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Budget : la CGT attend la “rupture”, CFE-CGC et CFTC sont plus optimistes

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a accusé lundi le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de ne poser à ce stade “aucun acte de rupture”, tandis que ses homologues de la CFTC et de la CFE-CGC se sont montrés plus optimistes à l’issue de leurs entretiens à Matignon.”Ce rendez-vous confirme plus que jamais la nécessité de se mobiliser le 18 (septembre) puisque le Premier ministre, à ce stade, parle de rupture dans ses discours, mais ne pose aucun acte de rupture, notamment vis-à-vis de l’Elysée”, a dénoncé à la mi-journée Sophie Binet. “A part les deux jours fériés, il n’a renoncé à rien dans le musée des horreurs qu’Emmanuel Macron avait prévu dans son projet de budget”.Sébastien Lecornu a annoncé samedi le retrait de la proposition de suppression de deux jours fériés et dit miser sur “le dialogue avec les partenaires sociaux” pour trouver “d’autres sources de financement” pour le budget.La numéro un de la CGT, reçue à Matignon après Marylise Léon de la CFDT vendredi, a dit avoir exigé comme “première rupture” l’abrogation de la réforme des retraites, “blessure démocratique et sociale qui ne passe pas et qui est à l’origine de la situation d’instabilité politique actuelle”.Mais elle a expliqué à la presse avoir “senti que le Premier ministre n’était absolument pas déterminé à agir” sur l’abrogation de l’âge de départ à 64 ans. “S’il n’y a pas d’abrogation de cette réforme des retraites, son gouvernement, comme les précédents, tombera”, a-t-elle prévenu.”Il ne m’a donné aucune garantie qu’il n’y ait pas de nouvelle réforme de l’assurance chômage”, a également déploré Mme Binet, citant également, entre autres, la suppression des 3.000 postes de fonctionnaires et l’augmentation des franchises médicales comme points sur lesquels des ruptures sont attendues.Plus “optimiste”, Cyril Chabanier (CFTC) a “entendu un Premier ministre qui (…) comprend que l’année blanche peut poser certaines difficultés et qui est prêt à nous écouter, à entendre nos propositions, en tous cas pour que les plus fragiles et les plus modestes puissent être exclus des mesures les plus difficiles dans l’effort de redressement budgétaire”.”On a senti un Premier ministre prêt à bouger les lignes”, a-t-il poursuivi, tout en maintenant son appel à manifester aux côtés de ses homologues jeudi.Quid d’une nouvelle réforme de l’assurance-chômage ? “Sur l’assurance chômage, ce n’est pas un dossier prioritaire pour le Premier ministre, ce n’est pas une priorité pour lui de faire une nouvelle réforme”, a rapporté Cyril Chabanier.”On a eu un entretien avec le Premier ministre quand même assez détendu, agréable et surtout il nous a fait part de son engagement pour remettre en selle le paritarisme des corps intermédiaires et des partenaires sociaux”, a salué devant la presse le N°1 de la CFE-CGC, François Hommeril.”Cet entretien je pense, en tout cas je veux l’espérer, ouvre des perspectives”, a-t-il ajouté, même si le Premier ministre n’a apporté aucune précision sur les pistes d’économies budgétaires à venir.Ces entretiens se déroulent sous la pression de la journée de mobilisation syndicale prévue jeudi, lors de laquelle les syndicats espèrent dépasser la mobilisation de près de 200.000 personnes du 10 septembre, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.Seul représentant du patronat reçu lundi – le patron du Medef Patrick Martin s’était rendu à Matignon vendredi soir, et celui de l’U2P Michel Picon doit s’y rendre mardi –, le président de la CPME Amir Reza-Tofighi a senti un premier ministre “à l’écoute”, a-t-il indiqué à l’AFP.”Nous lui avons fait part de la situation très difficile des entreprises actuellement et indiqué que la taxation des entrepreneurs sur la valeur de leur entreprise (la taxe Zucman, NDLR) était suicidaire pour notre économie et donc une ligne rouge absolue pour nous”, a-t-il ajouté.

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Brésil: la forêt amazonienne amputée d’une surface équivalente à l’Espagne en 40 ans

La forêt amazonienne au Brésil a été amputée en quatre décennies d’une surface proche de celle de l’Espagne et s’approche d’un “point de non-retour”, selon les données publiées lundi par le réseau de surveillance Mapbiomas.Dans le plus vaste pays d’Amérique latine, la plus grande forêt tropicale de la planète a perdu 49,1 millions d’hectares de 1985 à 2024, selon les données satellitaires compilées par ce réseau regroupant des ONG, des universités et des entreprises de technologies.L’Amazonie s’approche du “point de non-retour au-delà duquel la forêt ne peut plus perdurer” comme telle, car elle menace d’atteindre le seuil de 20-25% de végétation autochtone perdue, explique Bruno Ferreira, chercheur de Mapbiomas, cité dans un communiqué.”Lors de pertes importantes de végétation, le cycle des pluies est rompu et de grandes zones ont tendance à se transformer en savane”, explique-t-il à l’AFP.Le Brésil, qui accueille en novembre la conférence de l’ONU sur le climat COP30 dans la ville amazonienne de Belem, abrite environ 60% de la forêt amazonienne, soit 421 millions d’hectares au total.En 2024, la superficie occupée par des activités humaines, notamment agricoles, y a atteint 15,3%, selon Mapbiomas. La surface occupée par l’élevage y a été pratiquement multipliée par cinq de 1985 à 2024, atteignant 56,1 millions d’hectares.La forêt joue un rôle crucial dans l’absorption de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.Au Brésil, la déforestation en Amazonie a augmenté de 4% d’août 2024 à juillet 2025, en raison notamment d’incendies dévastateurs favorisés par la sécheresse historique qui a frappé le pays l’an dernier.Mais elle avait nettement baissé auparavant depuis le retour au pouvoir en janvier 2023 du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, après de fortes augmentations sous le mandat de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Lecornu va mettre fin aux “avantages à vie” des ex-ministres dès 2026

Fini le chauffeur et la voiture de fonction “à vie” pour les anciens de Matignon: les avantages octroyés aux ex-Premiers ministres seront “supprimés” dès 2026, a annoncé lundi Sébastien Lecornu, concrétisant l’une de ses premières promesses, très symbolique pour l’opinion.Il n’est “pas concevable” que les anciens ministres “puissent bénéficier d’avantages à vie en raison d’un statut temporaire”, a écrit le locataire de Matignon sur X, confirmant la mise en place de cette réforme dès le 1er janvier 2026.”La protection policière ne sera accordée aux anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur que pour une durée limitée, et reconduite en fonction de la réalité du risque. Tous les autres moyens mis à disposition des anciens Premiers ministres à vie le seront dorénavant pour une durée limitée”, a expliqué M. Lecornu sur ce réseau social.Sollicité par l’AFP, Matignon a expliqué que le gouvernement avait préparé une “instruction” à destination du Secrétariat général du gouvernement, en vue de revoir le décret du 20 septembre 2019, qui avait déjà restreint les privilèges accordés aux anciens Premiers ministres.Ces derniers peuvent actuellement se voir octroyer “sur leur demande, un véhicule de fonction et un conducteur automobile”, à la charge de l’Etat. Ils peuvent aussi bénéficier d’un “agent pour leur secrétariat particulier” pendant dix ans à compter de la fin de leurs fonctions et au plus tard jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de 67 ans. Des avantages qui ne s’appliquent pas pour les “ex” de Matignon lorsque ces derniers disposent déjà de ces privilèges via leur mandat (parlementaire ou local) ou leur fonction publique.- “Mettre fin aux derniers privilèges” -Une autre instruction du chef du gouvernement à l’attention de la Direction générale de la police nationale (DGPN) permettra de créer “un cadre” relatif à la “protection policière” des anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur, a détaillé Matignon.”On ne peut pas demander aux Français de faire des efforts si ceux qui sont à la tête de l’État n’en font pas. La réforme, ce n’est pas toujours +pour les autres+, cela crée la suspicion”, avait lancé Sébastien Lecornu dans un entretien donné à plusieurs titres de la presse régionale durant le week-end. “Beaucoup de choses ont été réglées pour les anciens présidents de la République. Je vais donc mettre fin aux derniers privilèges”, avait-il encore promis, quelques jours seulement après sa prise de fonctions à Matignon, durant laquelle il s’était inquiété du “décalage” observé entre la vie politique et la vie “réelle” des Français.Le Premier ministre, nommé mardi par Emmanuel Macron après la chute de François Bayrou, met ainsi en musique l’une de ses premières promesses, alors qu’il consulte en parallèle les forces politiques, syndicales et patronales en vue de former un gouvernement susceptible de survivre aux menaces de censure des oppositions.Il doit aussi batailler contre une opinion publique très défiante vis-à-vis de sa nomination, même si les chiffres de confiance des Français à son égard varient selon les instituts de sondage.Son prédécesseur, François Bayrou, avait déjà annoncé vouloir passer au crible ces privilèges ministériels: il avait confié fin août une mission à l’ex-député socialiste René Dosière pour identifier les “avantages indus, excessifs, inacceptables” dans un contexte de dérapage des finances publiques. En réalité, l’économie à espérer de ces annonces est dérisoire par rapport aux dizaines de milliards d’euros recherchées par les gouvernements successifs. Les privilèges accordés au titre du décret de 2019 (chauffeur, secrétariat, véhicule) ont coûté 1,58 million d’euros à l’Etat en 2024, selon le gouvernement. Un montant auquel il faut ajouter les dépenses de protection policière, évaluées à 2,8 millions d’euros par an dans un rapport parlementaire de 2019.

Le suicide assisté au cœur du procès à Paris de militants de l’aide à mourir

Le procès de douze militants du suicide assisté, jugés pour pour avoir aidé des personnes à se procurer des barbituriques dans le but de mettre fin à leurs jours, s’est ouvert lundi devant le tribunal de Paris. Âgés de 74 à 89 ans, ces adhérents de la discrète association Ultime Liberté sont poursuivis pour avoir, entre août 2018 et novembre 2020, aidé des dizaines de personnes à acheter sur internet du pentobarbital, un barbiturique entraînant une mort rapide et sans douleur.Devant une salle comble de personnes âgées venues en soutien, l’audience s’est ouverte en début d’après-midi par l’appel des prévenus, dont plusieurs se sont avancés à la barre d’un pas frêle, la silhouette voûtée. Ces retraités, pour beaucoup d’anciens enseignants, au casier judiciaire vierge, sont jugés devant le tribunal correctionnel pour des délits relevant de la législation sur le trafic de substances illicites.La première journée de ce procès, prévu pour durer jusqu’au 9 octobre, est consacrée à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). La défense soutient que les poursuites à l’encontre des prévenus vont à l’encontre de droits fondamentaux, comme le principe de sauvegarde de la dignité de la personne humaine ou le droit à mourir dans la dignité.En amont de l’audience, quelque 70 membres de l’association ont manifesté devant le tribunal judiciaire de Paris, chasubles jaunes et pancartes réclamant de “maîtriser sa vie jusqu’à la fin”, a constaté un journaliste de l’AFP. Dans un coin, une chorale militante improvisée a chanté “Mourir sur scène” de Dalida.”On est assez satisfaits qu’il y ait un procès pour pouvoir montrer (le sujet) à l’opinion publique, et peut-être aussi que l’opinion publique se manifeste en faveur d’un changement de la loi”, a déclaré à l’AFP Monique Denis, 69 ans, épouse d’un des prévenus membre de l’antenne de l’association à Nancy.Franck, 61 ans, a rejoint l’association il y a quelques mois seulement. Un membre de sa famille y a fait appel pour mettre fin à ses jours. “Je viens pour voir si je peux aider d’une manière ou d’une autre, pour que le jour où j’aurai 80 ans et que je serai malade je ne sois pas obligé de le faire derrière des portes fermées”, explique cet adhérent qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.- Signalement des États-Unis -Cette affaire singulière débute à l’été 2019 avec un signalement des autorités américaines sur une filière mexicaine de vente de barbituriques. Glissé sous forme liquide dans des flacons marrons au capuchon bleu, le pentobarbital était expédié à travers le monde avec l’anodine étiquette “Natural Cosmetics”.Suite à une vague de perquisitions en France en octobre 2019, l’information judiciaire met alors au jour une face semi-clandestine de l’association Ultime Liberté, dont certains adhérents “accompagnent” des personnes souhaitant mourir.Illégalement, les militants les renseignent sur la manière de se procurer du pentobarbital sur internet via une messagerie cryptée, voire les assistent dans le processus. Un degré d’engagement que chaque “accompagnant” choisit librement, mais qui fait débat dans les rangs même de l’association.Très clivant, le combat d’Ultime Liberté va au-delà de la revendication des associations pro-euthanasie traditionnelles d’un “droit à l’aide à mourir” pour les patients en fin de vie et en grande souffrance, un brûlant sujet de bioéthique qui a fait l’objet d’une nouvelle proposition de loi votée en première lecture à l’Assemblée nationale en mai.Se concevant comme la continuation des mouvements militants des années 1960-70 (contraception, IVG) sur la liberté de disposer de son corps, Ultime Liberté pousse cette logique à son paroxysme et revendique le droit à un suicide “serein”, que l’on soit ou non malade, dans la mesure où la personne qui fait ce choix est en pleine possession de ses moyens et que sa décision est réfléchie.”Le suicide est dépénalisé depuis la Révolution, mais il y a de nombreuses lois qui empêchent la liberté du suicide, le suicide non violent”, a estimé auprès de l’AFP Claude Hury, présidente d’Ultime Liberté et prévenue centrale du procès.

Au procès de trois femmes jihadistes, les premiers regrets de la nièce des frères Clain

“Je regrette”: Jennyfer Clain, nièce des frères Clain qui avaient revendiqué les attentats du 13-Novembre, a fait preuve de contrition, lundi, devant la cour d’assises spéciale qui la juge avec deux autres accusées pour avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI) en Syrie. “Je ne suis pas là pour nier les faits qui me sont reprochés. J’ai adhéré à ce groupe terroriste, tueur. Je suis coupable. Je regrette tellement, mais je ne peux pas revenir en arrière”, a déclaré dès l’entame des débats la jeune femme de 34 ans.Son patronyme renvoie à celui de ses oncles, Jean-Michel et Fabien Clain, deux responsables de la propagande de l’EI présumés morts en Syrie, voix de la revendication des attentats du 13-Novembre. Ils avaient été condamnés en leur absence en 2022 à Paris à la perpétuité incompressible.A ses côtés dans le box des accusés, la belle-mère de la jeune femme, Christine Allain, 67 ans, qui oscille entre clins d’œil, grands sourires et regard perdu, recroquevillée sur elle-même lorsque la présidente de la cour d’assises spéciale rappelle faits et charges.Son autre bru, Mayalen Duhart, est la seule des trois accusées qui comparaît libre, précisant qu’elle est désormais “salariée en boulangerie”.Elle encourt, comme sa belle-mère et belle-sœur par alliance, trente ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste.Les trois s’étaient rendues en Syrie en 2014.Jennyfer Clain rejoignait alors son mari, Kevin Gonot, épousé à l’âge de 16 ans par l’entremise de son oncle Jean-Michel Clain.Devant ses juges, celle qui a gardé l’allure d’une grande adolescente a raconté une enfance en vase clos, marquée par un islam radical omniprésent.”Aujourd’hui, le fait que j’aie des enfants qui ont l’âge que j’avais à ce moment-là me montre que c’était pas mon choix, par exemple, de porter le voile à 10 ans”, convient celle qui se dit toujours musulmane mais qui “rejette le communautarisme”.Volubile et souriante, Jennyfer Clain assure encore être “partie à Daech de (son) propre fait” et a “besoin aujourd’hui d’être libérée de tout ça”.Mais, ajoute-t-elle, “sans Daech, je serais encore dans cette idéologie sectaire. Je regrette, bien sûr, mais c’est ce qui a fait que je suis la personne que je suis aujourd’hui”.- “Travail sur elle-même” -A Raqqa, elle avait également retrouvé sa belle-mère, Christine Allain, une ancienne éducatrice spécialisée initiée à l’islam quelques années plus tôt par son fils aîné, Thomas Collange.Ce dernier avait également entraîné dans sa nouvelle foi sa compagne, Mayalen Duhart, d’abord rencontrée à l’adolescence dans son Pays basque natal, puis retrouvée à la faculté de Toulouse, où il avait fait la connaissance de Fabien Clain.”Très rapidement, il m’annonce que je dois me convertir. Moi, je n’arrivais pas à faire ma vie sans lui”, raconte-t-elle à la barre.A partir de 2004, le couple Duhart-Collange s’était rendu à plusieurs reprises en Syrie, avant de s’y installer définitivement en 2014, trois ans après le début de la guerre dans ce pays.Christine Allain, Jennyfer Clain et Mayalen Duhart avaient été expulsées de Turquie et mises en examen à leur arrivée en France en septembre 2019, accompagnées de neuf enfants de 3 à 13 ans. Elles avaient été arrêtées deux mois plus tôt dans la province turque de Kilis, frontalière avec la Syrie.L’interpellation mettait fin à deux années d’itinérance après la chute de Raqqa, lorsqu’elles avaient suivi le groupe Etat islamique le long du fleuve Euphrate, au gré de la perte des territoires du fait des offensives kurdes.Kevin Gonot et Thomas Collange avaient été arrêtés lors de cette retraite. Le premier avait été condamné à mort en Irak en 2019, peine commuée en détention perpétuelle. “C’est bien en toute connaissance de cause” que la belle-mère et ses deux brus ont fait le choix, “après l’instauration du califat, de rejoindre l’EI en Syrie”, elles et leurs familles bénéficiant de salaires ou de logements fournis par l’organisation, avaient souligné les juges d’instruction au terme de leur enquête.”Christine Allain est désormais apaisée, elle a beaucoup travaillé sur elle-même, elle a rencontré beaucoup de professionnels en détention pour envisager la réinsertion sociale”, a souligné auprès de l’AFP son avocat, Me Edouard Delattre. “Elle déteste la personne qu’elle était devenue”, a-t-il ajouté.Jennyfer Clain et Mayalen Duhart sont également poursuivies pour avoir emmené volontairement leurs enfants “dans une zone en guerre pour y rejoindre un groupe terroriste”. Le procès doit se tenir jusqu’au 26 septembre.

“Mimi” Costa, figure du banditisme corse de 70 ans, jugé pour l’assassinat d’un jeune en 2019

Il est une figure du banditisme corse à l’ancienne, soupçonné d’être un des derniers “historiques” de la bande de la “Brise de mer”: Dominique Costa, dit “Mimi”, 70 ans, est jugé à Aix-en-Provence pour l’assassinat en 2019 du jeune Antoine Francisci.Devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, Dominique Costa, petites lunettes et polo blanc, en détention provisoire depuis plus de cinq ans, a pris la parole dans l’après-midi: “j’ai rien à voir, je suis innocent, je suis agriculteur, je suis resté au village”, a-t-il répété.Fait très rare dans ce genre d’affaires, où les parties civiles se font souvent discrètes, la mère de la victime était présente à l’audience. Dans le public, une femme a brandi un portrait de la jeune victime.Le 13 mai 2019 à 6H00 du matin, le corps sans vie d’Antoine Francisci, 22 ans, tué de plusieurs coups de fusil de chasse, est découvert sur une petite route, à côté d’un buggy volé, retrouvé renversé, à Pietralba, en Haute-Corse, à quelques kilomètres du fief des Costa, Moltifao.Les enquêteurs ne tardent pas à découvrir que la cible des assassins était en réalité un proche de la victime, Laurent Emmanuelli, figure montante du banditisme corse, conducteur habituel du buggy, mais qui ce soir-là suivait Antoine Francisci, en “convoi” dans une voiture. Dominique Costa est d’ailleurs aussi jugé pour “tentative de meurtre en bande organisée” sur ce dernier.Laurent Emmanuelli cherchait activement à s’implanter en Balagne, région de Haute-Corse comprenant Calvi, et était de ce fait en concurrence avec le clan Costa, notent les enquêteurs.Le meurtre d’un de ses proches, Antoine Francisci, s’inscrit donc selon eux “de manière pérenne, par la violence, dans une gestion des rapports entre les clans et des rapports de force en présence”.Accusé d’avoir modifié la scène de crime, notamment en faisant disparaître le casque qui cachait le visage de Francisci à ses assassins, et de ne pas avoir dénoncé le crime, Laurent Emmanuelli sera jugé pour ces faits ultérieurement devant le tribunal correctionnel et sera entendu comme témoin dans ce procès.- “le donneur d’ordre” ? -Autre indice menant à la “piste Costa”: une récente tentative d’extorsion d’Emmanuelli et sa bande au préjudice de François Santelli, qui s’était réfugié chez les Costa et sollicitait sa protection.Les enquêteurs découvrent, grâce aux écoutes et au traçage des véhicules des suspects notamment, que le jour de l’assassinat, “Mimi” Costa avait ordonné à deux de ses proches, Pierre-Louis Vignali et Mathieu Fondacci, de le rejoindre pour “descendre voir ce con-là”.Les deux hommes sont jugés aux côtés de Dominique Costa, également pour meurtre en bande organisée et tentative de meurtre. Deux autres membres présumés du clan, le commerçant François Santelli et Nicolas Vinciguerra, comparaissent également pour vol, recel et participation à une association de malfaiteurs.Officiellement éleveur, “Mimi” Costa, déjà condamné en 2015 pour blanchiment et extorsion, est considéré par les enquêteurs comme “le donneur d’ordre de par son âge, son ancrage passé dans la délinquance et son autorité”. Il est le frère de Maurice Costa, présenté comme un baron de la Brise de mer, et abattu en 2012 dans une boucherie.Jusqu’à présent, ils ont tous nié les faits reprochés. Les avocats de M. Costa ont demandé lundi le renvoi du procès, dénonçant un dossier “sans preuve”, et des demandes de rapprochement ADN ou de reconstitution restées sans réponse.La Corse, qui subit depuis plusieurs décennies des violences entre bandes rivales, est “au premier rang national” en termes d’homicides rapportés à la population, avec “18 homicides et 16 tentatives d’homicides” en 2024 pour 355.000 habitants, avait rappelé en janvier le préfet de Corse, Jérôme Filippini.Ce procès est prévu pour durer jusqu’au 2 octobre.

La surexposition aux pesticides des riverains des vignes démontrée par une vaste étude

Une photographie de l’exposition aux pesticides: les riverains des vignes sont plus imprégnés que les autres Français, démontre une étude nationale inédite, dévoilée lundi par deux agences sanitaires, sans déterminer à ce stade les impacts potentiels sur la santé. Très attendue, dans un contexte d’inquiétudes croissantes mais aussi de tensions avec une partie du monde agricole, l’étude PestiRiv a mesuré la présence de 56 substances dans l’urine et les cheveux de 1.946 adultes et 742 enfants, ainsi que dans l’air extérieur, les poussières et l’air des habitations, plus quelques potagers.D’une ampleur inédite, elle a porté en 2021-2022 sur 265 sites dans six régions viticoles (Grand Ouest, Bourgogne Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine).Ce travail de Santé publique France et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a aussi recherché d’autres sources d’exposition potentielles (alimentation, modes de vie). “Cohérents” avec ceux d’études aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, selon les deux agences, les résultats montrent que les riverains des vignobles “sont plus exposés aux produits phytopharmaceutiques (fongicides, herbicides, insecticides ndlr) que ce(ux) vivant loin de toute culture”. Ils ont été communiqués aux parties prenantes (exploitants, élus locaux, ONG…)La majorité des substances, spécifiques à cette culture (folpel, métirame) ou pas (glyphosate, fosétyl-aluminium, spiroxamine…), ont été retrouvées près des vignes – culture choisie pour sa forte consommation de ces produits et sa proximité des habitations.- Enfants plus imprégnés-Dans les zones viticoles (à moins de 500 mètres) ont été retrouvés des niveaux de contamination parfois supérieurs de “45% dans les urines”, “plus de 1.000% dans les poussières”, “12 fois” plus grands dans l’air ambiant, comparé aux zones à plus d’un kilomètre de toute culture, a détaillé à la presse Clémence Fillol (SpF).En période de traitement des cultures, les “niveaux de contamination pouvaient augmenter de jusqu’à 60% dans les urines ou selon les pesticides mesurés”, de “plus de 700% dans les poussières, jusqu’à “45 fois dans l’air ambiant”, a-t-elle poursuivi.Deux facteurs principaux sont apparus dans cette exposition: elle augmente avec la quantité de pesticides épandue et diminue avec l’éloignement des vignes, a précisé Ohri Yamada (Anses).La durée d’aération du logement et du temps passé à l’extérieur jouent aussi, dans une moindre mesure.Les enfants de 3 à 6 ans étaient plus imprégnés, car “davantage en contact avec le sol” ou portant les mains à leur bouche, “par leur apport alimentaire aussi”, a précisé Mme Fillol.Les moins de trois ans n’ont pas été inclus, les scientifiques invoquant des difficultés concrètes (recueil d’urine…). Et trop peu de viticulteurs et ouvriers agricoles ont participé pour établir une imprégnation spécifique.Autre limite: les chercheurs n’ont pas pu accéder aux “données réelles d’utilisation des produits phytopharmaceutiques”, et ont dû employer “une méthode très complexe et très chronophage” pour reconstituer les quantités de pesticides épandues. Surtout, cette photographie n’évalue pas les effets de ces expositions sur la santé.  “Nous ne disposons pas aujourd’hui de lien entre les niveaux d’imprégnation retrouvés et des éléments cliniques en santé humaine”, notamment sur des cancers, a résumé Benoît Vallet, directeur général de l’Anses.D’autant que d’autres expositions environnementales (métaux lourds, particules fines, etc) peuvent influer.Cette étude “ne prétend pas répondre à toutes les questions”, a souligné Caroline Semaille, directrice générale de SpF, et “d’autres grandes enquêtes avec l’Anses viendront compléter ses premiers résultats”.Même si les niveaux d’exposition ne dépassent pas ceux anticipés dans les autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides, les agences recommandent, par précaution, de “réduire au strict nécessaire le recours aux produits phytopharmaceutiques”, avec notamment une application “ambitieuse” de la stratégie Ecophyto.Autre préconisation: informer les habitants avant les traitements pour qu’ils puissent adapter leur comportement: se déchausser en rentrant chez soi, nettoyer le sol, sécher le linge à l’intérieur, etc. “Cette étude confirme nos craintes”, a commenté à l’AFP François Veillerette, porte-parole de Générations futures, inquiet du “peu d’empressement (de l’Etat ndlr) à relancer le plan Ecophyto”, qui prévoit de diminuer par deux l’usage des pesticides d’ici 2030. L’ONG appelle à élargir les zones sans traitement (actuellement 10 mètres pour la vigne) et à accélérer la conversion au bio.Le Comité national des interprofessions des vins (CNIV) a insisté sur une amélioration des pratiques du secteur depuis dix ans, appelant aussi les fabricants de pesticides à faire évoluer leurs produits.

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La surexposition aux pesticides des riverains des vignes démontrée par une vaste étude

Une photographie de l’exposition aux pesticides: les riverains des vignes sont plus imprégnés que les autres Français, démontre une étude nationale inédite, dévoilée lundi par deux agences sanitaires, sans déterminer à ce stade les impacts potentiels sur la santé. Très attendue, dans un contexte d’inquiétudes croissantes mais aussi de tensions avec une partie du monde agricole, l’étude PestiRiv a mesuré la présence de 56 substances dans l’urine et les cheveux de 1.946 adultes et 742 enfants, ainsi que dans l’air extérieur, les poussières et l’air des habitations, plus quelques potagers.D’une ampleur inédite, elle a porté en 2021-2022 sur 265 sites dans six régions viticoles (Grand Ouest, Bourgogne Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine).Ce travail de Santé publique France et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a aussi recherché d’autres sources d’exposition potentielles (alimentation, modes de vie). “Cohérents” avec ceux d’études aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, selon les deux agences, les résultats montrent que les riverains des vignobles “sont plus exposés aux produits phytopharmaceutiques (fongicides, herbicides, insecticides ndlr) que ce(ux) vivant loin de toute culture”. Ils ont été communiqués aux parties prenantes (exploitants, élus locaux, ONG…)La majorité des substances, spécifiques à cette culture (folpel, métirame) ou pas (glyphosate, fosétyl-aluminium, spiroxamine…), ont été retrouvées près des vignes – culture choisie pour sa forte consommation de ces produits et sa proximité des habitations.- Enfants plus imprégnés-Dans les zones viticoles (à moins de 500 mètres) ont été retrouvés des niveaux de contamination parfois supérieurs de “45% dans les urines”, “plus de 1.000% dans les poussières”, “12 fois” plus grands dans l’air ambiant, comparé aux zones à plus d’un kilomètre de toute culture, a détaillé à la presse Clémence Fillol (SpF).En période de traitement des cultures, les “niveaux de contamination pouvaient augmenter de jusqu’à 60% dans les urines ou selon les pesticides mesurés”, de “plus de 700% dans les poussières, jusqu’à “45 fois dans l’air ambiant”, a-t-elle poursuivi.Deux facteurs principaux sont apparus dans cette exposition: elle augmente avec la quantité de pesticides épandue et diminue avec l’éloignement des vignes, a précisé Ohri Yamada (Anses).La durée d’aération du logement et du temps passé à l’extérieur jouent aussi, dans une moindre mesure.Les enfants de 3 à 6 ans étaient plus imprégnés, car “davantage en contact avec le sol” ou portant les mains à leur bouche, “par leur apport alimentaire aussi”, a précisé Mme Fillol.Les moins de trois ans n’ont pas été inclus, les scientifiques invoquant des difficultés concrètes (recueil d’urine…). Et trop peu de viticulteurs et ouvriers agricoles ont participé pour établir une imprégnation spécifique.Autre limite: les chercheurs n’ont pas pu accéder aux “données réelles d’utilisation des produits phytopharmaceutiques”, et ont dû employer “une méthode très complexe et très chronophage” pour reconstituer les quantités de pesticides épandues. Surtout, cette photographie n’évalue pas les effets de ces expositions sur la santé.  “Nous ne disposons pas aujourd’hui de lien entre les niveaux d’imprégnation retrouvés et des éléments cliniques en santé humaine”, notamment sur des cancers, a résumé Benoît Vallet, directeur général de l’Anses.D’autant que d’autres expositions environnementales (métaux lourds, particules fines, etc) peuvent influer.Cette étude “ne prétend pas répondre à toutes les questions”, a souligné Caroline Semaille, directrice générale de SpF, et “d’autres grandes enquêtes avec l’Anses viendront compléter ses premiers résultats”.Même si les niveaux d’exposition ne dépassent pas ceux anticipés dans les autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides, les agences recommandent, par précaution, de “réduire au strict nécessaire le recours aux produits phytopharmaceutiques”, avec notamment une application “ambitieuse” de la stratégie Ecophyto.Autre préconisation: informer les habitants avant les traitements pour qu’ils puissent adapter leur comportement: se déchausser en rentrant chez soi, nettoyer le sol, sécher le linge à l’intérieur, etc. “Cette étude confirme nos craintes”, a commenté à l’AFP François Veillerette, porte-parole de Générations futures, inquiet du “peu d’empressement (de l’Etat ndlr) à relancer le plan Ecophyto”, qui prévoit de diminuer par deux l’usage des pesticides d’ici 2030. L’ONG appelle à élargir les zones sans traitement (actuellement 10 mètres pour la vigne) et à accélérer la conversion au bio.Le Comité national des interprofessions des vins (CNIV) a insisté sur une amélioration des pratiques du secteur depuis dix ans, appelant aussi les fabricants de pesticides à faire évoluer leurs produits.

Drapeaux palestiniens sur les mairies: critiqué par Retailleau, Faure reçoit le soutien de Mélenchon

Afficher le drapeau palestinien sur les mairies le jour de la reconnaissance de la Palestine par la France le 22 septembre: l’idée poussée par le patron du PS Olivier Faure a suscité l’indignation à droite du champ politique et dans la communauté juive. Tout a commencé par un tweet du premier secrétaire du Parti socialiste dimanche en fin d’après-midi.”Le 22 septembre, quand la France reconnaîtra enfin l’État palestinien, faisons flotter le drapeau palestinien sur nos mairies”, a-t-il écrit sur X en publiant une capture d’écran d’un article faisant état de “l’admiration” du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez pour les manifestations propalestiniennes qui avaient perturbé la Vuelta.Une “surenchère démagogique et clientéliste” pour le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi.”Je n’ai pas souvenir que vous ayez demandé aux mairies d’afficher les portraits des otages retenus à Gaza. Ni les drapeaux du Sud Soudan ou du Kosovo quand la France les a reconnus”, a-t-il ajouté.Emmanuel Macron co-présidera avec le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, le 22 septembre au siège de l’ONU à New York, une conférence sur la “solution à deux Etats” au cours de laquelle Paris doit formaliser, de même que plusieurs autres pays, sa reconnaissance de l’Etat palestinien.Cette date correspond aussi cette année à Roch Hachana, le Nouvel an juif.Alors qu’un internaute, l’ancien porte-parole de l’armée israélienne Julien Bahloul, le lui faisait remarquer, le patron du PS a répondu: “Tant que vous penserez que vous ne pouvez fêter le nouvel an juif et l’an 1 d’un État palestinien, vous ne sèmerez que la haine, le désespoir et la mort”.”Croire qu’on doit choisir entre fêter Roch Hachana et espérer un État palestinien, c’est confondre calendrier religieux et conflit géopolitique”, a affirmé de son côté le grand rabbin de France Haïm Korsia.C’est sur un aspect plus juridique que le ministre de l’Intérieur démissionnaire et patron des LR, Bruno Retailleau, est intervenu. – Mélenchon, un soutien “radioactif”? -“La justice administrative a ordonné récemment, et à plusieurs reprises, le retrait de drapeaux palestiniens du fronton de mairies, au motif qu’ils portaient gravement atteinte au principe de neutralité des services publics”, a-t-il déclaré.”Il y a suffisamment de sujets de division dans le pays pour ne pas importer le conflit du Proche-Orient”, a-t-il également tancé.Ces derniers mois, des tribunaux avaient notamment ordonné aux mairies de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Mitry-Mory (Seine-et-Marne) ou Besançon de retirer des drapeaux palestiniens hissés sur ou devant leur hôtel de ville.Les échanges n’ont pas échappé au leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dont la formation s’est fait le fer de lance du soutien de la cause palestinienne au sein de la classe politique française. Et qui accuse régulièrement les socialistes de timidité à ce sujet.”Olivier Faure, résistez aux provocations. Il ne faut JAMAIS mélanger la religion avec la politique”, a-t-il réagi sur X.”Courage ! Vous allez découvrir quel niveau d’insultes et de violences nous sommes soumis depuis deux ans”, a-t-il ajouté, dans un message teinté d’ironie.Fin août, lors d’une conférence devant ses troupes à Paris, Jean-Luc Mélenchon avait lancé à destination d’Olivier Faure: “Tu feras comme d’habitude mon grand, tu vas attendre six, sept, huit mois pour dire la même chose que moi après m’avoir injurié pendant six ou sept mois”.Pas de quoi rassurer les socialistes. “Le soutien de LFI paraît radioactif sur tous les sujets maintenant”, souffle un proche du patron du PS.”On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre”, dit de son côté un cadre Insoumis. “Faure se réveille deux ans après le début du génocide et il veut rattraper ses absences. Mais en général quand on fait ça on perd sur les deux tableaux”.Pendant le week-end, Olivier Faure s’était fait huer par des militants à la Fête de l’Humanité pour avoir reproché aux Insoumis de ne pas avoir “compris qu’il y avait un acte terroriste perpétré par le Hamas”, lors des attaques du 7 octobre 2023 en Israël.

Appels de Cédric Jubillar à son ex-petite amie: l’enquête classée

L’enquête pour “subornation de témoin et appels malveillants réitérés” ouverte après que Cédric Jubillar a appelé son ex-petite amie, témoin lors de son prochain procès pour le meurtre de son épouse, a été classée sans suite, a indiqué lundi le parquet de Toulouse.Le parquet a décidé “de classer sans suite cette affaire, considérant que les infractions visées n’étaient pas suffisamment caractérisées”, écrit dans un communiqué le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz.Cédric Jubillar a tenté d’appeler à plusieurs reprises le 4 septembre son ex-petite amie qui avait auparavant affirmé que le peintre plaquiste lui avait avoué le meurtre de son épouse Delphine, disparue fin 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn). Lorsqu’elle a constaté l’existence de ces appels, l’administration pénitentiaire a mis au courant la justice. Le parquet de Toulouse a ensuite ouvert une enquête le 6 septembre, avant d’entendre cette femme de 31 ans le 7 septembre, puis Cédric Jubillar le 11 septembre.Le parquet a alors promis de faire “le nécessaire pour trancher rapidement” et pour ne pas “perturber le procès” qui s’ouvre le 22 septembre à Albi, avait souligné le parquet de Toulouse, peu après l’audition de l’accusé.La jeune femme n’a pas répondu lorsque Cédric Jubillar a tenté de la joindre mais il lui a laissé le message suivant: “Réponds quand je t’appelle. Tu as peur de quoi ?”, selon l’avocat de l’ex-petite amie.”Ce n’est pas une phrase d’une personne qui veut avoir une conversation cordiale, mais plutôt une personne qui veut intimider, et dans le cas d’espèce menacer”, a dit à l’AFP Me Joaquinito Maria Alogo de Obono.”Nous pouvons légitimement nous demander, si ce n’est pas pour faire qu’elle se rétracte ou, au contraire, savoir s’il est possible pour elle de modifier sa version”, a-t-il ajouté.Cédric Jubillar nie avoir avoué à son ex-compagne qu’il avait tué sa femme, selon sa défense.L’accusé, qui clame son innocence dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni témoin, ni scène de crime, ni preuve irréfutable, aurait, selon des documents judiciaires, déjà affirmé à un codétenu ainsi qu’à une autre ex-compagne avoir tué Delphine.