection au Parlement européen en juin 2014, et dont la rémunération était prise en charge par l’institution communautaire.C’est avec une ligne de défense singulièrement infléchie que celui qui siège toujours dans l’hémicycle de Strasbourg – élu sur la liste Reconquête! en 2024, il s’est depuis éloigné d’Eric Zemmour – s’est présenté lundi après-midi à Paris devant ses juges d’appel.”Je reconnais qu’avec mes activités politiques nationales qui m’accaparaient, Timothée Houssin m’a aidé dans ces tâches-là.” Un aveu? “Je pense en 2025 que ça apparaît comme un détournement aux yeux de tout le monde”, mais “en 2015, ç’aurait été beaucoup moins clair pour beaucoup de monde”, tempère-t-il.La présidente de la cour d’appel, Michèle Agi, le relance: reconnaît-il ces détournements de fonds publics, pour lesquels il est poursuivi aux côtés de Marine Le Pen, le parti d’extrême droite en tant que personne morale, et dix autres anciens eurodéputés et assistants?”A l’époque, je ne me suis pas du tout rendu compte. C’est un tort. L’activité partisane (de mon assistant), je pense que ça répond à la définition de détournement, mais à aucun moment, je n’ai eu l’intention de…”Un mi-oui, mi-non qui a donc suscité le trait d’esprit de la magistrate: “C’est une réponse de Normand!” Et un éclat de rire dans la salle d’audience.- “Zones grises” -La nouvelle défense de l’élu est dans la droite ligne de celle qu’a esquissée Marine Le Pen dès l’ouverture des débats, mardi – le procès doit durer jusqu’au 11 février -, contestant “l’élément intentionnel” de l’infraction, à défaut de nier la matérialité des faits reprochés tel que plaidé lors du premier procès.Mais, s’il est désormais admis que M. Houssin a pu travailler pour le Front national, devenu RN, la réalité de la moindre activité pour son eurodéputé demeure sujette à caution.”Timothée Houssin explique qu’il répondait au courrier mais jamais par écrit! C’est sûr, à l’oral, y’a pas de trace”, constate la magistrate. De même que ces “notes de synthèse”, qui se sont révélées n’être que de simples revues de presse fournies lors de l’instruction.Michèle Agi hausse le ton: “Franchement, ça n’est pas probant comme émanant d’un travail de Timothée Houssin…”A la barre, l’ancien secrétaire général du Front national, aujourd’hui 48 ans, évoque des “zones grises”, reconnaît son “tort” de ne pas avoir suffisamment archivé les documents, son manque de “vigilance”.Mais l’élu apparaît en difficulté lorsque la magistrate lui soumet un “annuaire interne” du FN de l’automne 2014, dans lequel M. Houssin apparaît comme l'”assistant” du… secrétaire général du parti. “Alors que le parti ne devrait même pas connaître Timothée Houssin”, lui fait-elle observer. Une erreur matérielle, suppose Nicolas Bay.C’est l’hypothèse d’un “système”, tel que les juges de première instance l’avaient reconnu, qui est à nouveau interrogée, notamment lorsque la présidente de la cour d’appel rappelle l’évocation par plusieurs témoins d’une réunion au cours de laquelle la présidente du FN, Marine Le Pen, aurait expressément demandé aux eurodéputés de laisser le parti répartir leurs assistants.”Elle ne connaissait aucun de mes assistants: je suis la démonstration qu’il n’y avait pas de consignes”, conteste Nicolas Bay. “Si elle m’avait demandé de le faire, je me serais donc affranchi de cette recommandation et quatre mois plus tard, elle ne m’en aurait tenu aucune rigueur et nommé secrétaire général?”, feint-il d’interroger. “Marine Le Pen n’est pas connue pour manquer d’autorité…”L’intéressée, qui n’était pas présente lundi à l’audience, pourra s’en expliquer mardi: elle est attendue à la barre à 13H30 pour son interrogatoire qui doit s’étaler sur deux jours.

Prince Harry, Elton John ‘violated’ by UK media’s alleged intrusion

Alleged unlawful information gathering by two UK newspapers made Prince Harry “paranoid beyond belief” and left Elton John feeling “violated”, the pair have testified as a joint lawsuit opened Monday in the High Court.Harry, pop icon John and his husband David Furnish and four other high-profile figures are suing Associated Newspapers Ltd (ANL), the publisher of the …

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