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Inondations et glissements de terrain au Népal et en Inde : plus de 60 morts

Inondations, glissements de terrain et orages : les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le Népal et le nord-est de l’Inde ces dernières quarante-huit heures ont fait plus de 60 morts, de nombreux sinistrés et des dégâts considérables.Ces épisodes violents sont courants en Asie du Sud pendant la saison des moussons, entre juin et septembre, mais les scientifiques soulignent que le changement climatique aggrave ces phénomènes.Au Népal, les fortes pluies qui ont commencé à s’abattre vendredi ont causé la mort d’au moins 44 personnes, dont 37 dans le seul district oriental d’Illam, selon un nouveau bilan fourni à l’AFP par un porte-parole de l’agence nationale chargée des situations d’urgence, Shanti Mahat.Au moins 20 autres personnes ont été blessées, 187 secourues et cinq autres étaient toujours portées disparues, d’après ce bilan encore provisoire.Dans le district d’Illam, les sauveteurs ont réussi à rallier les zones sinistrées, ont annoncé les autorités. “C’était difficile parce que les routes étaient bloquées”, a déclaré à l’AFP un responsable local, Sunita Nepal, “les recherches ont été suspendues pour la nuit”.Dans la capitale Katmandou, les précipitations ont fait sortir les rivières et les fleuves de leur lit, provoquant des inondations dans leurs environs. Des hélicoptères et des bateaux ont été mobilisés pour évacuer les sinistrés.”Il y a des dégâts mais, grâce à l’alerte émise par les autorités, nous avons eu le temps de mettre nos affaires à l’abri”, a témoigné auprès de l’AFP un habitant de la ville, Rajan Khadga, 38 ans.”Mais nous n’allons pas pouvoir rouvrir notre commerce”, a toutefois ajouté ce vendeur de légumes. “Une partie de notre marchandise est recouverte de boue et ne pourra pas être vendue”.La Première ministre du gouvernement provisoire mis en place après les émeutes de septembre, Sushila Karki, a assuré ses concitoyens que “toutes les agences officielles étaient prêtes à fournir de l’aide” aux victimes.”Votre sécurité est notre principale préoccupation”, a-t-elle poursuivi.- “Coupées du monde” -De l’autre côté de la frontière, dans l’extrême nord-est de l’Inde, des pluies particulièrement violentes ont également noyé la région de Darjeeling, dans l’Etat du Bengale occidental.  Selon un parlementaire local, Harsh Vardhan Shringla, elles ont fait au moins 20 morts.Ce bilan n’a pas été confirmé de source officielle.”Des zones entières sur les hauteurs sont coupées du monde, des routes ont été détruites”, a noté sur son compte X M. Shringla, un membre de la chambre haute du Parlement indien.Au moins deux ponts ont été emportés par les crues, plusieurs routes et de vastes zones totalement inondées, a dit le chef de l’exécutif de l’Etat, Mamata Banerjje.”Profondément affecté par les vies perdues”, a réagi le Premier ministre indien Narendra Modi, promettant toute l’aide possible du gouvernement de New Delhi.Les inondations ont également touché le petit royaume voisin du Bhoutan, où l’armée indienne a annoncé procéder à des évacuations par hélicoptère dans la ville frontalière de Phuentsholing.Le département indien de météorologie (IMD) a émis une alerte rouge pour risque de “très fortes pluies” dans les régions himalayennes de l’Inde, dont celle de Darjeeling, jusqu’à lundi.L’actuelle saison de mousson a été marquée par une forte intensification des précipitations habituellement enregistrées à cette période de l’année. Elle a fait de nombreuses victimes et des dégâts considérables dans plusieurs pays de la région, dont l’Inde et le Pakistan.Le Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD), dont le siège est à Katmandou, avait averti en juin d’un risque accru de catastrophes au cours de cette saison des moussons. “Les températures en hausse et des pluies extrêmes augmentent le risque de catastrophes provoquées par l’eau comme des inondations, des glissements de terrain et des coulées de débris”, avaient estimé ses experts.pm-str-pa/bds       

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Face à la carpe asiatique, le Canada et les Etats-Unis résistent aux divisions politiques

Dans la région des Grands Lacs, à cheval entre le Canada et les Etats-Unis, une cause unit le président Donald Trump, ses opposants démocrates et les Canadiens qu’il menace d’annexer: la lutte contre la carpe asiatique, espèce invasive, qui menace l’équilibre écologique de cette immense réserve d’eau douce. Introduite aux États-Unis dans les années 1970 pour contrôler les algues dans les étangs d’aquaculture, la carpe asiatique a progressivement migré vers le nord, probablement lors d’inondations.Depuis, elle n’a cessé de se propager et de dévorer tout sur son passage.”Ce sont de véritables machines à tout dévorer”, explique Trisiah Tugade, biologiste aquatique au sein du programme canadien dédié à cette carpe envahissante.À bord d’un bateau embarqué sur la rivière Grand, affluent du lac Érié, elle traque avec son équipe ces poissons capables de ravager les écosystèmes.Sa progression via la rivière Illinois suscite des inquiétudes: si elle atteignait les Grands Lacs, ce serait un cauchemar écologique pour le plus grand système d’eau douce au monde.”Rien ne fait plus peur aux défenseurs de l’environnement que l’idée de voir ces carpes établir une population reproductrice dans les Grands Lacs”, estime Mike Shriberg, spécialiste de la politique de l’eau à l’Université du Michigan.Alors, des équipes canadiennes inspectent les affluents des Grands Lacs, ciblant les zones propices à la reproduction: eaux chaudes, peu profondes, riches en végétation.Sur la rivière Grand, Trisiah Tugade et son collègue biologiste Alex Price dirigent une opération de pêche électrique. Des perches immergées diffusent des impulsions sans danger qui étourdissent les poissons pour faciliter leur capture.Les spécimens sont ensuite identifiés, mesurés, et relâchés s’ils ne sont pas jugés envahissants.Depuis le lancement du programme en 2012, seules quelques dizaines de carpes ont été capturées dans les eaux canadiennes.- Centaines de milliers d’œufs -James Hall, pêcheur professionnel sur le lac Érié, se souvient avoir été l’un des premiers à en attraper une: “Je me demandais ce que c’était. Je savais que c’était un poisson inhabituel”, raconte-t-il. Il l’a conservée sur glace et a alerté les autorités via la ligne dédiée.Depuis la vigilance reste de mise. “Ces poissons peuvent se reproduire plusieurs fois par an et pondre des centaines de milliers d’œufs”, souligne Alex Price.Dès leur première année, ils deviennent trop gros pour les prédateurs naturels.La menace est telle que cette lutte contre les carpes asiatiques continue à recevoir un soutien bipartisan, notamment dans des Etats américains clés comme le Michigan, l’Ohio ou la Pennsylvanie.Pour Mike Shriberg, les Grands Lacs sont un “facteur d’unité” entre les partis américains mais aussi entre les deux pays.Une note de la Maison Blanche signée par Trump en mai, réaffirmant son engagement contre “la menace économique et écologique des carpes envahissantes”, a été saluée par tous.”Dans un climat politique extrêmement polarisé, ce soutien discret montre le rôle unique des Grands Lacs dans la politique américaine”, estime le chercheur. Les tensions commerciales et les menaces d’annexion ont fragilisé les relations bilatérales entre les deux voisins nord-américains. Et plus tôt cette année, Donald Trump aurait même déclaré à l’ancien Premier ministre Justin Trudeau qu’il souhaitait réviser les traités régissant les Grands Lacs.Dans ce contexte, l’avenir est incertain et “l’hostilité de l’administration Trump envers le Canada pourrait tout compromettre”, ajoute Mike Shriberg.Pourtant si la carpe envahissante venait à s’installer durablement, les conséquences seraient graves et imprévisibles.”Cela bouleverserait l’équilibre écologique, prévient-il. Une fois dans les lacs… je ne crois pas qu’il serait possible de les éradiquer.”

La tendance mode des plumes à l’épreuve du bien-être animal

Prisées par les créateurs lors des défilés, les plumes soulèvent des questions éthiques sur l’élevage intensif, incitant des stylistes comme Stella McCartney à développer des alternatives végétales, encore rares dans un secteur lent à faire évoluer.”Cela fait plus de 30 ans que je milite pour que l’on ne tue pas de vaches, de chèvres, de serpents ou tout autre animal vivant pour en faire des chaussures ou des sacs à main dans mon secteur”, a rappelé la créatrice britannique à l’AFP mardi soir à l’issue de son défilé lors de la Fashion Week de Paris. “Mais je me suis rendu compte il n’y a pas si longtemps que les plumes constituaient un autre aspect barbare de l’industrie”, a-t-elle affirmé.Si certaines espèces, comme les aigrettes, les oiseaux-lyres ou les perruches, sont aujourd’hui protégées, l’industrie continue néanmoins de recourir massivement aux plumes, principalement celles d’autruches, élevées dans des conditions dénoncées par les associations de défense animale.”Les plumes utilisées dans la mode sont arrachées à des oiseaux comme les autruches, les poulets, les dindes ou les canards, dont beaucoup passent toute leur vie confinés dans des fermes-usines ou sur des terrains boueux”, explique Yvonne Taylor, porte-parole de Peta Royaume-Uni. Stella McCartney a choisi de proposer une alternative végétalienne, comme elle le fait déjà pour le cuir et les peaux exotiques.- Des alternatives coûteuses -Lors de son dernier défilé parisien, elle a présenté les “Fevvers”, de fausses plumes fabriquées par une start-up britannique à partir d’herbe cultivée et teinte naturellement, cousues à la main sur robes et bustiers pastel. “On obtient le même effet (que des plumes), sans tuer des milliards d’oiseaux”, assure la fille de Paul McCartney.Une initiative intéressante même si le véritable changement interviendra quand les grandes maisons de mode s’engageront, selon Dana Thomas, autrice du livre “Fashionopolis” sur l’impact environnemental de l’industrie de la mode.Stella McCartney “n’a ni le poids ni les fonds pour acheter en grande quantité et transformer réellement le paradigme des biomatériaux”, souligne la spécialiste.Selon elle, de nombreuses alternatives aux produits animaux ou pétroliers existent déjà, mais les grandes maisons rechignent à les adopter, freinées par le coût plus élevé et un manque de volonté de recherche et développement.”Alors que la mode est censée être une industrie qui définit les tendances et nous informe de ce qui se passe dans notre culture, elle est en réalité très démodée”, déplore Mme Thomas. La campagne pour réduire l’usage des plumes dans la mode commence toutefois à porter ses fruits.Plusieurs Fashion Weeks secondaires, à Amsterdam, Melbourne ou Berlin, ont déjà interdit les plumes sauvages, en plus de la fourrure. Mais les plus prestigieuses – Paris, New York, Londres et Milan – continuent de les autoriser.Stella McCartney reconnaît que les “Fevvers” en sont encore au stade expérimental. La start-up qui les produit aura besoin de soutien financier et, éventuellement, de changements réglementaires, comme l’interdiction des plumes animales, pour se développer pleinement. “Il est vraiment intéressant de constater que cette technique ne peut pas être mise en production, alors que le massacre de nombreux oiseaux dans un bâtiment quelque part est en cours de production”, a-t-elle déploré. 

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La sensibilité des plantes revient au goût du jour

Se tourner vers le soleil pour en capter les rayons, s’agripper à une clôture pour continuer de grimper: les plantes aussi ont leur sensibilité, bien différente de celle des humains, une spécificité qui attire les chercheurs ces dernières années.”Ce qu’on entend par sensibilité, ce n’est pas le fait que les plantes ont des émotions ou des sentiments comme les humains. C’est le fait qu’elles reçoivent des informations de leur environnement de manière précise, continue et dynamique, et que ces informations vont les amener à avoir des réactions, visibles ou non à nos yeux”, explique à l’AFP Delphine Arbelet-Bonnin, docteure en biologie cellulaire et co-autrice de “Sensibles par nature”, un livre paru début octobre chez Ulmer.L’idée n’est pas nouvelle – le Britannique Charles Darwin ou le Français Claude Bernard l’ont avancée au XIXe siècle – mais les progrès de la biologie moderne la confirme jour après jour.Capter les messages dans l’air, toucher sans peau ni doigts, dialoguer secrètement par les racines, vibrer au rythme des bruits alentours… La gamme des sensibilités est riche.Mais comment les plantes, dépourvues par essence de système nerveux, font-elles ?Pour comprendre, il faut zoomer jusqu’aux capteurs placés sur les membranes entourant leurs cellules.C’est là que les plantes réceptionnent les informations provenant de leur environnement, qu’elles transforment en signaux électriques.Prenons l’exemple de la Drosera tokaiensis – la rosée du Tokaï – une jolie plante carnivore à la fleur violette: lorsqu’elle perçoit qu’une chenille affamée est en approche, elle est parcourue de signaux électriques.Ces signaux “ne sont pas exactement les mêmes que ceux qui parcourent le système nerveux des animaux, mais ils en sont très proches”, explique la biologiste. Dans le même temps, les phytohormones – les hormones chez les plantes – véhiculent également des informations dans tout l’organisme.Ces signaux électriques et ces hormones vont entraîner de manière diffuse dans l’organisme des réactions biochimiques “qui vont orienter la croissance, le métabolisme”.Et dans le cas de notre rosée du Tokai, lui intimer l’ordre de refermer ses pétales, afin de protéger de la voracité de la chenille ses organes reproducteurs.- Cécité végétale -Le tournesol, qui se tourne ostensiblement vers le soleil, la bryone, le lierre ou le haricot, qui grimpent à n’en plus finir, ou encore cette incroyable Alsomitra macrocarpa, une plante japonaise dont les graines ailées planent sur plusieurs mètres au moment de la libération des fruits, sont autant d’exemples de sensibilité végétale très visibles à l’oeil nu. Mais généralement, c’est la “cécité végétale” – conceptualisée en 1986 par le botaniste américain James Wandersee – qui l’emporte.”On a tendance à voir ce qui va bouger – les animaux – ou ce qui va faire du bruit – les oiseaux qui chantent. Les plantes sont moins mobiles, elles ne sont pas dans la même échelle de temps que nous, donc on fait moins attention”, souligne Delphine Arbelet-Bonnin.Les regards évoluent pourtant “depuis une vingtaine d’années”, note Lucia Sylvain Bonfanti, co-autrice du livre, qui termine cette année sa thèse sur la sensibilité des plantes après un parcours pluridisciplinaire alliant psychologie, neurosciences, biologie cellulaire et géographie. “En anthropologie, en géographie, notamment, on recommence à parler de la sensibilité des plantes, de leur capacité d’agentivité – être maître de soi – de leur façon de communiquer, de ce rapport qu’on a à elles aussi. C’est un tournant végétal qu’on voit dans les sciences humaines et sociales, mais qu’on voit aussi dans l’art, notamment le théâtre et la poésie”, souligne-t-elle.Le Covid, notamment, est passé par là.”Récemment, une étude menée en Grande-Bretagne a montré après le confinement un intérêt croissant des gens pour les plantes, les jardins, parce que c’est assimilé au bien-être et à un retour à la nature”, rappelle Delphine Arbelet-Bonnin.

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Pétrole: l’Opep+ augmente légèrement sa production pour le mois de novembre

Ryad, Moscou et six autres membres de l’Opep+ ont décidé lors d’une réunion en ligne dimanche d’augmenter leurs quotas de production pour le mois de novembre, dans le sillage de leur stratégie de reconquête de parts de marché adoptée depuis avril.”Les huit pays participants ont décidé de mettre en œuvre un ajustement de la production de 137.000 barils par jour” en novembre par rapport au niveau de production requis en octobre, a précisé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) via un communiqué. Il s’agit d’une augmentation plus modérée que certains ne le prédisaient, décidée afin d’éviter une dégrindolade des cours face à une demande en berne.Le groupe des huit “a agi avec prudence après avoir constaté à quel point le marché était devenu nerveux” face aux rumeurs de presse qui évoquaient la possibilité d’une hausse bien plus importante, de 500.000 barils par jour, confirme auprès de l’AFP Jorge Leon, analyste de Rystad Energy.L’Opep+ “calme les esprits, pour l’instant”, estime M. Leon, mais le “groupe évolue sur une corde raide entre le maintien de la stabilité des prix et la reconquête de parts de marché” dans un contexte d’excédent de l’offre par rapport à la demande. En quelques mois, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, Oman et l’Algérie ont déjà rehaussé leurs quotas de plus de plus de 2,5 millions de barils par jour (mb/j).Un rythme que personne n’anticipait en début d’année de la part du cartel qui avait longtemps lutté contre l’érosion des prix en organisant une raréfaction de l’offre via plusieurs coupes de production. – Une demande qui ne suit pas -L’Opep+ a en effet changé de stratégie depuis avril et favorise désormais le gain de parts de marché face à la concurrence d’autres pays, la “production des Etats-Unis, du Brésil, du Canada, de la Guyana et de l’Argentine atteignant ou (étant) proche de ses plus hauts historiques”, précisait l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son dernier rapport mensuel sur le pétrole.Cette situation contraste fortement avec une demande d’or noir “largement inchangée”, selon l’AIE, qui attend une croissance d’environ 700.000 barils par jour en 2025 et en 2026.L’Opep elle-même, généralement plus optimiste dans ses rapports, table sur une demande pétrolière mondiale qui devrait augmenter de 1,3 mb/j en 2025 et de 1,4 mb/j en 2026.Dans ce contexte, le baril de Brent, référence mondiale pour le brut, évoluait sous les 65 dollars vendredi, une perte d’environ 8% en une semaine, plombé par la crainte d’une hausse de production importante de la part du cartel. – Un moindre mal pour la Russie -Pour la Russie, deuxième plus gros producteur de l’Opep+ derrière l’Arabie saoudite, l’ajout de 137.000 barils par jour est encore “gérable”, estime Jorge Leon, précisant qu’une hausse trois ou quatre fois supérieure à cela aurait été “difficile pour le pays” et aurait questionné la cohésion de l’Opep+. La Russie dépend des prix élevés pour financer sa machine de guerre ccontre l’Ukraine et contrairement à Ryad, le Kremlin possède un potentiel limité de hausse de sa production en raison des pressions américaines et européennes sur son secteur pétrolier.La Russie qui produit “autour de 9,25 millions de barils par jour” actuellement, disposerait d’une “capacité de production maximum de 9,45 mb/j” contre environ 10 mb/j avant la guerre, affirme Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler, à l’AFP.En outre, les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes se sont intensifiées depuis août, provoquant aussi “l’augmentation des exportations de pétrole brut russe, car celui-ci ne peut être utilisé dans le pays”, affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Ce qui rend le pays encore plus dépendante de la vente à l’étranger de son or noir. 

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Inondations et glissements de terrain au Népal et en Inde: au moins 60 morts

Inondations, glissements de terrain et orages: les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le Népal et le nord-est de l’Inde au cours des dernières quarante-huit heures ont fait au moins 60 morts, de nombreux sinistrés et des dégâts considérables.Ces phénomènes violents sont courants en Asie du sud durant la saison des moussons, entre juin et septembre, mais les scientifiques indiquent que le changement climatique aggrave ces phénomènes.Au Népal, l’épisode de pluie qui a débuté vendredi a causé la mort d’au moins 43 personnes, dont 37 dans le seul district oriental d’Illam, selon un nouveau bilan fourni à l’AFP par un porte-parole de l’agence nationale en charge des situations d’urgence, Shanti Mahat.Douze autres personnes ont été blessées et 5 autres étaient toujours portées disparues dans l’ensemble du territoire, selon ce bilan encore provisoire.”Les routes sont bloquées, certaines zones sont très difficiles d’accès. Les secours sont obligés de les rejoindre à pied”, a rapporté à l’AFP un responsable de l’administration du district d’Illam, Sunita Nepal.Dans la capitale népalaise Katmandou, les précipitations ont fait sortir les rivières et les fleuves de leur lit, provoquant des inondations dans leurs environs.Des hélicoptères et des bateaux ont été mobilisés pour évacuer les sinistrés.”Il y a des dégâts mais, grâce à l’alerte émise par les autorités, nous avons eu le temps de mettre nos affaires à l’abri”, a témoigné auprès de l’AFP un habitant de la capitale, Rajan Khadga, 38 ans.”Mais nous n’allons pas pouvoir rouvrir notre commerce”, a toutefois ajouté ce vendeur de légumes. “Une partie de notre marchandise est recouverte de boue et ne pourra donc pas être vendue”.Les glissements de terrain ont également coupé des routes et perturbé de nombreux vols.- “Coupées du monde” -La Première ministre du gouvernement provisoire mis en place après les émeutes de septembre, Sushila Karki, a assuré ses concitoyens que “toutes les agences officielles étaient prêtes à fournir de l’aide” aux victimes.”Votre sécurité est notre principale préoccupation”, a-t-elle poursuivi, précisant que dimanche et lundi seraient considérés comme des jours fériés.De l’autre côté de la frontière, dans l’extrême nord-est de l’Inde, des pluies particulièrement violentes ont également noyé la région de Darjeeling, dans l’Etat du Bengale occidental.  Selon un parlementaire local, Harsh V. Shringla, elles ont fait au moins 20 morts.”Des zones entières dans les hauteurs sont coupées du monde, des routes ont été détruites”, a déclaré sur son compte cet élu de la chambre haute du Parlement indien.Au moins deux ponts ont été emportés par les crues, plusieurs routes ainsi que de vastes zones ont été inondées, a pour sa part détaillé sur X le chef de l’exécutif de l’Etat, Mamata Banerjje.”Profondément affecté par les vies perdues”, a réagi le Premier ministre indien Narendra Modi, en promettant toute l’aide possible du gouvernement de New Delhi.L’actuelle saison de mousson a été marquée par une forte hausse des précipitations habituellement enregistrées à cette période. Elle a fait de nombreuses victimes et des dégâts considérables dans plusieurs pays de la région, dont l’Inde et le Pakistan.Le Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD), basé à Katmandou, avait averti en juin d’un risque accru de catastrophes lors de cette saison des moussons. “Les températures en hausse et des pluies extrêmes augmentent le risque de catastrophes provoquées par l’eau comme des inondations, des glissements de terrain ou des coulées de débris”, avaient estimé ses experts.pm-str-pa/asm      

La PDG de Radio France inquiète d’une “polarisation” du débat sous l’impulsion des médias Bolloré

La PDG de Radio France Sibyle Veil dénonce le “dénigrement permanent” dont fait l’objet l’audiovisuel public de la part des médias de la galaxie Bolloré et s’inquiète de la “polarisation” grandissante du débat public en France, dans un entretien diffusé dimanche.”Nous ne pouvons pas accepter ce dénigrement permanent et, plus fondamentalement, on ne doit pas importer en France la violence et la polarisation qu’on a vues naître aux États-Unis”, a déploré dans une interview à La Tribune Dimanche la présidente de Radio France, dont le groupe a été secoué par l’affaire Legrand-Cohen.”La semaine où le pays changeait de Premier ministre, au cœur de manifestations sociales et d’instabilités internationales, CNews a réussi à consacrer jusqu’à 80% de son temps d’antenne à nous matraquer”, a-t-elle souligné.La diffusion d’une vidéo début septembre par le média conservateur L’Incorrect a déclenché une vive polémique politico-médiatique et un affrontement inédit entre les médias privés dans le giron du milliardaire Vincent Bolloré et l’audiovisuel public.On y voit les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, collaborateurs réguliers de France Inter et France 5, échanger avec des responsables du PS, suscitant des accusations de connivence, que les deux intéressés ont contestées.”Je n’ai jamais formulé d’attaques, mais il est normal de défendre un service public de la nation quand des campagnes virulentes sont menées contre lui”, a insisté Sibyle Veil. “Ces attaques de concurrents sont tout sauf désintéressées et impartiales. Leur objectif est de délégitimer l’audiovisuel public et d’obtenir sa destruction.”Elle s’est en revanche refusée à qualifier CNews de chaine d’extrême droite comme l’a fait la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci. La patronne du groupe public a également défendu l’existence d’un audiovisuel public fort, alors que des responsables à droite et à l’extrême droite appellent à sa privatisation: “que veut-on pour notre pays, avoir des médias souverains et solides qui informent de manière fiable ou bien uniquement des médias d’opinion et des réseaux sociaux qui vampirisent le débat ?”. Concernant le travail sur l’impartialité du service public lancé par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, Sibyle Veil qui doit être entendue par le Sénat mercredi, s’est dite “très sereine”.Interrogée sur la réforme de l’audiovisuel public actuellement à l’arrêt, Sibyle Veil a appelé à temporiser, jugeant la réforme “coûteuse”. 

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Japon: deux morts dans des attaques d’ours présumées

Des attaques imputées à des ours ont fait deux morts vendredi au Japon, ont indiqué samedi la police et des médias japonais, dans un contexte de prolifération de ces animaux dans ce pays.Une cueilleuse de champignons a été retrouvée morte dans une forêt de la préfecture de Miyagi, dans le nord-est de l’île de Honshu, et une autre est portée disparue, a indiqué la police.La police n’a pas formellement confirmé les causes de la mort de la septuagénaire mais selon des médias locaux elle a été alertée par d’autres cueilleurs qui ont signalé une attaque d’ours.Une attaque distincte et elle aussi attribuée à un ours a coûté la vie à un homme de 78 ans dans la préfecture de Nagano au nord-ouest de Tokyo, selon le quotidien national Asahi Shimbun.De plus en plus d’ours sauvages ont été observés au Japon ces derniers années, jusque dans des zones résidentielles, pour des raisons liées au changement climatique et au déclin de la population.Le mois dernier, le Japon a assoupli les règles sur les armes à feu de façon à faciliter leur emploi par les chasseurs dans les zones urbaines suite à une augmentation des attaques d’ours.Selon la radiotélévision publique NHK, les attaques d’ours ont fait cinq morts et 64 blessés entre avril et août cette année.Précédemment, selon les données gouvernementales, les ours avaient attaqué 85 personnes lors de l’année se terminant en mars 2025, faisant trois morts. L’année précédente, il y avait eu 219 attaques et six décès.

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En Suisse, des fours solaires pour recycler les métaux dans l’horlogerie

Une société suisse a inauguré vendredi deux fours à concentration solaire dans la cité horlogère de la Chaux-de-Fonds, dans le Jura suisse, avec pour ambition de mettre en place une filière de recyclage des métaux fonctionnant à l’énergie verte. La région du Jura compte de nombreuses entreprises horlogères et fabricants d’instruments médicaux qui utilisent de l’acier de très haute qualité. L’objectif est de récupérer leurs déchets de production pour les refondre sous forme de lingots à l’aide de la concentration de l’énergie solaire et pouvoir ensuite réapprovisionner les entreprises de part et d’autre de la frontière entre la France et la Suisse, en circuit court.  “Cela fait 10 ans que je rêve de ce moment”, s’est réjoui devant la presse Raphaël Broye, le directeur général de Panatère, PME spécialisée dans la transformation et le recyclage de matières premières métalliques.La Chaux-de-Fonds est connue comme le berceau de l’horlogerie helvétique, où Panatère va encore mener des tests avec les entreprises locales avant l’ouverture d’une usine en 2028, sur place ou dans les montagnes du Valais. L’entreprise espère pouvoir y produire chaque année 1.000 tonnes d’acier recyclé à l’aide de l’énergie solaire, ce qui serait sans précédent à cette échelle – grâce à des fours où la température peut approcher de 2.000 degrés Celsius.Ce site inauguré vendredi n’est donc “qu’une étape”, a expliqué M. Broye, qui entend cependant démontrer que cette technologie solaire n’est pas seulement “un concept” mais bien un procédé utilisable dans l’industrie.Quelque 148 scientifiques et professionnels ont travaillé sur premier prototype composé d’un héliostat couvert de miroirs mobiles de 140 mètres carrés et d’une parabole de 10 mètres de diamètre qui concentre les rayons vers un creuset où sont fondus les métaux.Pour concevoir ces prototypes, l’entreprise à dû apprendre à gérer les vents qui font bouger les miroirs, les poussières de sable du Sahara qui gagnent parfois les montages suisses et obstruent les panneaux ou encore les températures qui peuvent descendre jusqu’à -20 degrés en hiver et dépasser les 30 degrés en été. “Aujourd’hui il y a un vrai modèle économique à développer”, souligne par ailleurs M. Broye. “Avec les niveaux de prix et la rareté des métaux, on arrive à trouver un positionnement pour rentabiliser ces projets”, “même avec des salaires suisses”, explique-t-il en manipulant des copeaux de cuivre dont les prix explosent.”Cela redonne leurs lettres de noblesse aux circuits courts”, estime-t-il, ces prix élevés amenant les horlogers et industriels à réaliser qu’ils ont “un trésor à l’arrière de leur usine” avec leurs déchets de production. 

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Fusées contre biodiversité: en Guyane, le centre spatial poursuivi pour “atteintes environnementales”

Le gestionnaire de la base spatiale de Kourou, en Guyane, est poursuivi en justice pour des destructions d’espèces protégées lors de travaux réalisés sans autorisation. Des documents obtenus par l’AFP révèlent la mansuétude des services de l’État pour lui permettre de rapidement régulariser sa situation.L’affaire poursuit le Cnes depuis 2022. Il est reproché à l’agence spatiale française des “atteintes illicites (…) à la conservation d’un habitat naturel et d’espèces protégées”, lors de la réhabilitation non autorisée du pas de tir “Diamant”.Entre 1968 et 1976, les premières fusées françaises partaient de ce site. Mis en sommeil, il a été reconverti à partir de 2019 pour accueillir Callisto, une fusée expérimentale réutilisable, et cinq nouvelles plateformes pour des petites fusées privées, au cœur de la tentaculaire base spatiale guyanaise.Au moins quatre espèces protégées et leur habitat ont été détruits lors des travaux de terrassement débutés en mars 2022. Parmi celles-ci, une grenouille rare, le leptodactyle ocellé, protégée depuis 2020 par un arrêté ministériel.Le parquet soupçonne le Centre national d’études spatiales d’avoir eu connaissance de sa présence avant les travaux sans modifier ses plans. Quant aux autorisations de chantier, l’agence ne les avait pas encore obtenues, selon les éléments obtenus par l’AFP.Des impératifs économiques auraient justifié le choix de passer outre. “Les activités de terrassement démarrent. Tout arrêt industriel aurait un impact financier. Sauf demande explicite, nous maintenons ces travaux”, écrit une responsable du projet Callisto dans un mail du 22 mars 2022.Plusieurs fois, la Direction générale des territoires et de la mer (DGTM), un service sous l’autorité du préfet, avertit pourtant le Cnes que les travaux “ne peuvent démarrer en l’état”.L’agence spatiale passe outre: ce n’est qu’en septembre 2022 que la préfecture fait stopper le chantier avec un projet d’arrêté de mise en demeure de régularisation, après plusieurs contrôles de l’Office français de la biodiversité (OFB) et de la DGTM.Lors d’un de ces contrôles, le 4 août, la DGTM découvre un autre chantier démarré sans autorisation: l’aménagement d’un parc photovoltaïque, malgré la présence d’espèces protégées signalée dès novembre 2021.Selon l’OFB, 2,11 hectares d’habitats abritant huit espèces protégées ont été détruits.- “Sanctuaire environnemental” – Avec ses 650 km2 – six fois la surface de Paris -, le centre spatial guyanais, à l’accès strictement encadré, se présente pourtant comme un “sanctuaire environnemental”.Situé sur une savane littorale constituée d’herbes hautes et de petits arbustes, écosystème qui concentre 16% de la biodiversité de Guyane pour 0,3% du territoire, le site abrite plusieurs espèces endémiques et même une concentration inédite de jaguars.Ce n’est pas la première fois que le Cnes est épinglé. En 2019, pour le projet Callisto, il avait lancé des travaux de défrichage sans déclaration préalable, bouleversant une zone où un bureau d’études devait recenser la faune et la flore. Résultat: des inventaires faussés car le milieu naturel avait déjà été altéré.La crise du spatial européen à l’époque, découlant de l’invasion russe de l’Ukraine, semble avoir pesé sur cette précipitation. Notamment pour la réhabilitation du pas de tir “Diamant”, évaluée à 50 millions d’euros, selon des éléments de l’enquête dont l’AFP a eu connaissance.Financés par le plan France Relance 2030, les projets sont soumis à un calendrier serré. Ainsi, le parc photovoltaïque a reçu une subvention de cinq millions d’euros à condition que les travaux soient réalisés avant fin 2023.- “Retenir l’OFB” -Bien conscient des enjeux, l’Etat a pu faire preuve de clémence. En septembre 2022, le secrétaire général de la préfecture d’alors, Mathieu Gatineau, et la DGTM élaborent une stratégie pour aligner les procédures de régularisation en cours avec le calendrier de France Relance.Dans un échange dont l’AFP a pris connaissance, le responsable préfectoral demande au directeur de la DGTM, Ivan Martin, de “tâcher de retenir l’OFB, s’agissant d’un projet d’intérêt régional majeur”.Ce dernier le rassure: ses agents n’iront “pas contrôler” le site après sa mise en demeure pour éviter toute “sanction administrative”.Aujourd’hui, la base spatiale dispose de toutes les autorisations nécessaires pour la réhabilitation de Diamant, reconnu en mai 2024 “d’intérêt général majeur”.Une expertise judiciaire chiffre le préjudice écologique à 9,7 millions d’euros et la durée de restauration des sites abimés à plusieurs décennies. Saisi après un signalement de l’association guyanaise Cerato, le parquet de Cayenne a proposé au Cnes une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP): l’abandon des poursuites contre 10.000 euros d’amende, 20.000 euros de dommages et intérêts et des mesures compensatoires sur trois ans.Solution insuffisante, a jugé le tribunal, qui l’a invalidée en juillet 2024. Le dossier Callisto a alors été joint à celui du champ photovoltaïque PV2 dans une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable à la française.Après plusieurs reports, l’audience de CRPC à Cayenne pourrait se tenir le 1er décembre, selon une source proche du dossier. La partie civile plaide pour une requalification en délit d’écocide, qui ouvrirait la voie à un procès correctionnel.Sollicités par l’AFP, ni les services préfectoraux, ni Mathieu Gatineau, ni l’ancienne substitut du procureur à l’origine de la CJIP n’ont donné suite. Le parquet n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience. La direction du Cnes ne fait “aucun commentaire” et s’en remet “à la décision de la justice”.