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À Fontainebleau, une IA sobre en énergie s’entraîne à détecter les feux de forêt

Au pied d’un pylône de plus de 40 mètres à Fontainebleau, l’intelligence artificielle logée dans un ordinateur de la taille d’une carte de crédit analyse les images des deux caméras perchées à son sommet. La moindre fumée détectée envoie un signal aux sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne.”Les caméras, qui capturent des images toutes les 30 secondes, sont analysées localement par le système d’intelligence artificielle embarqué sur ce micro-ordinateur”, détaille Mateo Lostanlen, co-fondateur de Pyronear, une solution open source de détection précoce des feux de forêt.En cas d’alerte, les pompiers prennent à distance le contrôle des caméras pour zoomer dans l’image et déterminer la taille et le lieu de l’incendie. “L’enjeu est de déceler le départ d’un feu le plus précocement possible, pour mobiliser un minimum de pompiers et utiliser un minimum d’eau”, explique le commandant Paul Laurain, sapeur-pompier et référent départemental feux de forêt au centre d’incendie et de secours de Fontainebleau.Historiquement, la forêt de près de 25.000 hectares, connue pour ses chênes centenaires et ses amas rocheux prisés des grimpeurs, était surveillée pendant la période estivale par des étudiants, postés en haut de tours de guet en bois, du lever au coucher du soleil.”L’humain va devenir passif dans le futur: l’intelligence artificielle lui permet de ne pas avoir à scruter en permanence les images”, détaille le sapeur-pompier, qui teste le dispositif depuis mai en partenariat avec Pyronear et TDF, propriétaire des quatre pylônes où sont installées les huit caméras qui quadrillent la forêt.En l’espace de quatre mois, le système commence déjà à faire ses preuves. Cet été, lorsque des promeneurs ont contacté les pompiers pour une odeur suspecte, la prise en main des caméras à distance a permis, grâce à “un système de triangulation, de localiser rapidement et avec précision le lieu du sinistre”, explique le commandant Laurain, par ailleurs porte-parole des pompiers de Seine-et-Marne.Le 14 juillet, l’analyse des images a également permis d’évaluer la densité de la fumée dégagée par l’incendie d’une voiture volée. Ce feu d’ampleur, pour lequel “plus de pompiers que prévu” ont été engagés, a ravagé 9.000 hectares de forêt.- “Pas si intelligente” -Condensation sur la caméra ou “nuages poussés par le vent”, le système, encore en rodage, peut néanmoins générer des “faux positifs”. Des travaux agricoles dégageant un gros nuage de poussière ont déjà donné l’alerte, déclenchant l’intervention d’une patrouille de l’Office national des forêts. “Une moissonneuse a laissé penser au système qu’il s’agissait d’un feu”, explique le commandant Laurain.Pour s’entraîner, l’IA développée par Pyronear doit deviner, à partir de milliers d’exemples, s’il y a un feu ou pas. “Si elle a raison, on la récompense. Si elle a tort, on la pénalise”, résume Mateo Lostanlen. “On l’exerce jusqu’à atteindre un fort taux de succès”, ajoute l’ingénieur de 32 ans.Les images sur lesquelles s’entraîne l’IA proviennent de la base de données de Pyronear mais aussi de données publiques issues d’un réseau de caméras en Amérique du Nord. “L’IA n’est pas si intelligente que ça”, explique-t-il, “elle a du mal à s’adapter à un nouveau contexte” et doit être réentraînée localement lorsqu’elle est utilisée dans une nouvelle région où le relief et le type de forêt sont différents.”Ce qui permet aussi d’améliorer ses performances. D’où l’intérêt d’avoir des données venant d’un peu partout dans le monde pour proposer l’algorithme le plus performant possible pour le mettre en commun”, ajoute-t-il.L’IA développée par Pyronear fonctionne en local, sans stocker de données dans des data centers énergivores et son entraînement est ponctuel, de l’ordre de “quelques heures tous les deux mois”, fait valoir M. Lostanlen.Les caméras sont installées en 30 minutes sur des infrastructures existantes, un système “assez minimaliste en consommation énergétique”, souligne de son côté le commandant Laurain, et qui sera opérationnel “dès l’été prochain”.

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Loi contre la déforestation: Bruxelles veut un nouveau report

Au grand dam des organisations environnementales, la Commission européenne a proposé mardi de reporter d’un an supplémentaire, de fin 2025 à fin 2026, l’entrée en vigueur de sa loi contre la déforestation, que les Etats-Unis, le Brésil ou l’Indonésie ne cessent de critiquer.Devant la presse, la commissaire européenne en charge de l’Environnement, Jessika Roswall, a justifié ce délai par les difficultés opérationnelles du “système informatique” qui collecte les données des entreprises sur la traçabilité de leurs produits.Cette loi vise à interdire la commercialisation en Europe de produits comme l’huile de palme, le cacao, le café, le soja et le bois quand ils proviennent de terres déboisées après décembre 2020.L’annonce de Bruxelles suit de quelques heures la conclusion d’un accord de libre-échange avec l’Indonésie, très critique envers cette législation européenne anti-déforestation.Cette loi était également dénoncée par les Etats-Unis de Donald Trump, qui ont scellé un accord commercial avec l’UE fin juillet.La proposition de report va être soumise aux Etats membres et au Parlement européen, où elle pourrait obtenir le soutien de la droite et de l’extrême droite.Elle est perçue par les organisations environnementales comme un nouveau “coup de tronçonneuse” dans les forêts.”C’est une très mauvaise surprise”, a réagi auprès de l’AFP Anke Schulmeister – Oldenhove de l’ONG Fonds mondial pour la nature (WWF). “C’est le deuxième report” et l’argument technique invoqué “pose question”.Au Parlement européen, l’eurodéputé centriste, Pascal Canfin, est lui aussi “très loin d’être convaincu qu’il y a un problème technique”.Si ce possible report “n’est pas lié à la technique alors il est lié aux accords commerciaux”, et en particulier celui avec les Etats-Unis, avance-t-il, avant de dénoncer une “soumission européenne” aux volontés de Donald Trump.- “Très engagés” -En 2024, l’UE avait déjà reporté d’un an l’entrée en vigueur de cette loi qui suscite une levée de boucliers des milieux d’affaires de l’agrobusiness et de nombreux Etats africains, asiatiques et américains.Au sein des 27, plusieurs pays européens poussaient aussi pour réviser ou reporter cette législation, dont l’Italie et l’Autriche, critiquant les “exigences imposées aux agriculteurs et sylviculteurs élevées voire impossibles à mettre en oeuvre”.Ces Etats plaident pour créer une catégorie de pays à risque nul en matière de déforestation et qui pourraient être exemptés d’obligations et de contrôles. Le ministre allemand de l’Agriculture, Alois Rainer, leur avait apporté son soutien en mai dernier.Avec cette loi, les entreprises importatrices devront prouver que les produits ne proviennent pas de terres déboisées récemment, via des données de géolocalisation fournies par les agriculteurs, associées à des photos satellitaires, une “usine à gaz” selon ses détracteurs.Mardi, la commissaire européenne Jessika Roswall a évoqué des difficultés informatiques “étant donné la quantité d’informations que nous mettons dans le système”, avec des centaines de millions de déclarations d’entreprises attendues chaque année.Mais elle a assuré que Bruxelles continuerait à défendre cette loi.”Nous avons travaillé dur pendant de nombreuses années” sur ce texte, “une initiative clé”, et “nous restons très engagés à continuer à lutter contre la déforestation”, a-t-elle affirmé.Confrontée à la concurrence chinoise et à la hausse des droits de douane aux Etats-Unis, l’Union européenne a entamé un virage pro-business ces derniers mois.Et les ONG s’alarment d’un détricotage en règle du Pacte vert, le “Green Deal”, une série de lois environnementales adoptées pendant le précédent mandat.Le contexte politique a changé depuis les élections européennes de juin 2024 avec le renforcement de la droite et la poussée de l’extrême droite au Parlement européen.La gauche et les écologistes redoutent notamment que l’Union européenne revienne sur l’une des mesures emblématiques du précédent mandat: l’interdiction à la vente des voitures thermiques neuves en 2035.

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Pollution au Sri Lanka en 2021 : l’armateur de Singapour condamné refuse de payer un milliard de dollars

La compagnie maritime singapourienne Express Feeders, à l’origine de la pire pollution qu’ait connue le Sri Lanka, a indiqué mardi à l’AFP qu’elle refusait de payer le milliard de dollars de dommages et intérêts auquel elle a été condamnée dans cette affaire.”Nous ne payons pas parce que toute la base du commerce maritime repose sur la limitation de responsabilité”, a déclaré Shmuel Yoskovitz, directeur général de cet armateur lors d’un entretien exclusif avec l’AFP.La Cour suprême du Sri Lanka lui a ordonné en juillet le paiement d’un milliard de dollars en dommages et intérêts provisoires, pour le naufrage du MV X-Press Pearl qui transportait notamment 25 tonnes d’acide nitrique et 28 conteneurs de granulés plastique. Le navire avait sombré au large du port de Colombo en juin 2021 après avoir brûlé pendant près de deux semaines. La pêche avait dû être interdite pendant des mois.Un tel paiement “pourrait créer un précédent dangereux quant à la façon dont les accidents maritimes seront résolus à l’avenir”, a ajouté M. Yoskovitz.La Cour suprême du Sri Lanka a prévu une audience jeudi à Colombo pour examiner l’état d’avancement de la mise en œuvre de sa décision. Les défenseurs de l’environnement avaient saisi le tribunal, estimant que les autorités gouvernementales et les propriétaires du porte-conteneurs n’avaient pas réussi à empêcher l’incendie à l’origine de cette catastrophe écologique sans précédent. Le gouvernement sri-lankais a déclaré qu’il suivrait “les conseils du procureur général quant aux mesures à prendre”, a déclaré le porte-parole du gouvernement et ministre des Médias, Nalinda Jayatissa, à des journalistes à Colombo.- “étape essentielle” -Le bureau des Nations unies au Sri Lanka a souligné que le principe du “pollueur-payeur” était inscrit dans plusieurs accords internationaux, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.”La décision de la Cour suprême est une étape essentielle vers la justice et la responsabilité”, a-t-il publié sur le réseau social X.Selon M. Yoskovitz, Express Feeders a déjà dépensé 170 millions de dollars pour retirer l’épave, nettoyer les fonds marins et les plages et indemniser les pêcheurs touchés, car c’était “la bonne chose à faire”.Ils ont ensuite obtenu une ordonnance d’un tribunal maritime de Londres en juillet 2023, limitant leur responsabilité à un maximum de 25 millions de dollars. Le Sri Lanka a fait appel de cette décision. Des milliers de tonnes de granulés en plastique – un granulé fait en moyenne 0,5 cm -, destinés à l’industrie de l’emballage sri-lankaise avaient été relâchés par le navire, polluant un tronçon de 80 kilomètres de plage le long de la côte ouest de l’île.La compagnie singapourienne avait présenté ses excuses au Sri Lanka. Le navire transportait également 81 conteneurs de produits chimiques dangereux, dont 25 tonnes d’acide nitrique et des lingots de plomb.Colombo estime que l’incendie a été causé par une fuite d’acide nitrique, dont l’équipage semblait avoir connaissance neuf jours avant que l’incendie ne commence. Les ports du Qatar et de l’Inde avaient refusé de décharger l’acide nitrique qui fuyait. 

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En Autriche, l’élan Emil frappé d’une obligation de quitter le territoire

En Autriche, même les élans sont reconduits à la frontière, titrent les tabloïds autrichiens mardi, évoquant “l’opération Emil”, qui a vu les autorités appliquer une mesure d’éloignement à l’encontre d’un cervidé entré sans autorisation sur le territoire. “Au revoir, Emil!”: le quotidien Kurier évoque le départ “pas vraiment volontaire” de l’animal, qui a fait parler de lui durant plusieurs semaines avant d’être endormi ce week-end pour être relâché à la frontière tchèque dans l’espoir qu’il la repasse.”Scandale autour du célèbre élan : Emil drogué et abandonné”, s’indigne le journal gratuit Österreich, tandis que la Kronen Zeitung pleure la fin d’un “conte d’été” avec le départ de cette “superstar”.Les autorités ont expliqué que le jeune mâle, en recherche de territoire, s’était approché trop près d’une autoroute dans la région de Haute-Autriche et qu’il serait mieux chez les voisins, où une population d’élans est recensée.Mais l’occasion est trop belle pour les médias du pays de dresser un parallèle avec la politique d’expulsion du pays. L’Autriche renvoie des Tchétchènes en Russie, prend langue avec les talibans pour négocier le retour d’Afghans et expulse aussi des Syriens. L’association de protection des animaux Tierschutz s’émeut d’avoir été tenue à l’écart et déplore le “manque de transparence” de l’opération, dans un communiqué. Au lieu de “créer davantage de corridors pour la faune le long des autoroutes et des lignes de chemin de fer”, on préfère refouler la vie sauvage à l’étranger, regrette-t-elle.

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Hong Kong se prépare à une “menace grave” à l’approche du super typhon Ragasa

Le sud de la Chine se prépare dans l’urgence à l’arrivée du super typhon Ragasa mardi, une “menace grave” selon les autorités de Hong Kong, comparable à certaines des tempêtes les plus destructrices de l’histoire récente de la région.Selon l’observatoire météorologique de Hong Kong, Ragasa générait des vents d’une vitesse maximale soutenue de 220 km/h en son centre alors qu’il traversait la mer de Chine méridionale mardi en direction de l’ouest.Il a émis comme prévu son troisième niveau d’alerte au typhon le plus élevé (“T8″) mardi à 14H20 (06H20 GMT), heure à laquelle les commerces devaient fermer et les services de transport être réduits voire interrompus.”Le temps devrait commencer à se détériorer rapidement plus tard dans la journée, avec des vents qui se renforceront vite”, a indiqué l’observatoire, ajoutant que la “poussée de tempête significative” pourrait faire monter le niveau de l’eau jusqu’à quatre mètres mercredi matin.Les autorités ont demandé aux habitants des zones basses d’être vigilants face aux inondations, tout en ouvrant 46 refuges temporaires. Des barricades et des passerelles surélevées ont été installées.Yang Lee-o, une septuagénaire qui réside depuis 40 ans à Lei Yue Mun, à l’est de l’île de Hong Kong, a raconté à l’AFP que, lors d’un précédent super typhon, l’eau était montée jusqu’à ses cuisses.- Deux morts aux Philipinnes -Quelques heures plus tôt, le typhon a renversé des arbres et arraché les toits de plusieurs bâtiments en traversant le nord des Philippines, où des milliers de personnes avaient trouvé refuge dans des écoles et des centres d’évacuation. Deux personnes sont mortes dans un glissement de terrain.Au nord de Hong Kong, le pôle technologique attenant de Shenzhen a ordonné l’évacuation de 400.000 personnes. Les autorités locales y ont annoncé la suspension du travail, de l’école et des transports, de même que dans une dizaine d’autres grandes villes du sud de la Chine rassemblant des dizaines de millions de personnes.A Hong Kong, les cours sont suspendus mardi et mercredi dans les écoles. Le Jockey Club a également annulé les courses de chevaux qui devaient se tenir mercredi soir.”Ragasa représentera une menace grave pour Hong Kong, qui pourrait atteindre les niveaux de Hato en 2017 et de Mangkhut en 2018″, a prévenu lundi Eric Chan, le numéro deux de Hong Kong, en référence aux deux super typhons qui ont chacun causé des centaines de millions de dollars de dégâts matérielsL’aéroport de Hong Kong restera ouvert, mais il y aura “d’importantes perturbations” à partir de 18H00 (10H00 GMT) mardi jusqu’au lendemain, a déclaré l’autorité aéroportuaire.Plus de 500 vols de la compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific devraient être annulés.- Rayons vides de supermarchés -Les habitants – 7,5 millions à Hong Kong – se sont précipités pour faire des provisions avant l’arrivée de Ragasa, vidant les rayons des supermarchés.”Il y a forcément de quoi s’inquiéter”, souffle Zhu Yifan, un étudiant chinois de 22 ans.Zoe Chan, âgée d’une cinquantaine d’années, a empilé des sacs de sable devant sa boutique de vêtements dans le quartier de Wan Chai, affirmant qu’elle s’attendait à ce que son commerce soit “ruiné” par les dégâts causés par l’eau.”Le plus important est de prendre de meilleures précautions, afin que je puisse être plus tranquille”, souligne Mme Chan auprès de l’AFP.La Bourse de Hong Kong a modifié ses règles cette année afin de maintenir les marchés ouverts pendant les typhons, son opérateur ayant déclaré à Bloomberg News qu’il “surveillait de près” la situation.Ragasa, qui tire son nom du mot philippin signifiant “mouvement rapide”, sera au plus près de Hong Kong et de Macao mercredi matin, selon les services météorologiques chinois.Les rayons de viande fraîche et de légumes étaient presque vides lundi soir dans un supermarché du district de Bao’an à Shenzhen, ont constaté des journalistes de l’AFP.Les autorités ferroviaires de Canton ont annoncé qu’aucun train ne circulerait mercredi, a rapporté le South China Morning Post.Selon les scientifiques, le changement climatique provoque des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses partout dans le monde.

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“Un été exceptionnellement meurtrier”: la chaleur a tué des dizaines de milliers d’Européens en 2024

Comme les années précédentes, la chaleur a contribué à la mort de dizaines de milliers de personnes en Europe lors de l’été 2024, conclut une étude publiée lundi, alors que le continent enchaîne les étés torrides sur fond de réchauffement climatique.”L’Europe a connu un été exceptionnellement meurtrier en 2024 avec plus de 60.000 morts liées à la chaleur, ce qui porte à plus de 181.000 morts le bilan total des trois étés écoulés jusqu’alors”, résume ce travail publié dans Nature Medicine. Depuis le début des années 2020, cette étude, réalisée par des chercheurs de l’Institut pour la Santé Mondiale de Barcelone, est un rendez-vous annuel de référence pour évaluer à quel point les températures élevées contribuent à la mortalité d’une trentaine de pays, qui représentent presque toute l’Europe.L’enjeu est crucial alors que les étés européens tendent à devenir plus en plus chauds à cause du réchauffement climatique mondial. L’Europe est même le continent qui se réchauffe le plus vite. L’été 2024 est le plus chaud jamais enregistré sur le continent, avec un précédent record remontant à 2022 suivi d’une accalmie toute relative en 2023.Or les dangers de la chaleur sur l’organisme sont multiples notamment chez les personnes âgées et ne se résument pas aux déshydratations et coups de chaleur immédiats. Les fortes températures peuvent aggraver à plus long terme des pathologies cardiaques, respiratoires, mentales, liées au diabète…Quel bilan, pour l’Europe, en matière de décès liés à la chaleur? Les chercheurs avancent des chiffres de 67.873 décès pour 2022 et 50.798 pour 2023, légèrement revus à la hausse par rapport à leurs précédentes publications grâce à une méthodologie plus précise. Avec 62.775, 2024 se situe entre les deux.Mais, malgré leur précision apparente, “ces chiffres comprennent leur lot d’incertitude”, prévient auprès de l’AFP Tomas Janos, le principal auteur de l’étude.Il s’agit d’estimations jugées les plus probables parmi un grand nombre de possibilités. Pour 2024, les chercheurs donnent une fourchette d’environ 35.000 à 85.000 morts.- Espagne et Italie en tête -Ces variations importantes sont liées à des considérations méthodologiques complexes, une certaine part d’arbitraire existant dans la manière de croiser chiffres de température et de mortalité. Mais, soulignent les chercheurs, ce vaste écart ne doit pas occulter un constat indiscutable: la chaleur tue chaque année des dizaines de milliers de personnes en Europe et représente donc un enjeu majeur de santé publique.En 2024, les pays les plus frappés ont été l’Italie – entre 13.858 et 23.506 décès – et l’Espagne – entre 4.655 et 8.513. Toutefois, rapportée à la population, la mortalité a été encore plus lourde en Grèce et Bulgarie.Concernant l’été 2025, marqué par deux canicules importantes, une autre étude, publiée la semaine précédente, a tenté d’évaluer le nombre de morts liées au réchauffement climatique dans un petit millier de villes européennes lors de ces vagues de chaleur. Les auteurs, affiliés à des institutions britanniques, donnaient un bilan de plus de 15.000 décès.Les deux études sont néanmoins loin d’avoir la même portée. Celle publiée lundi porte sur un périmètre géographique plus exhaustif, ne se concentre pas sur les seuls quelques jours de canicule et, surtout, se base sur une méthodologie bien plus solide.Les chercheurs utilisent les véritables données de mortalité observées lors de l’été 2024 dans une multitude de régions européennes, un travail de fourmi qui explique pourquoi leur étude a nécessité un an de travail. A l’inverse, l’étude britannique extrapole d’anciennes données de mortalité.Pour autant, M. Janos se refuse à renvoyer dos à dos les deux travaux, soulignant l’intérêt d’alerter sur l’effet délétère de la chaleur sans attendre de longs mois d’analyse.Il ne fait en effet guère de doute que l’été 2025, le plus chaud jamais enregistré dans plusieurs pays comme l’Espagne ou le Royaume-Uni, portera un lourd bilan sanitaire.”Les deux estimations ont leur utilité”, conclut M. Janos. “Leur étude permet de donner une première idée de la mortalité liée à la chaleur lors d’un été donné; la nôtre fournit des chiffres plus solides qui peuvent servir de base à des décisions de politique publique.”

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Huit glaciers suédois ont disparu en 2024, selon un centre de recherche

Huit des 277 glaciers en Suède ont entièrement fondu en 2024 et ont désormais disparu à cause du réchauffement climatique, a annoncé lundi le centre de recherche de Tarfala situé dans le nord du pays.Trente autres glaciers sont en danger, a dit à l’AFP la directrice du centre, la professeure en glaciologie Nina Kirchner.Les glaciers disparus “ne reviendront pas de notre vivant, et sûrement pas si le réchauffement climatique se poursuit”, a-t-elle constaté.Chaque année, Mme Kirchner et ses collègues de la station de recherche de Tarfala, située près de Kebnekaise, le plus haut sommet de Suède, étudient les images satellites de ces énormes masses de glace, afin de suivre leur évolution.”Au début de l’année, lorsque nous nous sommes assis autour de la table pour déterminer à quel moment les glaciers avaient atteint leur niveau le plus bas en 2024, nous n’avons pas pu en retrouver huit sur les images satellite”, a relaté la chercheuse. “D’abord, nous avons pensé que nous avions fait une erreur, ou que nous avions raté quelque chose”.Mais après avoir vérifié les données, l’équipe arrive à une conclusion unanime: “les huits ont disparu”.    Parmi eux se trouvaient Cunujokeln, le glacier le plus septentrional de Suède, dans le parc national de Vadvetjakka.Et le plus grand des huit avait à peu près la taille de six terrains de football. “2024 était une année extrêmement chaude. La chaleur a fait fondre ces glaciers jusqu’à les faire disparaître”, explique Nina Kirchner. Il s’agit des premiers glaciers à être rayés de la carte en Suède, du moins depuis l’introduction des images satellite haute résolution vers l’an 2000, a-t-elle précisé. Selon l’Organisation météorologique mondiale, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète. L’utilisation massive des combustibles fossiles depuis la révolution industrielle pour produire de l’énergie est le principal facteur du réchauffement climatique induit par l’homme. Selon Mme Kirchner, il est peu probable que d’autres glaciers suédois fondent entièrement en 2025, en raison d’un hiver riche en chutes de neige et d’un été court avec des températures globalement plus fraîches.”Mais il y aura d’autres étés chauds et nous devons nous préparer” à ce que ce phénomène se reproduise, a-t-elle conclu.

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Le typhon Ragasa traverse le nord des Philippines, évacuations massives en Chine

La ville chinoise de Shenzhen se préparait lundi à évacuer quelque 400.000 personnes en prévision de l’arrivée dans le sud de la Chine du super thyphon Ragasa, tandis que les habitants du nord des Philippines tentaient de s’abriter de ses vents violents.Selon le service météorologique philippin, le typhon a touché l’archipel à 15H00 locales (07H00 GMT) sur l’île de Calayan, qui fait partie de la chaîne peu peuplée des Babuyan.A 20H00 (12H00 GMT), la tempête générait des vents atteignant 215 km/h en son centre et des rafales pouvant atteindre 265 km/h, a indiqué le service météorologique national. “Je me suis réveillé à cause du vent violent. Il frappait les fenêtres et faisait un bruit semblable à une machine en marche”, raconte Tirso Tugagao, un habitant d’Aparri, une ville côtière de la province de Cagayan (nord).Sur l’île de Calayan, au cœur de la tempête, le responsable de l’information Herbert Singun a déclaré à l’AFP que des morceaux du toit d’une école avaient été arrachés et avaient atterri sur un centre d’évacuation situé trente mètres plus loin, faisant un blessé léger.”Vous voyez ces cocotiers au loin ?”, a-t-il demandé lors d’une conversation vidéo. “Il y en avait huit avant. Il n’en reste que quatre. Cela montre à quel point ce typhon est puissant”.Plus de 10.000 habitants ont été évacués dans le pays, et des écoles et bâtiments gouvernementaux ont fermé lundi dans la région de Manille et 29 autres provinces. Le président Ferdinand Marcos Jr a affirmé sur Facebook que toutes les agences du gouvernement se trouvaient “en état d’alerte pour apporter de l’aide n’importe où et n’importe quand” si cela est nécessaire.Les écoles et les bureaux gouvernementaux ont été fermés lundi dans la métropole de Manille et dans 29 provinces philippines, en prévision de fortes pluies. “De graves inondations et glissements de terrain” sont attendus dans le nord de l’île principale de Luçon, a prévenu dimanche le spécialiste météorologique du gouvernement, John Grender Almario.Plus au nord, à Taïwan, les services météorologiques ont mis en garde contre un risque de “pluies extrêmement torrentielles” dans l’est de l’île. – Centaines de vols supprimés -Des évacuations ont lieu dans les zones montagneuses près de Pingtung (sud), a dit à l’AFP James Wu, officier des pompiers locaux. “Ce qui nous inquiète le plus, c’est que les dégâts pourraient être similaires à ceux causés par le typhon Koinu il y a deux ans”, a-t-il ajouté. Ce typhon avait provoqué l’effondrement de poteaux électriques et arraché des toits en tôle.Dans le sud de la Chine, les autorités ont déjà pris des mesures avant l’arrivée du typhon à partir de mardi soir.Les services d’urgence de la mégapole chinoise de Shenzhen ont annoncé prévoir d’évacuer quelque 400.000 personnes résidant “dans les zones basses et en bord de mer”.De nombreuses villes de la province du Guangdong, où se trouve Shenzhen, ont annoncé des annulations de cours dans les établissements scolaires et la suspension des transports en commun en raison de la tempête.Les habitants de Shenzhen se sont précipités pour faire des provisions avant l’arrivée de la tempête. Dans le quartier de Bao’an, de longues files d’attente se sont formées lundi soir dans un supermarché dont les rayons étaient en grande partie vides de viande fraîche et de légumes, ont constaté des journalistes de l’AFP.Les services météorologiques de la région attenante de Hong Kong anticipent des “vents violents” et “tempétueux” mercredi. “Les conditions météorologiques seront défavorables, avec de fréquentes averses violentes et une forte onde de tempête”, ont-ils ajouté.Du côté des transports aériens, la compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific a annoncé qu’elle prévoyait de supprimer “plus de 500 vols” entre mardi soir et jeudi.Selon les scientifiques, le changement climatique provoque des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses partout dans le monde.

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La femelle malade, retour en Chine anticipé pour le couple de pandas de Beauval

Le célèbre couple de pandas géants arrivé en 2012 au ZooParc de Beauval va retourner en Chine dès novembre prochain, en raison d’une “insuffisance rénale” dont souffre la femelle, nécessitant d’anticiper une possible dégradation de son état de santé.Ce départ anticipé de deux des quatre pandas présents en France, enjeux diplomatiques entre la France et la Chine, a été décidé “en concertation avec les autorités chinoises”, a indiqué à l’AFP Rodolphe Delord, le directeur du parc situé à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), affirmant que la femelle conserve “un bon appétit” et “un comportement habituel”.Ces animaux emblématiques et dont les effectifs sont très faibles dans la nature repartiront dans le Centre de conservation de Chengdu, dans le cadre du programme international de conservation, de recherche et de reproduction des pandas géants.Le séjour de la femelle Huan Huan et du mâle Yuan Zi, principales attractions du seul zoo en France où il est possible d’admirer cette espèce, avait récemment été prolongé jusqu’en janvier 2027.”Mais la femelle a une insuffisance rénale, une maladie chronique fréquente chez les carnivores vieillissants. Nous préférons donc la transporter vers la Chine avant que ses soucis ne s’aggravent”, a détaillé Rodolphe Delord à l’AFP.Son retour en Chine entraîne de fait celui du mâle, à l’inverse de leurs deux jumelles, âgées de quatre ans, qui restent pour l’heure à Beauval.- “Malade chronique” -Les deux pandas, âgés de 17 ans, étaient arrivés en France le 15 janvier 2012 dans un avion spécialement affrété et habillé à leur effigie.Ils sont depuis suivis de près par des experts français et chinois et bénéficient d’un suivi médical approfondi.Ce départ en Chine doit s’effectuer “autour du 25 novembre 2025”, “afin qu’ils aillent y vivre une retraite paisible”. L’espérance de vie de l’animal, espèce classée “vulnérable” par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), est de 35 ans en moyenne.Afin de rendre hommage à Huan Huan et Yuan Zi avant leur départ, “un dispositif spécial va être mis en place”. Une boîte aux lettres vient d’être installée à destination des visiteurs, pour qu’ils puissent notamment y déposer des mots ou des dessins.Les animaux se sont imposés comme de vrais enjeux diplomatiques entre les deux pays, signes réguliers d’une véritable “diplomatie du panda”, parvenant à donner naissance à trois bébés depuis leur arrivée, une première en France.Le premier ursidé Yuan Meng né à Beauval en 2017 a quitté la France en 2024, un départ qui s’est fait devant une centaine d’admirateurs et sous haute sécurité.- “Espèce emblématique” -“Les jumelles Huanlili et Yuandudu, nées en août 2021, restent pour leur part à Beauval afin de continuer à sensibiliser les visiteurs à la sauvegarde de cette espèce emblématique”, a dit le directeur. Elles devaient initialement prendre le chemin de la Chine dès cette année, avant leurs parents.M. Delord espère “entamer des discussions avec nos amis chinois pour prolonger encore le partenariat (…) et pourquoi pas faire venir d’autres pandas dans le futur”.Un partenariat précieux qui a participé au succès de Beauval et permis la signature d’autres échanges dans le cadre d’accords franco-chinois négociés de longue date.Le ZooParc a officialisé fin 2024 l’arrivée de trois singes dorés, autres trésors nationaux chinois, alors que Français et Chinois célébraient le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques.En dehors de Chine, une vingtaine de parcs zoologiques, seulement, possèdent ces plantigrades herbivores, symboles des amitiés diplomatiques de Pékin.En 2023, le ZooParc et ses 35.000 animaux ont accueilli deux millions de visiteurs et réalisé 113 millions d’euros de chiffres d’affaires.

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Les prévisions de production d’énergies fossiles incompatibles avec les objectifs climatiques, pointent des experts

Les pays producteurs d’énergies fossiles du monde entier prévoient d’augmenter toujours plus leurs extractions ces prochaines années, à des niveaux radicalement incompatibles avec les objectifs climatiques internationaux, selon un rapport publié lundi par plusieurs instituts de référence.”Les gouvernements, au total, prévoient de produire beaucoup plus d’énergies fossiles que ce qui serait cohérent avec une limitation du réchauffement mondial entre 1,5°C et 2°C”, a souligné devant des journalistes Derik Broekhoff, de l’Institut de l’environnement de Stockholm (SEI), coauteur de cette étude.”Les pays prévoient désormais une production de ces énergies encore plus élevée comparé à il y a deux ans”, lors de sa dernière édition, souligne-t-il, pointant du doigt la “déconnexion entre les ambitions climatiques et ce que les pays prévoient réellement de faire”.La production de charbon, pétrole et gaz prévue à l’horizon 2030 représente ainsi plus du double (120% de plus) du volume qui permettrait de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris, selon les calculs du SEI.Pour respecter la limite haute de l’accord de 2015, fixée à 2°C, la production d’énergies fossiles prévue est 77% trop élevée, selon ce rapport rédigé avec l’Institut international du développement durable (IISD) et l’institut Climate Analytics.L’écart entre ces trajectoires de production et des volumes compatibles avec les ambitions climatiques internationales s’est encore creusé depuis la dernière édition de cette étude en 2023.Entre-temps, la Chine a anticipé un déclin moins rapide de son charbon, et le gaz, notamment sous sa forme liquéfiée (GNL), a connu un fort regain d’intérêt.Les auteurs appellent les pays, qui doivent présenter leurs feuilles de routes climatiques avant la COP30 en novembre au Brésil, à “inverser” la tendance. Lors de la COP28 de Dubaï en 2023, le monde s’était pourtant engagé à opérer une “transition” vers “une sortie des combustibles fossiles”. L’utilisation massive du charbon, du pétrole et du gaz fossile est la première cause du réchauffement climatique d’origine humaine.Parmi les 20 plus gros pays producteurs étudiés (Arabie saoudite, États-Unis, Chine, Brésil…), 17 prévoient d’augmenter la production d’au moins une énergie fossile d’ici 2030. Onze d’entre eux ont même augmenté leurs perspectives d’extraction par rapport à ce qu’ils prévoyaient en 2023.