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Madagascar’s new military leader insists takeover ‘not a coup’

Madagascar’s Colonel Michael Randrianirina insisted on the eve of his swearing in as new leader on Friday that a military power grab that sent President Andry Rajoelina fleeing the island was “not a coup”.Randrianirina has faced international criticism after his CAPSAT military unit declared on Tuesday it had taken power — an announcement made moments …

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Lecornu échappe de peu à la censure et va pouvoir s’atteler au budget

Sébastien Lecornu a échappé à quelques voix près jeudi à la censure, le Parti socialiste laissant sa chance au Premier ministre en échange de sa promesse de suspendre la réforme des retraites. Les débats budgétaires vont désormais pouvoir commencer à l’Assemblée dès la semaine prochaine.Au total, 271 députés ont voté pour, insuffisant pour atteindre les 289 voix nécessaires au renversement du gouvernement. LFI, le groupe des communistes et ultra-marins, les écologistes et l’extrême droite ont approuvé à quelques exceptions près le texte de La France insoumise, Les Républicains et surtout le PS faisant le choix inverse.Une deuxième motion déposée par le Rassemblement national n’a elle réuni que 144 voix.De manière au moins provisoire, le président de la République réussit son pari, après avoir renommé contre vents et marée Sébastien Lecornu, qui avait dû démissionner le 6 octobre, privé du soutien du patron de LR Bruno Retailleau.Le camp présidentiel a néanmoins du mal à avaler le gel de sa réforme phare sur les retraites.Emmanuel Macron a réuni jeudi soir à l’Elysée pour en parler les auteurs du texte, l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne et l’ex-ministre du Travail Olivier Dussopt, qu’il a remerciés, selon un participant. Etaient également autour de la table une quinzaine de députés Renaissance. Ni le Premier ministre ni le patron du parti Renaissance Gabriel Attal n’étaient présents.”Le Premier ministre a la liberté et la responsabilité de ses compromis. C’est douloureux pour nous tous”, a affirmé le chef de l’Etat, selon la même source. “Je sais ce que vous coûte cette suspension” et “ce que vous a coûté aussi de défendre cette réforme, les menaces parfois, la violence. Ce combat était juste et le reste. Mais il fallait ce compromis pour permettre la stabilité”.- “Tromperie” -Sébastien Lecornu, qui a quitté à pied l’Assemblée après le vote, suivi par plusieurs caméras, a sobrement pris acte du vote de non-censure. Il s’est dit “au travail”, satisfait que “les débats puissent démarrer” mais admettant que la situation restait “difficile”. A la tribune, le député socialiste Laurent Baumel a défendu la position de son groupe, avertissant qu’il ne s’agissait “en aucun cas d’un pacte de non-censure” pour l’avenir.”La pérennité même de votre gouvernement” est suspendue à l’effectivité de la suspension promise, a-t-il prévenu, alors que des doutes émergent sur la possibilité de son vote au terme du débat budgétaire. Chacune leur tour, Aurélie Trouvé (LFI) puis la cheffe des députés RN, Marine Le Pen, ont tenté de convaincre les hésitants, notamment chez LR et au PS, de voter leur motion respective.La suspension de la réforme des retraites, “n’est qu’un leurre, une tromperie, un subterfuge”, a dénoncé la députée Insoumise.Marine Le Pen a, elle, tancé la droite qui refusait de “se dissoudre dans le macronisme” et a préféré “se dissoudre dans le socialisme”. Fustigeant un budget de “matraquage fiscal”, elle a attaqué les “partis unis par la terreur” d’une élection anticipée et dit attendre la dissolution “avec une impatience croissante”.- “Ordre et désordre” -En réponse, Sébastien Lecornu a appelé à “un moment de vérité entre ordre républicain et désordre”, demandant aux censeurs de ne pas “prendre en otage” le budget.Pour donner des gages aux députés, le Premier ministre a renoncé à utiliser l’arme du 49.3 dans les débats, qui permet au gouvernement d’imposer son texte.De leurs côtés, Insoumis, écologistes et communistes ont fustigé des mesures d’économies “inacceptables”.Chez les socialistes, sept voix ont fait défaut, principalement parmi les députés ultra-marins, dont certains avaient reproché mercredi au gouvernement “son désamour à l’égard des territoires d’outre-mer”.Les LR ont eux décidé très majoritairement de ne pas censurer “au nom de l’intérêt national de doter la France d’un budget” malgré des “désaccords importants”, selon leur orateur Jean-Didier Berger. Ils se sont conformés à la ligne édictée par leur chef Laurent Wauquiez.Une députée LR a cependant voté pour les motions LFI et RN, et deux de ses collègues pour la motion RN seule.Les débats autour du budget présenté mardi en Conseil des ministres, qui prévoit un effort d’une trentaine de milliards d’euros, vont enfin commencer à l’Assemblée la semaine prochaine.La commission des Finances s’emparera lundi du projet de loi de finances pour une arrivée prévue dans l’hémicycle vendredi. La bataille entre une gauche traversée de tensions, un socle commun fracturé et l’extrême droite s’annonce dantesque, dans des délais très contraints.la-sl-fff-are/sde/dch   

Assassinat d’un chrétien irakien à Lyon: cinq personnes en garde à vue

Deux semaines après l’arrestation d’un suspect en Italie, l’enquête sur le meurtre d’un chrétien d’Irak en septembre à Lyon, désormais dirigée par des juges antiterroristes, a encore progressé jeudi avec cinq nouvelles interpellations.Ces cinq personnes, arrêtées à Lyon, ont toutes été en contact avec l’homme interpellé en Italie, un ressortissant algérien de 28 ans, ont précisé à l’AFP des sources proches du dossier.Elles ont été placées en garde à vue sous la direction de juges antiterroristes parisiens, le parquet national antiterroriste (PNAT) ayant repris le dossier initialement supervisé par le parquet de Lyon.Le 10 septembre, Ashur Sarnaya, un chrétien d’Irak de 45 ans, très présent sur les réseaux sociaux où il postait régulièrement des vidéos évoquant sa foi, a été attaqué au pied de son immeuble, dans un quartier résidentiel de Lyon.En situation de handicap, il se trouvait dans son fauteuil roulant, en train de faire un live sur le réseau Tik Tok, quand il a été frappé au cou avec une arme blanche. Son assaillant s’était enfui à pied, tandis qu’il succombait à ses blessures.Selon une source policière française, des “investigations techniques très poussées” ont rapidement permis aux enquêteurs d’identifier un suspect, dont ils ont retrouvé la trace en Italie.Arrivé en bus à Milan dès le 12 septembre, l’homme avait fait étape à Rome avant de se diriger vers le sud du pays. Le 2 octobre, il a été arrêté à Andria, chez des compatriotes, dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen. Un grand couteau a été saisi lors de son interpellation, selon la police italienne.La France a demandé son transfert, mais ce ressortissant algérien se trouvait encore en Italie jeudi, selon deux sources proches du dossier.- “association de malfaiteurs terroristes” -L’enquête, ouverte initialement pour homicide volontaire, avait été rapidement requalifiée en enquête pour assassinat par le parquet de Lyon, mais les enquêteurs restaient prudents sur le mobile du crime.Le 9 octobre, elle a été étendue aux infractions d'”assassinat en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”. Le parquet national antiterroriste, qui était en observation depuis un moment, a repris le dossier sans préciser les éléments ayant conduit à sa saisine.Ashur Sarnaya, membre de la communauté chrétienne assyro-chaldéenne, vivait avec sa sœur depuis au moins dix ans à Lyon. Selon ses voisins, il était très discret.Sur ses comptes en ligne, consultés par l’AFP, cet homme était au contraire particulièrement prolixe: il s’exprimait en arabe et postait fréquemment des vidéos consacrées à la religion chrétienne.Sur l’une d’elles, visible sur TikTok, il affirmait que ses contenus étaient régulièrement bloqués et ses comptes suspendus en raison, selon lui, de signalements faits par des utilisateurs musulmans.Au lendemain de son décès, l’Œuvre d’Orient, association catholique qui vient en aide aux chrétiens d’Orient, avait condamné “avec la plus grande fermeté” son assassinat. “Il est indispensable que les chrétiens du Moyen-Orient puissent témoigner de leur foi en toute sécurité et vivre dignement”, avait-elle ajouté dans un communiqué.

Au procès Péchier, dix ans d’empoisonnements et la colère des familles

En dix ans, la clinique Saint-Vincent de Besançon a enregistré 27 des 30 empoisonnements présumés de patients dont est accusé l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier. Une série noire stoppée tardivement, qui nourri la colère des familles de victimes.”J’en veux beaucoup à la clinique et l’ARS (Agence régionale de santé), aux enquêteurs. Ils ont laissé faire ces empoisonnements”, a estimé jeudi devant la cour d’assises du Doubs Céline Comtois, dont la mère Monique Varguet est décédée en 2010, après un arrêt cardiaque inexpliqué.Cette femme “solaire” et “battante” opérée pour une ablation du colon, est chronologiquement la 8e victime reprochée au docteur Péchier, jugé depuis six semaines pour l’empoisonnement de 30 patients âgés de quatre à 89 ans, dont 12 sont morts, dans deux cliniques de Besançon entre 2008 et 2017.”J’ai beaucoup de colère en moi. S’ils avaient enquêté plus rapidement, on aurait pu arrêter avant” l’empoisonneur, regrette la femme de 42 ans.Une enquête de police avait bien été ouverte dès le premier arrêt cardiaque suspect en 2008, qui avait conduit au décès de Damien Iehlen, mais les investigations s’étaient enlisées.Devant la cour, l’une de ses filles, Mélusine Iehlen, a elle aussi critiqué l’établissement, l’ARS et la justice: “L’impensable aurait dû poser question beaucoup plus tôt.”Le procureur a demandé aux enquêteurs en 2009 de joindre le dossier de M. Iehlen à leurs investigations lorsqu’une autre enquête a été ouverte sur trois autres arrêts cardiaques suspects, survenus cette fois-ci à la polyclinique de Franche-Comté.- “Pas de statistiques” -Ils avaient relevé le nom de Frédéric Péchier, seul médecin a avoir exercé dans les deux établissements au moment de ces évènements, sans toutefois l’incriminer. Le parquet avait classé l’enquête pour “auteur inconnu”.Il faudra attendre janvier 2017 pour que l’affaire Péchier soit lancée, grâce à la détermination de l’anesthésiste Anne-Sophie Balon, qui a permis de réaliser qu’un empoisonneur sévissait à la clinique Saint-Vincent.Le chef du service de réanimation du CHU de Besançon s’était alors alerté de ces “trop nombreux” patients en provenance de la clinique Saint-Vincent présentant des arrêts cardiaques inexpliqués.Les chirurgiens, anesthésistes et infirmières qui se sont succédé à la barre depuis l’ouverture du procès le 8 septembre ont témoigné qu’il leur était “inconcevable” d’imaginer un “empoisonneur” parmi eux.A l’époque des premiers faits, “il n’y avait pas de statistiques” disponibles pour comparer le nombre d’EIG (évènements indésirables graves) d’un établissement à l’autre a en outre expliqué l’ancienne directrice de la clinique Saint-Vincent, Valérie Fakhoury.”Le docteur Péchier lui-même nous avait dit qu’il n’y avait pas d’anomalie”, a-t-elle relevé, “je ne vois pas comment moi, de ma fenêtre, j’aurais pu avoir une autre vision”.L’accusé est suspecté d’avoir usé de plusieurs modes opératoires (pollution de poches en amont des opérations, injection de doses toxiques de produits pendant les interventions…), utilisant différentes substances (potassium, anesthésiques locaux, adrénaline, héparine).- “Redoutable” -“Comment pensez-vous que pendant 10 ans, nous n’avons jamais, jamais, soupçonné qu’il y avait un empoisonneur parmi nous ?”, a interrogé jeudi devant la cour Martial Jeangirard, anesthésiste de plusieurs victimes. “Un coup c’est arrivé à l’un, un coup à l’autre… Une fois c’est de l’héparine, une fois de la mépivacaïne, un fois du potassium…. C’est pour ça qu’on n’a pas réagi plus tôt”, a-t-il répondu.”On a un empoisonneur qui s’adapte aux protocoles utilisés. C’est redoutable”, selon l’avocate générale Christine de Curraize.Une infirmière de la clinique, Catherine Party, a précisé que “chacun allait dans son bloc, on ne partageait pas ce qui ce passait”.Céline Comtois est aujourd’hui certaine de la culpabilité de l’accusé de 53 ans, qui a toujours clamé son innocence.”C’est une personne sans empathie, sans sentiment pour les victimes. Quand on fait quelque chose comme ça, on est inhumain”, juge la jeune femme. Elle aurait “aimé avoir des réponses” mais selon elle “l’accusé est dans le déni donc on n’en aura pas”.”J’espère juste que les jurés prendront la bonne décision.”Frédéric Péchier comparait libre, mais risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu le 19 décembre.

Procès Jubillar: pour éviter un “désastre” ou une “erreur judiciaire”, la défense plaide l’acquittement

Le procès de Cédric Jubillar pour le meurtre de sa femme Delphine est un “tapis rouge” déroulé à une “erreur judiciaire”, a plaidé jeudi après-midi Me Alexandre Martin, à la suite de son associée de la défense qui, face aux assises du Tarn, a fustigé la “chronique d’un désastre”.La cour n’a désormais plus qu’à entendre l’accusé, vendredi matin, à qui sera donné, comme le prévoit le code de procédure pénale, la possibilité de s’exprimer une dernière fois, avant de partir délibérer pour rendre un verdict attendu dans la journée. “Ce procès est vicié, c’est dérouler un tapis rouge à l’erreur judiciaire d’accepter même qu’il se tienne”, a affirmé l’avocat de M. Jubillar, avant de conclure à l’adresse des jurés: “Votre devoir vous dicte de l’acquitter”.Me Martin a estimé que cette affaire était devenue un “cimetière de certitudes”, avec des “indices” qui ne sont pas ceux “d’un crime” ou “d’une scène de crime”, mais ceux “d’un coupable annoncé sans crime, ni scène de crime”.D’une voix forte au ton solennel, Me Martin a décrit son client, contre lequel une peine de 30 ans de réclusion a été requise mercredi, comme un “homme seul, détruit”, victime “d’une conviction des gendarmes figée depuis le début”, soumis à une “meute accusatrice” et à un “acharnement médiatique”.Alors que sa consoeur Emmanuelle Franck avait dans la matinée décortiqué l’enquête, Me Martin s’est attaché à défendre l’accusé en évoquant sa “vie sans aucune caricature, sans aucun travestissement”.Un homme qui “gueule pour exister”, “qui veut qu’on l’aime”, a décrit l’avocat. “Il est chiant oui, il sait tout sur tout, lui, le gamin agité, il veut qu’on le regarde”, a énuméré Me Martin qui, au passage, a dénoncé le comportement de la mère de l’accusé.- “Plus de mère” -“Cédric, tu n’as plus de mère”, a ainsi lancé le conseil toulousain, ajoutant: “Je n’avais jamais vu une mère abandonner son fils” pour attaquer avec force le témoignage de Nadine Jubillar, partie civile dans cette procédure et qui n’a pas caché à la barre qu’elle pensait son fils capable d’avoir tué son épouse.Dans une plaidoirie d’environ trois heures, Me Martin a retracé le parcours personnel de son client et l’évolution du couple qu’il formait avec Delphine jusqu’aux semaines ayant précédé la nuit de la disparition de l’infirmière, entre le 15 et le 16 décembre 2020, réfutant le scénario d’un crime commis par un homme “dévoré par la passion”.Cédric Jubillar acceptait la perspective d’un divorce, même si c’était difficile, a soutenu son avocat, ironisant sur la volonté de l’accusation de transformer son client en Othello ou en Don José, en référence au mari jaloux de la tragédie de Shakespeare et au meurtrier de Carmen.”Ce soir-là, il faudrait imaginer que Cédric Jubillar va exploser et commettre un crime passionnel qui ne lui correspond nullement”, un scénario impossible selon Me Martin, tout comme pour Me Franck qui avait le matin fait remarquer que le “pétage de plomb” imaginé par l’accusation “est ce qu’on appelle un crime pulsionnel, un crime passionnel, celui qui laisse le plus de traces, parce qu’on ne contrôle rien, on éclabousse tout”.- “Cauchemar” -Or, il n’y a aucune trace, a insisté l’avocate qui a conclu sa plaidoirie de trois heures également, la voix un moment voilée par l’émotion pour demander aux jurés de mettre “fin à ce cauchemar”.A la barre, elle a longuement dénoncé le travail des enquêteurs, assénant: “Rien de pire que des gendarmes qui ont des certitudes de bonne foi mais qui, pour combler les vides, font des choses de mauvaise foi”.L’avocate a repris tous les éléments du dossier: l’attitude de Cédric Jubillar, le cri d’effroi entendu par les voisines, la téléphonie… jetant le discrédit sur chacun d’entre eux, tentant d’introduire le doute dans l’esprit des jurés en ponctuant ses affirmations d’un “ça colle pas”.”On fabule, on raconte une histoire, on essaie de faire rentrer des ronds dans des carrés”, a-t-elle accusé. “C’est bien beau de parler d’indices mais encore faut-il qu’ils s’imbriquent entre eux.””Vous êtes les derniers remparts de ce cirque judiciaire”, a-t-elle dit aux jurés. Vendredi, les trois magistrats et les six jurés devront rendre leur verdict selon leur intime conviction. Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable pour qu’il soit condamné. Si trois votent non coupable, il sera acquitté.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

“Un venin mortel”: en Tunisie, une ville asphyxiée par un complexe chimique “délabré”

Ikram Aioua est emplie d’une colère froide. Depuis début septembre, son fils a été hospitalisé trois fois après avoir inhalé des gaz toxiques imputés à un complexe chimique vieillissant à Gabès, dans le sud de la Tunisie. Comme les proches de dizaines d’autres personnes intoxiquées, elle exige la fermeture de l’usine.Le complexe “est un venin mortel”, s’emporte cette femme au foyer de 40 ans. “Il faut s’en débarrasser!”.Les vidéos d’élèves secourus après des malaises ont poussé mercredi des milliers d’habitants de Gabès dans la rue, une mobilisation inédite depuis plusieurs années selon des militants. La police a fait usage de grandes quantités de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires.Ahmed Sarray, 12 ans, le fils d’Ikram, raconte à l’AFP avoir “senti des brûlures à la gorge” alors qu’il était en classe. Son collège de Chott Essalem est proche de l’usine de fertilisants du Groupe Chimique Tunisien (GCT), un énorme complexe qui crache jour et nuit une fumée grise et âcre.”Ma tête était lourde, j’ai perdu connaissance”, poursuit-il. Sa camarade Emna Mrabet indique avoir senti sa poitrine s’enflammer puis elle a vomi. Sa mère dit ne plus vouloir l’envoyer à l’école “jusqu’à ce que les autorités trouvent des solutions”.En un mois, près de 200 habitants des quartiers proches du complexe ont reçu des soins pour des “intoxications” dont 122 mardi, selon les autorités locales.- “Démantèlement” -Pour Ahmed Guefrech, un élu local du Conseil des régions, cela ne fait aucun doute: “ces malaises sont provoqués par des fuites de gaz provenant des unités du GCT”.Et si les fuites “ne sont pas nouvelles”, il note “leur intensification – quatre fois en septembre, deux fois depuis début octobre”.Le complexe utilise de l’acide sulfurique et de l’ammoniac pour fabriquer des engrais à base de phosphates.Le GCT n’a pas répondu à l’AFP au sujet de l’état du complexe inauguré en 1972 et dénoncé pour pollution depuis plus d’une décennie.Selon M. Guefrech, qui est aussi militant pour l’environnement, les émanations toxiques sont dues “au vieillissement des unités polluantes” ainsi qu’à des “équipements délabrés” et à un manque d’entretien.Elles s’expliquent aussi par une “augmentation de la production à un rythme qui ne correspond pas à l’état” du site, selon M. Guefrech.Pour lui, il n’y a qu’une solution: “le démantèlement”.Khayreddine Debaya, qui milite avec son collectif Stop Pollution contre les dégâts causés par l’usine à l’environnement et à la santé des riverains, est du même avis. Selon Stop Pollution et diverses études, les résidus déversés en pleine nature par le GCT polluent les plages et les sols, ont causé un effondrement de la pêche et sont la cause d’une incidence anormale de maladies respiratoires et cancers.En 2017, les autorités avaient promis de démanteler le complexe qui emploie 4.000 personnes dans une zone frappée par le chômage, pour le remplacer par un établissement conforme aux normes internationales.- “Rien ne sera fait” -Le dossier devrait prendre une tournure judiciaire puisqu’un groupe d’avocats de Gabès, représentant des élèves intoxiqués récemment, entend poursuivre le GCT.Une première plainte “sera déposée (prochainement) au tribunal de première instance de Gabès pour arrêter les activités des unités polluantes et une deuxième pour démanteler le groupe”, affirme à l’AFP Mehdi Telmoudi, qui préside leur comité de défense.Mais les autorités sont en porte-à-faux sur ce dossier car l’exploitation des mines de phosphates – principale richesse naturelle du pays – est “un pilier fondamental” de l’économie pour le président Kais Saied. Les autorités veulent quintupler la production d’engrais d’ici 2030 (d’environ 3 millions de tonnes par an à 14 millions) pour profiter de la hausse des prix mondiaux.Samedi dernier, dénonçant un manque d’entretien, le président Saied a dépêché en urgence une équipe des ministères de l’Industrie et de l’Environnement, en dépit de doutes d’experts sur la possibilité d’assainir le site.”Rien ne sera fait et le complexe qui nous tue restera”, se désespère Radhia Sarray, 58 ans, une proche d’Ahmed. Atteinte d’un cancer, elle a récemment été hospitalisée pour intoxication.

Assassinat d’un chrétien irakien à Lyon: cinq personnes en garde à vue

Cinq personnes ont été placées en garde à vue jeudi dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat d’un chrétien irakien en fauteuil roulant en septembre à Lyon, a appris l’AFP de sources proches du dossier.Ces cinq personnes, interpellées jeudi à Lyon, ont toutes eu des contacts avec un Algérien de 28 ans arrêté en Italie dans le cadre de cette enquête, a précisé une de ces sources.L’enquête ayant été reprise par les juges antiterroristes parisiens, les gardes à vue sont prises en charge par la Sous-direction antiterroriste (Sdat).La victime, Ashur Sarnaya, un chrétien d’Irak de 45 ans, a été frappée au cou à l’arme blanche le soir du 10 septembre au pied de son immeuble à Lyon par un homme qui l’attendait et qui a ensuite pris la fuite à pied.Au moment de l’attaque, Ashur Sarnaya, en situation de handicap, était en train de faire un live vidéo consacré à la religion chrétienne, comme il en avait l’habitude. Les pompiers n’ont pas pu le ranimer.Le 2 octobre, un Algérien, entré en Italie le 12 septembre, a été arrêté dans le sud de la péninsule en vertu d’un mandat d’arrêt européen, émis dans le cadre de cette enquête. Un immense couteau a été saisi lors de son interpellation, selon la police italienne.Selon une source policière, des “investigations techniques très poussées” ont situé ce suspect près de la scène de crime au moment des faits. La victime vivait avec sa sœur depuis au moins dix ans à Lyon. Sur ses comptes en ligne, consultés par l’AFP, cet homme s’exprimait en arabe et postait des vidéos souvent consacrées à la religion chrétienne.Sur l’une d’elles, visible sur TikTok, il affirmait que ses contenus étaient régulièrement bloqués et ses comptes suspendus en raison, selon lui, de signalements faits par des utilisateurs musulmans.L’enquête, ouverte initialement pour assassinat, a été étendue le 9 octobre, “au regard des dernières avancées de l’enquête”, aux infractions d'”assassinat en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”, selon un communiqué du procureur de Lyon Thierry Dran et du procureur antiterroriste Olivier Christen.

Le président de l’Arcom défend son budget face aux “attentes” de la société

Face aux restrictions budgétaires, le président de l’Arcom Martin Ajdari a défendu jeudi le rôle du régulateur de l’audiovisuel et du numérique, et les moyens qui lui sont alloués, au regard des “attentes de plus en plus importantes” de la société.”Les contraintes des finances publiques s’imposent à tous. On a déjà eu, en 2025, une petite diminution de notre budget” et le projet 2026 prévoit “une légère progression qui nous permettra de rattraper une petite partie”, a-t-il déclaré devant l’Association des journalistes médias.Le budget de l’Arcom s’élève à quelque 50 millions d’euros, avec un plafond de 378 équivalents temps plein pour 2026. Face aux critiques envers le coût des nombreuses autorités administratives indépendantes, M. Ajdari a rappelé l'”utilité” de l’Arcom, pour réguler les sites pornographiques, vérifier le respect du pluralisme dans l’audiovisuel et encore mettre en œuvre des sanctions contre les médias russes.Et “on nous ajoute des compétences”, par exemple contre le piratage, et la société a des “attentes de plus en plus importantes en matière de régulation du numérique”, a souligné le dirigeant de l’Arcom.Concernant l’audiovisuel, l’autorité a été accusée de “censure” par des médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, notamment sur CNews, après le non-renouvellement de la chaîne C8. En réponse, M. Ajdari fait valoir “l’indépendance et l’impartialité” des membres de son collège.”Si on veut demain supprimer l’Arcom (…) que fait-on des missions qu'(elle) remplit ?”, a-t-il aussi questionné, demandant notamment si l’attribution de fréquences télé ou radio avait vocation à se retrouver “entre les mains d’un gouvernement”.En outre, l’Arcom est intervenue récemment dans le conflit opposant ces mêmes médias privés dans la sphère Bolloré et l’audiovisuel public.Le conflit entre ces deux blocs médiatiques a explosé en septembre dans le sillage de l’affaire Legrand-Cohen, deux journalistes du service public accusés de connivence avec le PS.L’Arcom est en train d'”approfondir ses travaux sur l’impartialité du service public” et rendra ses conclusions d’ici quelques mois.”On voudrait que des juristes, des universitaires se penchent dessus”, a dit M. Ajdari. Ces travaux “ne signifient pas qu’il y a un problème, une défaillance” actuellement, a-t-il précisé.Quel est son avis sur CNews, que la présidente de France Télévisions a qualifiée de “chaîne d’extrême droite” ? M. Ajdari s’est refusé à toute qualification mais a relevé que “rien n’interdit à un média d’avoir une ligne éditoriale, donc quelque part une forme d’orientation”, tant que les règles du pluralisme sont respectées.

Iran: les deux détenus français “épuisés”, leur “survie” en jeu, alertent leurs familles

Les familles de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis plus de trois ans, ont alerté jeudi sur la situation de leurs proches, dont “la survie” est désormais en jeu selon elles, et exhorté l’Etat français à les faire libérer immédiatement.”Chaque jour de détention qui passe engage la responsabilité de l’Etat français sur la survie de Cécile et Jacques”, a estimé Noémie Kohler, soeur de Cécile, lors d’une conférence de presse.La jeune femme a confié avoir échangé brièvement mardi avec eux, “pendant huit minutes en visio” sous haute surveillance. “C’était un appel de détresse”, a-t-elle confié. “Ils m’ont dit qu’ils étaient épuisés”.Ils sont “à bout de forces”, a-t-elle poursuivi, ajoutant que sa soeur lui a clairement dit qu’elle ne pourrait endurer encore “trois mois ou même quelques semaines de détention”.De son côté, Anne-Laure Paris, fille de Jacques Paris, a souhaité se faire “la porte-parole de son épuisement, de son désespoir, de sa détresse et de sa colère”. “Mon père m’a dit: +Je regarde la mort en face+”, a-t-elle dit.L’avocate de la famille Kohler, Me Chirinne Ardakani, a souligné que leur détention était l’une des plus longues infligées à des Français dans le monde, après celle d’Ingrid Betancourt en Colombie entre 2002 et 2008.Les proches des deux détenus ont par ailleurs estimé qu’il y avait “une rupture de confiance avec les autorités françaises qui ont retiré leur plainte auprès de la Cour internationale de justice”.La CIJ a annoncé le 25 septembre avoir abandonné, à la demande de la France, une requête contre l’Iran au sujet de la détention de Cécile Kohler et Jacques Paris qui sont, selon Paris, “retenus comme otages d’Etat”.”Nous ne savons toujours pas où ils sont détenus depuis leur transfert forcé en juin” pendant la guerre des 12 jours avec Israël, s’est également indignée Noémie Kohler.Les proches ont aussi confirmé l’annonce de la condamnation à 17 ans de prison pour Jacques Paris et à 20 ans pour Cécile Kohler.L’agence du pouvoir judiciaire iranien avait annoncé le verdict mardi mais n’avait communiqué aucun détail sur l’identité des deux condamnés.