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Ce glacier résistait au réchauffement, est-il en train de succomber?

Le Groenland fond, les Alpes fondent, l’Himalaya fond, mais il existe une partie du monde où des glaciers massifs sont restés stables, voire ont gagné en masse, ces dernières décennies.Ces glaciers-là se répartissent sur le “toit du monde”, des milliers de kilomètres de chaînes de hautes montagnes en Asie centrale (Karakoram, Tien Shan, Kun Lun, Pamir). Et c’est au Tadjikistan dans les montagnes du Pamir qu’une longue et complexe expédition d’une douzaine de scientifiques financée par le Swiss Polar Institute et la fondation Ice Memory s’est rendue en septembre et octobre, accompagnée en exclusivité par un photographe de l’AFP.Il a fallu traverser en 4X4 le Tadjikistan d’ouest en est pendant quatre jours, puis monter à pied à plus de 5.800 mètres d’altitude sur la calotte glaciaire de Kon Tchoukourbachi, un dôme de glace tout près de la frontière chinoise.Pendant une semaine au sommet, par des températures glaciales et malgré une journée de blizzard, les scientifiques venus de Suisse, du Japon, des Etats-Unis et du Tadjikistan ont foré le glacier pour en extraire deux carottes de glace de 105 mètres, par tronçons.Ces couches de glaces compactées pendant des siècles, peut-être des millénaires, sont un trésor d’archive climatique car elles renseignent sur les chutes de neige, les températures, l’atmosphère et les poussières du passé.”Seule l’analyse en laboratoire le confirmera, mais nous espérons que la carotte sera exceptionnelle non seulement pour la zone, mais pour toute la région, probablement 20, 25 ou 30.000 ans”, confie à l’AFP Evan Miles, le glaciologue des universités de Fribourg et Zurich qui a mené l’éprouvante expédition, tout en restant très prudent.En remontant dans le temps, les chercheurs espèrent répondre à deux questions: pourquoi ces glaciers ont-ils résisté au réchauffement général? Et cette anomalie est-elle en train de prendre fin? “Toute cette région est unique au monde car les glaciers ont perdu très, très peu de masse depuis 25 ans, voire en ont gagnée”, explique Evan Miles.Des chercheurs pensent que l’anomalie de Karakoram, selon son nom officiel, prend fin. Les glaciers montrent en effet des signes de perte depuis quelques années, mais les scientifiques veulent déterminer s’il s’agit d’une variation naturelle, ou du début du vrai déclin.Pour en être certain, il faut une très longue période de mesures, “ce que les carottes peuvent nous fournir”, dit Evan Miles.Une conférence de presse célèbrera lundi à Douchanbé le succès de la mission. Une carotte sera expédiée au Japon, l’autre stockée dans un sanctuaire souterrain en Antarctique à la station Concordia, par -50°C, à la demande d’Ice Memory.Cette fondation, créée en 2021 par des universités et centres de recherche français, italien et suisse, a déjà collecté plusieurs carottes dans les Alpes, au Groenland, dans les Andes… Pourquoi les stocker dans ce sanctuaire en Antarctique? Pour permettre “aux scientifiques du futur de les analyser avec les outils les plus modernes dans 50, 100 ou 200 ans, et d’en extraire de nouvelles informations”, explique à l’AFP le climatologue suisse Thomas Stocker, ancien vice-président d’un groupe d’experts du climat de l’ONU (Giec), qui préside Ice Memory.”Nous perdrons probablement 90% de la masse des glaciers sur Terre”, rappelle-t-il. “Nous tentons de préserver une chose menacée par les activités humaines”.

Le gouvernement Lecornu 2 entre en fonction, pour combien de temps?

Le deuxième gouvernement de Sébastien Lecornu, mêlant ministres politiques et techniciens, entre en fonction lundi, avec l’objectif d’éviter une censure possible dès cette semaine si le Premier ministre n’annonce pas aux socialistes une suspension de la réforme des retraites lors de sa déclaration de politique générale mardi.Après des passations de pouvoir que Matignon a souhaité “sobres”, sans presse, sans invités et en intérieur, le chef du gouvernement réunira ses nouveaux ministres à Matignon à 14H30. Leur priorité sera de “donner un budget à la France d’ici la fin de l’année”, et d’essayer de sortir la France d’une crise politique inédite.Un premier conseil des ministres doit se tenir mardi matin. Le gouvernement y présentera un projet de budget avec “un objectif de déficit inférieur” à 5% du PIB selon la nouvelle porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, afin qu’il puisse être transmis au Parlement pour être débattu dans les temps impartis. Mais l’épreuve de vérité aura lieu dès mardi après-midi avec la déclaration de politique générale du Premier ministre à l’Assemblée nationale.Démissionnaire en début de semaine dernière, reconduit vendredi au terme d’une mission éclair auprès des forces politiques, Sébastien Lecornu est sur une corde raide. Le RN et LFI comptent le censurer dès cette semaine. Tout dépendra alors des socialistes, qui exigent du Premier ministre l’annonce d’une suspension de la réforme des retraites pour ne pas le faire chuter.Depuis l’Egypte, où il assiste au sommet sur Gaza, Emmanuel Macron a appelé lundi les forces politiques à “oeuvrer à la stabilité” et non à “faire des paris sur l’instabilité” dans une allusion à ceux qui espèrent une dissolution de l’Assemblée ou une présidentielle anticipée.Lors sa réunion avec les chefs de partis vendredi, le chef de l’Etat avait évoqué pour la première fois un décalage dans le temps de “la mesure d’âge” de départ à la retraite (passage progressif à 64 ans), symbole de son deuxième quinquennat. Mais ce geste reste insuffisant aux yeux de la gauche qui veut à la fois une suspension de la mesure d’âge légal et de l’accélération de la hausse du nombre de trimestres cotisés. Sur ce point, les socialistes vont plus loin que la CFDT, dont la priorité est de “figer l’âge légal” selon sa patronne Marylise Léon.- Equipe renouvelée -Sébastien Lecornu a présenté dimanche soir tard une équipe composée de nouveaux visages, dont huit de la société civile, et 26 issus de forces politiques, dont 11 du parti présidentiel Renaissance. Mais les six ministres de droite ont été aussitôt exclus du parti Les Républicains (LR) de Bruno Retailleau qui avait donné pour consigne – contestée par les députés – de ne pas entrer dans l’équipe Lecornu 2.Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, succède à Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur, le PDG sortant de la SNCF Jean-Pierre Farandou est nommé au Travail, et l’ex-directeur général de l’Enseignement scolaire Edouard Geffray à l’Education, succédant à Elisabeth Borne qui quitte le gouvernement.Plusieurs ministres, déjà présents dans les gouvernement Bayrou ou Barnier, demeurent en place.Moins attendu, alors que Sébastien Lecornu ne souhaitait pas s’entourer de personnalités ayant des ambitions présidentielles, Gérald Darmanin a été renommé garde des Sceaux. Il a annoncé se mettre “en congé de (ses) activités partisanes”.Après les prises de distance successives de LR et de la plupart de ses alliés centristes durant le week-end, Sébastien Lecornu a remercié ceux qui “s’engagent dans ce gouvernement en toute liberté, au-delà des intérêts personnels et partisans”. Ce nouvel exécutif de 34 ministres, beaucoup moins resserré qu’annoncé, a toutefois une durée de vie qui pourrait être limitée. Le gouvernement “va évidemment tomber”, a pronostiqué Jean-Luc Mélenchon lundi, le leader de La France insoumise estimant que les socialistes allaient voter la motion de censure déposée dans la matinée par le groupe LFI.Le RN a également déposé lundi une motion de censure et votera celle de LFI – l’inverse n’étant pas vrai – pour faire chuter le gouvernement.Le président du RN Jordan Bardella s’en est pris à un PS qui tente “de se faire acheter” sur la réforme des retraites pour ne pas voter la censure d’un gouvernement de “fond de tiroir”. A ses yeux, une “victoire symbolique” sur la réforme des retraites n’est pas prioritaire sur la dissolution de l’Assemblée réclamée par “une majorité de Français”.

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De la décharge au podium: au Kenya, les vêtements de seconde main ont leur défilé de mode

Dans une allée poussiéreuse du plus grand marché en plein air du Kenya, des mannequins défilent dans des tenues audacieuses fabriquées à partir de textiles collectés dans des décharges et de vêtements de seconde main n’ayant pas trouvé preneur.Chaque année, des milliers de tonnes d’habits d’occasion en provenance d’Europe, des États-Unis et d’ailleurs arrivent dans le pays d’Afrique de l’Est, qui en 2023 a dépassé le Nigeria pour devenir le plus grand importateur africain de ce genre de marchandises, selon une étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology).Des milliers de ballots atterrissent donc dans l’immense marché Gikomba de Nairobi, aux toits couverts de tôle. Un après-midi ensoleillé d’octobre, une importante foule s’y rassemble pour voir des mannequins défiler. Sur leurs corps, des pièces issues de ballots jusqu’ici jugés invendables ou immettables.”Quoi ? Ils ont amélioré nos vêtements !”, s’exclame un commerçant alors que les modèles glissent sur un podium en bois.Le défilé de mode, Gikomba Runway Edition (“La piste de Gikomba”), le premier du genre, fait la part belle aux jeunes stylistes kényans, dont Morgan Azedy, un spécialiste du recyclage.Le talent du designer s’exprime dans sa maison d’une seule pièce, où un ventilateur vrombit tandis qu’il fait tourner sa machine à coudre. “Je vois toujours la saleté de l’environnement autour de moi”, explique le jeune homme de 25 ans, rencontré par l’AFP avant le défilé.Sur le podium, sa collection “Kenyan Raw” (“Brut kényan”) met en avant deux thèmes marquants : le streetwear en jean et un look gothique entièrement confectionné à partir de cuir recyclé provenant de décharges et de rejets de la fripe.- “Pollution” -En utilisant ces vêtements usagés, Morgan Azedy affirme vouloir “réduire la pollution”.L’industrie mondiale de la mode est particulièrement nocive pour la planète, représentant jusqu’à 10% des émissions de gaz à effet de serre, selon la Banque mondiale.Alors que le Kenya a importé environ 197.000 tonnes de vêtements d’occasion en 2023, d’une valeur de 298 millions de dollars (256 millions d’euros), selon l’étude du MIT, l’Environment for development (EfD), un centre de recherche, estime que plus de 30% de ces textiles sont inutilisables et finissent directement dans les décharges, aggravant le problème de pollution du pays.La plupart des vêtements modernes sont fabriqués à partir de matériaux synthétiques comme le nylon et le polyester, qui sont essentiellement du plastique. Ils ne sont donc pas biodégradables. Et leur volume augmente toujours plus, parmi les autres déchets au Kenya.Olwande Akoth, une styliste exposant ses pièces recyclées de kimonos, vendait autrefois ces vêtements d’occasion. Mais elle s’est découragée. “C’est juste des ordures”, soupire-t-elle.L’Afrique de l’Est importe environ un huitième des habits de seconde main du monde, fournissant des emplois à environ 355.000 personnes, selon une étude réalisée en 2017 par l’agence d’aide du gouvernement américain, USAID, démantelée cette année par l’administration Trump.Une bénédiction pour les ménages les plus pauvres, qui trouvent ainsi des vêtements très peu chers. Mais en contrepartie, l’industrie textile locale se retrouve face à une concurrence aux prix inégalables.- “Originalité” -Des pays comme le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda ont donc cherché à restreindre ces importations. Mais ils se sont heurtés à l’AGOA, un accord commercial entre Washington et le continent africain permettant en retour d’exporter certains produits “made in Africa” aux États-Unis sans droits de douane. En 2016, la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), dont ces pays font partie, a pensé interdire les vêtements de seconde main, mais a reculé face aux craintes de perdre l’accès privilégié au marché américain.L’AGOA a expiré fin septembre. Son renouvellement par l’administration du président américain Donald Trump reste très incertain.Pour l’œil créatif de Morgan Azedy, les inconvénients des accords commerciaux, ces montagnes de vêtements s’accumulant dans des décharges, constituent toutefois un trésor. D’autant qu’acheter du tissu neuf est simplement “trop cher”, dit-il.Entre ses mains, un pantalon en jean surdimensionné a été transformé en une veste à étages et à volants associée à un pantalon évasé et des chaussures à plateforme.Un souci d'”originalité” qui lui a permis de présenter sa collection à la Fashion Week de Berlin l’année dernière.Après avoir habillé plusieurs musiciens régionaux, Morgan Azedy rêve désormais encore plus grand : il veut emmener ce que d’autres considèrent comme des déchets textiles aux grands messes de la mode de Paris et New York.

Gouvernement Lecornu: “le devoir de tous c’est d’oeuvrer à la stabilité”, exhorte Macron

Emmanuel Macron a appelé lundi les forces politiques à “oeuvrer à la stabilité” et non à “faire des paris sur l’instabilité”, au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu, déjà menacé de censure par LFI et le RN.”Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français”, a insisté le chef de l’Etat à son arrivée en Egypte où il assiste à un “sommet pour la paix” à Gaza. “Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre”, a-t-il martelé.Le gouvernement de Sébastien Lecornu, nommé dimanche soir, est déjà la cible d’une motion de censure initiée par La France insoumise et déposée lundi matin. Le Rassemblement national a également annoncé en avoir déposé une de son côté. M. Lecornu, reconduit vendredi, avait été contraint à la démission il y a une semaine, en voyant sa coalition gouvernementale voler en éclats avec la fronde des Républicains (LR).Face à ce chaos politique, M. Macron a demandé “à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect”. Et, interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne “faire aucun pari”.”Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français”, a encore déclaré le président.

Nuñez exprime une “émotion insondable” et son “admiration” pour les agents de la préfecture de police

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui quitte la tête de la prestigieuse préfecture de police de Paris (PP), a fait part lundi de son “émotion insondable” et de son “admiration sans bornes” aux agents de la PP.Dans un courriel adressé aux 43.000 agents de la PP qu’il a dirigés pendant plus de trois ans – “1.179 jours” exactement -, Laurent Nuñez fait part de “la fierté qu’il a éprouvée d’être leur chef qui n’a d’égal que l’admiration sans bornes” qu’il “(leur) porte”.”Je veux m’incliner devant la force – dont on dirait qu’elle est inépuisable – de ce collectif (…) dévoué” grâce à laquelle la maison “a pu relever, ces trois dernières années, les défis séculaires aussi bien que les missions du quotidien”, écrit le nouveau ministre de l’Intérieur.”Je n’emporte d’ici aucun bilan ni succès que je ne vous doive pas; aucune satisfaction personnelle qui n’ait pas été notre victoire collective”, poursuit-il avant de promettre que place Beauvau, il “pourra défendre les couleurs de la préfecture de police”.”Vous pouvez compter sur mon éternelle fidélité”, conclut-il, en qualifiant son passage à la PP “d’engagement d’une vie”.Laurent Nuñez, 61 ans, est devenu dimanche le premier “flic de France” en succédant à Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur.

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Insémination en France pour une panthère de l’Amour, le plus menacé des félins

Il n’en resterait que quelques dizaines dans la nature aux abords du fleuve qui marque la frontière sino-russe: une panthère de l’Amour, l’espèce de félin la plus menacée au monde, a subi la semaine dernière une insémination artificielle au zoo de Mulhouse (est), où les vétérinaires espèrent bientôt un heureux événement.Khala, 15 ans, s’agite furieuse dans son enclos à la vue du fusil hypodermique qui va lui administrer une fléchette anesthésiante. Dans quelques minutes, la magnifique femelle de 35 kilos à la robe noire et or dormira les yeux ouverts sur une table d’opération, avec sept vétérinaires à son chevet, dont deux venus de Berlin dans le cadre d’un programme européen de protection.”Il s’agit d’une première mondiale”, assure le vétérinaire Benoît Quintard, directeur du Parc zoologique et botanique de Mulhouse et référent du programme d’élevage européen de la panthère de l’Amour.Plus tôt dans la matinée, Khala s’est bien accouplée une nouvelle fois avec Baruto, 14 ans. Mais ces amours n’ont jusqu’à présent pas été couronnées de succès et les vétérinaires vont tenter d’aider la nature.Baruto, 50 kilos, passe en premier sur le billard. Comme dans une salle d’opération, un tube à oxygène lui passe entre les crocs, une intraveineuse lui injecte en permanence des produits anesthésiants et son coeur est relié à un électrocardiogramme au bipbip stressant.Alors que sa longue queue tachetée pend dans le vide, Baruto, à son corps défendant, se fait raser les testicules avant qu’un vibromasseur ne lui stimule la prostate.Le professeur Thomas Hildebrandt, de l’Institut Leibniz pour la recherche zoologique et la vie sauvage (IZW) – un organisme basé à Berlin spécialisé dans la reproduction des espèces menacées – va pouvoir récupérer dans un flacon une petite quantité de sperme au bout du fin pénis rose de l’animal. – “Une chance sur deux” -Au tour de Khala de passer sur la table d’opération. Elle a d’abord droit à une échographie rectale afin d’examiner l’utérus. “Bonne nouvelle: elle a ovulé. Mauvaise nouvelle: il y a des kystes”, révèle le professeur Hildebrandt.Cela signifie que même si un ovule est fécondé, il y a un risque qu’il ne parvienne pas à s’accrocher aux parois de l’utérus. Le vétérinaire introduit néanmoins dans la vulve de l’animal une sonde reliée à une seringue dans laquelle se trouve le sperme du mâle. Il appuie tout doucement sur la gâchette pour expédier le liquide dans l’utérus.”Il faut être patient. Si on va trop vite, ça pourrait ressortir”, explique sa collègue Susanne Holtze, qui estime à “environ une chance sur deux” la probabilité d’une grossesse – et donc d’une naissance trois mois plus tard.Pour multiplier les chances de fécondation, il convient d’exciter Khala, comme si elle se trouvait en plein accouplement et qu’un mâle lui mordait la nuque.Le Dr Quintard se charge de lui masser vigoureusement le cou, sous les commentaires grivois de ses collègues. “Tu peux faire les bruits aussi?” lui demande-t-on.Après une pesée, Khala retourne dans son enclos avant une ultime piqûre pour la réveiller.- Patrimoine génétique -Classé “en danger critique d’extinction” par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’animal est victime de la réduction de son habitat, de la raréfaction de certaines de ses proies et de consanguinité.Khala et Baruto n’ont pas été choisis au hasard: leur patrimoine génétique a été jugé suffisamment varié pour renforcer la diversité de l’espèce.La semence de Baruto n’a d’ailleurs pas été entièrement inséminée chez Khala: une partie sera conservée “pour que si jamais il se passe quoi que ce soit avec lui, on ait encore son pool génétique, potentiellement, pour de futures inséminations”, explique le Dr Quintard.D’où “l’importance” des quelque 250 panthères de l’Amour en captivité dans le monde, au “patrimoine génétique bien plus important que celles encore présentes dans la nature”.En Chine, l’Administration nationale des forêts se veut plus optimiste: grâce à un programme de protection lancé en 2017, elle assure que le nombre d’individus est repassé de 42 à 80 cette année. Le beau félin est cependant indirectement victime de la guerre en Ukraine: un programme de réintroduction en Russie est désormais suspendu.

Insémination en France pour une panthère de l’Amour, le plus menacé des félins

Il n’en resterait que quelques dizaines dans la nature aux abords du fleuve qui marque la frontière sino-russe: une panthère de l’Amour, l’espèce de félin la plus menacée au monde, a subi la semaine dernière une insémination artificielle au zoo de Mulhouse (est), où les vétérinaires espèrent bientôt un heureux événement.Khala, 15 ans, s’agite furieuse dans son enclos à la vue du fusil hypodermique qui va lui administrer une fléchette anesthésiante. Dans quelques minutes, la magnifique femelle de 35 kilos à la robe noire et or dormira les yeux ouverts sur une table d’opération, avec sept vétérinaires à son chevet, dont deux venus de Berlin dans le cadre d’un programme européen de protection.”Il s’agit d’une première mondiale”, assure le vétérinaire Benoît Quintard, directeur du Parc zoologique et botanique de Mulhouse et référent du programme d’élevage européen de la panthère de l’Amour.Plus tôt dans la matinée, Khala s’est bien accouplée une nouvelle fois avec Baruto, 14 ans. Mais ces amours n’ont jusqu’à présent pas été couronnées de succès et les vétérinaires vont tenter d’aider la nature.Baruto, 50 kilos, passe en premier sur le billard. Comme dans une salle d’opération, un tube à oxygène lui passe entre les crocs, une intraveineuse lui injecte en permanence des produits anesthésiants et son coeur est relié à un électrocardiogramme au bipbip stressant.Alors que sa longue queue tachetée pend dans le vide, Baruto, à son corps défendant, se fait raser les testicules avant qu’un vibromasseur ne lui stimule la prostate.Le professeur Thomas Hildebrandt, de l’Institut Leibniz pour la recherche zoologique et la vie sauvage (IZW) – un organisme basé à Berlin spécialisé dans la reproduction des espèces menacées – va pouvoir récupérer dans un flacon une petite quantité de sperme au bout du fin pénis rose de l’animal. – “Une chance sur deux” -Au tour de Khala de passer sur la table d’opération. Elle a d’abord droit à une échographie rectale afin d’examiner l’utérus. “Bonne nouvelle: elle a ovulé. Mauvaise nouvelle: il y a des kystes”, révèle le professeur Hildebrandt.Cela signifie que même si un ovule est fécondé, il y a un risque qu’il ne parvienne pas à s’accrocher aux parois de l’utérus. Le vétérinaire introduit néanmoins dans la vulve de l’animal une sonde reliée à une seringue dans laquelle se trouve le sperme du mâle. Il appuie tout doucement sur la gâchette pour expédier le liquide dans l’utérus.”Il faut être patient. Si on va trop vite, ça pourrait ressortir”, explique sa collègue Susanne Holtze, qui estime à “environ une chance sur deux” la probabilité d’une grossesse – et donc d’une naissance trois mois plus tard.Pour multiplier les chances de fécondation, il convient d’exciter Khala, comme si elle se trouvait en plein accouplement et qu’un mâle lui mordait la nuque.Le Dr Quintard se charge de lui masser vigoureusement le cou, sous les commentaires grivois de ses collègues. “Tu peux faire les bruits aussi?” lui demande-t-on.Après une pesée, Khala retourne dans son enclos avant une ultime piqûre pour la réveiller.- Patrimoine génétique -Classé “en danger critique d’extinction” par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’animal est victime de la réduction de son habitat, de la raréfaction de certaines de ses proies et de consanguinité.Khala et Baruto n’ont pas été choisis au hasard: leur patrimoine génétique a été jugé suffisamment varié pour renforcer la diversité de l’espèce.La semence de Baruto n’a d’ailleurs pas été entièrement inséminée chez Khala: une partie sera conservée “pour que si jamais il se passe quoi que ce soit avec lui, on ait encore son pool génétique, potentiellement, pour de futures inséminations”, explique le Dr Quintard.D’où “l’importance” des quelque 250 panthères de l’Amour en captivité dans le monde, au “patrimoine génétique bien plus important que celles encore présentes dans la nature”.En Chine, l’Administration nationale des forêts se veut plus optimiste: grâce à un programme de protection lancé en 2017, elle assure que le nombre d’individus est repassé de 42 à 80 cette année. Le beau félin est cependant indirectement victime de la guerre en Ukraine: un programme de réintroduction en Russie est désormais suspendu.

Le gouvernement Lecornu 2 entre en fonction, pour combien de temps ?

Le deuxième gouvernement de Sébastien Lecornu, mêlant ministres politiques et techniciens, entre en fonction lundi, avec l’objectif de déposer un projet de budget dans les temps et de trouver le “chemin” qui lui évite la censure promise par les oppositions.Après des passations de pouvoir que Matignon a souhaité “sobres”, sans presse, sans invités et en intérieur, le chef de gouvernement réunira ses nouveaux ministres à Matignon à 14H30. Leur priorité sera de “donner un budget à la France d’ici la fin de l’année”, et d’essayer de sortir la France d’une crise politique inédite.Démissionnaire en début de semaine dernière, reconduit vendredi au terme d’une mission éclair auprès des forces politiques, Sébastien Lecornu est sur une corde raide. L’ensemble des oppositions menacent de le faire tomber et il ne doit ses espoirs de survie qu’au Parti socialiste, avec lequel il tente de s’accorder, notamment sur les retraites.Un premier conseil des ministres doit se tenir mardi à 10H00, au retour du président Emmanuel Macron d’un déplacement en Egypte pour soutenir l’accord entre Israël et le Hamas. Le gouvernement espère y présenter un projet de budget afin qu’il puisse être transmis dans la journée au Parlement, puis être débattu dans les temps impartis. La Constitution prévoit que le Parlement dispose de 70 jours pour l’examiner et l’adopter avant le 31 décembre. Le Premier ministre devrait dans les jours suivants prononcer sa traditionnelle, et très attendue, déclaration de politique générale (DPG), où il donnera sa feuille de route alors qu’il reste comme ses prédécesseurs privé de majorité.- Equipe renouvelée -Il a présenté dimanche soir tard une équipe composée de nouveaux visages, dont huit de la société civile, et 26 issus de forces politiques, dont 11 du parti présidentiel Renaissance. Mais les six ministres de droite ont été aussitôt exclus du parti Les Républicains (LR) de Bruno Retailleau qui avait donné pour consigne – contestée par les députés – de ne pas entrer dans l’équipe Lecornu 2.Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, succède à Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur, le PDG sortant de la SNCF Jean-Pierre Farandou est nommé au Travail, et l’ex-directeur général de l’Enseignement scolaire Edouard Geffray à l’Education, succédant à Elisabeth Borne qui quitte le gouvernement.Autres nominations de personnalités moins connues, politiques cette fois: le chef des députés indépendants Liot Laurent Panifous se voit confier les Relations avec le Parlement, alors que son groupe sera clé aussi dans le vote pour ou contre la censure. La députée macroniste Maud Bregeon devient porte-parole du gouvernement, comme elle l’était déjà dans l’équipe de Michel Barnier. Plusieurs ministres, déjà présents dans les gouvernement Bayrou ou Barnier, demeurent en place.Moins attendu alors que Sébastien Lecornu ne souhaitait pas s’entourer de personnalités ayant des ambitions présidentielles, Gérald Darmanin a été renommé garde des Sceaux. Il a annoncé se mettre “en congé de (ses) activités partisanes”.- “Pas de très bons signes” -Après les prises de distance successives de LR et de la plupart de ses alliés centristes durant le week-end, Sébastien Lecornu a remercié ceux qui “s’engagent dans ce gouvernement en toute liberté, au-delà des intérêts personnels et partisans”. Ce nouvel exécutif de 34 ministres, beaucoup moins resserré qu’annoncé, a toutefois une durée de vie qui pourrait être limitée. “Ne déballez pas trop vite vos cartons, la censure arrive”, a écrit sur X la cheffe du groupe insoumis à l’Assemblée, Mathilde Panot. Marine Le Pen (RN) a annoncé le dépôt d’une motion de censure dès lundi.Si Sébastien Lecornu devait démissionner à nouveau, la perspective d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, réclamée notamment par l’extrême droite, pourrait se rapprocher davantage.Le groupe socialiste (69 députés), seul capable de sauver le nouveau gouvernement, a placé la barre assez haut. Sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, nous le censurerons”, a-t-il prévenu.”Il n’y a pas de très bons signes qui sont donnés”, a regretté dimanche sur BFMTV le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet. Mais il a précisé, comme le chef du parti Olivier Faure, que les socialistes attendraient la déclaration de politique générale pour se prononcer.

La nomination de Farandou au Travail, “plutôt un bon signal” pour la CFDT

La nomination du PDG sortant de la SNCF Jean-Pierre Farandou au ministère du Travail est “plutôt un bon signal”, a estimé lundi la numéro un de la CFDT Marylise Léon, insistant à nouveau sur la “condition sine qua non” de la suspension de la réforme des retraites. “Pour le moment, c’est un plutôt un bon signal”, a-t-elle dit sur TF1 au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement par le Premier ministre Sébastien Lecornu.”On a eu un très bon dialogue avec (Jean-Pierre Farandou, ndlr) quand il était à la SNCF, il avait négocié, notamment avec la CFDT, un accord sur la pénibilité il y a quelques mois”, a-t-elle ajouté. “Donc j’espère qu’il gardera ses convictions et cette façon de dialoguer avec les organisations syndicales aussi”.Marylise Léon a prévenu que la suspension de la réforme des retraites était “la condition sine qua non de la stabilité politique”.S’il y a un “enjeu de budget à construire”, la “question de l’apaisement démocratique est au moins aussi importante”, a-t-elle dit. “Et la suspension de la réforme des retraites, c’est le passage obligé pour pouvoir avoir un début d’apaisement”.”La priorité pour la CFDT, c’est figer l’âge légal (de départ à la retraite, NDLR) parce que c’est la mesure qui a le plus d’impact, quatre fois plus d’impact que le nombre de trimestres” à avoir pour pouvoir partir à taux plein. “On sait que ce sont des centaines de milliers de personnes qui vont être concernées par le fait qu’on bloque le compteur du décalage de l’âge légal à 62 ans et neuf mois”, a-t-elle souligné, une proposition avancée par le président Emmanuel Macron lorsqu’il a reçu des responsables de partis. 

‘I know it’s immoral’: Child workers still common in Pakistan

From the age of 10, Amina has been scrubbing, sweeping and cooking in a middle-class home in Pakistan’s megacity of Karachi. Like millions of Pakistani children, she is a household helper, an illegal but common practice that brings grief to families often too poor to seek justice. “Alongside my mother, I cut vegetables, wash dishes, sweep the …

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