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“Y’a pas moyen, Aya”: dix militants identitaires condamnés pour injure envers Nakamura

Dix militants identitaires qui avaient partagé sur les réseaux un message outrancier contre la participation de la chanteuse Aya Nakamura à la cérémonie d’ouverture des JO-2024 ont été condamnés mercredi à des amendes pour “injure”, et non pour “provocation à la haine” comme le réclamait l’accusation.Parmi les treize mis en cause, deux ont été condamnées à 3.000 euros d’amende ferme, l’un à 3.000 euros dont 1.000 euros avec sursis, quatre à 3.000 euros dont 2.000 euros avec sursis et trois autres à 2.000 euros avec sursis. Trois ont été relaxés.En mars 2024, quelques jours après l’évocation de la participation de la chanteuse Aya Nakamura à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, le groupuscule identitaire “Les natifs” – auquel les prévenus appartenaient ou dont ils étaient proches – avait posté sur les réseaux sociaux une photo d’une banderole brandie sur l’île Saint-Louis à Paris. Sur la pancarte était écrit “Y a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako”, une référence à son tube “Djadja” et à sa ville de naissance au Mali.Le compte X des Natifs regrettait en outre de “remplacer l’élégance française par la vulgarité, africaniser nos chansons populaires et évincer le peuple de souche au profit de l’immigration extra-européenne”, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris, confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH).Les mis en cause, âgés de 20 à 31 ans, étaient poursuivis pour “provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nationalité, la race ou la religion” et complicité.Au terme de leur procès, début juin, la procureure avait réclamé des peines allant de quatre mois d’emprisonnement avec sursis à quatre mois ferme, en dénonçant “la rhétorique haineuse” des mis en cause et “le caractère raciste et discriminatoire”.”Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la question de la liberté d’expression et celle de l’indépendance du système judiciaire”, avait pour sa part fait valoir l’un des trois prévenus qui s’étaient déplacés à l’audience.Celui qui se présentait comme “porte-parole” du groupuscule, et dont la lecture d’un communiqué à l’entame du procès a été la seule prise de parole des mis en cause, s’insurgeait encore contre la participation de la chanteuse aux JO, selon lui “un choix politique qui visait délibérément à promouvoir la dissolution de notre culture ancestrale”.- “Profond mépris” -Dans ses motivations, le tribunal correctionnel a estimé que “les protagonistes n’avaient pas uniquement pris parti contre une telle initiative mais exprimé un message emprunt d’un profond mépris envers la chanteuse française, de peau noire, en la stigmatisant en raison de son origine africaine, message qui rejaillit sur l’ensemble des personnes issues d’une immigration subsaharienne”.Les juges ont néanmoins estimé que leurs propos “ne va pas jusqu’à exprimer une exhortation à la discrimination à la haine ou à la violence”, mais présentent “toutes les caractéristiques de l’injure publique aggravée”, les conduisant à requalifier les faits.Les dix auteurs reconnus coupables ont en outre été condamnés à verser solidairement 300 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme ainsi que la même somme à la Licra, qui s’étaient constituées parties civiles.Le président de SOS Racisme Dominique Sopo s’est réjoui auprès de l’AFP d’une “décision comme point d’appui pour rappeler que ces propos ne sont pas neutres”.Les Natifs, qui comptent plus de 11.000 abonnés sur Instagram et près de 20.000 sur X, revendiquent des actions coup de poing relayées sur leurs réseaux sociaux. En mars, ils avaient recouvert de draps noirs des portraits de femmes voilées exposés dans la basilique Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris.De son vrai nom Aya Danioko, Aya Nakamura, 30 ans, qui a grandi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), est l’une des chanteuses francophones les plus écoutées dans le monde. Sa performance lors de la cérémonie d’ouverture des JO le 26 juillet 2024, avec la Garde républicaine, sur le pont des Arts à Paris, avait été l’un des moments les plus suivis de l’événement.

Lecornu reçoit les oppositions, les socialistes restent “sur leur faim”

Les socialistes, au centre des attentions de Sébastien Lecornu pour nouer un accord sur le budget 2026, ont regretté mercredi à l’issue d’une première rencontre à Matignon n’avoir rien appris des intentions du Premier ministre, agitant de nouveau la menace d’une censure, et ce dès la déclaration de politique générale.”Pour l’instant, nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours”, a déclaré le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, à l’issue de ce rendez-vous qui a duré près de deux heures.Sébastien Lecornu reçoit mercredi ses opposants politiques – à l’exception de La France insoumise qui a refusé l’invitation -, à la veille d’une journée importante de mobilisation sociale.Les Écologistes sont arrivés à leur tour à 14H00, le Rassemblement national est attendu à 16H00, le PCF à 18H00 et enfin Place publique à 19H30. Tous menacent ouvertement de censure ce nouveau Premier ministre très proche d’Emmanuel Macron, s’il ne répond pas à leurs demandes.Sébastien Lecornu, qui a déjà échangé la semaine dernière avec les dirigeants du “socle commun” de la droite et du centre, ainsi que les syndicats et le patronat, recevra à nouveau jeudi, pour le déjeuner, les chefs de partis de ce socle, désireux de mieux coordonner la fragile coalition gouvernementale.- “Père Noël” -François Bayrou avait obtenu la mansuétude du PS sur le budget 2025 en ouvrant un conclave sur la réforme des retraites, qui s’est soldé par un échec. Puis il a présenté à la mi-juillet un sévère plan de redressement des finances publiques qui a fait hurler toutes les oppositions.”J’ai passé l’âge de croire au Père Noël”, a expliqué la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier mercredi, jugeant “fort probable que nous censurerons” le Premier ministre, sauf à obtenir de solides garanties sur l’écologie et la taxation des hauts patrimoines.Ces entretiens ont lieu sous la pression de la rue, alors que les syndicats et les partis de gauche promettent une “journée noire” jeudi, protestant contre les mesures budgétaires “brutales” de François Bayrou.Sébastien Lecornu a déjà fait des gestes en direction de la gauche et de l’opinion: retrait de la proposition impopulaire de supprimer deux jours fériés. Il a aussi dit qu’il n’avait “jamais été question”, dans ses échanges, de relancer le conclave sur les retraites.Il a aussi consacré son premier déplacement samedi à l’accès aux soins, avant d’annoncer la suppression, très symbolique, des derniers avantages “à vie” octroyés aux ex-Premiers ministres.- Taxe Zucman -“Nous ne cherchons pas la censure, nous ne cherchons pas la dissolution, nous ne cherchons pas la destitution, nous cherchons à ce que les Français soient entendus”, a plaidé Olivier Faure. Mais s’il s’agissait de reprendre le projet de budget de François Bayrou “nous censurerions dès la (déclaration) de politique générale”, a-t-il prévenu.Sébastien Lecornu aurait l’intention d’en faire un point de départ, puis de mettre les parlementaires devant leur responsabilité pour l’amender.Les socialistes sont arrivés avec en main un sondage Ifop commandé par le parti montrant que les Français, quelles que soient leurs sensibilités, plébiscitent les mesures poussées par le PS. Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros – la fameuse taxe Zucman, qui enflamme ce débat budgétaire – à laquelle 86% des sondés sont favorables, dont 92% des sympathisants Renaissance et 89% des sympathisants LR.Sébastien Lecornu s’est dit “prêt” à travailler sur la “justice fiscale”, mais il a souhaité faire “attention au patrimoine professionnel” visé par cette taxe.Le RN rejette de son côté cette taxe sans fermer la porte à une mise à contribution des plus fortunés. “Si la rupture consiste à un retour aux sources socialistes du macronisme, c’est contraire à l’aspiration majoritaire du pays”, a mis en garde Marine Le Pen.Un avertissement auquel le président de LR, Bruno Retailleau, a fait écho. “Si demain on pensait que l’orientation du gouvernement n’était pas conforme à l’intérêt supérieur de la nation (…), qu’est ce que l’on ferait de plus au gouvernement?”, a-t-il prévenu.are-lum/jmt/dch   

Transports, éducation, fonction publique: à quoi s’attendre pour la grève du 18 septembre

Transports, éducation, fonction publique… Tour d’horizon des mobilisations attendues à la veille de la journée de grève du 18 septembre.TransportsLa circulation des trains sera perturbée dans toute la France, selon la SNCF.Sur les lignes Intercités, un train sur deux est prévu et un sur trois pour les TER.Pour les TGV, “quelques perturbations sont à prévoir (…) mais l’ensemble des clients devrait pouvoir voyager”.En Île-de-France, sur le réseau SNCF, le trafic sera “fortement perturbé” pour les RER D, RER E, ligne H, ligne N, ligne R et ligne U, et “perturbé” sur les RER A, B, et C, et les lignes K, L et V.A Paris, aucun métro, à l’exception des lignes automatiques (1, 4 et 14), ne circulera en dehors des heures de pointe.Certaines lignes franciliennes de bus pourraient être fermées.Par ailleurs, le service sera proche de la normale dans les aéroports français, puisque le principal syndicat de contrôleurs aériens, le SNCTA, a reporté sa grève.SantéL’ensemble des personnels hospitaliers sont appelés à la grève par l’intersyndicale. Du côté des médecins, la principale fédération syndicale, la coalition “Action praticiens hôpital” (APH) appelle à “soutenir” le mouvement. Dans les établissements de santé, l’administration a toutefois le pouvoir de réquisitionner une partie des personnels pour maintenir la “continuité des soins”.Les pharmaciens, mobilisés contre une baisse du plafond des remises commerciales sur les médicaments génériques, sont appelés à une “fermeture massive” des officines et à manifester, selon les deux principaux syndicats du secteur, l’USPO et la FSPF.La première organisation syndicale des kinésithérapeutes, la FFMKR, appelle à fermer les cabinets.Consommation et distributionLes salariés du secteur sont invités à faire grève par une intersyndicale. Celle-ci dénonce “les attaques répétées” contre les “droits” et le “pouvoir d’achat” des salariés. Les commerçants sont “très inquiets” face aux “mouvements de blocage”, s’est alarmé la semaine dernière le président du Conseil du commerce de France (CDCF), Guy Gras. Ce dernier s’attend à des “impacts plus graves” que pour le mouvement du 10 septembre, où certains magasins ont dû fermer par mesure de sécurité.Dans les rayons, l’impact devrait être limité, grâce à “un peu plus de stocks en magasins”, a rassuré le patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard.ÉducationLa FSU-Snuipp, premier syndicat du primaire, prévoit qu’un tiers des enseignants du premier degré (écoles maternelles et élémentaires) seront grévistes. A Paris, ce syndicat estime même à plus de 45% le taux de grévistes, avec au moins 90 écoles fermées.Dans les collèges et lycées, les syndicats appellent aussi à se mobiliser. La nomination de Sébastien Lecornu n’a “pas fait redescendre la colère”, estime Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du secondaire.Fonction publique Les huit syndicats représentatifs des 5,8 millions d’agents de la fonction publique appellent unanimement à la grève contre les mesures d’économies. La dernière mobilisation significative remonte au 5 décembre 2024, quand près de 20% des agents de la fonction publique de l’Etat, éducation nationale en tête, avaient défilé notamment contre l’allongement du délai de carence.Dans le viseur des organisations cette fois: la suppression de 3.000 emplois publics et le gel des rémunérations annoncé par le précédent gouvernement.ÉnergieLa CGT a lancé un appel à la grève depuis le 2 septembre pour les salaires et l’abaissement de la TVA appliquée à l’énergie, un mouvement qui se traduit selon elle par des piquets de grève dans les stockages de gaz, les terminaux méthaniers et devant les centrales nucléaires et hydrauliques.Le 18, la CFE-Energie, premier syndicat d’EDF et deuxième des industries électriques et gazières, a appelé à débrayer pendant une heure ou à venir dans les cortèges syndicaux.Dans la chimie, la CFDT, premier syndicat, s’attend à une mobilisation “très soutenue”, a indiqué Bruno Bouchard, délégué fédéral FCE-CFDT en charge de la branche.”On a référencé plus de 150 appels à la grève” dans des entreprises comme TotalEnergies, Sanofi, Arkema, Air Liquide, et Kem One, a indiqué Jean-Louis Peyren, secrétaire fédéral de la CGT Chimie pour l’industrie pharmaceutique.Avant la manifestation parisienne, son syndicat a appelé à un rassemblement le matin devant le site Sanofi de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), que le groupe a décidé de céder au sous-traitant allemand Adragos.AgricultureLa Confédération paysanne, 3e syndicat agricole, appelle les agriculteurs “à se mobiliser partout en France” jeudi “pour plus de justice sociale, fiscale et environnementale”. Au vu du déploiement policier annoncé, il “alerte sur le respect du droit de manifester”.Le premier syndicat du secteur, la FNSEA, appelle pour sa part à une mobilisation le 26 septembre.

Tabac, alcool, cannabis: les ados sont de moins en moins accro

Un seul shot en 12 jours, bu “par politesse”: le bilan des vacances à Malte entre amis de Martin, 18 ans, pour la fin du lycée, semble représentatif de la consommation de plus en plus d’adolescents français. Sans drogues, ni tabac, et presque sans alcool.Seuls 20% des Français de 16 ans déclaraient en 2024 avoir déjà consommé du tabac et 8,4% du cannabis, selon une étude européenne sur la consommation des jeunes, relayée début septembre par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).Par rapport à 2015, on trouve ainsi cinq fois moins de fumeurs quotidiens et trois fois moins de jeunes ayant expérimenté le cannabis, pointe l’étude.Si Martin n’a jamais touché à une cigarette, il a déjà “testé” l’alcool et le cannabis, à la fin du collège. “Les premières fois où tu consommes, c’est soit sous la pression sociale, soit pour faire le grand”, estime l’étudiant tout juste entré en première année de droit à Paris. Depuis le lycée, il prône cependant la sobriété, avec pour motifs sa foi chrétienne, sa pratique sportive ou encore tout simplement sa capacité à s’amuser avec ses amis sans recours à une substance psychoactive.Cela semble aller dans le sens d’une tendance générale, celle d'”une prise de conscience dans la société (…) des effets délétères de ces comportements”, juge Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives. Une vaste enquête menée en 2022 par l’OFDT sur 23.000 Français de 17 ans pointait déjà une tendance à la baisse de leur consommation de substances psychoactives, démontrant selon le médecin de santé publique que “la bataille de la dénormalisation” est en passe d’être gagnée.- “Super cher” -Au premier plan, le tabac: Charlotte, 16 ans, boit de temps en temps en soirée ou en boîte, mais pas question de “tomber” dans “la dépendance à la nicotine”. Sa mère, elle-même fumeuse, le lui a d’ailleurs interdit. “Elle y est tombée hyper jeune et maintenant, c’est vraiment une addiction”, déplore la lycéenne scolarisée en banlieue toulousaine, soulignant que “ça coûte super cher”. Et en effet, l’augmentation constante du prix, le paquet neutre, l’interdiction de vente aux mineurs, constituent un “arsenal de régulation” pouvant expliquer que la consommation de tabac ne soit “plus populaire chez les jeunes”, entraînant avec elle celle du cannabis, autre “produit à fumer”, selon M. Prisse. Une autre explication à cette évolution pourrait être la “dégradation de la santé mentale” observée chez les jeunes, entraînant un “repli sur soi”, à l’âge où la consommation est liée à une “conformité sociale du groupe”, selon le médecin.  Parmi les amis de Ruben, 17 ans, par exemple, on sort assez peu. Ce lycéen de Toulouse n’a jamais essayé ni tabac, ni cannabis, ni cigarette électronique, pour lesquels il n’a “pas tellement de curiosité”. En revanche, il se voit consommer de l’alcool “plus tard”, quand il aura “plus d’occasions d’en boire”.Car l’alcool reste central dans la socialisation des adolescents. Sept sur dix l’avaient déjà essayé en 2024, selon l’étude européenne relayée par l’OFDT, avec une fréquence notable d'”alcoolisations ponctuelles importantes” (binge drinking), soit au moins cinq verres d’alcool lors d’une même occasion. “Être bourrée, ça me fait un peu peur, parce que j’ai des copines qui ont déjà été pas très bien, au point de devoir appeler l’hôpital”, raconte Clara (prénom modifié), 15 ans. Dans les soirées de cette élève de seconde scolarisée à Saint-Mandé (Val-de-Marne), “il y a de l’alcool” et certains jeunes de son âge “ne savent pas vraiment leurs limites”.- Industriels “très inventifs” -Tout n’est donc pas encore gagné et “il faut rester prudent”, estime Nicolas Prisse. “Les industriels -ou d’ailleurs parfois les groupes criminels, quand il s’agit de stupéfiants et de produits interdits- sont très inventifs en termes de tendances et de propositions d’offres sur le marché”, ajoute-t-il. Les “puffs”, cigarettes électroniques jetables, en sont un bon exemple. Interdites à la vente depuis février en France mais qui continuent d’être vendues notamment dans les petites épiceries, elles restent une tendance bien réelle chez les adolescents, comme en témoignent les jeunes interrogés par l’AFP.”C’est aux fruits, ça sent bon”, contrairement aux cigarettes, explique Clara. “Ca a pas l’air très dangereux”, estime la lycéenne, pourtant consciente de leur nocivité.

Des socialistes au RN, Lecornu reçoit ses opposants avant une grande journée d’action

Sébastien Lecornu reçoit mercredi ses opposants politiques, à la veille d’une journée importante de mobilisation sociale, sans grande marge de manœuvre pour discuter, au vu des lignes rouges qu’ils posent et des menaces de censure.Tous les dirigeants de gauche – à l’exception de La France insoumise qui a refusé l’invitation –  ainsi que ceux du Rassemblement national vont défiler dans le bureau du nouveau Premier ministre, à commencer par les socialistes à 09H30.Sébastien Lecornu a déjà échangé la semaine dernière avec les responsables du “socle commun” de la droite et du centre, ainsi que les syndicats et le patronat.”Le premier qui doit bouger, c’est le gouvernement”, a estimé pour sa part le président du groupe des députés Liot Laurent Panifous, reçu mardi, ajoutant que “le sujet des retraites ne peut pas être renvoyé uniquement à 2027”.François Bayrou avait obtenu la mansuétude du PS sur le budget 2025 en ouvrant un “conclave” sur la réforme des retraites, qui s’est soldé par un échec. Puis il a présenté à la mi-juillet un sévère plan de redressement des finances publiques qui a fait hurler toutes les oppositions.Mercredi, “ça va être un round d’observation. La veille des grosses manifs, on sera dur, exigeant. Ce qui se joue ce n’est pas au premier chef un sujet budgétaire”, mais un “sujet démocratique” car ce sont les “battus qui gouvernent”, anticipe un responsable socialiste.- Gestes -Ces entretiens ont lieu sous la pression de la rue, alors qu’une mobilisation massive est attendue jeudi, de l’ordre de celles contre la réforme des retraites en 2023. Les syndicats contestent notamment les mesures budgétaires “brutales” de François Bayrou.Avant d’entamer les discussions, Sébastien Lecornu a fait plusieurs gestes en direction de la gauche et de l’opinion: retrait de la proposition impopulaire de supprimer deux jours fériés, et promesse de ne pas rouvrir le conclave sur les retraites.Il a aussi consacré son premier déplacement samedi à l’accès aux soins, avant d’annoncer la suppression très symbolique, dès l’an prochain, des avantages restants octroyés aux ex-Premiers ministres.Les socialistes ont eux posé leurs conditions dès dimanche face aux offres appuyées de dialogue du Premier ministre.Ils considèrent que le plan Bayrou “ne doit pas servir de base de discussion”, alors que Sébastien Lecornu a l’intention d’en faire un point de départ, puis de mettre les parlementaires devant leur responsabilité pour l’amender.- “Rupture” -Mercredi, les socialistes viendront avec en main un sondage Ifop commandé par le parti montrant que les Français, quelles que soient leurs sensibilités, plébiscitent les mesures poussées par le PS. Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros – la fameuse taxe Zucman, qui enflamme ce débat budgétaire – à laquelle 86% des sondés sont favorables, dont 92% des sympathisants Renaissance et 89% des sympathisants LR.Le Premier ministre a cependant déjà fermé la porte à cette taxe, tout en reconnaissant que se posaient “des questions de justice fiscale”.La taxe Zucman, “c’est une connerie, mais ils vont la faire quand même parce que ça permet d’obtenir un accord de non-censure” avec la gauche, a de son côté prédit mardi Marine Le Pen, sans pour autant fermer la porte à une mise à contribution des plus fortunés. “Si la rupture consiste à un retour aux sources socialistes du macronisme, c’est contraire à l’aspiration majoritaire du pays”, a également mis en garde la cheffe des députés RN, attendue à 16H00 à Matignon avec Jordan Bardella.Un avertissement auquel le patron des députés LR Laurent Wauquiez a fait écho mardi en dénonçant “la pression du PS”, craignant qu’il “n’y ait plus rien sur l’immigration, la sécurité ou l’assistanat” dans le budget.Autre point au cœur des discussions, le niveau de freinage des dépenses. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a appelé dimanche à chercher un accord autour “de 35 à 36 milliards” d’euros d’économies, soit moins que les 44 milliards initialement prévus par François Bayrou, mais plus que les 21,7 milliards du PS.”Les socialistes donnent l’air d’être déterminés et de poser des conditions mais c’est un moyen de rentrer dans les négociations”, estime Manuel Bompard, coordinateur de LFI, grinçant sur la politique des “petits pas” du PS, au détriment des “grands soirs”.

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Pour “un futur meilleur”, des jeunes défient Trump au tribunal

Décrivant la manière dont le changement climatique bouleverse leur quotidien, de jeunes Américains ont assuré mardi que l’administration Trump bafouait leurs droits fondamentaux en promouvant le pétrole et le gaz.”Je ne sais pas si je serai le prochain”, a témoigné à la barre Joseph Lee, dont la maison d’un proche a été dévorée l’an passé par les feux de forêts en Californie.Le jeune homme de 19 ans, qui subi aussi une hospitalisation liée à une grave insolation, a expliqué se mobiliser pour empêcher que le changement climatique ne s’aggrave encore: “un futur meilleur est possible”, a-t-il lancé.L’affaire, qui oppose 22 jeunes Américains, pour certains mineurs, au gouvernement fédéral, est examinée mardi et mercredi dans un tribunal du Montana, Etat du nord-ouest du pays.Citant des répercussions sur leur santé, ces jeunes attaquent en justice des décrets pris par Donald Trump pour faciliter la production de pétrole et de gaz, entraver celle d’énergies renouvelables et occulter le suivi des effets du changement climatique.Cette bataille judiciaire illustre le déplacement croissant du combat climatique dans les tribunaux, souvent à l’initiative de jeunes. Cet été, ce sont des étudiants de l’archipel du Vanuatu qui ont obtenu une victoire retentissante devant la Cour internationale de justice, plus haute juridiction de l’ONU.- “Déchirant” -Pour Julia Olson, avocate principale des jeunes Américains, il s’agit ici d’une question constitutionnelle. “La Constitution des États-Unis protège-t-elle contre les abus de pouvoir de l’exécutif (…) qui privent les enfants et les jeunes de leurs droits inaliénables à la vie et à leurs libertés?”, a-t-elle lancé à la cour mardi.Un argumentaire qu’a balayé la défense du gouvernement américain. Dénonçant une “action en justice antidémocratique”, Me Michael Sawyer a accusé les jeunes de tenter d’inverser les résultats de la dernière élection présidentielle, à l’issue de laquelle Donald Trump a été élu avec un programme ouvertement favorable aux énergies fossiles.Les plaignants ont eux témoigné de la manière dont le changement climatique et les décisions politiques affectent leur vie, avant d’être vivement questionnés par la défense.Une jeune fille mineure originaire du Montana a ainsi raconté avoir dû petite évacuer sa maison avec sa famille en raison d’incendies, disant avoir emporté dans la hâte ses peluches et s’être inquiétée pour les chevaux et chiens que possédaient ses parents.”Ce serait déchirant de voir mon Montana brûler”, a-t-elle assuré à la cour, qui l’interrogeait sur la possibilité que le changement climatique s’intensifie.- Cour suprême conservatrice -Cette audience n’est pour l’instant que procédure et vise à obtenir du juge qu’il ordonne la tenue d’un procès. Le gouvernement fédéral, qui a été notamment rejoint par 19 Etats conservateurs, réclame lui un classement sans suite.Bien que le juge soit connu pour des décisions en faveur de l’environnement, les observateurs ne sont pas optimistes. Car même en cas de procès, la procédure risque de finir devant la Cour suprême, dominée par les conservateurs.”Cette Cour suprême est plutôt encline à retirer des droits qu’à en accorder, à moins que vous n’ayez une arme à feu”, juge auprès de l’AFP Michael Gerrard, professeur de droit environnemental à l’université Columbia.L’équipe juridique garde néanmoins espoir, après de récentes victoires au niveau des Etats.En 2023, un juge du Montana a donné raison à de jeunes plaignants qui contestaient la non-prise en compte du climat dans la délivrance de permis pétroliers et gaziers, estimant que cela violait leur droit constitutionnel à un environnement sain.Et un an plus tard, de jeunes militants hawaïens ont obtenu un accord obligeant leur Etat à accélérer la décarbonation du secteur des transports.Mais au niveau fédéral, la balance ne penche pas du côté des militants. L’affaire la plus connue, remontant à 2015, a été close en 2023… par la Cour suprême.

Ouverture du procès en appel du “violeur de Tinder” Salim Berrada

Le procès en appel de celui que les médias ont surnommé le “violeur de Tinder”, Salim Berrada, s’est ouvert mardi à Créteil, un an et demi après sa condamnation à 18 ans de réclusion pour avoir violé ou agressé sexuellement 15 femmes rencontrées en ligne.L’accusé, âgé de 40 ans aujourd’hui, a pris place dans le box vitré, vêtu d’une chemise gris clair, lunettes rectangulaires et les cheveux frisés relevés en chignon.Tout au long de son premier procès, en mars 2024 à Paris, Salim Berrada avait clamé son innocence, arguant que les relations avec ces femmes étaient consenties, ou n’avaient pas existé.Au terme de deux semaines d’audience, où le consentement avait été au cœur des débats, la cour criminelle de Paris avait reconnu coupable cet ex-photographe marocain de 12 viols et trois agressions sexuelles.Pour deux autres plaignantes, elle l’avait acquitté, considérant que les preuves manquaient et que “le doute” devait lui bénéficier. Ces 17 femmes se sont de nouveau constituées parties civiles.En première instance, l’accusé s’était vu infliger une peine de 18 ans de réclusion criminelle, assortie d’une obligation de quitter le territoire. Il avait aussitôt interjeté appel.Les faits dénoncés s’étalent de 2014 à 2016.Agées à l’époque d’une petite vingtaine d’années pour la plupart, les plaignantes livrent des récits similaires de leur rencontre avec Salim Berrada, qui les avait attirées dans son studio via des messages sur des réseaux sociaux ou sites de rencontres, proposant des séances photos.Une fois à son domicile, elles se voient offrir de l’alcool, que beaucoup n’osent pas refuser. Toutes décrivent alors une ivresse anormale et rapide. Vient ensuite l’état second, l’impression d’avoir été droguées. Certaines vomissent, d’autres tombent.Toutes racontent le changement de comportement du photographe. Il les plaque, les maintient aux poignets alors qu’elles répètent qu’elles ne veulent pas, puis les viole.En mars 2024, le président de la cour criminelle de Paris, Thierry Fusina, avait souligné le “caractère particulièrement organisé”, le “mode opératoire éprouvé” et le “caractère sériel de ces crimes et délits”, jugés “particulièrement inquiétants”.L’avocat général, qui avait requis une peine de 19 ans de réclusion, avait fustigé un “insatiable chasseur égocentrique”, qui “ne reconnaît rien”.La défense avait pour sa part longuement prié la cour d’au moins “douter” de sa culpabilité.”J’aimerais juste dire que ce monstre (…) ce n’est pas moi”, avait murmuré Salim Berrada, avant que la cour ne se retire pour délibérer.Le verdict de son procès en appel est attendu le 2 ou le 3 octobre. Il encourt la peine maximale de 20 ans de réclusion.

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Le Pendjab, grenier à blé de l’Inde, dévasté par les inondations

La saison s’annonçait prometteuse mais les inondations causées par les fortes pluies de la mousson ont dévasté les champs dans le nord de l’Inde, où récoltes et bétail tué en décomposition dégagent une odeur nauséabonde.L’Etat du Pendjab, considéré comme le grenier à blé du pays, a connu cette année des niveaux de précipitations supérieurs de 34% à la moyenne, selon les services de météorologie.Leur bilan est sans précédent: au moins 52 morts, plus de 400.000 habitants sinistrés. Et des dégâts considérables des deux côtés de la frontière qui sépare les Pendjab indien et pakistanais.”Les cultures ont été entièrement détruites”, a constaté le ministre indien de l’Agriculture, Shivraj Singh Chouhan, lors d’une récente visite. Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé une aide d’urgence de 150 millions d’euros.”Il s’agit des plus graves inondations que nous traversons depuis des décennies”, a insisté le chef de l’exécutif du Pendjab, Bhagwant Mann.Un sentiment partagé par les anciens.”La dernière fois que nous avons connu des inondations aussi dévastatrices, c’était en 1988″, se souvient Balkar Singh, 70 ans, dans son petit village de Shehzada, à une trentaine de kilomètres de la grande ville d’Amritsar.Les pluies diluviennes de la mousson ont transformé ses rizières en marais et ouvert d’énormes fissures dans les murs de sa maison.- Investissements noyés -Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents de juin à septembre en Inde. Les scientifiques assurent que le changement climatique, combiné au développement mal planifié des infrastructures, a augmenté leur fréquence, leur gravité et leur impact.Coincé entre le fleuve Ravi et la frontière du Pakistan, le village de Toor n’a pas échappé au déluge. Récoltes détruites, bétail noyé et maisons démolies, il n’est plus qu’un champ de ruines.”L’eau a déferlé après minuit le 26 août”, témoigne un agriculteur, Surjan Lal.”Son niveau a atteint au moins trois mètres en quelques minutes”, poursuit-il. “On s’est retrouvés sur les toits pendant près d’une semaine, impuissants, à regarder l’eau tout emporter, du bétail à nos lits.”Dans le village voisin de Lassia, collé au Pakistan, Rakesh Kumar compte ses pertes. “En plus de celles dont je suis propriétaire, j’ai pris d’autres terres en bail et je me suis lourdement endetté cette année”, explique cet agriculteur âgé de 37 ans. “Tous mes investissements sont partis avec l’eau des inondations…”Et comme si ça ne suffisait pas, il y a peu de chance pour que le blé qu’il a planté dans ses champs pour l’hiver lui rapporte grand-chose.”Il faudrait d’abord que toute cette boue sèche”, fulmine-t-il, “ce n’est qu’après que les machines pourront évacuer le limon”. Et encore, acheminer ces engins sur place relève du défi logistique.Pour ceux qui ne possèdent pas leur terre comme Mandeep Kaur, 50 ans, la situation s’annonce encore plus délicate.- Menaces sur le basmati -“On gagnait notre vie en travaillant pour les grands propriétaires mais ils sont tous partis”, constate l’ouvrière agricole.Sa maison a été entièrement détruite par les eaux, elle est désormais contrainte de dormir sur un matelas posé sous une bâche dans la cour.Le Pendjab est le principal fournisseur du riz et du blé livrés dans le cadre des programmes alimentaires d’urgence réservés aux Indiens les plus modestes. Quelque 800 millions mangent grâce à eux, soit plus de la moitié de la population du pays le plus peuplé de la planète.Les experts estiment que les pertes attendues cette année ne menacent pas encore ces programmes, qui disposent d’importants stocks.”La baisse des récoltes dans le Pendjab indien et pakistanais va lourdement peser sur les prix et les exportations de riz basmati”, alerte toutefois Avinash Kishore, de l’Institut international de recherche sur la politique agricole de New Delhi.A l’heure où la hausse des droits de douane imposés à l’Inde par les Etats-Unis a rendu son riz basmati bien moins compétitif, les inondations risquent de lui porter un nouveau coup.Pour les producteurs du Pendjab, la route du redressement s’annonce d’autant plus difficile que les autorités locales se sont retirées d’un programme d’assurance fédérale jugé trop cher.Alors Balkar Singh a bien du mal à rester optimiste. “J’ai toujours de l’eau jusqu’au genou dans ma ferme”, rappelle l’agriculteur, “je ne sais pas trop ce que l’avenir nous réserve”.

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Aux Philippines, le calvaire quotidien des habitants d’une île aux prises à la montée des eaux

Chaque matin, Maria Tamayo prend soin de se réveiller avant ses petits enfants et s’empare d’une pelle en plastique, pour tenter de retirer l’eau de mer qui s’infiltre dans sa maison du nord des Philippines.C’est devenu une routine depuis que les marées de la baie de Manille ont commencé à engloutir les rues de son village sur l’île de Pugad, un îlot de sept hectares qui risque d’être submergé complètement.”Ecoper l’eau prend beaucoup de temps. C’est pourquoi mes pieds ont commencé à me faire mal”, déplore Mme Tamayo, qui dit consacrer jusqu’à trois heures par jour à cette tâche.La femme de 65 ans est l’un des 2.500 habitants du seul village de Pugad, dans la province de Bulacan, qui s’enfonce de quelque 11 centimètres par an, le rythme le plus rapide de tout le pays, selon une étude dirigée par le géologue Mahar Lagmay.L’affaissement du terrain, connu sous le nom de subsidence, est un phénomène “alarmant” causé par l’exploitation excessive des eaux souterraines, et aggravé par l’élévation du niveau de la mer induit par le réchauffement climatique, explique M. Lagmay.”Le taux de subsidence (à Pugad) est assez élevé”, soutient-il, ajoutant qu’aucune étude n’a été menée concernant la petite île en particulier, mais que les données existantes sur les zones environnantes sont révélatrices.Avec des marées hautes inondant les rues au moins trois fois par semaine, la mer impose déjà son rythme sur la vie quotidienne des habitants de Pugad.A l’école, les horaires des cours sont ajustés en fonction des marées pour éviter que les enfants ne contractent des maladies transmises par les inondations.Des maisons ont été élevées sur pilotis, tandis que les petits commerçants utilisent désormais des tables plus hautes pour garder leurs marchandises au-dessus des eaux troubles qui peuvent monter jusqu’à 1,5 mètre lors des jours de fortes inondations.- Impossible retour à la normale -“Je pense déjà qu’il est impossible que nos vies redeviennent normales”, observe Jaime Gregorio, chef du village de Pugad.Si la moyenne mondiale de la montée des eaux est de 3,6 millimètres par an, les Philippines voient la mer monter trois fois plus vite, le Département de l’Environnement et des Ressources naturelles (DENR) estimant même que cela pourrait atteindre 13 millimètres par an.Karlo Queano, le chef de ce département, prévient que certaines zones côtières du pays pourraient disparaître complètement si rien n’est fait.Une étude gouvernementale comportant des préconisations est en cours, mais n’est pas attendue avant 2028, rapporte M. Queano.M. Gregorio assure que les routes sont surélevées tous les trois ans pour que la communauté puisse maintenir une vie normale, mais reconnaît que les projets à long terme pour combattre les inondations ne sont pas mis en place de façon consistante, à cause des changements politiques.Mme Tamayo, vendeuse de snacks, a vécu sur l’île toute sa vie, mais l’adaptation aux marées a épuisé le peu d’argent que sa famille avait réussi à économiser.Chaque année depuis trois ans, sa famille fait des travaux pour surélever sa maison avec du gravier et du béton. “J’aime cette île… Mais parfois je pense à partir”, soupire-t-elle.Son mari, Rodolfo, qui gagne sa vie avec son bateau, estime que rester est une question de survie: “On ne peut pas partir, nous n’avons aucune chance de trouver du travail là-bas, on va être affamés”.M. Lagmay, le géologue, soutient que l’affaissement des sols pourrait être réversible grâce à des politiques efficaces contre le creusement de puits trop profonds. Cependant, combattre l’élévation du niveau de la mer sera impossible sans un effort concerté des pays les plus industrialisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, souligne-t-il.

Policiers frappés à Reims: le procureur dénonce des violences “extrêmes” et “gratuites”

Après l’agression de sept policiers en dehors de leur service samedi soir à Reims, le procureur François Schneider a dénoncé mardi une violence “extrême” et “parfaitement gratuite” contre un groupe “qui n’avait rien demandé à personne”. Ce sont “des faits d’une gravité assez exceptionnelle. Les images (…) sont d’une violence extrême et surtout parfaitement gratuite”, a déclaré le procureur lors d’une conférence de presse.Deux frères au lourd passé judiciaire, dont l’un venait de sortir de prison, ont été mis en examen lundi soir pour “violences aggravées sur personnes dépositaires de l’autorité publique” après l’agression perpétrée en plein centre de Reims.Alors qu’ils devaient se retrouver dans un restaurant pour un pot de départ après leur service, les policiers ont été pris pour cible avec “une ceinture” ainsi que des “coups de pieds” et “de poings”, a-t-il détaillé. Selon le procureur, certains éléments de l’enquête “permettent de penser qu’ils étaient informés de la qualité des policiers. Il n’y a d’ailleurs, objectivement, pas d’autres explications pour ce lynchage gratuit”, a-t-il ajouté.”C’est abject”, a réagi auprès de l’AFP Mathieu Dufour, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance. “Ils se sont immédiatement fait sauter dessus et lyncher. Il n’y a pas eu de discussion avec les auteurs des violences”, a-t-il ajouté, déplorant une situation “difficile à comprendre”.D’autres assaillants sont toujours recherchés, selon le procureur qui indique qu'”ils étaient environ une dizaine” au total.Le magistrat a précisé que les deux mis en examen étaient “des jeunes qui avaient déjà été contrôlés” par des policiers et qui étaient donc “parfaitement susceptibles de (…) connaître” les victimes.Agés de 26 et 27 ans et originaires de Mayotte, les suspects, deux frères “très connus des services de police”, ont été placés en détention provisoire et encourent 20 ans de prison. Tous deux étaient “convoqués aujourd’hui devant le tribunal correctionnel pour des faits d’offre ou cession de stupéfiants et non divulgation de codes dans deux affaires différentes”, a détaillé M. Schneider.L’un d’eux a déjà “été condamné à six ans d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Grenoble pour un vol avec violence, pour un enlèvement et séquestration” et l’autre “a multiplié les peines pour des violences”.Les deux suspects “n’ont absolument rien reconnu, expliquant avoir été bien là, mais par hasard, et n’avoir rien vu”, a rapporté le procureur.”Les incapacités de travail sont de 28 jours pour le policier qui a la cheville cassée et de 6 à 10 jours pour les autres qui se sont fait réellement tabasser”, a détaillé M. Schneider. “C’était un véritable lynchage en règle de tout un groupe d’une ultra-violence”, a-t-il insisté.bbr-kau-zl-bla/cnp/cbn