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Qu’est-ce que le traité pour protéger la haute mer ?

Le traité de protection de la haute mer, désormais ratifié et qui entrera en vigueur en janvier, donnera des moyens d’action pour la conservation et la gestion durable de la biodiversité marine dans l’immense partie des océans qui n’appartient à personne.Le traité a été adopté par les Etats membres de l’ONU en juin 2023. Il a désormais recueilli 143 signatures et a été ratifié par 60 pays ainsi que par l’Union européenne, selon le service des traités de l’ONU. Ce qui permettra son entrée en vigueur dans 120 jours.- Haute mer et fonds marinsL’objectif principal est la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine, “dans l’immédiat et à long terme”, dans les zones ne relevant pas d’une juridiction nationale, soit près de la moitié de la planète.Le texte s’appliquera à la haute mer, c’est-à-dire la partie des océans au-delà des zones économiques exclusives (ZEE) des Etats, qui s’étendent à maximum 200 milles nautiques (370 km) des côtes. Il s’appliquera aussi aux fonds marins des eaux internationales et à leur sous-sol, appelés “la Zone”.- Océan morceléMais la future Conférence des parties (COP, organe de décision) devra composer, pour faire appliquer ses décisions, avec d’autres organisations mondiales et régionales qui ont autorité aujourd’hui sur des morceaux de l’océan.En particulier les organisations régionales de pêche et l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) qui délivre pour l’instant des contrats d’exploration minière et négocie un “code minier”.La question de la compétence de la future COP sur les fonds marins est encore compliquée par la récente décision unilatérale de Donald Trump d’accélérer la délivrance par Washington de permis d’extraction minière sous-marine dans les eaux internationales. Les Etats-Unis ne sont pas membres de l’AIFM.- Aires marines protégéesOutil emblématique du futur traité: les aires marines protégées, qui aujourd’hui existent principalement dans les eaux territoriales.Sur la base de la science, la COP, sur proposition d’un ou plusieurs Etats, pourra créer ces sanctuaires dans des zones à caractère unique, particulièrement fragiles ou importantes pour des espèces en danger.Comme dans d’autres COP, notamment celles sur le climat, les décisions seront prises en général par consensus. Mais la décision pourra être prise à la majorité des trois quarts en cas de blocage.Le traité ne détaille pas comment assurer concrètement la mise en œuvre de mesures de protection dans ces vastes étendues éloignées des terres, une tâche qui reviendra à la COP.Chaque Etat est responsable des activités sur lesquelles il a de toute façon juridiction même en haute mer, par exemple sur un navire battant pavillon de son pays.- Ressources génétiques marinesChaque Etat, maritime ou non, et toute entité sous sa juridiction, pourra organiser en haute mer des collectes de végétaux, animaux ou microbes, dont le matériel génétique pourra ensuite être utilisé, y compris commercialement, par exemple par des entreprises pharmaceutiques qui espèrent découvrir des molécules miraculeuses.Pour que les pays en développement ne soient pas privés de leur part d’un gâteau qui n’appartient à personne, le traité pose le principe d’un partage “juste et équitable des avantages” liés aux ressources génétiques marines.Le texte prévoit un partage des ressources scientifiques (échantillons, données génétiques sur une “plateforme en libre accès”, transferts de technologies…) ainsi que des éventuels revenus.- Etudes d’impactAvant d’autoriser une activité en haute mer menée sous leur contrôle, les pays devront étudier ses conséquences potentielles sur le milieu marin, si les impacts envisagés sont “plus que mineurs et transitoires”, et publier régulièrement une évaluation des impacts ensuite. Ce sera à l’Etat concerné de décider si une activité est autorisée, alors que les ONG espéraient que la COP soit maître de cette décision.Hormis l’exclusion des activités militaires, le traité ne liste pas les activités concernées, qui pourraient inclure pêche, transport, exploitation minière sous-marine voire techniques de géoingénierie marine pour atténuer le réchauffement.

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Pic de chaleur sur la France, avant des orages violents sur le Sud-Est

Vendredi a été une journée de pic de chaleur sur la France, avec des températures qui ont grimpé jusqu’à 36°C par endroits, un phénomène de plus en plus fréquent en septembre sous l’effet du changement climatique, et qui sera suivi d’orages violents dans le quart sud-est.Météo-France prévoyait un “sursaut de l’été”. Il a concerné presque tout le pays, avec des maximales de 35,2°C à Bordeaux, 32,6°C à Clermont-Ferrand, 30,5°C à Lyon, 30,4°C à Paris ou encore 30,1°C à Rouen, très loin au dessus des normales de saison, selon les données transmises par l’institut météorologique.La température la plus élevée a été atteinte à la station d’Ayros-Arbouix (Hautes-Pyrénées), près de Lourdes, avec 36,9°C. À Saint-Jean-le-Vieux (Pyrénées-Atlantiques), non loin de la frontière espagnole, le mercure a grimpé à 36,5°C.”Les tendances climatiques donnent, sur le long terme, des possibilités de vagues ou de pics de chaleur qui s’étendent dans le temps, en juin et septembre”, a expliqué à l’AFP un prévisionniste de Météo-France, Frédéric Long.”Ces chaleurs restent généralement plus supportables en septembre, avec des nuits plus longues, qui permettent que la température redescende”, a-t-il relevé. En juin, le mois du solstice d’été, les nuits sont en revanche les plus courtes de l’année, et peuvent rester très chaudes.- “Remarquable, pas inédit” -Météo-France parle d’un “pic de chaleur remarquable, mais pas inédit”, comme en témoignent les 32°C à Paris le 18 septembre 1961. À l’époque, les chaleurs suscitaient une tout autre crainte que celle du réchauffement climatique aujourd’hui: les accidents de la route liés à un pic de départs à la campagne. Le week-end s’était soldé par plus de 30 morts, rapportait le quotidien Le Monde.Hormis un autre 18 septembre avec 35°C à Bordeaux, en 1987, Météo-France relève des précédents datant tous du XXIe siècle, en 2003, 2020 et 2023.Le mois de septembre le plus chaud historiquement en France a été enregistré en 2023, avec une température supérieure de 3,6°C à la moyenne des années 1990 à 2010. C’était la première fois qu’une vigilance orange pour risque de canicule avait été déclenchée un jour de septembre, le 7 en l’occurrence. Le mercure avait alors grimpé jusqu’à 35,1° à Paris.Cette fois, il n’y a pas de vigilance de Météo-France, contrairement aux vagues de chaleur intenses des mois de juin et août 2025.- Vendanges “particulièrement tôt” -Le réchauffement des étés bouleverse en particulier, en France, le calendrier de ce mois de vendanges qu’est septembre. Depuis une quarantaine d’années, elles ont lieu de plus en plus tôt, le raisin arrivant à maturité plus rapidement.”Beaucoup de régions nous disent qu’elles auront fini les vendanges avant la fin septembre. C’est particulièrement tôt. La Champagne avait quasiment fini au 5 septembre, c’est très exceptionnel”, a expliqué à l’AFP le président du Comité national interprofessionnel des vins à appellation d’origine, Bernard Farges.Le mois devient par ailleurs de plus en plus désirable pour les touristes, même si le calendrier scolaire ou les habitudes du monde du travail ne permettent qu’à peu d’entre eux d’en profiter.Dans le Baromètre annuel 2025 d’Europ Assistance, auprès de plus de 1.000 personnes interrogées en ligne en février-mars par Ipsos, 37% des sondés en France désignent septembre comme un mois idéal pour partir, plus qu’août (35%), juin et juillet (32% chacun).Le consensus des scientifiques fait un lien entre l’activité humaine, en particulier l’émission de gaz à effet de serre, et le réchauffement du climat sur l’ensemble de la planète. Ce dernier rend les vagues de chaleur plus longues et intenses mais aussi précoces ou tardives.La hausse des températures est encore plus rapide en France que la moyenne mondiale.Le pic de chaleur de vendredi sera suivi de météos très contrastées samedi et dimanche. Dimanche, “de forts cumuls de pluie sont attendus par endroits sur la moitié est, avec notamment des orages virulents et parfois peu mobiles entre les régions méditerranéennes et la vallée du Rhône”, a prévenu Météo-France, qui doit affiner ses prévisions samedi.

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La coopération météo internationale, elle aussi chamboulée par Trump

Pertes de budgets, de données et de partage d’informations: les experts mondiaux en satellites météorologiques, réunis en congrès à Lyon, déplorent l’effet délétère pour la recherche sur le changement climatique de la politique de Donald Trump.”Nous risquons de perdre des preuves qui permettront à la prochaine génération de comprendre le changement climatique”, s’alarme le chercheur coréen Sang Seo Park, de l’institut de sciences et technologie d’Ulsan, lors d’un échange avec l’AFP. Depuis l’entrée en fonction du président républicain, certains sites internet gouvernementaux contenant des données sur la météo et le climat ont été supprimés, et ce spécialiste de l’observation de la qualité de l’air est particulièrement scandalisé par la fermeture d’une page dédiée à la surveillance de l’ozone. “Cela signifie la perte de toutes les données historiques. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres”, s’indigne le chercheur. “On souffre du manque de communication des Etats-Unis et de la diminution des données” des satellites qui nous sont transmises. Quelque 500 représentants de services météorologiques nationaux, agences spatiales et centres de recherches sont présents depuis lundi à Lyon à l’initiative de l’organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques, Eumetsat. Beaucoup partagent la confusion et l’inquiétude de M. Park.L’agence spatiale américaine NASA et l’agence chargée des prévisions météo, de l’analyse du climat et de la conservation des océans NOAA ont récemment annoncé des coupes budgétaires, dont les fonds alloués à un satellite qui mesure les concentrations de gaz à effet de serre.”Le mot climat n’est pas très bienvenu à Washington, aujourd’hui”, regrette Paul Counet, chef de la stratégie et de la communication d’Eumetsat.”Continuer à faire de la prévision météorologique va rester une priorité” aux Etats-Unis, où le gouvernement veut toujours connaître les températures et pluies attendues à court-terme, dit-il.Mais, selon lui, “pour la détection du changement climatique, on voit déjà des impacts” de la politique de Donald Trump, qui veut réduire la taille des agences gouvernementales et sabrer dans les dépenses consacrées à l’environnement.Dans “les équipes américaines, il y a une perte de compétences, une perte de personnel” et “dans les interactions, c’est plus compliqué”, constate-t-il. “On progresse moins rapidement, c’est clair.”- Réécriture -Christophe Maréchal, ingénieur au Centre national d’études spatiales (CNES) en est bien conscient: “si on veut continuer à travailler avec (nos partenaires américains), il faut insister sur les aspects non-climatiques”, le sujet étant devenu “très sensible”.”Tout peut s’arrêter du jour au lendemain”, affirme ce chef de projet français. “On est sur le qui-vive, on sait que les décisions budgétaires arrivent en fin d’année pour les différents projets”, explique-t-il.Pour l’exercice 2026, que le Congrès doit voter avant le 30 septembre, l’administration Trump a proposé de réduire le budget de la NOAA d’environ 25% et de supprimer totalement sa division de recherches.D’ores et déjà, “beaucoup de programmes ont été abandonnés, beaucoup de gens vont être mutés”, confie à l’AFP un chercheur de la NOAA qui a requis l’anonymat de peur de perdre son emploi. “On nous a demandé de supprimer toute référence au changement climatique” de nos demandes de subventions, poursuit-il. “Notre bureau nous a aidés à réécrire tous nos projets pour s’assurer qu’ils aient les meilleures chances possibles d’être financés.”Pour lui “cela a fonctionné” et il a réussi à conserver ses financements, mais ses recherches sont quasiment à l’arrêt, en attendant sa nouvelle équipe de travail après cette restructuration. Paul Counet sent aussi le vent tourner à l’Eumetsat. Pour obtenir des financements européens, il doit développer “de plus en plus un argumentaire sur les applications de sécurité et de défense”. “La guerre en Ukraine nous a appris que pour piloter des drones, il fallait connaître les vents, l’atmosphère…”, explique-t-il. “Aujourd’hui, vous n’envoyez pas un avion bombarder sans une bonne prévision météo.”Le discours a changé en conséquence, dit-il: “il y a dix ans on vendait des satellites météorologiques pour sauver le climat, aujourd’hui on les vend pour sauver l’Ukraine”.

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USA: à peine 20 ans, et déjà en procès contre la politique environnementale de Trump

Ils ont à peine 20 ans et se pincent pour réaliser qu’ils défient en justice le gouvernement fédéral. De jeunes Américains écœurés par la politique environnementale de l’administration Trump attendent désormais d’un tribunal du Montana (nord-ouest des États-Unis) qu’il ordonne l’ouverture d’un procès.Joseph Lee, 19 ans, n’en revient toujours pas d’avoir témoigné devant un tribunal durant deux jours d’audience, mardi et mercredi, aux côtés de 21 autres jeunes, dont des mineurs.”Je vais me réveiller et réaliser : +Wahou! J’ai vraiment fait ça+. J’ai témoigné devant un tribunal contre mon propre gouvernement fédéral, et c’est tellement lourd de sens d’en faire partie”, s’emporte le jeune homme auprès d’un journaliste de l’AFP.Les plaignants veulent faire suspendre trois décrets du président américain Donald Trump qui facilitent la production de pétrole et de gaz et entravent celle d’énergies renouvelables.Ils cherchent également à faire cesser le démantèlement par l’administration de la climatologie scientifique, depuis la suppression d’un rapport national clé sur le climat jusqu’à la fermeture d’un site majeur de surveillance du dioxyde de carbone à Hawaï.L’action n’en est qu’à un stade initial: il s’agit pour eux d’obtenir du juge qu’il adopte une injonction préliminaire ouvrant la voie à un procès. Le gouvernement fédéral, rejoint par 19 États conservateurs et le territoire de Guam, réclame un classement sans suite.Le magistrat, Dana Christensen, est connu pour ses décisions en faveur de l’environnement, mais les observateurs ne sont pas optimistes: même en cas de procès, la procédure risque de finir devant la Cour suprême, dominée par les conservateurs.- “Presque thérapeutique” -Malgré la gravité des enjeux, les plaignants ont été stupéfaits des questions parfois soulevées devant le tribunal, et des réponses apportées par les avocats du gouvernement. Alors que Joseph Lee racontait comment il avait dû être hospitalisé à la suite d’une insolation, l’avocat du ministère de la Justice, Erik Van de Stouwe, lui a demandé s’il avait porté plainte contre son université pour le manque de climatisation dans les dortoirs. “Ce n’est pas une question d’air conditionné”, a répondu M. Lee, persuadé que réduire le sujet “à quelque chose d’aussi trivial” montrait la faiblesse du dossier de la défense et la légèreté des autorités fédérales en matière de politique environnementale. Dans un autre échange étrange, un avocat du gouvernement a demandé à Avery McRae, 20 ans, si l’anxiété qu’elle attribuait au changement climatique pouvait découler du fait d’avoir passé la moitié de sa vie à poursuivre le gouvernement. Et quand Jorja McCormick, 17 ans, a évoqué un incendie traumatisant près de chez elle, l’avocat a rétorqué que “l’élevage de chevaux (contribuait) au réchauffement climatique”.En sortant de la salle d’audience, les plaignants semblaient sans grande illusion mais conservaient une détermination intacte.”Un avenir meilleur est possible”, soutient Joseph Lee. “Si la décision ne nous est pas favorable, nous continuerons à nous battre”.Jorja McCormick, elle, a trouvé dans la procédure elle-même un effet positif. “Être à la barre était vraiment stimulant : raconter mon histoire, la partager avec le monde de cette manière, c’était presque thérapeutique”.

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Aux Philippines, la corruption autour des digues “fantômes” fait des vagues

Un “projet fantôme”: lorsque le ministre philippin des Travaux publics, Vince Dizon, s’est rendu début septembre au nord de la capitale, Manille, pour inspecter une digue, il n’y a trouvé qu’un tas de terre déversée à la hâte.Cette digue, comme plus d’une centaine de projets de lutte contre les inondations, est au cœur du plus grand scandale de corruption que les Philippines aient connu depuis des décennies, qui a déjà précipité ces dernières semaines la chute du président du Sénat et plus récemment du président de la chambre basse, Martin Romualdez, un cousin du président Ferdinand Marcos Jr.La polémique a fait la une des journaux, et la question était au centre du discours sur l’état de la nation du président Marcos en juillet, après plusieurs semaines d’inondations meurtrières dans l’archipel.Selon M. Dizon, cette digue à Bulacan est un “projet fantôme” dont les “100 millions de pesos” (environ 1,5 million d’euros) servant aux travaux ont “clairement été volés”.Il a indiqué qu’un ingénieur en chef et deux autres personnes avaient été licenciés à la suite des révélations.D’après Elizabeth Abanilla, une octogénaire résidant à Bulacan, le projet a été déclaré “achevé” il y a plus d’un an lorsque les prestataires ont démarré la construction de la digue.- “Mauvaise qualité” -Dans cette province de l’île de Luçon (nord) ravagée par les inondations et dont le sol s’affaisse lentement en raison de la surexploitation des nappes phréatiques, l’impact des projets inachevés ou inexistants est inévitable.Chaque année, au moins 20 tempêtes ou typhons frappent les Philippines ou s’en approchent. L’archipel est également touché par l’élévation du niveau de la mer.”Nous portons nos enfants jusqu’à l’école lorsque le niveau de l’eau est élevé”, raconte à l’AFP Leo Francisco, un ouvrier du bâtiment et père de deux enfants.Chez lui, même lors “de jours ordinaires sans typhon”, “l’eau nous arrive aux cuisses”, poursuit cet homme de 35 ans. “La digue est incomplète, donc l’eau s’infiltre” et même “dans les sections construites, l’eau passe toujours par en dessous”.Lors d’une rare visite dans le petit village de Frances, toujours dans la province de Bulacan, le président Marcos a déclaré que la digue était manifestement de “mauvaise qualité”.”La digue est inutile” et “pleine de trous”, renchérit Nelia de los Reyes Bernal, une travailleuse dans la santé.Les écoliers de Frances doivent désormais, selon elle, porter des bottes en caoutchouc pour aller en classe en raison de la recrudescence des cas de leptospirose et de pied d’athlète.Et “nous ne pouvons plus utiliser les pièces du rez-de-chaussée de nos maisons” et “avons déplacé nos cuisines au premier étage” en raison de la montée des eaux, ajoute-elle.- Manifestations -La quinquagénaire affirme également que “la construction a commencé l’année dernière, mais elle n’a pas été achevée, apparemment parce que les fonds ont été épuisés”.Si les habitants étaient heureux de voir le président, ils “attendent maintenant qu’il tienne ses promesses”.Aux Philippines, les scandales impliquant les fonds publics sont courants. Si de nombreux politiciens ont été reconnus coupables de corruption, ils ont cependant pour la plupart échappé à de lourdes peines de prison.Dimanche, des milliers de manifestants devraient se rassembler à Manille pour une “Marche du Billion de Pesos”, nommée d’après une enquête de Greenpeace sur les fonds présumés détournés de projets liés au climat depuis 2023 – quelque 17,6 milliards de dollars selon l’organisation.Mais pour Francisco, l’ouvrier du bâtiment qui affirme que les inondations détruisent son gagne-pain, un tel dénouement est à peine envisageable.”Pour moi, l’important, c’est qu’ils rendent l’argent” et “c’est à Dieu de décider ce qu’il adviendra d’eux”, confie-t-il.

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Pic de chaleur sur la France, de plus en plus fréquent en septembre

Vendredi est une journée de pic de chaleur sur la France, avec des températures qui pourraient grimper jusqu’à 35°C par endroits, un phénomène de plus en plus fréquent en septembre sous l’effet du changement climatique.Météo-France prévoit un “sursaut de l’été” qui concerne presque tout le pays, avec 32°C à Bordeaux, 29°C à Paris, 28°C à Toulouse ou encore 27°C à Lille.”Les 35°C pourraient être atteints dans les plaines du Sud-Ouest, ce qui reste très rare passé un 15 septembre”, avance Météo-France. La Gironde, le Lot-et-Garonne, les Landes et le Gers sont parmi les départements où il devrait faire le plus chaud.Dans la moitié nord, “les 30°C peuvent être atteints localement sur les Hauts-de-France, la Normandie, le Bassin parisien ou la Bourgogne”, ajoutent les prévisionnistes.Seule exception: dans les parties du Nord-Ouest les plus exposées à l’influence maritime, Bretagne et Cotentin, une journée douce s’annonce, avec 19°C à Brest par exemple.Jeudi déjà, les températures ont atteint ou dépassé 33°C dans trois stations météo d’Occitanie et de Gironde.- “Remarquable, pas inédit” -Météo-France parle d’un “pic de chaleur remarquable, mais pas inédit”, comme en témoignent les 32°C à Paris le 18 septembre 1961. À l’époque, les chaleurs suscitaient une tout autre crainte que celle du réchauffement climatique aujourd’hui: les accidents de la route liés à un pic de départs à la campagne. Le week-end s’était soldé par plus de 30 morts, rapportait le quotidien Le Monde.Hormis un autre 18 septembre avec 35°C à Bordeaux, en 1987, Météo-France relève des précédents datant tous du XXIe siècle, en 2003, 2020 et 2023.Le mois de septembre le plus chaud historiquement en France a été enregistré en 2023, avec une température supérieure de 3,6°C à la moyenne des années 1990 à 2010. Le pays avait connu un “épisode de chaleur inédit” du 3 au 11 septembre, lors de la rentrée des classes et de l’ouverture de la Coupe du monde de rugby.C’était la première fois qu’une vigilance orange pour risque de canicule avait été déclenchée un jour de septembre, le 7 en l’occurrence. Le mercure avait alors grimpé jusqu’à 35,1° à Paris.Cette fois, il n’y a pas de vigilance de Météo-France, contrairement aux vagues de chaleur intenses des mois de juin et août 2025.- Vendanges “particulièrement tôt” -Le réchauffement des étés bouleverse en particulier, en France, le calendrier de ce mois de vendanges qu’est septembre. Depuis une quarantaine d’années, elles ont lieu de plus en plus tôt, le raisin arrivant à maturité plus rapidement.”Beaucoup de régions nous disent qu’elles auront fini les vendanges avant la fin septembre. C’est particulièrement tôt. La Champagne avait quasiment fini au 5 septembre, c’est très exceptionnel”, a expliqué à l’AFP le président du Comité national interprofessionnel des vins à appellation d’origine, Bernard Farges.Le mois devient par ailleurs de plus en plus désirable pour les touristes, même si le calendrier scolaire ou les habitudes du monde du travail ne permettent qu’à peu d’entre eux d’en profiter.Dans le Baromètre annuel 2025 d’Europ Assistance, auprès de plus 1.000 interrogées en ligne en février-mars par Ipsos, 37% des sondés en France désignent septembre comme un mois idéal pour partir, plus qu’août (35%), juin et juillet (32% chacun).Le consensus des scientifiques fait un lien entre l’activité humaine, en particulier l’émission de gaz à effet de serre, et le réchauffement du climat sur l’ensemble de la planète. Ce dernier rend les vagues de chaleur plus longues et intenses mais aussi précoces ou tardives.La hausse des températures est encore plus rapide en France que la moyenne mondiale.Le pic de chaleur de vendredi sera suivi de météos très contrastées samedi et dimanche. Il fera encore 30°C dans certaines régions samedi, puis une “dégradation orageuse” et le retour de la pluie dimanche feront chuter les températures, avec une maximale sous 15°C dans certaines régions.

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Le cycle de l’eau “de plus en plus perturbé et extrême”, alerte l’ONU

Oscillant entre déluge et sécheresse, le cycle de l’eau est “de plus en plus perturbé et extrême”, avec des répercussions en cascade sur les sociétés, a alerté jeudi l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une institution de l’ONU.”Les ressources mondiales en eau sont soumises à une pression croissante face à une demande croissante, et parallèlement, nous constatons une intensification des phénomènes extrêmes liés à l’eau”, a déclaré la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, au cours d’une conférence de presse.Le rapport de l’OMM sur l’état des ressources en eau dans le monde montre clairement que le cycle de l’eau est “de plus en plus perturbé et extrême” avec des répercussions sur de nombreux secteurs comme les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, la santé et l’activité économique en général, a-t-elle ajouté.Le changement climatique accroît la variabilité du cycle hydrologique, favorisant les phénomènes météorologiques extrêmes, rappelle le rapport.L’an dernier, année la plus chaude jamais enregistrée, seul un tiers des bassins fluviaux de la planète ont présenté des valeurs “normales” tandis que toutes les régions glaciaires du monde ont enregistré des pertes dues à la fonte, selon ce rapport, qui rappelle que le changement climatique accroît la variabilité du cycle hydrologique.Par ailleurs, le bassin amazonien et d’autres régions d’Amérique du Sud, ainsi que l’Afrique australe, ont subi une grave sécheresse, tandis que les conditions étaient plus humides que la normale dans d’autres régions, notamment dans certaines zones d’Afrique, d’Asie et d’Europe centrale.C’est la troisième année consécutive où les scientifiques ont enregistré une perte de glace généralisée dans toutes les régions glaciaires.”Au total, 450 gigatonnes ont été perdues, soit l’équivalent d’un énorme bloc de glace de 7 km de haut, 7 km de large et 7 km de long, ou de suffisamment d’eau pour remplir 180 millions de piscines olympiques”, indique l’OMM.Cette quantité d’eau de fonte ajoute environ 1,2 mm au niveau mondial de la mer en une seule année, accroissant le risque d’inondation pour des centaines de millions de personnes vivant dans les zones côtières.”Depuis les années 1970, 9.000 gigatonnes ont été perdues, ce qui correspond à une élévation du niveau de la mer de 25 mm”, a expliqué Sulagna Mishra, chargé scientifique de l’OMM. – Quantité d’eau -La zone tropicale de l’Afrique a elle pâti en 2024 de précipitations exceptionnellement fortes, causant environ 2.500 décès et entraînant le déplacement de 4 millions de personnes. L’Europe a elle connu ses inondations les plus importantes depuis 2013, tandis que l’Asie et le Pacifique ont enduré des précipitations record et des cyclones tropicaux, qui ont fait plus de 1.000 morts, selon l’OMM.Ces six dernières années, seul un tiers environ des bassins hydrographiques ont connu des conditions de débit normales par rapport à la moyenne de la période 1991-2020. Les deux autres tiers ont eu trop ou trop peu d’eau.Selon l’ONU, 3,6 milliards de personnes ont un accès insuffisant à l’eau au moins un mois par an. Leur nombre devrait dépasser 5 milliards d’ici à 2050Selon l’ONU, 3,6 milliards de personnes ont un accès insuffisant à l’eau au moins un mois par an. Leur nombre devrait dépasser 5 milliards d’ici à 2050.”La quantité totale d’eau présente sur la planète reste constante” mais les continents perdent plus d’eau qu’avant avec “la fonte accrue des glaciers et la surexploitation des eaux souterraines”, a expliqué Stefan Uhlenbrook, directeur de l’hydrologie, de l’eau et de la cryosphère de l’OMM. Il faut réutiliser l’eau disponible mais aussi bien gérer les aquifères et veiller à ce que l’eau douce issue des glaciers soient stockés pour éviter qu’elle ne file dans les océans, recommande Mme Mishra.Elle appelle également à optimiser l’utilisation de l’eau dans l’agriculture, ce secteur utilisant environ 75 à 90% de l’eau prélevée.

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Climat: les Etats européens se contentent d’un compromis a minima pour 2035

Les pays européens ont approuvé jeudi un compromis a minima sur la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2035, pour ne pas arriver les mains vides à l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine, et à la COP30 au Brésil en novembre.A défaut de trancher, les Vingt-Sept ont validé à Bruxelles une fourchette de baisse de leurs émissions, comprise entre -66,25% et -72,5% par rapport à 1990, et qui sera affinée s’ils trouvent un accord dans les semaines ou les mois qui viennent.Le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne, a mis ce compromis sur la table pour montrer que l’Europe “est et restera un leader mondial en matière de climat”, malgré les divergences entre les Etats.Il y avait urgence. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, doit défendre les ambitions climatiques de l’Europe mercredi prochain à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Et la COP30, la grande conférence de l’ONU sur le climat, démarre le 10 novembre à Belém au Brésil.”Nous saluons” la décision “importante de l’Union européenne”, a d’ailleurs réagi Simon Stiell, le patron de l’ONU Climat. “Si ces objectifs sont atteints rapidement”, l’Europe “a beaucoup à y gagner”.Mais le document approuvé jeudi après d’âpres négociations entre les ministres de l’environnement n’est qu’une simple “déclaration d’intention” et pas un engagement ferme.C’est une “non décision”, critique l’eurodéputé centriste Pascal Canfin.C’est “loin d’être idéal”, mais “c’est la meilleure option” à ce stade, tempère Elisa Giannelli, du think tank E3G. Cela “permet à l’Union européenne de sauver la face au niveau international”.Les Européens s’en contentent car ils ne parviennent pas à se mettre d’accord sur leur objectif climatique en 2040.Le commissaire européen Wopke Hoekstra se veut rassurant. Le compromis du jour est “un grand pas en avant”, a-t-il lancé, “convaincu” que les Européens parviendront “à régler la question de 2040 avant Belém”.- Profondes divergences -Bousculée par la poussée de l’extrême droite aux élections européennes de juin 2024, l’UE est beaucoup moins allante sur les enjeux environnementaux que lors du précédent mandat.L’écologie peine à trouver une place dans l’agenda, dans un contexte géopolitique tendu.Et le blocage persiste sur la proposition de la Commission européenne de réduire de 90% les émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990.Le Danemark, la Suède et l’Espagne poussent pour, mais des pays comme la Hongrie et la République tchèque sont contre au nom de la défense de leur industrie, et la France reste prudente.La Commission a fait un geste début juillet, en proposant des flexibilités dans le mode de calcul: la possibilité d’acquérir des crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, qui financeraient des projets en dehors de l’Europe.Mais cette concession n’a pas suffi.La semaine dernière, la France et l’Allemagne ont provoqué la colère des organisations environnementales en réclamant d’abord une discussion entre chefs d’Etat et de gouvernement, au menu du sommet européen du 23 octobre à Bruxelles.Avec ce flottement, l’Europe est en train d’envoyer “un mauvais signal”, peste Michael Sicaud-Clyet, de l’ONG WWF.Avant de se prononcer sur 2040, la France réclame notamment des garanties sur le financement de la décarbonation de l’industrie et des mesures “commerciales plus ambitieuses” pour soutenir l’acier européen.Paris critique la méthode de la Commission, qui a lié les échéances 2035 et 2040, quand l’ONU réclamait en février que les pays signataires de l’Accord de Paris publient leur engagements de décarbonation pour 2035 (les “contributions déterminées au niveau national”, ou NDC dans le jargon onusien).En temporisant, la France et l’Allemagne s’efforcent aussi de ménager leur opinion publique, alors que l’extrême droite, pourfendeuse de “l’écologie punitive” de Bruxelles, progresse de plus en plus.Aux Nations Unies, on redoute que l’UE perde l’effet d’entraînement qu’elle avait jusqu’ici sur les questions environnementales.Loin derrière la Chine, l’Union européenne est le quatrième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, après les Etats-Unis et l’Inde.Elle s’est déjà engagée à réduire ses émissions de 55% par rapport à 1990 en 2030.Jeudi, le service de surveillance européen Copernicus a annoncé des records d’émissions de carbone cette année en Europe en raison des feux de forêts cet été.

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Contaminées par l’industrie pendant deux siècles, des Calanques de Marseille bientôt dépolluées

Dans le parc national des Calanques, espace protégé qui commence dans Marseille, d’importants travaux sous haute surveillance ont commencé début septembre afin de dépolluer le littoral sud de la deuxième ville de France, contaminé pendant deux siècles par des activités industrielles.Les dépôts grisâtres qui s’étalent sur plusieurs dizaines de mètres détonnent dans ce paysage idyllique de roches calcaires bordées par les eaux turquoise de la Méditerranée. Ces “scories” sont les “résidus de production d’anciennes usines, utilisés comme remblais pour la création de routes et de parkings”, explique Mélody Gros, cheffe de projets Sites et Sols pollués à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), l’organisme mandaté par l’Etat pour réaliser l’opération.Sur une colline surplombant le village de pêcheurs des Goudes, haut lieu du tourisme instagrammable marseillais, pelleteuses et autres engins de chantier s’activent pour aménager la base principale des ouvriers durant les prochains mois. “Ce chantier répond à un objectif de santé publique”, affirme Mme Gros. Les scories, présentes sur une surface totale de 29 hectares, sont chargées en métaux comme le plomb ou l’arsenic, qui contaminent les sols et la mer et sont néfastes pour la santé humaine.L’Etat, condamné fin 2024 à dépolluer la zone, s’apprête donc à “mettre en sécurité”, selon les termes de l’Ademe et de la préfecture des Bouches-du-Rhône, 20 dépôts de scories considérés comme “prioritaires au regard de leur potentiel de contamination du milieu et des personnes”.Pourtant, le tribunal administratif de Marseille évoquait dans son jugement la présence de 77 dépôts. Mais Mme Gros assure que l’Ademe “n’aurait pas la capacité de retraiter la totalité”.Le chantier, qui s’étalera sur deux périodes de sept mois jusqu’en 2027, coûtera au total 14 millions d’euros, financés pour moitié par l’Etat, le reste par le département des Bouches-du-Rhône, la ville de Marseille et la métropole Aix-Marseille.- Riverains inquiets -Dans un premier temps, 2.500 tonnes de gravats seront traités d’ici mars 2026. Une partie sera envoyée par camions vers un site de stockage de déchets dangereux dans le Gard, l’autre confinée sur place dans des membranes étanches, surmontées d’un nouvel habillage paysager.Malgré les nombreuses précautions prises pour éviter toute dispersion dans l’environnement, comme la construction de barrières ou la pose de grands sacs pour retenir les polluants, les responsables de l’opération peinent à rassurer complètement les riverains.L’installation d’une tente de confinement de 250 mètres carrés sur la base principale du chantier, juste au-dessus des Goudes, inquiète particulièrement les 500 habitants permanents. Car après avoir retiré les scories avec des aspiratrices, elles seront déchargées par camions dans des bennes placées dans la tente avant leur transfert dans le Gard. Romain Garoute, président du Comité d’intérêt de quartier (CIQ), regrette le choix de ce lieu pour le stockage temporaire des scories, qu’il aurait préféré voir sur un autre site “plus à l’abri du vent”. “On aurait pu éviter certains risques inutiles”, estime-t-il, bien qu’il se dise “rassuré par la méthodologie” présentée par l’Ademe.Les associations environnementales ont elles aussi suivi avec attention la préparation du chantier et, tout en reconnaissant le “travail remarquable” de l’agence, émettent quelques réserves.Plusieurs appareils mesurant en continu la qualité de l’air ont été installés sur le littoral et deux seuils – “vigilance” et “alerte” – déterminés. En cas de dépassement, des mesures pouvant aller jusqu’à l’arrêt temporaire du chantier seront prises.Mais cela reste insuffisant pour Rolland Dadena, président de l’Association Santé Littoral Sud, qui a demandé au préfet “d’activer un plan de veille sanitaire” pendant toute la durée du chantier.Il s’inquiète que le “risque sanitaire” déjà existant soit “décuplé” lors de la manipulation de matières toxiques très friables.Ce serait “impensable” que les travaux “entraînent une surpollution pour la population”, insiste-t-il, observant le paysage côtier noirci par les scories.

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Climat: émissions de carbone record en Europe avec les incendies de l’été, selon Copernicus

Les rejets de carbone dans l’atmosphère, liés aux feux de forêts de cet été, sont d’ores et déjà les plus importants jamais enregistrés depuis le début des relevés il y a 23 ans en Europe, a annoncé jeudi le service européen Copernicus.Après des mois d’été (juin à août) marqués par “une intense activité de feux de forêt en Europe”, notamment sur la péninsule ibérique, “les émissions annuelles totales de carbone estimées pour l’Union européenne et le Royaume-Uni sont, depuis fin août et avec la saison des incendies toujours active, les plus élevées” jamais relevées depuis le début des analyses du service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus (CAMS), selon un communiqué.Depuis le début de l’année, les incendies de forêt en Europe ont libéré 12,9 mégatonnes de carbone. Les précédents records annuels étaient de 11,4 mégatonnes de carbone, en 2003 comme en 2017.Ce record est principalement dû aux feux de forêts qui ont ravagé la péninsule ibérique à la mi-août. Rien qu’en Espagne, ces incendies ont fait quatre morts et brûlé plus de 350.000 hectares.”Les émissions totales de la région, inférieures à la moyenne jusqu’au début août, ont radicalement changé en l’espace d’une semaine seulement”, souligne Copernicus. À elles seules, les émissions résultant des feux de l’Espagne et du Portugal représentent environ les trois quarts du total européen.Les forêts de Turquie, Chypre et de certains pays des Balkans ont également été ravagées par les flammes cet été, à la faveur de vagues de chaleur et de la sécheresse.Le consensus scientifique lie le réchauffement climatique, dû à l’activité humaine, à des incendies de végétation plus intenses et plus fréquents.Dès la fin juillet, Copernicus avait relevé des niveaux d’émissions de carbone liés aux feux en Grèce et en Turquie parmi les plus élevés des 23 années de mesures. Le Royaume-Uni battait déjà son record annuel d’émissions, alors que l’année n’était pas terminée. En Serbie et en Albanie, elles étaient les deuxièmes plus élevées, derrière 2007.Les incendies au Canada, des “mégafeux” durant l’été, se sont poursuivis jusqu’à début septembre, provoquant les deuxièmes émissions annuelles les plus élevées, après 2023.D’importants panaches de fumée ont traversé l’Atlantique début août avant d’atteindre l’ouest de l’Europe, note Copernicus.L’été 2025 a également été marqué par des épisodes de transport de poussière saharienne “inhabituellement fréquents et intenses”, à la fois en provenance de la Méditerranée vers le sud de l’Europe et à travers l’Atlantique vers le continent américain.Enfin, les vagues de chaleur ont fait augmenter les concentrations d’ozone au-dessus des niveaux réglementaires sur la majeure partie de l’Europe, dégradant la qualité de l’air et donc la santé humaine.