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Une collègue du Dr Péchier dit avoir été “choquée” par l’anesthésiste

Une ex-collègue du docteur Frédéric Péchier, jugé pour empoisonnements devant les assises du Doubs, s’est dite “choquée” mercredi par une intervention en 2017 de l’anesthésiste, venu administrer un médicament inattendu, sans concertation, lors d’un arrêt cardiaque en pleine opération.Frédéric Péchier, 53 ans, est jugé par la cour d’assises du Doubs à Besançon pour 30 empoisonnements de patients, dont 12 sont morts, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon.Déterminée, l’anesthésiste Anne-Sophie Balon a décrit la journée du 11 janvier 2017 où sa patiente, Sandra Simard, 36 ans, a été empoisonnée avec du potassium, injecté dans une poche de soluté de réhydratation.La patiente est endormie pour une opération, puis à 08H56, la Dr Balon est appelée en urgence. Sandra Simard fait un arrêt cardiaque. La jeune médecin anesthésiste entame rapidement un massage cardiaque.Le Dr Péchier entre alors dans la salle, “avant même le cardiologue de garde”, et “injecte du gluconate de calcium” sans concertation. “Il ne m’en parle pas. Et il repart”, se souvient-elle.Le gluconate de calcium n’est pas un antidote à un excès de potassium (hyperkaliémie), mais aide le coeur à le supporter.”J’ai été choquée par le timing” de l’arrivée de Frédéric Péchier, par “l’administration précoce” du gluconate de calcium et par “le fait qu’une hyperkaliémie” était envisagée alors qu’il n’y avait “pas le contexte pour” à ce moment-là, a témoigné la jeune femme.Pour la défense, Me Randall Schwerdorffer note que “quand il y a de l’agitation dans un bloc, il est courant qu’on vienne prêter main forte”. “C’est vrai”, admet Mme Balon.Mais “il n’est pas usuel d’administrer quelque chose à un patient sans même s’adresser à son médecin” ni échanger des informations capitales pour “comprendre ce qui se passe”, selon elle.D’après Me Schwerdorffer, son client avait “annoncé l’administration du gluconate de calcium”.Sandra Simard survivra à cet arrêt cardiaque.Anne-Sophie Balon fera saisir et analyser les poches de perfusion utilisées pour l’anesthésie, dans lesquelles une dose de potassium 100 fois supérieure à la normale sera retrouvée.Au sein de la clinique, “on avait identifié que ça pouvait être lui”, Frédéric Péchier, l’auteur de l’empoisonnement, confie devant la cour la médecin, qui dit avoir “été grandement soulagée” lors de son interpellation.La praticienne n’a “jamais” été confrontée à d’autres arrêts cardiaques, ni avant ni après celui de Mme Simard.L’avocate générale, Christine de Curraize, a relevé comme possible mobile que le Dr Péchier, qui avait “le statut de leader” au sein de la clinique, était “déstabilisé” par l’arrivée d’une nouvelle génération de jeunes anesthésistes, dont Mme Balon.Lors de l’instruction, Frédéric Péchier avait mis en cause sa collègue en prétendant qu’elle aurait pu injecter le potassium a posteriori pour couvrir une erreur médicale.”Et Mme Simard, il est dû à quoi son arrêt cardiaque ? On n’a rien trouvé. C’est rocambolesque, ça ne tient pas !”, rétorque Anne-Sophie Balon.L’accusé, qui a toujours clamé son innocence, comparaît libre, mais risque la réclusion criminelle à perpétuité.Le verdict est attendu le 19 décembre.

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Le plus grand lac du Royaume-Uni suffoque à cause des algues toxiques

Pour la troisième année d’affilée, des algues bleu-vert toxiques ont proliféré sur le Lough Neagh, en Irlande du Nord, au point de donner une couleur de soupe de pois à ce lac, le plus grand du Royaume-Uni, duquel se dégage une odeur d’oeufs pourris. Cet été, l’épaisse couche verte – si étendue qu’elle est visible depuis l’espace – a atteint des records, selon les locaux très préoccupés par l’ampleur de la pollution due à ces algues, dont le nom scientifique est “cyanobactéries”.”Le lac est en train de mourir”, dit Mary O’Hagan à l’AFP, depuis Ballyronan, sur la rive ouest, pendant que des canards se débattent sur des pierres recouvertes d’une couche verte et glissante.La prolifération des algues – alimentée, selon les experts, par la pollution industrielle, agricole, les eaux usées et le changement climatique – dévaste la pêche et nuit fortement aux activités nautiques. Les rejets d’engrais provenant de fermes approvisionnant l’industrie agroalimentaire sont considérés comme un des principaux responsables de la pollution. Le déversement d’eaux usées non traitées est également mis en cause.Cette surabondance suscite aussi des inquiétudes sanitaires: environ 40% de l’eau potable d’Irlande du Nord provient du Lough Neagh.Des panneaux interdisant la baignade jalonnent les 125 kilomètres de rives, notamment à Ballyronan, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Belfast, la capitale d’Irlande du Nord. – “Déchirant” -Pendant les années Covid, Mary O’Hagan, 48 ans, nageait dans le Lough Neagh, mais ce n’est plus une option. “Nager ici, face à des levers de soleil spectaculaires, m’a aidée pendant des périodes difficiles de ma vie. C’est déchirant de voir le lac dans cet état aujourd’hui”, dit-elle.Mary O’Hagan fait partie du groupe “Sauvez Lough Neagh”, qui a récemment manifesté pour demander au gouvernement régional d’agir.”Il faut sanctionner les pollueurs !”, dit-elle, réclamant la création d’une agence environnementale indépendante capable de punir les responsables. Régulièrement accusé, le transformateur de volaille Moy Park affirme que le secteur avicole est “fortement réglementé, avec des limites strictes fixées pour la qualité des eaux usées”. La prolifération des algues est un “problème complexe qui ne peut pas être attribué à un seul secteur”, selon un porte-parole.Le changement climatique a également favorisé localement la propagation des moules zébrées, une espèce invasive, dont la capacité à filtrer l’eau peut faciliter la formation des cyanobactéries.- Aucune compensation -Les algues ont décimé les mouches de Lough Neagh, un maillon essentiel de la chaîne alimentaire pour les poissons et les oiseaux, explique Mick Hagan, en lançant sa ligne dans une rivière voisine.”Avant, la rivière était pleine de truites, mais c’est fini”, dit cet homme de 38 ans, revenu bredouille.La plus grande pêcherie d’anguilles d’Europe, située sur Lough Neagh, a suspendu ses activités cette année en raison de préoccupations sur la qualité.Mick Hagan appartient à la première génération de sa famille qui ne pêche pas l’anguille dans le Lough Neagh.Il tient un camion à pizzas sur un site de camping-cars près de Ballyronan, mais l’odeur nauséabonde provenant du lac a repoussé les touristes cet été.Selon Gavin Knox, dont la petite entreprise de paddle lancée en 2022 a elle aussi été victime des algues, la puanteur peut se faire sentir à plusieurs kilomètres.”Faire tourner l’entreprise est devenu impossible”, dit-il. “Même s’il reste des endroits sûrs pour pagayer, personne n’en a envie alors que les poissons meurent et que les oiseaux sont couverts de boue verte”. Cet homme de 48 ans, qui s’est endetté pour lancer son entreprise, se dit révolté qu’aucune compensation n’ait jamais été proposée par les autorités. En juillet 2024, le gouvernement régional a lancé un plan d’action, mais moins de la moitié des mesures prévues ont été mises en œuvre. Les autres devraient être réalisées “en 2026 et au-delà”, a indiqué le gouvernement à l’AFP, sans plus de précisions.

Affaire Legrand-Cohen: conflit bloc contre bloc entre l’audiovisuel public et les médias Bolloré

L’audiovisuel public fait bloc dans son conflit contre les médias de la galaxie Bolloré, qui est monté d’un cran mercredi: France Télévisions et Radio France ont conjointement dénoncé auprès de l’Arcom une “campagne de dénigrement” de la part de CNews et Europe 1 au sujet de l’affaire Legrand-Cohen.A un an et demi de la présidentielle de 2027, une telle opposition est inédite dans l’histoire médiatique française.D’un côté, les médias privés dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré accusent l’audiovisuel public de parti pris pour la gauche. De l’autre, les deux groupes publics contre-attaquent et en appellent au régulateur de l’audiovisuel.”France Télévisions et Radio France font actuellement l’objet d’une campagne de dénigrement systématique et quotidienne par un autre groupe de médias, en particulier sur les antennes de la chaîne de télévision CNews et de la station de radio Europe 1″, écrivent les présidentes des deux entreprises publiques, Delphine Ernotte Cunci et Sibyle Veil, dans un courrier à l’Arcom consulté par l’AFP.Toutes deux doivent être entendues par le régulateur mercredi après-midi au sujet de l’affaire Legrand-Cohen. Sollicitées par l’AFP pour réagir à ces accusations, CNews et Europe n’ont pas répondu dans l’immédiat.Le déclencheur des hostilités a été une vidéo diffusée début septembre par le média conservateur L’Incorrect, source d’une vive polémique politico-médiatique.- “Outrancier” -Filmée en juillet dans un restaurant parisien, la vidéo montre Thomas Legrand, chroniqueur à Libération et France Inter, et Patrick Cohen, qui intervient sur France Inter et sur France 5 (France Télévisions), échanger avec deux responsables du Parti socialiste. Au cours de cette discussion, M. Legrand déclare: “Nous, on fait ce qu’il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi”.La séquence a valu aux deux journalistes des accusations de connivence avec le PS et de parti pris à l’encontre de la ministre de la Culture sortante. Les deux hommes ont demandé par huissier à L’Incorrect l’intégralité des images vidéo, sans montage. Mercredi soir, L’Incorrect a indiqué avoir fait constater par huissier que les images brutes étaient “conformes aux propos” qu’il a publiés. “Il n’y a pas de propos qu’on leur fait dire qu’ils ne disent pas”, a déclaré à l’AFP son directeur de la rédaction, Arthur de Watrigant.Thomas Legrand a renoncé à son émission dominicale sur France Inter, mais continuera d’intervenir à l’antenne.Cette affaire a été amplement commentée sur CNews, Europe 1 et le Journal du dimanche (JDD) -tous dans le giron de M. Bolloré-, qui y ont vu un signe de parti pris politique du service public.Mais pour mesdames Ernotte Cunci et Veil, “le caractère outrancier et déséquilibré de cette campagne dépasse désormais le simple débat d’opinions”, ce qui contribue “à fragiliser la qualité du débat démocratique”.Elles pointent le “temps d’antenne très significatif” consacré par CNews et Europe 1 à des “propos dénigrants”. “Nous aimerions connaître votre position sur le sujet”, concluent les dirigeantes, en interpellant le président de l’Arcom, Martin Ajdari.- “Bien-pensants” -Bien avant cette affaire, les médias dans le giron de M. Bolloré ont fréquemment reproché à l’audiovisuel public de pencher à gauche, notamment dans son traitement des questions d’immigration et d’insécurité.Eux-mêmes sont accusés par des responsables politiques de gauche de promouvoir des idées d’extrême droite, ce qu’ils contestent.Jusqu’à ces derniers jours, les groupes publics n’avaient jamais directement répondu.Radio France a été le premier à changer de braquet. Samedi, deux hauts responsables sont publiquement montés au créneau pour réfuter les accusations. Lundi, dans un message interne consulté par l’AFP, Sibyle Veil a dénoncé “une campagne de déstabilisation”.”Ces gens deviennent fous”, a rétorqué lundi la vedette de CNews, Pascal Praud, en ouvrant son émission “L’heure des pros”. Il a dénoncé une “offensive tous azimuts contre ce que les bien-pensants nomment la presse Bolloré, mais qui est tout simplement une presse libre et indépendante”.Mercredi, le JDNews, le magazine du JDD, a consacrée sa une à l’affaire Legrand-Cohen. Elle est titrée “Radio France, France Télévisions… Le scandale des intouchables” et sous-titrée “Ils donnent des leçons et complotent avec la gauche… avec vos impôts”.

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Des milliers de morts cet été en Europe à cause du changement climatique, avancent des chercheurs

Plus de 15.000 morts pourraient être attribuées au changement climatique à l’issue de cet été dans les principales villes européennes, avancent des chercheurs dans un travail encore préalable mais dont l’intérêt a été salué par d’autres scientifiques.”Centrée sur 854 villes européennes, cette étude conclut que le changement climatique est à l’origine de 68% des 24.400 morts qui seraient liées à la chaleur cet été”, souligne mercredi le communiqué des deux instituts britanniques auxquels appartiennent les auteurs, l’Imperial College London et la London School of Hygiene & Tropical Medicine.Ils concluent donc qu’entre 15.013 et 17.864 décès liés cet été à la chaleur n’auraient pas eu lieu sans le réchauffement climatique, dans ces villes qui ne représentent par ailleurs qu’un petit tiers de la population européenne.Il s’agit de la première estimation de si grande ampleur sur les impacts sanitaires d’un été marqué en Europe par des températures particulièrement élevées. Plusieurs canicules ont été observées et l’été s’est révélé le plus chaud jamais enregistré dans plusieurs pays, comme l’Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni.Or, les effets sur la santé des chaleurs sont bien connus: aggravation des troubles cardiovasculaires, déshydratation, troubles du sommeil… Et les plus âgés sont, de loin, les plus à risque d’en mourir.Il faut toutefois prendre ces chiffres avec précaution. Ce type d’étude, de plus en plus courante depuis plusieurs années, vise à donner une estimation rapide de la mortalité liée au réchauffement climatique, sans attendre une publication en bonne et due forme en revue scientifique avec une méthodologie plus robuste.Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont d’abord modélisé dans quelle mesure le réchauffement climatique avait contribué aux températures élevées cet été. Ils estiment, au final, que sans changement climatique, les températures moyennes auraient été inférieures de 2,2°C dans les villes concernées.- En-dessous de la réalité ? -Les auteurs ont ensuite croisé cette observation avec des données passés sur la mortalité liée à la chaleur dans les différentes villes. Ils en arrivent ainsi à la conclusion que le réchauffement climatique a contribué à plus de 800 morts à Rome, plus de 600 à Athènes, plus de 400 à Paris… De manière générale, plus de 85% de ces morts auraient frappé des plus de 65 ans.”Il suffit que les canicules soient plus chaudes de 2 à 4°C pour que des milliers de personnes passent de vie à trépas”, a souligné Garyfallos Konstantinoudis, co-auteur de l’étude, lors d’une conférence de presse, qualifiant les pics de chaleur de “tueurs silencieux”.Mais ces chiffres ne prennent pas en compte l’excès réellement observé de mortalité. C’est à partir de telles données que des chercheurs finissent par donner une estimation solide de la mortalité liée à la chaleur: elle avait ainsi causé quelque 47.000 morts en Europe en 2023, selon une étude publiée par Nature Medicine un an après la période concernée.”C’est impossible d’obtenir des statistiques en temps réel à l’heure actuelle”, a admis Friederike Otto, co-auteure de l’étude. Mais les estimations “sont dans les clous”, a-t-elle assuré.De fait, nombre de chercheurs extérieurs à l’étude ont salué une étude valable, soulignant même qu’elle risquait d’être en-dessous de la réalité.”Les méthodes utilisées dans ces études d’attribution sont scientifiquement solides mais prudentes”, a expliqué Akshay Deoras, spécialiste en sciences de l’atmosphère à l’université britannique, au Science Media Centre. “Le nombre réel de morts pourrait même être plus élevé.”

Chikungunya: les contaminations dans l’Hexagone grimpent encore, la vigilance reste de mise

Face à la hausse inédite des contaminations cet été en métropole par le chikungunya et dans une moindre mesure par la dengue, les autorités sanitaires ont appelé mercredi à rester vigilants car “la saison n’est pas terminée” pour les moustiques vecteurs de ces maladies.Au 15 septembre, autour de 480 cas autochtones de chikungunya ont été identifiés en France métropolitaine, selon le bilan hebdomadaire de l’agence sanitaire, contre 382 la semaine précédente. Si plusieurs épisodes sont désormais clos, l’été 2025 est d’une ampleur inédite en métropole pour les cas autochtones de chikungunya, dont le virus se transmet d’un humain à l’autre via des piqûres de moustiques tigres et provoque des fièvres et douleurs articulaires.”Plusieurs foyers totalisent plus de 20 et même 50 cas (Fréjus, Antibes et Bergerac)”, et il existe aussi parfois des foyers secondaires (dus à une chaîne de transmission initiée par un cas autochtone d’un autre foyer), a noté Santé publique France.Cet été, le nombre important de foyers de chikungunya dans l’Hexagone et leur précocité est partiellement lié à l’épidémie majeure qui a sévi à La Réunion et dans la zone de l’océan Indien et encouragé l’arrivée de cas importés, lesquels ont ensuite favorisé des contaminations en métropole.L’expansion du chikungunya s’inscrit aussi dans un contexte où le moustique tigre, encore absent de métropole voici quelques décennies, est désormais implanté dans 81 départements, sur fond de réchauffement climatique.Egalement transmise par le moustique tigre, la dengue totalise toujours 21 cas -aucun nouveau enregistré la semaine écoulée-, sans atteindre le record 2024 (66 cas).Pour “limiter le risque de circulation de ces virus entre les territoires, une attention particulière est demandée aux voyageurs à destination des Antilles et de la Guyane, territoires moins touchés par le chikungunya mais où sont présents, toute l’année, les moustiques vecteurs de cette maladie”, ont prévenu le centre de crises sanitaires du ministère de la Santé et Santé Publique France dans un communiqué commun.Autre maladie sous surveillance renforcée: la fièvre “West Nile” ou du Nil occidental, transmise par le moustique Culex, compte 32 cas autochtones mi-septembre – neuf nouveaux en une semaine.Dans ce “contexte inédit en France métropolitaine”, les autorités sanitaires ont donc appelé à “maintenir un haut niveau de vigilance individuelle et collective” contre les piqûres et contre la prolifération des moustiques.

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Dieselgate: trois associations saisissent la justice, l’État défend ses actions

L’association de consommateurs CLCV, France Nature Environnement et l’ONG ClientEarth ont annoncé mercredi déposer un recours en justice dans le dossier du Dieselgate contre l’État français, accusé d’inaction, ce que ce dernier conteste.Dix ans après la révélation du scandale des moteurs truqués, qui avait d’abord éclaboussé Volkswagen puis de nombreux autres constructeurs, le volet judiciaire n’est pas clos. Trois organisations non gouvernementales ont annoncé déposer mercredi un recours devant le tribunal administratif de Paris, qui vise l’État “en raison de son inaction face aux dommages sanitaires et économiques du Dieselgate”, écrivent-elles dans un communiqué, confirmant des informations de France Info et du Monde. “Plusieurs millions de voitures diesel” aux moteurs truqués, “vendues entre 2009 et 2019, continuent de circuler en France, émettant des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) entre 2 et 10 fois supérieurs aux normes en vigueur”, affirment la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), France Nature Environnement (FNE) et ClientEarth, dont le siège est à Bruxelles.Dans leur requête, que l’AFP a consultée, elles demandent le rappel des véhicules en question. “Ces nouvelles actions confirment que le Dieselgate est un scandale de santé publique et environnemental qui perdure et contre lequel toutes les victimes peuvent agir”, a réagi pour l’AFP Marc Barennes, avocat d’entités publiques et privées qui se sont constituées parties civiles, dans des procédures distinctes de celle des associations. Accusé par les trois ONG de n’avoir “ni engagé les procédures nécessaires, ni sanctionné les constructeurs automobiles pour faire cesser ces pratiques”, l’État défend au contraire son action. Après le scandale, il a créé en 2020 le service de surveillance des véhicules et des moteurs (SSMVM) et “la recherche de dispositifs d’invalidation (c’est-à-dire de trucage, NDLR) fait partie depuis cette date des contrôles de surveillance de marché”, soulignent les ministères des Transports et de la Transition écologique dans une déclaration commune à l’AFP. “Plus d’une centaine de modèles de véhicules à motorisation thermique sur différentes générations ont déjà été contrôlés” et “plusieurs modèles ont été identifiés pour des émissions de NOx excédentaires”, précisent les ministères. Mais “certaines étapes” prennent du temps, soulignent-ils : “la durée des analyses nécessaires” et les “échanges contradictoires” avec les constructeurs. Le gouvernement précise aussi que les “multiplications de contestations de constructeurs” ont pu causer des “blocages”. – Quatre procès requis en France -Dans le sillage de Volkswagen, qui a reconnu en septembre 2015 avoir commercialisé plus de 11 millions de véhicules équipés d’un logiciel détectant les phases de tests afin de truquer et diminuer ses émissions, d’autres constructeurs ont été épinglés pour de possibles pratiques similaires. Quatre procès pour tromperie ont pour l’heure été requis en France par le parquet de Paris, visant Volkswagen, mais aussi Peugeot-Citroën, Fiat-Chrysler et Renault. La Répression des fraudes (DGCCRF) avait mis en lumière fin 2016 des écarts allant jusqu’à 377% entre les performances de certains modèles Renault au moment de leur homologation en laboratoire et lors de leur utilisation en conditions réelles.Dans la procédure contre la marque au losange, la cour d’appel de Paris a rejeté mercredi sa demande d’annuler des pièces lui valant sa mise en examen.De son côté, Stellantis, qui détient plusieurs des marques mises en cause, est “fermement convaincu que ses véhicules sont conformes à toutes les réglementations applicables en matière d’émissions et collabore toujours avec les autorités pour le démontrer”, a réagi le groupe auprès de l’AFP. Alors que deux modèles dans son giron font partie de ceux dont les associations demandent le rappel, le groupe indique avoir “volontairement lancé un rappel” des “3.659” Opel Meriva concernées en 2022. S’agissant des “12.800” Peugeot 308 “équipées d’une boîte de vitesses DV6FC et ML6C”, Stellantis demande aux propriétaires “de prendre contact avec leur concessionnaire ou agent agréé”. Les oxydes d’azote (NOx) sont jugés responsables de dizaines de milliers de décès prématurés chaque année à travers le monde.

Dieselgate: trois associations saisissent la justice, l’État défend ses actions

L’association de consommateurs CLCV, France Nature Environnement et l’ONG ClientEarth ont annoncé mercredi déposer un recours en justice dans le dossier du Dieselgate contre l’État français, accusé d’inaction, ce que ce dernier conteste.Dix ans après la révélation du scandale des moteurs truqués, qui avait d’abord éclaboussé Volkswagen puis de nombreux autres constructeurs, le volet judiciaire n’est pas clos. Trois organisations non gouvernementales ont annoncé déposer mercredi un recours devant le tribunal administratif de Paris, qui vise l’État “en raison de son inaction face aux dommages sanitaires et économiques du Dieselgate”, écrivent-elles dans un communiqué, confirmant des informations de France Info et du Monde. “Plusieurs millions de voitures diesel” aux moteurs truqués, “vendues entre 2009 et 2019, continuent de circuler en France, émettant des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) entre 2 et 10 fois supérieurs aux normes en vigueur”, affirment la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), France Nature Environnement (FNE) et ClientEarth, dont le siège est à Bruxelles.Dans leur requête, que l’AFP a consultée, elles demandent le rappel des véhicules en question. “Ces nouvelles actions confirment que le Dieselgate est un scandale de santé publique et environnemental qui perdure et contre lequel toutes les victimes peuvent agir”, a réagi pour l’AFP Marc Barennes, avocat d’entités publiques et privées qui se sont constituées parties civiles, dans des procédures distinctes de celle des associations. Accusé par les trois ONG de n’avoir “ni engagé les procédures nécessaires, ni sanctionné les constructeurs automobiles pour faire cesser ces pratiques”, l’État défend au contraire son action. Après le scandale, il a créé en 2020 le service de surveillance des véhicules et des moteurs (SSMVM) et “la recherche de dispositifs d’invalidation (c’est-à-dire de trucage, NDLR) fait partie depuis cette date des contrôles de surveillance de marché”, soulignent les ministères des Transports et de la Transition écologique dans une déclaration commune à l’AFP. “Plus d’une centaine de modèles de véhicules à motorisation thermique sur différentes générations ont déjà été contrôlés” et “plusieurs modèles ont été identifiés pour des émissions de NOx excédentaires”, précisent les ministères. Mais “certaines étapes” prennent du temps, soulignent-ils : “la durée des analyses nécessaires” et les “échanges contradictoires” avec les constructeurs. Le gouvernement précise aussi que les “multiplications de contestations de constructeurs” ont pu causer des “blocages”. – Quatre procès requis en France -Dans le sillage de Volkswagen, qui a reconnu en septembre 2015 avoir commercialisé plus de 11 millions de véhicules équipés d’un logiciel détectant les phases de tests afin de truquer et diminuer ses émissions, d’autres constructeurs ont été épinglés pour de possibles pratiques similaires. Quatre procès pour tromperie ont pour l’heure été requis en France par le parquet de Paris, visant Volkswagen, mais aussi Peugeot-Citroën, Fiat-Chrysler et Renault. La Répression des fraudes (DGCCRF) avait mis en lumière fin 2016 des écarts allant jusqu’à 377% entre les performances de certains modèles Renault au moment de leur homologation en laboratoire et lors de leur utilisation en conditions réelles.Dans la procédure contre la marque au losange, la cour d’appel de Paris a rejeté mercredi sa demande d’annuler des pièces lui valant sa mise en examen.De son côté, Stellantis, qui détient plusieurs des marques mises en cause, est “fermement convaincu que ses véhicules sont conformes à toutes les réglementations applicables en matière d’émissions et collabore toujours avec les autorités pour le démontrer”, a réagi le groupe auprès de l’AFP. Alors que deux modèles dans son giron font partie de ceux dont les associations demandent le rappel, le groupe indique avoir “volontairement lancé un rappel” des “3.659” Opel Meriva concernées en 2022. S’agissant des “12.800” Peugeot 308 “équipées d’une boîte de vitesses DV6FC et ML6C”, Stellantis demande aux propriétaires “de prendre contact avec leur concessionnaire ou agent agréé”. Les oxydes d’azote (NOx) sont jugés responsables de dizaines de milliers de décès prématurés chaque année à travers le monde.

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Trump tente de “saper le consensus” mondial sur le climat, juge l’ex-émissaire américain

Le recul climatique du président américain Donald Trump a non seulement un impact aux Etats-Unis mais “entraîne le monde dans la mauvaise direction”, estime dans un entretien à l’AFP John Podesta, l’ancien émissaire pour le climat de son prédécesseur démocrate Joe Biden.John Podesta a témoigné mardi dans le Montana lors d’un procès fédéral intenté par des jeunes plaignants contre l’administration Trump, accusée de bafouer leurs droits en promouvant le pétrole et le gaz par une série de décrets.Depuis son retour au pouvoir en janvier, l’administration Trump s’efforce aussi de promouvoir gaz et pétrole en dehors des Etats-Unis, qu’il s’agisse d’intégrer l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) dans les accords commerciaux ou de faire pression sur des organismes internationaux tels que l’Agence internationale de l’énergie.John Podesta a parlé à l’AFP dans le Montana, en marge des audiences fédérales, de l’abandon par les Etats-Unis de leur rôle de leader mondial et des conséquences pour la planète, à moins de deux mois de la conférence annuelle de l’ONU sur le climat, la COP30, au Brésil.Q: Comment analysez-vous la politique internationale climatique de l’administration Trump? R: Lors du premier mandat, ils avaient décidé d’abandonner leur rôle de locomotive. Maintenant, ils essayent d’entraîner le monde dans la mauvaise direction. Dans les forums internationaux, ils s’efforcent d’empêcher toute action en faveur du climat. Dans les relations bilatérales, ils encouragent l’utilisation des combustibles fossiles. Et dans les forums multilatéraux, ils affichent leur mépris pour toute action commune. Q: Il a été rapporté qu’ils pourraient essayer d’affaiblir le consensus de l’ONU sur le changement climatique. Quels effets cela aurait-il?R: Ils feront tout pour faire pencher la balance vers les énergies fossiles. Le raisonnement consistant à s’en prendre à la recherche scientifique aux Etats-Unis finira par saper le consensus scientifique à l’étranger. Parviendront-ils réellement à changer la dynamique au sein du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), surtout qu’ils privent le Giec de ressources et interdisent aux scientifiques fédéraux américains de participer à des études? Je ne pense pas qu’ils auront beaucoup d’impact sur la production globale de travaux scientifiques évalués par les pairs, mais ils sèmeront un peu le désordre en cours de route.Q: Comment cela affecte-t-il la place des Etats-Unis dans le monde, en particulier face à la Chine qui veut dominer les énergies propres?R: Il est clair que cela réduit le sentiment de solidarité que nous avons avec les pays autres que la Chine. Si nous sommes en concurrence avec la Chine pour le leadership mondial, nous nous alignons sur la Russie et l’Arabie saoudite plutôt que sur nos alliés naturels en Europe, en Amérique latine et en Asie. Du point de vue de la sécurité, c’est une terrible erreur.Q: Quelles seront les conséquences de tout cela pour les négociations de la COP30? R: On verra ce qui se passe (au Brésil) et après. Il existe toujours un fort consensus mondial pour aller de l’avant, mais avec les Etats-Unis non seulement absents du leadership mais jouant un rôle révisionniste, des pays comme l’Arabie saoudite et la Russie qui veulent réduire les ambitions ont désormais un allié de poids.Q: Selon vous, qu’est-ce qui motive l’administration Trump?R: C’est une tentative de transformer l’énergie propre en enjeu des guerres culturelles tout en ignorant les réalités économiques de la transition, et sa loyauté envers les intérêts de l’industrie fossile qui ont financé son ascension. Mais c’est surtout une question de politique culturelle: tant qu’il (Donald Trump, ndlr) pensera que cela lui est profitable, il continuera dans cette voie.

De nombreux médicaments jetés chaque semaine dans les hôpitaux, selon une enquête

En une semaine, plus de 250.000 médicaments ont été jetés au sein d’environ 200 hôpitaux et cliniques français, montre une étude publiée mercredi, qui note qu’un cinquième de ces traitements seraient encore utilisables.Ces résultats constituent une première étape “du travail à mener pour réduire le volume des médicaments jetés”, souligne un rapport publié à l’issue de cette étude réalisée par 210 établissements de santé, en majorité des hôpitaux publics, sur une période s’étalant de novembre à mars 2025.Ce n’est qu’une petite part des quelque 3.000 établissements recensés en France, mais cette étude donne une idée de l’ampleur d’un phénomène dont s’est notamment inquiété la Cour des comptes. Elle appelait début septembre à identifier les produits de santé les plus jetés et les raisons de ce gaspillage.Cette enquête a été lancée par le C2DS, un réseau de 940 établissements visant à réduire l’empreinte environnementale du système de santé et le RésOMEDIT, qui rassemble des observatoires régionaux des médicaments.Les établissements participants ont recensé combien de médicaments ils jetaient en une semaine. Résultat, 252.246 médicaments ont fini parmi leurs déchets, représentant 707.000 euros et plus de deux tonnes.Certains sont périmés – un tiers – ou impropres à l’usage pour d’autres raisons – un sixième. Mais une proportion conséquente –  un cinquième – d’entre eux seraient encore utilisables.S’ils finissent à la poubelle, c’est généralement parce qu’ils sont conditionnés en trop grande quantité et que les équipes des établissements n’ont pas le temps de reconditionner à l’unité les traitements entamés.Un autre cinquième provient de médicaments non utilisés après avoir été personnellement apportés par les patients de l’hôpital. Plus de la majorité des médicaments jetés (61%) sont des comprimés. Mais des injectables, des crèmes et des inhalateurs figurent aussi parmi les déchets. Les médicaments jetés dont le coût à l’achat est faible, tels que les hypnotiques, anxiolytiques ou antidépresseurs, sont très majoritaires en volume.A l’inverse, du fait de leur prix élevé, les médicaments de chimiothérapie pour traiter certains cancers et les antithrombotiques (visant à prévenir les thromboses) représentent plus du tiers (32,8%) de la valeur des ces médicaments jetés.”La gestion des péremptions de ces médicaments est prioritaire”, souligne ainsi le rapport qui préconise “un dispositif d’alerte sur les médicaments onéreux proches de la péremption”, propose d'”améliorer les commandes” pour ne pas créer de surstock et de mener des “études de stabilité prolongée pour allonger les durées de conservation”. 

La pétition contre la loi Duplomb sera examinée en commission à l’Assemblée

Les députés de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, saisie de la pétition contre la loi Duplomb sur l’agriculture ayant recueilli cet été plus de deux millions de signatures, ont unanimement voté mercredi pour son examen en commission. Les modalités de cet examen seront fixées par le bureau de la commission lundi, a précisé sa présidente Aurélie Trouvé (LFI). Une ou plusieurs semaines d’auditions pourront avoir lieu avant qu’un rapport soit publié, comprenant le texte de la pétition et le compte-rendu des débats en commission. Puis, “le rapport ainsi publié pourrait donner lieu à une troisième étape, c’est-à-dire à un débat en séance publique” dans l’hémicycle, a-t-elle détaillé. La décision de l’inscrire à l’ordre du jour reviendra à la Conférence des présidents, qui réunit les présidents des groupes politiques, les vice-présidents de l’Assemblée, et les présidents de commissions.”Tout cela est inédit, (…) nous n’avons jamais eu de précédente pétition à ce niveau-là”, a souligné Mme Trouvé.Elle a rappelé que le débat sur la pétition ne donnera pas lieu à un vote, ni en commission ni en séance. Il n’ouvre donc pas la possibilité de revenir sur les dispositions du texte agricole, adopté au Parlement début juillet avec le soutien des macronistes, LR et l’extrême droite. “Je crois profondément que nous avons tout à gagner à ouvrir cet espace de débat sur la loi que nous avons votée, y compris pour mieux l’expliquer et la défendre”, a déclaré mercredi la députée du Rassemblement national Hélène Laporte. “Nous souhaitons que ce débat permette de renforcer le dialogue entre la science, le monde agricole, les citoyens élus que nous sommes, et nos concitoyens”, a également plaidé le député Renaissance Jean-Luc Fugit. Plusieurs députés de gauche ont eux rappelé les conditions d’examen de la loi, qui avait fait l’objet d’une motion de rejet préalable par ses défenseurs pour contourner les 3.500 amendements déposés.”La pétition contre la loi dite Duplomb sauve l’honneur de ceux qui ont vécu cette séquence politique comme une trahison démocratique”, a estimé la députée socialiste Mélanie Thomin. Mais “la pétition ne demande pas un débat, elle demande l’abrogation” de la loi Duplomb, a déclaré l’Ecologiste Delphine Batho. Une proposition de loi en ce sens a été déposée mardi par son groupe.Le Conseil constitutionnel avait censuré en août la disposition la plus contestée de la loi, qui prévoyait la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes.Restent des mesures concernant des simplifications administratives accordées aux plus gros élevages, ou encore à la construction de certains ouvrages de stockage d’eau.