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Huit glaciers suédois ont disparu en 2024, selon un centre de recherche

Huit des 277 glaciers en Suède ont entièrement fondu en 2024 et ont désormais disparu à cause du réchauffement climatique, a annoncé lundi le centre de recherche de Tarfala situé dans le nord du pays.Trente autres glaciers sont en danger, a dit à l’AFP la directrice du centre, la professeure en glaciologie Nina Kirchner.Les glaciers disparus “ne reviendront pas de notre vivant, et sûrement pas si le réchauffement climatique se poursuit”, a-t-elle constaté.Chaque année, Mme Kirchner et ses collègues de la station de recherche de Tarfala, située près de Kebnekaise, le plus haut sommet de Suède, étudient les images satellites de ces énormes masses de glace, afin de suivre leur évolution.”Au début de l’année, lorsque nous nous sommes assis autour de la table pour déterminer à quel moment les glaciers avaient atteint leur niveau le plus bas en 2024, nous n’avons pas pu en retrouver huit sur les images satellite”, a relaté la chercheuse. “D’abord, nous avons pensé que nous avions fait une erreur, ou que nous avions raté quelque chose”.Mais après avoir vérifié les données, l’équipe arrive à une conclusion unanime: “les huits ont disparu”.    Parmi eux se trouvaient Cunujokeln, le glacier le plus septentrional de Suède, dans le parc national de Vadvetjakka.Et le plus grand des huit avait à peu près la taille de six terrains de football. “2024 était une année extrêmement chaude. La chaleur a fait fondre ces glaciers jusqu’à les faire disparaître”, explique Nina Kirchner. Il s’agit des premiers glaciers à être rayés de la carte en Suède, du moins depuis l’introduction des images satellite haute résolution vers l’an 2000, a-t-elle précisé. Selon l’Organisation météorologique mondiale, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète. L’utilisation massive des combustibles fossiles depuis la révolution industrielle pour produire de l’énergie est le principal facteur du réchauffement climatique induit par l’homme. Selon Mme Kirchner, il est peu probable que d’autres glaciers suédois fondent entièrement en 2025, en raison d’un hiver riche en chutes de neige et d’un été court avec des températures globalement plus fraîches.”Mais il y aura d’autres étés chauds et nous devons nous préparer” à ce que ce phénomène se reproduise, a-t-elle conclu.

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Le typhon Ragasa traverse le nord des Philippines, évacuations massives en Chine

La ville chinoise de Shenzhen se préparait lundi à évacuer quelque 400.000 personnes en prévision de l’arrivée dans le sud de la Chine du super thyphon Ragasa, tandis que les habitants du nord des Philippines tentaient de s’abriter de ses vents violents.Selon le service météorologique philippin, le typhon a touché l’archipel à 15H00 locales (07H00 GMT) sur l’île de Calayan, qui fait partie de la chaîne peu peuplée des Babuyan.A 20H00 (12H00 GMT), la tempête générait des vents atteignant 215 km/h en son centre et des rafales pouvant atteindre 265 km/h, a indiqué le service météorologique national. “Je me suis réveillé à cause du vent violent. Il frappait les fenêtres et faisait un bruit semblable à une machine en marche”, raconte Tirso Tugagao, un habitant d’Aparri, une ville côtière de la province de Cagayan (nord).Sur l’île de Calayan, au cœur de la tempête, le responsable de l’information Herbert Singun a déclaré à l’AFP que des morceaux du toit d’une école avaient été arrachés et avaient atterri sur un centre d’évacuation situé trente mètres plus loin, faisant un blessé léger.”Vous voyez ces cocotiers au loin ?”, a-t-il demandé lors d’une conversation vidéo. “Il y en avait huit avant. Il n’en reste que quatre. Cela montre à quel point ce typhon est puissant”.Plus de 10.000 habitants ont été évacués dans le pays, et des écoles et bâtiments gouvernementaux ont fermé lundi dans la région de Manille et 29 autres provinces. Le président Ferdinand Marcos Jr a affirmé sur Facebook que toutes les agences du gouvernement se trouvaient “en état d’alerte pour apporter de l’aide n’importe où et n’importe quand” si cela est nécessaire.Les écoles et les bureaux gouvernementaux ont été fermés lundi dans la métropole de Manille et dans 29 provinces philippines, en prévision de fortes pluies. “De graves inondations et glissements de terrain” sont attendus dans le nord de l’île principale de Luçon, a prévenu dimanche le spécialiste météorologique du gouvernement, John Grender Almario.Plus au nord, à Taïwan, les services météorologiques ont mis en garde contre un risque de “pluies extrêmement torrentielles” dans l’est de l’île. – Centaines de vols supprimés -Des évacuations ont lieu dans les zones montagneuses près de Pingtung (sud), a dit à l’AFP James Wu, officier des pompiers locaux. “Ce qui nous inquiète le plus, c’est que les dégâts pourraient être similaires à ceux causés par le typhon Koinu il y a deux ans”, a-t-il ajouté. Ce typhon avait provoqué l’effondrement de poteaux électriques et arraché des toits en tôle.Dans le sud de la Chine, les autorités ont déjà pris des mesures avant l’arrivée du typhon à partir de mardi soir.Les services d’urgence de la mégapole chinoise de Shenzhen ont annoncé prévoir d’évacuer quelque 400.000 personnes résidant “dans les zones basses et en bord de mer”.De nombreuses villes de la province du Guangdong, où se trouve Shenzhen, ont annoncé des annulations de cours dans les établissements scolaires et la suspension des transports en commun en raison de la tempête.Les habitants de Shenzhen se sont précipités pour faire des provisions avant l’arrivée de la tempête. Dans le quartier de Bao’an, de longues files d’attente se sont formées lundi soir dans un supermarché dont les rayons étaient en grande partie vides de viande fraîche et de légumes, ont constaté des journalistes de l’AFP.Les services météorologiques de la région attenante de Hong Kong anticipent des “vents violents” et “tempétueux” mercredi. “Les conditions météorologiques seront défavorables, avec de fréquentes averses violentes et une forte onde de tempête”, ont-ils ajouté.Du côté des transports aériens, la compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific a annoncé qu’elle prévoyait de supprimer “plus de 500 vols” entre mardi soir et jeudi.Selon les scientifiques, le changement climatique provoque des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses partout dans le monde.

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La femelle malade, retour en Chine anticipé pour le couple de pandas de Beauval

Le célèbre couple de pandas géants arrivé en 2012 au ZooParc de Beauval va retourner en Chine dès novembre prochain, en raison d’une “insuffisance rénale” dont souffre la femelle, nécessitant d’anticiper une possible dégradation de son état de santé.Ce départ anticipé de deux des quatre pandas présents en France, enjeux diplomatiques entre la France et la Chine, a été décidé “en concertation avec les autorités chinoises”, a indiqué à l’AFP Rodolphe Delord, le directeur du parc situé à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), affirmant que la femelle conserve “un bon appétit” et “un comportement habituel”.Ces animaux emblématiques et dont les effectifs sont très faibles dans la nature repartiront dans le Centre de conservation de Chengdu, dans le cadre du programme international de conservation, de recherche et de reproduction des pandas géants.Le séjour de la femelle Huan Huan et du mâle Yuan Zi, principales attractions du seul zoo en France où il est possible d’admirer cette espèce, avait récemment été prolongé jusqu’en janvier 2027.”Mais la femelle a une insuffisance rénale, une maladie chronique fréquente chez les carnivores vieillissants. Nous préférons donc la transporter vers la Chine avant que ses soucis ne s’aggravent”, a détaillé Rodolphe Delord à l’AFP.Son retour en Chine entraîne de fait celui du mâle, à l’inverse de leurs deux jumelles, âgées de quatre ans, qui restent pour l’heure à Beauval.- “Malade chronique” -Les deux pandas, âgés de 17 ans, étaient arrivés en France le 15 janvier 2012 dans un avion spécialement affrété et habillé à leur effigie.Ils sont depuis suivis de près par des experts français et chinois et bénéficient d’un suivi médical approfondi.Ce départ en Chine doit s’effectuer “autour du 25 novembre 2025”, “afin qu’ils aillent y vivre une retraite paisible”. L’espérance de vie de l’animal, espèce classée “vulnérable” par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), est de 35 ans en moyenne.Afin de rendre hommage à Huan Huan et Yuan Zi avant leur départ, “un dispositif spécial va être mis en place”. Une boîte aux lettres vient d’être installée à destination des visiteurs, pour qu’ils puissent notamment y déposer des mots ou des dessins.Les animaux se sont imposés comme de vrais enjeux diplomatiques entre les deux pays, signes réguliers d’une véritable “diplomatie du panda”, parvenant à donner naissance à trois bébés depuis leur arrivée, une première en France.Le premier ursidé Yuan Meng né à Beauval en 2017 a quitté la France en 2024, un départ qui s’est fait devant une centaine d’admirateurs et sous haute sécurité.- “Espèce emblématique” -“Les jumelles Huanlili et Yuandudu, nées en août 2021, restent pour leur part à Beauval afin de continuer à sensibiliser les visiteurs à la sauvegarde de cette espèce emblématique”, a dit le directeur. Elles devaient initialement prendre le chemin de la Chine dès cette année, avant leurs parents.M. Delord espère “entamer des discussions avec nos amis chinois pour prolonger encore le partenariat (…) et pourquoi pas faire venir d’autres pandas dans le futur”.Un partenariat précieux qui a participé au succès de Beauval et permis la signature d’autres échanges dans le cadre d’accords franco-chinois négociés de longue date.Le ZooParc a officialisé fin 2024 l’arrivée de trois singes dorés, autres trésors nationaux chinois, alors que Français et Chinois célébraient le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques.En dehors de Chine, une vingtaine de parcs zoologiques, seulement, possèdent ces plantigrades herbivores, symboles des amitiés diplomatiques de Pékin.En 2023, le ZooParc et ses 35.000 animaux ont accueilli deux millions de visiteurs et réalisé 113 millions d’euros de chiffres d’affaires.

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Les prévisions de production d’énergies fossiles incompatibles avec les objectifs climatiques, pointent des experts

Les pays producteurs d’énergies fossiles du monde entier prévoient d’augmenter toujours plus leurs extractions ces prochaines années, à des niveaux radicalement incompatibles avec les objectifs climatiques internationaux, selon un rapport publié lundi par plusieurs instituts de référence.”Les gouvernements, au total, prévoient de produire beaucoup plus d’énergies fossiles que ce qui serait cohérent avec une limitation du réchauffement mondial entre 1,5°C et 2°C”, a souligné devant des journalistes Derik Broekhoff, de l’Institut de l’environnement de Stockholm (SEI), coauteur de cette étude.”Les pays prévoient désormais une production de ces énergies encore plus élevée comparé à il y a deux ans”, lors de sa dernière édition, souligne-t-il, pointant du doigt la “déconnexion entre les ambitions climatiques et ce que les pays prévoient réellement de faire”.La production de charbon, pétrole et gaz prévue à l’horizon 2030 représente ainsi plus du double (120% de plus) du volume qui permettrait de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris, selon les calculs du SEI.Pour respecter la limite haute de l’accord de 2015, fixée à 2°C, la production d’énergies fossiles prévue est 77% trop élevée, selon ce rapport rédigé avec l’Institut international du développement durable (IISD) et l’institut Climate Analytics.L’écart entre ces trajectoires de production et des volumes compatibles avec les ambitions climatiques internationales s’est encore creusé depuis la dernière édition de cette étude en 2023.Entre-temps, la Chine a anticipé un déclin moins rapide de son charbon, et le gaz, notamment sous sa forme liquéfiée (GNL), a connu un fort regain d’intérêt.Les auteurs appellent les pays, qui doivent présenter leurs feuilles de routes climatiques avant la COP30 en novembre au Brésil, à “inverser” la tendance. Lors de la COP28 de Dubaï en 2023, le monde s’était pourtant engagé à opérer une “transition” vers “une sortie des combustibles fossiles”. L’utilisation massive du charbon, du pétrole et du gaz fossile est la première cause du réchauffement climatique d’origine humaine.Parmi les 20 plus gros pays producteurs étudiés (Arabie saoudite, États-Unis, Chine, Brésil…), 17 prévoient d’augmenter la production d’au moins une énergie fossile d’ici 2030. Onze d’entre eux ont même augmenté leurs perspectives d’extraction par rapport à ce qu’ils prévoyaient en 2023.

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Fin de la garde à vue de l’influenceur Jeremstar pour son action anticorrida

L’influenceur Jeremstar, arrêté vendredi soir après avoir fait irruption au milieu des arènes de Nîmes en pleine corrida, brandissant un tissu portant l’inscription “F*CK la CORRIDA”, est sorti de garde à vue dimanche, a annoncé à l’AFP le parquet de Nîmes.Il a reçu, ainsi que les deux autres participants à l’action de protestation, une convocation par officier de police judiciaire (COPJ), une mesure de convocation directe à une audience devant le tribunal, a ajouté le parquet sans préciser la date de cette audience.”Aussi éprouvantes qu’aient été les conditions de la garde à vue, elles ne sont rien comparées à ce que subissent les taureaux. Et si j’ai dû passer deux nuits en cellule pour me battre pour eux, je l’ai fait volontiers”, a déclaré à l’issue de sa garde à vue Jeremstar, Jérémy Gisclon de son vrai nom, dans une réaction transmise à l’AFP par l’association de défense des animaux Peta France, qui avait soutenu et organisé l’action.La corrida avait été brièvement interrompue vendredi à la suite de l’intrusion de l’influenceur. Les deux autres activistes avaient eux parcouru le couloir circulaire, le callejon, autour des arènes, vêtus d’un tee-shirt flanqué du mot corrida barré de rouge. Tous trois ont été expulsés des arènes par des agents de sécurité avant d’être placés en garde à vue “pour des faits d’intrusion dans une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition”.”Je déteste la corrida. Ce n’est pas de l’art mais de la torture animale. Cette tradition ignoble doit être abolie. Je ne comprends pas comment ce spectacle honteux est encore possible en 2025″, s’était justifié l’influenceur dans un post sur son compte Instagram aux 2,5 millions d’abonnés, accompagné de la vidéo de son action.

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Les lagunes, “sentinelles” du réchauffement climatique en Méditerranée

Un café, une gaufre, et Sébastien Gaubert saute sur sa barque à 5h45 pour fendre la surface parfaitement lisse à l’aube de l’étang de l’Ayrolle à Gruissan (Aude), dont le fragile équilibre est menacé par une sécheresse persistante, et y relever les 50 hameçons calés la veille.Dans l’air poisseux d’humidité et de sel, l’homme de 47 ans, dont quinze à pêcher sur cette lagune près de Narbonne, ne ramènera que trois loups, surnom local du bar. Un “minimum syndical” qui permettra de “sauver la journée”.La pêche de l’anguille, activité traditionnelle de l’étang et interdite six mois sur douze, n’a rouvert qu’au 1er septembre. “Avant, on faisait trois à quatre tonnes d’anguilles par an, aujourd’hui, une tonne si on est chanceux”, raconte le pêcheur au crâne rasé, chaîne en argent autour du cou.Ce poisson longiligne, qui fournit une part “considérable” du revenu des pêcheurs de l’étang de l’Ayrolle – près de 40% – selon le maire de Gruissan, Didier Codorniou, a été classé en danger critique d’extinction en 2008 par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).- “Très peu de pluie” -Son déclin a accompagné la métamorphose des lagunes, et Sébastien Gaubert veut y voir un lien: “Le problème, c’est la pollution et l’eau qui est trop salée. L’anguille a besoin d’eau saumâtre”, c’est-à-dire moins salée que la mer, dit-il.L’anguille passe la majeure partie de sa vie en eau douce ou saumâtre, et se reproduit en mer. Les lagunes, sortes de bassines à l’interface entre rivières et Méditerranée, leur fournissent ainsi un milieu adéquat – mais pour combien de temps?”Avec cette configuration de bassine ou de casserole”, la composition des lagunes “bouge beaucoup plus vite qu’en mer”, explique Valérie Derolez, chercheuse en écologie côtière à l’Ifremer.La concentration en sel des étangs varie au gré des pluies et des fortes chaleurs, qui apportent de l’eau douce ou la font s’évaporer. Or le littoral méditerranéen subit de plein fouet le réchauffement climatique. “On observe très peu de pluie depuis 2015”, décrit Mme Derolez. Conséquence, “sur 20 ans, on observe une salinisation assez marquée de nos lagunes.”Généralement moins salées que la Méditerranée (38 unités de salinité, à peu près équivalentes à des grammes de sel par litre), les lagunes pourraient renverser rapidement la tendance.Entre 2001 et 2022, la salinité médiane “sur l’ensemble des lagunes est passée de 33 à 37 unités l’été”, détaille la chercheuse. L’Ayrolle, encore plus touché, est passé de 28 à 36, et pourrait atteindre 44 unités en 2025. “C’est énorme”, juge-t-elle.- Risque d’asphyxie -L’écosystème des lagunes présente par ailleurs un fragile équilibre: l’eau douce, lorsqu’elle leur parvient par ruissellement, charrie des substances nutritives.”En moyenne, les étangs sont six fois plus riches que la mer en azote et phosphore, ce qui conduit à une prolifération d’algues, de zooplancton, de coquillages… Donc quand les poissons entrent, ils grossissent rapidement”, explique Laurent Benau, responsable qualité de l’eau au parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée, qui comprend l’étang de l’Ayrolle.Mais si l’eau est trop riche, “le système se dégrade”, alerte M. Benau. Les algues risquent d’envahir l’étang et l’oxygène de se raréfier, parfois au point de faire s’étouffer les étangs, où faune et flore finissent par agoniser. On parle alors de malaïgue, de l’occitan “mala aiga” (mauvaise eau).Les relevés de l’Ifremer montrent que le phénomène est en marche: le taux d’oxygène baisse depuis 20 ans. Sous 5 milligrammes par litre, “ça peut faire un gros stress physiologique pour le vivant”, prévient Valérie Derolez. L’étang de l’Ayrolle est déjà passé de 8 à 6 mg/L entre 2000 et 2022.Des mutations qui laissent entrevoir la façon dont le réchauffement va transformer la Méditerranée. “Les lagunes, pour nous, ce sont un peu des sentinelles du changement climatique”, assure la chercheuse en écologie côtière. “Ça amplifie le signal par rapport à ce qu’on pourrait avoir en mer, vu que les effets sont décuplés.”

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Dans le nord de l’Allemagne, le changement climatique chamboule la viticulture

Le feuillage généreux des vignes cache la dizaine de vendangeurs à l’oeuvre sur la colline, en cette chaude matinée de septembre. On dirait le sud, mais on est dans le nord de l’Allemagne, où le changement climatique transforme la viticulture.”Quand j’ai commencé ici, en 1996, nous connaissions des récoltes autour du 1er octobre. Aujourd’hui, nous commençons au 1er septembre”, raconte à l’AFP le vigneron Manfred Lindicke en décrétant la pause pour ses troupes.Aménagé sur un sol sablonneux, son domaine de 7,6 hectares domine la rivière Havel et le village de Werder, à 35 km de Berlin.Soit le 52e parallèle nord, à la même latitude que la Mongolie ou l’Alaska. Ce qui fait de son vin certifié “de qualité”, avec appellation d’origine protégée (AOP), l’un des plus septentrionaux d’Europe.- Renaissance -Attestée au Moyen-Âge dans la région, la culture des vignes y a disparu “à cause des gelées et des difficultés économiques” au milieu du XIXe siècle, retrace Manfred Lindicke.Elle renaît après la réunification, portée par la passion de pionniers, aidés par l’augmentation, depuis 1990, de plus d’un degré de la température moyenne entre avril et octobre, selon l’Institut allemand du vin (DWI).Depuis 2016 et l’assouplissement des règles européennes, la plantation de vignes a été autorisée sur plus de 200 hectares de terres dans le nord de l’Allemagne. Une vingtaine d’exploitations a ainsi essaimé en Basse-Saxe (nord-ouest), région bordée par la mer du Nord.”Nous avons maintenant des températures adaptées”, dit Jan Brinkmann, président de l’association viticole de ce Land.Plus de fraîcheur et d’eau que dans le sud: sur 1,5 hectare, ce jeune agriculteur a donc remplacé ses céréales par trois cépages pour avoir “quelque chose de moins vulnérable”.”Cela prend bien sûr du temps” pour que son vin de table devienne un produit de qualité, admet-il.Léger et fruité, le pinotin de Werder est déjà convaincant. “Nous avons plus de soleil et le vin s’améliore sans cesse. Surtout le rouge”, se réjouit Peter Weymann en coupant des grappes chez les Lindicke.Chemise blanche tâchée de raisin, ce vendangeur bénévole de 71 ans estime que “les vignerons allemands n’ont plus besoin de se cacher face aux Italiens et Espagnols”.Un enthousiasme que tempère son ami Manfred Lindicke. Il déplore “des vendanges de plus en plus précoces”, “les coups de soleil” qui peuvent endommager certaines variétés et “la sécheresse” qui l’a forcé à aménager un système d’irrigation au goutte à goutte.Mais aussi la grêle, les gelées tardives et des pluies “excessives”.- Revers de la médaille -Si les viticulteurs allemands sont “encore globalement gagnants face au changement climatique”, selon le DWI, l’augmentation de ces phénomènes extrêmes constitue le “revers de la médaille”.Ils doivent aussi faire front face aux maladies: mildiou après des printemps et étés humides, esca durant les étés secs et chauds, “bois noir” transmis par un insecte arrivé d’Europe du sud, mouche du vinaigre…En Basse-Saxe, le changement climatique rend la viticulture “possible”, mais aussi “toujours plus difficile”, résume Jan Brinkmann.Pour parer à ces fléaux, de nouveaux cépages dits “PiWi”, soit “résistants aux champignons”, ont été implantés sur plus de 3% de la surface viticole du pays, et plus de la moitié de celle de Manfred Lindicke.Ces efforts d’adaptation s’ajoutent à un environnement économique difficile notamment depuis le Covid-19 et la baisse de la demande.Résultat: les Allemands préfèrent des vins bon marché de voisins européens. “Si vous obtenez un sauvignon blanc de France pour 2,50 euros” dans un supermarché, “et que vous devez payer 12 ou 15 euros pour le mien, cela n’a pas de sens”, souffle Manfred Lindicke.A 75 ans, le vigneron cherche donc toujours un repreneur.

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Sri Lanka: un concours de pêche pour limiter le nombre d’espèces invasives

Un concours de pêche a été organisé samedi par le gouvernement srilankais afin de capturer des espèces invasives de poissons telles que les têtes de serpent (ophiocéphales) ou les piranhas, qui menacent les écosystèmes locaux.Le ministère de la Pêche a lancé une campagne nationale en organisant ce concours dans un réservoir du district central de Kurunegala, où plus de 1.000 pêcheurs ont été invités à capturer uniquement les prédateurs introduits par l’homme et qui menacent les espèces autochtones.”Ce n’est pas facile de les attraper avec un filet, car ils sont très agressifs et leurs dents sont très acérées”, a souligné Kolitha Kamal Jinadasa, un représentant du ministère, en s’adressant à des centaines de pêcheurs lors de la compétition ciblant les têtes de serpent au réservoir de Deduru Oya.”En une journée, nous pouvons retirer un grand nombre de poissons du réservoir, puis nous pouvons contrôler leur population,” a-t-il ajouté.Le représentant a qualifié la journée de succès, bien que seulement 22 têtes de serpents entre deux et quatre kilogrammes aient été capturés lors de la compétitionN.A.V Sandaruwan, un pêcheur amateur de 37 ans, a remporté le premier prix de 200.000 roupies (56 euros) ainsi qu’une canne à pêche et un moulinet.”J’ai failli attraper un autre gros tête de serpent, mais il a réussi à s’échapper”, a-t-il rapporté.Les responsables ont également encouragé les pêcheurs à ramener leurs prises à la maison et à les cuisiner, bien qu’il ne s’agisse pas d’espèces habituellement consommées par les habitants.L’importation, la vente et le transport de quatre espèces — têtes de serpent, poissons-couteaux, garpiques alligators et piranhas — des espèces importées, sont interdits depuis samedi.Les personnes possédant dans leurs aquariums une des ces quatre espèces ont été invitées à les remettre aux autorités qui les confineront dans des aquariums gérés par l’Etat.Kolitha Kamal Jinadasa espère que la campagne aura des retombées positives sur le tourisme.Selon lui, les poissons-serpents, qui peuvent mesurer plus d’un mètre et se multiplient rapidement dans le réservoir de Deduru Oya, menacent les espèces endémiques de plus petite taille.

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L’influenceur Jeremstar en garde à vue après une action anticorrida dans les arènes de Nîmes

L’influenceur Jeremstar, arrêté vendredi soir après avoir fait irruption au milieu des arènes de Nîmes en pleine corrida, brandissant un tissu portant l’inscription “F*CK la CORRIDA”, va rester en garde à vue jusqu’à dimanche, a-t-on appris auprès de la police samedi.La corrida avait été brièvement interrompue à la suite de son intrusion dans l’arène avant que lui et deux autres participants à l’action de protestation ne soient arrêtés.”Je déteste la corrida. Ce n’est pas de l’art mais de la torture animale. Cette tradition ignoble doit être abolie. Je ne comprends pas comment ce spectacle honteux est encore possible en 2025″, s’est justifié l’influenceur, dans un post sur son compte Instagram aux 2,5 millions d’abonnés, accompagné de la vidéo de son action, soutenue et organisée avec Peta France.”Nous avions planifié cette action depuis plusieurs mois avec lui”, a confirmé Anissa Putois, responsable de la communication et des campagnes Peta France, association dédiée à la protection des animaux. Deux autres activistes, ayant agi avec Jeremstar, sont également en garde à vue “pour des faits d’intrusion dans une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition”, a déclaré le parquet de Nîmes dans un communiqué samedi soir.Ils avaient parcouru le couloir circulaire, le Callejon, autour des arènes, vêtus d’un tee-shirt flanqué du mot corrida barré de rouge. Tous trois ont été expulsés des arènes par des agents de sécurité. Sur la vidéo, Jeremstar est traîné au sol jusqu’à la sortie des arènes.”Une équipe de Peta France attend au commissariat la sortie de Jeremstar et des deux activistes. Nous nous opposons à cette garde à vue. Nous ne savons pas s’ils ont eu accès à un avocat”, précise Anissa Putois, interrogée par l’AFP. “Punir ceux qui s’opposent à la violence tout en autorisant, voire en célébrant, la torture d’autres animaux est un manquement honteux à la justice”, estime l’association dans un communiqué. Sur le plan judiciaire, l’influenceur, Jérémy Gisclon de son vrai nom, doit être jugé jeudi en appel à Paris dans un autre dossier, dans lequel il avait été relaxé en première instance en 2023. Un ancien collaborateur l’accuse de travail dissimulé pour des dizaines de vidéos tournées entre 2012 et 2017. 

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La menace plane à nouveau sur les calèches de Central Park

Objet de virulents débats depuis bientôt vingt ans, les calèches de Central Park sont de nouveau en sursis: le maire de New York s’est prononcé en faveur de leur interdiction mercredi, réjouissant les défenseurs de la cause animale et ulcérant les cochers.L’attraction, dont le prix varie de 150 dollars pour 45 minutes à plusieurs centaines de dollars pour une demande en mariage, reste prisée des touristes. Les New-Yorkais, en revanche, souhaitent son interdiction “depuis très longtemps”, assure à l’AFP Ashley Byrne, de l’ONG de défense des animaux Peta. L’association animaliste à la pointe de ce mouvement, NYCLASS, a été fondée en 2008. Et, en 2022, 71% des électeurs new-yorkais étaient anti-calèches, selon un sondage mené à l’initiative d’autres ONG.Rallié à leur cause, le maire Eric Adams a enjoint, dans une lettre, le conseil municipal à interdire au plus vite cette activité, faute de pouvoir le faire lui-même.L’édile a aussi signé un décret facilitant la reprise des licences des 68 attelages autorisés, soutenant la reconversion des quelque 170 employés du secteur et renforçant les contrôles vétérinaires et en matière de sécurité.- “Danger et cruauté” -L’été 2025 a été décisif, estime Ashley Byrne. Pour elle, “le danger et la cruauté de ce secteur ont été largement exposés au grand jour, entre la mort d’une jument dans la rue et quatre incidents dont nous avons connaissance de chevaux qui ont pris peur et se sont mis à galoper”.Qui plus est, l’organisme chargé de la gestion de Central Park s’est pour la première fois prononcé contre les calèches, sur d’autres critères toutefois que celui du bien-être animal.”La fréquentation du parc atteignant des niveaux record (plus de 42 millions de visiteurs annuels, NDLR), nous sommes convaincus que l’interdiction (…) est désormais une question de santé publique et de sécurité pour les visiteurs”, a écrit sa dirigeante, Elizabeth W. Smith, dans une lettre aux élus de la ville.L’un des moyens d’y parvenir serait que le conseil municipal vote un texte porté depuis 2022 par un représentant du Queens, Robert Holden, qui programme l’arrêt des calèches au 1er juin 2026. Un processus qui semblait jusque-là à l’arrêt. Mercredi, M. Holden a “applaudi” la prise de position du maire, NYCLASS l’a “remercié” et l’organisme de gestion de Central Park s’est dit “reconnaissant”. – “Tradition séculaire” -Au contraire, le syndicat représentant la profession – qualifiée de “tradition” remontant à la création du parc au XIXe siècle – estime qu’Eric Adams a “trahi la classe ouvrière new-yorkaise” dans l’intérêt de “promoteurs immobiliers qui cherchent depuis longtemps à libérer les écuries de l’ouest de Manhattan pour y construire des gratte-ciels”.”Tout ce qui concerne le bien-être animal a été étudié et clarifié en 2014-2015″, renchérit la cochère Christina Hansen, qui assure que ce travail est “bénéfique” pour les quelque 200 chevaux concernés, “soumis à une réglementation très stricte”. Quant à la sécurité, celle-ci blâme plutôt les vélos et trottinettes électriques.Qui des anti ou des pro-calèches remportera cette manche ? Ces derniers ont eu l’avantage jusque-là.Dès 2007, un conseiller municipal démocrate proposait de bannir une tradition jugée “cruelle pour les animaux”. Sans succès, faute d’avoir le soutien du maire d’alors, Michael Bloomberg.Son successeur Bill de Blasio avait, au contraire, fait d’une interdiction son cheval de bataille. Il n’était finalement parvenu qu’à réglementer le secteur.Pour Eric Adams, en tout cas, le temps est compté : les élections municipales auront lieu le 4 novembre et ses chances d’être réélu sont très minces, selon les sondages, la mégalopole préférant largement le candidat issu de la primaire démocrate Zohran Mamdani.