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Minorité yazidie: procès requis à Paris contre une “revenante” de Syrie, accusée de complicité de génocide

Un procès a été requis à Paris pour complicité de génocide contre Lolita Cacitti, une “revenante” française soupçonnée d’avoir facilité l’asservissement d’une enfant yazidie en 2017 en Syrie. Ce qu’elle conteste, assurant l’avoir traitée “comme sa propre fille”.Ces réquisitions, rendues lundi et confirmées mardi à l’AFP par le parquet national antiterroriste (Pnat), circonscrivent notamment le rôle de Lolita Cacitti à celui de complice, alors qu’elle avait été mise en examen en juin 2024 comme autrice de génocide.C’est la deuxième Française à être menacée d’un procès pour son implication supposée dans le génocide des Yazidis, minorité ethnoreligieuse kurdophone, commis par le groupe Etat islamique (EI).Avant elle, Sonia Mejri, 36 ans, originaire de Grenoble et ancienne compagne d’un dirigeant de l’EI, a été renvoyée pour génocide devant la cour d’assises de Paris spécialement composée en matière terroriste. Un procès prévu au premier semestre 2027.Lolita Cacitti, née dans le Calvados en 1989, avait quitté la France en août 2014, avec ses deux garçons. Elle s’est ensuite mariée en Syrie, avec Lakhdar Sebouai, membre de la filière strasbourgeoise ayant rejoint les rangs de l’EI, avec qui elle a eu deux autres enfants.Comme dans de nombreux dossiers de “revenantes”, le Pnat a demandé son renvoi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Il lui reproche, entre autres, son départ volontaire, son mariage religieux avec un “combattant notoire de l’EI”, son apprentissage de la kalachnikov et de la ceinture explosive, sa gestion de “maison des femmes” ou encore son maintien sur zone après la chute de l’EI dans un “soutien inconditionnel à l’idéologie et à la stratégie militaire”, d’après ses réquisitions dont l’AFP a eu connaissance.Il requiert aussi un procès pour manquements aux obligations parentales et pour soustraction de mineurs.- “Impuissance totale” de l’enfant -Moins classiquement, le Pnat impute à Lolita Cacitti, rentrée en France en août 2021, un rôle dans le génocide et dans les crimes contre l’humanité perpétrés contre les Yazidis. Il l’accuse d’avoir sciemment aidé le projet génocidaire en hébergeant, pendant un mois minimum en 2017, une esclave âgée de huit ans et de l’avoir ensuite remise à son “propriétaire” saoudien, membre de l’EI.Pour l’enfant, “cette situation d’asservissement impliquait nécessairement la conscience profonde de vivre” dans un lieu dangereux, où elle risquait sa vie, “exacerbant le sentiment d’impuissance totale qu’elle a pu ressentir”, analyse le Pnat.Le Pnat relève aussi la stratégie de l’EI de compromettre la réintégration de l’enfant dans sa communauté: convertie et renommée, elle risquerait une ostracisation. Ces actes de conversion forcée “à grande échelle (…) doivent être considérés comme étant de nature à menacer le groupe religieux yazidi d’éradication biologique”.En revanche, le parquet a requis un non-lieu concernant les accusations d’emprisonnement et d’actes inhumains sur la fillette.Lors d’interrogatoires dont l’AFP avait eu connaissance, Lolita Cacitti avait expliqué qu’une “petite fille” avait été amenée à son domicile par l’un des chefs de son époux, et qu’elle l’avait traitée “comme (sa) propre fille”. “Je ne me suis jamais servi d’elle, je ne l’ai jamais traitée comme une esclave mais comme une enfant”, avait-elle assuré aux juges en mars 2022.La fillette n’a pas été retrouvée. Le magistrat instructeur a identifié une adolescente en Australie, grâce à l’aide d’ONG, mais son audition en octobre 2025 n’a pas permis de certifier qu’il s’agissait de la Yazidie.Contacté mardi par l’AFP, Me Louis Heloun, avocat de la revenante, n’a pas commenté. Après ce réquisitoire, il peut désormais faire des observations, puis le juge d’instruction tranchera sur la tenue d’un procès ou non.La justice française cherche à documenter les crimes contre l’humanité perpétrés par l’EI sur les minorités, et notamment le rôle des femmes parties sur zone: la première mise en examen prononcée contre une Française date de 2022. À ce jour, Lolita Cacitti, Sonia Mejri et une autre Française sont poursuivies, cette dernière ayant été mise en examen en juillet 2025, selon une source proche du dossier. Une quatrième, mise en examen en octobre 2022, a depuis obtenu le statut plus favorable de témoin assisté, d’après une source judiciaire.Dans ces dossiers, se pose la question de la définition du génocide et si ce crime peut être retenu quand une seule victime a été identifiée. Oui, a répondu en mai la Cour de cassation, si la victime appartient à une communauté qui fait l’objet d'”un plan concerté tendant à sa destruction totale ou partielle”.

Loi fin de vie: très réservé, le Sénat se penche sur l’aide à mourir

Maintes fois reportée, la réforme de la fin de vie revient mardi au Parlement avec l’examen au Sénat d’une proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Le dispositif suscite de grandes réserves à la chambre haute, dominée par la droite.Les sénateurs s’empareront du texte en milieu d’après-midi et débattront pendant une semaine de ce dossier sensible, avant un vote solennel prévu le mercredi 28 janvier à 16H30.Deux textes sont en réalité examinés en parallèle au Palais du Luxembourg: l’un, plutôt consensuel, sur le développement des soins palliatifs; et l’autre, examiné en premier, qui légalise un dispositif de suicide assisté et d’euthanasie même si ces mots ne sont pas écrits noir sur blanc.Nourris de nombreuses réflexions et travaux, ils ont été adoptés très largement à l’Assemblée nationale au printemps 2025, mais l’instabilité politique des derniers mois a reporté leur examen au Palais du Luxembourg.Si elle aboutissait, la réforme sur l’aide à mourir serait la plus importante dans le champ sociétal depuis l’instauration du mariage pour tous en 2012. La France rejoindrait d’autres pays à avoir légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.Contraint de prendre du recul sur la vie parlementaire et la politique intérieure depuis la dissolution, Emmanuel Macron compte sur ce débat pour tenir l’une des promesses de son deuxième quinquennat. – Long chemin parlementaire -Il a promis d’aller “au bout du travail législatif” sur cette réforme dès cette année, ce qui nécessitera encore plusieurs aller-retours entre Sénat et Assemblée nationale, au sortir d’un interminable marathon budgétaire.L’examen du texte au Sénat n’est donc qu’une étape préliminaire. Dominé par une alliance entre la droite et les centristes, la chambre haute est plus que réservée, dans le sillage du patron des Républicains Bruno Retailleau, qui prendra la parole dans l’hémicycle dès mardi pour expliquer ses grandes réticences, après avoir été plutôt discret sur le sujet ces dernières semaines.”On veut nous faire avaler une des lois les plus permissives du monde sur l’euthanasie, un changement anthropologique majeur, au détriment de ce qui existe déjà, à savoir les soins palliatifs”, s’agace la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat (Les Républicains), qui s’est chargée de piloter l’examen du texte en commission des Affaires sociales.Très remontée mais divisée en interne, la droite sénatoriale est pourtant sur un fil et oscille entre deux stratégies: celle de rejeter en bloc le texte, quitte à ce que le gouvernement donne le dernier mot à l’Assemblée nationale, ou celle de refondre profondément le dispositif avec des critères très restrictifs et de nombreux garde-fous. En commission, le Sénat a donc transformé le droit à l’aide à mourir en une “assistance médicale à mourir” réservée aux malades dont le pronostic vital est engagé “à court terme”. Cela réduirait considérablement le spectre des personnes éligibles par rapport à la version votée à l’Assemblée.”Si on ne s’exprime pas, si on rejette le texte, on n’existe plus. Il fallait que le Sénat s’exprime”, assure le sénateur Alain Milon (LR).- Débats imprévisibles -La gauche tentera elle très majoritairement de rétablir la version des députés.”La droite a vidé le texte de sa substance”, regrette la sénatrice socialiste Annie Le Houérou, estimant que les sénateurs LR ont “fait semblant d’avancer” sur ce débat. Une analyse partagée par l’auteur du texte, Olivier Falorni: si elle n’est pas modifiée, “ce sera une loi pour rien ou pas grand chose”, car elle “créera un principe inapplicable”, a-t-il regretté mardi.Les débats dépasseront largement les murs du Palais du Luxembourg, ravivant l’opposition entre associations et militants d’un camp et de l’autre, mais aussi les exigences des syndicats de soignants et autres représentants des cultes, ces derniers ayant publiquement rappelé leur hostilité.Plusieurs milliers d’opposants ont aussi manifesté dimanche à Paris dans le cadre de la “marche pour la vie”. L’association Les Eligibles, rassemblant des personnes handicapées, a, elle, craint des “dérives” en raison de critères d’accès jugés “flous et extensibles”, quand France Assos Santé, association de patients, a, au contraire, condamné le “sabotage du droit à une aide à mourir” opéré par la droite.

Parole à Marine Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du FN

Une prestation capitale pour son destin politique: la cour d’appel de Paris a entamé mardi après-midi l’interrogatoire de Marine Le Pen au procès des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027.Sous les grandioses boiseries de la première chambre du palais de justice, la leader d’extrême droite, veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré, est montée à la barre quelques instants après la reprise de l’audience à 13H30. Son interrogatoire est prévu pour durer jusqu’à mercredi soir.L’échange avec la présidente Michèle Agi a débuté sur le point très technique de la mutualisation des assistants parlementaires d’eurodéputés.”Je note que sur toute cette période de dix ans, le Parlement européen ne nous a jamais ni conseillé ni reproché d’avoir eu des assistants qui manifestement travaillaient avec plusieurs députés et cette connaissance était portée, à mon avis, à l’information du Parlement européen”, a déclaré la présidente des députés RN de 57 ans.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Les faits constituent “une succession de cas en réalité très différents les uns des autres, qui durent, ce qui me concerne, sur douze ans, puisque j’ai été douze ans eurodéputée”, a soutenu Mme Le Pen au début de son interrogatoire.Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.- Télescopage judiciaire -Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Mardi, la cour d’appel a commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015.Ayant rejoint le parti d’extrême droite en 2014, le prévenu disposait d’un contrat de travail comme assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ceci alors que l’organigramme du Front national publié à l’hiver 2015, qui éveillera l’attention du Parlement européen, le présentait comme “conseiller spécial” au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l’eurodéputée, sur les premiers mois, “je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, a affirmé à la barre Julien Odoul, 40 ans.Sur une période d’un an et demi, il n’aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d’une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. “Rétrospectivement, elle n’avait pas besoin de mes services”, a-t-il dit regretter. Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul a soutenu s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car “Mylène Troszczynski m’avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national”.Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen était à la barre sur l’île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, dans le nord-est de la capitale, l’a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.Une ancienne étudiante de l’Institut d’études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l’avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'”islam radical” en commentaire d’une photographie où elle était voilée.

Mercosur: des milliers d’agriculteurs protestent devant le Parlement européen

Tracteurs et drapeaux au vent, des milliers d’agriculteurs européens sont arrivés mardi en fin de matinée devant le Parlement européen à Strasbourg, afin de protester contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ont gagné le bâtiment après avoir patienté à quelques centaines de mètres du Parlement. La manifestation rassemble plus de 4.500 personnes, selon la police. Dans le viseur: Ursula von der Leyen, qui a signé il y a trois jours au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Un manifestant transporte un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Des personnalités politiques ont fait le déplacement, dont le chef des députés LR, Laurent Wauquiez. De nombreux eurodéputés sont venus à la rencontre des manifestants comme Marion Maréchal (ECR), Fabrice Leggeri (Patriotes pour l’Europe) François-Xavier Bellamy (PPE) ou encore Raphaël Glucksmann (Sociaux Démocrates).L’accord commercial entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, va se traduire par l’importation de nourriture “produite de manière complètement différente qu’en Europe, avec plus de produits phytosanitaires, et pas les mêmes normes”, redoute Baptiste Mary, 24 ans, agriculteur dans la Marne. Regrettant que dans les négociations commerciales, “l’agriculture ne fait pas le poids comparé à l’automobile”, il arbore une pancarte proclamant “UE veux-tu encore de tes paysans?” et “Mercosur = mort à coup sûr”.Les agriculteurs ne comptent “pas lâcher”, assure à l’AFP Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, qui a organisé la manifestation. Ils s’étaient déjà mobilisés par milliers le 18 décembre à Bruxelles.Les eurodéputés ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié” a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans, présente à  Strasbourg. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne. Moi, je le comprends et j’espère que cette démarche ira à son terme”, a dit mardi matin sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.Au lendemain du vote sur la saisine de la justice, les eurodéputés seront amenés à voter jeudi midi sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen.Cette motion, à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, a peu de chances de succès, son adoption requérant la majorité des deux tiers des suffrages exprimés, représentant la majorité des députés qui composent le Parlement.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

Intempéries dans l’Aude: baisse des précipitations, réouverture programmée des écoles

La baisse des précipitations dans l’Aude, après deux journées marquées par des inondations localisées, conduit le préfet à lever pour mercredi certaines mesures de sécurisation, comme la fermeture des écoles, a indiqué la préfecture.”Compte tenu de l’amélioration des conditions météorologiques, le préfet de l’Aude a décidé de la levée ce mercredi 21 janvier 2026 des mesures de fermeture des écoles, crèches et centres de loisirs et autres établissements publics”, indique un communiqué de la préfecture.L’Aude, en vigilance orange pluie-inondations depuis dimanche comme plusieurs autres départements, est désormais revenue en niveau jaune, selon un bulletin de Météo France publié autour de 10h00.Les fortes pluies qui ont touché le département depuis dimanche ont conduit à des débordements de cours d’eau et des inondations mais le niveau des fleuves locaux est finalement resté en-deçà des seuils d’alerte. Lundi, un habitant du village de Lespinassière a chuté d’un toit qu’il tentait de protéger d’une bâche. Grièvement blessé, il a été évacué vers le CHU de Toulouse. Deux autres personnes ont été blessées.”Des perturbations persistent” sur le réseau routier avec certains axes encore fermés, notamment autour de Narbonne, a souligné la préfecture qui a indiqué que des foyers restaient privés d’électricité.Les pompiers “ont réalisé plus de 130 interventions” en raison de ces intempéries, a-t-elle ajouté.

Mort d’un étudiant après une soirée d’intégration à Lille: le procès s’est ouvert

Le procès concernant la mort d’un étudiant en médecine après une soirée d’intégration alcoolisée à Lille en 2021 s’est ouvert mardi, avec trois étudiants jugés pour bizutage ou complicité et l’Université de Lille citée à comparaître pour homicide involontaire.Simon Guermonprez, 19 ans, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait le 8 juillet 2021 à une soirée d’intégration.A l’issue de cette soirée, déposé en Uber au domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme se serait ensuite rendu sur un pont autoroutier. Il aurait pris un selfie avant d’être mortellement percuté par un camion circulant sur l’autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies, selon l’enquête. Le chauffeur du poids lourd, qui avait initialement déclaré aux policiers ne pas avoir percuté la victime, invoquant sa “peur d’aller en prison”, est jugé pour homicide involontaire.  A l’ouverture du procès mardi, il a affirmé que le jeune homme se trouvait sur la bande d’arrêt d’urgence avant de se “jeter” sous son camion. “Je n’ai pas eu le temps de piler, il s’est jeté, ne n’ai pas pu l’éviter, je suis désolé mais je n’ai rien pu faire”, a déclaré à la barre le prévenu de 50 ans. Deux étudiants comparaissent pour bizutage et une étudiante pour complicité de bizutage, avec incitation à la consommation excessive d’alcool.L’Université de Lille fait l’objet d’une citation directe pour homicide involontaire et bizutage à la demande de la famille de Simon Guermonprez.”Ils ont fermé les yeux. Ils savent très bien qu’il y a des dangers dans ce type de soirée d’intégration”, selon le père de la victime, Daniel Guermonprez, qui réclame des “sanctions” afin que de tels faits “ne se reproduisent pas”.Selon lui, l’un des objectifs imposés lors de la soirée était “d’ingurgiter douze grosses seringues d’alcool”. “On comprend que, quand il est déposé devant la maison, il est complètement désorienté”, ajoute-t-il, interrogé par l’AFP peu avant le début du procès.La mort de Simon Guermonprez a “bouleversé” l’ensemble de la communauté universitaire, a souligné l’Université de Lille dans un communiqué, affirmant avoir “toujours condamné les pratiques de bizutage” et s’être “toujours engagée dans la prévention des risques liés à la consommation d’alcool”.Après ce drame, un rapport de l’IGESR (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche) avait pointé “une passivité institutionnelle” de l’Université de Lille concernant ces soirées d’intégration.L’accueil des futurs étudiants en deuxième année de médecine à Lille par ceux de troisième année a “continué à avoir lieu au vu et au su de tous”, relevait ce rapport remis en 2022 au ministère de l’Enseignement supérieur.Pourtant, ces soirées ont déjà été “le théâtre d’événements graves” et sont officiellement interdites par la faculté de médecine depuis 2012, toujours selon ce rapport.

“Depuis que j’ai arrêté le stup’, je dors mieux”: comment le narcotrafic bouleverse le monde des avocats

Des “baveux” menacés en pleine audience, une robe noire qui a arrêté les dossiers “stup” pour retrouver le sommeil, mais d’autres qui dénoncent une “justice d’exception” contre les trafiquants: l’essor du narcotrafic et l’offensive de l’Etat bouleversent le monde des avocats.”Depuis que j’ai arrêté le stup’, je dors mieux”, déclare à l’AFP sous couvert d’anonymat un important avocat parisien qui a préféré renoncer aux affaires de narcotrafic. Ces dossiers lui causaient trop de sueurs froides.”Le simple fait de demander des honoraires se transformait soit en risque pénal soit en tentative d’extorsion de fonds !”, raconte-t-il. De l’aveu de certains avocats, les rapports avec des narcotrafiquants toujours plus puissants sont plus tendus que jamais.L’un d’eux n’est pas près d’oublier les menaces reçues par des avocats lors d’un procès d’assises en région parisienne l’an dernier, après un règlement de comptes à l’arme de guerre. “La loi du silence et celle de la cité concurrençaient celle de la République”, témoigne-t-il, après avoir dû quitter le tribunal discrètement, après la fin des débats, par sécurité.Autre témoignage de la tension qui règne: en décembre, à Lille, lors du procès d’Abdelkader Bouguettaia, l’un des chefs présumés du narcotrafic en France extradé de Dubaï en 2025, la presse a reçu la consigne de ne citer le nom d’aucun magistrat, mais également d’aucun avocat.- Au plus près -Présents au plus près de leurs clients, depuis leur garde à vue jusqu’au verdict, les avocats se retrouvent parfois malgré eux en première ligne dans la “guerre” déclarée par les autorités au narcotrafic.Une loi a été votée, renforçant les moyens de la police et de la justice, et un Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) a pris ses fonctions début janvier à Paris, se voulant une véritable “force de frappe” au niveau national, selon Vanessa Perrée, qui le dirige.”On se sert de nous pour faire une opération de communication, avec certains qui parlent maintenant de +narcomicides+, de +narco-avocats+ !”, déplore une robe noire, marquée par le parcours du combattant pour voir son client au parloir dans les nouvelles prisons de haute sécurité. Celui-ci lui est amené par des gardiens cagoulés, dont il n’a pas le droit de croiser le regard.D’une façon générale, les moyens déployés face au narcotrafic inquiètent de nombreux avocats, qui redoutent des atteintes aux libertés individuelles et droits de la défense. Parmi les nouveaux outils donnés aux enquêteurs: un “dossier coffre” (procès-verbal distinct pour ne pas divulguer certaines techniques d’enquête aux mis en cause) ou une possibilité d’activer à distance un téléphone pour des écoutes.”Il n’y a pas de dérive, nous nous inscrivons dans l’Etat de droit”, a balayé Vanessa Perrée auprès de l’AFP.”Ce sont des moyens légaux, avec des contrôles, des débats contradictoires, la nécessité de passer devant un juge (…) Alors oui, on a des gardes à vue plus longues, des techniques spéciales d’enquête, mais elles sont à la hauteur des enjeux, des moyens et de la dangerosité” des trafiquants, a-t-elle souligné.- “Sans garantie” – “Le souci, c’est que les trafiquants de stupéfiants ne sont plus des justiciables de droit commun. Ils sont assimilés à des terroristes auxquels on veut appliquer un droit d’exception. Cette dérive légalise la voie vers de possibles excès du côté de la police et de la justice”, dénonce auprès de l’AFP Me Raphaël Chiche, l’un des avocats les plus en vue dans ce type de dossiers.Considéré comme un expert de la procédure pénale, capable de faire annuler une décision en raison d’un vice de forme, il s’inquiète de la “stigmatisation” des avocats dans ces dossiers comme s’ils étaient “des narcotrafiquants en robe noire”.”La défense doit continuer d’avoir sa place et d’exercer ses prérogatives sans être accusée d’emboliser le cours de la justice dont elle n’est pas responsable du manque d’effectifs”, martèle-t-il, en regrettant que “certains magistrats, fort heureusement pas tous, préféreraient juger sans être contrariés”.”Certains de nos dossiers sont paralysés par des requêtes en nullité, parfois artificielles, en raison d’effectifs insuffisants pour les traiter à la cour d’appel”, reconnaît un juge qui traite des affaires de grande envergure. “Mais il n’y a pas de problème majeur au quotidien. La +guerre+ entre avocats et magistrats, on en parle depuis 40 ans. Ces tensions ont toujours existé, il ne faut pas les dramatiser”, relativise-t-il.Pour Me Chiche, le métier n’est en tout cas pas plus dangereux qu’avant: “Les délinquants du haut du spectre connaissent le fonctionnement de la justice et les limites du pouvoir d’un avocat”. Pour se préserver des menaces, il ne faut pas “garantir de résultat à son client et lui rappeler que l’avocat est uniquement tenu à une obligation de moyens”, dit-il.Reste que le climat peut freiner certains: “Quand on défend les petites mains du trafic, ça va, mais dès qu’on monte dans la pyramide il y a de telles sommes en jeu qu’il faut absolument obtenir un acquittement pour que ça se passe bien”, témoigne un jeune avocat parisien.”Je ne touche plus aux stups. J’ai pris deux ou trois coups de pression, ça suffit!”.

Mercosur: forte mobilisation d’agriculteurs européens à Strasbourg

Une forte mobilisation d’agriculteurs a débuté mardi à Strasbourg contre l’accord commercial avec le Mercosur et pour “mettre la pression” sur les députés européens, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Des centaines d’agriculteurs, notamment français, italiens, belges et polonais, ont commencé à se réunir à quelques centaines de mètres du Parlement européen vers lequel ils doivent converger en fin de matinée.L’accord commercial entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, va se traduire par l’importation de nourriture “produite de manière complètement différente qu’en Europe, avec plus de produits phytosanitaires, et pas les mêmes normes”, redoute Baptiste Mary, 24 ans, agriculteur dans la Marne. Regrettant que dans les négociations commerciales, “l’agriculture ne fait pas le poids comparé à l’automobile”, il arbore une pancarte proclamant “UE veux-tu encore de tes paysans?” et “Mercosur = mort à coup sûr”.Trois jours après la signature de cet accord au Paraguay, les agriculteurs ne comptent “pas lâcher”, déclare à l’AFP Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA. Ils s’étaient déjà mobilisés par milliers le 18 décembre à Bruxelles.Selon lui, de “600 à 700″ tracteurs doivent arriver dans la capitale alsacienne, avec des difficultés de circulation à la clé. Un important dispositif policier, avec le renfort de CRS, est déployé pour protéger le Parlement européen, en pleine session plénière.Au total, quelque 4.000 agriculteurs venus des quatre coins de l’Union européenne, sont attendus, avec une majorité de Français, le mouvement ayant été lancé par la FNSEA, premier syndicat agricole national.Les eurodéputés ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.Les agriculteurs ont prévu de rencontrer de nombreux parlementaires et de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié” a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans, présente à  Strasbourg. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne. Moi, je le comprends et j’espère que cette démarche ira à son terme”, a dit mardi matin sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.- “Troc” -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.”On a peur pour nous, pour nos revenus mais aussi pour nos concitoyens qui vont voir arriver des produits alimentaires qu’on n’a pas le droit de produire chez nous”, témoigne M. Lapie, déplorant un “troc”.Au-delà de l’accord avec le Mercosur, les manifestants, soutenus par le Copa-Cogeca, principale organisation agricole européenne, s’inquiètent de l’avenir et du financement de la Politique agricole commune (PAC) et réclament des mesures de simplification. Au lendemain du vote sur la saisine de la justice, les eurodéputés seront amenés à voter jeudi midi sur une motion de censure à l’encontre de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Cette motion, à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, qui dénonce l’accord avec le Mercosur, a peu de chances de succès, son adoption requérant la majorité des deux tiers des suffrages exprimés, représentant la majorité des députés qui composent le Parlement.