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Indonésie: un léopard capturé dans un hôtel

Un léopard, soupçonné de s’être échappé d’un zoo, a été capturé lundi en Indonésie après avoir erré dans un complexe hôtelier d’une zone touristique, provoquant la panique parmi les clients, a indiqué un responsable de la protection animalière.Le félin a été aperçu pour la première fois lundi matin devant une chambre située au deuxième étage d’un hôtel de Bandung, grande ville de la province de Java, située à une centaine de kilomètres à l’est de Jakarta.La direction de l’hôtel a alors appelé les pompiers, qui ont ensuite informé l’agence locale de conservation de la faune.”Nous avons utilisé un tranquillisant et vers 10h00 du matin, le léopard a été évacué et sorti de l’hôtel”, a déclaré à l’AFP le directeur de l’agence de conservation de Java occidental, Agus Arianto.Fin août, un léopard aurait été aperçu en train de s’échapper d’un zoo situé à seulement cinq kilomètres de l’hôtel. Il faudra cependant du temps pour vérifier si le léopard capturé dans l’hôtel est bien le félin qui s’était échappé du zoo, a ajouté M. Agus.”Actuellement, le léopard reprend lentement conscience. Il a commencé à grogner”, a-t-il déclaré, en ajoutant que l’animal serait ensuite transporté dans un centre de conservation pour observation.En 2021, deux tigres du Bengale s’étaient échappés de leur enclos par un trou apparu après plusieurs jours de pluies torrentielles, dans le zoo de la ville de Singkawang, dans la partie indonésienne de l’île de Bornéo.Un gardien du zoo âgé de 47 ans et plusieurs animaux avaient été retrouvés morts près de la cage des félins. L’un des tigres avait été abattu tandis qu’un autre avait été capturé vivant.

De la dissolution à la démission de Lecornu, des inédits à la chaîne

De la dissolution surprise en juin 2024 à la démission lundi du Premier ministre Sébastien Lecornu, quelques heures après l’annonce d’une partie de son gouvernement, la France a enchaîné, ces 16 derniers mois, les moments politiques inédits.- Campagne électorale la plus courte -Le 9 juin, au soir d’élections européennes largement remportées en France par le Rassemblement national (RN, 31,37% des suffrages), le président Emmanuel Macron annonce la dissolution de l’Assemblée nationale.C’est une première depuis la dissolution ratée de Jacques Chirac en 1997 qui avait porté au pouvoir l’opposition de gauche emmenée par le socialiste Lionel Jospin.Seules trois semaines séparent l’annonce de la dissolution du premier tour des législatives, le 30 juin. Une campagne express sans équivalent sous la Ve République.  – Nombre inédit de députés RN – Les élections aboutissent à une fragmentation de l’Assemblée nationale avec trois blocs, dont aucun n’approche de la majorité absolue des 289 députés.Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen devient le parti le plus représenté dans l’Hémicycle avec 123 députés, un nombre jamais atteint par cette formation.- Plus long interrègne -Après la démission du Premier ministre Gabriel Attal, Emmanuel Macron annonce qu’il ne désignera pas de Premier ministre avant la fin des Jeux olympiques de Paris.S’ouvre alors le plus long “interrègne” entre deux exécutifs de la Ve République: pendant 51 jours, le gouvernement démissionnaire expédie les affaires courantes.- Premier ministre le plus âgé -Emmanuel Macron désigne le 5 septembre Michel Barnier au poste de Premier ministre. L’ancien commissaire européen et ex-ministre devient à 73 ans le plus vieux Premier ministre de la Ve République (un record battu de quelques mois en avril par son successeur, François Bayrou). Il forme un exécutif marqué à droite, avec à l’Intérieur le conservateur Bruno Retailleau.- Plus court passage à Matignon -La préparation du budget 2025 éprouve durement la fragile coalition de M. Barnier. Le 2 décembre, il engage sa responsabilité pour faire adopter sans vote le budget de la Sécurité sociale (article 49.3). Le 4, une motion de censure de la gauche obtient 311 voix sur les 288 nécessaires, grâce au soutien du RN. Michel Barnier est contraint de démissionner, trois mois à peine après sa prise de fonction. C’est alors le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République.- Quatre gouvernements en 12 mois -Emmanuel Macron nomme le 13 décembre le président du MoDem, François Bayrou, à Matignon qui présente le 23 décembre un gouvernement marqué par le retour de deux anciens Premiers ministres, Élisabeth Borne et Manuel Valls, et par le tandem droitier Retailleau-Darmanin. C’est le quatrième gouvernement en l’espace de 12 mois, fait inédit sous la Ve République.Il devra avoir recours en février 2025 à l’article 49-3 pour faire adopter sans vote le budget pour l’année en cours, qui devient le budget le plus tardivement adopté de l’histoire de la Ve République.- Première chute sur un vote de confiance -La chute le 8 septembre du gouvernement Bayrou sur un vote de confiance de l’Assemblée nationale, sollicité par le Premier ministre pour tenter de faire valider ses choix budgétaires, est aussi une première sous la Ve République. Avant François Bayrou, 21 Premiers ministres se sont essayés au vote de confiance, tous avec succès, parfois de justesse comme Jacques Chirac sous la première cohabitation avec François Mitterrand en 1986 et 1987.- Démission avant le premier conseil des ministres -Il avait fallu près d’un mois au nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, nommé le 9 septembre, pour annoncer dimanche soir la majeure partie de son gouvernement. Son premier conseil des ministres était prévu lundi à 16H00, mais, critiqué de toutes parts et fragilisé par la fronde des Républicains, il a présenté sa démission dans la matinée. Encore une fois du jamais vu sous la Ve République.

Le gouvernement Lecornu démissionne, la France s’enfonce dans la crise politique

Déflagration politique: quelques heures à peine après avoir formé son gouvernement, Sébastien Lecornu a remis lundi sa démission à Emmanuel Macron, sous le feu des critiques et fragilisé de l’intérieur par la fronde des Républicains de Bruno Retailleau. Le locataire de Matignon, nommé le 9 septembre et qui devait tenir son premier Conseil des ministres à la tête du gouvernement à 16h00, s’est rendu aux premières heures de la matinée à l’Élysée pour remettre sa démission au président, qui l’a acceptée, selon un communiqué de la présidence.”Les conditions n’étaient plus remplies” pour rester Premier ministre, a-t-il déclaré un peu plus tard dans la cour de Matignon, regrettant “les appétits partisans” qui ont conduit à sa démission, une allusion claire à Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.Les partis politiques “continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue”, a déploré Sébastien Lecornu, reconnaissant que son offre de renoncer au 49.3 pour redonner la main au Parlement n’avait “pas permis ce choc de se dire qu’on peut faire différemment”.Il s’agit du gouvernement le plus bref de la Ve République, à peine plus d’une douzaine d’heures. Sa chute plonge la France dans une crise politique sans précédent depuis des décennies.Cette instabilité provoquait lundi matin la chute de près de 2% de la Bourse de Paris. Sur le marché obligataire, le taux d’intérêt français à dix ans était, lui, en forte hausse.- Calme -Que va faire le Président de la République ? Dissoudre comme le demande le RN, démissionner comme le voudrait LFI ou renommer un nouveau Premier ministre ? Nul ne le sait. “Nous devons garder notre calme et penser aux Français”, a déclaré lundi Michel Barnier, qui avait lui-même été renversé par l’Assemblée nationale au bout de trois mois à Matignon. Troisième Premier ministre désigné en un an, après que la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 a donné lieu à un hémicycle ingouvernable, divisé en trois blocs très polarisés, Sébastien Lecornu, un très proche d’Emmanuel Macron, s’est retrouvé fragilisé alors qu’il venait de composer dimanche soir un gouvernement de 18 ministres, dont 12 sortants reconduits dans leurs portefeuilles. Très remonté face à une composition qui “ne reflète pas la rupture promise”, le patron de LR Bruno Retailleau, lui-même reconduit à l’Intérieur, avait immédiatement convoqué en urgence le comité stratégique du parti gaulliste, qui devait se tenir à 11h30.Mais la décision était semble-t-il déjà prise. LR ne pouvait pas “offrir un dernier tour de piste” à la Macronie, a expliqué lundi son vice-président François-Xavier Bellamy. Les Républicains n’ont pas “à redouter une dissolution”.Principal objet de la rupture: le retour surprise aux Armées de Bruno Le Maire, symbole pour la droite du dérapage budgétaire des dernières années de gouvernements macronistes. Mais aussi la large part réservée à Renaissance dans le gouvernement – avec 10 ministres, contre 4 à LR.Quant au chef des centristes de l’UDI, Hervé Marseille, il a estimé dimanche auprès de l’AFP, que “les choix effectués par le Premier ministre redonnent à l’UDI sa liberté”.- Dissolution? -Presque simultanément à l’annonce de la démission de Sébastien Lecornu, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a appelé Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale et provoquer de nouvelles législatives anticipées. “Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes”, a-t-il déclaré en arrivant au siège du parti d’extrême droite pour évoquer la situation avec Marine Le Pen. Cette dernière a également estimé une dissolution “absolument incontournable” et une démission d’Emmanuel Macron, la “seule décision sage”.Le leader de la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a demandé l’examen “immédiat” d’une motion de destitution du président de la République et proposé aux autres partis de gauche “une rencontre cet après-midi”.”Recyclage”, “provocation”, “bras d’honneur”, “déni de démocratie”, choix “effarant et inexplicable” ou “insultant”… L’exaspération s’était fait sentir dans tous les partis d’opposition dimanche, avivant le spectre d’une censure rapide.Le PS d’Olivier Faure avait à nouveau promis lundi de faire tomber le gouvernement sauf à obtenir un nouveau débat parlementaire sur la réforme des retraites. Le patron des socialistes a ensuite salué la décision de Sébastien Lecornu un “gaulliste” qui vient de “démissionner avec dignité et honneur”.Le président de la République “n’a tiré aucune conclusion de la défaite qui était la sienne dans les urnes et moi, je ne connais qu’un maître, qu’un guide, c’est le suffrage universel”, a relevé de son côté le chef des députés PS Boris Vallaud.

Des manifestations et une cérémonie pour dire l’espoir de libération des otages

Des manifestations et une cérémonie: dimanche à Paris et à Strasbourg, plusieurs milliers de personnes ont dit leur espoir d’une libération prochaine des otages du Hamas après la présentation d’un plan de paix américain soumis aux deux belligérants.A Paris plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées vers 14H00 place de la République, scandant “Libérez les otages” et brandissant des photos de victimes, des drapeaux français et israéliens ainsi que des banderoles, ont constaté des journalistes de l’AFP.”Au départ, on avait prévu ce rassemblement pour commémorer les deux ans du 7-Octobre, rappeler qu’il reste des otages et honorer la mémoire des victimes”, a déclaré à l’AFP Jean-David Ichay, président de l’association “Tous 7 Octobre”, organisatrice de la manifestation dans le pays qui abrite la plus importante communauté juive en Europe.Après les avancées sur le plan Trump pour la paix, “on vient pousser pour que ce deal se fasse et qu’il y ait vraiment une pression maximum sur le Hamas”, a-t-il ajouté, en témoignant d'”un espoir comme on n’a pas eu depuis le 7 octobre” 2023.”Maintenant on a le sentiment que quelque chose va se passer”, a affirmé à des journalistes Ilay David, frère de l’otage Evyatar David qui était apparu très affaibli dans une vidéo publiée en août par le Hamas.”Nous sommes dans un moment important, j’espère qu’il va aboutir”, a déclaré Ruth Amiel, la tante de l’otage Elkana Bohbot. Mais “tant qu’on ne l’a pas pris dans nos bras, tant qu’on ne l’a pas enlacé, on est toujours dans l’attente et dans l’inquiétude”, a-t-elle ajouté.Le Hamas a affirmé dimanche sa volonté de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre à Gaza et de procéder à un échange “immédiat” d’otages et de prisonniers avec Israël, avant des négociations indirectes en Egypte entre les deux belligérants.- “gravité” -Dans la soirée, plus de 2.000 personnes se sont retrouvées salle Pleyel à Paris pour une cérémonie d’hommage aux victimes et de soutien aux otages, organisée par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), qui a alterné tables rondes, intermèdes musicaux, lectures et enregistrements commémoratifs, et qui s’est ouverte par une minute de silence. “Ce soir dans le recueillement, la gravité mais aussi depuis quelques jours l’espoir, nous commémorons les deux ans du 7 octobre qui appartient désormais à l’Histoire”, a affirmé dans un discours Yonathan Arfi, le président du Crif.Avant le début de la cérémonie, il a confié à des journalistes son espoir “que les pressions exercées notamment par le Qatar et la Turquie, qui semblent avoir fait évoluer leur position, vont permettre d’acculer suffisamment le Hamas pour qu’il libère les otages et rentre dans un autre processus”.Parmi les intervenants : la chanteuse Keren Ann, le philosophe Raphaël Enthoven, l’essayiste Caroline Fourest, l’animateur Arthur ou encore le dessinateur Joann Sfar… “Même si cet espoir reste fragile, nous choisissons d’y croire”, a affirmé Arthur, très applaudi.Dans une communauté où beaucoup ne cachent pas leur déception vis-à-vis d’Emmanuel Macron, l’évocation du chef de l’Etat a provoqué quelques sifflets.Dans le cadre de ces commémorations, une tente commémorative sera installée lundi et mardi place des Vosges par le Crif.A Strasbourg également, quelques centaines de personnes se sont rassemblées à l’appel d’organisations juives. Devant une banderole “Deux ans en enfer, libérez les otages !”, des témoignages de proches d’otages ou de personnes tuées le 7 octobre 2023 ont été lus. “On est là pour les otages, pour leur retour sains et saufs, pour la paix entre les peuples, et aussi pour nous, parce que les actes antisémites ont augmenté, c’est devenu dangereux d’être juif”, a dit Danny, jeune homme coiffé d’une kippa, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

L’amant de Delphine ouvre la troisième semaine du procès Jubillar

“Delphine, au bout d’un moment, a reçu des menaces de son mari. (…) Ce que je constate, c’est qu’aujourd’hui elle a disparu”, a déclaré lundi au procès de Cédric Jubillar, accusé d’avoir tué son épouse, l’amant avec lequel l’infirmière disparue en 2020 envisageait de refaire sa vie.Polaire noire sur le dos, agité de mouvements nerveux, Cédric Jubillar a assisté à la déposition de cet homme, expert automobile, avec lequel Delphine voulait s’engager après le divorce. “On ne savait pas où ça allait mener et finalement c’est devenu passionnel”, a-t-il expliqué à propos de cette relation qui, d’une aventure extraconjugale, était devenu “une nouvelle ligne droite qui s’ouvrait dans un virage” de leurs vies.Delphine Jubillar, née Aussaguel, ne lui avait “jamais parlé” de violences psychiques ou physiques de la part de Cédric, a-t-il déclaré.Son ex-compagne, un temps soupçonnée avant d’être écartée par les enquêteurs, avec laquelle il a partagé onze ans de vie commune et eu un enfant, avait témoigné jeudi à la barre, dressant un portrait peu élogieux de celui avec qui Delphine Jubillar envisageait de refaire sa vie.- Salle comble -La salle d’audience, comble comme depuis le début des débats, le 22 septembre, a d’abord entendu lundi un autre homme, que l’infirmière disparue avait rencontré antérieurement sur l’application de rencontres extraconjugales Gleeden.Delphine et lui, a expliqué ce responsable d’un bureau d’études domicilié dans le Gard, s’étaient vite “rendus compte que beaucoup de kilomètres nous séparaient et qu’une rencontre physique serait compliquée”.Pourtant, a-t-il raconté, “le courant passait bien, donc on a continué d’échanger”, notamment à propos des enfants de Delphine, Louis et Elyah, qui avaient 6 ans et 18 mois lors de sa disparition, ce qui a conduit ce témoin à spontanément exclure, lui aussi, l’hypothèse d’un départ volontaire de la jeune femme au vu de l’amour qu’elle portait à ses enfants.La conversation régulière et enthousiaste, qui de Gleeden était passée sur l’application de messagerie cryptée WhatsApp, s’était finalement arrêtée après quelques mois. “J’ai supposé qu’elle avait fait une rencontre avec une personne géographiquement plus près”, a-t-il expliqué. “Je suis passé à autre chose, jusqu’en décembre”, lorsqu’il découvre le portrait de Delphine dans la presse après sa disparition.L’accusé, les traits tirés, a suivi les deux hommes sans les lâcher du regard, dès leur entrée dans la salle d’audience du palais de justice d’Albi, un sourire en coin à l’apparition de l’amant de celle qui était sa femme avant sa disparition dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.- Mère et co-détenus -La cour d’assises du Tarn, présidée par Hélène Ratinaud, entend lundi après-midi des voisines du domicile des Jubillar à Cagnac-Les-Mines (Tarn) qui assurent avoir entendu les cris étouffés d’une femme au cours de la nuit de la disparition, ou encore la gendarme qui avait recueilli la déposition de Louis, le jeune fils du couple qui a raconté les avoir vus se disputer dans la soirée.Le reste de la semaine sera notamment consacré mardi à l’audition d’autres voisins ou d’experts, puis mercredi et jeudi à celles de la mère de Cédric Jubillar, de plusieurs de ses codétenus et ex-compagnes auprès de qui il aurait confié avoir tué Delphine, avant de plaider la provocation. Avant, surtout, l’interrogatoire très attendu de l’accusé lui-même, prévu vendredi.Cédric Jubillar a toujours nié avoir tué son épouse, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Le verdict est attendu le 17 octobre, après quatre semaines d’audience.

Bourse de Paris: le CAC 40 chute de plus de 2% après la démission du Premier ministre Lecornu

L’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a brutalement chuté de plus de 2% lundi vers 10H00 (08H00 GMT) à la suite de l’annonce de la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu.Le chef du gouvernement a remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée, a annoncé lundi l’Elysée dans un communiqué.Nommé le 9 septembre, M. Lecornu était sous le feu des critiques des opposants et de la droite après avoir dévoilé dimanche soir une partie de son gouvernement. Après avoir glissé de plus de 2% peu après l’annonce de cette démission, l’indice vedette CAC 40 cédait 1,91% à 08H30 GMT.La nouvelle a fait grimper le coût de l’emprunt français à dix ans, qui est monté momentanément à 3,61% avant de redescendre à 3,57% à 08H30 GMT, en hausse de sept points de base par rapport à la dernière clôture.”Si le seuil des 3,60% est franchi, la dette française pourrait être exposée à des attaques massives, amplifiant la nervosité des marchés”, s’est inquiété Antoine Andreani, qui dirige la recherche chez XTB France.L’indice CAC 40, en prudent repli avant la démission du Premier ministre, avait terminé en petite hausse vendredi, prenant 0,31%, soit 24,91 points pour s’établir à 8.081,54 points, à moins de cent points de son précédent record datant de mars. “La démission de Lecornu plonge la scène politique dans l’incertitude. Les investisseurs craignent un effet domino sur la politique économique et budgétaire”, a prévenu Antoine Andreani.Parmi les actions les plus affectées figuraient BNP Paribas (-6,00%) et Crédit Agricole (-5,56%).Seb s’écrouleLe groupe Seb s’effondrait de plus de 21% à 52,05 euros après que le groupe de petit électroménager, fabricant de Tefal, a abaissé sa prévision de résultat annuel en raison d’une faible demande.

Une comédienne devenue éleveuse, un pari fou sauvé par une foncière solidaire

“Sans ça, j’aurais arrêté”: victime de sécheresses à répétition, Chloé Pimont, une comédienne parisienne et végétarienne devenue éleveuse de brebis dans le Morvan, a été sauvée de la déroute par une foncière solidaire qui achète des terres pour des néo-agriculteurs.”Je ne savais même pas comment poussait une carotte”: véritable citadine, elle alignait des rôles dans les comédies musicales quand elle rencontre son compagnon, un arboriculteur qui lui fait découvrir le massif bourguignon du Morvan. Dans ce pays de bocages et forêts, elle croise la route d’une feutrière qui lui donne l’amour de la laine. “J’étais végétarienne et j’avais une peur monstrueuse des moutons mais j’ai eu un coup de cœur”, se souvient-elle auprès de l’AFP. En 2017, à 33 ans, elle troque les paillettes pour les bottes en caoutchouc et s’installe d’abord très modestement sur un petit lopin, avec une trentaine de brebis. Mais les sécheresses à répétition se font vite menaçantes: “J’étais sur des terrains avec très peu d’herbe. Je n’avais plus de quoi nourrir les bêtes.”L’éleveuse cherche donc de nouvelles terres et trouve une ferme de 47 hectares. “Mais je n’avais pas le profil idéal pour la banque: j’étais devenue une mère célibataire, avec trois enfants, sans mari pour ramener des sous et une néo-agricultrice pas du tout issue du milieu agricole…”L’ex-comédienne découvre finalement une entreprise foncière agricole “solidaire”, “Fermes en vie” (Fève), qui rachète des terres pour les mettre à disposition d’agriculteurs, à condition qu’ils adoptent une culture respectueuse de l’environnement, ce qui était déjà le cas pour Chloé.- Mitaines -Fève rachète la ferme et la loue à l’éleveuse à un tarif raisonnable: la foncière, qui a le statut d'”entreprise à mission de l’économie sociale et solidaire”, a en effet un objectif autre que financier.”Je paie 1.200 euros par mois pour la ferme, et 1.800 euros par trimestre pour le fermage des terres”, explique-t-elle en étiquetant les chaussettes, mitaines et autres bonnets tissés avec la laine de ses brebis.”Sans ça, j’aurais arrêté”, assure Chloé depuis ses nouveaux prés où quelque 200 brebis paissent enfin une herbe grasse entre deux bêlements.A l’aide de la viande d’agneau qu’elle produit également, l’ex-comédienne de 41 ans se verse 1.000 euros par mois. “Je m’en sors sans problème”, assure-t-elle.Fondée en septembre 2020 par des ingénieurs agronomes, Fève “a accompagné une quarantaine de fermes, soit une bonne soixantaine” de paysans, indique Louise Bolmont, chef de projets.”La moitié des agriculteurs vont prendre leur retraite d’ici les dix prochaines années”, rappelle-t-elle. Or la transmission familiale des terres est largement chose du passé: “Aujourd’hui, deux tiers des agriculteurs qui souhaitent s’installer ne sont pas issus du milieu”, ajoute-t-elle.Avec le prix d’une ferme qui approche un million d’euros en moyenne, 20.000 hectares de terres perdent chaque année leur usage agricole.Les foncières solidaires ont donc commencé à peupler la campagne, comme Fève mais aussi d’autres telles Terres de liens: première du genre, elle a acquis en 20 ans 300 fermes et installé plus de 700 paysans.- Epargne citoyenne -“C’est une solution formidable”, estime Chloé devant des investisseurs venus visiter son exploitation à Monthelon (Saône-et-Loire).Pour acheter les terres, les foncières solidaires comptent sur l’épargne “citoyenne”, voire humaniste, collectant des fonds majoritairement auprès de particuliers.”J’ai investi dans des circuits classiques. Mais c’est abstrait. Ici, c’est du concret”, explique Michel Guimet, 65 ans, en pataugeant dans la gadoue de la ferme de Chloé.”Je veux aider des initiatives positives pour la société. L’idée n’est pas de faire des sous. La Bourse offre du 7-8%. Fève, c’est juste l’inflation grosso modo”, calcule le retraité.”Aujourd’hui, on est proche d’un pour cent”, reconnaît Paul-Antoine Raulin, responsable investisseurs chez Fève.”La finance solidaire reste marginale, avec seulement 0,5% de l’épargne des Français”, confesse-t-il. “Mais de plus en plus se posent la question de l’impact de leur épargne”. L’an dernier, Fève a presque triplé sa collecte, à 19 millions d’euros contre sept millions en 2023.

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Au Tadjikistan, une eau abondante mais impropre

Pour étancher sa soif, Nematoullo Bassirov doit puiser l’eau d’un ruisseau dans sa cour, en espérant ne pas tomber malade après l’avoir bue. Malgré les abondantes réserves hydriques du Tadjikistan, l’accès à l’eau potable reste un privilège dans ce pays montagneux d’Asie centrale.”Il y a n’importe quelle saleté dedans”, dit à l’AFP M. Bassirov, en nettoyant le petit canal d’irrigation qu’utilise tout ce village du district de Balkh, aussi appelé Kolkhozobod, dans le sud du pays.La récolte du jour: sacs poubelles, emballages plastiques, canettes de boissons énergisantes… Il lui arrive de trouver des couches-culottes, mais l’eau contient aussi des déchets invisibles, comme les “déjections des oies” du voisin, ou pire.”Après l’irrigation des cultures, l’eau boueuse arrive ici, elle contient des pesticides”, explique ce maçon de 58 ans, pendant que sa belle-soeur rince des raisins dans le canal pour les servir à table.Seuls 41% des quelque dix millions de Tadjiks ont accès aux services d’approvisionnement en eau potable sûre et 15% aux réseaux d’assainissement, taux les plus bas d’Asie centrale, d’après les données officielles de 2023.Au niveau régional, environ 10 des 80 millions de Centrasiatiques n’ont pas accès à l’eau potable, note la Banque eurasiatique de développement (BED).Et ce alors que le Tadjikistan et le Kirghizstan, dans une situation comparable, détiennent environ deux tiers des ressources hydriques centrasiatiques.Avec environ 25.000 glaciers cumulés, ces deux pays extrêmement montagneux font office de châteaux d’eau dans une région qui en manque cruellement.- “Priorité absolue” -“Grâce aux rivières vivifiantes qui coulent des montagnes enneigées tadjikes, les déserts assoiffés se transforment en oasis. L’eau est source de vie !”, clame une citation du président Emomali Rakhmon à Balkh.Sur la scène internationale, le dirigeant au pouvoir depuis 1992 a fait de la diplomatie de l’eau un pilier de sa politique étrangère, avec de nombreuses résolutions adoptées par l’ONU à son initiative.Conscientes de ce problème crucial de santé publique dans un pays en pleine croissance démographique, les autorités ont lancé au printemps un plan d’action à horizon 2040. Elles le promettent: “fournir eau potable et services d’assainissement est une priorité absolue”.Pour l’heure à Balkh, les femmes font la vaisselle et la lessive dans le canal, des écolières y lavent la peinture verte de leurs pinceaux et des enfants s’y baignent.A quelques kilomètres de là, avoir un cours d’eau à proximité serait déjà un luxe pour Malika Ermatova, 30 ans, vivant sur une terre aride.Elle se fait livrer par camions-citernes, pratique qui a cours jusqu’aux faubourgs de la capitale Douchanbé, et conserve l’eau dans un réservoir de quatre tonnes sous sa cour.”Nous utilisons cette eau pour tout: nous la buvons, faisons la lessive, nettoyons la cour, arrosons le jardin”, explique Mme Ermatova, entourée de ses trois enfants.”Mais l’eau se dégrade vite. Nous la changeons toutes les trois–quatre semaines”, dit-elle, alors que la région de Khatlon, bordant l’Afghanistan, est la plus chaude du pays.- Hors service -Une étude publiée en 2024 par des chercheurs dans la revue de référence Nature note en moyenne “1.620 décès annuels liés à l’eau insalubre entre 1990 et 2020” au Tadjikistan.M. Bassirov, qui fait décanter l’eau dans un seau pour retirer la couche supérieure d’impuretés puis la fait bouillir, raconte les maladies régulières dans sa famille et “son estomac qui ne supporte plus cette eau”.”Les prévisions indiquent une tendance à la hausse des décès liés à l’eau”, selon ces chercheurs saoudiens et pakistanais, relevant “l’urgence d’améliorer les infrastructures”.Le chantier reste colossal: 7% des infrastructures hydrauliques sont partiellement fonctionnelles et 25% sont hors service, d’après la BED.Datant de l’ère soviétique et endommagées par la guerre civile des années 1990, elles souffrent aussi des catastrophes naturelles, récurrentes au Tadjikistan.Pour Abdourakhim Abdoulloev, ingénieur hydraulique à Balkh, ces problèmes sont réguliers.”Cette station d’approvisionnement en eau potable dessert 2.800 foyers. Mais l’équipement nécessite des réparations pour que l’approvisionnement en eau de la population reprenne”, explique M. Abdoulloev.Les autorités ont récemment augmenté les tarifs de l’eau, extrêmement bas, héritage soviétique rendant le secteur non rentable.Mais selon la BED, le déficit de financement reste important au vu de l’économie tadjike, la plus modeste de toute l’ex-URSS, et atteindra 1,2 milliard de dollars d’ici 2030.

Les “bad trips” au CBD trafiqué inquiètent les autorités

Quatre bouffées ont suffi à le faire “décoller”. Nicolas Durand (prénom modifié) pensait se “détendre” en fumant du CBD, une molécule extraite du cannabis réputée pour ses vertus relaxantes, mais a vécu l’extrême opposé.Accélération du rythme cardiaque, oppression au niveau de la cage thoracique, suivies d’une crise d’hilarité incontrôlable: “Je suis défoncé et au bord de la crise d’angoisse”, confie-t-il à l’AFP. “J’ai eu peur.”Les “bad trips” liés au CBD, vendu légalement en France dans un réseau d’environ 2.000 boutiques, bureaux de tabac et sites Internet, se multiplient, selon les autorités sanitaires, qui recensent plusieurs centaines de cas d’intoxication depuis début 2024.En juin, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’Anses (sécurité sanitaire) ont alerté: certains produits “contiennent d’autres substances, rarement identifiées sur l’emballage, dont la consommation provoque une hausse significative des intoxications”.- Molécules “alternatives” -Les effets indésirables, parfois dangereux, sont liés à la présence de cannabinoïdes de synthèse, des molécules dites “alternatives”, qui peuvent être aspergées sur des fleurs de CBD ou intégrées à des produits transformés tels que des gummies, des huiles ou du e-liquide.Créés en laboratoire, les cannabinoïdes de synthèse imitent les effets psychoactifs du THC, légal dans plusieurs pays mais interdit en France, où sa teneur dans les produits ne doit pas dépasser 0,3%.”Quand un urgentiste m’a appelé pour me parler d’un cas d’intoxication au CBD, je lui ai dit que c’était impossible”, se remémore Joëlle Micallef, présidente du réseau français d’addictovigilance à Marseille.La pharmacologue a reçu près d’une centaine de signalements depuis mars 2024. “Une dynamique croissante, sachant qu’environ 1% des cas seulement nous sont rapportés”, souligne-t-elle.”Ces substances sont fabriquées au sein de l’Union européenne, en Espagne, aux Pays-Bas, etc., à partir de précurseurs chimiques importés de Chine ou d’Inde”, détaille Corinne Cléostrate, directrice des services douaniers.Un jeu du chat et de la souris avec les trafiquants, qui cherchent à “s’immiscer dans les réseaux de distribution avec une apparence légale”, ajoute-t-elle.En juin 2023, à la suite de dizaines de cas d’intoxication, l’ANSM classe un dérivé synthétique du THC, le HHC, comme stupéfiant. Aussitôt, un substitut, le 10-OH, fait son apparition.Peu chers et plus faciles à produire que la cocaïne, les cannabinoïdes de synthèse sont conçus par des chimistes “pour contourner la classification des stupéfiants”, précise encore Mme Cléostrate, et sont parfois indétectables.- Flou juridique -L’EDMB-4en-PINACA a été analysé pour la première fois en mai sur une fleur de CBD au laboratoire des douanes près de Paris.Cette molécule aux effets psychoactifs puissants est présentée comme le cannabinoïde de synthèse “le plus utilisé par les organisations criminelles”, selon la direction des douanes.Face à sa toxicité, l’Union des professionnels du CBD (UpCBD) émet une alerte à ses adhérents.”On a envoyé plus de 1.000 tests à quasiment toutes les boutiques en France”, explique à l’AFP Paul MacLean, président de l’UpCBD, qui promeut le “bien-être et la détente”. Selon lui, les cannabinoïdes de synthèse nuisent au business.Le flou juridique autour de la réglementation des produits au CBD entretient la confusion, selon les professionnels du secteur interrogés par l’AFP.Par exemple, faute d’évaluation européenne, les aliments contenant du CBD sont vendus en France, alors même qu’ils sont interdits car ils n’ont pas obtenu d’autorisation préalable.”Beaucoup de professionnels sont un peu perdus et ne savent pas eux-mêmes ce qui est légal ou illégal”, affirme Paul MacLean.Il plaide pour sortir d’un entre-deux en interdisant “tout procédé conférant des effets psychotropes à la fleur de cannabis” ou “en encadrant la légalisation du cannabis”.”Si demain on légalise le THC, toutes ces molécules de synthèse disparaîtront”, veut croire M. MacLean.Actuellement, les grossistes ne manquent pas et les vendeurs de CBD s’approvisionnent la plupart du temps à l’étranger, où la réglementation diffère.Dans un magasin parisien, des brownies au “Delta 7” sont fabriqués aux Etats-Unis où le cannabis est légal dans plusieurs États. D’autres produits sont marketés “HE” pour “High Effect”.Nicolas Durand n’a jamais su ce qu’il avait fumé. La composition de la “Fleur CBD Super Lemon Exotic” n’était pas précisée au dos du paquet.En 2022, 10% des Français adultes ont déclaré avoir consommé du CBD, selon Santé publique France.