AFP Top News

Inceste: sept ans de prison pour les viols de six mineures

Un homme de 46 ans a Ă©tĂ© condamnĂ© mercredi Ă  sept ans de prison par la cour criminelle de l’Allier pour avoir violĂ© sa soeur, ses trois demi-soeurs et ses deux cousines lorsqu’elles Ă©taient mineures, ont indiquĂ© des avocates.Le verdict est très infĂ©rieur Ă  la peine de treize ans de rĂ©clusion requise par le ministère public, lors de l’audience qui se tenait Ă  huis-clos.”Il ne fera pas appel”, a dĂ©clarĂ© l’avocate de cet homme, Me Catherine Etard-Gallot.”C’est incomprĂ©hensible pour les victimes car ce n’est pas dissuasif. Elles disent que leur vie est brisĂ©e alors que les consĂ©quences pour lui sont nulles, cela donne le sentiment d’une peine symbolique”, a estimĂ© pour sa part Me Vanessa Frasson, avocate des trois demi-sĹ“urs, âgĂ©es aujourd’hui de 36, 38 et 40 ans.Une victime a fondu en larmes, d’autres sont en colère Ă  l’issue de ce verdict, a-t-elle ajoutĂ©.La peine avec exĂ©cution provisoire, accompagnĂ©e de cinq ans de suivi socio-judiciaire, a Ă©tĂ© prononcĂ©e avec mandat de dĂ©pĂ´t Ă  effet diffĂ©rĂ©, a prĂ©cisĂ© Me Etard-Gallot. Cela signifie qu’il sera convoquĂ© pour ĂŞtre incarcĂ©rĂ©.L’homme Ă©tait jugĂ© pour des viols et agressions sexuelles commis Ă  partir de 1997, jusqu’en 2009 mais les faits n’ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©s qu’en 2020.Les victimes ont expliquĂ© avoir subi des violences sexuelles pour certaines très jeunes, dès l’âge de neuf ans, et parfois jusqu’Ă  leur majoritĂ©. Selon elles, leur frère ou cousin les menaçait, leur offrait de l’argent, des cadeaux ou des bonbons pour les faire taire.Lors de l’interrogatoire au fond mercredi matin, l’homme a Ă©tĂ© confrontĂ© au discours des victimes et a indiquĂ© que mĂŞme s’il ne se souvenait pas de tout ce dont elles l’accusent, elles ne pouvaient pas mentir et qu’il Ă©tait “plausible qu’il ait commis ces viols”, a expliquĂ© Me Etard-Gallot. “Il a formulĂ© des excuses sincères, leur souhaitant d’avoir la force de se reconstruire, mĂŞme s’il a conscience qu’il n’est pas pardonnable”, a-t-elle ajoutĂ©.Veste bleu marine, barbe de trois jours, lĂ©gèrement voĂ»tĂ©, l’homme mariĂ© et père de deux enfants avait dĂ©clinĂ© son identitĂ© Ă  l’ouverture de son procès lundi, avant que la prĂ©sidente n’ordonne le huis clos, selon la volontĂ© de certaines parties civiles.”Le terreau incestuel sur plusieurs gĂ©nĂ©rations ainsi que la violence physique et les actes sexuels dont il a Ă©tĂ© victime par son père ont créé un adolescent dĂ©structurĂ©”, a rĂ©agi son avocate, dĂ©nonçant des “actes non cadrĂ©s par une rĂ©action parentale qui savait depuis des annĂ©es et alimentait l’omerta familiale”.L’affaire a Ă©clatĂ© en 2020 lorsque l’une des trois demi-soeurs a rĂ©vĂ©lĂ© avoir Ă©tĂ© agressĂ©e de 10 Ă  14 ans.La première Ă  dĂ©poser plainte en novembre 2020 est une autre sĹ“ur de l’accusĂ©, plus âgĂ©e, mais les faits Ă©taient prescrits. Six autres plaintes ont suivi pour des violences, elles, non prescrites.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Pesticides et médicaments retrouvés sur tout le littoral français

Des substances pharmaceutiques et des pesticides ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans des mollusques et de l’eau de mer sur toutes les cĂ´tes de l’Hexagone, mĂŞme dans des endroits Ă©loignĂ©s des sources de pollution, selon une Ă©tude publiĂ©e mercredi par l’Ifremer.Dans le cadre du projet Emergent’Sea, les scientifiques ont analysĂ© plus de 11.300 rĂ©sultats issus de prĂ©lèvements, rĂ©alisĂ©s entre 2021 et 2023, de la Baie de Somme Ă  la Corse, dans des mollusques (huĂ®tres, moules) ou dans l’eau de mer.Les trois quarts (77%) des substances recherchĂ©es ont pu ĂŞtre mesurĂ©es au moins une fois dans l’eau de mer. Dans les mollusques, 65% des substances recherchĂ©es ont Ă©tĂ© quantifiĂ©es au moins une fois, selon le rapport dĂ©voilĂ© mercredi par le journal Le Monde.En moyenne, 15 substances ont Ă©tĂ© mesurĂ©es par point de suivi dans l’eau de mer, et jusqu’Ă  28 substances pour certaines zones du littoral. Dix substances en moyenne ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es dans les mollusques.”Tous les points Ă©chantillonnĂ©s prĂ©sentent des contaminations”, a soulignĂ© Ă  l’AFP Isabelle Amouroux, responsable de l’unitĂ© Contamination Chimique des Ecosystèmes Marins (CCEM) Ă  l’Ifremer.”C’est la première fois qu’une campagne d’une telle ampleur est rĂ©alisĂ©e au niveau du littoral: ça nous donne une vision gĂ©nĂ©rale de la contamination sur l’ensemble du littoral, pour plus d’une centaine de substances”, a-t-elle ajoutĂ©.Les scientifiques ont retrouvĂ© des traces de contamination jusque sur la petite Ă®le de Ouessant (Finistère), au large de la pointe bretonne, pourtant Ă©loignĂ©e des estuaires dĂ©versant les polluants issus du continent. Jusqu’Ă  deux substances pharmaceutiques et quinze pesticides ont Ă©tĂ© mesurĂ©s sur le littoral de cette Ă®le.Dans l’eau de mer, les substances les plus souvent retrouvĂ©es sont des herbicides et des substances pharmaceutiques, comme le paracĂ©tamol, des mĂ©tabolites du mĂ©tolachlore (un dĂ©sherbant) ou l’atrazine, un herbicide redoutable pour la santĂ©, interdit depuis une vingtaine d’annĂ©es en Europe.Dans les mollusques, la contamination est surtout issue d’herbicides et de produits antifouling (peinture antisouillure pour les coques de bateaux). Il reste dĂ©sormais Ă  dĂ©finir des seuils d’effets pour “pouvoir interprĂ©ter ces donnĂ©es” et Ă©valuer “s’il existe un risque pour les Ă©cosystèmes marins”, a prĂ©cisĂ© Mme Amouroux, en soulignant qu’il existe Ă©galement “des effets cocktails difficiles Ă  apprĂ©hender”.FinancĂ© par l’Office français de la biodiversitĂ© (OFB), le projet Emergent’Sea a Ă©tĂ© menĂ© par des scientifiques de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) avec l’UnitĂ© mixte de recherche EPOC (UniversitĂ© de Bordeaux, CNRS).

Pesticides et médicaments retrouvés sur tout le littoral français

Des substances pharmaceutiques et des pesticides ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans des mollusques et de l’eau de mer sur toutes les cĂ´tes de l’Hexagone, mĂŞme dans des endroits Ă©loignĂ©s des sources de pollution, selon une Ă©tude publiĂ©e mercredi par l’Ifremer.Dans le cadre du projet Emergent’Sea, les scientifiques ont analysĂ© plus de 11.300 rĂ©sultats issus de prĂ©lèvements, rĂ©alisĂ©s entre 2021 et 2023, de la Baie de Somme Ă  la Corse, dans des mollusques (huĂ®tres, moules) ou dans l’eau de mer.Les trois quarts (77%) des substances recherchĂ©es ont pu ĂŞtre mesurĂ©es au moins une fois dans l’eau de mer. Dans les mollusques, 65% des substances recherchĂ©es ont Ă©tĂ© quantifiĂ©es au moins une fois, selon le rapport dĂ©voilĂ© mercredi par le journal Le Monde.En moyenne, 15 substances ont Ă©tĂ© mesurĂ©es par point de suivi dans l’eau de mer, et jusqu’Ă  28 substances pour certaines zones du littoral. Dix substances en moyenne ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es dans les mollusques.”Tous les points Ă©chantillonnĂ©s prĂ©sentent des contaminations”, a soulignĂ© Ă  l’AFP Isabelle Amouroux, responsable de l’unitĂ© Contamination Chimique des Ecosystèmes Marins (CCEM) Ă  l’Ifremer.”C’est la première fois qu’une campagne d’une telle ampleur est rĂ©alisĂ©e au niveau du littoral: ça nous donne une vision gĂ©nĂ©rale de la contamination sur l’ensemble du littoral, pour plus d’une centaine de substances”, a-t-elle ajoutĂ©.Les scientifiques ont retrouvĂ© des traces de contamination jusque sur la petite Ă®le de Ouessant (Finistère), au large de la pointe bretonne, pourtant Ă©loignĂ©e des estuaires dĂ©versant les polluants issus du continent. Jusqu’Ă  deux substances pharmaceutiques et quinze pesticides ont Ă©tĂ© mesurĂ©s sur le littoral de cette Ă®le.Dans l’eau de mer, les substances les plus souvent retrouvĂ©es sont des herbicides et des substances pharmaceutiques, comme le paracĂ©tamol, des mĂ©tabolites du mĂ©tolachlore (un dĂ©sherbant) ou l’atrazine, un herbicide redoutable pour la santĂ©, interdit depuis une vingtaine d’annĂ©es en Europe.Dans les mollusques, la contamination est surtout issue d’herbicides et de produits antifouling (peinture antisouillure pour les coques de bateaux). Il reste dĂ©sormais Ă  dĂ©finir des seuils d’effets pour “pouvoir interprĂ©ter ces donnĂ©es” et Ă©valuer “s’il existe un risque pour les Ă©cosystèmes marins”, a prĂ©cisĂ© Mme Amouroux, en soulignant qu’il existe Ă©galement “des effets cocktails difficiles Ă  apprĂ©hender”.FinancĂ© par l’Office français de la biodiversitĂ© (OFB), le projet Emergent’Sea a Ă©tĂ© menĂ© par des scientifiques de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) avec l’UnitĂ© mixte de recherche EPOC (UniversitĂ© de Bordeaux, CNRS).

“Le crime parfait attendra”: 30 ans de rĂ©clusion requis contre CĂ©dric Jubillar

Les avocats gĂ©nĂ©raux du procès de CĂ©dric Jubillar ont requis mercredi 30 ans de rĂ©clusion criminelle pour le meurtre de son Ă©pouse Delphine, après avoir tous deux conclu Ă  sa culpabilitĂ©, l’un retraçant le cheminement de l’enquĂŞte, l’autre partant de l’hypothèse de l’innocence de l’accusĂ© pour en dĂ©montrer l’incohĂ©rence.”Le crime parfait attendra, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamnĂ©, et vous allez ĂŞtre condamnĂ© M. Jubillar”, a lancĂ© l’avocat gĂ©nĂ©ral Pierre Aurignac Ă  l’accusĂ©, restĂ© sans rĂ©action, au terme de quatre heures de rĂ©quisitoire des deux reprĂ©sentants du ministère public devant la cour d’assises du Tarn.M. Aurignac a Ă©galement indiquĂ© qu’il allait requĂ©rir le retrait de l’autoritĂ© parentale au peintre-plaquiste de 38 ans, lors de l’audience civile Ă  venir.Critiquant une dĂ©fense “tombĂ©e dans les travers” qu’elle dĂ©nonçait, Ă  savoir un “battage mĂ©diatique fĂ©roce”, tout comme son obsession d’un “complot” contre leur client, l’avocat gĂ©nĂ©ral a affirmĂ© vouloir suivre leur logique en prenant pour hypothèse de dĂ©part l’innocence de CĂ©dric Jubillar, qui nie avoir tuĂ© sa femme. Mais, au terme d’un long dĂ©veloppement reprenant une nouvelle fois tous les Ă©lĂ©ments du dossier, M. Aurignac a conclu: “Pour dĂ©fendre l’idĂ©e de l’innocence de M. Jubillar, il faut Ă©carter quatre experts, faire taire 19 tĂ©moins et tuer le chien pisteur” qui a permis d’Ă©tablir que l’infirmière de 33 ans n’a pas quittĂ© son domicile vivante, dans la nuit du 15 au 16 dĂ©cembre 2020. “On a beau prendre ce dossier par tous les bouts, on arrive au mĂŞme rĂ©sultat: la culpabilitĂ©”, a-t-il martelĂ©.- “Abandon et violence” -Le chef du pĂ´le des affaires criminelles du parquet gĂ©nĂ©ral de Toulouse n’a pas niĂ© les souffrances du parcours de l’accusĂ©, son enfance chaotique, “son passĂ© d’abandon et de violence”, mais il a aussi dĂ©crit ce type “imbuvable, arrogant et vulgaire”, qui “fanfaronne” sur son crime auprès de ses codĂ©tenus et de ses nouvelles compagnes.D’un cĂ´tĂ©, CĂ©dric, de l’autre, Jubillar, les deux faces de cette personnalitĂ© se livrant depuis quatre ans et demi Ă  un “gigantesque combat pour maintenir une stabilitĂ© psychique” face au crime commis.”Beaucoup attendaient des rĂ©ponses Ă  ce procès, les attentes seront déçues. Il ne rendra jamais le corps de Delphine, elle est Ă  lui pour l’Ă©ternitĂ©”, a dĂ©plorĂ© M. Aurignac, avant de requĂ©rir la peine.”Il est coupable”, avait auparavant martelĂ© Nicolas Ruff, l’autre avocat gĂ©nĂ©ral du dossier. “Je prononce ces mots qui accusent, en en assumant pleinement les consĂ©quences et en espĂ©rant vous convaincre de condamner CĂ©dric Jubillar.”- “Aucun doute” -“Au bout du chemin, je n’ai aucun doute sur le fait que Delphine Aussaguel est morte” le soir du 15 dĂ©cembre 2020, “je n’ai aucun doute sur le fait que c’est CĂ©dric Jubillar qui l’a tuĂ©e”, a-t-il affirmĂ©.M. Ruff a appelĂ© les jurĂ©s Ă  ne pas rendre une “justice des on-dit”, une “justice des certitudes fainĂ©antes”, dans un dossier qui a connu “le pire de ce que peut ĂŞtre la mĂ©diatisation”, son collègue Pierre Aurignac y ayant d’ailleurs vu des similitudes avec les dĂ©rives journalistiques d’un autre dossier historique, celui du petit GrĂ©gory.Reprenant le leitmotiv qui a guidĂ© la dĂ©fense, Ă  savoir celui d’un “dossier vide”, il a Ă©grenĂ© les principaux Ă©lĂ©ments de l’enquĂŞte, les prĂ©cĂ©dant de la formule: “Dire que ce dossier est vide, c’est ne pas voir” les lunettes brisĂ©es de la disparue, les cris d’effroi entendus par les voisines, le tĂ©moignage de son fils Louis, le tĂ©lĂ©phone Ă©teint de l’accusĂ©, la voiture garĂ©e dans un sens dĂ©montrant qu’elle a Ă©tĂ© utilisĂ©e dans la nuit.Laurent de Caunes, l’un des avocats des frères et soeur de Delphine, a saluĂ© devant la presse “deux rĂ©quisitoires complĂ©mentaires et redoutables” oĂą “rien n’a Ă©tĂ© laissĂ© de cĂ´tĂ©”.”L’exposĂ© a Ă©tĂ© fait d’un dossier qui contient Ă©normĂ©ment d’Ă©lĂ©ments Ă  charge, contrairement Ă  ce qui a Ă©tĂ© dit urbi et orbi dans la prĂ©paration mĂ©diatique de cette instance criminelle”, a-t-il poursuivi.”Trente ans, c’est adaptĂ© par rapport Ă  la gravitĂ© des faits. On a une disparue, un corps qui n’a pas Ă©tĂ© retrouvĂ©, et un accusĂ© qui ne se remet pas en question”, a estimĂ© auprès de l’AFP Me Malika Chmani, qui reprĂ©sente les intĂ©rĂŞts des enfants du couple, Louis et Elyah.Silencieuse depuis vendredi, au dĂ©but de l’interrogatoire rĂ©capitulatif de leur client, la dĂ©fense s’exprimera jeudi. Verdict attendu vendredi.

Rachat de SFR: Bouygues Telecom, Free et Orange maintiennent leur offre malgrĂ© le rejet d’Altice France

Orange, Free et Bouygues Telecom ont remis mercredi soir sur la table leur offre de rachat conjointe de SFR, pourtant Ă©cartĂ©e dans la matinĂ©e par sa maison mère Altice France, ouvrant la voie aux nĂ©gociations et un possible passage de quatre Ă  trois opĂ©rateurs.Bouygues Telecom, Orange et Iliad (Free) s’Ă©taient positionnĂ©s de manière inĂ©dite mardi avec une proposition commune de rachat de “la plupart des actifs de l’opĂ©rateur SFR” pour 17 milliards d’euros.Une offre “immĂ©diatement rejetĂ©e” par Altice France.Les acheteurs potentiels “restent convaincus de la pertinence de leur proposition” et “maintiennent leur offre”, ont-ils indiquĂ© mercredi dans un communiquĂ© commun. Ils entendent “crĂ©er un dialogue constructif avec le Groupe Altice et ses actionnaires pour envisager ensemble la manière dont ce projet pourrait prospĂ©rer”.Pour Sylvain Chevallier, analyste tĂ©lĂ©coms et associĂ© du cabinet de conseil Bearing Point, “ce qui est important, c’est qu’il y ait une offre sur la table, pour que le processus de nĂ©gociation commence”. Avec cette offre menĂ©e par trois concurrents, le marchĂ© renoue avec l’hypothèse d’un rapprochement entre opĂ©rateurs, inĂ©dite depuis la tentative de rachat de Bouygues Telecom par Orange abandonnĂ©e en 2016.- Une question de prix ? -L’hypothĂ©tique rachat, qui prendrait des mois, voire des annĂ©es, devrait d’abord passer par un consensus sur le montant.Avant le rejet de SFR mercredi matin, plusieurs analystes bancaires avaient qualifiĂ© l’offre de relativement basse.D’après une note de la banque UBS, le prix de rachat de 17 milliards d’euros, qui porterait selon ses concurrents la valeur totale d’Altice France Ă  21 milliards, est “juste en deçà” de la valorisation moyenne calculĂ©e sur le secteur. “Évidemment le prix est bas, puisque de toute façon, dans la nĂ©gociation, il va monter”, relève Sylvain Chevallier, qui parle nĂ©anmoins d’une “offre tout Ă  fait crĂ©dible.”L’offre de mardi soir est venue mettre fin Ă  des mois de spĂ©culations accompagnant la restructuration financière d’Altice France. Avec une dette tombĂ©e de plus de 24 milliards Ă  15,5 milliards d’euros dĂ©but octobre, la maison mère de SFR s’est Ă©loignĂ©e de la menace d’un mur de la dette. Une opĂ©ration qui l’a placĂ©e dans “une situation financière assainie, une situation opĂ©rationnelle et commerciale très largement amĂ©liorĂ©e” avec des “actifs uniques”, vantait fin septembre son PDG Arthur Dreyfuss.”Nous savons qu’il y a un certain nombre de marques d’intĂ©rĂŞt pour certains actifs”, avait-il aussi indiquĂ©. Les opĂ©rateurs concurrents s’Ă©taient dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ©s favorables Ă  une consolidation du marchĂ©, dans un secteur mature oĂą les acteurs se livrent Ă  une guerre des prix pour attirer des clients et rentabiliser de nombreux coĂ»ts fixes. “La consolidation sur le marchĂ© français pourrait aboutir Ă  un environnement plus Ă©quilibrĂ© au regard de la concurrence et des prix”, a commentĂ© la banque UBS.- “Vigilance” sur les tarifs -Les Ă©ventuelles discussions futures, comme leurs impacts Ă©conomiques et sociaux, seront suivies de près.Si Bouygues Telecom, Free et Orange ont assurĂ© vouloir “prĂ©server un Ă©cosystème concurrentiel au bĂ©nĂ©fice des consommateurs”, le ministre de l’Économie Roland Lescure a assurĂ© mercredi qu’il resterait attentif.”Je vais ĂŞtre extrĂŞmement vigilant sur cette opĂ©ration, parce qu’aujourd’hui (…) en France, on a les prix des tĂ©lĂ©phones mobiles, des abonnements, parmi les moins chers d’Europe”, a-t-il dĂ©clarĂ© sur RTL. Du cĂ´tĂ© des syndicats, qui expriment depuis plusieurs mois la crainte d’un “projet de dĂ©mantèlement” de l’opĂ©rateur aux 8.000 salariĂ©s, le rejet de l’offre n’a pas Ă©teint les inquiĂ©tudes. “J’ai passĂ© ma matinĂ©e avec des salariĂ©s qui se demandent +Est-ce qu’on doit partir maintenant ? Qu’est-ce qu’on fait?+”, indique Ă  l’AFP Olivier Lelong, dĂ©lĂ©guĂ© syndical central CFDT.Mercredi matin, le syndicat a dĂ©noncĂ© dans un communiquĂ© une opĂ©ration qui “pourrait entraĂ®ner la suppression de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects”.Avec le syndicat Unsa et le CSE du groupe, la CFDT a fait appel de la validation par la justice du plan de sauvegarde accĂ©lĂ©rĂ©e d’Altice France. Une audience doit se tenir le 4 novembre. 

Le Conseil d’État rejette le recours de Marine Le Pen contre son inĂ©ligibilitĂ© immĂ©diate

Le Conseil d’État a rejetĂ© mercredi le recours de Marine Le Pen contre l’application immĂ©diate de sa peine d’inĂ©ligibilitĂ© prononcĂ©e lors de sa condamnation dans l’affaire des parlementaires europĂ©ens du FN, qui fait planer une menace sur ses ambitions Ă©lectorales nationales. Cette exĂ©cution provisoire de l’inĂ©ligibilitĂ© est un obstacle Ă  une candidature Ă  d’Ă©ventuelles Ă©lections lĂ©gislatives en cas de dissolution, ou prĂ©sidentielle, sauf si le Conseil constitutionnel, seul juge de l’Ă©lection et de la validitĂ© des candidatures, en dĂ©cidait autrement.La dĂ©cision rendue par la haute instance administrative, qui ne se prononce pas sur le fond, “ne prĂ©juge pas d’une absence de candidature en cas de dissolution de l’AssemblĂ©e nationale”, a rĂ©agi auprès de l’AFP Marine Le Pen. “Selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel”, un mandat national comme celui de dĂ©putĂ©, “n’est pas soumis aux mĂŞmes règles que le mandat local”, a-t-elle argumentĂ©.Marine Le Pen, qui reste parlementaire, avait saisi le Conseil d’État après avoir Ă©tĂ© radiĂ©e en avril des listes Ă©lectorales et dĂ©mise de son mandat de conseillère dĂ©partementale du Pas-de-Calais par le prĂ©fet, dans la foulĂ©e de sa condamnation le 31 mars. Elle demandait au Conseil d’État de transmettre une question prioritaire de constitutionnalitĂ© (QPC) au Conseil constitutionnel. Outre l’inĂ©ligibilitĂ©, Marine Le Pen a Ă©tĂ© condamnĂ©e pour dĂ©tournement de fonds publics Ă  quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis et 100.000 euros d’amende, mais sans exĂ©cution immĂ©diate sur ces points. Il lui Ă©tait reprochĂ© d’ĂŞtre au cĹ“ur d’un système mis en place pour rĂ©munĂ©rer des salariĂ©s du parti avec l’argent du parlement europĂ©en, Ă  hauteur de 4 millions d’euros entre 2004 et 2016. Son appel sera examinĂ© du 13 janvier au 12 fĂ©vrier.La cour d’appel devrait rendre sa dĂ©cision avant l’Ă©tĂ©, soit bien avant la campagne prĂ©sidentielle de 2027. Une relaxe permettrait Ă  Marine Le Pen de se prĂ©senter.  Si sa condamnation Ă©tait Ă  l’inverse confirmĂ©e et si elle dĂ©cidait de se prĂ©senter quand mĂŞme, la validitĂ© de sa candidature Ă  la prĂ©sidentielle (comme Ă  des lĂ©gislatives) serait examinĂ©e par le Conseil constitutionnel. – “LibertĂ© de l’Ă©lecteur” -“Sur une affaire comme celle-ci, je trouve que le Conseil d’Etat aurait dĂ» transmettre au Conseil constitutionnel au nom de la libertĂ© de l’Ă©lecteur”, a regrettĂ© Marine Le Pen, qui entend Ă©galement contester devant la Cour europĂ©enne des droits de l’Homme (CEDH) l’absence de recours possible contre l’exĂ©cution provisoire d’une peine pĂ©nale. Un recours devant la CEDH n’est toutefois pas suspensif.Dans son recours devant le Conseil d’État, Marine Le Pen contestait le refus du Premier ministre de l’Ă©poque, François Bayrou, d’accĂ©der Ă  sa demande d’abroger les dispositions du Code Ă©lectoral qui avaient permis sa radiation, qu’elle estime inconstitutionnelles pour ĂŞtre notamment contraires Ă  “la libertĂ© de candidature” et Ă  “la libertĂ© des Ă©lecteurs”.Dans un communiquĂ©, la plus haute juridiction administrative explique avoir rejetĂ© “ce recours car celui-ci ne recherchait pas tant l’abrogation de dispositions règlementaires que la modification de la loi, ce qui excède les pouvoirs du Premier ministre, qui ne pouvait donc que rejeter la demande de Mme Le Pen”. “En consĂ©quence”, le Conseil d’État ne peut “pas transmettre sa QPC au Conseil constitutionnel”.Le Conseil d’État a un rĂ´le de filtre des QPC : avant de les transmettre, il doit vĂ©rifier leur “caractère sĂ©rieux”, qu’elles n’ont pas dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ©es et, surtout, que “la disposition contestĂ©e est applicable au litige”.Le rapporteur public a estimĂ© que les articles de loi du Code de procĂ©dure pĂ©nale qui ont permis la condamnation de Mme Le Pen Ă  une peine d’inĂ©ligibilitĂ© n’Ă©taient pas applicables au contentieux du refus d’enregistrement sur les listes Ă©lectorales. 

Trente ans de rĂ©clusion requis Ă  l’encontre de CĂ©dric Jubillar, accusĂ© du meurtre de son Ă©pouse

Une peine de trente ans de rĂ©clusion criminelle a Ă©tĂ© requise mercredi Ă  l’encontre de CĂ©dric Jubillar, jugĂ© Ă  Albi pour le meurtre de son Ă©pouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 dĂ©cembre 2020.Devant la cour d’assises du Tarn, l’avocat gĂ©nĂ©ral Pierre Aurignac a demandĂ© la condamnation du peintre-plaquiste de 38 ans et requis “une rĂ©ponse pĂ©nale extrĂŞmement ferme” pour le “meurtre aggravĂ©” de Delphine nĂ©e Aussaguel, 33 ans, dont le corps n’a jamais Ă©tĂ© retrouvĂ©.”Il est coupable, a auparavant dĂ©clarĂ© Nicolas Ruff, le premier avocat gĂ©nĂ©ral Ă  s’exprimer jeudi après-midi. “Je prononce ces mots qui accusent, en en assumant pleinement les consĂ©quences et en espĂ©rant vous convaincre de condamner CĂ©dric Jubillar”, a-t-il conclu, au terme de deux heures de rĂ©quisitoire.”Au bout du chemin, je n’ai aucun doute sur le fait que Delphine Aussaguel est morte” le soir du 15 dĂ©cembre 2020, “je n’ai aucun doute sur le fait que c’est CĂ©dric Jubillar qui l’a tuĂ©e”, a-t-il affirmĂ© , estimant que les jurĂ©s devraient eux aussi parcourir le mĂŞme chemin, en se posant “les mĂŞmes questions”.Descendu dans le prĂ©toire pour s’adresser “uniquement” Ă  la cour et aux jurĂ©s, M. Ruff, vice-procureur de Toulouse, les a appelĂ©s Ă  ne pas rendre une “justice des on-dit”, une “justice des certitudes fainĂ©antes”, dans un dossier qui a vu “le pire de ce que peut ĂŞtre la mĂ©diatisation”.Sans hausser le ton, regardant rĂ©gulièrement l’accusĂ© et sa dĂ©fense, Nicolas Ruff s’est dĂ©fendu d’ĂŞtre un “mercenaire de l’accusation”, affirmant livrer son “analyse factuelle et juridique d’un dossier”.- “Heureuse comme jamais” -Et si l’absence du corps de Delphine Jubillar “rend votre travail judiciaire plus compliquĂ©”, a-t-il dit aux jurĂ©s, “elle n’empĂŞche pas la justice de travailler” et “on doit condamner quand il y a des Ă©lĂ©ments qui convergent”, a-t-il insistĂ©. Reprenant le leitmotiv qui a guidĂ© la dĂ©fense, Ă  savoir celui d’un “dossier vide”, il a Ă©grenĂ© pendant plus de deux heures les principaux Ă©lĂ©ments de l’enquĂŞte, les prĂ©cĂ©dant de la formule: “dire que ce dossier est vide, c’est ne pas voir…”.Au sujet de la nuit de la disparition, il a rappelĂ© que l’enquĂŞte sur le couple et ses relations montrait que Delphine Ă©tait ce soir-lĂ  “heureuse comme jamais, euphorique mĂŞme”, parce que la femme de son amant venait d’accepter la perspective d’une sĂ©paration, ce qui ouvrait la voie Ă  cette nouvelle vie Ă  deux dont rĂŞvait l’infirmière de 33 ans.”S’il y a un soir oĂą il y a pu avoir ce moment de bascule, ces mots qui tuent, cet instant fatidique qui vient sceller la rupture, c’est bien ce 15 dĂ©cembre”, a ainsi dĂ©clarĂ© l’avocat gĂ©nĂ©ral, estimant comme les parties civiles que le meurtre a Ă©tĂ© commis Ă  la suite de l’annonce d’un “dĂ©part dĂ©finitif” de la part de Delphine.Lunettes brisĂ©es de la disparue, cris d’effroi entendus par les voisines, tĂ©moignage de son fils Louis, tĂ©lĂ©phone Ă©teint de l’accusĂ©, voiture garĂ©e dans un sens dĂ©montrant qu’elle a Ă©tĂ© utilisĂ©e dans la nuit, attitude de CĂ©dric Jubillar le lendemain matin… M. Ruff a inlassablement dĂ©cortiquĂ© les indices du dossier.Loin du “dĂ©sastre judiciaire” annoncĂ© par la dĂ©fense si leur client Ă©tait condamnĂ©, Nicolas Ruff a estimĂ© que ces indices dĂ©montraient au contraire que “CĂ©dric Jubillar est coupable du meurtre de Delphine Aussaguel”.- “Rendez-leur Delphine” -Dans la matinĂ©e, les deux derniers avocats des parties civiles, plaidant dans l’intĂ©rĂŞt des enfants du couple Jubillar, se sont une nouvelle fois directement adressĂ©s Ă  l’accusĂ©.”Rendez-leur Delphine!”, a par deux fois tonnĂ© Me Laurent Boguet en concluant sa plaidoirie, l’accusĂ© ne trahissant aucune Ă©motion face Ă  cette injonction.Me Boguet a dĂ©noncĂ© le “brouillard de guerre” dĂ©ployĂ© par l’accusĂ©, via ses rĂ©ponses imprĂ©cises, et la dĂ©fense, qui a “torturĂ© le dossier” pour le remettre en question. D’une voix chargĂ©e d’Ă©motion, sa consoeur Malika Chmani a regrettĂ© que les enfants Jubillar n’aient “jamais eu de rĂ©ponses Ă  leurs questions” au cours des quatre semaines de procès.”Il n’y a pas eu de vĂ©ritĂ© de leur père, je suis venue chercher une vĂ©ritĂ© judiciaire”, a conclu Ă  la barre l’avocate, demandant “vĂ©ritĂ© et justice pour Louis et Elyah”.La journĂ©e de jeudi va ĂŞtre consacrĂ©e aux plaidoiries de la dĂ©fense, avant le verdict attendu vendredi.

A l’AssemblĂ©e, la censure s’Ă©loigne mais le chaudron budgĂ©taire s’annonce

Si la perspective de la censure s’Ă©loigne pour SĂ©bastien Lecornu, les tensions politiques sont loin d’ĂŞtre retombĂ©es, le Parlement s’apprĂŞtant Ă  plonger dans des dĂ©bats budgĂ©taires qui promettent d’ĂŞtre Ă©piques et inĂ©dits sans la menace du 49.3 pour en garantir l’issue.Mercredi, après son baptĂŞme du feu des questions au gouvernement Ă  l’AssemblĂ©e, le Premier ministre a Ă©tĂ© accueilli froidement au SĂ©nat pour sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale, oĂą il a notamment proposĂ© de confier la gestion du système de retraites aux partenaires sociaux.Face Ă  un hĂ©micycle dominĂ© par une alliance entre la droite et les centristes, oĂą les troupes macronistes sont très peu nombreuses, SĂ©bastien Lecornu a Ă©tĂ© très peu soutenu, applaudi seulement par une vingtaine de parlementaires.Sa proposition mardi de suspendre la rĂ©forme des retraites jusqu’Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle a notamment fait grincer les sĂ©nateurs Les RĂ©publicains, opposĂ©s, tout comme le patron du parti Bruno Retailleau, Ă  tout retour en arrière.Le Premier ministre a fait valoir que “suspendre, ce n’est pas renoncer” Ă  la rĂ©forme et mis en avant la “stabilitĂ©” gĂ©nĂ©rĂ©e par cette initiative après des journĂ©es de crise politique : les socialistes ne voteront pas les motions de censure de La France insoumise et du Rassemblement national dĂ©battues jeudi matin.RN, LFI, Ă©cologistes et communistes vont tenter de faire tomber le gouvernement, mais il devrait manquer une vingtaine de voix pour atteindre la majoritĂ© absolue des 289 voix nĂ©cessaires. Seuls trois dĂ©putĂ©s socialistes sur 69, selon le patron du PS Olivier Faure, devraient voter la censure, malgrĂ© la consigne du parti, et suivre ainsi l’appel “Ă  dĂ©sobĂ©ir” lancĂ© par le coordinateur de LFI Manuel Bompard.- Terrain inconnu -La prĂ©sidente du groupe RN Ă  l’AssemblĂ©e Marine Le Pen a fait contre mauvaise fortune bon cĹ“ur : si le gouvernement ne tombe pas jeudi, il “ne tiendra pas sur la durĂ©e”, a-t-elle assurĂ©, prĂ©voyant une dissolution “dans trois semaines ou dans trois mois”.Car le Parlement va entrer en terrain inconnu avec la promesse de SĂ©bastien Lecornu de lui laisser le dernier mot. “Le gouvernement proposera, nous dĂ©battrons, vous voterez”, a-t-il rĂ©pĂ©tĂ© aux parlementaires. Le Premier ministre s’est engagĂ© Ă  ne pas recourir Ă  l’article 49.3 de la Constitution qui a permis l’adoption de tous les budgets sans vote depuis 2022.Cette mise en retrait de l’exĂ©cutif – mĂŞme s’il dispose d’autres moyens pour faire avancer les dĂ©bats – risque de faire de l’AssemblĂ©e un champ de bataille permanent, oĂą la volontĂ© du gouvernement de nĂ©gocier pourrait se heurter Ă  la tentation de certaines oppositions d’enliser les dĂ©bats.”Maintenant que la balle est dans le camp de l’AssemblĂ©e (…) Ce serait quand mĂŞme assez +abracadabrantesque+ qu’on ne puisse pas aller au vote de notre fait”, a averti la prĂ©sidente de la chambre basse YaĂ«l Braun-Pivet.Les majoritĂ©s risquent en outre d’ĂŞtre variables en fonction des sujets et de… l’assiduitĂ© des parlementaires. “Les semaines qui viennent vont ĂŞtre très dures, j’ai dit Ă  mes dĂ©putĂ©s qu’il faudra ĂŞtre lĂ  tout le temps”, anticipe le patron du groupe PS Boris Vallaud. DĂ©jĂ  la suspension de la rĂ©forme des retraites n’est Ă  ce stade qu’une annonce. SĂ©bastien Lecornu s’est bornĂ© Ă  assurer que le gouvernement la soumettrait “dès le mois de novembre” aux dĂ©putĂ©s par un amendement au projet de budget de la SĂ©curitĂ© sociale (PLFSS).- “Trahison” -Face Ă  l’opposition ou a minima l’abstention d’une large partie du socle commun – camp prĂ©sidentiel et LR -, le RN et LFI n’ont pour l’instant pas confirmĂ© qu’ils voteraient cette suspension alors qu’ils accusent les socialistes de “trahison” et qu’ils y voient un renoncement par rapport Ă  l’abrogation qu’ils dĂ©fendent.Pour Manuel Bompard, passer par un amendement veut dire que le PS devra voter le PLFSS “le plus brutal de ces 30 dernières annĂ©es”.Le prĂ©sident LFI de la commission des Finances de l’AssemblĂ©e Éric Coquerel a lui demandĂ© au gouvernement qu’il “s’engage sur une loi spĂ©cifique” si le PLFSS n’aboutissait pas. Mais pour les socialistes, “peu importe le vĂ©hicule”, “sans suspension il n’y a pas de gouvernement”, a prĂ©venu Boris Vallaud.Jean-Philippe Tanguy (RN) a, lui, mis “au dĂ©fi” le PS d’apporter “la preuve concrète et opposable” qu’il a les moyens d’obtenir la suspension de la rĂ©forme. Au-delĂ  de leur “victoire” revendiquĂ©e sur les retraites, les socialistes entendent mener bataille, vote par vote, contre le gel du barème de l’impĂ´t sur le revenu, des prestations sociales ou encore le doublement des franchises mĂ©dicales.Ces mesures font partie de l’effort budgĂ©taire prĂ©vu par le gouvernement d’une trentaine de milliards d’euros, dont 14 milliards de nouveaux prĂ©lèvements obligatoires. bur-far-ama-are/sde/sp

Rachat de SFR: Altice France rejette une première offre de ses trois concurrents

AussitĂ´t dĂ©posĂ©e, aussitĂ´t rejetĂ©e: l’offre de rachat de SFR par ses concurrents Orange, Free et Bouygues Telecom, Ă©cartĂ©e dès mercredi matin par sa maison-mère Altice France, relance les conjectures sur l’ouverture de nĂ©gociations et un possible passage de quatre Ă  trois opĂ©rateurs.Bouygues Telecom, Orange et Iliad (Free) se sont positionnĂ©s de manière inĂ©dite mardi avec une proposition commune de rachat de “la plupart des actifs de l’opĂ©rateur SFR” pour 17 milliards d’euros.Une offre “immĂ©diatement rejetĂ©e” par Altice France, maison mère de SFR.Du cĂ´tĂ© des acheteurs potentiels, Bouygues Telecom et Orange se sont fendus de deux rĂ©ponses, tout aussi brèves: les groupes ont respectivement “pris connaissance” et “pris note” du rejet.Pour Sylvain Chevallier, analyste tĂ©lĂ©coms et associĂ© du cabinet de conseil Bearing Point, “ce qui est important, c’est qu’il y ait une offre sur la table, pour que le processus de nĂ©gociation commence”. Avec cette offre menĂ©e par trois concurrents, le marchĂ© renoue avec l’hypothèse d’un rapprochement entre opĂ©rateurs, inĂ©dite depuis la tentative de rachat de Bouygues Telecom par Orange abandonnĂ©e en 2016.- Une question de prix ? -L’hypothĂ©tique rachat, qui prendrait des mois voire des annĂ©es, devrait d’abord passer par un consensus sur le montant.”Personne n’imaginait que la première offre soit la bonne”, souligne auprès de l’AFP Sylvain Chevallier. Avant le rejet de SFR mercredi matin, plusieurs analystes bancaires avaient qualifiĂ© l’offre de relativement basse.D’après une note de la banque UBS, le prix de rachat de 17 milliards d’euros, qui porterait selon ses concurrents la valeur totale d’Altice France Ă  21 milliards, est “juste en deçà” de la valorisation moyenne calculĂ©e sur le secteur. “Évidemment le prix est bas, puisque de toute façon, dans la nĂ©gociation, il va monter”, pointe Sylvain Chevallier, qui parle nĂ©anmoins d’une “offre tout Ă  fait crĂ©dible.”L’offre de mardi soir est venue mettre fin Ă  des mois de spĂ©culations accompagnant la restructuration financière d’Altice France. Avec une dette tombĂ©e de plus de 24 milliards Ă  15,5 milliards d’euros dĂ©but octobre, la maison mère de SFR s’est Ă©loignĂ©e de la menace d’un mur de la dette. Une opĂ©ration qui l’a placĂ©e dans “une situation financière assainie, une situation opĂ©rationnelle et commerciale très largement amĂ©liorĂ©e” avec des “actifs uniques”, vantait fin septembre son PDG Arthur Dreyfuss.”Nous savons qu’il y a un certain nombre de marques d’intĂ©rĂŞt pour certains actifs”, avait-il aussi indiquĂ©. Les opĂ©rateurs concurrents s’Ă©taient dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ©s favorables Ă  une consolidation du marchĂ©, dans un secteur mature oĂą les acteurs se livrent Ă  une guerre des prix pour attirer des clients et rentabiliser de nombreux coĂ»ts fixes. “La consolidation sur le marchĂ© français pourrait aboutir Ă  un environnement plus Ă©quilibrĂ© au regard de la concurrence et des prix”, a commentĂ© la banque UBS.- “Vigilance” sur les tarifs -Les Ă©ventuelles discussions futures, comme leurs impacts Ă©conomiques et sociaux, seront suivies de près.Si Bouygues Telecom, Free et Orange ont assurĂ© vouloir “prĂ©server un Ă©cosystème concurrentiel au bĂ©nĂ©fice des consommateurs”, le ministre de l’Economie Roland Lescure a assurĂ© mercredi qu’il resterait attentif.”Je vais ĂŞtre extrĂŞmement vigilant sur cette opĂ©ration, parce qu’aujourd’hui (…) en France, on a les prix des tĂ©lĂ©phones mobiles, des abonnements, parmi les moins chers d’Europe”, a-t-il dĂ©clarĂ© sur RTL. Du cĂ´tĂ© des syndicats, qui expriment depuis plusieurs mois la crainte d’un “projet de dĂ©mantèlement” de l’opĂ©rateur aux 8.000 salariĂ©s, le rejet de l’offre n’a pas Ă©teint les inquiĂ©tudes. “J’ai passĂ© ma matinĂ©e avec des salariĂ©s qui se demandent +Est-ce qu’on doit partir maintenant ? Qu’est-ce qu’on fait?+”, indique Ă  l’AFP Olivier Lelong, dĂ©lĂ©guĂ© syndical central CFDT.Mercredi matin, le syndicat a dĂ©noncĂ© dans un communiquĂ© une opĂ©ration qui “pourrait entraĂ®ner la suppression de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects”.Avec le syndicat Unsa et le CSE du groupe, la CFDT a fait appel de la validation par la justice du plan de sauvegarde accĂ©lĂ©rĂ©e d’Altice France. Une audience doit se tenir le 4 novembre. 

La censure s’Ă©loigne Ă  l’AssemblĂ©e mais le chaudron budgĂ©taire s’annonce

Si la perspective de la censure s’Ă©loigne pour SĂ©bastien Lecornu, les tensions politiques sont loin d’ĂŞtre retombĂ©es, l’AssemblĂ©e nationale s’apprĂŞtant Ă  plonger dans des dĂ©bats budgĂ©taires qui promettent d’ĂŞtre Ă©piques et inĂ©dits sans la menace du 49.3 pour en garantir l’issue.Mercredi, après son baptĂŞme du feu des questions au gouvernement Ă  l’AssemblĂ©e, le Premier ministre est arrivĂ© au SĂ©nat pour une dĂ©clinaison de sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale – oĂą il devrait dĂ©velopper ses intentions en matière de dĂ©centralisation. ConsĂ©quence de sa dĂ©cision de suspendre la rĂ©forme des retraites, totem de la prĂ©sidence Macron, “jusqu’Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle”, les socialistes ne voteront pas les motions de censure de La France insoumise et du Rassemblement national dĂ©battues jeudi matin. Il devrait dès lors manquer une vingtaine de voix Ă  l’addition des votes RN, LFI, Ă©cologistes et communistes pour atteindre la majoritĂ© absolue des 289 voix. D’autant que seuls trois dĂ©putĂ©s socialistes sur 69, selon le patron du PS Olivier Faure, devraient voter la censure, malgrĂ© la consigne du parti, et suivre ainsi l’appel “Ă  dĂ©sobĂ©ir” lancĂ© par le coordinateur de LFI Manuel Bompard.La prĂ©sidente du RN Marine Le Pen a fait contre mauvaise fortune bon cĹ“ur : si le gouvernement ne tombe pas jeudi, il “ne tiendra pas sur la durĂ©e”, a-t-elle assurĂ© en prĂ©voyant une dissolution “dans trois semaines ou dans trois mois”.Car le Parlement va entrer en terrain inconnu avec la promesse de SĂ©bastien Lecornu de lui laisser le dernier mot : “Le gouvernement proposera, nous dĂ©battrons, vous voterez”, a-t-il rĂ©pĂ©tĂ© aux dĂ©putĂ©s. Et le Premier ministre s’est engagĂ© Ă  s’abstenir de recourir Ă  l’article 49.3 de la Constitution qui a permis l’adoption de tous les budgets sans vote depuis 2022.Cette mise en retrait de l’exĂ©cutif – mĂŞme s’il dispose d’autres moyens pour faire avancer les dĂ©bats – risque de faire de l’AssemblĂ©e un champ de bataille permanent, oĂą la volontĂ© affichĂ©e par SĂ©bastien Lecornu de nĂ©gocier des compromis pourrait se heurter Ă  la tentation de certaines oppositions de provoquer l’enlisement des dĂ©bats.- “Semaines très dures” -“Maintenant que la balle est dans le camp de l’AssemblĂ©e, il faut qu’on soit responsables et qu’on arrive Ă  cadrer correctement les dĂ©bats pour aller au bout. Ce serait quand mĂŞme assez +abracadabrantesque+ qu’on ne puisse pas aller au vote de notre fait”, a averti la prĂ©sidente de la chambre basse YaĂ«l Braun-Pivet.Les majoritĂ©s risquent en outre d’ĂŞtre variables en fonction des sujets et de… l’assiduitĂ© des parlementaires. “Les semaines qui viennent vont ĂŞtre très dures, j’ai dit Ă  mes dĂ©putĂ©s qu’il faudra ĂŞtre lĂ  tout le temps”, anticipe le patron du groupe PS Boris Vallaud. DĂ©jĂ  la suspension de la rĂ©forme des retraites n’est Ă  ce stade qu’une annonce. SĂ©bastien Lecornu s’est bornĂ© Ă  assurer que le gouvernement la soumettrait “dès le mois de novembre” aux dĂ©putĂ©s via un amendement au projet de loi de finances pour la SĂ©curitĂ© sociale.Face Ă  l’opposition ou a minima l’abstention d’une large partie du socle commun – camp prĂ©sidentiel et LR – le RN et LFI n’ont pour l’instant pas confirmĂ© qu’ils voteraient cette suspension alors qu’ils accusent les socialistes de “trahison” et qu’ils y voient un renoncement par rapport Ă  l’abrogation qu’ils dĂ©fendent.Au-delĂ  de leur “victoire” sur les retraites, les socialistes qui font “le pari” du dĂ©bat parlementaire entendent mener bataille, vote par vote, contre le gel du barème de l’impĂ´t sur le revenu, des prestations sociales ou encore le doublement des franchises mĂ©dicales. Ces mesures font partie de l’effort budgĂ©taire prĂ©vu par le gouvernement d’une trentaine de milliards d’euros, dont 14 milliards de nouveaux prĂ©lèvements obligatoires, selon le ministre de l’Économie Roland Lescure. Cela promet des dĂ©bats houleux avec le camp prĂ©sidentiel et la droite – notamment sĂ©natoriale – qui ont du mal Ă  avaler la concession faite sur les retraites.Si SĂ©bastien Lecornu a reconnu que le projet de budget Ă©tait “une copie de dĂ©part” ouverte Ă  “nĂ©gociation”, l’exĂ©cutif s’Ă©tant laissĂ© une marge sur son objectif initial de dĂ©ficit Ă  4,7% du PIB l’an prochain, il s’est posĂ© en “garant” du retour sous les 3% en 2029, un niveau permettant de stabiliser la dette.