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Publicité ciblée: le Conseil d’État confirme l’amende de la Cnil à Apple

Le Conseil d’État a rejeté mercredi le recours d’Apple concernant une amende de 8 millions d’euros infligée fin 2022 par la Cnil pour avoir imposé des traceurs publicitaires à ses utilisateurs en France, sans consentement explicite de ceux-ci.Dans sa décision, consultée par l’AFP, la haute juridiction a estimé que la sanction du gendarme français des données personnelles n’était pas disproportionnée, considérant le nombre de personnes concernées (27,5 millions entre juillet 2020 et juillet 2021) ainsi que le chiffre d’affaires mondial du géant de la tech.Elle a également affirmé que les activités en France d’Apple justifiait la compétence de la Cnil dans ce domaine, et que l’entreprise avait bénéficié d’un temps suffisant pour préparer sa défense.Sollicité vendredi par l’AFP, Apple a répondu rester “fidèles à (ses) principes pour protéger la vie privée des utilisateurs face aux entreprises consommatrices de données personnelles”.”Nous considérons (…) qu’un utilisateur devrait toujours avoir la possibilité de choisir s’il souhaite partager ses données et avec qui”, a ajouté l’entreprise.L’enquête initiale avait été lancée par la Cnil après une plainte de l’association France Digitale, qui fédère les start-up françaises et notamment des développeurs de logiciels distribués via le magasin d’applications du groupe américain.Le montant relativement limité de l’amende s’explique par le fait qu’Apple s’est mis en conformité rapidement pendant l’enquête de la Cnil, qui a eu lieu à la mi-2021.De plus, ces identifiants publicitaires ne permettaient à Apple de cibler les internautes que lorsqu’ils naviguaient sur le magasin d’applications mobiles (App Store), donc dans un champ bien borné. Enfin, l’autorité n’a pu sanctionner que les manquements en France. En mars dernier, Apple avait également écopé d’une amende de l’Autorité de la concurrence de 150 millions d’euros pour abus de position dominante dans le cadre du ciblage publicitaire sur ses appareils.

Le Secours catholique annonce le premier plan social de son histoire

Le Secours catholique a annoncé vendredi avoir présenté aux représentants de ses salariés un projet de plan social prévoyant la suppression de 130 postes en raison de “contraintes financières”, une première pour l’association caritative. Ce “projet de transformation”, présenté au comité social et économique jeudi, vise “à mettre en place une organisation sobre, en proximité des actions de terrain”, indique la direction dans un communiqué.Elle ajoute avoir engagé des discussions sur un plan de sauvegarde de l’emploi qui “comprendrait notamment une phase préalable de départs volontaires et porterait le nombre de postes en CDI de 932 à 802”, soit 130 postes en moins. Il s’agit de “sortir d’une zone de risque à moyen terme” à l’heure où, “comme de nombreuses associations de solidarité, le Secours Catholique est confronté à des contraintes financières auxquelles il est de plus en plus compliqué de faire face”, peut-on encore lire. Créé en 1946, le Secours catholique, qui vient en aide aux populations les plus précaires, compte à l’heure actuelle 932 salariés et près de 60.000 bénévoles. Dans un rapport publié en janvier, la Cour des comptes avait estimé que les déficits en 2023, la projection de déficit pour 2024 et l’augmentation des charges immobilières devaient “inciter” l’association “à rechercher les voies d’un retour à l’équilibre financier”.L’annonce de ce plan social survient dans un contexte économique compliqué pour les associations qui ont tiré le 11 octobre la sonnette d’alarme pour alerter sur leur situation budgétaire et réclamer un soutien de l’État. 

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Accord sur la décarbonation des bateaux: vote décisif sous pression américaine

Les pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont repris vendredi à Londres, dans la division, leurs travaux sur l’adoption d’un plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des navires, qui doit être voté dans la journée, mais que les Etats-Unis tentent de bloquer.L’adoption de ce texte, déjà approuvé en principe en avril, permettrait au secteur, extrêmement polluant, de prendre un virage climatique historique en contraignant les navires à réduire progressivement leurs émissions dès 2028, jusqu’à décarbonation totale vers 2050.Le système envisagé “n’est pas parfait”, a reconnu Arsenio Dominguez, le secrétaire général de l’OMI, à l’ouverture du sommet mardi. Mais “il fournit une base équilibrée.”La journée de jeudi a été marquée par de longues négociations entre les délégations –qualifiées de “chaotiques” par le représentant russe– qui se sont achevées à 3H30 du matin (2H30 GMT).M. Dominguez a demandé à ce que les membres de l’OMI, une agence de l’ONU où règne habituellement la règle du consensus, “ne réitérèrent pas” cette manière de négocier.- Marche arrière -Le plan litigieux vise à faire payer aux bateaux une sorte de taxe sur leurs émissions au-delà d’un certain seuil, en vue d’alimenter un fonds récompensant les navires à faibles rejets et soutenant les pays vulnérables au changement climatique.Cette tarification du CO2 doit les inciter à utiliser des carburants moins émetteurs de gaz à effet de serre.Les pays de l’Union européenne, le Brésil et la Chine ont réitéré cette semaine leur soutien à l’adoption de ce “cadre net-zéro” (appelé aussi NZF).Les Etats insulaires du Pacifique, qui s’étaient abstenus en avril, jugeant la mesure insuffisante, ont finalement indiqué qu’ils y étaient favorables.Mais l’opposition est forte du côté des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite, de la Russie et des pays producteurs de pétrole.Donald Trump, attaché aux énergies fossiles et qui a enclenché une marche arrière sur le climat depuis son retour au pouvoir, a appelé jeudi sur son réseau Truth Social à voter contre ce plan.”Les États-Unis ne toléreront PAS cette arnaque verte mondiale sous forme de taxe sur le transport maritime et ne s’y conformeront d’aucune manière”, a-t-il affirmé.”Nous ne tolérerons pas d’augmentation des prix pour les consommateurs américains NI la création d’une bureaucratie verte pour dépenser VOTRE argent dans leurs rêves écologiques”, a poursuivi le président américain, qui a dans le passé qualifié le changement climatique de “plus grande arnaque” de l’Histoire.Les Etats-Unis vont jusqu’à menacer les délégations favorables au projet, avec des restrictions de visas pour les membres de leurs équipages, des pénalités commerciales ou des frais portuaires supplémentaires.- Manoeuvres américaines -Le représentant brésilien a dénoncé vendredi en plénière les “méthodes” américaines, disant espérer “que cela ne remplacera la manière habituelle de prendre des décisions au niveau mondial”.Les pressions américaines pourraient affecter des “pays malheureusement plus sensibles à l’influence” des Etats-Unis, a reconnu une source européenne auprès de l’AFP.Les Philippines — pays qui fournit le premier contingent mondial de travailleurs du secteur — pourraient faire évoluer leur position. Tout comme les îles des Caraïbes, dépendantes économiquement des croisières américaines. L’Argentine prévoit pour sa part de voter contre.Le vote pourrait donc être très serré, d’autant que les Etats-Unis préconisent, dans un dernier coup de théâtre, d’en changer ses modalités afin de le faire capoter.Les nouvelles réglementations de l’OMI sont habituellement considérées comme acceptées sauf si un tiers de ses 176 membres (ou alors l’équivalent de la moitié de la flotte marchande mondiale) déclare s’y opposer – un processus connu sous le nom d'”acceptation tacite”.Mais Washington propose une “acceptation explicite”, qui inverserait les rôles et nécessiterait que deux tiers des nations optent officiellement pour l’adoption.Ce changement de procédure, dans laquelle pèsent les abstentionnistes, doit être examiné vendredi par l’OMI.Les principales associations et organisations maritimes se sont pour leur part déclarées favorables à l’adoption du NZF, dans un souci de lisibilité réglementaire.

Genève met au ban les élèves frontaliers, colère côté français

Parents dévastés, enfants inquiets, communes et élus français en colère: les autorités cantonales de Genève ont décidé d’exclure les élèves frontaliers des bancs de leurs écoles, suscitant incompréhension et frustration côté français.Le bureau de Jean-Luc Pecorini, maire de la petite commune de Bossey en Haute-Savoie, surplombe la frontière suisse, située à environ 50 mètres de l’autre côté d’une route départementale. Au loin s’étend la ville de Genève.Comme ailleurs dans la région, Bossey accueille des travailleurs frontaliers, dont de nombreux Suisses, qui ne peuvent plus se loger à Genève, une des villes les plus chères au monde. Aussi, M. Pecorini juge “abrupte” la décision genevoise, tombée en juin, de bannir dès la rentrée 2026 les élèves frontaliers, qui sont en très grande majorité suisses.”On n’est pas contents”, réagit-il face à l’AFP, évoquant un sentiment partagé par d’autres maires français. Ouvrir une nouvelle classe coûterait quelque 80.000 euros, explique-t-il.Selon une source proche du dossier côté français, le nombre d’élèves concernés pour l’instant est d’environ 2.500, “mais par la suite c’est un flux continu d’élèves qui auraient été normalement scolarisés à Genève qui ne le seront pas”.Le coût financier des conséquences de cette décision est évalué à 60 millions d’euros pour la France (coût de scolarisation et des infrastructures), plus par la suite environ 15 millions par an, selon cette même source. – “Citoyens suisses de seconde zone” -Malgré les protestations et appels qui se multiplient, Genève demeure inflexible, invoquant le manque de places dans ses écoles et la pression démographique.”Les quelque 2.000 élèves frontaliers actuels qu’il ne faudra progressivement plus scolariser d’ici à 2029 correspondent à un peu plus de 200 postes de travail”, principalement des enseignants, “soit une économie d’un peu plus de 27 millions sur 4 ans”, ont indiqué les autorités genevoises à l’AFP.Pour les parents, c’est l’incompréhension.Roberto Balsa, un frontalier de 47 ans qui travaille dans l’informatique, déplore que Genève “mette dans la balance l’économie et les enfants”.”La nouvelle a très brutale” y compris pour sa fille de 7 ans, à qui d’autres enfants “ont dit qu’elle était une frontalière et qu’elle n’a rien à faire” à l’école suisse, raconte-t-il. Une stigmatisation évoquée par beaucoup de parents concernés.Les familles sont d’autant plus choquées qu’elles sont en très grande majorité suisses.”On est devenu des citoyens suisses de seconde zone”, se désole Joana, 35 ans et mère de deux enfants, qui souhaite garder l’anonymat par peur de représailles sur le plan professionnel.Comme de très nombreux frontaliers, cette jeune femme suisse, qui travaille dans le secteur de la santé, a quitté Genève en raison du manque de logements. “On a accepté de quitter notre logement insalubre au centre-ville pour nous installer en campagne, mais le fait de passer cette frontière était conditionné à cet accès à l’école” suisse, expose-t-elle. – “Très forte tension” -Certains parents se sont regroupés autour du collectif “Ecole pour tous”. Des familles ont déposé des recours devant la justice à Genève, d’autres participent à une pétition en ligne.A l’image d’Emmanuel, qui a requis l’anonymat pour se prémunir des critiques anti-frontaliers sur les réseaux sociaux. Père de quatre enfants, il juge la décision genevoise “discriminatoire”, faisant valoir que les frontaliers paient leurs impôts à la source en Suisse, avec seulement un tiers reversé en France.Au-delà de la mesure, l’absence de concertation a aussi choqué. En France, élus et représentants de l’Etat réclament la suspension de la décision pour ouvrir le dialogue.”L’ensemble des autorités françaises partage l’idée qu’on ne peut plus accepter que Genève, en raison du manque de logement, déporte l’accueil des travailleurs sur le territoire français sans réelle prise en compte de l’impact financier que cela génère”, a indiqué la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à l’AFP.En outre, a-t-elle relevé, “en renvoyant des élèves qui habitent en France, qui sont à 80% suisses et qui ont dans la quasi-totalité vocation à travailler en Suisse, Genève exporte la charge de la scolarisation en France alors que nos écoles sont déjà sous très forte tension en termes de capacité” dans cette zone appelée “France voisine” en croissance démographique constante.Florent Benoit, président de la Communauté de communes du Genevois, regroupant 17 communes de Haute-Savoie, se demande où va s’arrêter Genève “dans la sous-traitance” des politiques publiques.”Aujourd’hui on parle d’éducation, demain on parlera de quoi : des prisons ?” tonne-t-il.

Dans son ultime déclaration avant le verdict, Cédric Jubillar répète n’avoir “rien fait” à sa femme

Ultime déclaration avant l’épilogue d’un procès hors normes: Cédric Jubillar a réaffirmé vendredi matin n’avoir “absolument rien fait à Delphine”, son épouse disparue qu’il est accusé d’avoir tuée, juste avant que la cour d’assises du Tarn se retire pour délibérer et décider si le peintre-plaquiste est coupable ou non.Devant la cour qui doit prononcer le verdict dans l’après-midi, l’accusé de 38 ans, arrivé le visage blême et les yeux cernés, a lancé quelques regards vers la salle et a prononcé cette seule phrase après avoir été invité par la présidente Hélène Ratinaud à s’exprimer une dernière fois, comme le prévoit le Code de procédure pénale.Son avocate Emmanuelle Franck “croit qu’il a dit une ultime phrase qui lui ressemble beaucoup, qui est assez spontanée, qui est assez simple, qui réunit l’ensemble de ce que cet homme essaie de dire depuis quatre ans et demi”.Mais pour l’avocat des frères et sœur de la disparue, Laurent De Caunes, “ce sont des mots qui sont désincarnés, comme ceux dont il nous a gratifiés depuis le début de cette audience”.Au bout de quatre semaines de ce procès ultramédiatisé, le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’ouvrier en bâtiment, sa défense réclame son acquittement. “Est-il coupable d’avoir, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines donné volontairement la mort à Delphine Aussaguel épouse Jubillar ?”: c’est la question à laquelle devront répondre les trois magistrats et les six jurés, avec pour consigne que le doute doit profiter à l’accusé.Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable pour qu’il soit condamné. Si trois d’entre eux votent “non coupable”, il sera acquitté.”Il est bien évident (…) que nous espérons que cet homme soit acquitté”, a déclaré son autre avocat Alexandre Martin, vendredi à la sortie du palais de justice. Mais il a dit savoir, “que “rien n’est gravé dans le marbre avant que la décision ne soit rendue”.- “Tapis rouge à l’erreur judiciaire” -Lors de leurs plaidoiries jeudi, les deux avocats toulousains, qui défendent Cédric Jubillar depuis sa mise en examen et son placement en détention en juin 2021, se sont efforcés de semer le doute dans l’esprit des jurés. Alors que parties civiles et avocats généraux estiment qu’un “pétage de plomb” de l’accusé a pu conduire au meurtre de l’infirmière de 33 ans, Me Franck a souligné qu'”un pétage de plomb, c’est ce qu’on appelle un crime pulsionnel, un crime passionnel, celui qui laisse le plus de traces, parce qu’on ne contrôle rien, on éclabousse tout”. Or, a-t-elle insisté, il n’y a aucune trace.”La conviction des gendarmes dès le premier jour” a empêché la manifestation de la vérité et le procès n’a fait que dérouler un “tapis rouge à l’erreur judiciaire”, a plaidé Me Martin.Depuis sa première prise de parole le 22 septembre dans le palais de justice d’Albi, l’accusé, stoïque dans son box mais secoué de mouvements nerveux, a invariablement martelé qu’il n’avait rien à voir avec la disparition de la mère de ses deux enfants.- “Le crime parfait attendra” -Pour les parties civiles et l’accusation, sa culpabilité ne fait en revanche aucun doute. L’avocat général Pierre Aurignac a estimé que “pour défendre l’idée de l’innocence de M. Jubillar, il faut écarter quatre experts, faire taire 19 témoins et tuer le chien pisteur” qui a établi que la mère de famille n’a pas quitté son domicile la nuit de sa disparition.”Le crime parfait attendra, a-t-il ajouté, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamné, et vous allez être condamné M. Jubillar”.Pour Me Laurent Boguet, avocat des enfants du couple, “il ne l’a pas seulement tuée, il l’a étranglée pour la faire taire, il l’a effacée en faisant disparaître le corps”.Vendredi matin, Me Philippe Pressecq, avocat d’une cousine de Delphine, a regretté “le fait qu’il n’y ait pas eu d’aveux, cela va aggraver sa peine”. “A 22h30, elle était dans la maison, à 4h00 du matin elle n’y était plus et on sait qu’elle n’est pas sortie de la maison. Le dossier se résume à ça. Tout le reste n’est que littérature”, a-t-il dit.La décision fera l’objet d’un appel, ont fait savoir les parties. Un nouveau procès se tiendra en 2026, probablement devant la cour d’appel de Toulouse.

Le dernier membre retrouvé du “gang de Roubaix” peu coopératif à l’ouverture de son procès

Le procès de Seddik Benbahlouli, dernier membre retrouvé du “gang de Roubaix” après 27 ans de cavale, s’est ouvert vendredi devant les assises du Nord, pour sa participation présumée à ce groupe criminel des années 1990 mêlant grand banditisme et islamisme radical.L’audience a débuté peu avant 10H à Douai, mais l’accusé s’est montré d’emblée guère coopératif.”Je n’ai nullement l’intention de participer à ce procès. J’ai été clair depuis le début, à cause de la violation de mes droits dès les États-Unis”, a déclaré Seddik Benbahlouli, 55 ans, crâne dégarni et barbe poivre et sel fournie. Malgré ses protestations, il est d’abord resté dans le box des accusés à la demande de la présidente. “Vous devez au moins avoir cette dignité, c’est votre place”, lui a-t-elle lancé. Mais lorsque l’homme a tenté de quitter de force le box, les policiers sont intervenus pour le faire sortir de la salle d’audience.La journée sera notamment consacrée à l’enquête de personnalité.Arrêté en 2023 aux États-Unis, où il vivait sous une fausse identité, Seddik Benbahlouli, originaire de Roubaix, avait été interpellé pour infraction à la législation sur les étrangers puis extradé vers la France.Il sera jugé jusqu’au 27 octobre pour tentative de meurtre sur deux policiers en 1996, recel de véhicule volé et participation à une association de malfaiteurs.Il avait été condamné pour ces faits à 20 ans de prison en 2001, par contumace. N’ayant pas acquiescé à ce jugement, il est rejugé comme si cette condamnation n’avait jamais existé.Le “gang de Roubaix”, qualifié d'”islamo-braqueurs” par l’ancien patron de la brigade criminelle de Lille, Romuald Muller, qui doit témoigner lundi au procès, s’était formé au milieu des années 1990 autour d’un noyau d’hommes fréquentant la mosquée Dawa de la ville. La plupart de ses membres s’étaient rendus en Bosnie en 1994-1995, aux côtés d’islamistes venus combattre au sein de “brigades de moudjahidines”.En 1995 naissait l’idée de monter un groupe en France et d’organiser des braquages pour financer la cause islamiste armée.- “Eléments imparables” -Entre janvier et mars 1996, le gang mène une série de braquages et attaques à l’arme de guerre dans le nord de la France, causant la mort d’un civil à Roubaix lors d’une course-poursuite avec la police, et faisant plusieurs blessés.Le 28 mars, un attentat à la voiture piégée devant le commissariat de Lille échoue de peu, à quelques jours d’une réunion du G7 dans la ville.Le groupe est démantelé le lendemain, lors d’un assaut du Raid contre une planque à Roubaix. Quatre membres meurent sur place et le chef présumé, Christophe Caze, est abattu dans sa fuite en Belgique.Les cinq survivants ont été condamnés, en première instance ou en appel entre 2001 et 2007, à des peines de 15 à 25 ans de réclusion criminelle.Benbahlouli est lui soupçonné d’avoir ouvert le feu sur des policiers alors qu’il venait récupérer une Audi 90 volée, le 27 janvier 1996 à Croix, dans la banlieue lilloise. L’un des deux policiers avait été blessé par balle.”Il n’y a pas de raison que, parce que cet individu était en fuite, il n’ait pas à s’expliquer devant la justice, même 30 ans après”, a affirmé avant l’ouverture d’audience l’avocate des parties civiles, Me Blandine Lejeune, à l’AFP. Les deux policiers, aujourd’hui à la retraite, “s’en souviennent comme si c’était hier. Quand on a frôlé la mort, qu’on s’est fait rafaler par des balles de Kalachnikov, ça ne s’oublie pas”, a-t-elle ajouté. Dans le dossier, “il y a des éléments imparables”: de l’ADN de Benbahlouli “dans une trace de sang sur les lieux du crime. Je ne vois pas comment il pourrait contester les faits. En revanche, peut-être nous dira-t-il ce qu’il a fait pendant 30 ans?”, a poursuivi Me Lejeune.Après la chute du gang, Benbahlouli a disparu dans la nature. Selon les enquêteurs, il serait passé par le Togo, le Burkina Faso et le Yémen, avant de rejoindre la Belgique, sous une fausse identité. Sa trace s’est perdue en 1998. L’un des temps forts du procès devrait être la journée d’audience de mercredi, où les quatre autres survivants du “gang de Roubaix” doivent témoigner.

Meurtre de Lola: le procès de Dahbia Benkired s’est ouvert à Paris

Le meurtre de Lola avait bouleversé l’opinion et enflammé la classe politique: trois ans après les faits, la cour d’assises de Paris juge depuis ce vendredi, Dahbia Benkired, accusée d’avoir violé, torturé et tué cette adolescente de 12 ans.Installés sur le banc des parties civiles, la famille et les proches de la victime, visages marqués, parfois en pleurs, ont revêtu un T-shirt blanc, imprimé d’un dessin du visage d’une enfant blonde et souriante, ouvrant de grands yeux : “Tu étais le soleil de nos vies, tu seras l’étoile de nos nuits”, y est-il écrit. A l’entrée dans le box de l’accusée vêtue d’un gilet noir sur T-shirt blanc, tandis que celle-ci déclinait son identité, une des proches de l’adolescente a éclaté en sanglots avant de sortir quelques instants. La personnalité de l’accusée, aujourd’hui âgée de 27 ans, mais aussi le mobile du crime, sur lequel elle n’a jamais donné de véritable explication, seront au coeur des débats prévus pour durer six jours avant un verdict attendu le 24 octobre.  Ce meurtre d’enfant avait suscité l’effroi et déclenché une tempête politique, la droite et l’extrême droite s’emparant du fait que Dahbia Benkired, algérienne, séjournait en France de manière irrégulière au moment des faits, le 14 octobre 2022. Le 14 octobre 2022, vers 16H40, plusieurs résidents d’un immeuble du 19e arrondissement de Paris l’avait aperçue dans leur hall d’entrée, chargée de valises et surtout d’une imposante malle recouverte d’une couverture.Une heure et demie plus tôt, elle apparaissait sur les bandes de vidéosurveillance de la résidence abordant Lola Daviet, 12 ans, la fille du gardien de l’immeuble, qui rentrait du collège.Entre les deux séquences, l’enquête a reconstitué une scène de crime sordide: Dahbia Benkired a contraint la fillette à la suivre dans l’appartement de sa soeur qu’elle occupait, lui a imposé des actes sexuels et l’a frappée à plusieurs reprises avec ciseaux et cutter. Enroulée d’adhésif, y compris sur l’ensemble du visage, la jeune Lola est morte d’asphyxie.L’accusée avait alors placé le corps de sa victime dans une malle trouvée dans l’appartement, avant d’entamer une fuite erratique. Au bar en bas de l’immeuble, alors qu’un client croit deviner un reste humain dans cet imposant bagage, elle affirme qu’elle “vend un rein”. A l’ami qu’elle appelle ensuite et qui consent à la ramener chez lui, en banlieue ouest, Dahbia Benkired ne donne en revanche aucune explication à ces lourds bagages.Elle avait finalement décidé de retourner au domicile de sa sœur en VTC. Lorsque l’aînée distingue les restes humains, elle hurle, entraînant la panique de Dahbia Benkired qui constate en outre un énorme dispositif policier autour de l’immeuble. Elle prend la fuite, se réfugie chez un autre ami, où elle est interpellée le lendemain matin.- “Conduites manipulatoires” -Une question se posera durant les six jours de débat: pourquoi? Lors d’un premier interrogatoire, Dahbia Benkired avait d’abord exprimé son agacement de ne pas détenir de pass permettant d’appeler les ascenseurs – sa sœur ne lui avait donné que la clé de son appartement- et d’avoir essuyé le refus de la gardienne, la mère de Lola, de lui en fournir un.Elle a ensuite accusé un ex-conjoint d’être l’auteur des faits.Les enquêteurs se sont aussi interrogés sur des croyances autour de la sorcellerie, aiguillonnés par plusieurs recherches internet qu’elle avait effectuées quelques jours plus tôt. Pourquoi, en outre, les chiffres 1 et 0 écrits au vernis sur la voûte plantaire de chaque pied de sa victime? “Ça vous intéresse, la mort d’une petite? Pas moi”, avait répondu Dahbia Benkired.Si les experts ont relevé des “conduites manipulatoires”, l’accusée, grosse consommatrice de cannabis, ne souffre pas “d’une pathologie psychiatrique majeure”.Sans véritable domicile fixe ni activité professionnelle, elle apparaissait sombrer dans une grande précarité, point d’orgue d’une existence chaotique entre l’Algérie et la France, élevée un temps par des tantes peu aimantes avant une installation définitive en France en 2013.Selon une enquête de personnalité consultée par l’AFP, le décès de sa mère, en septembre 2020, avait été un “point de bascule”.La situation irrégulière en France de Dahbia Benkired, avait été mise en avant par la droite et l’extrême droite. Six mois après la présidentielle, le parti d’Eric Zemmour avait dénoncé un “francocide”, organisé une manifestation et acheté les noms “ManifPourLola.fr” ou “JusticePourLola.fr”, au mépris de la famille de l’adolescente, qui avait réclamé qu’on n’utilise plus son nom.

Projet d’action contre un opposant russe en France: quatre hommes écroués

Quatre hommes, soupçonnés d’être impliqués dans un projet d’action à l’encontre d’un opposant russe réfugié politique en France, ont été mis en examen à Paris et placés en détention provisoire, a indiqué vendredi le Parquet national antiterroriste (Pnat) à l’AFP.Vladimir Ossetchkine, directeur de Gulagu.net, une ONG qui dénonce des faits de torture et de corruption dans les prisons russes, a confirmé à l’AFP être la personne visée par ce projet à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), ville où il réside, comme l’avait révélé Le Parisien.”Tout va bien”, a-t-il assuré, en remerciant la police et le contre-espionnage français, “tous ceux qui ont participé à la capture de ces gangsters, de ces tueurs”. Il a également remercié “ceux qui travaillent pour empêcher ces sales projets sanglants de (Vladimir) Poutine en Europe et en France”.Les quatre hommes, âgés de 26 à 38 ans et interpellés lundi, ont été mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes et placés en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet, a précisé le Pnat, qui a ouvert jeudi une information judiciaire.Le Pnat précise qu’une enquête préliminaire avait été ouverte le 19 septembre et confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).Selon une source proche du dossier, ces hommes sont originaires du Daghestan (une république russe fédérée, dans le Caucase du Nord), mais l’un a la nationalité française.Trois d’entre eux se sont rendus à Biarritz en avril et ont réalisé des vidéos où l’on voit le domicile de M. Ossetchkine et un lieu qu’il fréquente, mais sans le voir lui-même sur les images, selon cette source.M. Ossetchkine avait déjà fait état d’une tentative d’assassinat à son domicile le 12 septembre 2022. Il avait auparavant fait l’objet de “menaces de mort”, en mars 2022.Le parquet de Bayonne avait indiqué le 20 septembre 2022 avoir ouvert une enquête pour “menaces de mort” mais avait précisé n’avoir “aucun élément objectif” attestant la tentative d’assassinat.Ces menaces sont “prises avec le plus grand sérieux”, avait alors indiqué le procureur de la République de Bayonne Jérôme Bourrier, en précisant que des mesures avaient été mises en œuvre pour “assurer la protection de Vladimir Ossetchkine”.L’ONG de M. Ossetchkine avait diffusé en 2021 des vidéos de viols dans des prisons russes, ainsi que des témoignages de victimes et, fait rarissime, de tortionnaires.

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Mexique: l’armée au secours des sinistrés des inondations qui ont fait au moins 70 morts

Le Mexique a déployé près de 13.000 militaires de l’armée et de la marine pour des ponts aériens et maritimes d’aide aux sinistrés des pluies torrentielles de la semaine passée qui ont fait 70 morts dans le centre et l’est du pays, selon le dernier bilan remontant à jeudi.A Xochicoatlán, dans une région montagneuse centrale de l’Hidalgo, la garde nationale a acheminé par hélicoptères des colis contenant du thon, du lait, des flocons d’avoine, du papier hygiénique et du savon, entre autres produits de première nécessité, dans des régions montagneuses de l’Hidalgo (centre), a constaté une équipe de l’AFP sur place.”Dans les magasins, nous n’avons plus rien à acheter”, explique Marilyn Cortés, une habitante de 37 ans, et “cela va beaucoup nous aider. Nous en avons vraiment besoin”. Dans le hameau de Texcaco, à l’arrivée de l’hélicoptère militaire, des dizaines d’habitants se sont approchés, faisant la queue pour aider un militaire à décharger les provisions sous le regard curieux de nombreux enfants. Les militaires ont effectué plusieurs vols depuis Pachuca, la capitale de l’Hidalgo, vers différentes zones isolées, parmi lesquelles Tianguistengo et Xalacahuantla.En plus d’apporter des vivres, la garde nationale transporte également des blessés vers les hôpitaux.”Si des blessés ou des personnes nécessitant des médicaments ou une aide supplémentaire devant être hospitalisées se présentent, nous les transportons par voie aérienne”, indique le capitaine de l’armée de l’air, Irak Alejandro Martínez. La catastrophe, qui s’est produite la semaine dernière avec plusieurs jours de pluies exceptionnelles, a isolé 160 localités du centre et de l’est du Mexique, coupées du monde par les dégâts subis par des routes et des autoroutes. L’État d’Hidalgo, voisin de la capitale mexicaine, concentre le plus grand nombre de municipalités isolées (84) en raison de leur situation de montagne. Les voies d’accès ont été endommagées par des glissements de terrain. Selon les services météorologiques, les précipitations survenues à la fin de la saison humide ont été la résultante de l’entrée par le Golfe du Mexique d’une dépression tropicale qui a rencontré un front froid venant du nord.

Cédric Jubillar réaffirme n’avoir “rien fait” à sa femme, sa dernière déclaration avant le verdict

Cédric Jubillar a réaffirmé vendredi matin n’avoir “absolument rien fait à Delphine”, son épouse disparue qu’il est accusé d’avoir tuée, juste avant que la cour d’assises du Tarn se retire pour délibérer et décider si le peintre-plaquiste est coupable ou non.Devant la cour qui doit prononcer le verdict dans l’après-midi, l’accusé de 38 ans, arrivé le visage blême et les yeux cernés, a lancé quelques regards vers la salle et a prononcé cette seule phrase après avoir été invité par la présidente Hélène Ratinaud à s’exprimer une dernière fois, comme le prévoit le Code de procédure pénale.”Ce sont des mots qui sont désincarnés, comme ceux dont il nous a gratifiés depuis le début de cette audience”, a réagi Laurent De Caunes, avocat des frères et sœur de la disparue.Le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle à son encontre, ses avocats réclament son acquittement. “Est-il coupable d’avoir, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines donné volontairement la mort à Delphine Aussaguel épouse Jubillar?”: c’est la question à laquelle devront répondre les trois magistrats et les six jurés, avec pour consigne que le doute doit profiter à l’accusé.Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable, pour qu’il soit condamné. Si trois d’entre eux votent “non coupable”, il sera acquitté.- Semer le doute -Invariablement, l’accusé, stoïque dans son box mais régulièrement secoué de mouvements nerveux, a martelé qu’il n’avait rien à voir avec la disparition de la mère de ses deux enfants.”Je conteste toujours les faits qui me sont reprochés”, a-t-il dit dès sa première prise de parole le 22 septembre, au premier jour du procès de quatre semaines. Et il n’aura pas dévié jusqu’à vendredi matin.Lors de leurs plaidoiries, jeudi, ses avocats ont cherché à semer le doute dans l’esprit des jurés. Alors que parties civiles et avocats généraux estiment qu’un “pétage de plomb” de l’accusé a pu conduire au meurtre de l’infirmière de 33 ans, Emmanuelle Franck a affirmé: “Un pétage de plomb, c’est ce qu’on appelle un crime pulsionnel, un crime passionnel, celui qui laisse le plus de traces, parce qu’on ne contrôle rien, on éclabousse tout”. Or il n’y a aucune trace, a insisté l’avocate, adressant ses dernières salves aux enquêteurs et aux juges d’instruction.”Vous ne serez pas le jury du festival de Cannes qui vient récompenser le meilleur scénario”, a lancé aux jurés son confrère Alexandre Martin. Faute de preuves, les enquêteurs ont, selon lui, imaginé “un faisceau d’indices” et bâti un scénario, qui vient conclure une instruction “à charge”.- “Littérature” -“La conviction des gendarmes dès le premier jour” a empêché la manifestation de la vérité et le procès, quatre ans et demi plus tard, n’a fait que dérouler un “tapis rouge à l’erreur judiciaire”, a plaidé Me Martin.Les deux avocats toulousains défendent Cédric Jubillar depuis sa mise en examen et son placement en détention en juin 2021, à la prison de Seysses, près de Toulouse, où il est maintenu à l’isolement. Pour les parties civiles et l’accusation, la culpabilité de l’accusé ne fait en revanche aucun doute. L’avocat général Pierre Aurignac a estimé que “pour défendre l’idée de l’innocence de M. Jubillar, il faut écarter quatre experts, faire taire 19 témoins et tuer le chien pisteur” qui a établi que la mère de famille n’a pas quitté son domicile la nuit de la disparition.”Le crime parfait attendra, a-t-il ajouté, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamné, et vous allez être condamné M. Jubillar”.Pour Me Laurent Boguet, avocat des enfants du couple, “il ne l’a pas seulement tuée, il l’a étranglée pour la faire taire, il l’a effacée en faisant disparaître le corps”.Vendredi matin, Me Philippe Pressecq, avocat d’une cousine de Delphine, a regretté “le fait qu’il n’y ait pas eu d’aveux, cela va aggraver sa peine”. “A 22h30, elle était dans la maison, à 4h00 du matin elle n’y était plus et on sait qu’elle n’est pas sortie de la maison. Le dossier se résume à ça. Tout le reste n’est que littérature. J’espère que les jurés ne vont pas l’oublier”, a-t-il dit.Le prononcé de l’arrêt de la cour d’assises mettra fin aux quatre semaines de procès.La décision fera l’objet d’un appel, ont fait savoir les parties. Un nouveau procès se tiendra en 2026, probablement devant la cour d’appel de Toulouse.